Homogénéité et distinction

De
Le plus important des paradigmes en sciences sociales veut que la compétence linguistique, ainsi que la production des idées, s’expliquent principalement par référence à l’origine familiale, en fonction notamment du statut socioéconomique des parents. Ce livre met en évidence le caractère obsolète, voire erroné, d’une telle position. À l’heure actuelle, deux positions s’affrontent en sciences humaines : la première soutient que les sociétés postmodernes évoluent vers la diversification des comportements, allant même jusqu’à s’interroger sur la possibilité, pour l’humain, de vivre en collectivité ; la deuxième annonce l’homogénéité des consciences et des actions et prédit la fin des différences entre les individus. Ce livre démontre que ces positions sont toutes deux à la fois vraies et fausses. Cette étude appuie son propos sur des données originales : des textes rédigés par des jeunes dans divers pays et des questionnaires auxquels ces jeunes ont répondu, des dizaines de codifications de ces textes et de ces questionnaires. La recherche repose sur une collecte de données complexe effectuée dans trois pays (le Canada, la France et la Tunisie) et sur cinq groupes linguistiques (les Canadiens français, les Canadiens anglais, les Français, les Tunisiens francisants et les Tunisiens arabisants). L'un des tours de force de l'ouvrage est d'avoir réussi à opérationnaliser ces hypothèses afin d'en vérifier le statut scientifique.
Publié le : vendredi 16 décembre 2011
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EAN13 : 9782894236307
Nombre de pages : 260
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HOMOGÉNÉITÉETDISTINCTION
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DESMÊMESAUTEURS
AUTRELIVREÉCRITENCOLLABORATIONPARSIMONLAFLAMMEETALIREGUIGUI
Deux groupes linguistiques, une communication de masse, Montréal, Paris, L’Harmattan, Logiques sociales, 1997.
AUTRESLIVRESDESIMONLAFLAMME
Des biens, des idées et des personnes au Canada, 1981-1995. Analyse macrologique relationnelleL’Harmattan, 2000./ Paris, . Sudbury, Prise de parole
Humain objet, humain sujet. Initiation à quelques notions de philosophie de l’histoire et d’épistémologie des sciences humaines, Sudbury, Série monographique en sciences humaines 4 / Human Sciences Monograph Series 4, 1996. Communication et émotion. Essai de sociologie relationnelle, Paris, L’Harmattan, Logiques sociales, 1995. Avec Christiane BERNIER.Être un être social, Montréal, Guérin, 1994.
La Société intégrée. De la circulation des biens, des idées et des personnes, New York, Berne, Paris, Peter Lang, Worcester Polytechnic Institute, Studies in Science, Technology and Culture, vol. 12, 1992.
Avec Donald DENNIE.L’Ambition démesurée. Enquête sur les aspirations et les représentations des étudiants et des étudiantes francophones du Nord-Est de l’Ontariofranco-ontarien, 1990., Sudbury, Prise de parole / Institut
Contribution à la critique de la persuasion politique, Sillery, Presses de l’Université du Québec, 1987.
AUTRESLIVRESD’ALIREGUIGUI
Anatomie des syntagmes terminologiques arabes. Analyse formelle et quantitative, Sudbury, Série monographique en sciences humaines 8 / Human Sciences Monograph Series 8, 2002.
La Littérature franco-ontarienne. État des lieux. (Édité en collaboration avec Hédi Bouraoui), Sudbury, Série monographique en sciences humaines 7 / Human Sciences Monograph Series 7, 2000.
La Créativité lexicale en terminologie de langue arabe. Sudbury, Série monographique en sciences humaines 2 / Human Sciences Monograph Series 2, 1994.
L’Enseignement de la terminologie à l’université : état de la question. Textes de table ronde colligés par Ali Reguigui et édités par Ali Reguigui et Jean-Claude Boulanger. Québec, GIRSTERM : Travaux de terminologie 5, Presses de l’Université Laval, 1987.
SIMONLAFLAMMEETALIREGUIGUI
HOMOGÉNÉITÉETDISTINCTION
Collection Ancrages
Prise de parole Sudbury, 2003
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Données de catalogage avant publication (Canada) Laflamme, Simon Homogénéité et distinction / Simon Laflamme et Ali Reguigui.
Comprend des réf. bibliogr. ISBN 2-89423-160-1
1. Langage et statut social. 2. Individu et société. 3. Sociolinguistique. 4. Enquêtes linguistiques — Canada. 5. Enquêtes linguistiques — France. 6. Enquêtes linguistiques — Tunisie. I. Reguigui, Ali II. Titre.
P40.5.S63L33
2003
306.44
C2003-906751-3
En distribution au Québec : Diffusion Prologue 1650, boul. Lionel-Bertrand Boisbriand (QC) J7H 1N7 450-434-0306
Prise deparole
Prise de parole est une maison d’édition ancrée dans le nord de l’Ontario, engagée dans la création, la production et la promotion d’une littérature canadienne-française.
La maison d’édition bénécie de l’appui du Conseil des Arts de l’Ontario, du Conseil des Arts du Canada, de Patrimoine Canada (Programme d’appui aux langues ofcielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et de la Ville du Grand Sudbury.
Conception de la couverture : Olivier Lasser. Photos en quatrième de couverture : Rachelle Bergeron
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Copyright © Ottawa, 2003 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) CANADA P3E 4R2 www.prisedeparole.ca฀
ISBN2-89423-160-1฀(Papier) ISBN978-2-89423-630-7฀(PDF)
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REMERCIEMENTS
Cette recherche a été réalisée grâce à des subventions de l’Institut franco-ontarien, du Fonds du concours du vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’Université Laurentienne, du Fonds de recherche de l’Uni-versité Laurentienne et grâce aux subventions générales du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Par ailleurs, cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fédération canadienne des sciences humaines de concert avec le Programme d’aide à l’édition savante, dont les fonds proviennent du conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Que ces organismes trouvent ici l’expression de notre haute considération. me Nous tenons aussi à exprimer notre gratitude à nos collègues M Judith Lazar pour son aide à la collecte des données en France et à M. Yves Lefier, pour les judicieuses remarques dont il nous a fait part. me Nous remercions particulièrement nos collègues de la Tunisie, M Manoubia Ben Ghedahem, maître-assistante d’enseignement supérieur au Département de français ainsi que M. Mohamed Chibani et M. Seïfeddine Daghfous, maîtres-assistants d’enseignement supérieur au Département d’arabe et de traduction de l’Institut supérieur des langues de Tunis – Université de Tunis, pour leur aide à la collecte, à l’évaluation et à la codification des données textuelles, respectivement, des Tunisiens francisants et des Tunisiens arabisants. Nous remercions aussi les auxiliaires de recherche qui ont effectué un énorme travail de codification et de saisie des données: Kristy Gervais, Roger Gervais et Julie Ménard, de même que tous les étudiants qui ont accepté de participer à la recherche et, ainsi, de livrer les informations sans lesquelles cette étude n’aurait pu voir le jour.
Nos remerciements s’adressent enfin à la famille Rékiki; son hospi-talité a rendu possible de nombreuses opérations essentielles à la réalisa-tion de cet ouvrage. Nous conservons un souvenir ému de toute la générosité que l’on nous a témoignée lors de notre séjour tunisien.
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INTRODUCTION
1. DEUXVISIONSENSCIENCESSOCIALES Dans les sciences sociales contemporaines, deux positions sont en con-currence : lune qui faitétat des phénomènes dhomogénéisation, lautre oùest mise enévidence une tendanceàla différenciation. La premièses racines dans les travaux de Marx et, plusre prend précisément, dans ceux de l’École de Francfort, oùle capitalisme appa-raît comme un régime de contrôle, comme une puissante machine dalié-nation. Les institutions, est-il entendu, nont pourn que de servir lintérêtéconomique des propriétaires des moyens de production. Sous la pression de ces institutions, les prolétaires, ou plutôt les masses, sont «idéologisés»de telle manière que le discours quils véhiculent les empêche de se révolter. Plus encore, la logiqueéconomique qui simpose alors fait en sorte que linformation elle-même est marchandée, ce qui a pour effet quil est dautant plus probable quelle soit livrée quelle génère de grands prots, que, donc, elle trouve un grand nombre dacheteurs ou de con-sommateurs. Cette commercialisation donne ainsi lieuàune généralisa-tion de linformation dont le corollaire est un appauvrissement de la culture. Le capitalisme est de la sorte en voie de détruire la«raison» (Horkheimer et W. Adorno, 1974), la« subjectivitéautonome»(Adorno, 1984). Les recherches sur les phénomènes de communication de massebien que bon nombre dentre elles aient proposédes résultats qui nont pas manqué doriginalitésouvent laiss se sont ées guider par cette vision. Cest le cas de la théorie des industries culturelles qui afrme que la diffusion des messages est destinéeàreproduire lordre capitaliste dans lequel la culture elle-même est devenue un objet marchand (voir, par
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exemple, Mi Ège, 1996); cest le cas de la théorie de lacultivation de Gerbner (1967), qui veut que la diffusion des messages de masse, notam-ment des contenus télévisuels, uniformise la manièpercevoir lere de monde; cest le cas desétudes où lon met enœuvre le concept d’«impérialisme culturel»d pour épeindre lexpansion dans le monde, sous linuence des médias de masse, de la culture occidentale, principa-lement américaine (chez de nombreux analystes de Lerner, 1958,à 1 Mattelart, 1976) ; cest le cas des thèses de Baudrillard daprès lesquelles les individus sont enfermés dans une logique de consommation, animés quils sont par une idéologie oùmême la notion de libre choix ne sert qu’àconvaincre des individus, crédules, quil leur est possible de se posi-2 tionner par rapport aux biens de consommation que propose la société; cest le cas de tout un discours sur la mondialisation qui dénonce la concentration de la presse parce quelle réduit les points de vue, les fusionnements des industries du divertissement parce quils limitent les messages culturels et menacent les particularismes, les actions des corpo-rations parce quelles répondentàune logiqueéconomique et fontdes spécicités régionales ou des préoccupations sociales des communautés 3 oùont lieu ces actions . Pour dépeindre le phénomène, Georges Balandier parle de surmodernité, et ilécrit :
La surmodernitépara mondialisante ît recouvrir, courant envahissant et en apparence irrésistible, tout ce qui est constitué dans la diversité. Elle met celle-ci en péril de rapideérosion. Elle a la puissance acquise pour moteur, la technique et le marché pourénergie, le capitalisme libéral pour orientation de sesux. Un monde sengendre qui asservit les systèmes symboliquesà mesure de la montée en puissance du faire transformateur (2001, p. 18-19).
La deuxième vision a souvent des origines phénoménologiques ou libérales quelle ne reconnaît pas toujours et qui ne lempêchent pas dinvo-quer dautres ascendances, notamment le marxisme. Elle fait une grande placeàla subjectivité,àlindividualité,àla liberté,àlintention,àlac-teur. Elle repose sur une observation: avec la modernité, on assisteàune individuation des actions sociales et cette tendance a pour effet daccroître
1  Pour sinitieràdiverses théories en communication, on se rapportera aux travaux de Judith Lazar (1993, 1995). 2 Position maintes fois soutenue par Jean Baudrillard depuisLa Société de consommation(1970) jusquaux entretiens avec Philippe Petit dansLe Paroxyste indifférent(1997). 3 Voir, par exemple, le site de lAssociation pour une taxation des transactionsnancières pour l: / / www.attac.org / fra / themes / mondialisation.htm.aide aux citoyens (ATTAC) : http
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