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Hibera in terra miles

De

Les guerres constantes menées par Rome dans la péninsule ibérique aux deux derniers siècles avant notre ère ont la réputation d'avoir particulièrement contribué à fragiliser le régime républicain en déstabilisant le système de recrutement traditionnel des armées et en révélant les limites de leurs conceptions de la guerre et du combat. Ce livre montre qu'il n'en fut rien. D'une envergure en général plus restreinte qu'on l'admet ordinairement, les conflits opposant Rome aux peuples de la péninsule n'ont jamais exigé de sa part un investissement démesuré. La Seconde Guerre Punique ou les guerres civiles du Ier s. av. J.-C. représentent de ce point de vue des cas particuliers. Malgré la longueur inhabituelle de la conquête, les armées romaines demeurèrent organisées en fonction des impératifs des campagnes successives à mener et ne se transformèrent pas durablement en troupes de garnison. Régulièrement renouvelées et ravitaillées depuis l'Italie, elles ne dépendaient que partiellement de l'infrastructure administrative progressivement mise en place dans les provinces hispaniques, dont elles n'exploitaient pas systématiquement les ressources disponibles. L'exemple des armées romaines en Hispanie témoigne ainsi de la vigueur d'un système centralisé et, même pour la fin de la République, ne permet pas de conclure à une ébauche d'armées provinciales dans cette partie occidentale de l'Empire.


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Hibera in terra miles Les armées romaines et la conquête de l'Hispanie sous la république (218-45 av. J.-C.)
François Cadiou
Éditeur : Casa de Velázquez Année d'édition : 2008 Date de mise en ligne : 7 mars 2017 Collection : Bibliothèque de la Casa de Velázquez ISBN électronique : 9788490961230
http://books.openedition.org
Édition imprimée ISBN : 9788496820074 Nombre de pages : XVI-852
Référence électronique CADIOU, François.Hibera in terra miles : Les armées romaines et la conquête de l'Hispanie sous la république (218-45 av. J.-C.).Nouvelle édition [en ligne]. Madrid : Casa de Velázquez, 2008 (généré le 14 mars 2017). Disponible sur Internet : . ISBN : 9788490961230.
Ce document a été généré automatiquement le 14 mars 2017.
© Casa de Velázquez, 2008 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Les guerres constantes menées par Rome dans la péni nsule ibérique aux deux derniers siècles avant notre ère ont la réputation d'avoir p articulièrement contribué à fragiliser le régime républicain en déstabilisant le système de recrutement traditionnel des armées et en révélant les limites de leurs conceptions de la gue rre et du combat. Ce livre montre qu'il n'en fut rien. D'une envergure en général plus restreinte qu'on l'admet ordinairement, les conflits opposant Rome aux peuples de la péninsule n'ont jamais exigé de sa part un er investissement démesuré. La Seconde Guerre Punique ou les guerres civiles du I s. av. J.-C. représentent de ce point de vue des cas particuliers.
Malgré la longueur inhabituelle de la conquête, les armées romaines demeurèrent organisées en fonction des impératifs des campagnes successives à mener et ne se transformèrent pas durablement en troupes de garnis on. Régulièrement renouvelées et ravitaillées depuis l'Italie, elles ne dépendaient que partiellement de l'infrastructure administrative progressivement mise en place dans l es provinces hispaniques, dont elles n'exploitaient pas systématiquement les ressources disponibles. L'exemple des armées romaines en Hispanie témoigne ainsi de la vigueur d'un système centralisé et, même pour la fin de la République, ne permet pas de conclure à u ne ébauche d'armées provinciales dans cette partie occidentale de l'Empire.
SOMMAIRE
Préface Patrick Le Roux
Remerciements
Introduction I.—L’HYPOTHÈSE D’UNE « CRISE D’EFFICACITÉ » DE L’ARMÉE RÉPUBLICAINE II. — LE RÔLE ATTRIBUÉ AUX GUERRES IBÉRIQUES DANS LE DÉVELOPPEMENT D’UNE « CRISE MILITAIRE » III. — LES ARMÉES ROMAINES ET LA CONQUÊTE DU MONDE MÉDITERRANÉEN : L’HISTOIRE D’UNE MISE À L’ÉPREUVE ?
Abréviations
Première partie. Armées et guerre
Chapitre premier. Un effort discontinu Géographie des opérations et rythmes des guerres en Hispanie I. — LES LIEUX DE LA GUERRE II. — LE TEMPS DE L’AFFRONTEMENT
Chapitre II. Servir en Hispanie Les effectifs romains et italiques I. — DES BESOINS RÉGULIERS MAIS VARIABLES II. — UNE ROTATION RÉELLE DES EFFECTIFS
Chapitre III. Les formes du combat I. — LA CONSTRUCTION D’UNTOPOS: L’HISPANIA, TERRE DE GUÉRILLA II. — LE PRIMAT DE LA BATAILLE RANGÉE : UN AVANTAGE POUR ROME III. — LES LIMITES DE L’ACCULTURATION MILITAIRE ROMAINE ENHISPANIA
Deuxième partie. Armées et territoires
Chapitre IV. Postes fortifiés et garnisons urbaines Éléments pour une géographie militaire de la conquête I. — LES LIMITES DES TENTATIVES DE RESTITUTION II. — LES DONNÉES DE L’ARCHÉOLOGIE : PROBLÈMES DE MÉTHODE III. — LES GARNISONS URBAINES ET LA QUESTION D’UN RÉSEAU DE CONTRÔLE TERRITORIAL
Chapitre V. Vers une armée d’occupation ? Pratiques et organisation de l’hivernage I. — LE DÉVELOPPEMENT D’INFRASTRUCTURES PERMANENTES ? II. — HIBERNAETPRAESIDIA
Chapitre VI. Atteindre et contraindre l’adversaire La maîtrise nécessaire de l’espace des opérations I. — LES DÉPLACEMENTS DES ARMÉES II. — LA PROTECTION DES LIGNES DE COMMUNICATION AU COURS DE LA CAMPAGNE III. — LA CONNAISSANCE INDISPENSABLE DU TERRAIN
Troisième partie. Armées et provinces
Chapitre VII. L’absence d’une fiscalité provinciale militaire I. —STIPENDIUMET EXPLOITATION DES PROVINCES II. — DES TRANSFERTS DE FONDS DEPUIS ROME III. — LA FONCTION DU MONNAYAGE INDIGÈNE
Chapitre VIII. Les fournitures aux armées Une décentralisation indispensable mais partielle I. —FRUMENTUM COMMEATUSQUE: LA PART DES FOURNITURES OFFICIELLES II. — LES CIRCUITS DE L’INTENDANCE
Chapitre IX. Formes et signification du recrutement provincial I. — LE MAINTIEN DE LA CONSCRIPTION TRADITIONNELLE DES LÉGIONS D’HISPANIA II. — LESAUXILIA EXTERNA: L’APPEL AUX FORCES INDIGÈNES
Conclusion
Bibliographie
Résumés Résumé Resumen Summary
Table des cartes
Table des figures
Table des tableaux
Index
Préface
Patrick Le Roux
La conquête militaire romaine de la péninsule Ibéri que a été fréquemment considérée comme exemplaire, mais également comme caractéristique des limites de l’impérialisme de Rome. Précocement entamée sous d’heureux auspices – la victoire contre Carthage –, elle dura plus qu’aucune autre et ne s’acheva qu’au bout de deux siècles environ. Elle fut marquée par des épisodes catastrophiques répétés : la résistance des Lusitaniens de Viriathe suivie de celle des Celtibères retranchés dans Numance, l’aventure du Romain Sertorius paré des vertus d’un chef indigène sensible aux traditions et à la dignité de peuples en lutte pour leur liberté. Ce ne fut pas un hasard si c’est à Munda, quatre ans aprèsIlerda, que fut scellé le sort des Pompéiens et le triomphe de César. La Péni nsule, fatale à l’Empire napoléonien, avait été, bien longtemps auparavant, le fossoyeur de lapublica res avoir mis en après exergue la profonde crise militaire dont souffrait Rome et la politique romaine d’expansion illimitée. L’ouvrage qu’on va lire soumet à une critique fine et rigoureuse un modèle trop rapidement présenté ici, par la force des choses. Il ne s’agit pourtant pas de faire du neuf à tout prix ni de nier un certain nombre d’acquis. Parce qu’il a su inventer un vrai sujet, jamais traité sous cette forme, F. Cadiou a été conduit à nuancer puis à modifier peu à peu les résultats apparemment les mieux établis par les prédécesseurs . Ayant choisi de s’intéresser à la dimension concrète et quotidienne de la présence mi litaire romaine en Hispania, replacée dans le contexte des réalités institutionnelles, politiques, sociales et culturelles de la Rome républicaine, notre jeune collègue a été conduit à poser des questions rarement abordées dans ce cadre, quoi qu’il en soit jamais ensemble ni de manière systématique. F. Cadiou nous convie à un réexamen sans complaisance des sources, de toutes les sources, en majorité littéraires il est vrai. Avec tact mais fermeté, il démonte les analyses insuffisamment fondées ou aventureuses, repousse patiemment les extrapolat ions trop hâtives, cachées sous le masque de la vraisemblance, qui ont contribué à la « légende » de la « singularité » de la conquête péninsulaire. L’effort militaire imposé par les populations ibéri ques aux armées romaines n’a pas été démesuré ; les épisodes jugés traditionnellement marquants ne doivent pas être expliqués par un soulèvement généralisé des adversaires de Ro me. Au cours d’une démonstration parmi les plus abouties et les plus expressives de l’esprit et de la méthode du livre, F. Cadiou démystifie le sens et le rôle de la guérilla. Loin d’être une manière de combattre propre aux indigènes, elle représente un outil que ne dédaignaient pas les chefs romains, tendus vers le moment décisif qu’était la bataille, suivant une co nception stratégique partagée par les armées ennemies. Par leur armement, leur organisati on tactique, les troupes indigènes opposées à Rome n’avaient rien de barbare ni de pri mitif. L’histoire de la cohorte légionnaire n’est pas le produit des guerres enHispania : l’évolution de cette formation, qui coexistait avec le manipule, traduisit surtout les capacités d’innovation et d’adaptation des
armées romaines, dans la péninsule Ibérique et aill eurs, au cours du temps. Les aspects proprement techniques ne sont jamais laissés de côté. Le traitement des informations archéologiques illustre l’efficacité d’une relecture pertinente et à bon escient. F. Cadiou refuse, comme instincti vement, la mise en exergue de faits apparemment utiles qui visent surtout à tenter de c ombler des données désespérément lacunaires. Malgré l’existence théorique d’un grand nombre de sites militaires occupés à un moment ou un autre du long cycle de la conquête, il nous fait admettre que les connaissances sur ces points demeurent très limitées. Les fouilles de A. Schulten à Numance, longtemps tenues pour décisives, doivent être repla cées dans leur contexte historiographique et interprétées à la lumière des incertitudes nombreuses qu’elles comportent. La documentation archéologique actuellement disponible ne peut pas servir de point d’appui à une description systématique d’évén ements et d’épisodes dont la trame exclusive seraient les difficultés permanentes de R ome et les choix tactiques supposés y répondre. F. Cadiou connaît parfaitement l’utilité, la nécessité et les apports de la recherche archéologique. Le constat qu’il propose est celui d ’un encouragement à reprendre de manière nouvelle les enquêtes et la documentation d ans ces domaines, à l’abri de certains préjugés trop longtemps tenus pour des vérités d’évidence. Avec esprit de décision et clarté, F. Cadiou offre une histoire renouvelée et affinée des armées romaines conquérantes dans la péninsule Ibérique d’époque républicaine. Les faits disent que l’histoire militaire dont il est question fut beaucoup plus vivante et riche que ne le laissait penser lacommunis opinio. Sous sa plume et par ses raisonnements, elle se dilate et s’épaissit avec à la clé un gain substantiel. Ce sont, sauf exceptions, des armées aux effectifs relativement peu nombreux et mobiles qui sillonnère nt l’espace péninsulaire entre Ilipa (206) et Munda (45). La géographie, les territoires, les routes, les problèmes de logistique et d’intendance, les contacts permanents avec les adversaires potentiels ou les alliés trouvent toute leur place et participent à la mise en scène totale d’une conquête approchée sous l’angle exclusif de l’armée en action. Historien de talent, F. Cadiou n’oublie pas que l’organisation politique et sociale des belligérants, alliées à leur culture militaire, détermine la compréhension des différents moments historiques qui ne sont pas seulement les succès et les échecs. Le sénat romain ne manifesta jamais le désintérêt qu’on lui a parfois prêté pour les Hispaniae. Sous son égide et celle des magistrats qui représ entaient le peuple des citoyens, les armées de la res publica demeurèrent, esdans les provinces, des armées civiqu soumises au contrôle et aux exigences de la cité et de ses dirigeants : les modalités de paiement et de versement de la solde et sa valeur symbolique, les circuits de ravitaillement en fournitures de première nécessité, les recruteme nts successifs en font foi. Ce sont les rivalités et les ambitions concurrentes des représentants romains qui mirent finalement en péril les armées romaines autant, sinon plus, que l a fougue et la force militaire des adversaires, jamais unis. Rien ne paraît manquer à la démonstration, encore m oins les nuances, les jugements mesurés, l’esprit de précision. Avec ce livre, F. C adiou se pose comme un excellent connaisseur de l’histoire militaire romaine et parvient à adapter avec adresse sa réflexion à un passé péninsulaire qu’il sait apprécier et regarder avec sympathie et distance. L’écriture est sobre et de très bonne tenue. Tous les ingrédients d’un livre réussi sont réunis, d’un livre d’histoire ancienne au plein sens du mot et de la discipline.
Remerciements
Ce livre est la version revue et mise à jour d’une thèse soutenue à l’université de Rennes 2 en décembre 2001. Il m’est agréable d’exprimer ici ma reconnaissance à mon directeur de thèse, Patrick Le Roux, qui m’a suggéré l’idée de cette recherche avant d’en suivre les développements avec bienveillance et disponibilité. Ses conseils et ses encouragements ne m’ont jamais manqué, comme en témoigne encore la préface introduisant la présente publication. J’associe à ces remerciements l’ensemble des autres membres du jury , Jean-Louis Ferrary, Pierre Moret, Michel Reddé et Jean-Michel Roddaz, dont les critiq ues minutieuses et les nombreuses remarques, avant comme après la soutenance, m’ont a idé à préciser ma pensée et à améliorer mon texte. Ce travail n’aurait pu s’effectuer dans les mêmes conditions sans le séjour de deux ans dont j’ai bénéficié à la Casa de Velázquez entre 1999 et 2001. Que le directeur de cette institution durant cette période, Jean Canavaggio, ainsi que le directeur des études antiques et médiévales, Patrice Cressier, en soient remerciés. Ma gratitude s’adresse également à leurs successeurs, Gérard Chastagnaret, Jean-Pierre Étienvre et Pierre Moret, pour avoir accueilli favorablement l’idée d’une publication dans la « Bibliothèque de la Casa de Velázquez ». Je remercie tout particulièrement le personnel du service des publications, Marie-Pierre Salès, responsable des éditions, ainsi que Blanca Naranjo et Carlos Sánchez, pour leur disponibilité et leur patience inépuisable à mon égard durant la confection au long cours de ce livre. Je tiens à saluer aussi tous ceux, collègues, amis ou proches, qui m’ont dispensé leurs avis ou leurs conseils. Parmi eux, je voudrais remercier ch aleureusement mes parents pour leur soutien constant, ainsi que David Hourcade, Philippe Josserand, et Pierre Cosme pour les si nombreuses discussions à bâtons rompus qui, durant toutes ces années, ont contribué à maintenir intact mon enthousiasme comme à donner fo rme à ma réflexion. Toutes les amitiés nouées au gré de mes fonctions successives dans les universités de Rennes 2, Nancy 2 et Bordeaux 3 ne peuvent être énumérées ici, mais chacune a sa part dans l’aboutissement de ce travail. En particulier, l’accueil que j’ai r eçu à l’institut Ausonius, auquel je suis rattaché depuis 2005, a été décisif dans la mise au point définitive de mon texte, qui a bénéficié autant de la richesse exceptionnelle de s a bibliothèque que de la bienveillance amicale de ses membres. Enfin, ce livre est tendrement dédié à Violaine et à Mathilde, à qui il doit plus que je ne saurais dire. F. C.
Introduction
La péninsule Ibérique occupe assurément une place s ingulière dans l’histoire de la Rome républicaine. Elle constitua, en effet, un terrain privilégié de la conquête et de l’expansion romaine aux deux derniers siècles avant notre ère1. À compter de la seconde guerre punique, Rome s’y trouva non seulement engagée dans des conflits successifs qui la conduisirent à étendre son hégémonie sur la quasi-totalité de la Péninsule, mais aussi, pour la première fois, elle y expérimenta un système de contrôle direct sur des territoires à la fois vastes et très éloignés de l’Italie. Cette double caractéristique marquait une inflexion notable de la politique extérieure de Rome. En effet, après la Sicile et la Sardaigne en 227, deux îles immédiatement voisines des côtes italiennes, les pr ovinces hispaniques furent, en 197, les premières à recevoir annuellement un gouverneur2, bien avant celles qui composèrent e progressivement le reste de l’Empire à partir du mi lieu du II siècle3. Le détail du processus aboutissant à la formation des provinces de Citérieure(Hispania citerior) et d’Ultérieure (Hispania ulterior) n’est pas entièrement clair et demeure discuté4. L’aspect expérimental de cette première phase de la présence romaine dans la péninsule Ibérique explique sans conteste la difficulté à en restituer précisément les contours. Il est néanmoins certain qu’à partir de 197, après la création de de ux prétures supplémentaires, Rome put confier annuellement à ces magistrats, pourvus de l imperium consulaire, une charge (prouincia)dotée, dès cette époque, d’une dimension territoriale dont la nature exacte reste toutefois discutée5. Les Hispaniaedonc être considérées comme un laboratoire peuvent essentiel et précoce du développement des formules militaires, politiques et juridiques destinées à former progressivement, sous la Républi que, le cadre de l’administration de Rome sur les territoires conquis6. Sans prétendre revenir sur l’ensemble de l’évolutio n complexe qui donna naissance à l’Hispania romaine, le présent travail entend seulement en pr éciser certains des aspects touchant à l’armée et à la guerre, car, sur le plan militaire, la conquête de la péninsule Ibérique marque, dans l’historiographie, une étape jugée décisive de l’évolution de l’armée romaine républicaine. En effet, la lente appropriation des espaces péninsulaires résulta d’un effort militaire constant. Rome dut maintenir de fa çon permanente des armées sur le sol ibérique où se déroulèrent des opérations militaire s répétées, depuis la seconde guerre punique jusqu’à la fin de la République7. Une telle situation illustre l’ampleur prise, dès la e fin du III siècle, par les conquêtes. Celles-ci, menées désormais à l’échelle méditerranéenne, conférèrent à la guerre romaine une dimension qu’elle n’avait pas connue jusqu’alors. Pour cette raison, la capacité de lapublica res s’adapter aux contraintes d’un tel engagement, à mais aussi à ses effets, constitue un problème hist oriographique très discuté qui, plus généralement, rejoint le débat concernant l’impéria lisme romain et ses conséquences sur l’organisation de la cité-État8. Ainsi, on considère volontiers que l’infrastructure militaire de la République fut soumise à une forte pression e n raison de ces guerres de conquête et que, dans ce contexte, l’envoi annuel d’armées dans la péninsule Ibérique représenta un maillon essentiel de l’affaiblissement de lamilitiatraditionnelle. Très liées l’une à l’autre, ces