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Histoire d'une ville et de ses habitants : Nantes

De
342 pages
1914-1939 : voici un quart de siècle qui a bouleversé Nantes ! Après avoir porté à leur point de perfection certaines de ses activités traditionnelles, il a vidé ses usines et ses chantiers pendant la "grande crise". Il a connu le tumulte des années 30, la montée du Front Populaire, les défilés emplissant les rues à pleins bords, la joie des conquêtes sociales... C'est une peinture minutieuse de l'époque replaçant la vie de la cité dans son contexte national.
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Histoire d’une ville et de ses habitants Nantes
Historiques Dirigée par Bruno Péquignot et Denis Rolland La collection « Historiques » a pour vocation de présenter les recherches les plus récentes en sciences historiques. La collection est ouverte à la diversité des thèmes d'étude et des périodes historiques. Elle comprend trois séries : la première s’intitulant « travaux » est ouverte aux études respectant une démarche scientifique (l’accent est particulièrement mis sur la recherche universitaire) tandis que la deuxième intitulée « sources » a pour objectif d’éditer des témoignages de contemporains relatifs à des événements d’ampleur historique ou de publier tout texte dont la diffusion enrichira le corpus documentaire de l’historien ; enfin, la troisième, « essais », accueille des textes ayant une forte dimension historique sans pour autant relever d’une démarche académique. SérieTravaux Annie BLETONRUGET,La Bresse bourguignonne. Les dynamiques e e d’un territoire. XVIII XXI siècle, 2014.JeanMichel PARIS,L’Humanitaire (1841), Naissance d’une presse anarchiste ?, 2014. Sébastien ÉVRARD,L’or de Napoléon. Sa stratégie patrimoniale (18061814), 2014. Eva PATZELT,Un haut fonctionnaire estallemand aux prises avec l'intelligentsia (19631989), 2014. Edouard BARATON,De Gaulle ou l’hypothèque française sur le Canada, 2013. Anne METENIER,! La résistance desLiberté pour les Noirs AfricainsAméricains à la ségrégation et à l’esclavage (16191865), 2013. Emma LOWNDES,Récits de femmes pendant la guerre franco prussienne (18701871),2013. Lise BrossardGabastou,Auguste Salzmann (18241872), Pionnier de la photographie et de l’archéologie au ProcheOrient, 2013. Michel FERLET,Les testaments des rois français, L’art de transmettre le pouvoir, 2013.JeanYves CHAUVET,L’usage des maisons lorraines. Familles et e e maisons paysannes de la fin duXVIIau milieu duXXsiècle, 2013.André POLARD,Ecrire l’histoire de l’épilepsie, 2012.
Émilienne LEROUXHistoire d’une ville et de ses habitants Nantes Tome II De 1914 à 1939 Préface de Alain CROIXPréface à une réédition de Michel VERRET
© L’Harmattan, 2014 57, rue de l’EcolePolytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 9782336307688 EAN : 9782336307688
PRÉFACE Superbe ! Ce livre d’Émilienne Leroux est superbe, a réagi l’historien. Et ce livre a touché l’homme et le nantais que je suis : pas question donc de céder aux règles contraignantes de la « préface » impersonnelle… Il est toujours difficile d’expliquer une telle réaction sans tomber dans la grandiloquence. Me frappe, simplement, la parfaite harmonie entre l’auteur et l’œuvre. Émilienne Leroux n’écrit pas l’histoire au scalpel, ne se retranche pas derrière des nuages de chiffres. Elle accompagne le lecteur, dialogue avec lui au détour d’une page en partageant une douleur, une indignation, une joie. Une histoire profondément humaine, dans sa conception, son écriture, sans contrainte pesante, une histoire où chaleur et passion vont de pair avec une précision et un sérieux professionnels, une histoire écrite avec le cœur autant qu’avec la tête. L’historienne est donc dans son œuvre comme les Nantais sont, ici, dans l’histoire de leur ville. Quelle rupture avec ce que nous avons trop lu jusqu’ici sur cette période de l’histoire nantaise, une histoire avec des rues sans passants, une production sans producteurs, des manifestations sans manifestants, des partis et syndicats sans militants, des jours sans fêtes ni deuils ni faits divers. Chez Émilienne Leroux, le plus grand événement prend sa couleur, ses bruits, locaux. Été 1917 : dans les manuels, on nous parle des « mutineries » de l’armée. Nous, nous sommes quai de la Fosse, où les trains circulent encore à ciel ouvert. Passe un train de permissionnaires, acclamés par la foule. Mais les soldats, sombres, ne chantent pas. « A bas la guerre », crient quelquesuns. Et, 68 ans après, un enfant de 8 ans se souvient encore d’une scène vue d’un balcon du quai : un soldat empoigner le drapeau tricolore d’un gamin, le déchirer pour ne garder que le rouge… Seize mois plus tard c’est l’armistice, connu à Nantes le 12 novembre seulement, vers 11h30 : c’est pour Émilienne Leroux une description d’une vie extraordinaire – qui ne doit rien au miracle nous l’allons voir – avec cette phrase d’un témoin digne encore ici d’un film, sur le quai de la Fosse dont « la longue façade est devenue mouvante sous la masse des drapeaux que le vent agite ». Émilienne Leroux filme littéralement les Nantais, d’un œil qui emprunte bien souvent la vision du Jean Renoir des années 36 : le livre n’est jamais aussi bon que dans les moments de joie, celle de la paix de 1918 comme celle, immense, profonde, des premiers congés payés de l’été 1936. Page émouvante s’il en est, où l’auteur réussit ce tour de force de mêler son travail d’historienne et ses souvenirs personnels, très certainement, pour nous rendre une… atmosphère : le cinéma, décidément…
Historienne du bonheur, Émilienne Leroux est aussi une observatrice implacable : j’ai lu, dans son livre, un témoignage hallucinant tiré d’une enquête de 1925 sur le logement à Nantes. Ce que pouvait masquer de misère atroce, sordide, le mythe de la « Venise de l’Ouest », non, franchement, je ne l’imaginais pas à ce point. Et les plus jeunes d’entre nous n’imaginent sans doute pas plus à quel point Nantes mérite alors le titre de cité industrielle : l’histoire télescope littéralement l’actualité, quand elle nous rappelle, entre cent exemples, qu’en 1921 les Batignolles emploient près de 3 300 personnes… Historienne de la bêtise aussi, l’auteur nous livre une véritable anthologie, un sottisier nantais. Que n’aton pu écrire, en 1914 contre le repos du samedi et plus tard sur la journée de huit heures, en 1917 sur la Russie bolchevique, ou bien encore sur le jazz, les bibliothèques… ou les instituteurs. Textes splendides en un sens, textes à méditer parfois, textes qui hélas ne sont pas toujours totalement sans descendants. Ce livre sait en effet ne pas faire de concessions : les encouragements au fascisme du grand quotidien l’Écho de la Loire sont là tout autant que la relative « belle vie » de l’arrière par rapport à celle des tranchées de 1914 1915. C’est un livre de tendresse souvent, mais pas un livre de nostalgie ! Cette extraordinaire richesse, cette justesse d’analyse ne reposent pas cependant que sur la chaleur, la passion, la qualité d’écriture d’une historienne. Il existe, derrière cette façade, une remarquable réflexion historique qui m’a d’autant plus frappée qu’elle se dissimule bien. Chacun sait qu’on ne conçoit plus aujourd’hui une histoire de qualité autrement que comme histoire « totale », ce qui évoque en général nos plus grands historiens, mais aussi leurs thèses et leurs revues savantes, travaux passionnants mais parfois austères. Or ce livre est un livre d’histoire totale, pleinement inséré dans ce qui se fait de mieux aujourd’hui en histoire… mais le lecteur n’en retire que les aspects bénéfiques. Histoire totale ? C’est, d’abord, celle de tous les Nantais, les puissants et les autres, les notables et les obscurs. C’est l’histoire du fait illustre… et l’histoire du terreàterre. L’évolution industrielle de Nantes, le Front populaire sont là bien sûr, mais aussi le budget d’une famille ouvrière. Et ce n’est pas tout : la joie de lire me rendant facétieux, j’ai pu dresser, à partir du livre d’Émilienne Leroux, une chronologie « parallèle » de l’histoire nantaise qui indique bien la richesse du livre…et ne manque pas d’intérêt. 1917 ? L’arrivée du chewinggum bien sûr ! Et la T.S.F. ? 1923. Le téléphone automatique ? 1927, avec bien des difficultés techniques au début. Les cargos bananiers ne vont pas tarder à arriver (1928), mais les Nantais s’intéressent sans doute alors plus aux grands travaux de comblement de l’Erdre et de la Loire, qui vont bouleverser l’aspect de la ville, ou se passionnent pour le grand sport d’équipe des années 30 qui vaut à la vile deux titres de champion de France en 1933 et 1938 : chacun, j’en suis sûr, a reconnu le rugby. Ce sont des noms aussi qui, célèbres aujourd’hui pour
quelque rue, retrouvent chair et importance, de Gaston Veil à Francine Vasse, ou bien ces Georges Duguy ou Gaston Turpin qui ont laissé trace dans la mémoire ouvrière au moins. La méthode d’Émilienne Leroux pour parvenir à ce résultat confond par sa simplicité. Sa documentation repose en effet, pour l’essentiel, sur la presse, presse à l’époque heureusement pluraliste. Une mine  de la politique au sport et… à la publicité ! , source incomparable de « vécu », de té moignages pris ou écrits sur le vif, une mine cependant dont l’exploitation représente des années de travail et exige un sens critique toujours en éveil. Des journalistes de la trempe d’un Gaston Veil ou même d’un Pierre Rocher honorent leur profession : ce livre est un peu le leur aussi, mais Émilienne Leroux a su apporter à leurs textes deux éléments qui lui sont bien personnels. Témoignages des survivants  nombreux dieu merci  de cette époque et souvenirs personnels ont apporté une histoire vécue « au ras du sol », et l’habileté de l’historienne a su trier, tirer parti et, plus difficile encore, marier les retombées des événements nationaux voire internationaux à la chronique purement nantaise. Ce livre qui m’a enthousiasmé, me laisse cependant un regret. Je me sens maintenant « chez moi » dans le Nantes de ce quart de siècle 19141939, j’en connais les quartiers, j’y ai mes amis, quelques adversaires aussi, j’y ai pris mes habitudes : étaitce en rêve que j’entrais hier acheter un vêtement à l’angle de la rue du Calvaire et de la rue Lafayette chez Marx qui, associé à Lajeunesse, y tient magasin ? Mais je connais beaucoup mieux désormais ce Nantes d’avantguerre que le Nantes postérieur, celui d’après 1940 ou 1945 : c’est, on s’en doute, appeler à la poursuite d’une œuvre qui ne peut en rester là, après le premier volume consacré à la période antérieure à 1914… Je ressens aussi, devant ce livre, beaucoup plus que du respect, une sorte de timidité : il ne me semble en effet comparable  avec les avantages que les progrès de l’histoire donnent à Émilienne Leroux  qu’à cette exceptionnelle Histoire de Nantes du Docteur Guépin, publiée en 1832. Historien, je mesure bien là mes risques : je n’aurai pas souvent l’occasion d’affirmer d’une œuvre qu’elle marque à ce point. Mais, s’il est un livre qui justifie ces risques, s’il est un livre dont je sois sûr qu’il prenne sous son charme chacun de ses lecteurs, c’est bien celui d’Émilienne Leroux. AlainCROIXProfesseur d'histoire à l'université de Rennes 2  HauteBretagne. Préside le comité de pilotage du château des Ducs de Bretagne à Nantes.
PRÉFACE À UNE RÉÉDITION Histoire d’une ville et de ses habitants : Nantes Ce livre publié par Émilienne LEROUXy a trente ans, à l’honneur des il éditions ACL, disparues depuis, luimême de longtemps épuisé, pourquoi le rééditer aujourd’hui, quand l’histoire savante de Nantes l’a depuis enrichi ou dépassé sur bien des points ? Histoire savante ne s’écrit pas ou plus dans les majuscules d’une Histoire Sainte, en prétention d’effacer ou délégitimer toutes autres. Elle se sait, en sa différence propre et son autonomie, une des histoires possibles de toutes celles qui se racontent en autant de récits. Récits de ce qu’on a rêvé ou seulement imaginé : contes, fictions, romans… Récits de ce qu’on a vécu, vu, entendu, pensé en sa vie : souvenirs, mémoires, reportages… Récits de ce qui s’est passé dans la suite des vies sur les traces d’un passé traversé en autant d’Aujourd’hui devenus Le Grand Hier… L’histoire de Nantes ici comme un de ces récits là, suspendu à la voix qui le raconte. Où l’on entendra toujours le souffle qui la soutient, dans « l’air de son temps », comme on dit si joliment. Ici, voix de femme, rare en ce genre de récit. Car la femme fait bien la moitié de l’Histoire qui se fait : à deux genres certes. Mais c’est pour l’essentiel l’autre genre qui la raconte, tout au moins dans l’écriture. Où le privilège masculin sera quasi monopole jusqu’à ce que l’école apprenne à lire et écrire à tout le monde, si le monde le permet. Et quel espace ouvert à la voix de chacun, chacune dans la page blanche… Émilienne LEROUX donc, comme une de ces voix neuves. En cette originalité de vouloir dire dans la suite des jours la vie de tous les jours. Et quel appui ce sera pour elle, dès que le jour se donnera le journal. Au quotidien les nouvelles, comme on disait d’abord des légumes du printemps, ici de l’écrit du matin. Le jour dans la fraîcheur du jour. Où le regard, par la photo ne sera pas moins convoqué que l’entretien pour la voix. Et c’est d’un coup, en cet enlacement, l’entrée dans l’histoire notée, avant même d’être racontée, de toute une vie inentendue et invue jusque là dans l’édition masculine, aux Almanachs près : la mode et la cuisine, les jeux et les sports, les crimes et les procès, les histoires drôles ou tristes, le feuilleton où le roman s’effeuille. Et les images de tout cela en gravures, cartes postales et caricatures dont on trouvera florilège dans le livre. Bref, tout le panoramique d’une histoire élargie, où la culture d’une époque se donne dans le foisonnement de ses exposants : première totalisation de l’information, où
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