//img.uscri.be/pth/fd656131dd83dd5105bffebe9d6900948f74e3e9
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Henri IV ou la tolérance assassinée

De
112 pages
1610. Henri IV est assassiné par François Ravaillac. Dans cet essai à l’approche originale, François Giraud rappelle qu'il incarnait la tolérance dans un contexte de violence religieuse extrême. De l’affaire des placards de 1534, à la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, protestants et catholiques ne cessent de s’affronter en mettant la France à feu et à sang. Avec Henri IV ou la tolérance assassinée, l’influence de La Rochelle et Marseille dans l’histoire des guerres de religion trouve un éclairage nouveau. A travers l’histoire de deux grandes villes portuaires françaises, c’est le passé turbulent de toute une nation que nous raconte François Giraud.
Voir plus Voir moins

François Giraud
1 Henri IV ou la tolérance assassinée
2 François Giraud


Henri IV
ou la tolérance assassinée
3 Henri IV ou la tolérance assassinée
4 François Giraud
Henri IV
ou la tolérance assassinée
La Rochelle et Marseille
pendant les guerres de religion







Éditions Le Manuscrit
Paris
5 Henri IV ou la tolérance assassinée














 
Les maquettes de l’ouvrage et de la couverture sont
la propriété exclusive des éditions Le Manuscrit.
Toute reproduction est strictement interdite.
© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-
2010
ISBN : 978-2-304-03434-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304034349 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03435-6 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304034356 (livre numérique)
6 François Giraud





AVANT-PROPOS

Du nord au sud de l’Europe, le début du
XVIe siècle fut marqué par l’écroulement du
monde médiéval et des certitudes, en
particulier religieuses qui caractérisaient cette
époque.
Un grand mouvement intellectuel, la
Renaissance, s’empara des esprits et la
civilisation italienne attira les artistes,
diplomates, ecclésiastiques avides de s’initier
aux auteurs et aux arts de l’Antiquité. Les
expéditions militaires de nos rois de France
allaient suivre en particulier pour faire valoir
leurs droits sur le Milanais et le royaume de
Naples. Les princes d’Anjou et d’Orléans
avaient en effet ouvert la route de la
péninsule.
Mais à la païenne Renaissance allait bientôt
succéder la Réforme protestante qui va
obliger l’Eglise à se réformer elle-même de
l’intérieur. Il était cependant trop tard pour
éviter les excès et la sauvagerie des guerres de
religion. La violence fanatique des masses va
se combiner au renouvellement de la foi
chrétienne et une grande confusion va régner
7 Henri IV ou la tolérance assassinée
dans les cœurs, les esprits et les âmes. Entre
François Ier et Louis XIV, Henri IV va se
révéler dans ce contexte comme le roi le plus
illustre, le seul de notre histoire dont la
mémoire est célébrée à l’unanimité par la
République.
2010 en porte témoignage avec la
célébration du 400ème anniversaire de la
mort de ce roi, assassiné le 14 mai 1610.

Florence
A l’image des relations entre Naples, Milan
et la France, les liens entre Florence et notre
pays sont anciens : ils vont même se
concrétiser, à une époque où la vie politique
en Italie est très compliquée, par des alliances
matrimoniales qui rapprocheront encore le
royaume de France et le grand duché de
Toscane.
La famille Médicis, avec Cosme, s’était
emparée du pouvoir à partir de 1434 dans
cette ville incomparable. Cette famille de
riches banquiers l’avait perdu peu après
laissant la place à un moine, Jérôme
Savonarole, fondateur d’une véritable
démocratie théocratique et puritaine qui
devait finir pendu et brûlé le 23 mai 1498.
Quelques jours après un certain Nicolas
Machiavel, entrait officiellement dans la vie
8 François Giraud
publique comme secrétaire de la seconde
chancellerie de la République florentine. Le
régime de Florence changea de nouveau en
1512 à la suite du conflit entre le pape Jules II
et le roi de France, Louis XII. Tandis que
Machiavel était en sa qualité de fonctionnaire
de la République, évincé de son emploi et
chassé de la ville, les partisans des Médicis en
profitaient pour rétablir « les magnifiques
Médicis » au pouvoir. C’est ainsi que Julien de , frère du futur pape se retrouva à la
tête de Florence. Souhaitant rentrer en grâce,
Machiavel projeta de dédier son futur livre à
Julien et, après le décès de celui-ci en 1516,
adressa finalement sa dédicace du « Prince » à
Laurent de Médicis, duc d’Urbino et neveu
du pape.
Entretemps, le 11 mars 1513, l’élection de
Jean de Médicis en qualité de pape, sous le
nom de Léon X constitua un événement
majeur. Il était ouvert aux idées nouvelles et
tenta d’éviter la rupture avec Martin Luther
qui était en contact avec lui dès 1518.
Cependant le 15 juin 1520, Léon X lui
adressa une bulle lui demandant de se
rétracter et le 3 janvier 1521, Luther était
excommunié. Léon X mourut peu après cet
échec le 1er décembre.

9 Henri IV ou la tolérance assassinée
Luther et Calvin
Léon X était un ami des humanistes et son
estime pour Martin Luther était réelle : il
essaya de gagner du temps dans l’espoir d’un
revirement de Luther. Ce dernier qui était né
en 1483 à Eisleben en Saxe, se préoccupait
comme moine avant tout de son salut
individuel. De 1505 à 1515, peu lui importait
la réforme de l’Eglise !
Il affiche des positions hardies à partir des
années 1516 et suivantes : en 1517, il
proclame quatre-vingt-quinze thèses pour
susciter la discussion. Il y affirme en
substance que « le pape ne peut pas effacer
les péchés, mais seulement annoncer leur
rémission accordée par Dieu, qu’il n’a aucun
pouvoir sur le Purgatoire.... ». Sa position
pourrait être résumée en citant cette
phrase : « L’essence de l’Eglise consiste dans
les rapports immédiats des fidèles avec son
invisible chef, le Christ, sa force et sa vie ».
L’Eglise en tant qu’organisation n’est plus
qu’une réalité secondaire.
La diffusion des idées de Luther en
Allemagne fut un succès, car elles
répondaient à un état d’esprit général et aux
critiques contre les civilisations latines. A
partir de 1522, les actes de violence entre les
partisans de l’orthodoxie catholique et les
partisans de la Réforme devaient se multiplier
10 François Giraud
en Allemagne. Quant à Jean Calvin, né en
1509 à Noyon, il eut connaissance
vraisemblablement très tôt des écrits de
Luther : à l’âge de 20 ans, il apparaît comme
un bon catholique et devient un humaniste
dans l’esprit de l’époque. La piété prônée par
l’Eglise catholique ne parvient plus à
l’apaiser et sa rupture avec l’Eglise romaine se
confirme à partir de 1533 : il est contraint de
quitter précipitamment Paris et s’installe à
Genève à partir de 1536 où il sera nommé en
fin d’année prédicateur ordinaire et pasteur
de l’Eglise de Genève.
En tout cas, Luther et Calvin étaient
convaincus de la décadence irrémédiable de
l’Eglise romaine : ils se trompaient
lourdement.

François Ier, Léon X et Charles Quint
Louis XII s’éteignit le 1er janvier 1515 et le
nouveau roi François Ier était sacré le 25
janvier 1515. Il partit à son tour guerroyer en
Italie et en septembre 1515, c’était la victoire
de Marignan. La reconquête du Milanais se
traduit par une paix générale provisoire et
l’abandon au profit de l’Espagne du royaume
de Naples. Début 1516, François Ier est de
retour en Provence où il retrouve la cour et il
séjourne en particulier à Marseille et Aix.
11