Histoire des droites en France (Tome 2) - Cultures

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L'opposition entre droites et gauches est le grand clivage français. Jusqu'aujourd'hui, sa disparition, régulièrement annoncée, n'a cessé d'être différée : que soit proclamée une ère du consensus et toujours on observera concurremment une montée aux extrêmes de la vie politique et civique. Les droites parlementaires en offrent un nouvel exemple qui, après avoir prôné la fin des divisions idéologiques et l'union nationale autour d'un libéralisme tempéré, sont désormais flanquées d'une extrême droite rejetant la tradition républicaine.
Cette Histoire restitue l'identité des droites françaises - contre-révolutionnaire, légitimiste, orléaniste, bonapartiste, libérale, révolutionnaire, fasciste, extrême et gaulliste - dans sa triple dimension de la politique (tome I : les mouvements et les partis, mais aussi les horizons idéologiques des théoriciens et des militants qui définissent les identités des grandes familles de la droite en termes de conception du monde, d'idées communes et de discours), des cultures (tome II : les formes de rassemblement, les moyens de diffusion de l'idéologie hors de la sphère politique, les visions de l'histoire partagées par les hommes de droite), des sensibilités (tome III : l'organisation de l'espace social et ce qui s'y dévoile de l'héritage commun au peuple de droite).
Publié le : vendredi 13 février 2015
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EAN13 : 9782072375958
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SOUS LA DIRECTION DE
Jean-François Sirinelli


Histoire des droites
en France


2. Cultures


Gallimard
O n t c o n t r i b u é à c e v o l u m e :

Jean-Jacques Becker, Université de Paris X.
Serge Berstein, Institut d'études politiques de Paris.
Jean-Marie Charon, CNRS.
Philippe Contamine, Université de Paris IV.
Olivier Corpet, Institut Mémoires de l'édition contemporaine
Olivier Dumoulin, Institut d'études politiques de Lille.
Jean El Gammal, Université de Nancy II.
Pascal Fouché, Cercle de la librairie.
Sylvie Guillaume, Université de Bordeaux III.
Gilles Le Béguec, Université de Paris X.
Jean-Clément Martin, Université de Paris I.
Jean-Yves Mollier, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.
Pascal Ory, Université de Paris I.
Guy Pervillé, Université de Toulouse Il.
Jean-Luc Pouthier, Le Monde de la Bible (groupe Bayard).
Henry Rousso, Institut d'histoire du temps présent (CNRS).
Jacques Siclier, journaliste.
Jean-François Sirinelli, Institut d'études politiques de Paris.
INTRODUCTION

DD e s c u l t u r e s p o l i t i q u e s

Évoquant le Parlement français et ses relations avec la sphère des « idées », Albert Thibaudet rappelait
en 1932 ce joli mot de Mallarmé à propos de l'Académie française : « C'est un dieu tombé qui se souvient
1des cieux . » La formule, à bien y regarder, illustre parfaitement la circulation complexe reliant les
horizons idéologiques, évoqués au tome I, à la culture politique, placée au cœur de ce volume. Si des
liaisons existent, bien sûr, entre le ciel des pures idées et la glèbe du débat politique au quotidien,
imprégnée par les cultures politiques, celles-ci apparaissent toutefois davantage comme un dégradé, et
donc une forme altérée et amendée, de ces idées que comme leur simple décalque. En d'autres termes, ces
cultures politiques se souviennent des « idées » tombées de l'empyrée mais leur teneur provient d'une
alchimie plus complexe.
C'est cette alchimie, notamment, que l'histoire politique doit analyser. Trop souvent, en effet, l'école
historique française s'était contentée, jusqu'à ces dernières décennies, d'assimiler l'environnement culturel
des grands courants politiques à l'héritage idéologique pris en charge par chacun d'entre eux. Or, pour le
cadre ou l'adhérent des partis politiques, a fortiori pour le sympathisant et l'électeur, cet environnement
est singulièrement plus divers et si des traces y subsistent de l'héritage, celles-ci se sont amalgamées à bien
d'autres ingrédients. C'est, du reste, une question essentielle posée à l'intelligence historique que de
recenser ces différents ingrédients et de doser leur poids respectif. L'essentiel y procède-t-il de l'influence
des systèmes de pensées les plus élaborés ou bien dérive-t-il de facteurs relevant du monde beaucoup
moins formalisé des sensibilités, communément partagées, lors des hautes eaux partisanes, par des
groupes, couches et classes ?

I . UN CODE ET DES R ÉF ÉRENTS

Qu'est-ce que la culture politique ? La question est d'importance, car ce sont à la fois la définition de la
politique et celle de la culture qui sont en jeu. Pour certains auteurs, par exemple, la politique n'est
2qu'une composante de la culture. Parfois, une telle analyse est formulée de façon explicite et la notion de
culture politique devient alors pléonastique, les deux termes qui la constituent se superposant largement.
Dans d'autres cas, cette superposition découle plutôt de la définition qui est donnée de la culture. Il
arrive, en effet, que celle-ci serve à désigner ce large conglomérat de notions et de données longtemps3englobé sous le terme de « civilisation ». Conglomérat au sein duquel la politique, par le biais des
institutions et des idéologies notamment, se trouve alors intégrée de facto.
Ces problèmes de terminologie sont loin d'être seulement byzantins et sans consistance historique, et
on ne peut les éluder sous peine de dissoudre l'objet politique aussi bien que l'objet culturel. On partira ici
de la conviction que ces deux objets ont leur spécificité mais qu'existe entre eux une vaste zone de contact.
L'objet politique, en effet, a déjà été cerné au tome I comme relevant du champ où s'étudie la triple
question de la dévolution et de la répartition de l'autorité et du pouvoir, défini dans son aire, au sein
d'une communauté donnée ; des tensions et des conflits qui en découlent ; de la configuration de forces
visibles ou souterraines, d'idées explicitées et de sensibilités informulées qui affleurent à travers ces
tensions et conflits. Quant à l'objet culturel, s'il se dérobe davantage à une tentative de définition et si de
4nombreuses acceptions, parfois fort éloignées les unes des autres, ont pu en être recensées , il est tout de
même possible de le cerner en partant là encore d'un champ d'investigation : l'histoire culturelle est celle
qui s'assigne l'étude des formes de représentation du monde au sein d'un groupe humain dont la nature
peut varier – nationale ou régionale, sociale ou politique –, et qui en analyse la gestation, l'expression et la
transmission. Comment les groupes humains représentent-ils et se représentent-ils le monde qui les
entoure ? Un monde figuré ou sublimé – par les arts plastiques ou la littérature – , mais aussi un monde
codifié – les valeurs, la place du travail et du loisir, la relation à autrui –, contourné – le divertissement –,
pensé – par les grandes constructions intellectuelles –, expliqué – par la science – et partiellement
maîtrisé – par les techniques –, doté d'un sens – par les croyances et les systèmes religieux ou profanes,
voire les mythes –, un monde légué, enfin, par les transmissions dues au milieu, à l'éducation, à
l'instruction.
5Cette définition , qui appelle à coup sûr discussion, permet toutefois de localiser, à la charnière du
politique et du culturel, une large zone de contact et d'osmose, que l'on peut légitimement qualifier de
culture politique. Les valeurs et les croyances d'une société, notamment, sont en copropriété entre la
politique et la culture, et celles qui soudent plus particulièrement une famille politique et lui confèrent
son identité constituent la culture politique propre à celle-ci.
Pourquoi parler à son propos d'alchimie complexe ? C'est que, on l'a dit, les grandes idéologies n'en
forment qu'une des composantes. S'y amalgament aussi – nourrissant et explicitant tout à la fois ces
croyances et valeurs – une mémoire spécifique – composée de dates clés, de personnages édifiants,
éventuellement de textes canoniques... –, un vocabulaire propre et, souvent, une sociabilité particulière,
ritualisée ou pas. La culture politique peut donc s'entendre – c'est du moins la définition, non cadenassée,
qui en est proposée ici – à la fois comme une sorte de code et un ensemble de référents, formalisés au sein
d'un parti ou plus largement diffus au sein d'une famille ou d'une tradition politiques.
Si les cultures politiques ne sont pas de simples dégradés des idéologies, celles-ci en constituent
toutefois le plus souvent un volet essentiel. Mais leur intégration au sein des cultures politiques ne s'opère
jamais sans altération. Pour la gauche française de la fin du siècle dernier, par exemple, la philosophie
kantienne venait nourrir, plus largement, une manière de morale du devoir dans les limites de la Raison,
vulgate dans laquelle se reconnaissaient nombre de clercs et d'hommes politiques de la troisième
République commençante. Et, par le canal de l'école notamment, elle imprégnait très largement le corps
civique. Au reste, les droites ne s'y trompaient pas, qui, saisies de fièvre obsidionale, attaquaient durement
le système scolaire tertio-républicain suspecté de mettre en péril, par ses doctrines, des citadelles
culturelles tenues de longue date.
L'exemple des attaques, au début du siècle, contre l'école et l'université républicaines est, à cet égard,
significatif. A l'époque des instituteurs « hussards noirs de la République » chers au Péguy première
manière, le système scolaire et universitaire apparaît aux adversaires de la « synthèse républicaine » – pourreprendre l'expression de Stanley Hoffmann – alors en cours d'élaboration comme un des canaux par
lesquels la République triomphante est supposée diffuser ses valeurs et s'ancrer ainsi solidement et
définitivement dans l'univers mental des Français. Écoles, collèges, lycées et facultés deviennent, dès lors,
tout logiquement, l'une des cibles des nationalistes. Et, à tout seigneur tout honneur, la Sorbonne se
6retrouve dans la ligne de mire : Henri Massis, par exemple, vitupère « l'esprit de la nouvelle Sorbonne ».
Et le cas Massis montre bien que ces attaques dépassent alors le cadre du seul univers maurrassien : certes,
Henri Massis deviendra un clerc influent du maurrassisme mais, dans ces années qui précèdent la
Première Guerre mondiale, il ne s'est pas encore complètement éloigné de la mouvance barrésienne.
Barrès, de fait, avait lui aussi pris pour cible, dans les Déracinés, premier des trois tomes du Roman de
l'énergie nationale, le professeur Paul Bouteiller qui, inspiré par le rationalisme kantien, inculque à ses
élèves du lycée de Nancy la Raison et le Devoir. Par l'enseignement abstrait qu'il leur dispense et la
fascination qu'il suscite chez certains d'entre eux, il les déracine, c'est-à-dire leur fait oublier les
déterminations nourricières que sont leur famille et leur « petite patrie » régionale, et ceux dont le terreau
social ou géographique est le moins solide ne résistent pas à un tel traitement. Bien plus, dans les tomes
suivants de la trilogie, Bouteiller fait aussi le malheur de sa patrie et porte atteinte à l'intérêt national :
dans l'Appel au soldat et Leurs figures, l'ancien professeur du lycée de Nancy devient député puis ministre,
avant d'être éclaboussé par les scandales du début des années 1890. Comme l'avait noté Albert Thibaudet
dans sa brillante Vie de Maurice Barrès : « Le personnage de Bouteiller [...] est comme la somme de ses
7antipathies, de ses impossibilités [...] il représente, pour M. Barrès, l'Adversaire . »
Le personnage de Paul Bouteiller avait pour support deux normaliens que le jeune Maurice Barrès eut
8tour à tour comme professeurs de philosophie au lycée de Nancy : Jules Lagneau et Auguste Burdeau . Ce
dernier, issu d'une très modeste famille lyonnaise, était devenu en 1894, au moment où il meurt
brutalement à l'âge de 43 ans, président de la Chambre des députés. A la fois boursier conquérant et
professeur entré en République, il cristallise ainsi doublement l'hostilité de Maurice Barrès. Tout comme
celle du jeune Léon Daudet, son élève au lycée Louis-le-Grand et une future tête de proue de l'Action
française. Celui-ci, quarante ans après, dans ses Souvenirs littéraires, dénoncera un enseignement fondé sur
9« les insanités germaniques » et distillant le « kantisme », un « poison pour l'intelligence humaine ».
Le fondement philosophique de la querelle, toutefois, ne doit pas faire illusion. Le « poison » dénoncé
procède bien davantage de la vulgate évoquée plus haut que d'une construction philosophique élaborée,
qui ne nourrit cette vulgate que pour partie. Et, de ce fait, c'est bien d'un choc de cultures politiques qu'il
s'agit là, entre le professeur républicain et certains de ses élèves. Et pour en revenir, plus largement, à la
troisième République commençante, ce qu'il est convenu d'appeler « l'idée républicaine » relève de bien
10autre chose que de la seule histoire des idées politiques . Nous sommes au cœur de l'histoire des cultures
politiques.

IIII . DDUU CCUULLTTUURREELL AAUU « MM ÉTTAAPPOOLLIITTIIQQUUEE »

Pour ces cultures politiques, on ne peut certes pas ignorer, outre les problèmes de définition et de
11terminologie déjà évoqués, les débats actuels entre politologues sur une telle notion . Cela étant, il nous
semble que la discipline historique peut tout de même, en lui donnant le sens précis proposé plus haut,12faire de cette notion un usage qui lui soit propre . Deux arguments, en tout cas, plaident notamment en
ce sens, l'un épistémologique, l'autre taxinomique.
Le premier est essentiel mais il n'a pas besoin d'être longuement développé ici car il constitue l'un des
fondements de cette Histoire des droites. Notre conviction, de fait, est que la reviviscence actuelle de
l'histoire politique ne pourra se poursuivre et s'amplifier que si celle-ci est hybridée avec l'histoire
socioculturelle. Et l'étude des cultures politiques sera, par essence, l'un des produits de ce croisement.
Mais renoncer à la notion de culture politique ne serait pas seulement pour l'historien délaisser un
secteur d'investigation riche de promesses. Ce serait aussi se priver d'un élément de différenciation entre
plusieurs champs proches et s'interdire ainsi de varier les angles d'attaque. Quelles seraient, en effet, au
bout du compte, les conséquences d'un amalgame consenti entre culture et culture politique ? Stricto
sensu, rien ne l'empêche : une culture politique conférant son identité à un groupe donné, le mot culture,
on l'a vu, lui est parfois préféré. Et dans cette Histoire des droites elle-même, au tome I, Michel Denis
établissait à juste titre l'existence de ce qu'il appelait la culture légitimiste et la culture orléaniste. Pourquoi
alors plutôt parler ici de culture politique ? En fait, l'avantage du maintien de l'adjectif accolé au
substantif est que le mot culture pris dans son acception classique peut rester réservé à d'autres usages, y
compris pour l'analyse politique. Car une famille ou une tradition politique est parfois également
dépositaire d'une culture prise dans cette acception classique – d'où le titre Cultures donné à ce tome II,
titre qui englobe aussi bien les cultures politiques, centrales dans ce volume, que les cultures plus
classiquement entendues. L'un des exemples les plus significatifs est, à cet égard, celui de l'Action
française. Assurément l'histoire de ce mouvement était, à l'origine, celle d'un « petit groupe
d'intellectuels » (Eugen Weber) et, à ce titre, le discours maurrassien était bien, initialement, un discours
de secte. Mais, on l'a vu au tome précédent, ce microclimat intellectuel s'est rapidement transformé en
zone de hautes pressions idéologiques très présentes dans la circulation des idées. Or, dans l'inventaire des
vecteurs de diffusion et des canaux d'imprégnation de ces idées, ceux proprement culturels, au sens
commun du terme, sont nombreux. Dans le domaine scolaire et universitaire, « Lycéens et collégiens
13d'Action française » d'une part, Étudiants d'Action française d'autre part, jouent un rôle important .
Dans celui de l'imprimé, le quotidien l'Action française est un relais essentiel mais qui ne doit pas occulter
le rôle moteur joué par le livre. Il existe, en effet, au moment de l'apogée de l'Action française, une école
historique maurrassienne, surnommée joliment « l'école capétienne » et dont la production a été
notamment vulgarisée par la collection des « Grandes études historiques » de la Librairie Arthème Fayard,
à l'audience fournie et régulière.
Ajoutons que cet éclat culturel était d'autant plus brillant que des publics très divers en percevaient des
lumières différentes. Les lecteurs traditionalistes de l'Action française y retrempaient leurs nostalgies et y
distinguaient des idées socialement respectables puisque gardiennes d'ordre et de tradition : la culture
ainsi transmise et relayée était donc perçue comme une culture de conservation véhiculant des valeurs
pérennes. Mais sur ce versant culturel pouvant paraître largement fossilisé venait se superposer, pour
d'autres et notamment pour de jeunes intellectuels en rupture de ban, une culture qui semblait s'opposer
à l'idéologie dominante républicaine et cheminer de ce fait hors des sentiers battus. Respectabilité d'un
côté, odeur de soufre de l'autre, le mouvement de Charles Maurras était culturellement gagnant sur les
deux tableaux. Pour les uns, l'Action française était plutôt source et garante de traditions et d'ordre social
et culturel établi, pour les autres, elle apparaissait comme une façon de contester cet ordre établi, incarné
par la République conquérante et sa culture devenue dominante, que les jeunes maurrassiens rejetaient
souvent au nom d'inclinations culturelles étonnamment modernes : ou comment devenir
contrerévolutionnaire par penchant... révolutionnaire.
Certes, un rayonnement culturel ne peut à lui seul peser sur les rapports de force civiques, et la
politique du pays, à cette époque comme aujourd'hui, ne se décide pas dans les salons littéraires ni dans lesfacultés. Mais celles-ci sont les pépinières de forces de l'esprit et ceux-là sont des structures de sociabilité
non négligeables de la vie intellectuelle et aussi de la circulation idéologique. Y rayonner, c'est donc
exercer un pouvoir pour lequel l'adjectif politique ne convient pas et qu'on qualifiera plutôt de
« métapolitique ». Au reste, une suprématie culturelle ainsi entendue dépasse, pour l'avant 1914, le cas de
la seule Action française. Albert Thibaudet concluait en son temps, plus largement, à la domination dans
ce domaine de la droite tout entière. Et l'on verra dans ce volume que Jean-Yves Mollier, analysant le
domaine de l'édition, parvient aux mêmes conclusions, pour une époque – la charnière des deux derniers
siècles – où c'est bien la gauche qui est au pouvoir.
On comprend mieux, ainsi replacés en perspective, les débats autour de l'école à la même époque. Pour
les républicains, autant qu'un outil implicite de pédagogie civique, il y avait là un instrument pour
contrebalancer, neutraliser et bientôt rééquilibrer ce rapport de force culturel initialement défavorable.
Inversement, on l'a vu, les droites se représentent le système scolaire tertio-républicain comme une sorte
de cheval de Troie menaçant leur suprématie culturelle. Aussi l'éducation, c'est-à-dire la transmission
d'un savoir par l'école et d'une tradition par la famille et le milieu, nous a-t-elle retenus dans la mesure où
les droites ont postulé qu'elle serait un des grands moules de l'individu, au même titre que la religion, et
l'avons-nous, de ce fait, étudiée au tome III comme marqueur potentiel ou réel des sensibilités.

III . DES RELAIS ET DES TAMIS

Cela étant, et quelle que soit l'option sémantique choisie, l'alternative culture-culture politique reste
largement un faux problème. Ce qui est essentiel, au bout du compte, c'est que les cultures politiques,
comme, plus largement, tous les phénomènes culturels, doivent s'appréhender non seulement en termes
de constitution – comment une forme d'expression culturelle, politique ou non, s'élabore – mais aussi de
circulation : par quels relais ces formes constituées circulent-elles au sein d'un groupe donné et comment
s'y insèrent-elles ? Et ces relais étant en même temps, forcément, des tamis, quelle est l'altération qu'elles
subissent ? Cette question des relais et des tamis suggère une circulation en même temps qu'une
transmutation des cultures politiques, qui non seulement ne sont jamais des essences pures mais de
surcroît ne parviennent que modifiées à leurs destinataires. Encore que l'observation, ainsi formulée, soit
trompeuse. Elle suppose, en effet, des cultures politiques définies à la source et non à l'embouchure. Or
celles-ci n'existent qu'à travers les groupes au sein desquels elles s'incarnent. Leur acclimatation est partie
intégrante de leur identité. La remarque est banale, mais elle permet de concevoir une analyse
différentielle de ces cultures politiques. Chacune d'entre elles, en effet, peut revêtir des teintes différentes
non seulement de par l'évolution du temps mais également en fonction des groupes sociaux où elle se
développe.
La piste est d'autant plus précieuse qu'elle permet de réfléchir plus avant sur le clivage droites-gauches.
A gauche, en effet, il semble que ces cultures soient davantage ressenties, plus profondément intériorisées
et souvent revendiquées de façon plus explicite que celles de droite. Deux exemples, au moins, sont
significatifs, l'un partidaire, l'autre beaucoup plus large.
Le premier concerne l'histoire du parti communiste français. Des recherches récentes ont confirmé
14l'importance d'une culture communiste expliquant la permanence, plus d'un demi-siècle durant, du
phénomène communiste comme tendance politique importante dans le paysage politique français.
Culture très cohérente, posée sur un socle sociologique solide, elle conférait une forme d'identité à ceux
qui s'en réclamaient et était de ce fait profondément ancrée dans leur vie et leur vision du monde.Plus largement, et sans pour autant revêtir une forme aussi prégnante et sans se situer sur un plan
strictement partidaire, il y a dans l'histoire des gauches françaises une sorte d'héritage culturel, proclamé
comme principe d'identité et posé en termes de fidélité (s). Peu importe que, le plus souvent, cette culture
ne soit pas précisée et qu'elle se réfère surtout à une fidélité sociologique ou à un héritage familial, le fait
est là : cette fidélité ou cet héritage sont parfois présentés par les intéressés eux-mêmes comme les attributs
d'une culture transmise, et sont alors les motifs invoqués du vote à gauche. Or, en première lecture, de tels
mécanismes semblent moins présents à droite, un tel constat posant, du reste, de complexes questions.
Est-ce seulement parce que le mot droite, tôt connoté défavorablement, n'a pu voir se greffer sur lui
principes d'identité et repères de continuité ? Ou bien les cultures politiques de droite ne se sont-elles pas
constituées de façon aussi cohérente et durable que leurs homologues de gauche ? La réponse, assurément,
ne pourra apparaître qu'au terme de l'analyse.
Cette analyse, sans prétendre à l'exhaustivité, se déploiera dans deux directions essentielles. D'une part,
comment s'opèrent les processus de médiation ? Quels furent, au fil des deux derniers siècles, les
principaux vecteurs des cultures politiques de droite ? Et d'abord, existe-t-il des structures de sociabilité
spécifiques pour jouer le rôle de relais et de plaques tournantes de ces cultures ? Quels sont, au bout du
compte, les éléments qui enracinent les droites dans un réseau de circulation d'un langage, d'une
conception du monde, d'une mémoire ? D'autre part, pour ce qui est des mécanismes complexes de
constitution de telles cultures, quel est le rôle joué par le passé revisité ou rejailli ? Revisité par l'histoire
savante ou rejailli à travers la mémoire collective et ses prismes déformants.
Les réponses apportées à ces questions permettront de connaître le poids exact des cultures politiques,
mais également leur masse. En effet, à l'instar de la politique, les cultures ont leurs propres structures,
réseaux, vecteurs et acteurs. On découvrira tout un ensemble de chevauchements et de recoupements
entre le monde des notabilités politiques et celui des élites de salon, entre ces deux mondes et celui de la
presse et de l'édition, entre le personnel politique et celui des hommes de plume, romanciers, essayistes,
comme des hommes de mémoire, historiens professionnels ou érudits. Une sociabilité porteuse et
nourricière des cultures apparaît, qui fait circuler idées et doctrines entre les salons, les groupes
parlementaires ou les ligues – et, un peu plus tardivement, les partis –, les salles de rédaction, les grandes
collections et les amphithéâtres de l'Université. Elle cristallise particulièrement dans les batailles de
mémoire qui tour à tour mobilisent mémorialistes, romanciers et historiens, doctrinaires et idéologues,
militants – autour de la presse d'un parti et de ses publications – et citoyens, enfin, au cours de
cérémonies commémoratives et de rassemblements visant à inscrire symboliquement dans l'espace public
des systèmes de croyances et de valeurs. C'est dans cette circulation même entre les sphères du discours, de
l'écrit et de la mémoire que les cultures politiques trouvent leur masse.
JEAN-FRANÇOIS SIRINELLI, ÉRIC VIGNE
1 Albert Thibaudet, Les idées politiques de la France, Paris, Stock, 1932, p. 10.
2 Bertrand Badie, Culture et politique, Paris, Économica, 1983.
3 Voir, outre Norbert Elias, La civilisation des mœurs, trad. française, Paris, Calmann-Lévy, 1973, rééd.
o1991, l'article de Jean Starobinski, « Le mot civilisation », Le temps de la réflexion, n 4, Paris, Gallimard,
1983, repris dans Le remède dans le mal. Critique et légitimation de l'artifice à l'âge des Lumières, Paris,
Gallimard, 1989, p. 11-59.
4 Philippe Bénéton, Histoire de mots. Culture et civilisation, Paris, Presses de la Fondation nationale des
sciences politiques, 1975.
5 La notion de représentation apparaissait déjà dans d'autres définitions proposées de la culture : ainsi,
Denis Roche appelant à « mieux comprendre les médiations diverses qui interviennent entre les conditionsobjectives de la vie des hommes et les façons innombrables dont ils se les représentent et se les disent »
(Pierre Goubert et Daniel Roche, Les Français et l'Ancien Régime, t. 2, Culture et Société, Paris, A. Colin,
1984, p. 7). Pascal Ory, pour sa part, centre l'approche sur les « représentations collectives propres à une
société » dont il se propose de faire l'« histoire sociale » (« L'histoire culturelle de la France
ocontemporaine. Question et questionnement », Vingtième siècle. Revue d'histoire, n 16,
octobredécembre 1987, p. 67-82, citation p. 68).
6 Jean Capot et Quissac, « L'Action Française à l'assaut de la Sorbonne historienne », in Ch.-O.
Carbonnel et G. Livet, Au berceau des Annales : le milieu strasbourgeois. L'histoire en France au début du
eXX siècle, Toulouse, Presses de l'IEP, 1983.
7 Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1921,
p.169.
8 Jean-François Sirinelli, « Littérature et politique : le cas Burdeau-Bouteille », in Revue historique,
CCLXXII, 1985, 1, p. 91-111.
ie9 Léon Daudet, Souvenirs littéraires, Paris, Éditions G. Crès et C , 1925.
10 Voir la magistrale étude de Claude Nicolet, Les idées républicaines en France (1789-1924). Essai
d'histoire critique, Paris, Gallimard, 1982.
11 Voir, par exemple, l'excellente mise au point de Jacques Lagroye dans Sociologie politique, Paris,
Presses de la Fondation nationale des sciences politiques – Dalloz, 1991, p. 382 sqq.
12 Une des plus belles illustrations d'un tel usage nous semble être l'étude de François Furet, Penser la
Révolution française (Paris, Gallimard, 1978), dans la mesure où cette réflexion d'histoire
conceptualisante, qui marqua un véritable déverrouillage historiographique, cherche à comprendre la
dimension de patrimoine politique et moral que revêtit très tôt cet événedment majeur de notre histoire
nationale et dont il existe autant d'histoires commémoratives que de familles politiques. Sur les cultures
politiques, voir, par ailleurs, les propositions programmatiques de Serge Berstein dans « Les partis », in
René Rémond (s.d.), Pour une histoire politique, Paris, Le Seuil, 1988, notamment p. 80-82.
13 Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle, Paris, Fayard, 1988.
14 Voir, par exemple, Marc Lazar, Maisons rouges. Les partis communistes français et italien de la
Libération à nos jours, Paris, Aubier, 1992.P r e m i è r e p a r t i e

RASSEMBLER
CCHHAAPPIITTRREE II

L e p a r t i

La droite a eu longtemps la réputation d'être fâchée avec les partis et les modèles du rassemblement
partisan. Toutes sortes de raisons fondamentales – depuis le respect dû aux autorités sociales jusqu'à la
crainte, quasi métaphysique, de prêter son concours au processus de désagrégation du corps
politique – l'auraient conduite à suivre le chemin des partis avec les plus expresses réserves et la plus
grande timidité. Le mot de parti aurait été lui-même frappé de suspicion, ou peu s'en faut.
Il y a dans ce type d'analyses une large part de vérité. L'erreur consiste toutefois à utiliser ces vues
générales comme des grilles privilégiées d'interprétation, particulièrement en ce qui concerne la troisième
République.
Les discussions d'ordre théorique et, d'une façon générale, la question des partis et du rôle des partis
dans la culture de droite n'entrent pas directement dans notre propos. Il suffira de dire que, sur ce point
comme sur beaucoup d'autres, les traditions intellectuelles sont extrêmement diverses. Après tout, depuis
Ernest Duvergier de Hauranne et jusqu'à Charles Benoist, futur président de la Fédération républicaine,
la cause des partis a trouvé quelques-uns de ses avocats les plus déterminés dans les rangs de la droite
elibérale de la fin du XIX siècle.
L'histoire des partis et des hommes qui ont été associés à la vie des formations organisées au cours des
années 1885-1939, période clef de l'apprentissage de la culture partisane dans ses formes les plus variées,
permet de dégager quelques observations touchant la réalité empirique qui toutes remettent en cause
l'idée d'une incompréhension naturelle entre les droites et les partis.

I . LES DROITES À LA RECHERCHE DES PARTIS

Tout d'abord, il convient de se méfier de l'allégation selon laquelle les hommes d'état de la droite
modérée seraient demeurés étrangers à cet aspect de la vie publique. L'indifférence, sans doute, fut la
caractéristique essentielle du comportement de quelques-uns, d'un André Tardieu par exemple. De
même, nombreux ont été ceux qui, à l'instar de Raymond Poincaré, se contentèrent d'une participation
formelle, en prenant soin de ne jamais se lier les mains. Mais d'autres – un Jules Méline de 1898 à 1903,
un Louis Barthou dans les années 1911-1914, un Alexandre Millerand en 1924-1926, un Paul Reynaud
durant la seconde moitié des années vingt – ont payé de leur personne et placé, pour un temps du moins,
les problèmes de l'action politique organisée au centre de leurs préoccupations. Dans certains cas, leschoses ont même été beaucoup plus loin. A partir de 1933, la trajectoire politique de Pierre-Étienne
Flandin devient indissociable de son rôle à la tête de l'Alliance démocratique ; et la carrière parlementaire
de Louis Marin se confond avec l'histoire des groupes progressistes et de la Fédération républicaine.
Contrairement à ce que l'on pense trop souvent, les élites de la société ne sont pas restées à l'écart du
mouvement. La remarque s'applique tout spécialement à la période 1885-1914, celle des premiers espoirs
et des premiers essais. Disciple et lieutenant du banquier-député libéral Édouard Aynard, Auguste Isaac,
longtemps président de la Chambre de Commerce de Lyon, a consacré une part impressionnante de son
immense activité à l'animation des groupements politiques organisés. Depuis les combats des
années 1890 au sein de l'Union libérale du bâtonnier Barboux jusqu'à la présidence (de 1921 à 1925),
puis la présidence d'honneur, de la Fédération républicaine, Auguste Isaac n'a pas cessé de soutenir et
participer aux efforts déployés en vue de doter le courant progressiste de structures solides. Le cas est loin
d'être unique. On verra plus loin, par exemple, que le nom de l'industriel Eugène Motte est inséparable
de l'histoire des commencements de la Fédération républicaine.
Du côté des notables de l'intelligence, piliers des académies et des revues savantes, l'intérêt n'est pas
moins vif. D'une façon générale, les conservateurs libéraux de la période 1885-1914 – ceux notamment
qui fréquentent le milieu de l'École des sciences politiques –, professent une doctrine très ferme en ce qui
concerne les bienfaits des partis et de la compétition entre les partis. De Georges Picot, le secrétaire
perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, qui fut aussi l'un des lieutenants de Barboux et
l'un des fondateurs de la Fédération républicaine, jusqu'à Charles Benoist, en passant par le jurisconsulte
Ernest Glasson, le chartiste Robert de Lasteyrie, l'économiste Paul Beauregard et les frères Anatole et Paul
Leroy-Beaulieu, beaucoup sont associés, souvent de fort près, aux entreprises de création et d'animation
de la première génération de formations « modérées ».
La seconde partie de cette histoire, sans doute, pourrait, passé 1918, être décrite comme étant celle
d'un désengagement. Mais il n'y a pas lieu de forcer exagérément le trait. Des hommes d'affaires comme
Henri Becquart, Étienne Fougère, Frédéric François-Marsal, Jules Prévet ou François de Wendel ont joué
un rôle essentiel dans la vie des partis républicains nationaux de l'entre-deux-guerres. De même, la race
des intellectuels modérés à la Georges Picot ou à la Charles Benoist ne s'est pas entièrement éteinte.
Jacques Bardoux, Joseph Barthélemy ou Louis Madelin ont continué d'incarner, parfois avec brio, une
tradition de sympathie intellectuelle et de présence active dont il faudra bien un jour conter l'histoire.
Un dernier aspect, largement méconnu, doit entrer en ligne de compte. On veut parler ici – tout
spécialement pour la période antérieure à la guerre de 1914-1918 – de la qualité des hommes chargés des
fonctions dites d'appareil au sein des formations structurées.
Dans un premier temps, c'est-à-dire dans les années 1885-1899, les dirigeants des associations
politiques ont volontiers recouru aux services de ceux qu'on appelait alors des « publicistes ».
Quelquesuns d'entre eux étaient destinés à acquérir, en divers domaines, une flatteuse réputation. L'Association
nationale républicaine eut ainsi longtemps comme secrétaire général le publiciste Paul Delombre,
rédacteur au Temps, économiste, futur député et futur ministre du Commerce. Au même moment,
l'Union libérale républicaine du bâtonnier Barboux était animée par le jeune Georges Lachapelle, par
ailleurs collaborateur de Jules Méline. Georges Lachapelle prit par la suite la direction du quotidien La
République française et devint l'un des meilleurs spécialistes des questions électorales en France. Ses
travaux font encore autorité.
A partir du tournant du siècle, la mode est plutôt aux avocats, en particulier à ces représentants patentés
de l'élite du barreau parisien que sont les anciens secrétaires de la Conférence du stage. Jules Méline confie
ainsi le secrétariat général de l'Alliance des républicains progressistes à l'avocat Félix Roussel (1856-1925),
lauréat de la promotion 1884-1885 de la Conférence, animateur, aux côtés de Marcel Fournier, de
l'équipe de rédaction de la Revue politique et parlementaire. Il est vrai que Félix Roussel – ancien présidentdu Comité d'action de la gauche libérale (1893), ancien président du Comité des conférences
démocratiques (1898), membre du conseil général de l'Association nationale républicaine – pouvait être
considéré comme un véritable expert en matière de propagande politique.
Comme on aura l'occasion de le vérifier tout au long de cette étude, le cas de la Fédération républicaine
est exemplaire. Fondée à l'automne 1903 à l'initiative d'Eugène Motte, la Fédération se dote d'une
machine de propagande où s'opère une étonnante concentration des talents. La charge du secrétariat
général est attribuée à Frédéric Clément (1869-1915), deuxième secrétaire de la promotion 1897-1898 de
la Conférence du stage, l'un des princes de la jeunesse politique de la période 1889-1899. Autour de la
forte personnalité du secrétaire général – disparu prématurément, au front, durant la guerre de 1914 –, se
constitue une équipe d'orateurs nationaux d'une exceptionnelle qualité : Léon Bérard, « major » de la
promotion 1901-1902 de la Conférence, Georges Bonnefous, appelé à devenir, à la fin de sa longue
carrière, l'un des mentors de la Fédération, Maurice Colrat, etc. L'équipe, sans doute, commence à se
dissocier dès 1904-1905, l'échec de Frédéric Clément lors des élections législatives de 1906 et son départ
du secrétariat général apportant le coup de grâce. Mais il s'agit d'une autre histoire.
Incontestablement, la période de l'entre-deux-guerres est caractérisée, sur ce point particulier, par une
certaine grisaille. Les appareils des formations modérées avaient largement puisé, avant 1914, dans le
monde des compétences et des talents. Mais trop souvent les mêmes formations avaient été incapables de
faire entrer au Parlement leurs propres officiers d'état-major. Au fil des années, la qualité du recrutement
avait fini par s'en ressentir.
Pour la période 1919-1939, on a donc le sentiment que les appareils des associations parallèles – ligues,
groupements de jeunesse, sociétés de propagande indépendantes des partis – attirent davantage les fortes
personnalités. Membres l'un et l'autre – durant un certain temps tout au moins – de la Fédération
républicaine, Pierre Taittinger, président des Jeunesses patriotes, et Henri de Kerillis, le très imaginatif
animateur du Centre de propagande des républicains nationaux, ont donné le meilleur d'eux-mêmes au
sein des organisations qu'ils contrôlaient directement. Cela étant, toute règle souffre des exceptions. A la
Fédération républicaine, Louis Marin fut secondé, dès 1925, par un jeune secrétaire général, Jean Guiter,
diplômé de l'École des sciences politiques, grand blessé de guerre, qui fut un collaborateur intelligent,
efficace et dévoué. Edmond Barrachin, directeur du bureau politique du Parti social français, ancien
député des Ardennes (de 1934 à 1936), était sans doute l'un des plus fins tacticiens de sa génération. Il ne
serait guère utile de se livrer à des comparaisons avec les responsables des appareils des formations de
gauche au même moment. Dans l'un et l'autre cas, toutefois, l'exercice tournerait peut-être à l'avantage de
la Fédération et du PSF.
On voit donc combien il serait vain de rechercher une prétendue incompatibilité entre la droite et les
partis tant il se révèle que la question centrale est plutôt celle de l'enracinement des formations structurées
dans le monde changeant des droites de la troisième République et des obstacles à ce processus
d'enracinement.

PP a r t i s p o l i t i q u e s e t f a m i l l e s p o l i t i q u e s : l a c o r r e s p o n d a n c e i n t r o u v a b l e

Dès l'origine, c'est-à-dire dès la période 1885-1905, par ailleurs si riche de promesses, l'essor des
formations organisées a été contrarié par l'extrême difficulté à établir une correspondance stable entre les
structures partisanes et les courants de l'opinion profonde.
Le premier tome de cette Histoire des droites a notamment retracé l'histoire mouvementée des droites
françaises et les conflits – au premier rang desquels figurent ceux liés aux querelles dynastiques et aux
econtroverses sur la question du régime – qui ont empêché, au XIX siècle, la claire segmentation del'espace politique en fonction des grands systèmes de références idéologiques. La chose, on le sait, n'est
pas propre à la droite, même si la droite a sans doute payé un plus lourd tribut à cette sorte de
phénomène de brouillage politique. L'essentiel, en tout cas, est de bien voir comment ce legs de l'histoire
a gêné les partis naissants dans les efforts d'encadrement permanent de l'opinion. Sans trop forcer la note,
on peut dire qu'il y a un lien de cause à effet entre, d'une part, la relativité des clivages politiques par
rapport aux frontières idéologiques et, d'autre part, la fragilité des structures du regroupement partisan.
Il est toujours instructif, sans doute, de se livrer à un travail de repérage des correspondances. La
période 1899-1905 constitue un temps fort dans l'histoire des formations organisées, à droite tout autant
qu'à gauche. De façon très révélatrice, elle est aussi un moment privilégié dans le processus d'agrégation
des courants politico-électoraux autour de systèmes cohérents de références et de valeurs. La Ligue de la
patrie française, transformée bientôt en quasi-parti, a nourri l'ambition de devenir la maison commune de
tous les nationalistes. Non sans succès, l'Action libérale populaire a tenté de convaincre l'électorat
catholique de jouer la carte d'un grand parti de défense religieuse. Née en 1903, la Fédération
républicaine a cherché, face au combisme – c'est-à-dire au laïcisme d'État –, à rassembler l'ensemble des
forces se réclamant de l'idéal d'une République libérale et modérée.
Il demeure que la correspondance était loin d'être parfaite. L'Action libérale populaire avait une
clientèle très hétérogène, les désaccords portant à la fois sur les objectifs fondamentaux (la question du
cléricalisme, la question du catholicisme social) et sur le choix d'un style d'opposition. Beaucoup de
catholiques attachés à la République et pénétrés des valeurs libérales – et qu'il y a lieu de distinguer, pour
ce tournant du siècle, des purs catholiques libéraux, plutôt séduits par l'Action – regardaient en revanche
volontiers du côté de la Fédération républicaine. Entre ces « progressistes » de la Fédération – rejetés au
centre droit – et les républicains ministériels de l'Alliance démocratique, installés au centre gauche, les
différences d'ordre idéologique n'étaient pas toujours bien perceptibles. Édouard Aynard, l'une des figures
les plus respectées du courant progressiste, opposant déterminé à la politique combiste, était aussi attaché
au message libéral que son gendre Charles Jonnart, « républicain de gauche », assez prudent au demeurant,
futur président de l'Alliance. Tout était ici affaire d'appréciation des priorités, de considérations tactiques,
de solidarité de milieux ou de générations et, sans doute, de plans de carrière.
Une dizaine d'années plus tard, en tout cas, les lignes du paysage étaient entièrement brouillées. La
droite nationaliste avait vite renoncé à affirmer une existence propre sur le terrain électoral et
parlementaire. L'Action libérale populaire se révélait incapable d'opérer la synthèse et se laissait
contaminer, à Paris notamment, par les passions et les préjugés de l'esprit ligueur. Les progressistes de la
Fédération républicaine, enfin, ouvraient leurs portes à des personnalités venues de l'Action libérale
populaire ou des milieux nationalistes (des petits groupements plébiscitaires notamment). Dès les
années 1909-1911, quelques-uns des vétérans de la cause progressiste – un Alexandre Ribot, un Joseph
Thierry – en venaient ainsi à penser que l'identité libérale du parti était menacée. Devenue, pour près
d'un quart de siècle, la structure d'accueil par excellence au sein de la droite parlementaire, la Fédération
n'avait plus les moyens de la cohésion idéologique, du moins de la cohésion idéologique vécue en
profondeur. Au lendemain de la guerre, le secrétariat général est confié à un ancien député, Maurice
Spronck, très proche du monde des ligues nationalistes. Bientôt viendra le temps où Xavier Vallat pourra
faire carrière sous le vieux drapeau de 1903 sans rien abdiquer de ses convictions ultra-traditionalistes.
En elle-même, la bigarrure idéologique n'est pas nécessairement source de faiblesse, et on sait que les
grands partis conservateurs européens, le parti conservateur anglais notamment, ont puisé là un élément
de dynamisme. Dans le cas français, toutefois, deux conditions n'étaient pas remplies. En premier lieu, les
traditions politiques – ou, si l'on préfère, les familles d'esprit – étaient trop vigoureuses pour s'incliner
devant les intérêts supérieurs d'organisations apparues sur la scène publique à une date finalement très
récente. En second lieu, les partis n'ont pas su tirer profit de ces différences et de ces oppositions. Un faitest révélateur : la plupart des crises qui ont secoué les formations de droite ont été des crises « sèches »,
dans lesquelles la pauvreté des débats internes faisait contraste avec l'importance des enjeux et
l'abondance des polémiques ultérieures. Les partis de droite sont nés d'initiatives prises au sommet, à
l'échelon des états-majors parlementaires le plus souvent. Cette question des origines n'est pas sans
rapport avec l'indifférence qu'ils ont toujours manifestée à l'égard de la délibération collective et du
pouvoir intégrateur des discussions menées au grand jour. Telle est, du moins, l'hypothèse que l'on peut
formuler.

O r g a n i s a t i o n p a r t i s a n e e t r e c l a s s e m e n t d e s f o r c e s p o l i t i q u e s

Un deuxième élément de perturbation, lié dans une certaine mesure au précédent, est venu du fait que
le système des forces politiques était un système en mouvement.
Cette dynamique, qui finissait par imposer aux hommes et aux organisations les difficiles épreuves du
reclassement et du renversement d'alliances, découlait de ce qu'on appelle parfois le « sinistrisme ». Il faut
entendre par là la poussée née de l'apparition de forces nouvelles à l'extrême gauche de la configuration
politique, poussée qui contraignait à terme les anciennes gauches à basculer vers le centre et les anciens
centres à se replier sur la droite. Le mot célèbre de Joseph Barthélemy à propos des « républicains de
gauche », ces hommes « du centre » que le « malheur des temps » obligeait à siéger à droite, résume assez
bien la logique du processus. En théorie, tous les acteurs du jeu politique sont concernés par cette
modification presque incessante des équilibres. Dans la réalité, cependant, la charge pèse de manière
inégale et les formations modérées sont les principales victimes de l'instabilité du système. Il en va ainsi
jusqu'aux années trente, c'est-à-dire jusqu'au moment où la « ligne de front » droites-gauches finit par
passer à l'intérieur du courant radical et à placer ainsi le parti de la rue de Valois dans la posture
inconfortable mais bien connue des modérés des débuts du siècle.
Pour l'ensemble modéré – dont le rôle, on le verra, a été décisif dans l'émergence des partis organisés –,
la période 1899-1914 est en effet celle des passages difficiles : le retour, au cours des années 1899-1902, à
une situation d'affrontement bipolaire et l'éclatement du vaste centre des « républicains de
gouvernement » entre deux forces antagonistes de centre gauche et de centre droit, le glissement d'une
partie de ce centre droit vers les marches incertaines de la droite cléricale ou nationaliste, le
franchissement enfin par ledit centre gauche de la ligne fatidique séparant le bloc de « l'ordre » de celui du
« mouvement ». Les effets déstabilisateurs de ces processus de reclassement ont été amplifiés en raison du
fait, parfois méconnu, que le courant appelait souvent la formation d'un « contre-courant ». On veut
parler ici des mouvements, de caractère compensatoire, qui sont nés de la volonté de certains éléments,
groupes ou individus, d'échapper à la dérive et de rectifier la position. Dans le droit fil de la logique qui
avait présidé au schisme de 1899, lorsque la formation du cabinet Waldeck-Rousseau, en juin, conduisit à
la cassure des progressistes entre tenants et opposants à la participation ministérielle, l'histoire de la
Fédération républicaine et celle de l'Alliance démocratique ont été ainsi ponctuées de crises, de ruptures et
de dissidences. D'une façon plus générale, cette dynamique des courants et des contre-courants a créé un
climat de précarité, empêchant les partis naissants de délimiter leur territoire, de fidéliser leur clientèle et
d'imposer dans le public l'image d'un lien stable entre un drapeau, un système de références et une place
bien déterminée dans l'espace politique.
L'histoire de la Fédération républicaine – la grande formation modérée, fondée à
l'automne 1903 – offre une excellente illustration de ces logiques de déstabilisation. A trois reprises, eneffet, le parti a été ébranlé par des conflits liés de façon directe à des phénomènes de reclassement sur
l'échiquier politique et parlementaire.
La première crise date de l'hiver 1904-1905 et de l'agonie du combisme. La chute de Combes et la
constitution, sous la houlette de l'ancien opportuniste Maurice Rouvier, d'un ministère beaucoup plus
ouvert aux influences modérées modifiaient considérablement les données du jeu politique. Un certain
nombre d'élus de la Fédération estimèrent qu'il était de leur devoir d'aider à cette opération de recentrage
et qu'il fallait, en conséquence, abandonner l'attitude d'opposition qui était celle du parti depuis les
origines. Au mois de mars, une trentaine de députés – parmi lesquels Paul Bignon, François Carnot et
Étienne Flandin – quittèrent ainsi le groupe progressiste, lié à la Fédération, pour fonder un nouveau
groupe parlementaire, dit de l'Union républicaine. Pour la plupart d'entre eux, ils rejoignirent par la suite
les rangs de l'Alliance démocratique. A la veille des élections législatives de 1906, l'autorité de la direction
de la Fédération se trouvait gravement entamée.
La deuxième crise, celle de 1911, apparaît comme une véritable répétition de la précédente. Depuis les
dernières années du ministère Clemenceau, en effet, la montée du socialisme, l'évolution des radicaux vers
des positions de moins en moins avancées et le glissement de l'Alliance démocratique vers le centre droit
tendaient à brouiller la frontière entre les hommes de l'Alliance et les éléments les plus modérés de la
Fédération. Parallèlement, le groupe progressiste – rejeté à droite – voyait venir à lui des élus issus de la
droite catholique ou des milieux nationalistes. Au lendemain des élections législatives de 1910, les
tensions montèrent ainsi peu à peu au sein du groupe progressiste. En mars 1911, Joseph Thierry,
président de la Fédération républicaine, personnellement sensible aux vertus de la politique d'apaisement
prônée par Aristide Briand, préféra quitter le groupe et constituer, avec une trentaine d'amis, une
nouvelle formation parlementaire, l'Union républicaine (on notera le parallélisme avec les événements
de 1905). Cette fois, le conflit eut des répercussions directes sur la vie du parti. En décembre 1911, Joseph
Thierry abandonna la présidence de la Fédération et, tout en acceptant une vague présidence d'honneur,
fit mouvement en direction de l'Alliance. La Fédération perdait l'une de ses meilleures têtes politiques.
Le troisième conflit caractéristique s'est noué au tournant des années vingt et des années trente. La
logique qui préside à l'affrontement est ici sensiblement différente. Contrairement à ce qui s'était passé
lors des deux crises précédentes, en effet, la crise du printemps 1932 n'est pas liée de façon mécanique à
un processus de reclassement général des forces politiques. Elle est plutôt la conséquence de l'évolution
propre d'un certain nombre d'élus de la Fédération, souvent marqués par le catholicisme social, vers des
positions moins figées, particulièrement dans le domaine de la politique extérieure. Depuis plusieurs
années déjà, la ligne officielle, perçue souvent comme exagérément « nationaliste », défendue par Louis
Marin, président de la Fédération, et ses amis de la « garde lorraine » (Édouard de Warren, François de
Wendel), suscitait l'inquiétude de toute une partie du groupe de l'Union républicaine démocratique (où
se retrouvaient, à la Chambre, les députés de la Fédération et divers élus modérés). Le semi-échec électoral
subi par la Fédération lors des élections de 1932 et la volonté de Louis Marin de constituer, au lendemain
de la consultation, un groupe parlementaire dépendant directement du parti transformèrent le malaise en
révolte. Georges Pernot, député du Doubs, et Jean de Tinguy, député de la Vendée, décidèrent de former
un groupe nouveau, le groupe « républicain et social », appelé parfois « groupe Pernot ». Le groupe
subsista dans la Chambre, élue en 1932, sous le nom, légèrement modifié, de groupe « républicain
indépendant d'action sociale ». Le groupe de Louis Marin était amputé de quelques-uns de ses éléments
parmi les plus pondérés – et les plus solidement attachés aux valeurs de la démocratie parlementaire – et
devait bientôt se trouver exposé, de manière assez dangereuse, à la surenchère de l'aile extrémiste menée
par Philippe Henriot et Xavier Vallat.
En somme, la déstabilisation parlementaire de la Fédération républicaine au début des années trente
était le produit de deux mouvements contraires : le glissement d'une partie des héritiers de la traditionrépublicaine « progressiste » vers des positions de moins en moins modérées et le désir de recentrage de
tout un secteur de la droite catholique, naguère proche de l'Action libérale populaire. Louis Marin et la
direction de la Fédération n'avaient pas su trouver le juste point d'équilibre.
Les crises de la Fédération républicaine sont également instructives sur le plan des formes
d'organisation : un parti ne recouvre pas nécessairement un groupe parlementaire.

IIII . LLEESS PPAARRTTIISS PPOOLLIITTIIQQUUEESS DDAANNSS LLEE SSYYSSTT ÈMMEE DDEESS FFOORRCCEESS OORRGGAANNIISS ÉEESS

L'idée selon laquelle la droite aurait été, durant la plus grande partie de la troisième République, rebelle
aux méthodes modernes d'organisation ne tient pas compte de la complexité du système d'encadrement
des forces politiques. A côté des partis, en effet, existent, et éventuellement prospèrent, d'autres pôles
d'organisation : les groupes parlementaires (encore qu'une certaine confusion demeure souvent à ce
1niveau), les associations locales et les groupements parallèles .

L a p l u r a l i t é d e s f o r m e s d ' o r g a n i s a t i o n

La complexité des rapports entretenus par les partis avec ces structures, à la fois concurrentes et
complémentaires, s'explique par deux caractéristiques du système.

D'abord, à de rares exceptions près – du moins pour ce qui concerne les plus dynamiques d'entre
elles –, les structures évoquées ici n'occupent pas exactement le même espace politique que les partis avec
lesquels elles se reconnaissent des affinités privilégiées. Durant les années de l'entre-deux-guerres,
beaucoup de groupements parallèles, de comités locaux, de « partis » départementaux ou régionaux, ont
affirmé une vocation unitaire et tenté de rassembler les différents courants de la grande famille
« républicaine et nationale » par-delà les frontières des ensembles partisans. De nombreux groupements
parallèles (groupements d'intérêts, ligues ou mouvements de jeunesse) situaient leur action sur les marges
du bloc modéré, faisant le lien avec la droite nationaliste ou antiparlementaire (tel fut le cas, notamment,
de bien des ligues au cours des périodes caractérisées par la tentation de s'intégrer pleinement dans le jeu
de la démocratie représentative) ou les éléments les plus « raisonnables » du radicalisme (l'Union des
intérêts économiques d'Ernest Billiet n'a jamais tout à fait perdu de vue cet objectif essentiel). D'autres
affectionnaient les positions à la charnière des partis ayant pignon sur rue. Mi-club, mi-ligue, animé
vers 1906-1907 par le publiciste André Chéradame, le groupe dit de « L'Énergie française » était ainsi une
structure-pont entre les nationalistes modérés et l'aile de la Fédération républicaine la plus sensible au
discours sur la décadence française et la montée des périls extérieurs. De même, le délicat montage
organisationnel opéré en 1907-1909 par Maurice Colrat – l'Association nationale des conférences,
l'Association d'études fiscales, l'Association de défense des classes moyennes – procédait d'une volonté,
sans doute très délibérée, de renouer les fils entre les républicains de gauche de l'Alliance démocratique et
les progressistes de la Fédération républicaine. Il convient d'ajouter que l'Association de défense des
classes moyennes – un fleuron de ce dispositif Colrat – prenait largement appui sur la Confédération des
groupements commerciaux et industriels, une organisation professionnelle dans laquelle l'état-major de
l'Action libérale populaire comptait de nombreux et fidèles amis. En d'autres termes, le dynamisme desstructures indépendantes des partis était inséparable de la fluidité et de l'instabilité du système partisan.
Ces structures ont été un peu comme les articulations qui ont apporté la souplesse nécessaire et rendu
moins difficiles les opérations de reclassement.

Ensuite, cette prolifération de structures impliquait une tendance à l'émiettement. L'inconvénient,
toutefois, était partiellement compensé par l'existence de tout un courant d'échanges et de circulation
entre les états-majors des diverses organisations. Un aspect extrêmement méconnu de ce système de
coordination décentralisé résidait dans le choix des présidents de groupes parlementaires. Un certain
nombre d'entre eux, en effet, étaient des dirigeants ou des anciens dirigeants de groupements parallèles. A
la veille des élections de 1906, Joseph Thierry, député des Bouches-du-Rhône, présidait ainsi à la fois le
groupe républicain progressiste de la Chambre et l'Union du commerce et de l'industrie pour la défense
sociale. Georges Beauregard, l'un de ses successeurs à la tête du groupe progressiste, était également l'un
des chefs de file de la même Union. Au cours de l'hiver 1922-1923, François Arago, président du groupe
de l'Entente républicaine démocratique, le plus important des groupes modérés de la Chambre, se
trouvait aussi à la tête d'une grande ligue à caractère politique, l'Action nationale républicaine.
En vertu d'une logique quelque peu similaire, les états-majors des différents types de groupements
parallèles étaient parfois peuplés des mêmes hommes, parlementaires en place ou aspirants-parlementaires.
Georges Bonnefous, élu député en 1910, avait été tout à la fois le secrétaire général d'un groupement de
propagande politique, l'Association nationale des conférences, et l'un des orateurs attitrés de la Ligue des
contribuables. Maurice Colrat, l'un des principaux lieutenants de Poincaré, avait été président de
l'Association nationale des conférences, président de l'Association de défense des classes moyennes,
viceprésident du Comité extra-parlementaire de la représentation proportionnelle. Désiré Ferry, ami et
collaborateur de Louis Marin, avait été président de l'Union des étudiants républicains et membre du
comité directeur de la Ligue des patriotes. Le général de Castelnau était le porte-flambeau de la Ligue des
patriotes et de la Fédération nationale catholique. A un échelon plus modeste, le jeune vicomte André de
Fels, bientôt lieutenant de Pierre-Étiennc Flandin à la direction de l'Alliance démocratique, avait participé
à l'animation de la Jeune France républicaine, de la Ligue républicaine nationale, du Comité républicain
du commerce et de l'industrie. On pourrait multiplier les exemples. Leur abondance tendrait à démontrer
que les fonctions de régulation globale – c'est-à-dire ce qui, en pure théorie, relevait plus précisément des
partis et de leurs équipes dirigeantes – avaient de larges chances d'être assurées en dehors de leur
mouvance propre.

PP a r t i s p o l i t i q u e s e t g r o u p e s p a r l e m e n t a i r e s : l e s d i f f i c u l t é s d e
l ' i d e n t i f i c a t i o n

Aux yeux des observateurs contemporains, l'absence quasi générale de correspondance entre groupes
parlementaires et formations politiques organisées constituait l'un des signes les plus manifestes de
l'impuissance de la droite à se doter de solides structures partisanes. L'historiographie a largement ratifié
ce jugement.
Un tel état de choses n'était le produit d'aucune fatalité. Au cours de la période 1899-1905, la droite
avait, comme les autres familles politiques, déployé de gros efforts en vue d'une meilleure organisation et
elle était parvenue à réaliser une véritable clarification parlementaire. Les élus proches de la Ligue de la
patrie française se retrouvaient au groupe républicain nationaliste. Le groupe de l'Action libérale était à la
fois la cellule-mère et l'instrument parlementaire de l'Action libérale populaire. Le groupe républicain
progressiste avait été partie prenante, en 1903, à la création de la Fédération républicaine et fut,de 1903 à 1906, son émanation officielle dans l'enceinte du Palais-Bourbon. Aux marges du centre
gauche, enfin, le groupe de l'Union démocratique rassemblait la majorité des élus proches de l'Alliance.
Les reclassements intervenus au cours des années 1905-1906 perturbèrent ce beau schéma. Dès lors, la
tendance fut à la dispersion, voire à la confusion, plus nette encore au Palais-Bourbon qu'à l'assemblée du
Luxembourg.
Jusqu'au terme de la législature 1914-1919, l'Action libérale populaire est parvenue à maintenir
l'existence du groupe correspondant de l'Action libérale, au prix, il est vrai, d'une réduction considérable
des effectifs. Il s'agit de l'exception qui confirme la règle. Les élus nationalistes prirent vite l'habitude de se
disperser au sein des divers groupes de la droite parlementaire, en effectuant des choix parfois quelque peu
2surprenants . Le groupe républicain progressiste, ébranlé par la scission du début de l'année 1905, se
reconstitua péniblement en 1906, en marquant bien qu'il n'entretenait plus de relations officielles avec la
Fédération républicaine. Une seconde scission, on l'a vu, mit à nouveau en péril, au début de
l'année 1911, la cohésion du parti sur le plan parlementaire et la bonne entente entre les élus et
l'étatmajor national. Au lendemain de la consultation législative du printemps 1914, la Fédération peut enfin
regrouper les députés qui se réclamaient d'elle au sein d'un groupe unique, baptisé groupe de la
Fédération républicaine. Il faut noter toutefois que le groupe comptait seulement trente-six adhérents. Au
demeurant, les élections de novembre 1919 et la victoire du Bloc national remirent tout en question. Le
groupe de la Fédération renonça à son identité propre et se fondit dans la vaste nébuleuse de l'Entente
républicaine démocratique, le groupe dit des « Aragouins », par allusion à son président, François Arago,
qui avait choisi en 1914 une formation parlementaire concurrente, la Gauche démocratique de Joseph
Thierry.
La période de l'entre-deux-guerres n'a pas été marquée par des progrès bien sensibles. La droite
modérée reposait désormais sur deux piliers partisans, la Fédération républicaine et l'Alliance républicaine
démocratique, devenue une formation de centre droit. Sur le plan parlementaire, la situation demeurait
infiniment plus compliquée, la répartition des élus modérés se faisant, selon les législatures, entre trois ou
quatre groupes parlementaires, un puissant groupe intermédiaire s'interposant généralement entre le
groupe qui ralliait la plus grosse partie des adhérents de l'Alliance démocratique et le groupe proche de la
Fédération républicaine (l'Entente républicaine démocratique de 1919 à 1924, l'Union républicaine
démocratique de 1924 à 1932, la Fédération républicaine à partir de 1932). Encore faut-il préciser qu'un
tel schéma aboutit à laisser de côté les groupes correspondant aux nouvelles formations organisées, les
petits groupes indépendants, les non-inscrits et les élus qui préféraient, pour diverses raisons de tactique
ou de convenance, siéger au sein des groupes dits de centre gauche (à la gauche radicale, par exemple,
entre 1924 et 1936).
Ce phénomène de dispersion, auquel les publicistes modérés donnèrent en 1932 le nom de
« groupite », eut deux grandes conséquences.
En premier lieu, les partis politiques modérés ne pouvaient pas prendre appui, comme leurs
homologues de gauche, sur des groupes parlementaires organiquement liés à eux. En dépit de différentes
tentatives – en 1914 et en 1936, notamment –, l'Alliance démocratique n'eut jamais les moyens, ni sans
doute la volonté, de rassembler ses élus au sein d'un groupe qui lui fut propre. De 1919 à 1932, la
Fédération républicaine jugea préférable d'exercer son influence parlementaire par le truchement d'un
groupe largement ouvert à des élus étrangers au parti. Durant la législature 1928-1932, il est vrai, les liens
se resserrèrent beaucoup entre cette Union républicaine démocratique (nom choisi en 1924) et
l'étatmajor de la Fédération, Édouard de Warren, député de la Meurthe-et-Moselle, ami et lieutenant de Louis
Marin, occupant les délicates fonctions de secrétaire général du groupe. Mais le contrôle grandissant de la
Fédération sur l'URD provoqua un sérieux malaise au sein de la troupe parlementaire. Au lendemain des
élections de 1932, Louis Marin finit par opter pour une solution plus conforme à la simple logique etreconstitua le groupe de la Fédération républicaine. On a vu, toutefois, que l'opération se fit au prix de
sérieuses difficultés et de la création d'un groupe dissident, le groupe républicain et social de Georges
Pernot.
En second lieu, le caractère un peu anarchique de l'organisation des droites sur le plan parlementaire a
sans doute favorisé le développement des « réseaux » et des « clientèles », c'est-à-dire des groupements
d'affinités indépendants des partis et des formations officiellement constituées au sein des assemblées
parlementaires. La plupart du temps, ces réseaux d'élus gravitaient autour de personnalités qui avaient pris
soin – par goût, par tempérament ou par calcul stratégique – de conserver leurs distances vis-à-vis des
partis. Membre, très indépendant, de l'Alliance démocratique, Poincaré avait su, avant son arrivée à la
présidence du Conseil, en 1912, cultiver de précieuses amitiés au sein de la Fédération républicaine. Au
début des années vingt, il y avait dans les milieux parlementaires modérés une nébuleuse Briand et un
petit clan clemenciste, réuni autour d'André Tardieu (républicain de gauche) et de Georges Mandel
(noninscrit). Surtout, les années trente ont vu prospérer une « amicale » dévouée aux intérêts de Pierre Laval,
venu lui-même de l'extrême gauche, avec des hommes arborant des étiquettes aussi différentes que Pierre
Cathala (radical « unioniste » passé au centre droit), Léon Bérard (membre influent de l'Alliance), Gaston
Henry-Haye ou Victor Constant (vétéran de l'Action libérale populaire et de la Fédération républicaine).

PP a r t i s p o l i t i q u e s n a t i o n a u x e t g r o u p e m e n t s p o l i t i q u e s l o c a u x

Un des traits les plus curieux de l'organisation politique des droites – des droites modérées tout
spécialement – réside dans la vigueur des structures locales indépendantes des groupements nationaux.
Ces structures ont à la fois remédié aux faiblesses des partis, favorisé, dans un premier temps tout au
moins, leur développement, et rendu ultérieurement plus malaisés leurs efforts d'implantation
systématique.
L'histoire générale de ces comités reste à faire. En simplifiant beaucoup, on peut toutefois repérer trois
grandes étapes. La première correspond aux années 1885-1899 – avec un temps fort dans la seconde
moitié de la décennie 1889-1899 –, la création de très nombreux comités locaux ou départementaux
procédant, du côté « progressiste » en particulier, du même mouvement que celui qui pousse alors à la
constitution des appareils nationaux embryonnaires (du type de l'Association nationale républicaine ou de
l'Union libérale républicaine). La deuxième génération, celle des années 1908-1914, présente déjà un
aspect un peu plus ambigu, l'apparition de nouveaux comités sanctionnant bien souvent l'échec des
structures liées aux partis « nationaux ». Accessoirement, le repli des notables sur des organisations
purement locales traduit une volonté de dépasser les oppositions, jugées de plus en plus artificielles, entre
les partis (le brouillage progressif de la frontière séparant l'Alliance démocratique de la Fédération
républicaine jouant ici un rôle décisif). La troisième génération, la plus vigoureuse, voit le jour durant les
années de l'après-guerre, de part et d'autre de la consultation législative de 1924. La France provinciale se
couvre alors, sous les regards bienveillants des grandes ligues politiques modérées (l'Action nationale
républicaine en 1923-1924, la Ligue républicaine nationale d'Alexandre Millerand en 1924-1926), de
« comités », d'« associations » et d'« unions » brandissant le double étendard « républicain » et « national »
(avec, le cas échéant, un petit drapeau « social » moins fièrement revendiqué). Le mouvement est, pour
l'essentiel, antérieur à la vague de reconstitution et de rénovation des organisations locales affiliées aux
partis. Par ailleurs, ces comités se placent, pour la plupart d'entre eux tout au moins, dans une perspective
« unitaire », bousculant les lignes traditionnelles du paysage politique et cherchant à gommer les conflits
qui avaient naguère opposé l'Alliance démocratique, la Fédération républicaine et la désormais moribondeAction libérale populaire. Autant qu'on puisse en juger à partir d'un certain nombre de cas bien
répertoriés – celui du Doubs, celui de la Haute-Saône, celui de la Vendée –, le processus de regroupement
ainsi opéré à l'échelon local semble avoir grandement facilité l'intégration des anciens responsables et
notables de l'Action dans le réseau des organisations « modérées ».
En règle générale, ces groupements déployaient leurs activités dans le cadre de la localité ou du canton.
Mais il existait aussi, surtout durant la période de l'entre-deux-guerres, des organisations à vocation
départementale ou à vocation régionale.
Dès avant la fondation de la Fédération, en 1903, les progressistes avaient tenté de rassembler leurs
amis dans des structures départementales. En Gironde, par exemple, ils avaient créé un Comité de l'union
des républicains libéraux et progressistes, lié à un quotidien politique, La République Nouvelle. On est de
même en droit de penser que les premiers succès de la Fédération, les succès enregistrés notamment lors
de la consultation municipale de 1904, doivent beaucoup à ce travail d'implantation préalable.
Les expériences les plus originales datent toutefois de l'après-guerre, la date charnière étant ici celle de
l'année 1924. Dans le département du Doubs, la famille modérée se dote d'une organisation extrêmement
ramifiée, l'Union nationale républicaine du Doubs. De manière assez symbolique, l'Union était patronnée
par les trois sénateurs du département – Gaston Japy, le marquis René de Moustier et Maurice
Ordinaire –, qui incarnaient, par leur nom, leur passé, leurs affinités, les différentes nuances de l'opinion
conservatrice et modérée. Mais le principal inspirateur de l'opération était le député Georges Pernot, un
ancien cadre de l'Action libérale populaire. Dans le département de la Marne, l'année 1924 vit la
constitution, sur des bases tout à fait similaires, d'une Alliance républicaine appuyée par les députés Jean
Jacquy (inscrit à la Chambre au groupe des républicains de gauche) et Bertrand de Mun (ancien dirigeant
national de l'Action libérale populaire, inscrit à l'Union républicaine démocratique de Louis Marin). Le
secrétaire général, et véritable patron de l'Alliance, était un journaliste, Pierre Pitois, qui devait être élu
député de la Marne au printemps 1936. L'Alliance cherchait à recruter de façon systématique,
revendiquant 9 000 cotisants en 1927 et 13 000 adhérents en 1931, distribuait les investitures, diffusait
des publications, organisait des tournées de conférences et tentait même, à partir de 1933, de faire vivre
des « cercles d'études politiques ». Détail important : Pierre Pitois entretenait lui-même d'étroites relations
avec l'équipe parisienne du Centre de propagande des républicains nationaux.
Mentionnons enfin, à l'autre bout du pays, la fameuse Union populaire républicaine de la Gironde,
dont le grand homme fut longtemps l'abbé Bergey, député et curé de Saint-Émilion. Comme dans le cas
de l'Alliance républicaine de la Marne, on note l'existence d'une sorte de lien privilégié, noué au sommet,
entre un groupement politique départemental et une association parallèle fonctionnant à l'échelon
national. L'abbé Bergey, en effet, était l'un des principaux mentors de la DRAC, ligue de défense des
droits des religieux anciens combattants.
Pour ce qui est des formations régionales, les historiens connaissent bien l'importance des « partis »
alsaciens, en particulier de la puissante Union populaire républicaine (UPR), issue de l'ancien Centre de
l'époque allemande. Les enjeux spécifiques qui pèsent sur la vie politique alsacienne durant la période
interdisent toutefois de réfléchir en termes trop généraux à partir de l'examen de ces groupements et de
3leur rôle dans le système des forces organisées . En revanche, il y a beaucoup d'enseignements à tirer de
l'observation de cette expérience singulière qui fut celle de la Fédération républicaine et sociale du plateau
central.
Cette fédération a été fondée officiellement le 25 octobre 1925, en présence de quatre cents délégués
représentant six départements : l'Allier, l'Aveyron, le Cantal, la Haute-Loire, la Lozère et le
Puy-deDôme. C'était une « fédération », regroupant des organisations locales et départementales, au premier
rang desquelles le Parti républicain fédéral animé dans le Puy-de-Dôme par Jacques Bardoux.
FrançoisMarsal, sénateur du Cantal, ancien président du Conseil, personnalité éminente de la Fédérationrépublicaine (celle de Louis Marin), occupait le fauteuil de président. Joseph Bastide, l'une des gloires du
Barreau de Rodez, était secrétaire général. L'homme fort de l'organisation était Jacques Bardoux, un
« Auvergnat de Paris », professeur à l'École libre des sciences politiques, candidat malheureux lors de
4différentes élections législatives, futur sénateur du Puy-de-Dôme .
Le cas de la Fédération Bardoux était tout à fait caractéristique de l'enchevêtrement des réseaux et des
états-majors. Sur place, l'organisation, ses notables et ses orateurs attitrés – des hommes comme Joseph
Bastide ou le brillant avocat parisien François-Martin, élus l'un et l'autre députés de l'Aveyron en 1936 –
tenaient souvent le haut du pavé. Mais les associations affiliées à la Fédération pouvaient très bien
cohabiter avec des comités dépendant des partis nationaux, de la Fédération Marin en particulier, les
mêmes hommes se retrouvant éventuellement dans les premières et dans les seconds, au point, la parenté
du vocabulaire aidant, de semer la confusion. Frédéric François-Marsal, premier président de la FRS, et
Victor Constant, membre du conseil d'administration, ancien député de la Haute-Loire et ancien délégué
de l'Action libérale populaire, étaient également des dirigeants nationaux de la Fédération républicaine.
Jacques Bardoux, successeur de François-Marsal, siégeait dans les instances supérieures de l'Alliance
démocratique, après avoir été, dans sa jeunesse, fort proche de la Fédération républicaine. C'était aussi, on
l'a vu, un familier des nombreux clubs et sociétés d'études situés dans la mouvance modérée.

PP a r t i s p o l i t i q u e s e t g r o u p e m e n t s p a r a l l è l e s

L'expression de groupements parallèles est sans doute celle qui permet le mieux de définir le monde
foisonnant des organisations évoquées ici. En théorie, il convient d'introduire la distinction entre les
groupements à caractère politique – certains d'entre eux, à l'instar de la Ligue républicaine nationale
d'Alexandre Millerand dans les années 1924-1926, pouvant même être considérés comme des
quasipartis – et les groupements parapolitiques. Mais il faut bien reconnaître que la frontière séparant les deux
types d'organisations manque de netteté et que tout fut souvent affaire d'hommes et de circonstances.
eL'Union du commerce et de l'industrie pour la défense sociale, créée à l'extrême fin du XIX siècle dans le
but de soutenir l'action du parti progressiste et de collecter des fonds à son profit, était une association
politique. La Ligue des contribuables, en revanche, se présentait comme un groupe de pression, mettant
en avant des revendications de nature économique. Elle devrait, en bonne logique, être plutôt rangée dans
la catégorie des organisations parapolitiques. Dans la réalité des choses, la Ligue fut bel et bien un
instrument politique dans les mains du député Jules Roche et du petit réseau, tout aussi lié au parti
progressiste, qui prospérait dans sa mouvance.
A droite, la scène politique a été occupée, de façon pratiquement permanente, par des groupements
capables de pallier la chétivité des partis et de remplir de nombreuses tâches dévolues habituellement à
ceux-ci. Ce phénomène tout à fait spécifique constitue un trait d'époque : il vaut mieux l'examiner en
luimême, indépendamment des questions posées par l'influence politique des forces organisées à l'intérieur
du corps social proprement dit. Une telle précaution de méthode, pour autant, ne gomme rien de la
nature réelle de ces groupements parallèles, politiques ou parapolitiques. Leur floraison procède bien
d'une tendance de fond, qui permet également de comprendre pourquoi les partis conservateurs et
modérés sont aussi longtemps demeurés redevables – du point de vue de la fourniture des moyens, du
recrutement des hommes, de l'invention et de la transmission des idées – des forces agissant au sein de la
société civile. Par ailleurs, un certain nombre de ces groupements parallèles vivaient plus ou moins en
symbiose avec des associations de défense religieuse, de défense professionnelle ou, pour ce qui concerne
la période de l'entre-deux-guerres, de défense des intérêts du monde « combattant ». L'Association dedéfense des classes moyennes – un authentique groupe de pression parapolitique, animé durant les années
du premier avant-guerre par Maurice Colrat, ex-collaborateur et futur ministre de Raymond
Poincaré – prenait ainsi appui sur la très « professionnelle » Confédération des groupements commerciaux
et industriels. Il est vrai que, dans ce cas comme dans beaucoup d'autres, il n'était pas toujours facile de
savoir d'où venait l'impulsion.
Par « groupements parallèles », nous entendons ici les organisations nées dans la sphère politique –
fûtce avec toutes les précautions de vocabulaire et toutes les pudeurs dans la façon de se comporter –, à
l'exclusion des associations et mouvements qui puisaient leur raison d'être dans un autre domaine de
préoccupations. En clair, il ne sera question ici ni de l'Association catholique de la jeunesse française, ni
de l'Union nationale des combattants, ni de la Confédération des groupements commerciaux et
industriels de France, ni des organisations agricoles de la rue d'Athènes.
On peut distinguer cinq grandes familles de groupements parallèles : les clubs et cercles de
réflexion – auxquels il sera fait de simples allusions –, les sociétés de conférences, les ligues politiques, les
mouvements de jeunesse et ce qu'on propose d'appeler les « groupements d'intérêts ».
L'expression de « sociétés de conférences » a un parfum d'époque, celle du tournant du siècle : ces
sociétés sont des groupements d'orateurs, doublés parfois de groupements de « publicistes » assurant la
rédaction de « bulletins-correspondance », qui se mettent au service d'un courant politique, de ses
comités, de ses journaux et de ses candidats. Si l'on examine les choses d'un point de vue proprement
historique, ces sociétés se distinguent mal des formations politiques embryonnaires (l'Association
nationale républicaine, par exemple). Le point important est que le caractère un peu poussif des partis
politiques a donné une seconde jeunesse à ces appareils de propagande indépendants, animés – en règle
générale – par des groupes de jeunes, et ambitieux, avocats parisiens. Vers 1899, les progressistes ont ainsi
disposé de l'aide d'un Comité des conférences démocratiques. Vers 1907-1908, a fonctionné une
Association nationale des conférences, présidée par l'ancien député progressiste Jacques Drake, avec les
avocats Maurice Colrat (Alliance démocratique) et Georges Bonnefous (Fédération républicaine) comme
principaux animateurs. A la même époque, le Comité des conférences plébiscitaires constituait l'un des
noyaux du petit, et très actif, « parti » bonapartiste. En apparence, l'après-guerre et le processus de
modernisation des méthodes d'action politique portaient condamnation de ce type de structures légères.
Les années vingt ont connu toutefois un certain nombre d'expériences organisationnelles similaires, celle
en particulier de la Jeune France républicaine des années 1923-1924, à la fois club de réflexion,
association de jeunesse et « ligue de propagande ». Surtout, le fameux Centre de propagande des
républicains nationaux, fondé en 1926-1928 par le journaliste Henri de Kerillis, rédacteur en chef de
L'Écho de Paris, apparaissait comme le digne héritier des anciennes sociétés de conférences. Tout en
complétant les techniques traditionnelles de persuasion politique (les tournées d'orateurs nationaux) par
des procédés nouveaux (formation de cadres, campagnes d'affichage, distribution massive de brochures),
le Centre veillait, en effet, à sauvegarder son indépendance et œuvrer à côté des partis. On sait que cette
action de propagande fut souvent prédominante, en particulier lors des élections législatives de 1936.
A bien des égards – il suffit de penser aux heures glorieuses de la Ligue des patriotes à l'époque du
boulangisme et de l'Affaire Dreyfus –, le développement des ligues était antérieur à celui des partis.
L'histoire de ces groupements – en particulier celle des organisations situées dans la mouvance
nationaliste – sera dite au chapitre suivant ; on se contentera donc d'effleurer ici le sujet. L'important est
de saisir à quel point cette famille de groupements agissant à côté des partis était elle-même diversifiée.
Un premier ensemble était celui des fameuses ligues nationalistes et antiparlementaires, organisations
rivales ou alliées encombrantes des partis, qui pouvaient se transformer, par période de calme politique, en
sortes de forces auxiliaires (à l'instar, par exemple, de la vieille Ligue des patriotes au début des années
vingt). Une deuxième catégorie était celle des associations civiques, généralement plus sages, plusstudieuses et plus œcuméniques, telles que la Ligue française (fondée en 1914 par l'historien Ernest
Lavisse) ou la Ligue civique. Très actives au milieu des années vingt, les ligues de défense religieuse – la
Fédération nationale catholique ou la Ligue de défense des droits des religieux anciens combattants –
constituaient des points d'appui d'une nature entièrement différente. Surtout, les partis devaient compter
avec ce que, faute d'expressions consacrées, nous appelons les ligues d'action politique, organisations
créées à l'image de certains groupements de gauche (la Ligue de la République de Paul Painlevé ayant à
l'évidence joué ici le rôle de modèle). Ces dernières ligues ambitionnaient d'être à la fois de grands
appareils nationaux de propagande et des centres d'impulsion politique, attachés à réveiller les énergies et
à provoquer le rassemblement des associations et des partis existants. Aidé par diverses personnalités de la
droite et du centre droit – Joseph Barthélemy (député « républicain de gauche »), Hubert Bourgin
(secrétaire général de la Ligue civique), Xavier de la Rochefoucauld (principal lieutenant de Jacques Piou à
la tête de l'Action libérale populaire) –, François Arago avait tenté, en 1922-1923, de regrouper les
modérés autour de son Action nationale républicaine. Au lendemain de la défaite électorale de 1924 et de
son propre départ de l'Élysée, Alexandre Millerand reprit l'idée à son compte, mobilisant des moyens
infiniment plus importants et nourrissant, sans doute, des desseins beaucoup plus vastes. La Ligue
républicaine nationale, ou « Ligue Millerand », fut ainsi, de l'automne 1924 au milieu de l'année 1926, le
principal élément fédérateur des droites modérées et le fer de lance de l'opposition au Cartel des gauches.
Le problème des rapports entre les partis et les associations de jeunesse se posait en des termes assez
voisins. Les grandes organisations sur lesquelles la droite parlementaire pouvait prendre appui étaient des
groupements confessionnels (la puissante Association catholique de la jeunesse française, qui n'était pas
une association parallèle, mais qui fut un réservoir de cadres pour l'Action et la Fédération) et les
mouvements nationalistes. Dans la seconde moitié des années vingt, par exemple, les Jeunesses patriotes et
leurs Phalanges universitaires constituaient sans conteste le principal pôle d'organisation de la jeunesse
politique de droite. Les partis modérés ont toutefois disposé du soutien de quelques petits groupes plus
proches de leurs conceptions. Quelques-uns étaient liés à d'autres associations parallèles, à l'instar des
Jeunesses républicaines nationales de la Ligue Millerand. Certains, comme l'Union des étudiants
républicains de Paris à la veille de la guerre de 1914, finirent par nouer des liens avec un parti (en
l'occurrence la Fédération républicaine). Il existait enfin des groupements libres de toute attache
organisationnelle, la Fédération nationale des étudiants du début du siècle, par exemple, ou encore la
5Jeune France républicaine des années 1923-1924 .
Il convient, au terme de ce recensement, de dire un mot des « groupements d'intérêts », associations
« amphibies » qui mêlaient, en des dosages fort variables, préoccupations politiques et préoccupations
socioprofessionnelles, préoccupations liées à la question de la « défense » fiscale en particulier.
Sur ce terrain, comme sur beaucoup d'autres, la voie a été ouverte, vers le tournant du siècle, par les
progressistes. Déjà, Méline avait donné l'exemple d'un homme public habile à tirer parti des sympathies
acquises au sein d'un groupement socioprofessionnel, la vieille Association de l'industrie et de l'agriculture
françaises fondée en 1878. A partir des années 1897-1899, les choses prirent un tour plus systématique et
les progressistes placèrent de grands espoirs dans l'action de groupements dont le caractère n'avait guère à
être dissimulé. Virent ainsi le jour un éphémère Comité national républicain du commerce et de
6l'industrie (1897) , une Union du commerce et de l'industrie pour la défense sociale (1897), une
Fédération des contribuables (1898) et, rivale heureuse de la précédente, une Ligue des contribuables
(1899), animée par l'infatigable Jules Roche, député de l'Ardèche et ancien ministre du Commerce.
La plupart de ces associations poursuivirent leur action après les bouleversements politiques survenus
en 1899. L'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises devint, sous l'impulsion notamment du
sénateur Eugène Touron, l'une des principales citadelles du mélinisme. Jusqu'au déclenchement de la
guerre de 1914, la Ligue de Jules Roche demeura au centre d'un réseau politique extrêmementdynamique. L'Union du Commerce et de l'industrie, présidée durant l'entre-deux-guerres par l'ancien
ministre Louis Dubois, fut l'un des alliés les plus sûrs de la Fédération républicaine.
Les initiatives les plus originales sont venues toutefois d'une nouvelle génération de groupements. Deux
d'entre eux ont joué un rôle politique particulièrement important. Le premier est l'Association de défense
des classes moyennes, une étonnante structure-relais, créée en 1908 par Maurice Colrat, chantre inspiré de
la cause de la « bourgeoisie syndiquée ». Le second, également fondé en 1908, est la célèbre Union des
intérêts économiques. Sans jamais rompre tout à fait les ponts avec les radicaux, l'UIE se tourna
résolument, à partir des élections législatives de 1914, du côté des modérés. Successivement secrétaire
général et président de l'organisation, Ernest Billiet en fit un remarquable outil de propagande au service
du Bloc national. On sait que l'UIE occupa ainsi une place prépondérante dans les campagnes menées par
les droites modérées en 1919 et 1924.

CC o n c u r r e n c e e t c o m p l é m e n t a r i t é

Grâce à ce foisonnement d'associations, la droite dispose, en dehors ou à côté des partis, de
remarquables points d'appui organisationnels. A certains égards, peu importe alors la faiblesse des partis
proprement dits. Les ligues, les groupements civiques et les mouvements de jeunesse encadrent les troupes
militantes. Les sociétés de conférences assurent les tâches de propagande. Les clubs et les cercles d'études
se consacrent à la réflexion. Les groupements d'intérêts collectent les fonds et établissent la liaison avec les
responsables professionnels. Les petits groupements estudiantins jouent le rôle d'écoles de cadres et de
viviers parlementaires.
On pourrait mettre en lumière les avantages d'un système d'organisation aussi souple et décentralisé,
sur le long terme en particulier. Si l'on y réfléchit bien, on trouve aisément des correspondances entre la
logique de fonctionnement d'un système de ce type et les problèmes d'un courant politique – la droite
parlementaire – condamné à modifier sans cesse le tracé de ses frontières et à partir à la recherche de
nouveaux équilibres.
De telles considérations sur les effets de complémentarité et leurs avantages ne doivent pas masquer
l'autre face de la réalité. Incontestablement, l'une des raisons principales de la faiblesse des formations
politiques de droite réside dans la prolifération des structures parallèles, virtuellement concurrentes.
Examiné du point de vue des partis, de leur développement et de leur stabilité, le système décrit plus haut
présentait en effet de graves inconvénients.
En premier lieu, un système pareillement éclaté entraînait une prodigieuse dispersion des efforts et
dispensait souvent les responsables des partis de faire le nécessaire pour consolider les organisations dont
ils avaient la charge. Déjà, au tournant du siècle, la vigueur des associations parallèles, politiques ou
parapolitiques, avait joué comme un frein dans le processus de création et de développement des partis.
L'échec des tentatives pour constituer – autour, notamment, de la Patrie française – un véritable parti
nationaliste est inséparable de la tendance du mouvement ligueur à renaître sans cesse de ses cendres. De
façon plus subtile, la naissance tardive de la Fédération républicaine – à l'automne 1903, quatre bonnes
années après le schisme de l'été 1899 – apparaît liée au goût excessif des chefs progressistes pour les
groupements d'intérêts et, sans doute, aux illusions entretenues à propos de leur efficacité
politicoélectorale. Jules Méline avait opéré une manière de repli sur la vieille Association de l'industrie et de
l'agriculture française. Jules Roche plaçait ses espoirs dans la jeune Ligue des contribuables. Eugène Motte
et Joseph Thierry animaient l'Union du commerce et de l'industrie pour la défense sociale. Dès lors,
pourquoi trancher des délicates questions de personnes qu'impliquait inévitablement la fondation d'unparti unifié, puisque chacun était maître chez lui et croyait disposer des moyens d'action appropriés ?
Vingt ans plus tard, lors de la phase de somnolence des partis modérés, l'essor des organisations parallèles
produit un même détournement des attentions et des énergies. Le rôle clef joué par l'Union des intérêts
économiques dans la campagne électorale de l'automne 1919 a été souvent souligné. Les efforts déployés
dans ce cadre ont dispensé les anciens partis – la Fédération républicaine et l'Alliance démocratique – de
revivifier et de moderniser leur appareil de propagande. L'essor de la Ligue républicaine nationale
d'Alexandre Millerand durant les années 1924-1926 a donné à l'état-major vieillissant de l'Alliance
démocratique une espèce de sursis et retardé d'autant le travail nécessaire de réorganisation.
Un deuxième inconvénient tenait au fait que les dirigeants des associations parallèles les plus
dynamiques étaient parfois tentés de transformer leur organisation en parti politique et de concurrencer
directement les formations existantes. La Ligue de la patrie française – que diverses personnalités modérées
avaient ralliée dans un premier temps – devint au moment des élections de 1902 une sorte de quasi-parti,
dont l'action gêna beaucoup, électoralement et moralement, l'action des groupements de l'opposition
progressiste. A l'automne 1930, Pierre Taittinger, président des Jeunesses patriotes, déposa les statuts d'un
Parti républicain national et social, au grand dam de Louis Marin et de l'état-major de la Fédération
7républicaine . Mais la menace la plus grave vint, en juillet 1936, de la décision du colonel de La Rocque
de bâtir un Parti social français à partir des organisations dissoutes du mouvement Croix-de-Feu. La
montée en puissance du PSF équivalait à une véritable entreprise de déstabilisation des partis modérés
traditionnels, l'Alliance démocratique et la Fédération républicaine.
La prolifération des groupements parallèles était à l'origine d'une troisième série de difficultés, de
nature encore plus pernicieuse. Les chefs de ces organisations, en effet, étaient comptables d'un certain
nombre d'intérêts spécifiques, avaient des obligations à l'égard de leur clientèle militante ou de leurs
bailleurs de fonds, devaient faire sa part au patriotisme « maison » inséparable de la vie de tout ensemble
structuré. Souvent – on l'a noté plus haut –, ces associations politiques ou parapolitiques occupaient sur
l'échiquier national une position sensiblement distincte de celle des partis avec lesquels elles entretenaient
des relations privilégiées. Il y avait là une source permanente de conflits, spécialement quand les dirigeants
concernés menaient eux-mêmes une carrière publique et siégeaient dans les instances centrales des partis.
La crise survenue au sein de la Fédération républicaine en 1910-1911 reflétait ainsi, au-delà de sérieuses
divergences stratégiques, un malaise structurel, celui qui s'était peu à peu installé entre la direction
officielle du parti (derrière Joseph Thierry, le président) et le réseau d'associations gravitant autour de
l'encombrante personnalité de Jules Roche, président de la Ligue des contribuables et patron du quotidien
La République française. Durant la législature 1928-1932, la vie de la même Fédération républicaine fut
empoisonnée par les conflits opposant Louis Marin, maître de l'appareil, à ces « barons » indociles
qu'étaient Pierre Taittinger, président des Jeunesses patriotes, et Henri de Kerillis, animateur du Centre
de propagande des républicains nationaux. En 1931-1932, Ernest Billiet, responsable de l'Union des
intérêts économiques, n'hésite pas à faire campagne contre un projet de réforme électorale soutenu,
théoriquement tout au moins, par l'ensemble de la droite parlementaire. Il est dans cette affaire à la fois
l'avocat d'une option stratégique (l'option centriste exigeant d'éviter toutes les provocations inutiles à
l'égard des radicaux, farouchement hostiles au projet, et de réaliser la « concentration » sur la base de la
défense des intérêts) et le prisonnier d'une clientèle (celle des débitants de boisson, inquiets des éventuelles
conséquences d'une réforme portant suppression du second tour de scrutin sur la marche de leurs affaires).
On pourrait multiplier les exemples, en insistant tour à tour sur les conflits de personnes, les conflits de
pouvoir, les conflits d'intérêts ou les divergences d'appréciation proprement politiques. Prendre appui sur
de puissants réseaux parallèles constituait pour les partis une commodité qui allait à la rencontre de tout
un discours sur les formes spontanées de l'organisation sociale et de leurs bienfaits. Comme il arrivesouvent, la commodité n'était pas exempte de dangers : le suivi chronologique de l'émergence et de la
consolidation des partis de droite le prouve amplement.

III . LES GRANDES ÉTAPES DU D ÉVELOPPEMENT

1 8 8 5 - 1 8 9 9 : l a m a t r i c e « m o d é r é e » e t l 'A s s o c i a t i o n n a t i o n a l e
r é p u b l i c a i n e

On connaît la fortune – au demeurant assez tardive – de l'expression « les formations modérées ». Elle
suggère, dans l'esprit des observateurs politiques et secondairement dans celui du public, l'existence d'un
lien privilégié entre la tradition « modérée » et les efforts consentis par la droite pour agir de manière
permanente et organisée sur le double terrain électoral et parlementaire.
Une telle assimilation est largement abusive. Elle rejette dans l'ombre les diverses tentatives faites, à la
e efin du XIX siècle et au tout début du XX siècle, du côté royaliste, du côté plébiscitaire, du côté
catholique, du côté nationaliste, pour créer des structures destinées à établir une liaison efficace entre élus
nationaux, électeurs et militants. Elle gomme le fait essentiel que les deux partis de droite les plus
solidement organisés de toute la période – l'Action libérale populaire des années 1902-1906 et le Parti
social français des années 1936-1939 – n'ont pas pris racine dans le terreau modéré, même si, dans la
réalité, l'essor de ces formations doit beaucoup au mouvement qu'elles ont opéré vers des positions
proches de celles des modérés. La chose, on le sait, est patente dans le cas du PSF.
Toutefois, la continuité est bien du côté des organisations issues du courant républicain modéré des
edernières années du XIX siècle. Ces partis ont constitué les pôles de regroupement naturel des forces de
droite soucieuses d'exercer leur influence dans le cadre institutionnel de 1875. Ils ont étendu sur
l'ensemble de la droite parlementaire comme une sorte de grand arbre, avec ses nombreuses ramures
partant du tronc commun, celui-là même qui avait surgi entre 1885 et 1899 de la volonté des
« républicains de gouvernement » – de certains d'entre eux tout au moins – de doter leur famille d'un
instrument politique mieux adapté aux nouvelles conditions du débat public. Il y a dans toute cette
histoire une part d'ironie. En un sens, en effet, on peut dire que les formations de la droite parlementaire
ede la première moitié du XX siècle sont les héritières d'une tentative qui avait tourné court, celle de bâtir
au centre de l'échiquier politique une grande organisation républicaine et modérée.
Sans vouloir trancher de la question – insoluble – des commencements, on peut considérer que les
années 1885-1888 correspondent ici à un véritable point de départ. Comme il arrive bien souvent dans
l'histoire des structures d'encadrement politique, la prise de conscience des vertus de l'organisation est liée
à un échec électoral, en l'occurrence la semi-défaite subie par les opportunistes lors du renouvellement
général de l'automne 1885.
Diverses initiatives furent prises, la plupart du temps sous l'impulsion de parlementaires influents, pour
coordonner l'action des comités républicains modérés et susciter la création de ce que Jules Steeg appela,
au cours d'une réunion tenue par le groupe de l'Union des gauches en avril 1886, un « centre
d'information et de renseignements ». Deux organisations émergèrent progressivement. La première fut
l'Association républicaine du centenaire de 1789 présidée par le gambettiste Paul Devès, ancien ministre
de la Justice, avec Paul Delombre comme secrétaire général. De nombreuses personnalités – parmilesquelles Charles Ferry, Adrien Hébrard et Joseph Reinach – patronnaient l'opération. Parallèlement,
était constitué un Comité d'initiative pour la propagande républicaine, qui adoptait une ligne politique
plus favorable à l'alliance radicale et qui était contrôlé de façon plus étroite par les élus. Ce Comité
convoqua à Paris, en février 1887, un Congrès national républicain, d'où sortit un Comité national
républicain, avec Jules Steeg pour président, le député Honoré Audiffred et le sénateur Scheurer-Kestner
comme vice-présidents.
En mars 1888, l'Association républicaine du Centenaire de 1789 et le Comité national républicain
décidèrent de fusionner. C'est ainsi que vit le jour l'Association nationale républicaine (ANR), tige
commune des grandes formations de la droite parlementaire de la seconde moitié de la troisième
République. Maurice Rouvier, ancien président du Conseil, détenait la présidence de l'organisation. Paul
Delombre était secrétaire général. Jules Steeg, Paul Devès et Jules Leveillé, éminent professeur à la Faculté
de Droit de Paris, étaient vice-présidents. Un manifeste fut lancé en juin 1888 avec le concours de Jules
Ferry. Maurice Rouvier ayant retrouvé un poste ministériel en février 1889, il quitta la présidence de
l'ANR. Son successeur fut Jules Ferry, l'une des figures politiques les plus prestigieuses du moment, un
homme qui incarnait, plus que tous les autres, la volonté des modérés d'affirmer leur individualité au sein
de la grande famille républicaine.
L'ANR fonctionnait principalement comme un groupement de propagande, lié, de manière assez lâche,
à des comités locaux ou départementaux et à des journaux d'opinion proches de la famille modérée.
Autant qu'on puisse en juger en se fondant sur une documentation très insuffisante, l'Association de Jules
Ferry ressemblait davantage à un embryon de parti qu'à un parti proprement dit.
Ses succès, au demeurant, paraissent avoir été limités. L'ANR n'était pas parvenue à empêcher la
naissance et le développement d'organisations concurrentes. Les républicains conservateurs, héritiers de la
tradition incarnée naguère par Dufaure et les orléanistes ralliés à la République de l'ancien centre gauche
des années 1871-1879, avaient vite ressenti le besoin de bâtir leur propre maison. Dès 1889, des comités
dits d'Union libérale étaient ainsi constitués dans le département de la Seine. Trois ans plus tard,
en 1892, était fondée une Union libérale républicaine (ULR), présidée par l'une des personnalités les plus
en vue du Barreau parisien, le bâtonnier Henri Barboux, bientôt secondé par un jeune publiciste, plein de
talent, du nom de Georges Lachapelle. En un certain sens – et sous réserve des compléments
d'information qui pourraient être fournis par une recherche plus systématique –, l'ULR se rapprochait,
plus nettement que ne le faisait l'ANR, du modèle d'encadrement politique correspondant à ce qu'on
appelle aujourd'hui un parti.
Du côté progressiste – le terme « progressiste » s'étant substitué, autour de 1890, au terme
« opportuniste » –, on mesurait fort bien les faiblesses de l'ANR. Au bout d'une dizaine d'années, un
certain nombre d'initiatives furent ainsi prises pour compléter le dispositif, en accord, semble-t-il, avec
Honoré Audiffred, successeur de Jules Ferry à la présidence de l'Association. Waldeck-Rousseau, sénateur
de la Loire, ancien ministre de l'Intérieur dans les cabinets Gambetta et Jules Ferry, consacra une part
considérable de son activité politique à la création et à l'animation du Grand cercle républicain, une sorte
de club « à l'anglaise », dont l'inauguration eut lieu au tout début de l'année 1898, quelques semaines
avant les élections législatives. Audiffred, collègue de Waldeck-Rousseau dans la représentation
parlementaire du département de la Loire, exerçait les fonctions de vice-président du Grand cercle, aux
côtés de l'ancien ministre Jules Cazot, président du Comité directeur de la Société Gambettiste, et
Charles Expert-Bezançon, président du Comité national républicain du commerce et de l'industrie, un
groupement d'intérêts lié au monde progressiste. Un peu de la même façon, Honoré Audiffred prêta son
concours aux efforts déployés par Jules Méline, au lendemain de la consultation électorale, relativement
décevante, pour bâtir une Alliance des républicains progressistes. Constituée officiellement dans les
premiers mois de l'année 1899 – dans un état d'esprit voisin de celui des promoteurs du Grand cerclerépublicain –, l'Alliance Méline était d'abord un comité interparlementaire, une instance de liaison et de
coordination entre le groupe républicain progressiste de la Chambre et le nouvel intergroupe sénatorial de
l'Alliance des républicains progressistes. Très vite, cette structure fut complétée par un réseau de
correspondants départementaux et un appareil central de propagande placé sous l'autorité de l'avocat Félix
Roussel. Ce dernier siégeait au conseil général de l'ANR et présidait aux destinées du Comité des
conférences démocratiques, une organisation née dans la mouvance du Grand cercle. On aboutissait ainsi
à un curieux – et peut-être trop complexe – enchevêtrement d'organisations et d'états-majors.
A la veille du grand schisme de l'année 1899 – celui qui découla de la formation du gouvernement de
défense républicaine dirigé par Waldeck-Rousseau (juin 1899) et de la séparation des anciens progressistes
entre « ministériels » et « antiministériels » (derrière Méline) – un tel dispositif organisationnel était sans
doute insuffisant. A bien des égards, on peut estimer que l'ANR et ses groupements alliés n'ont pas
répondu aux espoirs des pionniers de la période 1885-1889.
Le bilan, toutefois, est loin d'être négatif. A défaut d'avoir offert aux républicains modérés une véritable
structure d'encadrement, l'ANR a été une école et un vivier. On sait que la Fédération républicaine
procède directement de l'ANR. On sait moins que la grande formation modérée des années 1903-1940 a
recruté quelques-uns de ses principaux animateurs – un Frédéric Clément, secrétaire général durant les
années 1903-1906, ou un Georges Bonnefous, qui consacra le plus gros de son activité politique à la
Fédération, par exemple – parmi les anciens cadres de l'Association de Jules Ferry et de Honoré Audiffred.
L'Alliance républicaine démocratique était également, à sa manière, la légitime héritière de l'ANR. Le
troisième des présidents de l'Alliance, Antony Ratier, avait ainsi commencé sa carrière de responsable
politique au sein des instances nationales de l'ANR.

1 8 9 9 - 1 9 1 4 : u n f a u x d é p a r t ?

Les années 1899-1905 sont celles du bond en avant des partis politiques. A droite, ce phénomène de
mobilisation et de modernisation des méthodes d'action collective s'est traduit par l'émergence de trois
grandes organisations.
On dira ici un simple mot de la Ligue de la patrie française fondée au tout début de l'année 1899.
Forte, dès le printemps 1899, d'environ 100 000 adhérents, la Ligue s'orienta, après la phase d'incertitude
8de l'été 1899, vers les chemins de l'action électorale et parlementaire . Durant quelques saisons, la Ligue
de Jules Lemaître a ainsi porté les espoirs de tous ceux qui appelaient de leurs vœux l'émergence d'une
puissante formation nationaliste et conservatrice.
En mai 1902, l'Action libérale populaire, présidée par Jacques Piou, procédait au dépôt de ses statuts.
Constituée de fait depuis la fin de l'année 1901, l'ALP était fille d'un groupe parlementaire, le groupe de
l'Action libérale, fondé par le même Jacques Piou au mois de juin 1901. La naissance de l'ALP couronnait
ainsi une longue période d'observation et de préparation – accompagnées, il est vrai, de beaucoup de
tâtonnements –, depuis le Ralliement et la mise en place, en 1893, sous les auspices du prince d'Arenberg,
du général de Frescheville et de l'infatigable Jacques Piou, du Comité central de la droite républicaine.
Piou et ses amis devaient finalement échouer dans cette tentative d'enraciner un grand parti d'inspiration
catholique au cœur de la droite française. En 1905-1906, toutefois, le bilan peut être tenu pour largement
positif. Avec ses 200 000 adhérents, ses 1 550 comités locaux et son appareil de propagande bien huilé,
l'ALP fait belle figure. Dans l'ensemble du système politique, il s'agit sans doute alors de l'organisation la
mieux structurée.Le dernier en date de ces efforts de modernisation est venu des anciens progressistes passés au cours de
l'année 1899-1900, derrière Jules Méline et Alexandre Ribot, à l'opposition. Depuis 1899, trois
groupements politiques nationaux tentaient, avec des fortunes diverses, d'encadrer ce courant républicain,
libéral et modéré : l'Union libérale républicaine du bâtonnier Barboux et du député Édouard
Aynard – l'une des figures les plus respectées de l'opposition parlementaire –, l'Alliance des républicains
progressistes de Jules Méline et la vieille ANR, dirigée par les députés Honoré Audifired (président) et
Constant Dulau (secrétaire général). Après une longue phase d'observation – et d'hésitation –, les
nécessités de l'Union finirent par prévaloir. A l'automne 1903, un comité d'initiative fut constitué en vue
de mener à bien « l'organisation du parti républicain progressiste ». Le comité était placé sous la
présidence d'un industriel extrêmement conscient des responsabilités sociales, civiques et politiques qui
pesaient sur le monde patronal, le député du Nord Eugène Motte, ancien membre du conseil du Grand
cercle républicain, dirigeant national de l'Union du commerce et de l'industrie pour la défense sociale. Le
Manifeste d'appel à l'union était signé par Honoré Audifired (ANR), le bâtonnier Barboux (ULR), Jules
Méline (Alliance des républicains progressistes), Charles Prévet (président de l'Alliance des républicains
progressistes du Sénat, une sorte d'intergroupe parlementaire) et le vieux député Renault-Morlière,
président du groupe progressiste de la Chambre. Fin novembre 1903, le processus de fusion déboucha sur
la création de la Fédération républicaine qui, comme il importe peut-être de le préciser, se proposait de
fédérer à la fois les groupements politiques nationaux existants et les comités progressistes, souvent
indépendants – fonctionnant à l'échelon local ou à l'échelon départemental. Eugène Motte était choisi
comme président du nouveau parti. Frédéric Clément, l'une des vedettes de la nouvelle génération
politique, s'installait au poste clef de secrétaire général.
On sait que les fruits n'ont pas tenu la promesse des fleurs. Dès 1902, l'énorme déception provoquée
dans les milieux nationalistes par le résultat des élections porte un coup irrémédiable aux prétentions de la
Ligue de la patrie française. Dans les rangs de la Fédération, le malaise s'installe au cours de l'année
19051906 ; les déconvenues électorales de 1906 ouvrent l'ère de la morosité, de l'amoindrissement de
l'influence et du repli sur les réseaux de notables. En tant qu'organisation partisane, l'ALP manifeste
davantage de vitalité ; l'hémorragie parlementaire qui caractérise la législature 1906-1910 prive toutefois
le parti de Jacques Piou d'un de ses meilleurs atouts et fait, très vite, peser une lourde hypothèque sur son
avenir.
A l'évidence, le mouvement de lassitude et – le mot n'est pas de trop – de désorganisation consécutif
aux médiocres résultats électoraux n'est pas propre à la droite. A de rares exceptions près – celle du Parti
socialiste et celle des petits groupements plébiscitaires, alors en pleine renaissance – le relâchement des
efforts a été le lot de la plupart des organisations qui acceptaient de se placer sur le terrain électoral et
parlementaire. Mais, contrairement aux apparences, les formations de droite ont été les principales
victimes de la fameuse « crise des partis » caractéristique des années Clemenceau (1906-1909) et, à un
moindre degré, des années Briand (1909-1911). Peut-être même faut-il dater de cette période l'avantage
décisif pris par les partis de gauche en matière d'encadrement politico-électoral.
L'historien fera toute sa part au jeu des circonstances et des destins individuels. La disparition tragique
de Gabriel Syveton, survenue en décembre 1904, alors qu'il était accusé de malversations financières,
sonne le glas des tentatives de regroupement de la droite nationaliste autour de la Patrie française et de sa
stratégie de respectabilité légaliste. Du côté des modérés, les élections de 1906 sont marquées par le
double échec, suivi de la double démission, d'Eugène Motte et de Frédéric Clément, respectivement
président et secrétaire général de la Fédération républicaine. Leur départ engendre le scepticisme, précipite
le processus de relâchement des liens entre le groupe parlementaire et le parti, entraîne la dislocation de
l'appareil de propagande animé par Frédéric Clément. A l'Action libérale populaire, les difficultés
viennent plutôt du vieillissement des équipes de direction réunies autour de Jacques Piou, l'inamovibleprésident né en 1838. Ex-figure de proue de l'Association catholique de la jeunesse française,
l'entreprenant Henri Bazire devient peu à peu l'homme qui incarne la relève des générations, des
méthodes et des idées. Bazire, toutefois, ne siège pas au Parlement. Les rancunes de la droite royaliste
9l'empêchent de conquérir un mandat de député lors des élections de 1914, et d'accomplir son destin .
La simple chronologie n'est pas indifférente. En un peu moins de cinq ans, de 1899 à 1903, trois
grandes organisations ont fait leur apparition sur la scène politique, trois formules de regroupement ont
été proposées. Une telle succession d'initiatives a engendré une situation confuse, dans laquelle les efforts
des uns contrariaient les efforts des autres – comme on le vit au moment où l'ALP tenta, non sans succès,
de déborder la Patrie française du côté de la droite extrémiste et de nouer des liens privilégiés avec les
débris de la Ligue des patriotes – et l'excès de sollicitations entravait l'essor des cultures partisanes. Au
cours de la longue veillée d'armes électorales de l'année 1905-1906, l'ALP et la Fédération n'ont su ni
délimiter leur territoire, ni harmoniser leur démarche. L'échec subi en 1906 posait ainsi la question de la
responsabilité des partis et créait les conditions, spécialement parmi les notables et les élus, d'une véritable
crise de confiance dans l'efficacité d'un tel outil politique.
Morte-saison des partis, la période 1906-1912 est également la période des reclassements politiques par
excellence. Il n'y a pas lieu de revenir sur tout ce qui a été dit à propos des effets déstabilisateurs du
phénomène. On ajoutera seulement que la pratique du scrutin majoritaire a sans doute constitué, dans
une pareille conjoncture, un obstacle supplémentaire à l'enracinement des partis. Face à un électorat
hétérogène et mouvant, les élus avaient tout intérêt, en effet, à préserver leur liberté de manœuvre et à
rassembler au-delà des frontières artificielles des formations installées. L'indifférence et, le cas échéant, la
mauvaise volonté du milieu parlementaire ont ainsi joué un rôle important dans le processus
d'affaiblissement des partis. Dans le cas de l'Action libérale populaire, ce dernier facteur est même décisif.
Les années d'avant-guerre sont caractérisées par un léger renversement de tendance, au niveau des
intentions tout au moins, les réalisations pratiques n'étant pas toujours à la hauteur des espoirs et des
projets.
Les efforts de rénovation sont particulièrement sensibles à la Fédération républicaine et à l'Alliance
démocratique, devenue Parti républicain démocratique en décembre 1911. A cette date, l'Alliance n'est
plus la formation de centre gauche des premières années. Depuis 1907, ses dirigeants, en effet, ont pris
acte d'un inévitable glissement vers des positions de type centriste. Avec le retour, en 1913-1914, à une
situation d'affrontement bipolaire, cette position centriste commence même à beaucoup ressembler à une
position de centre droit.
Sans entrer dans les détails, on peut repérer quelques-unes des manifestations de cette volonté de
réorganisation. L'Alliance et la Fédération suscitent la création de mouvements de jeunesse placés sous
leur contrôle direct : l'Alliance nationale des jeunesses démocratiques, en 1913, pour la première,
l'Association nationale républicaine des jeunes, fondée dans l'hiver 1913-1914 par Gaston Dumesnil,
collaborateur de Charles Prévet, président du parti, pour la seconde. Parallèlement, les deux formations
tentent de consolider à la fois leurs réseaux de comités locaux et leurs équipes nationales de propagande,
l'Alliance accordant un soin tout spécial à la réalisation de ce dernier objectif. Enfin – et c'est le plus
important du point de vue psychologique –, on observe une prise de conscience de la nécessité, pour une
grande force organisée, d'être dotée d'une véritable direction politique. Cette préoccupation a sans doute
pesé dans le choix, en 1914, de Charles Benoist pour le poste de président de la Fédération, même si cette
vigoureuse personnalité n'avait pas le tempérament de chef de parti. A l'Alliance démocratique, le congrès
de 1911 a constitué une étape décisive dans l'ascension de Louis Barthou, vice-président depuis 1902. A la
veille de la guerre, le député des Basses-Pyrénées, président du Conseil durant l'année 1913, fait figure, à
juste titre, d'homme fort du nouveau Parti républicain démocratique.Mais tout cela était bien tardif et n'était pas à la mesure des efforts consentis au même moment à
gauche par le parti radical et la SFIO. L'écart continuait de se creuser.
Les années de guerre devaient, au demeurant, réduire presque à néant le fruit de ces entreprises de
modernisation.

L e s a n n é e s d e l ' a p r è s - g u e r r e : u n e n o u v e l l e d o n n e ?

La guerre de 1914-1918 ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire de la vie politique. Sans chercher à
dresser un tableau d'ensemble des changements survenus, il est nécessaire de faire état de quelques-uns des
mouvements d'opinion qui ont concerné plus directement la vie et la disposition des forces organisées.
En théorie, la droite républicaine était bien placée pour tirer les bénéfices de quatre phénomènes : le
brouillage (très temporaire, il est vrai) de la frontière entre la gauche modérée et les forces conservatrices ;
l'affirmation d'une conscience « républicaine nationale » qui permettait de cimenter l'union des droites ;
la vague dite du « second ralliement » et le désir grandissant des catholiques de faire entendre leur voix
dans le cadre du régime ; la volonté d'un très large secteur de la droite nationaliste (les plébiscitaires tout
spécialement) de se rapprocher des modérés et de jouer la carte du jeu électoral et parlementaire. Cette
redistribution des cartes offrait de nouvelles possibilités d'action aux partis modérés et constituait une
puissante invite à leur transformation.
Ces reclassements politiques étaient accompagnés d'un foisonnement d'initiatives, avec l'apparition de
toute une série de clubs, groupements d'études et associations civiques. Les états-majors de ces nouvelles
organisations étaient souvent liés aux équipes dirigeantes des mouvements d'anciens combattants.
Quelques-unes – à l'instar de la Ligue française, qui datait de 1914, ou de la très influente Association
nationale pour l'organisation de la démocratie (appelée parfois Ligue Probus) – consacraient l'essentiel de
leur activité à la réflexion et à la propagande. D'autres – la Ligue civique, animée par Hubert Bourgin
notamment – nourrissaient des ambitions plus vastes.
Les chefs de file de ces divers groupes « rénovateurs » – le terme est d'époque – situaient leur action
dans le prolongement de l'esprit et des origines de l'« Union sacrée ». Tous ne venaient pas – il s'en faut
de beaucoup – des milieux de l'ancienne droite. On peut même dire que les partis de gauche surent, à leur
manière, tirer profit d'un aussi vaste effort de renouvellement du débat public. Il n'en reste pas moins que
quelques-uns des grands thèmes ainsi mis en avant – celui de la reconstruction nationale, celui de la
réforme des institutions, celui de la relève des équipes dirigeantes – allaient davantage dans le sens des
préoccupations des secteurs les plus dynamiques de la droite républicaine. Le mouvement faisait le procès
d'une certaine médiocrité caractéristique de l'avant-guerre. Il appelait de ses vœux un accroissement du
rôle des « compétences » dans l'État et, au-delà, une réconciliation de l'élite sociale avec la démocratie
représentative.
Le contraste est frappant entre ce bouillonnement politico-intellectuel et le caractère insignifiant des
transformations survenues dans le domaine des structures partisanes. Les tentatives de rénovation, certes,
n'ont pas manqué. Mais les choses se sont faites en ordre dispersé et les résultats ont rarement été à la
hauteur des ambitions. Bornons-nous à poser quelques jalons.
A l'automne 1919, Jules Roche, chef de file de l'aile la plus conservatrice de la Fédération républicaine,
et Marcel Habert, ancien lieutenant de Déroulède à la tête de la Ligue des patriotes, essayèrent ainsi de
bâtir une Union nationale républicaine avec l'aide de quelques jeunes gens venus des groupements
plébiscitaires. Né d'une volonté d'intégrer pleinement la droite nationaliste dans le jeu parlementaire, le
projet fit long feu.
Beaucoup plus ambitieuse avait été, au cours de cette même année 1919, la tentative de constituer, sousle nom de Parti républicain de réorganisation nationale, une sorte de rassemblement ouvert aux différents
éléments « rénovateurs ». Les promoteurs de l'opération appartenaient aux milieux les plus divers, depuis
la gauche réformiste jusqu'à la droite plébiscitaire – très active –, en passant par le radicalisme modéré
(Maurice Bokanowski), le centre droit (Joseph Barthélemy et Maurice Colrat) et les ex-progressistes
(l'historien Louis Madelin). Le parti mettait en avant un vaste programme de réformes institutionnelles et
appelait de ses vœux l'instauration d'une quatrième République (on parlait d'ailleurs communément du
mouvement « quatrième République »). Il disposait de larges appuis dans le monde des affaires, dans la
grande presse et dans les équipes de direction des associations d'anciens combattants (à la Ligue des chefs
de section en particulier). Au lendemain des élections de 1919, il fut enfin à l'origine de la constitution
d'un groupe « de jeunes », fort d'une quarantaine de membres, le groupe d'Action républicaine sociale.
Dès cette époque, toutefois, de sérieuses fissures étaient apparues dans le nouvel édifice. Frustré de la
réforme constitutionnelle dont il s'était fait le champion, le Parti républicain de réorganisation nationale
n'arriva pas à affirmer sa personnalité au sein de la Chambre bleu horizon. A partir de 1922, il entra
progressivement en sommeil et chacun reprit peu à peu sa liberté. En définitive, cette curieuse
anticipation du Rassemblement du peuple français de l'après Seconde Guerre mondiale a vécu l'espace
d'une saison.
L'Alliance démocratique tenta de reprendre à son compte, de façon plus pragmatique, le projet
d'élargissement en direction du radicalisme modéré. Tel est, en gros, le sens de l'opération qui aboutit à la
transformation, en 1911, du PRD en PRD et S (Parti républicain démocratique et social), appelé parfois
« parti Jonnart », par allusion à l'ancien ministre Charles Jonnart, successeur d'Adolphe Carnot à la tête
de l'Alliance. Pour l'essentiel, cette opération fut une opération blanche. Les collaborateurs et les héritiers
de Jonnart, bientôt nommé ambassadeur auprès du Vatican, ne semblent pas avoir cherché à exploiter
toutes les possibilités offertes par le résultat des élections de 1919. Surtout, et en dépit de quelques
défections, venues notamment des milieux proches du Comité républicain du commerce et de l'industrie
(Comité Mascuraud), les radicaux passèrent vite à la contre-offensive. En 1926, le PRD et S reprit la
vieille dénomination d'Alliance. L'ironie du sort a voulu que cette même année 1926 ait correspondu,
dans les rangs même de l'Alliance et dans sa mouvance, à un retour en force des thèses centristes. Mais
l'occasion était passée ; l'Alliance n'avait plus les moyens de devenir un authentique pôle de regroupement
au centre de l'échiquier politique.
Au cours de ces années 1918-1924, le principal changement paraît donc bien avoir été un changement
par défaut. On veut parler ici de l'engourdissement de l'Action libérale populaire et de l'avortement des
tentatives faites, au lendemain des élections de 1919, pour rassembler les élus formés par l'ALP, l'ACJF et
les groupements voisins, à l'intérieur d'une grande formation parlementaire d'inspiration à la fois
catholique, sociale et modérée. La route se trouvait ainsi ouverte à un processus de rapprochement
organique entre les hommes de l'Action libérale populaire et les progressistes de la Fédération
républicaine. Les choses se firent graduellement. Sur le plan parlementaire, tout alla très vite et la
constitution du groupe de l'Entente (groupe Arago) scella le rapprochement. L'élargissement de la
Fédération en direction des notables et des cadres de l'ALP présenta davantage de difficultés, et le
véritable creuset de l'union semble bien plutôt avoir été l'Action nationale républicaine, une ligue
politique fondée en 1922 par François Arago. Quoi qu'il en soit, l'essentiel était acquis, en 1925, lorsque
Louis Marin devint président de la Fédération. L'apport des troupes fraîches en provenance de l'ALP fut
l'un des facteurs décisifs de la renaissance du vieux parti progressiste.

1 9 2 4 - 1 9 3 3 : u n i t é e t d i v e r s i t é
L'état, bien réel, de délabrement des organisations modérées est apparu un peu partout comme étant
l'une des causes principales des revers électoraux de mai 1924. Dans le « camp des vaincus » – comme on
disait alors – la victoire du cartel des gauches fut d'abord attribuée à la supériorité des méthodes
d'encadrement et de propagande des formations cartellistes.
Le travail de remise en ordre s'est étalé sur une dizaine d'années. On a déjà parlé des organisations
départementales et régionales. Il sera question ici des organisations nationales et des initiatives prises aux
deux échelons des groupements parallèles à vocation unitaire et des partis.
A l'heure des inventaires et des examens de conscience, le discours était d'abord celui de l'union,
présentée comme un impératif indissociable de l'impératif de la réorganisation. Les « républicains
nationaux », c'est-à-dire tous ceux qui occupaient l'espace politique situé entre les radicaux cartellistes et
la droite antirépublicaine, étaient invités à prendre une plus exacte mesure de ce qui les rapprochait et en
tirer les conséquences dans le domaine des structures. A la limite, la sagesse était peut-être de se diriger
vers la constitution d'un grand parti conservateur « à l'anglaise ». Quelques audacieux, un Paul Reynaud
par exemple, n'étaient pas loin de le penser.
Fondée à l'automne 1924 par l'ancien président de la République Alexandre Millerand, la Ligue
républicaine nationale a apporté une première réponse à ces exigences unitaires. En ce sens, l'action menée
par la Ligue Millerand ne saurait être identifiée à celle des groupements parallèles classiques. La Ligue ne
se contente pas de venir en aide à des partis défaillants, elle empiète de façon délibérée sur leur domaine,
celui de la sélection des candidats, par exemple, et tend à se substituer à eux. Les élections partielles
organisées à Paris au mois de mars 1926 et la présentation, sous les auspices de Millerand, de la liste Paul
Reynaud-Henri de Kerillis constituent un excellent révélateur à cet égard.
Le retour de Poincaré aux affaires, l'échec de la stratégie proposée par Millerand et ses propres déboires
personnels mirent un point final à cette ambitieuse tentative. A la fin des années vingt, la Ligue
républicaine nationale, désormais présidée par André Maginot, devint une sorte de ligue de propagande
aux objectifs mal définis. Elle restait toutefois un exemple et dans une certaine mesure un héritage. On
peut considérer, en effet, que les équipes regroupées, dès 1926, par Henri de Kerillis autour de son
« agence électorale », noyau du Centre de propagande des républicains nationaux de 1928, sont un peu
comme un surgeon de la Ligue Millerand des années 1924-1926. L'entreprise, certes, était plus modeste
et procédait d'une conception plus pragmatique de l'union. Mais on sait que le dispositif mis en place par
Kerillis ne cessa de se perfectionner tout au long des années 1926-1936, que le Centre fut amené à son
tour à empiéter sur la sphère de compétence des partis, à propos notamment des délicates affaires
d'arbitrage entre candidats à la candidature, et que ce débordement d'activités exaspéra quelques-uns des
dirigeants des partis en question. Le non-conformisme de ses vues en matière de politique étrangère
aidant – notamment son rejet des accords de Munich –, Henri de Kerillis paya cher le prix des rancunes
ainsi accumulées. Élu député de la Seine en 1936, il resta finalement très isolé sur le plan parlementaire et
dut renoncer, de fait, à utiliser la plus belle machine de propagande jamais mise au service des modérés
comme un instrument politique permettant de progresser davantage sur les chemins de l'unité du camp
républicain national.
L'ampleur et la variété des efforts ainsi consentis montraient que les modérés étaient tout à fait
convaincus de la nécessité d'adopter de nouvelles méthodes d'action politique. Mais le rêve, sous-jacent,
d'un grand parti républicain national n'a pas pesé lourd face aux oppositions de tempéraments, aux
divergences en matière de stratégie parlementaire – de plus en plus nettes à partir des années
19261928 – et à la résistance des formations traditionnelles.
Si on laisse de côté l'épineuse question des ligues et du regain de l'agitation ligueuse, l'entreprise de
réorganisation des anciens partis modérés apparaît, en effet, comme l'autre grande caractéristique de lapériode 1924-1933.
Le signal est donné, dès 1925, par la Fédération républicaine. En juin 1925, le comité directeur
procède à un renouvellement très complet de l'équipe dirigeante et choisit Louis Marin, alors
viceprésident, comme président de la Fédération. Agé de 54 ans, député de la Meurthe-et-Moselle
depuis 1903, Louis Marin a été associé, durant plus de vingt ans, à toutes les tentatives d'organisation du
courant progressiste, dans le pays ou au sein du Parlement. Il croit aux vertus des partis et de la vie de
parti. Il jouit de la confiance d'un vaste réseau d'amis personnels et de compagnons de luttes politiques. Il
sait trouver les chemins de la popularité auprès des cadres et des militants. Lorrain patriote, vieux libéral
attaché aux idéaux et aux pratiques du parlementarisme, observateur attentif aux questions du travail, de
l'éducation et de la santé, il incarne assez bien les aspirations et les espoirs d'une formation qui souhaiterait
devenir la cellule-mère d'un grand parti national et conservateur, enraciné dans la tradition républicaine
et ouvert aux préoccupations issues d'un certain catholicisme social.
On peut discuter du bilan de l'action de Louis Marin et de son entourage à la tête de la Fédération. Le
reproche, souvent implicite, de ne pas avoir su jeter les bases d'une authentique synthèse conservatrice ne
tient guère, pareille entreprise se situant alors en dehors des champs du possible. En revanche, il y a lieu
de s'interroger sur l'efficacité réelle de la « machine » de la Fédération et sur la capacité de Louis Marin à
préserver la cohésion de ses troupes, en particulier le minimum de nécessaire cohésion entre les notables
du groupe parlementaire et les équipes de direction du parti. Mais il existe indiscutablement un abîme
entre l'organisation sommeillante de 1924 – avec ses quelque 3 000 cotisants – et le parti de Louis Marin
tel qu'il se présente au début des années trente. En dépit de bien des déconvenues, la Fédération
républicaine est parvenue à se doter d'instruments de propagande bien à elle (l'hebdomadaire La Nation
en particulier), à multiplier ses effectifs de manière impressionnante et à faire éclore en son sein un
véritable patriotisme d'organisation.
Contrairement à leurs homologues de la Fédération, un peu tenues à l'écart, les personnalités de
l'Alliance démocratique qui représentaient les générations montantes – André François-Poncet ou Paul
Reynaud, par exemple – avaient souvent été associées de près à l'animation de la Ligue Millerand. On
peut voir là l'une des raisons du retard pris par l'Alliance dans sa propre besogne de réorganisation. Il en
est d'autres, au premier rang desquelles l'absence de dynamisme des équipes vieillissantes réunies autour
du président, le très pâle sénateur Antony Ratier.
Toutefois, la deuxième moitié des années vingt a été marquée par un incontestable regain des activités
de l'Alliance. Pour l'essentiel, cette renaissance est due au zèle et au rayonnement de quelques
individualités, considérées comme étant les « espoirs » du centre droit. Deux d'entre elles ont joué ici un
rôle décisif : Paul Reynaud, président de la commission de propagande du parti, et Pierre-Étienne
Flandin, protecteur puis président en titre d'une association jumelle, le Cercle d'études politiques.
La défaite électorale subie par les modérés au printemps 1932 devait accélérer le processus de
rénovation. La date clef est probablement celle de janvier 1933 avec l'élection – André Tardieu ayant
repoussé les propositions qui lui avaient été faites – de Pierre-Étienne Flandin au poste de président de
l'Alliance. En lui-même, le choix d'un homme jeune, promis à un bel avenir, et ayant depuis plusieurs
années déjà affirmé des positions originales sur les problèmes de l'orientation du parti, avait valeur de
symbole. Derrière Pierre-Étienne Flandin, s'installait aux postes de commande une équipe renouvelée, de
coloration très « flandiniste », attachée à l'œuvre de modernisation des méthodes de travail de l'Alliance.

LL e s a n n é e s t r e n t e : c h a n g e m e n t s e t p e r m a n e n c e s

Par bien des aspects, les années trente doivent être considérées comme celles des grandsbouleversements.
On ne cherchera pas à retracer ici l'histoire des formations apparues sur l'échiquier politique à la fin des
années vingt ou au début des années trente. Il importe de bien souligner, au demeurant, que cette
nouvelle génération de partis constituait un ensemble fort disparate. Même réduit au seul examen des
questions de structures et d'organisation, l'exercice de comparaison entre le Parti agraire et paysan
français, fondé en 1928, le Parti social français du colonel de La Rocque et le Parti populaire français de
Jacques Doriot, nés tous deux en 1936, trouve rapidement ses limites.
En tenant compte de toutes les différences, on peut néanmoins repérer quelques tendances de fond :
l'exaltation du sentiment de l'appartenance partisane (le terme même de « parti » étant désormais
fièrement revendiqué), la personnalisation de l'autorité, le culte de la discipline, la croissance des effectifs
militants (particulièrement impressionnante dans le cas du PSF), l'élargissement de la notion de
propagande. Avec toutes les réserves qui s'imposent dans le maniement d'une typologie de cette nature,
on peut dire que la conception libérale du parti – qui avait présidé à la naissance et au développement des
vieilles formations modérées – était en train de céder la place à des conceptions «
identitairescommunautaires ». Le PSF était issu d'un mouvement d'anciens combattants et prônait un idéal, celui du
« service », dont les connotations morales étaient évidentes. Le Parti agraire était, à droite tout au moins,
et après les vains efforts déployés une quarantaine d'années plus tôt pour créer un « parti commercial », la
première tentative réussie de constitution d'une force politique sur des bases socioprofessionnelles.
En fonction d'une logique somme toute assez voisine, l'ancienne répartition des tâches entre partis
politiques et groupements parallèles tendait à devenir caduque. Le PPF et le PSF étaient des
« mouvements », c'est-à-dire des formations qui se proposaient de regrouper leurs adhérents sur les
terrains d'action les plus variés et de faire vivre les structures « parallèles » au sein même de la
communauté partisane.
Cela dit, il y a lieu d'apporter de nombreux correctifs et de formuler un jugement plus nuancé sur
l'ampleur et la signification des changements survenus. En premier lieu, le succès des nouveaux partis est
tout relatif. Le Parti agraire a mené une vie difficile. Avec ses huit députés et une poignée de
sympathisants, il faisait bien modeste figure dans la Chambre élue en 1936. Dès la fin de l'année 1938,
l'échec du PPF était consommé. Si l'on se place sur le seul terrain électoral et parlementaire, c'est-à-dire
sur le terrain que les anciens partis avaient choisi et qu'ils considéraient comme leur chasse gardée, la seule
menace sérieuse venait donc du PSF. Encore faut-il souligner que l'étonnante montée en puissance du
parti du colonel de La Rocque devait beaucoup aux orientations prises, au cours de l'été 1936, après la
dissolution des organisations issues du mouvement Croix-de-Feu. A bien des égards, le PSF des années
1936-1939 apparaît ainsi comme une version modernisée des anciens partis modérés. Il y a tout intérêt,
au demeurant, à situer l'« épisode » PSF dans un cadre chronologique élargi. La formation du colonel de
La Rocque reprend à son compte quelques-uns des objectifs (la réforme des institutions) et quelques-unes
des ambitions (la relève des hommes et le rassemblement des électeurs) de feu le Parti républicain de
réorganisation nationale. En dépit de la différence des choix stratégiques – la stratégie de la concurrence
directe se substituant à la stratégie du contournement –, l'effort d'organisation et de remembrement
politique conduit sous l'égide du PSF prolongeait, à sa manière, les entreprises d'Alexandre Millerand ou
d'Henri de Kerillis.
On aurait tort, en second lieu, de brosser un tableau exagérément noirci de la situation faite aux partis
traditionnels. Certes, l'Alliance et la Fédération ont vécu des moments difficiles et ne sont pas parvenues à
préserver leur unité profonde sur la question cruciale de la politique extérieure. Mais chacun sait que les
formations modérées n'ont pas eu sur ce point, il s'en faut de beaucoup, le monopole des querelles et du
désarroi.Pour ce qui est de la vitalité de l'organisation partisane, le bilan est loin d'être négatif. Largement
distancées par le PSF, l'Alliance et la Fédération ont, elles aussi, profité du mouvement qui poussait à
l'accroissement des effectifs. Les chiffres généralement avancés – 25 000 à 40 000 adhérents pour
l'Alliance, 180 000 à 250 000 pour la Fédération – ne sont pas ridicules. Il faut veiller, de même, à ne
point trop négliger l'action menée, sous l'égide d'un Pierre-Étienne Flandin ou d'un Louis Marin, en vue
de moderniser les structures et les méthodes. Les signes ne manquent pas : resserrement des équipes de
direction politique (le phénomène est particulièrement évident à l'Alliance), renouvellement des cadres
(avec, par exemple, l'émergence dans les instances de la Fédération républicaine d'une génération d'élus
fraîchement entrés en politique), création de groupements de jeunesse (la Jeunesse républicaine française,
en 1934, à l'Alliance, les Jeunesses de la Fédération, constituées en 1935), etc.
Le malaise des cœurs et des esprits ne doit donc pas dissimuler l'immense appétit d'action collective
organisée. Le paysage, sans doute, apparaît de plus en plus embrouillé. Il n'en reste pas moins que les
« nationaux » sont alors en train de découvrir – ou le cas échéant de redécouvrir – les vertus de l'outil
partisan. Dans la ligne d'une histoire légitimement centrée sur les secousses du moment, on a parfois
tendance à retenir de façon prioritaire les initiatives qui ont ajouté à la confusion et qui ont conduit une
partie des droites à s'engager sur des chemins inconnus ou périlleux. De fait, il y a dans la poussée de zèle
partisan de bien des modérés d'avant-guerre quelque chose d'un peu artificiel, pour ne pas dire d'un peu
équivoque. Mais l'essentiel, à notre sens, n'est pas là. Le rajeunissement des structures survenu
10entre 1935 et 1939 ne saurait, en effet, être examiné indépendamment de la « reconstruction » réussie
de l'après-guerre. En d'autres termes, l'étonnante remontée électorale et parlementaire dont a bénéficié la
droite entre 1946 et 1951 est difficilement intelligible si l'on ne garde pas en mémoire l'ampleur de
l'effort accompli une dizaine d'années plus tôt.

L'héritage de ces années de l'entre-deux-guerres, on l'aura compris, a été crucial pour les droites
parlementaires : l'apprentissage de la vie démocratique et de ses rouages institutionnels a permis à
certaines d'entre elles de découvrir graduellement la nécessité d'un outil partisan moderne et stable,
organisé et centralisé, animant à sa périphérie autant d'organisations-satellites visant à organiser
politiquement des segments de la société civile (syndicats, associations professionnelles, organisations des
jeunes, bientôt des femmes), et formalisant strictement les rapports avec la représentation parlementaire.
Depuis 1945, les droites vivent des grands acquis de la vie politique sous la troisième République :
notables et élus, répartis en petits partis qui refleurirent au début de la quatrième République, se sont
bientôt fédérés en un Centre national des indépendants plus édilitaire que militant ; l'héritage du PSF et
de sa culture de parti de masse n'a pas été perdu : récupéré par le RPF, il anime aujourd'hui, sublimé par
le présidentialisme de la cinquième République, le parti gaulliste et ses avatars, de l'Union pour la
nouvelle République au Rassemblement pour la République. Enfin, les cercles d'études fleurissent à
nouveau et visent à doter les droites d'horizons idéologiques ou programmatiques communs, voire à
débroussailler un terrain d'entente avec le Front national. Les appels réitérés et récurrents à l'union et à la
fusion des partis des droites en un grand parti conservateur à l'anglaise comme les obstacles des
sensibilités politiques historiquement constituées et des intérêts conflictuels de personnalités fortes et
nombreuses sont, à leur manière, la preuve que l'assertion selon laquelle les droites n'aimeraient pas les
partis est décidément un lieu commun. Comme telle, cette assertion signale une tension problématique
mais elle ne reflète, en aucun cas, une radicale étrangeté des droites à l'organisation partisane.
GILLES LE BÉGUEC
B i b l i o g r a p h i e

Sur les partis dans la vie politique française, on lira deux ouvrages fondamentaux :
[1] JEAN-MARIE MAYEUR, La vie politique en France sous la troisième République, Paris, Le Seuil, 1984.
En particulier les chapitres 3, 4, 7, 8, 12 et 14.
[2] RENÉ RÉMOND, s.d., Pour une histoire politique, Le Seuil, 1988. Voir en particulier : SERGE
BERSTEIN, « Les partis », p. 49-85 ; et JEAN-PIERRE RIOUX, « L'association en politique », p.
87120.
Sur l'histoire des partis de droite sous la troisième République, la meilleure synthèse est :
[3] MALCOM ANDERSON, Conservative politics in France, London, Allen & Unwin,
1974.
On trouvera beaucoup de renseignements et de pistes de recherche dans :
[4] DAVID SHAPIRO, D. R. WATSON and M. ANDERSON, The Right in France
1890-1919, London, 1962.
Cela ne dispense pas de recourir à des ouvrages beaucoup plus anciens, notamment :
[5] RAYMOND BUELL, Contemporary French Politics, New York-London, 1920.
[6] JEAN CARRÈRE et HUBERT BOURGIN, Manuel des partis politiques en France, Paris, 1924.
[7] ANDRÉ SIEGFRIED, Tableau des partis en France, Paris, Grasset, 1930.
[8] FERNAND CORCOS, Catéchisme des partis politiques, Paris, 1932.
De nombreux travaux ont été consacrés aux diverses formations politiques organisées. (On laisse ici de
côté les ouvrages consacrés à la démocratie chrétienne, aux ligues nationalistes et aux diverses formations
d'inspiration fasciste.)
Sur la Ligue de la patrie française et les tentatives faites pour transformer la Ligue en une organisation
nationaliste et conservatrice :
[9] JEAN-PIERRE RIOUX, Nationalisme et conservatisme. La Ligue de la patrie française, 1899-1904,
Paris, Beauchesne, 1977.
En ce qui concerne l'Action libérale populaire, on consultera l'excellente mise au point de :
e e[10] JEAN-MARIE MAYEUR, Des partis catholiques à la Démocratie chrétienne. XIX -XX siècle, Paris, A.
Colin, 1980, p. 83-89.
Voir aussi :
[11] BENJAMIN F. MARTIN, « The creation of the Action Libérale Populaire », French Historical
Studies, Fall, 1976, p. 660-689.
Sur l'Alliance démocratique, en attendant l'achèvement de la thèse de doctorat d'État que Rosemonde
Sanson consacre à ce parti, on peut consulter trois études extrêmement fouillées qu'elle a réalisées sur
divers aspects de l'histoire du mouvement :
[12] RENÉ RÉMOND et JANINE BOURDIN, s.d., La France et les Français en 1938-1999, Paris,
Presses de la FNSP, 1978, ROSEMONDE SANSON, « L'Alliance Démocratique », p. 327-339.
[13] MICHEL PAPY, s.d., Barthou : un homme, une époque, Pau, 1986, ROSEMONDE SANSON,
« Louis Barthou leader de l'Alliance républicaine démocratique », J & D Éditions, p. 103-113.
e[14] Une lignée républicaine : les Carnot sous la III République, Limoges, 1989, ROSEMONDE
SANSON, « Adolphe Carnot et l'Alliance républicaine démocratique », L. Souny, p. 85-101.
Sur la Fédération républicaine, en attendant la thèse de doctorat d'État de Jean Vavasseur-Desperriers
sur la Fédération, on se reportera d'abord aux travaux de Jean-Noël Jeanneney :
[15] JEAN-NOËL JEANNENEY, François de Wendel en politique. L'argent et le pouvoir (1914-1940),
Paris, Le Seuil, 1976. Voir en particulier le chapitre intitulé « Wendel et son parti », p. 413-454.[16] La France et les Français en 1938-1999, op. cit., JEAN-NOËL JEANNENEY, « La Fédération
républicaine », p. 341-357.
On peut compléter pour la période critique des années trente par :
[17] WILLIAM D. IRVINE, French conservatism in crisis. The Republican Federation of France in
the 1930's, Baton Rouge, Louisiana University Press, 1979.
[18] HERMANN WEINREIS, Liberale oder autoritäre Republik, Göttingen-Zürich, Muster-Schmidt
Verlag, 1986.
En ce qui concerne le Parti agraire et paysan français, voir :
[19] PIERRE BARRAL, Les agrariens français de Méline à Pisani, Paris, A. Colin, 1968, p. 237-238.
En ce qui concerne le Parti social français, voir :
[20] PHILIPPE RUDAUX, Les Croix-de-Feu et le PSF, Paris, France-Empire, 1967.
[21] WENG TING-LIENG, L'historique et la doctrine du Parti social français, thèse de droit, Nice, 1970 ;
et surtout les travaux de Philippe Machefer :
[22] PHILIPPE MACHEFER, « L'Union des droites, le PSF et le Front de la liberté, 1936-1937 », Revue
d'histoire moderne et contemporaine, XVII, 1970, p. 112-126.
[23] La France et les Français en 1938-1939, op. cit., PHILIPPE MACHEFER, « Le Parti social français »,
p. 307-326.
Enfin, d'une façon générale, les biographies consacrées aux hommes politiques de droite négligent
beaucoup leur rôle au sein des formations organisées. Il en va de même de la plupart des souvenirs rédigés
par les intéressés. La remarque vaut, de manière très révélatrice, pour des hommes, tel Charles Benoist,
qui ont été personnellement associés à la direction des partis. En dehors des ouvrages, déjà cités,
concernant Louis Barthou, Adolphe Carnot et François de Wendel, on consultera essentiellement :
[24] PIERRE SORLIN, Waldeck-Rousseau, Paris, A. Colin, 1966. A propos du Grand cercle républicain.
[25] PHILIPPE LEVILLAIN, Albert de Mun. Catholicisme français et catholicisme romain du Syllabus au
Ralliement, Rome, 1983. A propos du Ralliement et des premières tentatives d'organisation du courant
catholique.
1 On laissera de côté ici le cas des journaux d'opinion et de leurs équipes de rédaction, bien que ces
équipes puissent être considérées, surtout pour la période antérieure à 1914, comme des appareils
« parallèles ».
2 Henri Galli, ancien lieutenant de Déroulède, siège ainsi lors de la législature 1914-1919 sur les bancs
de la Gauche démocratique, un groupe de centre droit animé par Joseph Thierry.
3 Il suffit de renvoyer le lecteur aux excellents travaux de Christian Baechler.
4 Jacques Bardoux fut élu sénateur en 1938 sous l'étiquette « radical indépendant ». Il avait succédé à
François Marsal à la présidence de la FRS.
5 Son président, Georges Maurisson, élu député du Loiret en 1919, était un « poulain » de Paul
Deschanel.
6 Ce comité ne doit pas être confondu avec le Comité républicain du commerce et de l'industrie
(Comité Mascuraud, CRCIA), qui semble, toutefois, avoir repris une partie de ses éléments.
7 Il faut souligner que de nombreux élus et cadres du PRNS appartenaient également à la Fédération
républicaine. Voir à ce sujet les précieuses indications fournies in [3].
8 Précisons, pour éviter tout malentendu, que nous nous bornons ici à reprendre les estimations
traditionnellement avancées, éventuellement avec beaucoup de réserves. Il en sera de même tout au long
de l'étude, l'état des travaux ne permettant pas d'entrer dans des discussions plus serrées.9 Il faut ajouter que Henri Bazire devait mourir en juillet 1919 des suites de ses blessures de guerre. La
Fédération républicaine a, de même, perdu dans les combats deux de ses meilleurs animateurs : Frédéric
Clément et le jeune député Gaston Dumesnil, responsable de l'Association nationale républicaine des
jeunes (liée à la FR).
10 Sur ce point, entre autres, cf. Gilles Le Béguec, L'entrée au Palais-Bourbon : les filières privilégiées
d'accès à la Jonction parlementaire 1919-1939, thèse d'État, Paris X, 1989, 4 vol. dact.
CHAPITRE II

LL a l i g u e

Outre le parti politique, les droites ont connu une autre modalité de rassemblement : la ligue. En
première approximation, ce phénomène paraît concerner exclusivement la droite extrême. Le qualificatif
le plus fréquent accompagnant la mention des ligues est celui d'« antirépublicaines ». Et derrière les ligues
ese profilent les ombres inquiétantes des totalitarismes de droite du XX siècle, fascisme et nazisme, les
e eligues de la fin du XIX et des débuts du XX siècle apparaissant, par extension, comme des
1« préfascismes ». Qui n'a vu les montages cinématographiques juxtaposant dans un raccourci saisissant
les défilés de Nuremberg ou les parades des Chemises noires aux cortèges des Croix-de-Feu ou des
Jeunesses patriotes défilant sur les avenues parisiennes ? Point n'est besoin dès lors d'argumenter : la
similitude des images n'est-elle pas parlante par elle-même ? La réalité paraît moins simple et exige à coup
sûr une analyse plus approfondie du phénomène.

I . LIGUES DE GAUCHE , LIGUES R ÉPUBLICAINES , LIGUES D 'EXTR ÊME DROITE

Employé depuis les périodes historiques les plus reculées, le terme « ligue » revêt une double acception.
D'abord celui d'une alliance entre États, ayant pour objet d'assurer leur défense ou leur prééminence
contre d'autres États. Telles furent, dans l'Antiquité, la Ligue achéenne ou la Ligue étolienne, ou la Ligue
ed'Augsbourg rassemblée à la fin du XVII siècle contre la prépondérance de la France de Louis XIV en
Europe. La seconde acception reprend l'idée de coalition, mais cette fois à l'intérieur d'un État, l'objet de
sa constitution étant cette fois de faire triompher dans un pays donné des objectifs politiques, religieux,
idéologiques ou corporatifs. Les ligues féodales s'assignent pour but de faire échec à la volonté du roi
d'asseoir une autorité sans partage sur ses grands vassaux, qu'il s'agisse de la Ligue de Montlhéry dressée
e eau début du XVII siècle contre le roi Louis le Gros ou de celle du Bien Public au XV siècle qui visait
Louis XI.
De la combinaison de cette longue histoire aux connotations diverses et de ces deux acceptions est issue
la signification contemporaine du terme : une association créée en vue de parvenir à imposer un point de
vue commun à tous ses membres, le plus généralement en contestation de l'état de choses existant. Selon
que l'on insiste sur le premier ou le second terme de la proposition, on aura affaire à un simple groupe de2pression agissant sur un terrain catégoriel ou à une force politique s'attaquant aux institutions en place,
avec, entre ces deux pôles extrêmes, toute une gamme de nuances.
Comme telle, la ligue n'est ni de droite, ni de gauche, ou plus exactement elle peut appartenir à l'une
ou l'autre tendance de l'opinion publique. On admettra sans peine que la Ligue nationale de la
prévoyance et de la mutualité ou la Ligue nationale contre le cancer ne relèvent pas de catégories
politiques définies. Il s'agit tout simplement ici de se rassembler en vue d'un objectif non directement
politique. Un peu différent est le cas de la Ligue de l'enseignement fondée en 1866 par Jean Macé avec
comme but de répandre l'instruction dans les classes populaires. Cette organisation se situe clairement
dans le sillage du positivisme qui entend faire progresser les lumières dans la société et combattre ainsi
l'influence de l'Église. Ses choix en faveur d'une société laïque où la science serait reine et où la raison
dominerait en font, à l'époque de sa création, une association progressiste à connotation de gauche. Si
nous passons des groupes de pression ou des groupes d'intérêt aux forces politiques, la ligue ne se
distingue du parti que par sa volonté de rassembler sur une base plus large ne se limitant pas à la
représentation parlementaire mais se fixant d'autres objectifs. Or, il n'est toujours pas possible à ce niveau
de définir la ligue comme relevant exclusivement de la droite. La ligue des droits de l'homme fondée
en 1898 pour rassembler les intellectuels militant au nom du droit et de la justice pour la révision du
procès Dreyfus se situe très clairement à gauche et constitue l'un des creusets du rassemblement
3républicain qui donnera naissance au parti radical avant de devenir une sorte d'annexe du parti socialiste .
En revanche, c'est d'une idéologie de droite que se réclame la Ligue nationale républicaine fondée
en 1924 par Alexandre Millerand, qui a été contraint de quitter la présidence de la République le 11 juin,
suite à son engagement au cours de la campagne électorale contre les partis de gauche qui sortirent
vainqueurs des urnes : Millerand s'efforce de rassembler ses partisans autour d'un programme politique de
lutte contre le Cartel et de renforcement de l'exécutif aux dépens du Parlement. En 1926, les observateurs
du ministère de l'Intérieur évaluent à environ 300 000 les adhérents de cette formation politique. Mais,
après le retour de Poincaré au pouvoir, en juillet 1926, la Ligue nationale républicaine dépérit et finit par
s'évanouir. Elle demeure durant les deux années de son existence une formation proche de la droite
plébiscitaire et plus particulièrement de la Ligue des patriotes dont Millerand est d'ailleurs élu président
4d'honneur en novembre 1924 . Mais, de façon presque contemporaine, la gauche fait naître elle aussi sa
propre ligue, la Ligue de la République fondée en octobre 1921 autour de Paul Painlevé, qui en est le
véritable chef, et d'Édouard Herriot, alors président du parti radical. Fondée avec le but avoué de créer un
rassemblement du centre gauche qui puisse faire échec au Bloc national en se passant d'une SFIO qui se
veut révolutionnaire, elle tombe en sommeil fin 1922 face à la triple constatation que ses forces se
réduisent peu ou prou à celles du Parti radical, que le fantomatique Parti républicain-socialiste de Paul
Painlevé a plus de cadres à faire élire que de troupes à offrir à la ligue et qu'une union des gauches sans les
5socialistes est vouée à l'échec .
Serait-ce donc par un simple abus de langage, par l'effet d'un cliché indéfiniment repris que l'on
assimile généralement les ligues à l'extrême droite ? Sans doute pas, et l'usage s'appuie ici sur une réalité
ressentie, mais difficile à exprimer clairement. Pour tout dire, chacun sent bien qu'on ne saurait assimiler
la paisible et radicalisante Ligue de la République ou la respectable Ligue nationale républicaine aux
agitateurs de la Ligue des patriotes, aux énergumènes de la Ligue antisémitique voire aux activistes des
Jeunesses patriotes ou des Croix-de-Feu.
Où réside donc la différence ? En ceci que les ligues-groupes de pression ou les ligues-rassemblements
réunissent des individus afin de parvenir à un résultat limité qui ne met en cause ni le pouvoir ni le
régime, alors que les ligues activistes qui expliquent la connotation extrémiste du terme chez nombre de
contemporains ont pour but avoué de déstabiliser le pouvoir en place pour lui substituer un régime fortau contenu flou et d'ailleurs variable d'une ligue à l'autre. C'est cet objectif éminemment politique qui
constitue toute la différence.
S'ensuit-il pour autant que la volonté de déstabilisation du régime caractérise la droite plus que la
gauche ? La réponse semble devoir être positive. Il se trouve en effet que les traditions des forces politiques
dans la France contemporaine se mettent en place sous la troisième République et que, compte tenu des
circonstances historiques qui président à la naissance et à l'affirmation de la République de 1870 à 1898,
la légitimité du régime se situe à gauche. Et cette évidence qui s'impose à l'opinion publique contraint les
partis de gauche, quand bien même leur idéologie les pousse à contester le régime, à apporter finalement
leur soutien à celui-ci et non à le déstabiliser. L'évolution du parti socialiste après sa fondation en
1905 est, à cet égard, caractéristique. La culture républicaine s'impose à lui dès lors qu'il devient une
grande formation politique nationale. Rien de tel à droite. Les droites se caractérisent jusqu'à la fin du
eXIX siècle par leur hostilité plus ou moins ouverte au régime républicain qu'elles ont pour objectif de
erenverser. A partir du tournant du XX siècle et de l'Affaire Dreyfus, on appelle droites des formations
qui, acceptant la forme républicaine du régime, rejettent le contenu parlementaire, laïque et rationaliste
equ'il revêt désormais et se fixent pour but de le modifier. Sans doute, au cours du XX siècle, la notion de
droite tend-elle à se transformer pour signifier prioritairement un choix économique libéral face à des
options dirigistes ou socialisantes, ne comportant désormais aucune velléité de déstabilisation du régime,
qu'il s'agisse de la fin de la troisième République, de la quatrième ou de la cinquième République. Il reste
eque, les traditions établies à la fin du XIX siècle aidant, il existe toujours, à la frange extrême des droites
parlementaires, un courant d'action directe prêt à se porter à l'assaut du régime par la violence et qui rêve
d'un pouvoir autoritaire.
Le raisonnement qui consiste à considérer comme une spécificité de droite la ligue activiste se
proposant de déstabiliser le régime républicain pourrait être valablement contesté par l'observation qu'il
existe à gauche, passé 1920, au moins une formation prête, elle aussi, à abattre le régime par l'action
violente de masses jetées dans la rue : le Parti communiste. Or, précisément, on a pu démontrer de
manière incontestable que la tactique d'assaut révolutionnaire contre le régime a été très largement
imposée au Parti communiste par une Internationale communiste ignorant tout des réalités françaises et
s'efforçant, par la « bolchevisation », de briser la culture républicaine qui affleure spontanément chez les
6premiers dirigeants du parti . On en a d'ailleurs la preuve avec l'évolution du Parti à l'époque du Front
populaire. La ligue antirépublicaine apparaît donc bien comme un phénomène spécifiquement marqué à
edroite en raison d'une tradition qui remonte à la fin du XIX siècle.
Il est un autre motif qui contribue à classer à l'extrême droite le phénomène des ligues activistes, c'est le
choix de ces organisations en faveur d'une réorganisation autoritaire du régime, leur aspiration à trouver
l'homme fort, le chef qui imposerait sa loi et ferait régner l'ordre et triompher les valeurs traditionnelles.
Alors que toute la culture républicaine consiste à limiter la puissance de l'exécutif pour préserver la liberté
du citoyen et assurer la prépondérance de la représentation nationale assumée par le parlement, une
restauration de l'autorité du pouvoir paraît entachée de césarisme, mal absolu pour un régime construit
7sur les ruines du second Empire . Le choix autoritaire se situe clairement à droite.
On admettra donc que, si le terme de ligue est largement employé avec le sens de rassemblement ou de
coalition dans la vie associative, politique ou non, sans qu'il soit nécessairement connoté à droite, c'est
bien à l'extrême droite qu'il faut placer les ligues politiques dont le but, avoué ou déguisé, est de renverser
la République parlementaire pour lui substituer un régime fort. Celles-ci sont une exclusivité des droites.

II . NATURE ET FONCTION DES LIGUES
Si l'attention a été portée avec une insistance particulière sur les ligues, c'est bien que leur nature propre
les différenciait clairement des forces politiques organisées par quoi s'exprime habituellement l'opinion en
régime démocratique. De fait, trois traits majeurs caractérisent les ligues et en font des organismes
originaux dans la vie politique française. En premier lieu, les ligues se distinguent des partis politiques par
le caractère étroitement limité de leurs objectifs initiaux. Proches en cela des groupes de pression, elles
entendent agir dans un but précis, exclusif de tout programme global de société : redresser la France pour
la préparer à la reconquête des provinces perdues dans le cas de la Ligue des patriotes, s'opposer à la
révision du procès Dreyfus qui mettrait en cause l'autorité de l'armée pour la Ligue de la patrie française,
interdire au Cartel, et, plus généralement aux partis de gauche, de remettre en cause l'idéal des
combattants des tranchées pour les Jeunesses patriotes, etc. Se vouant à la réalisation d'objectifs limités
auxquels elles attribuent une valeur nationale, les ligues se veulent apolitiques et professent une neutralité
affirmée, tout du moins lors de leur création, vis-à-vis des diverses familles politiques, philosophiques et
spirituelles. Cette volonté d'apolitisme explique qu'elles ne présentent pas de candidats aux élections,
qu'elles ne jugent pas nécessaire de proposer un programme global à leurs adhérents, ni d'exercer
l'arbitrage entre les intérêts divergents qui est dans la nature des forces politiques traditionnelles. En réalité
cette volonté d'apolitisme est fondée sur un postulat éminemment politique, selon lequel un certain
nombre de valeurs admises par la société constituent des données qui ne sauraient faire l'objet de
discussion et dont l'intolérable remise en question doit être prévenue avec acharnement. En d'autres
termes, l'apolitisme proclamé des ligues est un conservatisme qui entend maintenir en l'état idées,
situations et hiérarchies acquises en combattant les forces de rénovation ou de révolution. Rien d'étonnant
dès lors à voir les ligues glisser des objectifs initialement limités par leur apolitisme proclamé vers des
comportements politiques qui les conduisent, soit à appuyer les forces politiques de droite (cas des
Jeunesses patriotes, par exemple) soit à tenter de se substituer à celles-ci (cas des Croix-de-Feu, devenues
Parti social français).
Si ce dernier cas paraît tout de même exceptionnel, c'est que les ligues se situent sur un autre plan que
les partis. Le domaine privilégié de ceux-ci est l'élection, afin de faire triompher leurs idées au parlement
où s'exprime en dernière analyse, dans la tradition républicaine, la volonté du peuple souverain. Or le
propre des ligues est précisément de contester le parlement, refuge à leurs yeux des professionnels de la
politique, défenseur des intérêts particuliers, suspect de corruption et de négligence envers le peuple qui
l'a élu. L'antiparlementarisme est ainsi partie intégrante de l'attitude des ligues et les attaques conte les
« pourris » du parlement un élément essentiel de l'argumentaire qu'elles diffusent. Centre du pouvoir sous
les troisième et quatrième Républiques, le parlement est ainsi la cible des ligues et cet antiparlementarisme
est symbolisé par l'insigne « Je ne suis pas député » porté au lendemain du 6 février 1934 par les
sympathisants des ligues. Dans une société politique où la République est synonyme de parlementarisme,
cet antiparlementarisme suffit à faire considérer comme hostile à la République l'attitude des ligues,
encore que la plupart d'entre elles ne remettent pas en cause la forme républicaine du régime, mais le rôle
prédominant qu'y joue le parlement.
Il est enfin une troisième caractéristique des ligues qui les différencie des formations politiques
traditionnelles, c'est le choix qu'elles opèrent en faveur de formes d'action directe qui mobilisent leurs
militants dans des manifestations de rue et des démonstrations de force. Répudiant l'élection et la
conviction des citoyens constatée par le suffrage, elles privilégient la démonstration de masse avec usage
éventuel de la violence ou en tout cas menace ostensible d'un recours à celle-ci. De la Ligue des patriotes
au poujadisme en passant par les ligues des années trente, c'est dans la rue, sur le terrain, et non dans
l'isoloir, que ces organisations entendent affirmer leur représentativité et les manifestations qu'ellesorganisent et dont l'écho se trouve décuplé si des incidents se produisent, tendent à suggérer l'idée qu'elles
seraient l'expression d'un « pays réel » par opposition au pays légal, mais réputé non représentatif, que
constitueraient les autorités légalement établies.
Cette nature particulière des ligues dans le champ de l'expression politique renvoie à une analyse plus
approfondie des raisons de leur apparition et, du même coup, de la fonction qu'elles assument. A cet
égard, le moment historique de l'émergence des ligues n'est nullement indifférent et se révèle riche
d'enseignements. On observe, en effet, qu'elles apparaissent dans les années 1880, lorsque s'opère une
transformation fondamentale de la nature même de la vie politique française. Alors que jusque-là, en dépit
de l'instauration du suffrage universel depuis 1848, la vie politique demeure l'apanage d'une mince élite,
l'intervention du corps électoral se bornant à choisir au sein de celle-ci, par l'élection, le groupe auquel
sera ensuite délégué le pouvoir, une nouvelle situation se met en place qui se traduit par l'irruption de
masses jusqu'alors passives dans le champ du politique. Les causes de cette situation sont multiples et
etiennent aux transformations de la vie sociale en cette fin du XIX siècle : diffusion de l'alphabétisation,
décloisonnement des campagnes par les chemins de fer, développement de la presse à bon marché, début
du démantèlement de la communauté paroissiale qui rend les individus disponibles pour d'autres formes
de sociabilité. Au total, cet ensemble de transformations aboutit à permettre le groupement d'individus
plus cultivés et mieux informés autour de formations qui contestent les structures politiques existantes et
affirment leur vocation à représenter et encadrer les masses, qu'elles soient issues du monde ouvrier ou
appartiennent aux classes moyennes en pleine émergence. Comme les partis socialistes dont le
développement est contemporain de ces transformations, les ligues apparaissent donc liées
chronologiquement à cette irruption des masses dans le jeu politique et à la constitution des partis qui
entendent utiliser la force neuve que ces masses représentent.
Il reste que l'apparition des ligues les met en concurrence directe avec les partis politiques qui
commencent également à s'organiser dans les années 1880 et qui ont, eux aussi, comme objectif
d'exprimer l'opinion de la population prise dans son ensemble. Or la supériorité des partis sur les ligues
est le caractère beaucoup plus global du programme qu'ils proposent et qui s'efforce de répondre aux
aspirations de larges couches de la population, mais surtout la stabilité et la permanence organisationnelles
dont ils bénéficient alors que, comme on le verra, l'activité des ligues est épisodique et se résume à de
brutales et éphémères flambées suivies de leur disparition ou de longues périodes d'atonie. Précisément, la
prise en considération des circonstances qui entourent la naissance ou le regain d'activité des ligues révèle
partiellement leur fonction politique. On observe en effet que les ligues s'épanouissent en période de crise
économique et politique et que leur fonction est de servir de canal d'expression au malaise des diverses
victimes de cette situation. Du même coup s'explique la très grande hétérogénéité de la clientèle des ligues
et le caractère éphémère et somme toute limité de leur action. Rassemblant autour de mots d'ordre
sommaires des catégories très différentes de mécontents, elles peuvent organiser des mouvements de rue
d'une certaine ampleur destinés à manifester leur hostilité au cours des choses, mais elles sont incapables
d'aller plus loin que la déstabilisation du régime et de proposer une formule de remplacement. Dès lors,
elles sont condamnées à servir d'appoint à des forces politiques traditionnelles (naturellement situées à
droite pour les raisons précédemment indiquées) ou, pire, à constituer une simple infanterie manipulée
par celles-ci.
Et du même coup se révèle leur fonction fondamentale : servir de substitut aux formations politiques
lorsque celles-ci se révèlent inadéquates à affronter des situations difficiles, économiquement ou
politiquement. L'intérêt de la ligue vient donc moins de ce qu'elle est (et qui souvent a pour ses adhérents
peu d'importance, puisqu'il s'agit avant tout d'exprimer de la manière la plus radicale possible leur
malaise ou leur mécontentement) que de ce dont elle témoigne : l'incapacité des partis politiques à
assumer leur rôle traditionnel d'expression de l'opinion publique et d'articulation de ses aspirations. Et cetaspect essentiel des fonctions des ligues montre qu'il est vain de prétendre les analyser en dehors du
contexte précis de leur genèse respective.

III . CRISES ET LIGUES

e eDu XIX au XX siècle, quatre épisodes successifs et relativement éphémères voient la naissance de
ligues dans des contextes de crise qui paraissent mettre hors jeu les forces politiques constituées.

L a L i g u e d e s p a t r i o t e s , u n m o u v e m e n t p i o n n i e r

Première en date des ligues de l'époque contemporaine, la Ligue des patriotes apparaît à beaucoup
d'égards comme un prototype fixant pour l'essentiel les traits de la nouvelle forme d'organisation.
Au départ, un incontestable traumatisme, la défaite de 1870-1871 et la perte de l'Alsace et du nord de
la Lorraine, qui provoque dans l'opinion publique française une profonde crise morale. Celle-ci débouche
sur une tentative de redressement qui se veut strictement apolitique, et s'adresse prioritairement aux
milieux républicains de la mouvance gambettiste, nostalgiques de la Défense nationale et décidés à
préparer l'opinion française à la guerre de revanche si ardemment souhaitée. C'est d'ailleurs durant le
grand ministère de Gambetta de novembre 1881-janvier 1882 que prend corps l'idée qui va aboutir à la
fondation de la Ligue des patriotes. Paul Bert, ministre de l'Instruction publique et des cultes, crée, en
effet, une commission d'éducation militaire destinée à promouvoir les valeurs patriotiques et militaires
dans les écoles primaires, commission dans laquelle il fait entrer trois personnalités de la mouvance
gambettiste, le député de la Seine-Inférieure, Félix Faure, qui accédera en 1895 à la présidence de la
République, l'éminent historien Henri Martin et le poète et dramaturge Paul Déroulède, célèbre pour
s'être fait le chantre de la Revanche dans un recueil de poèmes paru en 1872, les Chants du soldat.
L'existence de la Commission d'éducation militaire est très éphémère : vivement attaquée à la Chambre
par Ferry et ses partisans qui y voient un témoignage du césarisme de Gambetta, elle disparaît
rapidement, avant même la fin du grand ministère en raison de la démission de ses trois principaux
inspirateurs. Au lendemain de cette démission, les trois protagonistes décident de créer une association
dont le but sera identique à celui de la Commission d'éducation militaire et c'est dans cette perspective
civique et patriotique que Paul Déroulède, nommé délégué général de l'organisation dont le premier
président est Henri Martin, annonce le 18 mai 1882 la naissance de la Ligue des patriotes. Celle-ci
bénéficie d'emblée d'un hebdomadaire mis à sa disposition par Louis d'Harcourt, Le Drapeau et se trouve
dotée par Déroulède d'un slogan qui fera son succès « Qui-vive ? – France ». A ce stade, l'apolitisme est
affirmé puisque l'objet de la Ligue est de « développer les forces physiques et morales de la nation » afin de
la préparer à la Revanche. Le succès est foudroyant : en quelques semaines, la Ligue dépasse la centaine de
milliers d'adhérents à Paris et dans un grand nombre de départements. C'est qu'elle ne se développe pas ex
nihilo. Compte tenu d'une image patriotique quasi officielle, elle regroupe les innombrables sociétés de
gymnastique et sociétés de tir créées dans toute la France après la défaite de 1871 avec le but à demi avoué
de donner aux jeunes Français une formation paramilitaire. Amalgame des sociétés patriotiques françaises,
elle rassemble donc des hommes qui sont très majoritairement des Républicains. C'est aussi le cas de la
direction de la Ligue et, spécifiquement, de Déroulède, avec cette importante nuance qu'à ce niveau, lafiliation gambettiste fait de Ferry et de ses fidèles des adversaires naturels, ce qui n'est sans doute pas le cas
pour la majorité des adhérents [12].
En réalité, le décalage, perceptible dès les origines entre les intentions initiales, patriotiques et
unanimistes et les évolutions futures qui feront de la Ligue un organisme hostile à la République
parlementaire, ne va cesser de s'accentuer, aboutissant à une scission entre Déroulède et ses partisans
d'une part, la majorité des adhérents d'origine de l'autre. Et le fossé tient largement aux idées de
Déroulède lui-même. Républicain d'origine, engagé volontaire en 1870, blessé, prisonnier, évadé, il
choisit début 1871 le camp de Thiers contre celui de la Commune et participe à la répression de celle-ci.
C'est par patriotisme qu'il suit Gambetta et c'est pour appliquer les idées de celui-ci qu'il se consacre
corps et âme à la fondation et au développement de la Ligue des patriotes. Après la mort du tribun
en 1882, il affirmera demeurer fidèle à ses idées en imprimant à l'association l'évolution qui la conduira à
devenir la principale menace contre la République parlementaire dans les années 1880. En effet, autant et
sans doute plus que par Gambetta dont il ne paraît pas percevoir l'infléchissement opportuniste,
Déroulède est influencé par les vues du traditionalisme positiviste qui constitue l'une des composantes du
climat intellectuel dans lequel vit la France d'après la défaite et qui se trouve illustré par l'ouvrage de
Renan La réforme intellectuelle et morale, et par celui de Taine, Les origines de la France contemporaine. Il y
puise l'idée selon laquelle la défaite française s'explique par la longue décadence que la démocratie a
provoquée dans le pays depuis la Révolution française. A partir de là commence une mise en accusation de
la philosophie des droits naturels de l'individu et du matérialisme qui l'inspire, une contestation du
principe d'égalité, des conceptions universalistes, du libéralisme. Du même coup, le nationalisme qui avait
été jusque-là volonté d'étendre au-delà des frontières les principes universalistes qui avaient inspiré la
Révolution française change de nature. Il s'agit désormais de donner à la nation et à elle seule, les moyens
de la puissance qui lui permettront de faire prévaloir ses intérêts sur les autres nations. Sans qu'il en soit
clairement conscient à l'origine, Déroulède assume cette mutation du nationalisme français. A l'origine, il
a comme objectif de populariser dans l'opinion les idées républicaines et patriotiques que Gambetta
s'apprête à faire triompher au pouvoir. L'échec de Gambetta, la mort de celui-ci, l'identification de la
République avec les idées de Ferry, hostile à toute aventure extérieure – du moins en Europe – le
persuadent de la décadence du régime, telle que Renan et Taine l'ont décrite. Le mal étant identifié, le
remède s'impose de lui-même. Pour que la revanche soit possible, pour que les provinces perdues puissent
être reconquises, il faut sortir la France de la décadence qu'elle connaît et créer une France nouvelle, une
société disciplinée régie par un pouvoir autoritaire et organisée sur le modèle militaire avec le respect de la
hiérarchie et le culte du sacrifice. Mutation qui exige l'abandon du système parlementaire, cause
institutionnelle de faiblesse et d'impuissance [8].
Dans les années 1885-1888, la mutation de la Ligue des patriotes s'accomplit, transformant
l'association patriotique des origines en une organisation de lutte contre la République parlementaire. Le
premier épisode se situe en mars 1885 et ne touche encore que la direction de la Ligue. Un conflit éclate
alors entre Anatole de La Forge, un républicain modéré qui avait succédé à Henri Martin à la présidence,
et Déroulède. Il s'achève le 7 mars 1885 par la démission du président qui met l'accent sur la cause
essentielle du désaccord en écrivant à Déroulède : « Vous êtes un patriote autoritaire, je suis un patriote
libéral » [8, p. 90].
Mais c'est à partir de 1886 que les conséquences des conceptions de Déroulède vont se révéler
déterminantes pour l'évolution de la Ligue des patriotes. Afin d'opérer le redressement national qu'il
appelle de ses vœux, Déroulède est à la recherche de l'homme providentiel qui saura créer en France un
régime fort et rassembler la nation autour de lui. Il croit le trouver en la personne du général Boulanger
qui commence cette année-là sa carrière politique. C'est dans l'aventure boulangiste que la Ligue des
patriotes va prendre les caractères qu'elle conservera dans les mémoires et qui vont en faire le prototype deces ligues « antirépublicaines ». A Boulanger qui ne dispose d'aucun parti organisé, la Ligue des patriotes
va fournir des troupes, une organisation, un état-major, un service d'ordre. Elle devient le fer de lance du
parti boulangiste. Du même coup, Déroulède affine en empruntant largement au boulangisme les idées
que défend le mouvement. A la République parlementaire dont il rappelle les origines aristocratiques et
qu'il combat âprement, il oppose un régime fondé sur l'appel direct au peuple. On a vu que cette
opposition au parlementarisme nourrira contre Déroulède (et contre Boulanger) l'accusation d'hostilité à
la République. A cette accusation, le président de la Ligue des patriotes (il a succédé dans cette fonction à
Anatole de La Forge) répond avec vigueur : « Vouloir arracher la République au joug des parlementaires,
ce n'est pas vouloir la renverser », ajoutant : « Il n'est pas de République qui ne soit fondée sur la
souveraineté populaire, donc sur le plébiscite ; il n'est pas de République qui ne soit fondée sur les
principes de la séparation des pouvoirs et de la responsabilité de l'Exécutif devant le peuple souverain » [8,
p. 93]. Son objectif institutionnel est donc clair : fonder une République plébiscitaire dont le chef sera élu
au suffrage universel et où les ministres, recrutés en dehors du parlement, ne seront responsables que
devant le chef de l'État. Au parlementarisme, la Ligue oppose donc la démocratie directe. Elle est aussi
soucieuse de démocratie sociale ; dénonçant les injustices dans la répartition des richesses, elle accuse la
République parlementaire d'avoir favorisé la domination des riches sur la société et réclame d'importantes
réformes économiques.
Cette évolution ne tient pas seulement aux conceptions propres de Déroulède, dont les préoccupations
sociales ne paraissent pas avoir été jusque-là particulièrement marquées, mais à la crise profonde que
connaît la République dans les années 1880 et qui pousse la Ligue des patriotes à tenter de trouver une
clientèle dans les multiples catégories de mécontents créées par les difficultés du moment. La crise revêt,
en effet, un triple caractère, économique, institutionnel et moral. La France est entrée depuis le début des
années 1880 dans le cycle de stagnation qui atteint le monde depuis 1873 et que les historiens connaissent
sous le nom de la « grande dépression ». D'abord marquée par une perte des débouchés agricoles, puis par
la stagnation des industries textiles et du bâtiment, la crise est aggravée par la faillite en 1882 de l'Union
générale, grande banque d'affaires catholique, dont le krach ruine de nombreux épargnants et installe un
climat de méfiance généralisée qui place en situation difficile de multiples établissements bancaires, gênés
par les demandes de remboursement. La restriction des crédits qui en résulte entraîne des faillites
d'entreprise, un important chômage et une exaspération de la population paysanne et ouvrière, rendue du
même coup sensible au discours social des sirènes du nationalisme. D'autant qu'au même moment se
produit une véritable paralysie institutionnelle. Les élections de 1885 ont abouti à la naissance d'une
Chambre ingouvernable partagée en trois tiers approximativement égaux : les conservateurs, c'est-à-dire
les monarchistes, rejetés dans l'opposition, les républicains modérés et les radicaux. Républicains, ces deux
derniers groupes sont condamnés à s'unir pour sauver le régime. Mais en désaccord sur à peu près tous les
chapitres de la politique quotidienne, ils ne peuvent parvenir à gouverner et les exigences des radicaux,
maîtres de la majorité, condamnent les gouvernements modérés successifs à la paralysie, nourrissant ainsi
le procès des nationalistes contre les faiblesses et l'impuissance de la République parlementaire. Enfin, sur
cette double crise économique et institutionnelle, se greffe une crise morale grave qui aboutira en 1887 à
la démission du président de la République Jules Grévy dont le gendre Wilson est convaincu d'avoir
organisé depuis l'Élysée un trafic de légions d'honneur. La révélation de la corruption au plus haut niveau
de l'État ne peut que discréditer un peu plus le régime, aux yeux d'une population exaspérée par les
difficultés économiques. Les modérés qui gouvernent depuis le début des années 1880 se trouvant ainsi
compromis, les radicaux ayant perdu toute crédibilité comme force d'alternance depuis leur participation
à la majorité en 1885, on conçoit que les bouleversements proposés par le boulangisme encadré et
organisé par les sections de la Ligue des patriotes, la proposition d'un régime « pur et dur », intègre,
efficace, décidé à redresser le pays aient pu séduire une partie de l'opinion.Toutefois, cette évolution de la Ligue des patriotes conduisait bien loin de l'inspiration patriotique des
origines et tournait franchement le dos aux conceptions républicaines des fondateurs en se plaçant dans la
postérité d'un césarisme dont la République naissante se voulait la contre-image. Il n'est donc pas
étonnant que le choix boulangiste ait provoqué une crise très grave au sein de la Ligue des patriotes dont
le visage va se trouver profondément transformé par l'épreuve.
La majorité républicaine de la Ligue des patriotes n'était en effet nullement disposée à suivre Déroulède
sur le terrain où celui-ci entendait l'engager. A partir de juin 1887, entre les républicains libéraux et le
groupe plébiscitaire qui entoure le président, la lutte est ouverte. Elle débouche sur la mise en minorité de
Déroulède au Comité directeur, à deux reprises, fin 1887 et au printemps 1888. Cette crise conduit à une
scission de la Ligue en avril 1888. Conduits par le journaliste Henri Deloncle, jusqu'alors second de
Déroulède, les scissionnistes fondent une Union patriotique de France. Libre de ses mouvements,
Déroulède procède à une transformation en profondeur de la Ligue des patriotes. Celle-ci s'assigne
désormais comme objectif la réforme des institutions républicaines par la révision de la Constitution
de 1875 et la fin de la République parlementaire. En même temps la Ligue se dote d'un nouvel état-major
qui est celui-là même du boulangisme, Alfred Naquet, Turquet et Laisant devenant vice-présidents et
Laguerre délégué général. Les adhérents eux-mêmes changent de nature. Une grande partie des patriotes
républicains recrutés par le biais des sociétés de gymnastique ou des sociétés de tir l'abandonnent. Les
quelque 200 000 membres à quoi l'on pouvait évaluer son effectif de 1887 tombent à moins
de 100 000 début 1889 [8, p. 96] et les adhérents « apolitiques » des origines sont remplacés par des
adversaires déterminés de la République parlementaire, bonapartistes, monarchistes, mais aussi blanquistes
attirés par l'aspect social et les perspectives d'action directe de la nouvelle Ligue. Géographiquement, la
mutation n'est pas moindre. Dès 1888 la plupart des sections de province commencent à se disloquer.
L'organisation ne subsiste qu'à Marseille mais surtout à Paris qui constitue le centre essentiel de ses
activités. Elle tente de nouer, dans la capitale, des contacts étroits avec les blanquistes, afin de tenir la rue,
de déstabiliser le régime et d'amener Boulanger au pouvoir. Telle est désormais sa modalité d'action
privilégiée. A partir de juin 1887, avant même la scission de la Ligue, Déroulède fait ses premières armes :
un vaste rassemblement populaire au Cirque d'hiver et surtout l'encadrement de la manifestation du
8 juillet à la gare de Lyon qui s'efforce d'empêcher le départ du général pour Clermont-Ferrand où le
gouvernement l'a muté. C'est cette action qui marque véritablement le point de départ de l'agitation
populaire boulangiste, orchestrée, encadrée, organisée par la Ligue des patriotes. Durant quelques mois
celle-ci tient le haut du pavé. Début décembre 1887, alors que le Congrès se réunit à Versailles pour élire
un successeur au président de la République Jules Grévy, démissionnaire, les fidèles de Déroulède
déclenchent à Paris une véritable émeute destinée à barrer la route de l'Élysée à Jules Ferry. La police
charge, le 2 décembre, place de la Concorde et les ligueurs sont en état d'alerte, comme d'ailleurs le
gouverneur militaire de Paris. L'affrontement redouté n'aura pas lieu, mais la crainte de la guerre civile a
sans doute pesé pour écarter Ferry et permettre l'élection à l'Élysée de Sadi Carnot. Le départ en 1888 des
éléments libéraux contribue encore à radicaliser le mouvement en laissant seul maître de la Ligue Paul
Déroulède, désormais placé à la tête d'une véritable organisation de combat et qui accroît encore les traits
césariens du boulangisme. Si la Ligue fait figure d'instrument de coup d'État, la volonté même de réaliser
ce coup n'existe pas chez Boulanger. On en a la preuve lors de l'apogée du boulangisme que constitue la
triomphale élection du général à Paris le 27 janvier 1889. Alors que son écrasante victoire sur le candidat
des Républicains semble lui ouvrir les portes du pouvoir, le général refuse les aléas d'un coup de force.
Bien plus, et en dépit d'une légende tenace, il semble bien que la Ligue des patriotes qui a constitué le
véritable instrument de la victoire électorale du général et représente la seule force organisée sur laquelle il
pouvait compter n'ait nullement poussé au coup d'État. La foule amassée devant le restaurant où s'est
8abrité le général a beau lancer le cri « A l'Élysée ! », celui-ci ne paraît pas avoir eu d'écho dans l'état-major du parti national. L'impression de l'opinion est pourtant qu'on est passé à deux doigts du putsch
militaire et c'est sur cette impression que le gouvernement va s'appuyer pour briser le mouvement
boulangiste en s'attaquant à sa seule réalité, la Ligue des patriotes. En février 1889, des poursuites sont
engagées contre elle, avec des chefs d'accusation variables car il est malaisé de lui imputer un délit
véritable. En mars, le tribunal correctionnel de la Seine ordonne sa dissolution, au motif qu'elle n'a jamais
bénéficié d'une autorisation en bonne et due forme. Cette action judiciaire fait disparaître les derniers
vestiges provinciaux qui subsistaient encore. Mais, à Paris, autour du journal de la Ligue, Le Drapeau, se
maintient un mouvement actif et dynamique qui se signale par des manifestations antiallemandes
permettant de maintenir les militants en haleine. Par ailleurs, les élections de 1889 ont permis l'élection
de 42 députés boulangistes, dont Déroulède, élu d'Angoulême, devient le chef de file. Ils se servent de la
tribune comme d'un moyen de propagande pour défendre leurs idées. De l'aventure boulangiste, la Ligue
des patriotes, formellement dissoute, sort donc affaiblie, mais vivante.
Toutefois, le principal levier qui lui avait permis de tenir quelques mois un rôle majeur, tend désormais
à lui manquer et, du même coup, son audience dans l'opinion faiblit. Fin 1888, la situation économique
se redresse, la production industrielle connaît une réelle reprise, les salaires réels montent et l'attention de
l'opinion est sollicitée par la préparation de l'Exposition universelle de 1889 qui est à la fois exaltation de
la Révolution française à travers la célébration de son centenaire et hymne à la gloire de la technologie
industrielle, soulignant ainsi la légitimité de la République parlementaire et glorifiant ses réussites. La
première flambée antiparlementaire mettant en évidence le rôle de la Ligue des patriotes retombe au début
des années 1890.
Dès cet épisode, se fixent donc les traits majeurs qui caractérisent le nouveau phénomène et qu'on
retrouvera désormais dans tous les épisodes postérieurs : en période de crise politique et économique, le
régime parlementaire, qui convient à la navigation en eaux calmes, paraissant incapable de maîtriser la
situation avec une efficacité suffisante, une partie de l'opinion se tourne vers des organisations aux vues
sommaires, capables de la mobiliser sur des mots d'ordre limités, mais radicalement contestataires du
pouvoir en place et lui permettant ainsi d'exprimer son malaise. Mais si la ligue est capable d'articuler une
protestation contre les structures institutionnelles ou partisanes, elle ne saurait proposer une solution aux
difficultés. D'où sa propension à chercher la solution miracle de l'homme providentiel dont elle constitue
l'infanterie. Et si la solution fait long feu, que les circonstances ne permettent plus d'alimenter le
mécontentement, le mouvement retombe aussi rapidement qu'il est né. La Ligue des patriotes est
condamnée par l'échec du boulangisme à attendre des circonstances plus favorables.

LL 'AA f f a i r e DD r e y f u s e t l a f l a m b é e l i g u e u s e

Retombée avec le redressement économique des années 1889-1890, l'agitation des ligues renaît à la fin
de la décennie 1890 avec l'Affaire Dreyfus. Celle-ci permet, pour l'essentiel, de retrouver les ingrédients de
la crise des années 1880, mais avec une pondération différente. Les difficultés économiques se poursuivent
par une stagnation d'ensemble de l'économie, particulièrement agricole, que la rigoureuse politique
protectionniste mise en œuvre par Méline s'efforce de protéger de la concurrence étrangère. Et comme
dans les années 1880, il en résulte un malaise de la paysannerie, mais aussi du monde urbain. L'un des
aspects en est la poussée socialiste qui se manifeste à partir de 1893 et, dans un autre registre, les attentats
anarchistes de la « propagande par le fait » qui se développent surtout en 1893 et 1894, donnant le
sentiment que la société est au bord du cataclysme social, épouvantant une petite bourgeoisie atteinte dans
9ses aspirations à la promotion sociale par les effets de la crise économique . Pour arrêter une dégradationqui lui paraît menacer ses espoirs d'intégration sociale, la classe moyenne est à la recherche d'une
expression politique plus énergique que celle offerte par les partis traditionnels de la République
parlementaire. D'autant que cette dernière connaît une nouvelle crise morale qui, venant après l'affaire
Wilson, achève de discréditer le personnel parlementaire. Le scandale de Panama compromet une
centaine de parlementaires, modérés et radicaux et jette le soupçon sur le plus intransigeant de tous les
parlementaires républicains, Georges Clemenceau lui-même. Et, faisant suite à cette mise en cause du
personnel républicain, se produit la crise la plus décisive, qui va définitivement couper le nationalisme du
courant républicain et susciter à droite une exaspération sur laquelle tableront les ligues avec succès :
l'Affaire Dreyfus. La conséquence sans doute la plus importante de cette Affaire dans l'histoire politique
de la France est de faire triompher une nouvelle acception du terme républicain. Désormais un
républicain n'est pas seulement un partisan du régime qui porte ce nom, mais un adepte convaincu de la
prépondérance du parlement dans les institutions, un défenseur des droits de l'individu contre la raison
d'État, un laïque déterminé, hostile à toute influence de l'Église dans l'État et la société, un homme
naturellement méfiant envers les pouvoirs établis, particulièrement envers la magistrature et l'armée, qui
constituent des corps aux traditions autonomes par rapport à l'État républicain. Même partisans du
régime républicain (comme Déroulède), les nationalistes champions d'un régime fort, subordonnant
l'individu à l'État, admirateurs inconditionnels de l'armée qui constitue pour eux l'« arche sainte », ne
sont plus considérés comme des républicains. Exclus de la société politique utile, marginalisés, ils laissent
percer leur exaspération en soutenant massivement les ligues disposées à passer à l'action directe contre le
régime. Or, le poids de celles-ci se révèle d'autant plus considérable qu'elles paraissent pouvoir compter
sur l'appui d'une armée dont les cadres sont majoritairement hostiles à la République qu'ils servent en
maugréant et pour qui la prépondérance acquise dans l'État par les antidreyfusards en 1899-1900 pourrait
10bien être l'occasion de franchir le Rubicon . A la fin du siècle, l'agitation ligueuse est donc à son comble.
Mais elle va donner lieu à trois types d'actions différentes qui illustrent l'ambiguïté et les limites des
ligues.
La première, et la plus sommaire, tient en l'action de la Ligue antisémitique. Fondée en
septembre 1889 autour de Édouard Drumont, auteur d'un ouvrage à succès paru en 1886 La France
juive, la Ligue antisémitique de France se fixe pour objectif d'abattre la puissance supposée des juifs dans
la société et la vie politique française. Conduite en fait par le marquis de Morès, la Ligue connaît un
succès certain dans l'agitation boulangiste, recrutant dans quelques milieux de gauche, séduits par le
discours « socialiste-révisionniste » de ses dirigeants. Mais son audience propre est limitée par les réserves
de Déroulède qui rejette l'antisémitisme et qui est d'ailleurs en butte aux attaques de Drumont pour le
rôle joué dans son mouvement par deux juifs, Naquet et Arthur Meyer, directeur du Gaulois. Toutefois,
l'agitation boulangiste révèle que l'antisémitisme est un thème payant dans les milieux nationalistes,
comme dans la presse populaire. La retombée du boulangisme est fatale à la Ligue antisémitique qui
disparaît en 1892, ne subsistant que par le groupe de Morès, idole des bouchers de la Villette, séduits par
la verdeur de son langage et son activisme qui le pousse à se constituer en chef de bande pour terroriser
commerçants et artisans juifs du nord-est de Paris. Il use systématiquement de la violence et, sous son
impulsion, l'antisémitisme ligueur verse dans le terrorisme. La mort de Morès en 1896 laisse un moment
le mouvement orphelin. Mais dès 1897, Jules Guérin, lieutenant de Morès, homme d'affaires douteux
ayant opéré une faillite frauduleuse, ressuscite la Ligue antisémitique de France et se pose en défenseur de
la petite entreprise menacée par les juifs. Reprenant, sans parvenir à égaler son maître, les méthodes de
Morès, il réussit, dans le contexte de l'Affaire Dreyfus, à réunir une dizaine de milliers d'adhérents, à Paris
pour l'essentiel, mais aussi dans certaines villes de province comme Nancy, Marseille et Lyon. Recrutant
dans le prolétariat et la petite bourgeoisie, sensibles aux vues sommaires de Guérin sur la domination de la
finance juive en France, la Ligue antisémitique se présente incontestablement comme un authentiquemouvement populaire. A ses origines, elle se trouve placée sous le patronage de Drumont et trouve dans
son organe de presse La libre Parole son principal moyen d'expression. Mais très vite, Drumont, élu
député en 1898, pratiquant un antisémitisme dont les violences sont uniquement verbales, apparaît trop
timide pour Guérin et ses amis. La rupture intervient en 1898, Guérin attirant à lui les activistes de
l'antisémitisme. Subventionné par le duc d'Orléans qui croit trouver dans l'antisémitisme populaire le
moyen de parvenir au trône, Guérin peut publier un hebdomadaire L'Antijuif, qui paraît dès août 1898,
s'installer luxueusement et avec une équipe de permanents dans un immeuble de la rue de Chabrol,
envisager même de créer, pour faire pièce à la Bourse du Travail, une Société mutuelle de protection du
travail national. Rebaptisée « Grand Occident de France » – par antonymie à l'ordre maçonnique du
Grand Orient de France –, la Ligue antisémitique conduit en 1898-1899 une agitation de rues à Paris et
dans les grandes villes de province qui confine parfois à l'émeute et débouche sur l'attaque de boutiques
juives et de synagogues. C'est en Algérie que cette agitation antisémite est la plus grave, avec pillage de
boutiques, mise à sac de maisons, violences physiques et parfois mort d'hommes. On comprend que, lors
de l'arrivée au pouvoir de Waldeck-Rousseau en juin 1899, le gouvernement de défense républicaine
privilégie la répression contre les fauteurs de troubles de la Ligue antisémitique. En août 1899, des
mandats d'amener sont lancés contre Guérin, les dirigeants de ses troupes de choc, les meneurs des
bouchers de la Villette, les animateurs des groupes de lycées antisémites et les bailleurs de fonds royalistes
du mouvement [8]. Fidèle à sa méthode, Guérin choisit la fuite en avant. Refusant de se soumettre, il
s'enferme avec ses militants dans l'immeuble de la rue de Chabrol transformé en forteresse. Pendant
quarante jours, Guérin est ainsi assiégé dans le « fort Chabrol » par une police qui se garde bien de donner
l'assaut pour éviter de procurer à l'agitateur l'auréole du martyr, cependant que les badauds viennent
contempler le spectacle. Finalement arrêté, Guérin est condamné en janvier 1900 à dix ans de détention à
11Clairvaux. Privée de son chef, la Ligue antisémitique ne tarde pas à s'effondrer .
Avec la Ligue antisémitique, on est en présence d'un mouvement sommaire qui fonde toute son action
sur le seul ressort de la haine et du rejet d'une catégorie de citoyens, avec la Ligue des patriotes, tombée en
sommeil depuis l'effondrement du boulangisme et légalement dissoute, mais que l'Affaire voit renaître, on
retrouve une expression politique moins sommaire. C'est en mars 1897, avant que l'Affaire Dreyfus ne lui
offre un contexte particulièrement favorable, que les nationalistes décident de redonner vie à la vieille
ligue plébiscitaire, sans que Déroulède, retiré de la vie politique depuis 1893, joue le moindre rôle dans
cette renaissance. Toutefois, le nouveau Comité directeur décide de laisser vacante la présidence, dans
l'espoir que Déroulède finira par l'occuper. Ce sera chose faite l'année suivante. La Ligue des patriotes est
désormais une organisation structurée, rompue à l'agitation de rues, possédant des cadres expérimentés, et
devient le fer de lance de l'agitation de rues antidreyfusarde comme elle avait été celui de l'agitation
boulangiste. Durant les années 1898-1899, la Ligue fait la conquête de Paris en négligeant la province.
Principale organisation de la droite nationaliste à tenir la rue, elle attire des adhésions difficiles à chiffrer.
Sans doute faut-il admettre que le nombre de ses membres, essentiellement à Paris, atteint
entre 30 000 et 60 000. Cette résurrection de la Ligue des patriotes est bien évidemment celle de
l'organisation plébiscitaire d'action directe de 1888-1889, non celle de l'association patriotique de 1882.
Les atermoiements et les ménagements vis-à-vis des adhérents républicains ne sont plus de mise. Ce que
vise désormais la Ligue des patriotes, c'est le coup d'État qui portera au pouvoir une armée que l'Affaire
Dreyfus traumatise et qui se plaint de la timidité des autorités de la République à imposer silence à ses
détracteurs. Le malaise des officiers, l'exaspération des hauts dirigeants militaires, les discours énergiques
et tranchants, des contacts pris avec certains généraux, conduisent Déroulède à la conviction qu'une
occasion opportunément saisie permettra d'aboutir au résultat que la pusillanimité de Boulanger avait
laissé passer en 1889 : la chute de la République parlementaire et l'avènement d'une République
consulaire conduite par un général. C'est l'objectif que vise Déroulède le 23 février 1899, jour desobsèques du président Félix Faure, l'un des remparts de l'antidreyfusisme. S'accrochant à la bride du
cheval du général Roget qui conduisait les militaires de la garnison de Paris venus rendre les honneurs au
défunt chef d'État, il tente de l'entraîner sur l'Élysée. Finalement arrêté sur ordre de celui-ci, Déroulède
est traduit en mai 1899 devant la cour d'assises de la Seine en compagnie de son second, Marcel Habert.
Le procès est l'occasion d'une intense propagande favorable à la Ligue des patriotes, qui voit se multiplier
les adhésions, cependant que le tribunal acquitte Déroulède. Plus que jamais, la Ligue des patriotes,
malgré l'échec du coup de force, tient le haut du pavé. Un corps des Commissaires, fort de quelques
centaines de membres, constitue un groupe d'action directe et un service d'ordre capable d'encadrer
cortèges et manifestations. Organisée par Jacques Robert, une organisation de jeunesse, les Jeunesses
plébiscitaires, est forte de 200 à 300 membres. Incapable comme au temps du boulangisme de proposer
une solution d'alternance à la République parlementaire, la Ligue des patriotes est, sur le plan de
l'organisation et de l'action, le ciment du parti national. Sans doute, l'arrivée au pouvoir du
gouvernement Waldeck-Rousseau de Défense républicaine (22 juin 1899 – 3 juin 1902) limite-t-elle les
possibilités d'action de la Ligue. Déroulède, à nouveau incarcéré, est déféré au Sénat siégeant en Haute
Cour de justice et condamné en janvier 1900 à dix ans de bannissement. Mais, installé à Saint-Sébastien,
il continue à gouverner la Ligue des patriotes dont la puissance reste considérable. Les élections
municipales de 1900 montrent l'audience de la Ligue à Paris où 18 de ses membres sont élus conseillers
municipaux. Les élections législatives de 1902 voient également un succès nationaliste à Paris, contrastant
avec le triomphe du Bloc des gauches sur le plan national. Mais, après cette date, la vitalité de la Ligue des
patriotes faiblit. Le succès de la gauche aux élections de 1902, confirmé en 1906, puis en 1910,
l'éloignement de Déroulède, l'absence de perspectives du nationalisme devant la consolidation de la
République parlementaire, éloignent toute idée d'un coup de force et condamnent la Ligue des patriotes à
se survivre dans la nostalgie des occasions perdues. Le retour de Déroulède, amnistié en 1905, ne modifie
guère cet état de choses, même si celui-ci est quelque peu masqué par le prestige que valent au mouvement
nationaliste l'adhésion et l'activité de Maurice Barrès [8].
Ni les bruyants agitateurs de la Ligue antisémitique, ni les bonapartistes de la Ligue des patriotes ne
surent ni ne purent constituer les cadres d'un véritable « parti national ». En revanche, ce rôle paraît un
moment pouvoir être assumé par la Ligue de la patrie française. C'est en décembre 1898 qu'est créée la
nouvelle association, avec comme objectif précis et limité de rassembler des intellectuels antidreyfusards
afin de montrer que la gauche dreyfusarde ne détient pas le monopole de l'intelligence. L'initiative de la
fondation de la Ligue vient de trois professeurs et hommes de lettres nationalistes, Gabriel Syveton, Henri
Vaugeois et Léon Daudet. Ils parviennent à faire parrainer l'entreprise par quatre personnalités consacrées
du monde des lettres, le poète François Coppée, le critique Jules Lemaître, les écrivains Maurice Barrès et
Ferdinand Brunetière. La Ligue, constituée en janvier 1899, a deux présidents, François Coppée et Jules
Lemaître, un président d'honneur, Maurice Barrès, un centre nerveux, le salon de Mme de Loynes,
maîtresse de Jules Lemaître pour qui elle rêve d'un grand avenir politique, et un animateur, véritable chef
de l'organisation en dépit de son poste officiel de trésorier, le brouillon et théâtral Gabriel Syveton. Si la
direction de la Ligue est ainsi fort hétérogène, son prestige est d'emblée considérable. Les listes d'adhérents
publiées en janvier-février 1899 lui assurent plus de 20 000 membres. En 1900, le chiffre de ses adhérents
atteindrait 300 000, voire, selon certains, 500 000. Et parmi eux, l'élite intellectuelle de la France
représentée par une masse de membres des professions littéraires et artistiques, de l'enseignement, de
nombreux étudiants, etc. A la tête de cette imposante et respectable cohorte, vingt-six académiciens
français, des membres de l'Institut, du Collège de France, des écrivains, des musiciens en renom, des
magistrats, des avocats. Prestige qui explique le succès de la Ligue : qui ne rêverait de figurer aux côtés de
cette élite sur les listes de patriotes résolus à défendre les principes nationaux ?Mais si le recrutement de la Ligue est un succès et si la personnalité de ses membres donne au « parti
national » cette respectabilité qui pourrait lui permettre de se présenter enfin comme l'instrument d'une
alternance à la République parlementaire qu'elle critique durement, encore faudrait-il une armature
théorique qui explicitât ce que pourrait être un régime d'exécutif fort. Or, ce rassemblement
d'intellectuels et de notables patriotes est dépourvu de toute doctrine précise et de toute perspective
politique cohérente. Le langage volontiers plébiscitaire de Coppée et de Lemaître provoque d'emblée les
alarmes d'un Comité qui n'entend nullement servir de caution à un coup de force contre la République.
Quand les deux dirigeants se livrent en février 1899 à de violentes attaques contre le nouveau président de
la République, Émile Loubet, les plus légalistes de ses membres, dont les écrivains Albert Sorel et
Ferdinand Brunetière, démissionnent et le Comité désavoue Coppée et Lemaître, refusant toute solidarité
avec ceux qui provoquent des troubles dans la rue. Coppée marginalisé par son accession au poste de
président d'honneur de la Ligue, Lemaître, resté seul président, assagi, ce sont les partisans du coup de
force, Barrès en tête, qui quittent le Comité directeur en octobre 1901. Désormais, la Ligue de la patrie
française décide de se vouer à une tâche d'éducation et de propagande qui lui permette de faire triompher
ses idées de nationalisme conservateur par la voie légale, en particulier en préparant les élections de 1902.
Cet électoralisme, aux antipodes des vues des ligues d'action directe, auxquelles la Patrie française se
trouve liée dans le parti national, éloigne alors les purs théoriciens. Mais la part de la Ligue de la patrie
française est importante dans le succès nationaliste à Paris aux élections municipales de 1900 comme aux
législatives de 1902 [14]. Si la Ligue des patriotes est l'instrument de propagande et de lutte, c'est souvent
la Patrie française qui fournit les élus. Or, s'il existe contre la République parlementaire une solidarité de
fait du mouvement ligueur, les respectables notables de la Patrie française réprouvent les outrances
antisémites des hommes de Guérin (même si eux-mêmes pratiquent un antisémitisme mondain) et
l'agitation putschiste de Déroulède. Il reste qu'après les élections de 1902, les nationalistes, toutes
tendances confondues, ne sont qu'une trentaine à la Chambre, ce qui pèse évidemment fort peu face aux
368 élus du Bloc des gauches. Le succès parisien des nationalistes ne doit pas faire illusion. Après 1902,
les ligues nationalistes ont perdu la partie.
En fait, ce que révèle la flambée nationaliste des années 1898-1902, c'est l'existence nouvelle d'une
droite populiste, recrutant largement dans les masses ouvrières ou petites-bourgeoises, conduites en
période de difficultés sociales à se tourner vers les organisations extrémistes, sensibles au discours
nationaliste qui est capable de les mobiliser. Mais en dehors d'une vague aspiration plébiscitaire et
antiparlementaire, les antisémites frénétiques entraînés par Jules Guérin, les partisans de l'appel au soldat
conduits par Déroulède ou les respectables notables intellectuels qui se rassemblent autour de Coppée et
Lemaître n'offrent aucune alternative à la République parlementaire. Leurs contradictions, leurs rivalités,
l'absence de toute doctrine ou de toute proposition institutionnelle ôtent crédibilité à leur action. Ils sont
assurément capables de déclencher une agitation, nullement de menacer vraiment la République. C'est
cette disponibilité populiste paraissant offrir une opportunité à une droite plébiscitaire capable de
formuler une véritable doctrine de gouvernement qui ouvre la voie, en cette seconde phase d'activité des
ligues, à la première tentative jamais faite pour créer ce parti de masse de la droite extra-parlementaire que
les événements paraissent appeler. On ne s'étonnera pas que l'initiative vienne des hommes qui lancèrent
une première tentative avec la Patrie française. Henri Vaugeois et Léon Daudet, deux des créateurs de la
Ligue, rejoints en avril 1899 par Charles Maurras, lui aussi scissionniste de la Patrie française, fondent
L'Action française autour de laquelle le nationalisme va élaborer la doctrine qui lui manque. Si la revue du
même nom, créée en juillet 1899 et qui deviendra un quotidien le 21 mars 1908, donne naissance en
1905 à un mouvement, la Ligue d'Action française, la confusion des termes ne doit pas faire illusion.
L'Action française n'est ligue que pour manifester son caractère radicalement antirépublicain et le goût de
ses membres pour l'action directe. Mais par l'élaboration d'un projet global de société, par sa volonté deréflexion intellectuelle, elle est avant tout une école de pensée et l'embryon d'un parti nationaliste. Avec
elle, on quitte le domaine des ligues que nous nous proposions d'examiner [13].
eIl reste que cette prolifération des ligues à la fin du XIX siècle conduit à réfléchir à la question posée
par Zeev Sternhell dans son ouvrage La droite révolutionnaire. Cet ouvrage est une étude minutieuse des
ligues elles-mêmes et des autres mouvements de contestation politique et sociale de l'époque : les ligues
constituent-elles, comme le pense Zeev Sternhell, un « préfascisme » qui aurait jeté les bases idéologiques
d'une future théorie fasciste ? La pauvreté idéologique d'ensemble des ligues ne saurait masquer une
donnée commune : toutes se réclament d'un antiparlementarisme qui est sur le plan institutionnel la
traduction de leur refus fondamental du libéralisme. Toutes souhaitent une société organiciste et
uniformisée qui leur fait condamner les partis qui divisent et prôner une idéologie de rassemblement.
Cette conception conduit à un antisémitisme plus ou moins clairement affirmé : le juif joue le rôle
instrumental du principe du Mal qui dégage, par contrecoup, l'unité de la communauté. L'identité des
ligues s'affirme également au niveau du recrutement, essentiellement urbain et sociologiquement
concentré dans le prolétariat et la petite et moyenne bourgeoisie qui s'affirment, dans ce cas, nettement
antimarxistes.
1 Sur la pertinence de la notion de « préfascisme », Pierre Milza, « La notion de “préfascisme” est-elle
e opertinente ? », Centre d'Histoire de l'Europe du XX siècle, Bulletin n 4, février 1990.
2 Voir Jean Meynaud, Les groupes de pression en France, Paris, A. Colin, Cahiers de la Fondation
nationale des sciences politiques, 1958.
3 Sur l'action et le rôle de la Ligue des droits de l'homme, on verra Jean et Monica Charlot, « Un
rassemblement d'intellectuels : la Ligue des droits de l'homme », Revue française de science politique 4,
juin 1959. On trouvera également quelques renseignements dans Serge Berstein, Histoire du Parti radical,
volume I, La recherche de l'âge d'or, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1980,
p. 246-248.
4 Faute d'une étude consacrée à la Ligue nationale républicaine, on se référera aux intéressants
renseignements fournis par Richard Millman, Les ligues catholiques et patriotiques face à la question juive en
France de 1924 à 1939, thèse de doctorat, Institut d'études politiques de Paris, 1990.
5 Serge Berstein, Histoire du Parti radical, op. rit, p. 350-352.
6 Serge Wolikow, Le Parti communiste français et l'Internationale communiste (1925-1937), thèse de
doctorat d'État, Université de Paris-VIII, 1990.
e7 Pour le contenu de la culture républicaine au début du XX siècle, Claude Nicolet, L'idée républicaine
en France. Essai d'histoire critique (1789-1924), Paris, Gallimard, 1982 ; et Serge Berstein et Odile
Rudelle, Le modèle républicain, Paris, Presses Universitaires de France, 1992.
8 Les historiens divergent sur la destination exacte que, selon la foule, le général devait prendre. Le
point n'est pas anecdotique : il révèle quel était, pour la foule et les citoyens, le lieu géométrique du
pouvoir. Ainsi, selon Philippe Levillain (Boulanger fossoyeur de la République, Paris, Flammarion,
1982 p. 142-143), c'est sur le Palais-Bourbon que les partisans du général appelaient à marcher.
9 Sur les aspirations et les problèmes des classes moyennes, Georges Lavau, Gérard Grunberg et Nonna
Mayer, s.d., L'univers politique des classes moyennes, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences
politiques, 1983. Dans ce recueil collectif, voir Serge Berstein, « Le Parti radical-socialiste, de la défense
du peuple à celle des classes moyennes ».
10 Raoul Girardet, La société militaire française de 1813 à 1939, Paris, Plon, 1953 ; Serge Berstein,
o« Les francs-maçons, la République et l'armée », L'Histoire, n 131, mars 1990.
11 Sur l'épisode du « fort Chabrol », Michel Winock, « Jules Guérin, du fort Chabrol » [10].
ABBAS, Ferhat : 631, 632, 634.
ABELLIO, Raymond : 202, 204, 279, 607.
ABD-EL-KADER, émir : 623.
ABETZ, Otto : 585.
ABOUT, Edmond : 117, 123.
Accord social : 244.
ACHARD, Marcel : 312.
ACKERMANN, Mme : 116.
ACOULON, Philippe : 316.
Action française : V, VII, VIII, 84, 85, 86, 91, 92, 93, 95, 96, 120, 132, 138, 163, 166, 167, 178, 179,
180, 181, 184, 185, 190, 197, 244, 257, 259, 260, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 281, 350, 351, 352,
355, 358, 361, 365, 374, 375, 387, 417, 420, 423, 425, 429, 488, 492, 497, 512, 563, 605, 607, 716,
717, 729.
Action libérale populaire (ALP) : 18, 19, 22, 24, 25, 26, 28, 29, 30, 31, 34, 35, 40, 43, 44, 45, 46, 50.
Action nationale républicaine : 24, 34, 39, 50.
Action républicaine sociale : 49.
ADAM, Juliette : 117, 493, 714.
AFFRE, Mgr Denis : 232.
AGATHON : 355, 356, 495, 729.
Voir MASSIS, H. et TARDE, A. de.
Agence générale pour la défense de la liberté religieuse : 225.
AGERON, C.-R. : 737, 738.
AGOULT, comtesse d' (dite Daniel STERN) : 116.
AGRAIVES, Jean d' : 276.
AGULHON, Maurice : 248, 714, 719, 739.
AIMARD, Gustave : 235.
ALAIN (Émile CHARTIER, dit) : 424.
ALAIN-FOURNIER : 260.
AJALBERT, Jean : 506.
erALBERT I : 177.
ALBERT, Charles : 273.
ALBERT, Pierre : 715.
ALBERT-BIROT, Pierre : 172.
ALBERTINI, Georges : 596, 735.
ALCOVER, Pierre : 299.
ALERME, Michel : 276.
ALLAN-KARDEC : 235.
ALLARD, Paul : 275.
ALLEG, Henri : 322.
ALLÉGRET, Yves : 317, 319.
Alliance démocratique : 14, 18, 20, 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 31, 33, 37, 38, 47, 49, 53, 54, 55, 56,
661, 663.Alliance des républicains progressistes : 16, 42, 44.
Alliance nationale des jeunesses démocratiques : 47.
Alliance républicaine démocratique : 26, 30, 43.
ALMEREYDA, Miguel : 302.
ALZON, père Emmanuel d' : 138.
AMAURY, Émilien : 140.
AMETTE, Mgr : 678.
AMIGUES, Jules : 478.
AMOUROUX, Henri : 731.
ANASTASIE (surnom donné à la censure) : 213.
ANCEL, Jacques : 368.
ANDERMANN, Wilhelm : 273.
ANDRÉ, Louis : 416.
ANDRÉ, Robert : 142.
ANDRÉ, Serge : 93.
ANDREU, Pierre : 184, 190, 198, 717.
ANGLÈS, Auguste : 716.
ANOUILH, Jean : 281, 288.
ANQUETIL, abbé Louis-Pierre : 331.
ANTOINE DE PADOUE, saint : 426.
APOLLINAIRE, Guillaume : 171.
APRILE, Sylvie : 714.
ARAGO, François : 24, 26, 34, 50.
ARAGON, Louis : 192, 193, 194, 268, 588.
ARCONATI-VISCONTI, marquise : 116, 714.
ARENBERG, prince d' : 44.
ARÈNE, Emmanuel : 304.
ARGOUD, Antoine : 644.
ARIÈS, Philippe : 197, 198, 327, 358, 360, 364, 376.
ARLAND, Marcel : 197.
ARMAGNACS, lignée : 417.
ARMAN, Mme : 116.
ARMINIUS : 356.
ARMONT, Paul : 303.
ARNAUD DE L'ARIÈCE, Mme : 714.
ARON, Raymond : 140, 178, 188, 196, 207, 208, 282, 602, 607, 638, 691.
ARRIGHI, Pascal : 737.
ARSAC, F. : 723.
ARTOIS, comte d' : 118.
Voir CHARLES X.
ARVEL, Jean : 194.
Association catholique de la jeunesse française (ACJF) : 32, 35, 46, 50.
Association de défense des classes moyennes : 24, 25, 33, 36.
Association de la propagation des bons livres : 218.
Association de l'industrie et de l'agriculture françaises : 35, 36, 37.
Association des anciens combattants d'Indochine : 108.Association d'études fiscales : 24.
Association nationale des conférences : 33.
Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain : 553.
Association nationale pour l'organisation de la démocratie (Ligue Probus) : 48.
Association nationale républicaine
(ANR) : 15, 16, 28, 29, 33, 41, 42, 43
Association nationale républicaine des jeunes : 47, 711.
Association républicaine du Centenaire de 1789 : 40, 41.
ASSOULINE, Pierre : 719.
ASTIER DE LA VIGERIE, Henri d' : 181.
ASTRUC, Alexandre : 319.
Ateliers catholiques : 226.
ATTALI, Jacques : 289.
AUBANEL, Théodore : 243.
AUBERNON, Mmes (mère et fille) : 116.
AUBINEAU, Léon : 341.
AUBRY, Octave : 120, 366.
AUDIARD, Michel : 294.
AUDIFFRED, Honoré : 41, 42, 43, 44.
AUDIFFRET-PASQUIER, Edme d' : 726.
AUDOUARD, Olympe : 235.
AUGIER, Marc : 274.
AUGUSTIN, saint : 643.
AULARD, Alphonse : 347, 348, 354, 355, 362, 363, 387.
AUMALE, duc d' (Henri d'ORLÉANS) : 229.
AUMALE, Henri-Eugène d' : 623.
AURENCHE, Jean : 322.
AUTANT-LARA, Claude : 313, 318, 319, 323.
Avant-garde royaliste : 244.
AVIAU, Mgr : 218.
AYMÉ, Marcel : 190, 199, 282.
AYNARD, Édouard : 14, 18, 44, 425, 426.
AYROLES, R. P. Jean-Baptiste : 419.
AZÉMA, Jean-Pierre : 731.

BAAL, Gérard : 714.
BABELON, Ernest : 350.
BABEUF, Gracchus : 444, 723.
BACHELARD, Gaston : 199.
BACCONNIER, Firmin : 180, 244.
BACZKO, Bronislaw : 724.
BADIE, Bertrand : II.
BAECHLER, Christian : 711.
BAECHLER, Jean : 208.
BAILBY, Léon : 125, 536.
BAILLÈRE, Jean-Baptiste : 223, 227, 232.BAILLEUL, Charles Henri : 232.
BAILLOT, D. : 334.
BAINVILLE, Jacques : 137, 179, 247, 259, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 268, 327, 358, 359, 360,
361, 365, 374, 376.
BALDWIN, Stanley : 528.
BALLADUR, Édouard : 108, 289.
BALLARD, Jean : 192.
BALMAND, Pascal : 717.
BALZAC, Honoré de : 175, 221, 230, 238, 448, 450.
BANCQUART, Marie-Claire : 400.
BARA, Joseph : 443, 448, 450.
BARAIL, François-Claude du : 473, 725.
BARANTE, Prosper de : 331, 337, 401.
BARBA, Gustave : 230.
BARBA, Henri-Frédéric : 225, 226, 230.
BARBEY D'AUREVILLY, Jules : 243.
BARBIE, Klaus : 594, 611, 612, 735.
BARBOUX, Henri : 14, 15, 42, 44.
BARDÈCHE, Maurice : 181, 195, 200, 203, 259, 268, 282, 308, 310, 375, 560, 720, 732.
BARDOUX, Jacques : 15, 30, 31, 711.
BARÈRE DE VIEUZAC, Bertrand : 442.
BARJAVEL, René : 190, 279.
BAROCHE, Ernest : 122.
BAROCHE, Pierre-Jules : 124.
BARODET, Désiré : 410.
BARONCELLI, Jacques de : 298, 304, 313.
BARRACHIN, Edmond : 17.
BARRAL, Jean : 269.
BARRAL, Octave de : 261.
BARRAULT, abbé : 218.
BARRE, Raymond : 603, 649, 658, 692, 693.
BARRÈS, Maurice : IV, V, 81, 82, 86, 88, 89, 115, 122, 124, 161, 164, 168, 176, 206, 258, 260, 261,
267, 281, 363, 401, 411, 417, 424, 425, 426, 427, 428, 431, 488, 490, 493, 494, 495, 497, 499, 500,
507, 508, 522, 722, 729.
BARRÈS, Philippe : 510, 511, 731.
BARRUEL, abbé Augustin : 330, 353.
BARTHÉLEMY, Charles : 344, 345.
BARTHÉLEMY, Joseph : 15, 20, 34, 49.
BARTHOU, Louis : 14, 47, 411.
BASSOT, Victor : 277.
BASTARD, Léon de : 341.
BASTIDE, Joseph : 31.
BASTIEN-THIRY, Gabriel : 287.
BASTIEN-THIRY, Jean-Marie : 287, 644.
BATAILLON, Marcel : 363.
BAUDELAIRE, Charles : 235, 244.BAUDINIÈRE, Gilbert : 269.
BAUDOIN, François-Jean : 220.
BAUDOUIN, Paul : 282.
BAUDRILLARD, Jean : 204.
BAUDRILLART, Mgr : 177, 270.
BAUMANN, Antoine : 416.
BAUMONT, Michel : 730.
BAZAINE, Achille : 482, 725.
BAZIN, René : 239, 244, 260.
BAZIRE, Henri : 46, 711.
BEAU, N. : 724.
BEAUCOURT, comte de : 344.
BEAU DE LOMÉNIE, Emmanuel : 198, 375.
BEAUMONT, Étienne de : 117.
BEAUREGARD, Georges : 24.
BEAUREGARD, abbé Justin Barthélemy de : 405.
BEAUREGARD, Paul : 15.
BECKER, Annette : 717.
BECKER, Jacques : 313, 319.
BECKER, Jean-Jacques : 712, 713.
BECQUART, Henri : 15.
BEDFORD, Jean de : 421.
BEDFORT : 403.
BEIGBEDER, Marc : 194.
BELIÉRES, Léon : 303.
BÉLIZAL, vicomte de : 480.
BELLANGER, H. R. : 275.
BELVISI, Armand : 287.
BEN BARKA : 287.
BENDA, Julien : 364.
BENDJEBBAR, André : 723.
BÉNÉTON, Philippe : II.
BENJAMIN, René : 120, 168, 180, 275, 278.
BENOIST, Charles : 13, 15, 47.
BENOIST, Alain de : 201, 202, 204, 205, 210, 290, 381, 560, 606.
BENOIST-MÉCHIN, Jacques : 195, 200, 276, 277, 596.
BENOÎT XV : 400, 428.
BENOIT, Pierre : 267.
BÉNOUVILLE, Pierre de : 578.
BENUCCI, Henriette : 679.
BEN YOUCEF, Mohammed : 737.
BÉRANGER, François : 337.
BÉRARD, Léon : 16, 28, 120.
BÉRAUD, Pierre Henri : 139, 158, 162, 267, 269, 275, 276.
BÉRÉGOVOY, Pierre : 693.
BERGEY, abbé : 30.BERGSON, Henri : 167, 192.
BÉRENGER, Henri : 414.
BERGERET, Lucien (personnage d'Anatole France) : 414.
BERL, Emmanuel : 198, 208, 539, 731.
BERLIOZ, Hector : 314.
BERNANOS, Georges : 183, 258, 259, 267.
BERNARD, Claudie : 724.
BERNARD, Jacques : 275.
BERNARD, Jean-Marc : 166, 167.
BERNARD, Raymond : 298, 306.
BÉRARD, docteur : 216.
BERR, Henri : 357.
BERRY, duc de : 332.
BERRY, duchesse de : 224, 444, 458.
BERRY, Georges : 416, 425.
BERSTEIN, Serge : VI, 712, 713, 739.
BERT, Paul : 69, 410.
BERTAUD, Jules : 269.
BERTEAUX, Maurice : 416.
BERTH, Édouard : 167, 261.
BERTHELOT : 119.
BERTHELOT, Philippe : 125.
BERTIER DE SAUVIGNY, Ferdinand de : 718.
BERTILLON, Alphonse : 348.
BERTIN-MAGHIT, Jean-Pierre : 720.
BERTRAND, André : 273.
BERTRAND, Louis : 259, 358, 364, 379.
BETHLÉEM, abbé : 241, 242.
BÉTHOUART, général : 544, 545.
BÉTHUNE : 231.
BEUVE-MÉRY, Hubert : 143.
cBIAGGI, M : 108.
BIDAULT, Georges : 284, 286, 565, 567, 569, 587, 637, 638, 645.
BIDAULT, Suzanne : 287.
BIGNON, Paul : 21.
BILLARD, T. : 737.
BILLIET, Ernest : 24, 36, 39.
BILLY, André : 269, 716.
BINET-VALMER, Gustave : 265.
BIRNBAUM, Pierre : 720.
BISACCIA, duchesse de : 120.
BISMARCK, Otto von : 261, 478, 489, 493, 681, 726, 727, 728.
BISSON, Philoxène : 716.
BITTARD DES PORTES, René : 727.
BIXIO : 302.
BIZET, René : 259.BLANC, Louis : 229.
BLANCHARD, Marcel : 368.
BLANCHOT, Maurice : 181, 185, 281.
BLED, Victor du : 716.
BLEUSTEIN-BLANCHET, Marcel : 284, 691.
Bloc des gauches : 81, 88, 663, 729.
Bloc national : 36, 63, 86, 88, 89, 428, 500, 507, 508, 519, 528, 675, 730.
BLOCH, Camille : 361, 368.
BLOCH, Gustave : 349, 350.
BLOCH, Jean-Richard : 243.
BLOCH, Marc : 329, 363, 365, 366, 373.
BLOND, Georges : 259.
BLONDIN, Antoine : 195, 196, 199, 279, 283, 284, 287, 288, 561.
BLOT, Jean (Jacques CHAMBAZ, dit) : 373.
BLOUD, Edmond : 241, 269.
BLOY, Léon : 161, 240, 241, 243, 427, 474, 725.
BLUCHE, François : 371, 379.
BLUCHE, Frédéric : 380, 727.
BLUM, Léon : 95, 97, 153, 156, 184, 246, 267, 304, 309, 318, 530, 624, 630, 631, 689, 720.
BOEGNER, Philippe : 142, 143, 715.
BOILEAU, Nicolas : 166.
BOIS, Paul : 451.
BOISFLEURY, Robert de : 262, 264.
BOISCARD, Hippolyte : 230.
BOISSET, Yves : 322.
BOISSIEU, Alain de : 600.
BOKANOWSKI, Maurice : 49.
BOLINGBROKE, Henri : 216.
BOLLORÉ, Gwen-Ael : 283, 284, 285, 288, 289.
BOLLORÉ, Vincent : 289.
BONALD, Louis de : 333, 334, 335, 336, 352, 420, 446, 455.
BONAPARTE, Mathilde : 119.
BONAPARTE, Napoléon-Jérôme : 235.
BONCHAMPS, Charles : 446.
BONDY, François : 207, 208, 209, 718.
BONHOMME, Jacques : 332, 401, 415, 417.
BONNARD, Abel : 120, 177, 191, 275, 281, 290, 367, 368.
BONNEFON, Charles : 259.
BONNEFOUS, Georges : 16, 25, 33, 43, 425.
BONTOUX, Eugène : 240.
BORD, Gustave : 261.
BORDEAUX, Henry : 115, 177, 244, 260, 261, 267.
BORELLY, René : 190.
BORNE, Dominique : 713.
BORNE, Étienne : 717.
BOSCARY-MONSSERVIN : 738.BOSCHER-DELANGLE, Augustin : 727.
BOSQUET, Alain : 284.
BOSSANGE, Martin : 222.
BOSSUET, Jacques Bénigne : 239.
BOST, Pierre : 322.
BOTREL, Théodore : 449.
BOTSFORD, Keith : 596.
BOUCHER, Victor : 303.
BOUDAREL (affaire) : 735.
BOULA DE COULOMBIERS, Antoine : 404.
BOULAINVILLIERS, Henri de : 337, 338, 348.
BOULANGER, Daniel : 284.
BOULANGER, Georges : 72, 75, 80, 123, 245, 482, 483, 486, 487, 495, 557, 712, 728.
BOULENGER, Jacques : 274.
BOURBONS, lignée : 218, 224, 457.
BOURBON-PARME, prince de : 430.
BOURDEAU : 221.
BOURDEL, Maurice : 283.
BOURDELLE, Antoine : 532.
BOURDET, Claude : 638.
BOURGEOIS, Gérard : 296.
BOURGEOIS, Émile : 360.
BOURGÈS-MAUNOURY, Maurice : 636, 637, 737.
BOURGET, Paul : 168, 177, 243, 259, 261, 267, 418, 488.
BOURGIN, Georges : 361, 368.
BOURGIN, Hubert : 34, 48.
BOURGINE, Raymond : 203, 601.
BOURGUIGNONS, famille : 417.
BOURIN, André : 288.
BOURIN, Jeanne : 289.
BOURLOTON : 726.
BOURMONT, Louis-Auguste de : 445, 622.
BOURQUELOT, Félix : 341.
BOURQUIN, Constant : 278, 279.
BOUSQUET, Jean : 594, 606.
BOUSQUET, Joë : 192, 270.
BOUTANG, Pierre : 180, 192, 195, 198, 199, 210, 274, 281, 282, 430, 563.
BOUTEILLER, Paul : IV, v. Voir BURDEAU, A.
BOUTEMY, André : 565.
BOUTIN, Christophe : 718.
BOUVIER, Jean : 718.
BOUVIER-AJAM, Maurice : 190.
BRASILLACH, Robert : 96, 120, 139, 158, 180, 181, 186, 196, 206, 258, 259, 268, 275, 281, 308,
310, 563, 607, 720.
BRAUDEL, Fernand : 370, 374, 381.
BREDIN, Jean-Denis : 370.BREKER, Arno : 190, 616.
BREMER, Karl Heinz : 281.
BRÉMOND, abbé Henri : 270.
BRENNER, Jacques : 197.
BRESSON, Robert : 313, 319.
BRETEUIL, lignée : 116.
BRÉTON, Louis Henri : 218.
BRIAND, Aristide : 21, 28, 45, 115, 511.
BRICOUT, Bernadette : 719.
BRIEY, Mrg DE : 409.
BRIFFAULT, Robert : 272, 273, 276.
BRIGNEAU, François : 289, 563, 608, 609, 732, 736.
BRISSON, Henri : 116.
BRISSON, Pierre : 281.
BROCA, Philippe de : 451.
BROGLIE, Albert de : 118, 123, 144, 384, 473, 667, 684.
BROGLIE, Albertine de : 332.
BROGLIE, Gabriel de : 716.
BROGLIE, Jean de : 649.
BROIZAT, colonel : 644.
BRONAC, Jean de : 430.
BROT, commandant : 498.
BRUNE, Jean : 284.
BRUNET, Jean-Paul : 713.
BRUNETIÈRE, Ferdinand : 82, 83, 176.
BRUSAT, Léon : 274.
BRY : 230.
BUCARD, Marcel : 92, 93, 104, 269, 512.
BUCHERON, Arthur (dit SAINT-GENEST) : 725.
BUGEAUD, Thomas : 623, 626.
BUIT, Jean de : 677.
BULOZ, François : 175, 176.
BULTEAU, Mme : 115, 116.
BUNAU-VARILLA, Maurice : 136, 154.
BUNAU-VARILLA, Philippe : 715.
BUÑUEL, Luis : 300, 308.
BURDEAU, Auguste :
v. Voir BOUTEILLER, P.
BURGUIÈRE, André : 381.
BURKE, Edmund : 330, 334.
BUSCIA, Gilles : 643.
BYRNES, James : 318, 720.

CABOCHE, Simon : 422.
CADIC, Joseph : 524, 525.
CAFFERY, Jefferson : 318.Cagoule (La) : 96.
CAILLAUX, Joseph : 511, 519.
CALEF, Henri : 317.
CALMANN-LÉVY, Gaston : 246.
CALMANN-LÉVY, Georges : 246.
CALMANN-LÉVY, Paul : 246.
CALMETTE, Gaston : 125, 138.
Camelots du roi : 96, 244, 417, 427-428.
CAMUS, Albert : 196.
CANAVAGGIO, Dominique : 142.
CANCLAUX, Jean-Baptiste-Camille : 441.
CANTEL, Rudy : 275.
CANUDO, Riciotto : 171, 298.
CAPEFIGUE, Jean-Baptiste : 338.
CAPOT DE QUISSAC, Jean : IV, 729.
CAPUS, Alfred : 123.
CARAGUEL, Edmond : 272.
CARBON, Christian de : 275.
CARBONNEL, Ch.-O. : IV.
CARBUCCIA, Horace de : 138, 269, 275.
CARCO, Francis : 177, 243.
CARCOPINO, Jérôme : 367, 368, 370.
CARMOY, Guy de : 311, 312.
CARNÉ, Marcel : 313.
CARNOT, Adolphe : 50.
CARNOT, François : 21.
CARNOT, Lazare : 657.
CARNOT, Sadi : 75, 410, 557, 593.
CAROLUS-DURAN (Charles DURAND, dit) : 122.
CARON, Pierre : 349, 367.
CARRIER, Jean-Baptiste : 444, 450, 724.
Cartel des gauches : 35, 51, 63, 66, 90, 93, 361, 429, 515, 522, 528-529, 688.
CARTIER, Raymond : 535, 638.
CASANOVA, Jean-Claude : 207, 208.
CASSAGNAC, Paul de : 474, 477, 478, 479, 481, 482, 489, 727, 728.
CASSIN, René : 690.
CASTELLANE, Boni de : 116, 122.
CASTELNAU, général de : 25, 88, 89.
CASTELOT, André : 369, 370.
CATALOGNE, Gérard de : 183.
CATHALA, Pierre : 28.
CATHELINEAU, Henri de : 446, 474, 725.
CATHERINE, sainte : 424.
CATON L'ANCIEN : 680.
CATROUX, Georges : 631, 635.
CATTA, Tony : 723.CAU, Jean : 196, 202, 287, 289.
CAUCHON, Pierre : 416.
CAUSSIDIÈRE, Marc : 229.
CAUMONT, Arcisse de : 340.
CAVAIGNAC, Godefroy : 491, 623.
CAVAILLET, Gaston Arman de : 304.
CAVAILLET, Mme de : 116.
CAVALIER, Alain : 320.
CAVÉ : 221.
CAYATTE, André : 313, 319, 321.
CAZENOVE DE PRADINES, Édouard de : 480.
CAZOT, Jules : 42.
CÉLINE, Louis-Ferdinand : 184, 196, 206, 268, 274, 279, 607.
Centre de propagande des républicains nationaux : 17, 31, 33, 39, 51.
Centre national des indépendants (CNI) : 57, 566, 601, 602, 635, 695.
Centre national des indépendants et paysans (CNIP) : 566, 636, 737.
Cercle d'études politiques : 53.
Cercles catholiques d'ouvriers : 244.
Cercles Proudhon : 92, 185, 261.
Ceux de la Libération : 563.
CÉSAR, Jules : 596.
CHABAN-DELMAS, Jacques : 692.
CHABROL, Claude : 320, 322.
CHABROL DE VOLVIC, vicomte : 217.
CHAILLOT, Pierre : 334.
CHAIX, Napoléon : 229, 231, 234.
CHALAIS, François : 190.
CHAMBORANT, Christian : 314.
CHAMBORD, comte de : 137, 147, 261, 346.
CHAMBRUN, René de : 279.
CHAMOUX, François : 371.
CHAMPEAUX, Georges : 276.
CHAMPFLEURY (Jules HUSSON, dit) : 238.
CHAMPION, Honoré : 266.
CHAMSON, André : 362.
CHANDOS, John : 403.
CHAPLIN, Charlie : 308, 309.
CHAPON, Albert : 166.
CHARDONNE, Jacques : 191, 196, 199, 267, 275, 281, 282.
CHARETTE DE LA CONTRIE, François de : 443, 444, 445, 447, 459, 474, 480, 724, 725.
CHARLEMAGNE : 409, 606.
CHARLES V : 345.
CHARLES VII : 335, 402, 415, 417, 421, 430.
CHARLES X : 118, 134, 224, 335, 405, 457, 622.
Voir ARTOIS, comte d'.
CHARLOT, Jean : 712, 713.CHARLOT, Monica : 712, 713.
CHARON, Jean-Marie : 715.
CHARPENTIER, Gervais : 229.
CHARPY, Pierre : 140, 604.
CHASTENET, Jacques : 138.
CHÂTEAU, René : 274.
CHATEAUBRIAND, François René de : 134, 176, 334, 448, 457, 458, 668.
CHÂTEAUBRIANT, Alphonse de : 244, 267.
CHÂTEAU-JOBERT, Pierre : 587, 644, 738.
CHAUMEIX, André : 177.
CHAUMEROT : 228.
CHAUMET, André : 275.
CHAUMONT : 222.
CHAUNU, Pierre : 371, 372, 373, 380, 381.
CHAUTARD, Émile : 296.
CHAUVIN, Rémy : 204.
CHEBEL D'APPOLLONIA, Ariane : 718.
CHENU : 729.
CHENUT, Christian : 182, 183.
CHÉRADAME, André : 24.
CHERBULIEZ, Victor : 411.
Chevaliers de la Foi et de la Congrégation : 214.
CHEVÈNEMENT, Jean-Pierre : 431.
CHEVILLARD : 234.
CHEVREFILS-DESBIOLLES, Yves : 716.
CHEVREUSE, duchesse de (Valentine de CONTADES) : 408, 409.
CHIAPPE, Jean : 269, 301.
CHIAPPE, Jean-François : 369, 370, 721.
CHIRAC, Jacques : 601, 602, 611, 649, 651, 652.
CHOUAN, Jean : 450.
CHOUVEL, Anne-Marie : 713.
CHOUX, Jean : 303, 307, 314.
CHRISTIAN-JAQUE : 303, 313, 314, 319.
CHRISTEN, Yves : 204.
CHRISTOPHERSEN, Thies : 736.
CHURCHILL, Winston : 278.
CINGRIA, Charles-Albert : 199.
CLAIR, René : 259, 298, 319.
CLAUDE, Georges : 275, 276.
CLAUDEL, Paul : 177, 259, 267, 281, 427, 540, 561, 562.
CLAVEL, Maurice : 596.
CLAYE, Jules : 233, 234.
CLEMENCEAU, Benjamin : 661.
CLEMENCEAU, Georges (dit le « Tigre ») : 21, 45, 77, 87, 123, 140, 430, 496, 542, 597, 630, 657,
660, 661, 662, 663, 664, 666, 668, 669, 674, 675, 678, 679, 682, 683, 687, 688, 689, 698.
CLEMENCEAU, Madeleine : 666.CLÉMENT, Frédéric : 16, 43, 45, 711.
CLÉMENT, Jacques : 335.
CLÉMENT, Marcel : 430.
CLÉMENT, René : 296, 317, 319.
CLERC, Henri : 265, 274.
CLIO (muse) : 347.
CLOOTZ, Anacharsis : 723.
CLOTILDE, sainte : 424.
CLOUARD, Henri : 166, 168, 244, 261, 267.
CLOUZOT, Henri-Georges : 308, 314, 319.
CLOVIS : 348, 359, 409, 448, 454.
Club de l'Horloge : 204, 607, 736.
COCHIN, Augustin : 349, 353, 354, 361, 379, 387.
COCTEAU, Jean : 199, 259, 281, 300, 313.
COGNET, R. P. : 199.
COGNY, général : 737.
COHEN, Gustave : 199.
COINTET, Jean-Paul : 731.
COINTET, Michèle : 731.
COLETTE : 260.
COLLOT, Jean : 275.
COLOMBIER, Pierre : 303, 304.
COLRAT, Maurice : 16, 24, 25, 32, 33, 36, 49.
Combat : 574.
COMBELLE, Lucien : 279.
COMBES, Émile : 21, 116, 413, 491, 661.
Comité central de la droite républicaine : 44.
Comité d'action de la gauche libérale : 16.
Comité de l'union des républicains libéraux et progressistes : 29.
Comité de libération du cinéma français : 316.
Comités de salut public : 639, 641.
Comité de vigilance des intellectuels antifascistes : 363.
Comité des conférences démocratiques : 16, 33, 42.
Comité des conférences plébiscitaires : 33.
Comité des Forges : 93, 138, 142.
Comité des Houillères : 138, 142.
Comité des travaux historiques et scientifiques : 339, 340, 368.
Comité d'initiative pour la propagande républicaine : 41.
Comité d'organisation des industries, arts et commerce du livre : 270.
Comité français de libération nationale (CFLN) : 575, 625, 631, 635, 737.
Comité national des écrivains : 278.
Comité français des sciences historiques : 363.
Comité national du cinéma : 296.
Comité national républicain : 41.
Comité national républicain du commerce et de l'industrie : 35, 42.
Comité républicain du commerce et de l'industrie : 711.COMTE, Auguste : 352, 416, 722.
COMTE, Bernard : 722.
Confédération de l'intelligence et de la production française : 92.
Confédération des groupements commerciaux et industriels : 24, 33.
Confédération française démocratique du travail (CFDT) : 460.
Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) : 460.
Confédération générale du travail (CGT) : 140, 305, 318.
CONIHOUT, Isabelle de : 226.
Conseil national de la Résistance (CNR) : 587, 645.
Conseil national du patronat français (CNPF) : 142, 734, 735.
CONSTANT, Benjamin : 208, 219, 221, 333.
CONSTANT, Victor : 28, 31.
CONSTANTIN : 329.
COOPER, Fenimore : 448.
COORNAERT, Émile : 363.
COPIN-ALBANCELLI, Paul : 416.
COPPÉE, François : 82, 83, 124, 416.
CORBIÈRE : 217.
CORBIN, Alain : 723.
CORDIER, Daniel : 612.
CORNEILLE, Pierre : 238.
CORNILLEAU, Claude : 606.
CORRÉARD, frères : 220, 230.
COSTA-GAVRAS : 322.
COSTANTINI, Pierre : 275.
COSTE-FLEURET, Paul : 594.
COSTON, Gilberte : 290.
COSTON, Henry : 189, 206, 275, 290, 605, 719.
COTY, François : 93, 103, 104, 150, 151, 153, 162, 264.
COUBÉ, R. P. : 414.
COUGNY : 726.
COURVILLE, Mme de : 260.
COUSTEAU, Pierre-Antoine : 180, 585, 732.
COUTEAU-BÉGARIE, Hervé : 374, 375, 376, 377.
CRABBE, Prosper : 232.
CRÉMIEUX, Adolphe : 481, 627, 631, 736.
CRÉTINEAU-JOLY, Jacques : 451.
CROISSET, Francis de : 299.
Croix-de-Feu : 38, 60, 63, 67, 97, 98, 99, 100, 102, 103, 132, 534, 563, 713.
CROQUEZ, Albert : 261.
CROUZET, Maurice : 364.
CRUSSOL, marquise de : 117.
CUNEO D'ORNANO : 483.
CURTIS, Jean-Louis : 197, 282.
CUTTOLI : 736.
DABIT, Eugène : 268.
DACIER, Bon : 330.
DACIER, Michel : 732.
DAENIKER, colonel : 272.
DAIRAINNES, Serge : 288.
DALADIER, Édouard : 96, 117, 531, 534, 538.
DALI, Salvador : 300.
DALIO, Marcel : 302.
DALLOZ, Armand : 239.
DALLOZ, Désiré : 217, 223, 226
DALLOZ, Paul : 232.
DANDIEU, Arnaud : 178, 188.
DANIEL-NORMAN, Jacques : 314.
DANIEL-ROPS (Henri PETIOT, dit) : 183, 188, 192, 259, 260.
DANTON, Georges Jacques : 347, 402.
DAQUIN, Louis : 314, 318, 319.
DARIUS, Pierre : 173.
DARLAN, François : 274, 596, 625.
DARNAND, Joseph : 95.
DARQUIER DE PELLEPOIX, Louis : 603.
DARTIGUE, Charles : 356.
DASSAULT, Marcel : 143.
DASSONVILLE, Joseph : 730.
DAUDET, Alphonse : 115, 122, 123, 235, 243, 247, 668.
DAUDET, Ernest : 123.
DAUDET, Léon : V, 82, 84, 115, 124, 125, 137, 174, 259, 260, 261, 262, 263, 265, 266, 267, 280,
416, 493, 497, 500, 715, 729.
DAUDET, Mme Léon : 124.
DAUMARD, Adeline : 714.
DAUMIER, Honoré : 687.
DAUNOU, Claude-François : 336, 337.
DAUPHIN-MEUNIER, Achille : 366.
DAURIAT (personnage de Balzac) : 228.
DAUTUN, Yves : 734.
DAVID, Jean : 717.
DAVID, Nicolas : 236.
DAYOT, Armand : 171.
DÉAT, Marcel : 142, 275, 560, 596.
DEBRAY, Pierre : 377.
DEBRAY-RITZEN, Pierre : 202.
DEBRÉ, Michel : 645, 647, 690, 692, 737, 738.
DEBRIE, André : 312.
DECAUDIN, Michel : 716.
DECAUX, Alain : 370.
DECOIN, Henri : 313, 315.
DECREPT, professeur : 737.DEFFAND, Mme du : 115.
Défense de la France : 140.
Défense des religieux anciens combattants (DRAC) : 30, 88.
DEGAS, Edgar : 669.
DEGUELDRE, Roger : 587.
DEKOBRA, Maurice : 269.
DELAFOSSE, Jules : 484, 485, 728.
DELANNOI, Gil : 713.
DELANNOY, Jean : 313, 318, 319.
DELASSUS, Mgr Henri : 420.
DELAROCHE-VERNET, Robert : 283.
DELATOUCHE, Charles Alexandre : 230, 231.
DELBARE, F. T. : 334.
DELCASSÉ, Théophile : 411.
DELEBECQUE, Frédéric : 262, 264.
DELISLE, Léopold : 341.
DELLUC, Louis : 298.
DELOMBRE, Paul : 15.
DELONCLE, Henri : 74.
DELOUVRIER, Paul : 642.
DENAIS, Joseph : 715.
DENIS, saint : 423.
DENIS, Ernest : 357.
DENIS, Maurice : 168.
DENIS, Michel : VII, 724.
DENOËL, Robert : 268, 273.
DENOIX DE SAINT-MARC, Hélie : 587.
DENTU, Édouard : 227, 231, 240.
DENTU, Gabriel André : 216, 224, 228.
DENTU, Jean-Gabriel : 216.
DÉON, Michel : 196, 199, 282, 283, 284, 285, 287.
DÉROULÈDE, Paul : 49, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 78, 80, 81, 83, 86, 89, 91, 124, 407, 417, 431, 486,
490, 493, 494, 497, 499, 646, 711, 729.
DESCARTES, René : 194.
DESCAVES, Pierre : 650.
DESGRANGES, Jean-Marie : 559, 563, 564, 732.
DESCHANEL, Paul : 123, 411, 416, 711.
DESFORGES, Jacques : 284.
DESGRAUPES, Pierre : 142.
DESHORS, Jean : 567.
DESJARDINS, Paul : 188.
DES LYONS DE FEUCHIN, baron : 425.
DESMOLINS, Edmond : 353.
DESSOLIERS : 627.
DESSOYE, Arthur : 425.
DEVAQUET, Alain : 383.DEVÈS, Paul : 41.
DHAVERNAS, Henry : 142.
DIDEROT, Denis : 320.
DIEHL, Charles : 349.
DIETRICH, docteur : 311.
DIGEON, Claude : 488.
DIMIER, Louis : 262, 350, 352, 353, 359, 416.
DIOUDONNAT, Pierre-Marie : 715.
Doctrinaires : 671.
DOMENACH, Jean-Marie : 715, 730.
DOMINATI, Jacques : 649.
DOMINIQUE, Pierre : 142, 265, 267, 275, 279.
DONCŒUR, père Paul : 88, 429.
DONDEY-DUPRÉ, Mme : 232.
DONNAY, Maurice : 123, 168, 532.
DONON, Armand : 232.
DORGELÈS, Roland : 267.
DORIOT, Jacques : 54, 97, 101, 153, 275, 560, 587, 713, 736.
DOSNE, Élisa (Mme THIERS) : 118, 666, 685.
DOSSE, François : 374.
DOUDEAUVILLE, duchesse de : 118.
DOUMER, Paul : 416.
DOUMERGUE, Gaston : 96, 534, 535.
DOUMIC, René : 176, 177, 410.
DOYLE, Conan : 241.
DRAKE, Jacques : 33.
DRAULT, Jean : 269.
DRÉOLLE, Ernest : 243, 727.
DREUX-BRÉZÉ, comtesse de : 180.
DRÉVILLE, Jean : 314.
DREYER, Carl : 298.
DREYFUS (Affaire) : 34, 64, 77-85, 115, 119, 123, 138, 139, 150, 154, 164, 165, 175, 214, 246, 262,
294, 318, 347, 348, 357, 359, 361, 370, 489-492, 566, 583, 636, 642, 646, 652, 662, 679, 680, 681,
714, 728, 729.
DREYFUS, Alfred : 63, 66, 117, 348, 350, 416, 489, 553, 561.
DREYFUS, François-Georges : 736.
DRIANT, Édouard : 425, 495, 729.
DRIEU LA ROCHELLE, Pierre : 183, 190, 191, 192, 193, 196, 267, 272, 273, 275, 276, 281, 320,
563, 607.
DROIT, Michel : 283.
DROIT, Roger Pol : 718.
DRUMONT, Édouard : 78, 79, 124, 137, 243, 247, 261, 412, 416, 487, 489, 608, 628, 682, 728.
DUBIEF, Henri : 713.
DUBOIS, Louis : 36.
DUBOS, Jean-Baptiste : 348.
DUBOST, Antonin : 410.DUBREUIL, Henri : 274.
DUBUISSON, Jean-Baptiste : 236.
DUBY, Georges : 370, 381, 721.
DUCANEL, C. P. : 334.
DUCHÂTEL, comtesse : 118.
DUCHET, Roger : 637, 638, 645.
DUCROCQ, Georges : 496.
DUFAURE, Armand : 41, 229, 623.
DUFAURE, Jules : 673.
DUFOUR, M. : 240.
DU FRESNOIS, André : 166, 167.
DUGUÉ DE LA FAUCONNERIE, Henri : 479.
DUGUET-FAUGERAS, Françoise : 718.
DUHAMEL, Colette : 283, 284.
DUHAMEL, Georges : 183.
DUHAMEL, Jacques : 283, 284.
DULAC, Germaine : 298.
DULAU, Constant : 44.
DUMAS, Alexandre : 238, 245, 402.
DUMAS FILS, Alexandre : 121, 235.
DUMESNIL, Gaston : 47, 711.
DUMÉZIL, Georges : 382, 383, 718.
DUMOULIN, Olivier : 729.
DU MOULIN DE LABARTHÈTE, Henri : 278.
DUMUR, Louis : 243.
DUPÂQUIER, Jacques : 381.
DUPANLOUP, Mgr Félix : 406, 408, 415, 721.
DUPONT, Paul : 217, 218, 221, 222, 223, 225, 226, 231, 233, 234.
DUPONT, Pierre : 243.
DUPRAT, François : 587, 734.
DUPUY, Jacques : 142.
DUPUY, Jean : 142, 149.
DUPUY, Micheline : 715.
DUQUAIRE, Mgr : 597.
DURAND, Yves : 377.
DURANTON-CRABOL, Anne-Marie : 718.
DURKHEIM, Émile : 354.
DUROSELLE, Jean-Baptiste : 739.
DUROUX : 736.
DURUY, Victor : 234, 342, 343.
DUTASTA, Henri : 667.
DUTOURD, Jean : 285.
DUTRAIT-CROZON, Henri : 261, 497, 498.
DUVAL, Mgr : 643.
DU VERGIER DE HAURANNE, Ernest : 13.
DUVIVIER, Catherine : 285.DUVIVIER, Julien : 305, 306.

EISENSTEIN, S. M. : 298.
ELIADE, Mircea : 202.
ELIAS, Norbert : 11.
ELBÉE, Maurice : 447.
ELUARD, Paul : 193.
EMERY, Léon : 276.
ÉMILE-PAUL, Albert : 260.
ÉMILE-PAUL, Robert : 260.
EMMANUEL, Pierre : 192.
ENRICO, Robert : 320.
Entente républicaine démocratique : 24, 26, 27, 50.
ÉPINOIS, Henri de l' : 344, 345, 346.
EPTING, Karl : 274.
EPSTEIN, Jean : 298.
ERCKMANN-CHATRIAN : 452.
ERLANGER, Philippe : 370.
ERNST, Max : 300.
ESCARPIT, Robert : 735.
ESMONIN, Édouard : 363.
ÉTIEMBLE : 721.
ÉTIENNE, Bruno : 204.
Étoile nord-africaine : 630.
EURIPIDE : 417.
EURYALE, Paul-Émile : 423.
EVOLA, Julius : 205, 206, 290, 718.
EXPERT-BEZANÇON, Charles : 42.
EYSENCK, Hans : 202.

FABIUS, Laurent : 651.
FABRE, Joseph : 347, 409, 412, 425.
FABRE-LUCE, Alfred : 142, 191, 200, 275, 279, 287.
FABRÈGUES, Jean de : 182, 183, 184, 194.
FAGNIEZ, Gustave : 346, 350, 361.
FAGUET, Émile : 123, 176.
Faisceau (le) : 93, 94, 104, 264, 265, 429.
FALLOIS, Bertrand de : 143.
FALLOUX, comte de : 118, 679.
FANSTEN, Jacques : 323.
FARRÈRE, Claude : 260, 304.
FASQUELLE, Eugène : 227, 246.
FASQUELLE, Jean-Claude : 288.
FAUGERAS, Henri : 276.
FAULHABER, cardinal : 269.
FAURE, Edgar : 283, 586, 635, 636.
FAURE, Félix : 70, 81.FAURE, Paul : 564.
FAURISSON, Robert : 383, 609, 721.
FAVART, Hugues : 194.
FAVART DE LANGLADE, baron : 217.
FAVIER, Jean : 370, 381.
FAVRE, Jules : 484, 726, 727.
FAYARD, Arthème : 227, 233, 246.
FAYARD, Arthème II : 247, 259, 270.
FAYARD, Jean : 259.
FAWTIER, Robert : 363.
FAŸ, Bernard : 120, 189, 272, 368.
FEBVRE, Lucien : 329, 357, 360, 361, 362, 363, 365, 373.
Fédération d'action nationaliste européenne (FANE) : 606.
Fédération des contribuables : 35.
Fédération nationale catholique (FNC) : 25, 34, 88, 89, 94, 713.
Fédération nationale des étudiants : 35.
Fédération républicaine : 13, 14, 15, 16, 18, 19, 20, 21, 22, 24, 26, 27, 28, 29, 31, 33, 35, 36, 37, 38,
43, 44, 45, 46, 47, 49, 50, 52, 53, 55, 56, 711.
Fédération républicaine et sociale du plateau central : 30, 31.
FÉGY, Camille : 734.
FELKAY, Nicole : 222.
FELS, André de : 25.
FERDONNET, Paul : 269, 274.
FERNANDEL : 307.
FERNANDEZ, Ramon : 192, 277, 281.
FERON-VRAU, Paul : 148.
FERRÉ, Léo : 588.
FERRO, Marc : 374.
FERRY, Charles : 41.
FERRY, Désiré : 25.
FERRY, Jules : 41, 42, 43, 75, 237, 410, 480, 484, 624, 628, 629, 661, 682, 687.
FERS, Robert de : 299, 304.
FESCOURT, Henri : 298.
FESSARD, Gaston : 509, 510, 731.
FEUILLADE, Louis : 296.
FEUILLET, Octave : 235.
FÉVAL, Paul : 448.
FEYDEAU, Georges : 238.
FEYDER, Jacques : 298, 299.
FICATIER GILLON, Nanine : 661.
FIESCHI, Giuseppe : 669.
FIÉVÉE : 215.
FINKIELKRAUT, Alain : 729.
FIRMIN-DIDOT, famille : 217, 219, 221, 222.
FIRMIN-DIDOT, Ambroise : 217, 226, 238.
FITZ-JAMES, famille : 116, 335.FLACH, Jacques : 356.
FLAMMARION, Ernest : 227, 233, 242, 247.
FLANDIN, Pierre-Étienne : 14, 21, 25, 53, 54, 56, 564.
FLAUBERT, Gustave : 119, 122, 167, 236, 238.
FLICHE, A. : 270.
FLOQUET, Charles : 410, 481.
FOCH, Ferdinand : 177, 538.
FOLLEREAU, Raoul : 430.
FOMBEURE, Maurice : 181.
FONTAINE, André : 739.
FONTANET, Joseph : 143.
FORAIN, Jean-Louis : 124.
FORD, Charles : 310.
FOROT, Charles : 183.
FOUCAULD, Charles de : 629.
FOUCHÉ, Joseph : 215.
FOUCHET, Max-Pol : 142, 192, 193, 717.
FOUGÈRE, Étienne : 15.
FOURCAULT DE PAVANT, Pierre : 218.
FOURNIER, Henri : 238.
FOURNIER, Marcel : 16.
FOURQUIN, Guy : 371.
FOURRÉ-CORMERAY, Michel : 316.
FOURTOU, Marie-François de : 145.
FRAIGNEAU, André : 197, 267, 277, 281, 282.
FRANCASTEL : 723.
FRANCE, Anatole : 115, 123, 124, 414, 668.
FRANCHET D'ESPEREY, Louis : 217.
FRANCIS, Robert (Jean GODMÉ, dit) : 181, 183.
Francisme : 104.
FRANCO, Francisco : 184.
erFRANÇOIS I : 335.
FRANÇOIS-MARSAL, Frédéric : 15, 30, 31.
FRANÇOIS-MARTIN : 31.
FRANÇOIS-PONCET, André : 53, 544, 545.
Franc-Tireur : 574.
FRANK, Bernard : 196, 284, 286.
FRANKLIN-BOUILLON, Henry : 514.
FREDRIKSEN, Marc : 606.
FRÉMANGER, Charles : 279.
FRÉMIET, Emmanuel : 409, 410, 411, 427, 430.
FREPPEL, Mgr Charles : 405, 454, 477, 478, 726.
FRESCHEVILLE, général de : 44.
FRESNAY, Pierre : 281.
FRESNE, Georges du : 344, 345.
FRESNE DE BEAUCOURT, Gaston du : 417.FREUND, Julien : 202, 204.
FREUSTIÉ, Jean : 284, 287.
FREYCINET, Charles de : 481, 661.
FREYTAGH-LORINGHOVEN, vol. : 274.
FROISSART, Jean : 279.
Front de l'Algérie française (FAF) : 646.
Front de la liberté : 97.
Front de libération nationale (FLN) : 371, 584, 622, 636, 637, 639, 642, 643, 647, 737, 738.
Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS) : 651.
Front national (FN) : 141, 143, 204, 205, 206, 323, 400, 430, 431, 561, 598, 602, 604, 607, 608, 609,
610, 611, 612, 613, 615, 650, 651.
Front national des combattants : 650.
Front national des rapatriés : 649.
Front national français : 642.
Front national pour l'Algérie française : 650.
Front populaire : 65, 95, 120, 153, 154, 156, 184, 304, 305, 309, 311, 327, 530, 531, 535.
Front républicain : 635, 636.
Front révolutionnaire national : 279.
FROSSART, André : 545.
FUGIER, André : 365.
FUMAROLI, Marc : 208.
FUMET, Stanislas : 192.
FUNCK-BRENTANO, Frantz : 350.
FURCY-RAYNAUD, Marc : 262.
FURET, François : VI, 373, 379.
FURMAN, Nelly : 716.
FURNE, famille : 231.
FUSTEL DE COULANGES, Numa Denis : 328, 329, 350, 351, 353, 354, 359, 365, 375, 384, 729.

GABIN, Jean : 305.
GABORIAU, Émile : 235.
GABORIT, Félix : 428.
GABRIEL-ROBINET, Louis : 733.
GAILLARD : 232, 233, 234.
GAILLARD, Félix : 636, 637, 639.
GAIN, André : 368.
GAINVILLE, René : 321.
GALEY, Louis-Émile : 312.
GALLI, Henri : 711, 729.
GALLIMARD, Claude : 285, 287, 288.
GALLIMARD, Gaston : 273, 282.
GALLO, Max : 204, 716.
GAMBETTA, Léon : 42, 69, 117, 123, 347, 408, 410, 475, 478, 479, 480, 481, 482, 484, 485, 487,
493, 497, 498, 624, 666, 674, 684, 686, 714, 725, 726, 727, 729.
GAMELIN, Maurice : 538.
GANCE, Abel : 297, 298, 299, 305, 314.GANDERAX, Louis : 175.
GARAUD, Marie-France : 596.
GARÇON, François : 720.
GARNIER, abbé Léon : 412.
GARNIER, famille : 231, 232, 233.
GARDES, colonel : 644.
GASNIER, Louis : 303.
Gauche démocratique : 26, 711.
Gauche démocratique et radicale indépendante : 689.
GAUCHER, Roland : 202.
GAUCHON, Pascal : 738.
GAUCLÈRE, Yassu : 721.
GAUDIN, Jean-Claude : 611.
GAULLE, Charles de : 107, 152, 199, 200, 286, 287, 317, 320, 421, 430, 545, 546, 550, 553, 554, 563,
571, 573, 574, 575, 577, 578, 579, 580, 581, 582, 584, 585, 586, 587, 588, 589, 590, 593, 595, 596,
597, 598, 599, 600, 601, 603, 612, 616, 621, 625, 631, 633, 634, 637, 638, 639, 640, 641, 642, 643,
644, 645, 646, 647, 648, 651, 652, 657, 690, 692, 696, 697, 731, 733, 734, 736, 737, 738.
GAUMONT, Léon : 296, 301.
GAUTIER, Henri : 236.
GAUTIER, Théophile : 119, 235, 245.
GAUTIER SANS AVOIR : 421.
GAUTHIER, Léon : 344, 346.
GAUTY, Lys : 302.
GAXOTTE, Pierre : 120, 139, 180, 195, 247, 259, 358, 364, 367, 374, 375, 379.
GAY, Francisque : 240, 269.
GELEN, Arnold : 204.
GENEVIÈVE, sainte : 424, 427.
GENEVOIX, Maurice : 260.
GÉNIE : 684.
GÉO-CHARLES : 172.
GEORGE, Jocelyne : 718.
GEORGE, Waldemar : 174.
GEORGES, Bernard : 288.
GEORGES-ROCHE, M. : 482.
GERMAIN, José : 265.
GÉROME, Jean Léon : 122.
GERSTEIN : 383.
GERVEREAU, Laurent : 720.
GHÉON, Henri : 259, 260, 263.
GIBELINS, famille : 340.
GIDE, André : 168, 191, 192, 193, 279, 281, 282, 716.
GILBERT, Pierre : 166, 167.
GILLET, Louis : 176, 177, 716.
GILLOUIN, René : 278.
GILLY, Numa : 243.
GILSON, Paul : 181.GINZBURG, Carlo : 370.
GIONO, Jean : 191, 267, 281, 282.
GIRARD, Louis : 718.
GIRARD, Louis-Dominique : 559.
GIRARDET, Raoul : 180, 287, 359, 376, 644, 712, 717, 732.
GIRARDIN, ÉMILE de : 117, 135, 149.
GIRAUD, Henri : 588, 625, 645.
GIRAUDEAU, Fernand : 725.
GIRAUDOUX, Jean : 170, 260, 267, 281.
GIRY, Arthur : 346, 348, 361.
GISCARD D'ESTAING, Valéry : 204, 289, 321, 599, 600, 603, 611, 646, 649, 658, 692, 693, 694,
695, 696, 697, 738.
GLAIS-BIZOUIN, Alexandre : 481, 484.
GLASSON, Ernest : 15.
GLEIZE, Maurice : 307.
GOBERT (prix) : 375.
GOBINEAU, Joseph : 290.
GODARD, Jean-Luc : 320.
GODARD, Yves : 587.
GOEBBELS, Joseph Paul : 275, 277, 314.
GOETHE, Johann Wolfgang von : 176.
277.
GOHIER, Urbain : 505, 723, 730.
GOINARD, Pierre : 738.
GOMBROWICZ, Witold : 207.
GONCOURT, Edmond de : 115, 119, 125.
GONCOURT, Jules de : 119, 125.
GONTIER, René : 268.
GORGOLINI, Pietro : 264.
GORKI, Maxime : 305.
GÖRRES, Guido : 405.
GOSSELIN, Charles, 222, 228.
GÖTTINGEN, Étienne François : 714.
GOUAULT, Jacques : 726.
GOUBERT, Pierre : III, 379.
GOUPIL, Romain : 323.
GOURGUET, Jean : 314.
GOURMONT, Remy de : 164, 243, 715.
GOUTHE-SOULARD, Mgr François Xavier : 411.
Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) : 574, 580.
GRAMSCI, Antonio : 201.
GRAND, Roger : 353, 361.
Grand Cercle républicain : 42, 44.
GRANDER, Claude : 276.
GRAND FERRÉ, LE : 422.
GRANIER DE CASSAGNAC, Adolphe : 243.GRANOFF, Serge : 264.
GRASSET, Bernard : 237, 247, 267, 268, 270, 275, 282, 284, 286, 288, 289.
GRAVIER, François : 193.
GRAVIER, Jean-François : 451.
GREEN, Julien : 258, 259.
GREGH, Fernand : 177.
GRÉGOIRE XVI : 218.
GRÉGOIRE, Henri (dit l'abbé) : 442.
GRÉMILLON, Jean : 313.
GRÉMION, Pierre : 718.
GRENIER, Albert : 357.
GRÉVILLE, Edmond T. : 307.
GREVEN, Albert : 311, 312, 314.
GRÉVY, Jules : 73, 75, 239, 410.
GRICOURT, marquis de : 726.
GRIDOUX, Lucas : 302.
GRIFFITHS, Richard : 731.
GRIMM, Friedrich : 275.
GRIOTTERAY, Alain : 737.
GROOS, René : 264.
Groupe de l'Énergie française : 24.
Groupe de recherche et d'étude sur la civilisation européenne (GRECE) : 201, 202, 203, 204, 381, 382,
560, 606, 718.
eGroupe du XX siècle : 183.
GROUSSEAU : 89.
GROUSSEAUD, Jean : 568.
GROUSSET, René : 262.
GRUNBERG, Gérard : 712, 739.
GSELL, Paul : 241, 247.
GUALTIERI DI SAN LAZZARO : 172.
GUÉBRIANT : 453.
GUELFES, famille : 340.
GUÉNON, René : 205.
GUÉRARD : 243.
GUÉRARD, Benjamin : 337, 339.
GUERDAN, René : 275.
GUÉRIN, André : 142.
GUÉRIN, Gérard : 321.
GUÉRIN, Jules : 79, 80, 83, 712.
GUERNEC, Julien : 195, 561.
GUESDE, Jules : 657.
GUESSARD, Francis : 341.
GUIGNEBERT, Jean : 363.
GUILLAUME II : 492.
GUILLAUMIN, Émile : 453.
GUILLOIS, docteur : 524.GUIRAL, Pierre : 715, 724.
GUISE, famille : 360.
GUISNEL, Jean : 735.
GUITER, Jean : 17.
GUIZOT, François : 118, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 227, 229, 331, 332, 333, 336, 338, 339, 340,
343, 384, 417, 657, 658, 662, 663, 664, 665, 666, 667, 668, 669, 670, 671, 672, 673, 676, 679, 680,
683, 684, 685, 687, 694, 695.
GÜNTHER, Hans F.K. : 205.
HABERT, Marcel : 49, 81.
HABSBOURG, lignée : 573.
HABRIOUX, Christian : 272.
HACHETTE, Louis : 217, 218, 221, 222, 223, 225, 226, 227, 229, 230, 233, 234.
HAEDENS, Kléber : 194, 197.
HALBWACHS, Maurice : 556, 732, 734.
HALÉVY, Daniel : 168, 177, 267, 281, 368, 384.
HALLER, Johannes : 272.
HALPHEN, Louis : 360, 361.
HANOTAUX, Gabriel : 123, 240, 425, 428, 718.
HARCOURT, Louis d' : 70.
HARDY, Georges : 430.
HARGOVE, Charles : 696.
HARPAGON (personnage de Molière) : 224.
HARTOG, François : 729.
HARTOY, Maurice d' : 98.
HATZFELD, Henri : 363.
HAUDIQUET, Philippe : 321.
HAUDRY, Jean : 202.
HAUSER, Henri : 349, 350, 357, 368.
HAUSSMANN, Georges : 121.
HAUSSONVILLE, comte de : 229.
HAUTECŒUR, Louis : 368.
HAVARD, Gustave : 230.
HAYES, Carlton J. : 505, 506, 730.
HEBERT, Ernest : 122.
Hebertistes : 441, 443.
HEBEY, Pierre : 717.
HÉBRARD, Adrien : 41, 138.
HÉDUY, Philippe : 284, 285.
HEINE, Heinrich : 176.
HELVÉTIUS, Mme : 115.
HEMINGWAY, Ernest : 281.
HENRI III : 335.
HENRI IV : 679.
HENRY, Hubert : 489, 662.
HENRIOT, Émile : 244, 260, 275, 276.
HENRIOT, Philippe : 22.HENRY-HAYE, Gaston : 28.
HENTZ : 723.
HÉRAIN, Pierre de : 314.
HEREDIA, José Maria de : 115.
HÉRIAT, Philippe : 268.
HERLUISON, Jean : 261.
HERMANT, Abel : 123, 177, 260, 267.
HÉROLD-PAQUIS, Jean : 276.
HERR, Lucien : 164, 246.
HERRIOT, Édouard : 63, 88, 89, 90, 96, 428, 528, 530, 533, 713.
HERSANT, Robert : 140, 151, 155, 158, 159, 162, 203, 600.
HESSE, général : 723.
HETZEL, Pierre-Jules : 231, 232, 234, 236.
HEURGON, Jacques : 371, 372.
HEYNEMANN, Laurent : 322.
HIBBELEN, Gerhard : 272, 276.
HICTER, Olivier : 727.
HIRSCHMAN, Albert : 614.
HITLER, Adolf : 103, 104, 180, 184, 191, 268, 273, 274, 301, 306, 309, 310, 517, 524, 530, 544, 561,
563, 565, 573, 585, 608, 609, 644.
HIVER, Marcel : 174.
HOBSBAWM, Eric : 723, 732.
HOFFMANN, Stanley : IV.
HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN, Léopold de : 473.
HOURDIN, Georges : 718.
HOURS, Joseph : 365.
HOUSSAYE, Henri : 119.
HUE : 443, 444.
HUGO, Victor : 175, 224, 230, 231, 234, 236, 238, 245, 299, 403, 406, 448, 450, 454, 593, 686, 718.
HUGON, André : 306.
HUGUES, Clovis : 410.
HUMIÈRES, André d' : 92, 93.
HUSSEIN, Saddam : 652.
HUSSON, Paul : 172.
HÜTTEN, Ulrich von : 329.
HUYCHE, René : 190, 202.

IBAZIZEN, Augustin : 736.
ICART, Roger : 719.
INDY, Vincent d' : 168.
INGRES, Jean Auguste : 119.
Institut des provinces : 340.
ISAAC, Auguste : 14.
ISAAC, Jules : 363, 365.
ISABELLE LA CATHOLIQUE : 243.
ISEUT : 313.ISORNI, Jacques : 195, 200, 286, 568, 569, 586, 732.
IZARD, Georges : 188.

JACOB, Max : 192, 281.
Jacobins : 671, 723.
JACOBY, Jean : 259, 273.
JACQUEMONT, S. : 724.
JACQUINOT, baron : 276.
JACQUY, Jean : 30.
JAFFRÉ, Jérôme : 738.
JALOUX, Edmond : 177, 267, 282.
JAMET, Claude : 274, 287.
JAMET, Henry : 272.
JAMMES, Francis : 168.
JAPY, Gaston : 29.
JARDIN, Jean : 277, 280, 282, 596, 719, 735.
JAURÈS, Jean : 117, 272, 343, 350, 380, 413, 416, 422, 426, 427, 494, 511, 593, 657.
JAYET, René : 306.
JEANCARD, Pierre : 579.
JEANCOLAS, Jean-Pierre : 321, 720.
JEANNE, René : 310.
JEANNE D'ARC : 339, 347, 386, 399-432, 679, 721, 722.
JEANNE DE VALOIS : 424.
JEANNENEY, Jean-Noël : 715.
JEANTET, Claude : 259, 734.
JÉSUS-CHRIST : 300, 352, 420, 421, 423, 431, 449.
Jeune France républicaine : 25, 35, 33.
Jeune Nation : 108, 642, 643.
Jeunesse républicaine française : 56.
Jeunesses patriotes (JP) : 17, 35, 38, 39, 60, 63, 66, 89, 90, 91, 92, 96, 97, 98, 99, 103, 522.
Jeunesses plébiscitaires : 81, 89.
Jeunesses républicaines nationales : 35.
JOANNON, Léo : 307, 314.
JOFFRE, Joseph : 527, 532.
JOHANNET, René : 180, 263.
JONNART, Charles : 18, 50.
JONQUIÈRE, Charles de : 563.
JOUHANDEAU, Marcel : 191, 196, 199, 269, 279, 281, 282.
JOUHAUD, Edmond : 644, 649.
JOUVENEL, Bertrand de : 265, 279, 368.
JOUVENEL, Henri de : 178.
JOUVENEL, Robert de : 267.
JOYCE, James : 176, 716.
JOYEUX, Odette : 199.
JUDET, Ernest : 124, 125.
JUIN, Alphonse : 370.JULIEN, Charles-André : 364.
JULLIAN, Camille : 330, 332, 357.
JULLIARD, Jacques : 715.
JULLIARD, René : 270, 275, 284.
JULY, Pierre : 737.
JÜNGER, Ernst : 206.
JUVEN, Félix : 241.

KAMENKA, Alexandre : 298.
KANTERS, Robert : 197.
KARMITZ, Martin : 321.
KELLER, Émile : 474, 480, 725.
KÉRATRY, Émile de : 726.
KERGORLAY, Louis de : 721.
KERILLIS, Henri de : 16, 33, 39, 51, 52, 55, 534, 535, 536, 537.
KERMENGUY, comte de : 480.
KIPLING, Rudyard : 176.
KLÉBER, Jean-Baptiste : 443.
KLIEBER, Maxim : 273.
KNITTEL, John : 277.
KNOCHEN, Helmut : 598.
KOESTLER, Arthur : 202.
KOLB, Jean : 303.
KOVACS, docteur : 737.
KROPOTKINE, Petr Alekseïevitch (prince de) : 453.
Ku Klux Klan : 206.

LA BÉDOLLIÈRE, Émile de : 242.
LABICHE, Eugène : 235.
LABORDE, Guy : 276.
LA BORDERIE, Arthur de : 726.
LABORIE, Pierre : 724.
LA BOURDONNAYE, vicomte de : 482.
LABRO, Philippe : 321.
LABROUÉ, Henri : 276, 368.
LABROUSSE, Ernest : 362, 372, 373, 377.
LA BRUYÈRE, Jean de : 238.
LA CHALOTAIS, Louis René : 335.
LACHAPELLE, Georges : 15, 42.
LACHAUD, Émile : 243.
LACOMBE, Georges : 306.
LACORDAIRE, Henri : 118, 219, 224.
LACOSTE, Robert : 318, 635, 636.
LACRETELLE, Charles de : 334.
LACROIX, Paul : 236.
LADVOCAT : 222, 228.
LA FAYETTE, Marie-Joseph de : 672.LA FERRONAYS, comtesse de : 120.
LA FERRONNAYS, marquis de : 480.
LAFFITTE, Jacques : 672.
LAFFONT, Pierre : 738.
LA FONTAINE, Jean de : 238.
LA FORGE, Anatole de : 72.
LAGARDELLE, Hubert : 265.
LA GÂTINAIS, Maurice de : 280.
LAGNEAU, Jules : v.
LAGNY, Michèle : 730.
LA GORCE, Pierre de : 358.
LAGRANGE, Henri : 261.
LAGROYE, Jacques : VI.
LA GUÉRONNIÈRE, vicomte de : 231.
LAGUERRE : 74.
LA HIRE (Étienne de VIGNOLLES, dit) : 403.
LA HIRE, Jean de : 272, 273.
LAISANT : 74.
LALOU, Charles : 123, 124.
LAMARTINE, Alphonse de : 229, 231.
LAMBERTERIE, Paul de : 482.
LAMENNAIS, Félicité de : 132, 219, 224, 335, 718.
LANGLOIS, Claude : 714.
LAMOUR, Philippe : 178, 265.
LAMOUREUX, Lucien : 564.
LANDAY, Maurice : 448, 449.
LANFREY, Pierre : 485.
LANGLOIS, Charles-Victor : 329, 347, 354, 355, 356.
LANIEL, Joseph : 569.
LANSON, Gustave : 354, 418.
LAPLANCHE, François : 714.
LA PORTE, René de : 265.
LA PORTE DU THEIL, Paul de : 275.
LAPRADE, Victor de : 477, 726.
LA ROCHEFOUCAULD, Xavier de : 34.
LA ROCQUE, François de : 38, 55, 97, 99, 100, 101-102, 105, 106, 136, 154, 260, 268, 713, 736.
LA ROCHEJAQUELEIN, Henri de : 445, 446.
LA ROCHEJAQUELEIN, Louis de : 445, 446.
LA ROCHEJAQUELEIN, marquise de : 447, 451, 452.
LARRIEU, Jean-Dominique : 290.
LAROUSSE, Pierre : 225, 230, 233, 403, 404.
LASSERRE, Pierre : 353, 355.
LASTEYRIE, Charles de : 522, 524, 525.
LASTEYRIE, Robert de : 15, 348.
LATOUCHE, Serge : 204.
LA TOUR DU PIN, Jeoffroy de : 285.LA TOUR DU PIN, René de : 244.
LATREILLE, André : 365.
LA TRÉMOILLE, duchesse de : 116.
LA TRÉMOILLE, Georges de : 415.
LAUBREAUX, Alain : 276.
LAUDENBACH, Roland : 197, 281, 282, 284, 285, 286, 287, 288, 289.
LAURENT, Jacques : 196, 197 198, 199, 208, 279, 282, 283, 284, 286, 287, 288, 718.
LAURIOL, Marc : 737.
LAVABRE, Marie-Claire : 732.
LAVAL, Pierre : 28, 142, 272, 275, 276, 279, 280, 312, 596, 607, 689.
LAVALLÉE, Théodore : 401.
LA VARENDE, Jean de : 258.
LAVAU, Georges : 106, 712.
LAVIGERIE, Mgr Charles : 628.
LAVISSE, Ernest : 34, 175, 246, 327, 349, 354, 363, 372, 379, 381, 414, 426, 490.
LAZAREFF, Pierre : 140, 199.
LAZAR, Marc : IX.
LÉAUTAUD, Paul : 199, 282.
LEBŒUF, Edmond : 484.
LEBRUN, Albert : 736.
LE BRUN DE CHARMETTES, Philippe Alexandre : 404, 405.
LE BÉGUEC, Gilles : 89, 711.
LE CARDONNEL, Louis : 166.
LE CHANOIS, Jean-Paul : 318, 319.
LECLERC, Max : 261.
LECLERCQ D'ORCHIES : 225.
LECOC, Louis-Charles : 274.
LECONTE DE LISLE : 115, 411.
LE CORBUSIER : 172.
LECOY DE LA MARCHE, Albert : 405, 419.
LEDRÉ, Charles : 714.
LEDRU-ROLLIN, Alexandre Auguste : 229.
LEENHARDT, Roger : 319.
LEFEBVRE, Alain : 203, 289.
LEFEBVRE, Georges : 363, 367, 368, 381.
LEFÈVRE, docteur : 644, 738.
LE GALLOU, Jean-Yves : 204, 738.
Légions : 92.
Légion française des combattants : 541.
Légion des volontaires français : 315.
LÉGLISE, Paul : 719, 720.
LE GOFFIC, Charles : 261.
LE GONIDEC DE TRAISSAN, Olivier : 480.
LÉGOUVÉ, Ernest : 410.
LE GRIX, François : 177, 179.
LEGUAY, Jean : 594, 603.LEJEUNE, Albert : 272.
LELIEF, René : 272.
LEMAIGRE-DUBREUIL : 185.
LEMAITRE, Jules : 43, 82, 83, 115, 123, 124, 176, 261, 416, 490, 728.
LEMERRE, Alphonse : 237.
LÉMERY, Henry : 286.
LENEVEUX, Henri Charles : 236.
LÉNINE (Vladimir Ilitch OULIANOV, dit) : 519.
LENÔTRE, Georges (Théodore GOSSELIN, dit) : 116, 366, 367, 374.
LÉON X : 333.
LÉON XIII : 411.
LÉONI, Paul de : 727.
LÉOPOLD III : 715.
LÉOTARD, François : 611.
LEPAGE, Auguste : 240, 243.
LE PAGE, Louis : 263.
LE PEN, Jean-Marie : 400, 430, 553, 598, 604, 607, 608, 609, 611, 648, 650, 652, 718, 736, 738.
LE PLAY, Frédéric : 239, 341, 353, 361, 362, 368.
LEQUIN, Yves : 381.
LEQUINIO DE KERBLAY, Jean-Marie : 444, 723.
LEROULX DE LA VILLE, famille : 239.
LEROY, Géraldi : 717.
LEROY, J. J.E. : 405.
LEROY, Serge : 323.
LEROY-BEAULIEU, Anatole : 15.
LEROY-BEAULIEU, Paul : 15, 738.
LE ROY LADURIE, Emmanuel : 370, 373, 721.
LE ROY LADURIE, Gabriel : 280.
LEROYER, Pierre : 276.
L'ESTOURBEILLON DE LA GARNACHE, Régis Marie de : 425.
LEVEILLÉ, Jules : 41.
LEVILLAIN, Philippe : 712, 724.
LÉVIS-MIREPOIX, duc de : 364, 375, 376, 384.
LÉVY, Calmann : 226, 232, 233, 234.
LÉVY Gaston : 245.
LÉVY, Georges : 245.
LÉVY, Michel : 223, 226, 228, 231, 232, 233, 234, 235, 245.
LÉVY, Paul : 245.
LÉVY-SCHNEIDER, Léon : 362.
LEY, docteur : 274.
LEYCUES, Georges : 411, 416.
L'HERBIER, Marcel : 298, 299, 304, 313, 720.
LHÉRITIER, Michel : 368.
Libération-Sud : 574.
LIAUTEY, Pierre : 269.
LIEVEN, princesse de : 118, 223.Ligue antisémitique de France : 63, 78, 79, 80, 81.
Ligue civique : 34, 48.
Ligue de défense des droits des religieux anciens combattants : 34.
Ligue de l'enseignement : 62.
Ligue de la patrie française : 18, 25, 37, 38, 43, 45, 46, 66, 82, 83, 84, 85, 120, 124, 132, 137, 489, 490,
492.
Ligue de la République : 34, 63.
Ligue des chefs de section : 49.
Ligue des contribuables : 25, 32, 35, 36, 37, 38.
Ligue des droits de l'homme : 62, 274, 349, 494, 712.
Ligue des patriotes : 25, 34, 46, 49, 63, 64, 67, 69-77, 80, 81, 85, 86, 88, 89, 90, 92, 97, 103, 132, 301,
424, 427, 486, 487, 489, 493, 497, 729.
Ligue du Bien Public : 62.
Ligue française : 34, 48.
Ligue nationale du travail : 677.
Ligue nationale républicaine : 63.
Ligue républicaine nationale (« Ligue Millerand ») : 25, 29, 31, 34, 35, 37, 51, 53.
LIMOUZY : 734.
LINDON, Jérôme : 285, 286.
LIPKOWSKI, Irène de : 568.
LIST, Paul : 274.
LIVET, Georges : IV, 377.
LOCKROY, Édouard : 410.
LOMMEL, Hermann : 276.
LONG, Marceau : 652.
LONGNON, Auguste : 416.
LORENZ, Konrad : 202.
LORRAIN, Jean : 243.
LOSEY, Joseph : 323.
LOTI, Pierre : 176.
LOUANDRE, Charles : 339, 340, 341.
LOUBET, Émile : 83, 410, 425.
LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis : 717.
LOUIS, Patrick : 717.
LOUIS LE GROS : 62, 331.
LOUIS IX (saint Louis) : 353, 360, 409, 424.
LOUIS XI : 62, 335.
LOUIS XII : 335.
LOUIS XIV : 62, 353, 358, 379.
LOUIS XVI : 352, 673.
LOUIS XVIII : 118, 404, 444.
LOUIS-PHILIPPE : 221, 223, 229, 438, 451, 622, 672, 681.
LOYNES, comte de : 122.
LOYNES, comtesse de : 82, 113, 120, 121-126.
LUCHAIRE, Achille : 349.
LUCHAIRE, Jean : 265, 272, 273.LUCE, Siméon : 345, 404.
LUITZ-MORAT : 450.
LUMIÈRE, Auguste : 294.
LUMIÈRE, Louis : 294.
LUPASCO, Stéphane : 202.
LUR-SALUCES, Bertrand de : 262, 264.
LYAUTEY, Louis : 177, 304, 422, 628, 629, 736, 738.

MABILLON, Jean : 351.
MABIRE, Jean : 286, 380.
MACCAS, Léon : 262.
MACCHABÉES, famille : 455.
MACDONALD, James Ramsay : 528.
MACÉ, Jean : 62, 232.
MACHECOUL : 448.
MAC-MAHON, Edme Patrice de : 144, 145, 239, 408, 410, 473, 482, 498, 629, 667, 685.
MAC-MAHON, marquise de : 262.
MADELIN, Alain : 735.
MADELIN, Louis : 15, 49, 362, 364, 374.
MADIRAN, Jean (Jean ARFEL, dit) : 605.
MADROLLE : 335.
MAGINOT, André : 51, 524, 525, 612.
MAHY, François de : 412.
MAILLÉ, duchesse de : 114.
MAINGUET, Robert : 283.
MAIRE, Gilbert : 276.
Maison du Roi : 218.
MAISTRE, Joseph de : 206, 333, 336, 352, 420, 446, 455.
MÂLE, Émile : 370.
MALLARMÉ, Stéphane : I, 115, 164, 669.
MALLE, Louis : 320, 323.
MALLIARAKIS, Jean-Gilles : 289.
MALLIAVIN, René (Michel DACIER, dit) : 195, 558-559.
MALOT, Hector : 230.
MALRAUX, André : 196, 267, 287, 306, 593, 594.
MALVY, Louis : 519.
MAME, Alfred : 226, 238, 239, 244.
MAME, Armand : 238.
MAME, Ernest : 238, 239.
MAME, Paul : 239.
MAN, Henri de : 279.
MANCERON, Claude : 721.
MANDEL, Georges : 28.
MANDIARGUES, André Pieyre de : 199.
MANDOUZE, André : 372.
MANENT, Pierre : 208.MANET, Édouard : 669.
MANN, Jean-Berthold : 362.
MAN RAY : 300.
MARANS, René de : 261.
MARÇAIS, Philippe : 737.
MARCEAU, Félicien : 197.
MARCEAU, François Séverin : 450.
MARCEL, Étienne : 345, 386, 422.
MARCEL, Gabriel : 197, 259.
MARCHAIS, Georges : 289.
MARCHAND, Léopold : 303.
MARCILHACY, Pierre : 286, 592.
MARENCHES, Alexandre de : 612.
MARESCQ, Gilles François : 230.
MARGAINE, Henri Camille : 410.
MARGUERITE, sainte : 424.
MARGUERITE-MARIE ALACOQUE,
sainte : 424.
MARGUERITTE, Paul : 241, 243, 246.
MARGUERITTE, Victor : 241, 246, 299.
MARIE, Vierge : 454, 725.
MARIE-ANTOINETTE, reine : 319.
MARIN, Gérard : 544, 546.
MARIN, Louis : 14, 17, 22, 25, 27, 30, 31, 38, 39, 50, 52, 53, 56, 413, 495, 514, 515, 516, 517, 518,
525.
MARION, Marcel : 360.
MARION, Paul : 177.
MARITAIN, Jacques : 180, 181, 192, 241, 259, 263, 270.
MARITAIN, Raïssa : 192, 241.
MARKER, Chris : 320.
MAROLLES, Claude de : 722.
MARPON, Charles : 227, 232, 233, 247.
MARQUE, Jean-Noël : 729, 730.
MARQUÈS-RIVIÈRE, Jean : 189, 275.
MARROU, Henri-Irénée : 366.
MARSAN, Eugène : 166, 244, 261, 264, 265.
MARSAN, Maurice de : 296.
MARSEILLE, Jacques : 737.
MARTAINVILLE, Alphonse : 216.
MARTEL, comtesse de (dite GYP) : 120.
MARTEL, René : 274.
MARTEL, Robert : 644.
MARTIGNAC, Jean-Baptiste : 221.
MARTIN, saint : 424.
MARTIN : 270.
MARTIN, Jean-Clément : 722, 723, 724, 725.MARTIN, Henri : 70, 72, 345, 348, 360, 402, 403, 414, 419.
MARTIN, Marie-Madeleine : 375.
MARTIN DU GARD, Maurice : 199, 200.
MARTIN DU GARD, Roger : 183.
MARTINEAU, Henri : 167, 244, 261.
MARTONNE, Emmanuel de : 368.
MARX, Karl : 383.
MASCURAUD : 50.
MASPETIOL : 737.
MASSEUBE : 728.
MASSIS, Henri : IV, 120, 167, 179, 180, 184, 190, 195, 199, 201, 210, 259, 267, 355, 356, 364, 495,
717.
Voir AGATHON.
MASSOL, colonel : 273.
MASSON, Frédéric : 119.
MASSON, Victor : 223, 227.
MASSU, Jacques : 639, 647, 650.
MATHIEZ, Albert : 354, 357, 362, 363, 380, 387.
MATHON, Eugène : 93.
MATHOT, Léon : 307.
MATZNEFF, Gabriel : 287.
MAUDRU, Charles : 296.
MAULNIER, Thierry : 139, 178, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 195, 196, 197,
202, 204, 210, 259, 281, 282, 717.
MAUPASSANT, Guy de : 122.
MAURIAC, Claude : 196, 282.
MAURIAC, François : 177, 183, 192, 196, 197, 200, 260, 267, 281, 282, 286, 540, 543, 638, 732.
MAURIENNE : 285.
MAURISSON, Georges : 711.
MAUROIS, André : 177, 267.
MAURRAS, Charles : VIII, 84, 92, 93, 95, 100, 120, 124, 137, 165, 166, 167, 168, 169, 179, 182, 184,
185, 206, 210, 259, 260, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 267, 273, 350, 352, 353, 355, 358, 359, 364,
370, 375, 377, 386, 417, 420, 421, 422, 423, 430, 431, 488, 489, 493, 494, 495, 497, 498, 501, 512,
537, 553, 605, 715, 718, 719, 721, 728, 731, 738.
MAXENCE, Jean-Pierre : 179, 180, 182, 183, 184, 188, 280, 716.
MAXIMOV, Vladimir : 207.
MAZAURIC, Louis : 362.
MAYER, Nonna : 712, 739.
MAYER, René : 565.
MAYEUR, Jean-Marie : 713, 725, 731.
MÉGRET, Bruno : 206, 609, 736.
MEHLMAN, Jeffrey : 717.
MEIGNAN, Mgr : 239.
MÉLIÈS, Georges : 294.
MÉLINE, Jules : 14, 15, 16, 35, 37, 42, 43, 44, 488.
MELVILLE, Jean-Pierre : 318, 319.MÉNAGER, Bernard : 718.
MENDÈS FRANCE, Pierre : 239, 634, 635, 657.
MENEGOZ, Robert : 319.
MENTHON, François de : 567.
MERCIER, Mgr : 678.
MÉRIMÉE, Prosper : 175, 176.
MERKLEN, père : 138.
MERSON, Luc-Olivier : 122.
MESNEAU : 723.
MESNIER, Paul : 314.
MESSALI HADJ, Ahmed : 630, 633.
MEYER, Arthur : 78, 118, 119, 120, 122, 123, 124, 125, 485.
MEYER, Jean : 380.
MEYER, Paul : 348.
MEYNAUD, Jean : 712.
MICHAUD : 332, 337.
MICHAUD, frères : 220.
MICHAUX, Henri : 192.
MICHEL, saint : 423, 424.
MICHELET, Edmond : 567, 597.
MICHELET, Jules : 339, 341, 357, 359, 401, 402, 405, 407, 414, 419, 420, 446, 452, 453, 675, 724.
MICHELOT : 223.
MIE : 222.
MIGNE, abbé Jacques : 132, 135, 226, 714.
MIGNET, François-Auguste : 331, 333, 339, 687.
Milice (La) : 315, 642, 734.
MILLAUD, Moïse Polydore : 135, 149.
MILLERAND, Alexandre : 14, 29, 31, 34, 37, 51, 53, 55, 63, 177, 507, 519.
MILLERET, colonel : 262, 264.
MILLEVOYE, Émile : 425.
MILLMAN, Richard : 712, 713.
MILOSZ, Czeslaw : 207.
MILZA, Pierre : 103, 712, 717.
MIOT, Jean : 158.
MIRANDE, Yves : 303, 306.
MIRBEAU, Octave : 115.
MIREAUX, Émile : 138.
MIRMAN, Jean : 280.
MIRMAN, Léon : 280, 281.
MIRÓ, Juan : 300.
MISTLER, Jean : 283.
MISTRAL, Frédéric : 122, 243, 453.
MITCHELL, Robert : 726.
MITHOUARD, Adrien : 166, 168.
MITTERRAND, François : 141, 286, 289, 323, 460, 554, 575, 612, 600, 634, 636, 649, 650, 657, 694,
733, 735, 737.MOCKY, Jean-Pierre : 322.
MOGUY, Léonide : 306.
MODIANO, Patrick : 599.
MOHLER, Armin : 290.
MOHRT, Michel : 190, 197, 198, 282, 285, 448.
MOLIÈRE (Jean-Baptiste POQUELIN, dit) : 191.
MOLINIER, Auguste : 348.
MOLLET, Guy : 371, 621, 635, 636, 637, 638, 651.
MOLLIER, Jean-Yves : VIII, 258.
MOLNAR, Thomas : 204.
MONET, Claude : 669.
MONFREID, Henry de : 283.
MONGIN, Olivier : 204.
MONNEROT, Jules : 202.
MONNIER, Pierre (dit CHAMBRI) : 279.
MONOD, Gabriel : 343, 346, 347, 349, 350, 355, 363, 364, 366, 372.
MONSACRÉ, Fernand : 275.
MONTAGNE, Rémy : 239.
MONTAIGNE (Michel EYQUEM de) : 543.
MONTALEMBERT, Charles de : 118, 219, 224, 684.
MONTANDON, Georges : 274.
MONTEBELLO, comtesse de : 116.
MONTESQUIEU : 208, 625.
MONTESQUIOU, Léon de : 416, 497, 730.
MONTFORT, Eugène : 161, 165.
MONTGAILLARD, abbé de : 333.
MONTGOMERY, comtesse de : 119.
MONTHERLANT, Henry de : 183, 196, 199, 259, 267, 281, 508, 509, 731.
MONTIJO, Eugénie de : 119.
MONTLOSIER, comte de : 331, 335, 337.
MONTMORENCY, duc de : 225.
MONSELET, Charles : 243.
MORAND, François : 339.
MORAND, Paul : 191, 196, 199, 259, 267, 281, 282.
MOREAU, Dom : 88.
MOREAU, Jacob Nicolas : 330.
MOREAU, Lucien : 244, 261, 264.
MOREAU, Y. : 724.
MORÈS, marquis de : 78, 79.
MORICE, André : 637, 638.
MORLAY, Gaby : 314.
MORNY, duc de : 148, 231.
MOSJOUKINE, Ivan : 298.
MOSTEFAI : 738.
MOTTE, Eugène : 14, 16, 37, 44, 45.
MOULIN, Jean : 572, 574, 591, 592, 593, 612, 734.MOUNIER, Emmanuel : 188, 189, 194, 717.
MOUSNIER, Roland : 371, 372, 377, 378.
MOUSTIER, René de : 29, 157.
MOUTON, Félix : 281.
MOUTON, Pierre : 274.
MOUTON, Roger : 142, 280, 281, 282, 283, 284.
Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) : 633.
Mouvement républicain populaire (MRP) : 557, 567, 568, 569, 633, 636, 637, 641.
Mouvement social révolutionnaire (MSR) : 274, 279.
MÜLLER, Klaus-Jürgen : 713.
MUN, Albert de : 115, 244, 473, 724.
MUN, Bertrand de : 30.
MUGNIER, abbé : 117, 124.
MURAT, comtesse : 120.
MURGER, Henri : 235, 238.
MUSIL, Robert : 199.
MUSSET, Alfred de : 175, 245.
MUSSOLINI, Benito : 91, 92, 104, 264, 309.
MUTTER, André : 563.

NADAR, Félix : 119.
NADEAU, Maurice : 197.
NAEGELEN, Marcel-Edmond : 633, 645.
NAMER, Gérard : 732.
NANTES, abbé Georges de : 735.
NAQUET, Alfred : 74, 78.
erNAPOLÉON I : 134, 215, 233, 330, 342, 386, 438, 447, 566, 615, 626.
NAPOLÉON III : 119, 122, 136, 147, 152, 403, 478, 479, 484, 623, 624, 626, 628, 629, 659, 660,
668, 672, 681, 726, 727, 728.
NATAN, Bernard : 301.
NATANSON, frères : 164.
NAVERY, Raoul de : 449.
NECKER, Mme : 115.
NEMOURS, lignée : 623.
NÉRET, Jean-Alexis : 277.
NERVAL, Gérard de : 245.
NETTEMENT, Alfred : 341.
NETTER, Marie-Laurence : 716.
NGUYEN, Victor : 488, 716, 721.
NICOLET, Claude : V, 712.
NIEBUHR, Berthold : 351.
NIEKISCH, Ernst : 205, 290.
NIEL, Adolphe : 478, 484.
NIMIER, Roger : 196, 197, 200, 282, 283, 284, 285, 287.
NION, François de : 243.
NOAILLES, vicomte de : 300.NOËL-NOËL : 317.
NOIR, Louis : 448.
NOIR, Michel : 602, 611.
NORA, Pierre : 381, 723, 732.
NOURISSIER, François : 198, 199, 282.
Nouvelle Action française : 141, 203.
Nouvelle librairie nationale : 244, 257, 260, 262, 263, 264, 266, 280, 289.
NOVAK, Kim : 143.

OBERG, Karl : 598.
OCTOBRE (groupe) : 305.
O'DONNEL, Jean-Louis Barthélemy : 217.
Œuvre des bons livres : 214, 218.
OFFENBACH, Jacques : 235.
OLENDER, Maurice : 718.
OLLENDORFF, Paul : 247.
OLLIVIER, Albert : 142, 578.
OLLIVIER, Émile : 474, 498, 627.
OLMER, Théodore : 240.
OPHULS, Max : 319, 322, 599.
Opus Dei : 197.
ORDINAIRE, Maurice : 29.
ORENGO, Charles : 283.
Organisation armée secrète (OAS) : 202, 320, 321, 587, 588, 589, 591, 597, 598, 641, 642, 643, 644,
645, 646, 647, 648, 649, 650, 738.
Organisation de résistance de l'Algérie française : 737
ORLÉANS, duc d' : 79, 244, 261, 262, 264.
ORMESSON, Jean d' : 198.
ORNANO, Antoine : 272.
ORTIZ, Joseph : 642, 738.
ORY, Pascal : III.
OSSIAN : 216.
OTTO (liste) : 271, 273.
OURLIAC, Édouard : 448.
OUSTRIC, Albert : 95.

PAGÈS, Georges : 364.
PAGNERRE : 231.
PAGNOI., Marcel : 302, 303, 311.
PAILLARD, Y. G. : 723.
PAILLERON, Marie-Louise : 175.
PAINLEVÉ, Jean : 316.
PAINLEVÉ, Paul : 34, 63.
PALMÉ, M. : 240.
PALMER, Michael B. : 715.
PALMERSTON, Henry : 681.
PALMIER, Jean-Michel : 204.PANCKOUCKE, famille : 217, 226.
PAPON, Maurice : 600.
PARAZ, Albert : 268.
PARDESSUS, Jean-Marie : 337, 339.
PARETO, Vilfredo : 376.
PARIS, comte de (Louis-Philippe D'ORLÉANS) : 147, 148, 261, 481.
PARIS, comte de (Henri d'ORLÉANS) : 376.
PARIS, Gaston : 349, 364.
PARIS DE BOLLARDIÈRE, général : 587.
Parti agraire et paysan français : 54, 55.
Parti communiste français (PCF) : 65, 90, 106, 305, 318, 373, 549, 562, 563, 567, 569, 578, 579, 636,
712, 734.
Parti des forces nouvelles (PFN) : 738.
Parti du peuple algérien : 630.
Parti national socialiste : 268.
Parti nationaliste français (PNF) : 606.
Parti nationaliste français et européen (PNFE) : 290, 606.
Parti patriote révolutionnaire : 108.
Parti populaire français (PPF) : 54, 101, 153, 276, 587, 713, 734, 736.
Parti radical : 63, 538, 635, 661.
Parti républicain de la liberté (PRL) : 562, 563.
Parti républicain démocratique (PRD) : 47, 49.
Parti républicain démocratique et social (PRD et S) : 49, 50.
Parti républicain de réorganisation nationale : 49, 55.
Parti républicain fédéral : 30.
Parti républicain national et social : 38, 97, 712.
Parti républicain socialiste : 63.
Parti républicain syndicaliste : 265.
Parti social français (PSF) : 17, 38, 40, 54, 55, 57, 102, 106, 107, 132, 713, 736.
Parti socialiste : 45, 159, 539, 632, 635, 649.
Parti socialiste unifié (PSU) : 649.
PARTURIER, L. Eugène : 173.
PASCAL, Georges : 276.
PASQUA, Charles : 611, 612.
PATHÉ, Charles : 295, 296, 297, 298, 301.
PAUL-BONCOUR, Joseph : 428.
PAULHAN, Jean : 190, 193, 196, 197, 281, 282.
PAULIN, Jean-Paul : 307, 314.
PAUWELS, Louis : 199, 202, 205.
PAVIOT, Paul : 319.
PAXTON, Robert : 599.
PÉGUY, Charles : IV, 192, 260, 267, 355, 421, 492, 493, 494, 495.
PÉGUY, Pierre : 728.
PELLETAN, Camille : 410.
PELVEY : 230.
PEMJEAN, Lucien : 269, 274.PERGAUD, Louis : 243.
PERNOT, Georges : 22, 27, 29.
PERRENS, Tommy : 345.
PERRIN, abbé Théodore : 225, 226.
PERROT, Georges : 349.
PERROUX, François : 190.
PERROY, Édouard : 372.
PERSIGNY : 234.
PESCHANSKI, Denis : 720.
PÉTAIN, Philippe : 177, 180, 189, 190, 193, 194, 195, 274, 278, 282, 286, 287, 310, 316, 322, 368,
370, 430, 524, 538, 539, 540, 541, 542, 545, 553, 559, 561, 564, 568, 569, 573, 574, 580, 581, 585,
586, 587, 597, 607, 625, 644, 689, 719, 720, 731, 736.
PETIT : 228.
PETIT, Henry-Robert : 269.
PETIT, Jacques : 725.
PETIT-DUTAILLIS, Charles : 414, 415.
PETITJEAN, Armand : 190, 276.
PEYREFITTE, Alain : 175.
PEYRONNET, Charles : 221.
PFISTER, Christian : 350, 356.
PFLIMLIN, Pierre : 637, 639, 642.
Phalange (La) : 193.
Phalanges universitaires (des Jeunesses patriotes) : 35, 91, 94, 96.
PHILIPPE IV, LE BEL : 359.
PHILIPPE-AUGUSTE : 345, 721.
PHILIPPON, René : 270, 271.
PICARD, Camille : 425.
PICARD, Gilbert : 371, 372.
PICASSO, Pablo : 171.
PICK, Eugène : 242.
PICOT, Georges : 15.
PIE VII : 335.
PIE IX : 407.
PIE X : 400.
PIE XI : 138, 178.
PIE XII : 643.
PIERRE L'ERMITE : 421.
PIÉTRI, François : 269, 270.
PIÉTRI, Pierre-Marie : 232.
PILON, Edmond : 367.
PINATUS : 277.
PINAY, Antoine : 142, 175, 195, 543, 564, 565, 566, 570, 596, 637, 657, 658, 689, 690, 691, 692,
693, 696, 697, 737, 739.
PINGAUD, Bernard : 284.
PIOU, Jacques : 34, 43, 44, 45, 46.
PISSARRO, Camille : 669.PITAUD, Henri : 453.
PITHON, Rémy : 719.
PITOIS, Pierre : 30.
PLANTAGENÊTS, lignée : 414.
PLATONOV, S. : 363.
PLESSY, Armand du : 299.
PLEVEN, René : 565, 568.
PLICHON, Jean : 522, 523, 525.
PLICHON, Jean-Pierre : 525.
PLON, Henri : 226, 229, 231.
PLOQUIN, Raoul : 311, 312, 313, 720.
PLUET-DESPATIN, Jacqueline : 715.
PLUMMER, Mary (Mme Clemenceau) : 666, 669, 678.
POINCARÉ, Raymond : 14, 25, 28, 32, 51, 63, 93, 94, 96, 97, 177, 297, 363, 411, 425, 514, 515, 519,
527, 528, 597, 657, 658, 660, 661, 662, 663, 664, 665, 667, 668, 673, 674, 677, 678, 679, 681, 682,
683, 687, 688, 689, 690, 691, 693, 694, 695, 696, 698.
POIRIER, Léon : 306, 314.
POIROT-DELPECH, Bertrand : 722.
POLIGNAC, duchesse de : 118.
POLIGNAC, Jules Auguste de : 134, 222, 622.
POLIGNY, Serge de : 313.
POMPIDOU, Georges : 155, 288, 289, 323, 595, 596, 597, 598, 599, 643, 647, 648, 692, 695, 696,
697, 724, 735, 738.
PONIATOWSKI, Michel : 695.
PORCHNEV, Boris : 378.
PORTALIS, baron : 335.
PORTES, Hélène de : 117.
PORTES, Jacques : 720.
POUGET, Jean : 544, 545.
POUJADE, Pierre : 584, 637.
POUJADE, Robert : 107.
POULAILLE, Henry : 266.
POULET, Robert : 198, 268.
POUPET, Georges : 283.
POURRAT, Henri : 190, 267, 453, 719.
POURTALÈS, comtesse de : 120.
POURTALÈS, Guy de : 266.
POUSINO, O. : 272.
POUYER-QUERTIER, Joseph : 677.
POZZO DI BORGO, duchesse : 118.
PRASSOLOFF, Annie : 220.
PRESSENSÉ, Francis de : 494.
PRÉVERT, Jacques : 206, 305, 306, 313.
PRÉVERT, Pierre : 305, 314.
PRÉVET, Charles : 47.
PRÉVET, Jules : 15, 44, 47.PRÉVOSTO, Jacques : 713.
PRÉVOST-PARADOL, Lucien Anatole : 627, 659.
PRIMO DE RIVERA, José Antonio : 193.
PRÉVOST, Marcel : 260, 269.
PRIVAT, Bernard : 286.
PROCHASSON, Christophe : 716.
PROST, Antoine : 713, 730, 731.
PROU, Maurice : 361.
PROUDHON, Joseph : 92, 185, 231, 261.
PROUST, Marcel : 114, 115.
PROUVOST, Jean : 136, 149, 158.
PRUDHOMME, Sully : 444, 724.
PSICHARI, Jean : 181, 193, 494.
PUCHEU, Pierre : 367, 642, 738.
PUECH, professeur : 417.
PUJO, Maurice : 166, 415, 417.
PUISEUX, Robert : 142.
PUYSÉCUR : 275.

QUERRIOUX, docteur : 274.
QUICHERAT, Jules : 339, 403, 405, 406.
QUICHERAT, Louis : 351.
QUINET, Edgar : 341.

RACHILDE : 243.
RACINE, Jean : 192, 239.
RACINE-FURLAND, Nicole : 734.
RADIGUET, Raymond : 319.
RADOT, Guillaume : 314.
RAIMU, Jules : 303.
RAMADIER, Paul : 586, 632, 633.
RAMBAUD, Alfred : 350.
RAMUZ, Charles-Ferdinand : 259.
RANC, Arthur : 410.
RAOUL-DUVAL, Edgard : 232.
Rassemblement démocratique : 592.
Rassemblement des gauches républicaines (RGR) : 633, 636, 737.
Rassemblement du peuple français
(RPF) : 49, 57, 107, 318, 543, 557, 567, 568, 570, 577, 578, 579, 581, 601, 611, 616, 633, 635, 690,
692, 713, 733, 734.
Rassemblement national : 637.
Rassemblement populaire : 531.
Rassemblement pour la République (RPR) : 57, 155, 159, 582, 600, 602, 603, 611, 616, 651, 652, 736.
Rassemblement pour une Calédonie républicaine (RPCR) : 651.
Rassemblement républicain pour la défense de l'Algérie française : 632.
RASSINIER, Paul : 383.RASTIGNAC, Eugène de (personnage de Balzac) : 666.
RATIER, Antony : 43, 53.
REAL DEL SARTE, Maxime : 429.
REBATET, Lucien : 96, 195, 274, 585, 607.
REBELL, Hugues : 728.
RÉCAMIER, Mme de : 114.
RECOULY, Raymond : 269.
Recours (Le) : 649.
RÉDIER, Alexis : 181.
RÉGIS, Max : 638.
REGNAULT DE CHARTRES : 415.
RÉGNIER, Claude : 215.
RÉGNIER, Henri de : 267.
Regroupement national : 99.
REIBEL, Charles : 275.
REINACH, Joseph : 41.
REIZOV, Boris : 332.
REMI, saint : 423.
RÉMOND, René : VI, 327, 370, 657, 714, 715.
RÉMUSAT, Charles de : 228.
RÉMY (Gilbert RENAULT, dit colonel) : 579, 597, 607, 734.
RENAN, Ernest : 71, 122, 176, 230, 235, 329, 352, 353, 384, 487, 488, 500.
RENAUD, Jean : 103.
RENAUDET, Augustin : 363.
RENAUDOT, Théophraste : 144.
RENAUIT-MORLIÈRE : 44.
RENNEVILLE, vicomtesse de : 120.
RENOIR, Jean : 305, 306.
RENON, Jean : 190.
RENOUARD : 222.
RENOUVIN, Bertrand : 141.
RENOUVIN, Pierre : 363, 377.
Républicains indépendants : 695.
Républicains indépendants et d'action sociale : 689.
RESNAIS, Alain : 320.
RESNES, Étienne de : 262, 264.
RÉVILLE, Albert : 348.
REVEL, Jean-François : 286, 381.
RÉVILLON, Tony : 410.
REYNAUD, Jacques : 183.
REYNAUD, Paul : 14, 51, 53, 117, 538, 539, 736, 737.
REYNOLD, Gonzague de : 180.
RIALS, Stéphane : 327.
RIANT, Paul : 240.
RIBOT, Alexandre : 19, 44.
RICHARD, Charles-Henri : 333.RICHARD, Marthe : 306.
RICHEBÉ, Roger : 312.
RICHELIEU, Armand Emmanuel de : 658.
RICHELIEU, cardinal de : 275, 573.
RICHEMONT (ARTHUR III DE BRE
TAGNE) : 415.
RICHET, Denis : 373.
RIEFENSTAHL, Leni : 309.
RILKE, Rainer Maria : 277.
RIMBAUD, Arthur : 192, 721.
RIOU, Gaston : 265.
RIVAROL, Antoine de : 352.
RIQUIER, Marius : 261.
RIVAIN, Jean : 166, 244, 260, 262.
RIVETTE, Jacques : 320.
RIVIÈRE, Marcel : 168.
ROBERT : 726.
ROBERT, Jacques : 81.
ROBESPIERRE, Maximilien : 443.
ROCARD, Michel : 651.
ROCHE, Anne : 717.
ROCHE, Daniel : III.
ROCHE, Jules : 32, 35, 36, 37, 38, 49.
ROCHÉ, Henri-Pierre : 199.
ROCHEFORT, Henri de : 124, 137.
ROCHE-PÉZARD, Fanette : 717.
ROD, Eugène : 349.
RODE, Henri : 279.
RODITI, Georges : 178.
ROGET, général : 81.
ROHAN, duchesse de : 116.
ROHMER, Éric : 320.
ROLLAND, Romain : 507, 730.
ROLLAT, Alain : 736.
ROLLIN, Louis : 567.
ROMAINS, Jules : 166.
RONSARD, Pierre : 192.
RONSIN, Charles : 440.
ROQUES, Henri : 290, 383.
ROSANVALLON, Pierre : 739.
ROSI, Francesco : 321.
ROSSI-LANDI, Guy : 731.
ROSTAND, Edmond : 122, 176, 506, 730.
ROTHSCHILD, famille : 149.
ROTH, François : 725.
ROTHNEY, John : 727.ROTMAN, Patrick : 739.
ROUARD, Alexis : 262.
ROUBAUD, Paul : 359.
ROUDÈS, Gaston : 296.
ROUFFIO, Jacques : 323.
ROUGEMONT, Denis de : 188, 196.
ROUGIER, Louis : 278, 559, 560, 732.
ROUHER : 726.
ROUMANILLE, Joseph : 243.
ROURE, Rémy : 544, 545.
ROUSSEL, Félix : 16, 42.
ROUSSELLIER, Nicolas : 730.
ROUSSO, Henry : 736.
ROUVIER, Maurice : 21, 41.
ROY, Jules : 196, 282, 286.
RUDELLE, Odile : 712.
RUEFF, Jacques : 677.
RUXTON, Geneviève : 120.
RUYER, Raymond : 202.
RYDER, Alexandre : 310.

SABATÉ, Fernand : 173.
SACAZAN : 95.
SACCARD : 299.
SADOUL, Georges : 310.
SAGAN, Françoise : 199, 286.
SAGAN, princesse de : 119.
SAGNAC, Philippe : 349, 362, 367.
SAGNES, Jean : 739.
SAINDERICHIN, Pierre : 715.
SAINT-ARNAUD, Achille Leroy de : 623.
SAINTE-BEUVE, Charles Augustin : 118, 121, 122, 175, 403.
SAINTE-CROIX, Maxime de : 725.
SAINT-GERVAIS : 334.
SAINT-JOHN PERSE (Alexis LÉGER, dit) : 193, 267.
SAINT-MAUR, François de : 89.
SAINT-OUEN, Mme de : 223.
SAINT-PIERRE, Michel de : 284, 286, 288.
SAINTRAILLES, Poton de : 403.
SAINT-VICTOR, Paul de : 407.
SAIVRE, Roger de : 569, 732.
SALAN, Raoul : 644, 737, 738.
SALAZAR, António de Oliveira : 644.
SALENGRO, Roger : 153, 156.
SALLÈS, Antoine : 522, 523, 524, 525.
SALVANDY, Narcisse Achille : 224.SAND, George : 175, 230, 235, 238.
SANGNIER, Marc : 261, 422.
SANTERRE, Antoine : 440.
SARDOU, Victorien : 727.
SARNE, Daniel : 287.
SARRIEN, Jean-Marie : 410, 679.
SARTRE, Jean-Paul : 196, 198, 282.
SAVINE, Albert : 243.
SAURIN : 736.
SAVONAROLE, Jérôme : 422.
SCHEIKÉVITCH, Marie : 115.
SCHEURER-KESTNER, Auguste : 232, 714.
SCHILLER, Friedrich von : 176.
SCHMIDT, Michael : 736.
SCHMITT, Carl : 205, 290.
SCHMITTLEIN, Raymond : 594.
SCHNAEBELÉ, Guillaume : 486.
SCHOENDOERFFER, Pierre : 321.
SCHUELLER, Eugène : 274, 280.
SCHULTZ, Julius : 365.
SCHUMAN, Robert : 175, 318.
SCHUMANN, Maurice : 565, 586.
SCIPION L'AFRICAIN : 680.
SCOTT, Walter : 331, 448.
SÉCHÉ, Alphonse : 275.
SÉCHER, Reynald : 380, 724.
Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) : 47, 63, 562, 649, 735, 737.
SÉE, Henri : 364.
SEGHERS, Pierre : 192, 193.
SÉGUR, comtesse de : 234.
SEIGNOBOS, Charles : 329, 347, 349, 354, 355, 356, 361, 494.
SEMBAT, Marcel : 416, 428.
SEPET, Marius : 344, 346, 405.
SÉRANT, Paul : 198, 199.
SERGENT, Pierre : 287, 382, 718.
SÉRIGNY, Alain de : 284, 644.
SERVAN-SCHREIBER, Jean-Jacques : 638, 696.
SEVAISTRE, M. : 282.
SEVENO, Maurice-Henri : 288.
SHAKESPEARE, William : 543.
SHAMIR, Haïm : 713.
SHIRER, William : 714.
SICARD, Maurice-Ivan : 286.
SICLIER, Jacques : 720.
SIDOS, François (père) : 734.
SIDOS, François (fils) : 734.SIDOS, Henri : 734.
SIDOS, Jacques : 586, 642, 734.
SIDOS, Pierre : 586, 642, 734.
SIEGFRIED, André : 453, 463, 557, 582, 607.
SIMENON, Georges : 315.
SIMIAND, François : 356.
SIMON, Jules : 144, 484.
SIMOND, Henry : 125, 132, 139.
SINIAVSKI, Alexandre : 207.
SIODMAK, Robert : 306, 720.
SIREY, Jean-Baptiste : 223.
SIRINELLI, Jean-François : V, vu, 715, 729.
SISLEY, Alfred : 669.
SISMONDI, Jean-Charles : 331.
SISMONDI, Simone de : 401.
SLAVIN, Maurice : 723.
SMEDT, père de : 347.
SMITH : 222.
SOBOUL, Albert : 379, 381.
Société catholique des bons livres : 214.
Société ébroïcienne : 340.
Société de l'École des chartes : 339.
Société des antiquaires de Normandie : 340.
Société des antiquaires de l'Ouest : 340.
Société des antiquaires de Picardie : 340.
Société des bonnes œuvres et des bonnes études : 219.
Société des bons livres : 219.
Société française d'archéologie : 340.
Société de gestion et d'exploitation de cinéma (SOGEC) : 312.
Société d'histoire de France : 338, 339.
Société pour la propagation de la Charte : 220.
Société reproductive des bons livres : 225.
SOGNO, Anne : 717.
SOLAR : 149.
Solidarité française : 103, 104.
SOMBART, Werner : 205, 290.
SONIS, Gaston de : 473.
SORDET, Dominique : 276.
SOREL, Albert : 83, 349, 358.
SOREL, Georges : 167, 168, 716.
SORLOT, Fernand : 269, 270, 274.
SOUCY, Robert J. : 96.
SOUDAY, Paul : 359.
SOULAS, docteur : 283.
SOULÈS, Georges : 279.
SOULIÉ, Frédéric : 238.SOUSTELLE, Jacques : 285, 286, 288, 587, 635, 637, 638, 640, 645, 648, 737.
SOUVARINE, Boris : 208.
SPEER, Albert : 616.
SPENGLER, Oswald : 205, 607.
SPRONCK, Maurice : 19.
STAËL, Germaine de : 668.
STALINE, Joseph : 191, 363, 565.
STAPFER : 668.
STAROBINSKI, Jean : II.
STAVISKY, Alexandre : 94, 96, 303, 304, 719.
STEEG, Jules : 40, 41, 410.
STEINHOFF, Hans : 309.
STELLI, Jean : 314.
STENDHAL (Henri BEYLE, dit) : 177, 235, 238, 244, 245, 261, 485.
STÉPHANE, Roger : 284.
STERNHELL, Zeev 84, 85, 508, 605, 717, 730.
STOCK, Pierre-Victor 243
STOLERU, Lionel : 603.
STORA, Benjamin : 738.
STRABON : 420.
SUARÈS, André : 259.
SUAREZ, André : 281.
SUAREZ, Georges : 268, 269, 275.
SUARD : 216.
SUE, Eugène : 230.
SUSINI, Jean-Jacques : 642, 644, 738.
Syndicat de la presse parisienne : 156.
SYVETON, Gabriel : 45, 82, 124.
SWETCHINE, Sofia Petrovna : 118, 119.

TACITE : 356.
TAGUIEFF, Pierre-André : 106, 204, 713, 718, 719.
TAILHADE, Laurent : 413.
TAINE, Hippolyte : 71, 329, 343, 349, 352, 353, 354, 359, 384, 487, 488, 694.
TAITTINCER, Pierre : 17, 38, 39, 89, 90, 91, 94, 96, 97, 100, 522, 523, 524, 564, 736.
TALBOT, John : 403.
TALMOND, prince de : 447.
TAPIÉ, Victor-Louis : 364.
TARCHY, Marco : 204.
TARDE, Alfred de : 167, 354, 355, 356, 495.
Voir AGATHON.
TARDIEU : 222.
TARDIEU, André : 14, 28, 53, 96, 97, 153, 299.
TARDIFF, frères : 341.
TARLÉ, Eugène : 363.
TARTING, Christian : 717.TATI, Jacques : 319.
TAVERNIER, Bertrand : 322, 739.
TAVERNIER, René : 192, 193, 717.
TAXIL, Léo : 243.
TEILHARD DE CHARDIN, Pierre : 120, 258.
TEITGEN, Pierre-Henri : 567.
TERVES, comte de : 480.
TESSIER, Georges : 361.
TESSIER, Jules : 345.
TESSON, Philippe : 141, 287, 288.
THALAMAS, Amédée : 414, 415, 416, 417, 431.
THARAUD, Jean : 168, 177, 258, 260.
THARAUD, Jérôme : 168, 258, 260.
THÉRIVE, André : 199, 261, 267, 279.
THÉRY, Jean-François : 720.
THIBAUD, Marcel : 690.
THIBAUDET, Albert : I, V, VIII, 259, 697.
THIBON, Gustave : 180, 190
THIBOUT, Georges : 533
THIERRY, Amédée : 331, 348.
THIERRY, Augustin : 328, 331, 332, 333, 334, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 345, 357, 373.
THIERRY, Joseph : 19, 21, 24, 26, 37, 38, 711.
THIERS, Adolphe : 71, 118, 221, 223, 225, 227, 229, 331, 332, 333, 374, 452, 473, 482, 485, 623,
624, 658, 659, 660, 662, 663, 664, 666, 667, 668, 669, 671, 672, 673, 676, 679, 680, 681, 683, 685,
686, 687, 688, 696, 698, 724, 727.
THIESSE, Anne-Marie : 716, 718.
THOMAS, Louis : 272, 275, 276.
THOMAS D'AQUIN, saint : 644.
THOURET, Jacques-Guillaume : 330.
Tiers parti : 627, 726.
TILLY, Charles : 451.
TINGUY, Jean de : 22.
TITE-LIVE : 351.
TIXIER, Adrien : 733.
TIXIER-VIGNANCOUR, Jean-Louis : 286, 586, 637, 738.
TOCQUEVILLE, Alexis de : 133, 134, 208, 228, 229, 342, 343, 354, 376, 379, 714, 721.
TODA, Michel : 717.
TOUCHARD, Jean : 730.
TOUQUET, Jean-Baptiste : 220.
TOURJANSKI, Victor : 298.
TOURON, Eugène : 36.
TOUVIER, Paul : 594, 596, 597, 598, 611, 613.
TRAMEL, Félicien : 303.
TRIOLET, Elsa : 268.
TRISTAN : 313.
TROGNON : 332.Troisième voie : 290.
TROTSKI, Léon : 519.
TROYAT, Henri : 196, 282.
TRUFFAUT, François : 319, 320, 322.
TRUY : 232.
TUAL, Roland : 314.
TUDESQ, André-Jean : 714, 739.
TULARD, Jean : 374.
TURPIN, Eugène : 243.
TURQUET : 74.
TURREAU, général : 440, 443, 724.

Union démocratique : 26.
Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) : 632, 633, 634.
Union démocratique et radicale : 689.
Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) : 568, 636, 640.
Union des chambres syndicales de l'industrie du pétrole : 142.
Union des gauches : 40, 662.
Union des indépendants républicains (UNIR) : 568.
Union des intellectuels indépendants : 563.
Union des intérêts économiques : 24, 36, 37, 39.
Union du commerce et de l'industrie pour la défense sociale : 24, 31, 35, 36, 37, 44.
Union fédérale des combattants : 98.
Union libérale républicaine : 14, 15, 28, 41, 42, 44.
Union nationale des combattants : 32, 98.
Union nationale des membres de l'enseignement public : 365.
Union nationale des syndicats agricoles : 361.
Union nationale républicaine : 49.
Union nationale républicaine du Doubs : 29.
Union patriotique de France : 74.
Union populaire républicaine : 30.
Union populaire républicaine de la Gironde : 30.
Union pour la défense de la République (UDR) : 600, 734.
Union pour la démocratie française (UDF) : 159, 601, 602, 603, 611.
Union pour la fraternité française : 637.
Union pour la nouvelle République (UNR) : 57, 108, 592, 594, 737.
Union pour la Vérité : 188.
Union pour le salut et le renouveau de l'Algérie française (USRAF) : 645.
Union républicaine démocratique : 21, 22, 27, 30, 524.
Unité de la République : 737.
UZÈS, duchesse d' : 409.

VADIM, Roger : 319.
VAILLAND, Roger : 199.
VAILLANT-COUTURIER, Marie-Claude : 567.
VALENTIN, Albert : 307, 313, 315.
VALÉRY, Paul : 120, 192, 194, 281, 357.VALLA, Lorenzo : 329.
VALLAT, Xavier : 19, 22, 89, 195, 200.
VALLÈS, Jules : 235, 718.
VALLERY-RADOT, Robert : 189, 268, 272, 275.
VALLET, Auguste : 403.
VALOIS, Georges (Alfred Georges CRESSENT, dit) : 92, 93, 167, 244, 261, 262, 263, 264, 265, 429.
VALOIS, Noël : 345.
VANDAL, Albert : 119.
VANDAL, Arthur : 349.
VANDÉREM, Fernand : 245.
VANDROMME, Pol : 281.
VANIER, Léon : 237.
VARDA, Agnès : 320.
VARENNE, Jean : 202.
VARIOT, Jean : 167, 265, 266.
VAUDOYER, Jean-Louis : 177.
VAUGEOIS, Henri : 82, 84, 350, 353.
VAUTIER, René : 321.
VAUVENARGUES, marquis de : 216.
VEIL, Simone : 602, 603, 611, 735.
VERCINGÉTORIX : 348, 356.
VERCORS (Jean BRULLER, dit) : 191, 318.
VERDAGUER, Jacint : 243.
VERGÈS, Jacques : 735.
VERNANT, Jean-Pierre : 204.
VERNAY, Alfred : 690.
VERNET, Horace : 625.
VERNEUIL, Louis : 303, 304.
VÉRON, docteur : 175.
VEUILLOT, Louis : 132, 135, 138, 239, 341, 406, 477, 628.
VIAL, abbé Marie-Léon : 419.
VIAL, Pierre : 382.
VIAN, Boris : 199.
VIANNAY, Philippe : 575, 587.
VIARDOT, Jean : 245.
VICTOR-EMMANUEL II : 477.
VIDAL-NAQUET, Pierre : 372, 383.
VLEL, Marguerite : 303.
VIGNY, Alfred de : 175, 456.
VIGO, Jean : 302.
VILLAT, Louis : 365.
VILLÈLE, comte de : 336.
VILLEMESSANT, Jean Hippolyte CARTIER DE : 149.
VILLIERS, Philippe de : 722, 724.
VINCENT, Jean-Claude : 202.
VINCENT, René : 182, 184, 189, 193.VIOLLET-LE-DUC, Eugène : 119.
VIOLLETTE, Maurice : 630, 631.
VIVIANI, René : 427, 498, 538.
VLASTO, Antoine : 124.
VOLKOFF, Alexandre : 298.
Volontaires nationaux : 99, 101, 259.
VOLTAIRE (François Marie AROUET,
dit) : 399, 400, 406, 408, 432.

WACHTER, Alfred : 727.
WADDINGTON, William : 410.
Waffen SS : 276, 581, 598, 606, 736.
WAGNER, Richard : 235, 245.
WALDECK-ROUSSEAU, Pierre : 20, 42, 43, 79, 81, 481, 566, 628, 694.
WALL, Erwin, W. : 720.
WALLON, Henri : 405, 407.
WARREN, Édouard de : 22, 27.
WARWICK, Richard NEVILLE : 422.
WEBER, Eugen : VII, 370, 716, 717.
WEBER, Max : 376.
WENDEL, François de : 15, 22, 514.
WERDET, Edmond : 228.
WEYGAND, Maxime : 177, 374, 429, 430, 538, 539.
WIECHERT, Ernst : 277.
WIENE, Robert : 306, 720.
WIEVIORKA, Olivier : 734.
WILSON, Daniel : 73, 77, 239.
WILSON, Thomas Woodrow : 682.
WINOCK, Michel : 712, 713, 728.
WINTERMAYER, Eduard : 272, 273.
WOLIKOW, Serge : 712.

YBARNEGARAY, Jean : 523.
YOLANDE D'ARAGON : 415.
YOLE, Léopold Robert-Jean : 453.
YRIGNAC, Amédée d' : 181.

ZECCA, Ferdinand : 296.
ZELDIN, Theodore : 739.
ZÉVAÈS, Alexandre : 272.
ZOLA, Émile : 140, 164, 236, 296, 299, 348, 563, 669, 682.GALLIMARD
5, rue Gaston-Gallimard, 75328 Paris cedex 07
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Le lecteur trouvera en fin de chacun des trois volumes de L'Histoire des droites en France un index
recensant personnages, organisations et mouvements. Nous l'invitons à le consulter systématiquement,
afin qu'il puisse saisir, par une lecture transversale, les mêmes réalités historiques selon des approches
différentes – politique, cultures, sensibilités.
Les notes, regroupées en fin de volume, sont appelées dans le texte par des exposants ; les chiffres entre
crochets dans le texte renvoient aux ouvrages référencés dans les bibliographies figurant à la suite de
chaque chapitre.
© Éditions Gallimard, 1992. Pour l'édition papier.
© Éditions Gallimard, 2015. Pour l'édition numérique.Collectifs Gallimard
Histoire des droites en France - II. Cultures
L'identité des droites françaises ne se définit pas uniquement par leurs modalités historiques de conquête
et d'exercice du pouvoir ; elle se décline tout autant sur les cultures, c'est-à-dire, hors du domaine
politique, dans l'espace social, sur les instruments et les ancrages des doctrines, des idées et des valeurs
partagées. L'attachement à cette identité commune se traduit non plus obligatoirement par l'engagement
militant ou l'adhésion à un parti, mais par l'achat régulier d'un quotidien, la lecture suivie d'une revue ou
bien encore une préférence marquée pour une écriture particulière de l'histoire.
À l'instar de la politique, les cultures ont leurs propres structures, réseaux, vecteurs, acteurs. Leur
univers est tissé par les liens que nouent notabilités politiques et élites des salons, noms de la presse et
noms de l'édition, personnel politique, hommes de plume – romanciers, essayistes – et hommes de
mémoire – historiens professionnels ou érudits. Cette sociabilité, porteuse et nourricière des cultures, fait
circuler idées et doctrines entre les salons, les groupes parlementaires ou les ligues – et, plus tardivement,
les partis –, les salles de rédaction, les grandes collections et les amphithéâtres de l'Université. Elles
cristallisent particulièrement dans les batailles de mémoire qui tour à tour mobilisent mémorialistes,
romanciers et historiens, doctrinaires et idéologues, militants – autour d'un parti et ses publications – et
citoyens, enfin, au cours de rassemblements et de cérémonies commémoratives visant à inscrire
symboliquement des systèmes de croyances et de valeurs dans l'espace public. L'identité des droites se
nourrit de ce recoupement des différentes sphères du discours, de l'écrit et de la mémoire.

Avec la collaboration de :
Jean-Jacques Becker, Serge Berstein, Jean-Marie Charon, Philippe Contamine, Olivier Corpet, Olivier
Dumoulin, Jean El Gammal, Pascal Fouché, Sylvie Guillaume, Gilles Le Béguec, Jean-Clément Martin,
JeanYves Mollier, Pascal Ory, Guy Pervillé, Jean-Luc Pouthier, Henry Rousso, Jacques Siclier.

Photo © Horacio Villalobos/Corbis.Cette édition électronique du livre Histoire des droites en France - II. Cultures de Collectifs Gallimard a été
réalisée le 09 février 2015 par les Éditions Gallimard.
Elle repose sur l'édition papier du même ouvrage (ISBN : 9782070781874 - Numéro d'édition :
145900).
Code Sodis : N38696 - ISBN : 9782072375958 - Numéro d'édition : 204393


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l'édition papier du même ouvrage.

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