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HANDICAP, INVENTIVITÉ ET DÉPASSEMENT

De
132 pages
La personne, marquée dans son corps par une lésion ou un manque inné ou acquis, provoque chez autrui un regard gêné qui jette fréquemment le discrédit sur ses capacités. Cette personne, dite " handicapée " peut être reconnue seulement " différente " après de multiples échecs, expériences, essais et réussites, cheminement indispensable pour trouver ou retrouver des repères lui permettant d'agir. Ce parcours peut être facilité par un accompagnement judicieux et consciemment accepté.
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HANDICAP,INVENTIVITÉ ET DÉPASSEMENT

Henri COLMONT

HANDICAP, INVENTIVITÉ ET DÉPASSEMENT

Préface du Docteur Alain Wisner Professeur honoraire d'ergonomie au Conservatoire National des Arts et Métiers

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y IK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Hannattan,2001 ISBN: 2-7475-0638-X

SOMMAIRE DÉDICACE PRÉFACE Av ANT-PROPOS INTRODUCTION

CHAPITRE I
CHAPITRE

- lE CONCEPT II -

DU HANDICAP

9 Il 15 17 19 27
27 30 33 39 44 52

LES VÉCUS DU HANDICAP PAR LE HANDICAPÉ HANDICAPINNÉ HANDICAPACQUIS LE HANDICAPÉ SONENVIRONNEMENT ET LE HANDICAPÉ SONMILIEUSOCIAL ET LE HANDICAPÉ SONMILIEUFAMILIAL ET LE HANDICAPÉ SONMILIEUDE TRAVAIL ET

CHAPITRE III LE HANDICAPÉ ET LES MOYENS D'AIDE
L'HOSPITALISATION L'INTERVENTION LA PROTHÈSE L'ADAPTATION INSTITUTIONS DU POSTE DE TRAVAIL MÉDICO-SOCIALES CHIRURGICALE

-

55
55 57 59 64 70 73 74 74 77 80

Institut d'éducation motrice: lEM Centre de préorientation : CPO Centre de rééducation et de réadaptation professionnelle CCRP Centre d'aide par le travail: CAT Atelier protégé: AP, institut non médico-social

7

Réflexions à propos de ces établissements LE SPORT CONCLUSION NOTES BIBLIOGRAPHIE LIVRES COLLOQUE ÉTUDES INFORMATIONS COMMISSION

de travail protégé

80 82 85 87 93 93 94 94 95
95

PRATIQUES

DÉPARTEMENTALED'ÉDUCATION SPÉCIALISÉE: CDES COMMISSION TECHNIQUE D'ORIENTATION ET DE RECLASSEMENT PROFESSIONNEL: ÉQUIPE DE PRÉPARATION ET DE SUITE DE RECLASSEMENT:

COTOREP

96 102 103 106

EPSR

LISTE DES SIGLES LISTE DES INCAPACITÉS PHYSIQUES INCOMPATIBLES AVEC L'OBTENTION DU PERMIS DE CONDUIRE

HUIT PAGES CENTRALES DE PHOTOS

8

À tous les intervenants auprès des personnes handicapées

Ergonomistes Et à tous les interpellés.

. . . . . . .

Médecins Personnels soignants Prothésistes

Rééducateurs Éducateurs Formateurs

PRÉFACE
Depuis une cinquantaine d'années, j'ai eu la possibilité de voir naître le mode de pensée de Henri Colmont à propos des infirmes moteurs, en particulier à partir du moment où il a été embauché comme responsable de formation dans le centre d'apprentissage spécialisé, appelé ensuite lEM (Institut d'Éducation Motrice) à Berck. Une des premières démonstrations qui ait été donnée, c'est celle qui permet de distinguer les handicapés moteurs de ceux chez lesquels la débilité mentale prédomine. Souvent, la vie puis la scolarité perturbée jouaient un rôle dans l'apparition de la débilité, mais souvent cette dernière n'existait pas. Cette étiquette pouvait cependant gêner l'évolution des apprentis en leur fermant certaines portes. Un des premiers résultats qui m'a frappé, c'est le fait qu'avec un cursus adapté, les jeunes placés en lEM obtenaient un CAP et même souvent dépassaient ce niveau, ce qui est fort utile quand ces jeunes font appel ultérieurement, au cours de leur vie professionnelle, à des réserves de capacité nécessitées par la transformation technologique. Ce que Henri Colmont m'a ensuite appris, c'est l'importance de l'attitude des jeunes en formation. Bien que protégés par leur statut de "handicapés", ces jeunes sortent plus facilement de leur situation en rejetant cette étiquette protectrice, tout en acceptant un accompagnement pertinent. Le livre de Henri Colmont n'est pas un plaidoyer contre le statut des handicapés; mais tout au contraire, il montre qu'il existe une dialectique subtile entre les droits des handicapés et le refus plus ou moins radical par les intéressés de l'étiquette de "handicapés". Ce qui domine dans le livre de Henri Colmont, c'est sa conception du "corps habitué". C'est celui des personnes qui ont pris Il

l'habitude de "vivre avec" leur handicap et de réussir malgré tout. Il ne s'agit, en aucune façon, de penser que ces personnes n'ont pas besoin d'aide, tout au contraire, ce sont ces personnes qui sont les plus capables de bénéficier d'une aide, car leur collaboration est indispensable. On peut rencontrer de grandes difficultés avec des porteurs de petites lésions, très préoccupés par l'obtention d'un statut de travailleur handicapé, et obtenir des résultats admirables chez les personnes porteuses de lésions importantes, mais acharnées à trouver ou à collaborer à des solutions. Quand une transformation du corps ou de la situation de travail s'avère indispensable, il faut qu'il y ait collaboration entre l'homme de l'Art (chirurgien, prothésiste. ..), le spécialiste du travail, l'éducateur et la personne concernée. Le "corps habitué" est souvent fort déroutant dans son utilisation, mais la personne concernée possède ce savoir ou est capable de l'acquérir . Henri Colmont donne l'exemple très frappant d'un jeune victime de la thalidomide, né sans avant-bras, les mains au coude, et qui désirait faire une formation en soudure. On aurait pu mettre en cause ce choix surprenant, mais Henri Colmont a choisi de construire un programme de formation, de faire développer une musculature des bras par des exercices techniques, et de faire découvrir à l'intéressé comment travailler le métal sous l'effet du marteau et de la chaleur. Ce programme peut, au bout de trois ans, permettre d'obtenir un CAP de soudeur. L'exemple précédent est particulièrement impressionnant, car il montre qu'avec une forte motivation, une formation persévérante permettant d'acquérir une musculature suffisante, on peut obtenir des résultats remarquables. Toutefois, il est nécessaire que le handicapé dispose, non seulement d'une motricité satisfaisante, mais aussi de la sensibilité correspondante. Henri Colmont insiste beaucoup sur les relations psycho-sociales des élèves du Centre entre eux-mêmes et aussi avec leur famille. Henri Colmont donne aussi une description remarquable de l'effondrement qui suit un accident mutilant, avec parfois des séquelles longues et sérieuses (coma) ; il montre que dans de nombreux cas, on voit progressivement le blessé réhabiter son corps qui n'est plus le même, et reste pourtant le sien. Il est important que, dans ces circonstances, on fasse la part des 12

éléments dépressifs car beaucoup de personnes n'acceptent pas les nouvelles caractéristiques de leur corps qui est non seulement maladroit et faible, mais laid à leurs yeux. Si cette phase est surmontée, des résultats remarquables peuvent être obtenus en collaboration avec le blessé. Henri Colmont considère que l'on revient alors au cas du "corps habitué" car le handicapé de naissance ne se sent pas handicapé. Il découvre son handicap parce que l'autre le lui a signifié d'une manière ou d'une autre. Il note que les acquisitions remarquables, favorables à une autonomie d'action, faites par un accompagnement souhaité et adapté, sont souvent en régression lors des retours dans le milieu familial où une aide matemante noie l'ensemble des efforts réalisés. L'ensemble des observations de Henri Colmont est clair : un succès plus ou moins réel rencontré par les tentatives de transformation ou d'appareillage, selon que ces tentatives sont plus ou moins en relation avec le "corps habitué". Un traitement par arthrodèse techniquement correct, peut rencontrer un rejet radical, alors qu'un traitement apparemment limité est bien reçu si l'utilisateur peut se l'approprier. Comme l'écrit Henri Colmont, une prothèse ne pennet pas de dire bonjour ou de caresser, mais restitue de la force. Le bilan qu'il est souhaitable de faire apparaître quand on prend contact avec un handicapé, c'est celui de la gestualité spontanée au quotidien, ainsi que sur celle qui est accomplie au cours d'occupations personnelles plus spécifiques. C'est à cette occasion que l'expert du travail pour handicapés peut noter ce qui est intéressant du point de vue professionnel. Ce dernier notera parfois des capacités gestuelles non remarquées par l'intéressé. L'obtention de la prescription de sa propre activité par l'opérateur est un travail difficile pour l'ergonomiste, car ce dernier doit essayer de tout saisir sans suggérer des modes opératoires ou des stratégies qui n'existent pas. On retrouve les procédés habituels de l'ergonomiste: obtention de l'image opératoire, . étude des incidents techniques, . description des interférences entre activités,

.

après celui-ci des étapes données, résolution des problèmes. 13

.

. verbalisations par l'opérateur pendant le travail ou - à

défaut

-