Ils ont échappé à la mort. Les tentatives d'assassinat qui ont changé l'histoire de France

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Exercer le pouvoir est un jeu très dangereux. Louis XV, Laval, Clemenceau, Bonaparte, Louis-Philippe Ier, Napoléon III et Charles de Gaulle : tous ont échappé de justesse aux poignards, aux pistolets et autres « machines infernales » de leurs agresseurs.
Les attentats qui ont émaillé l’histoire de France sont innombrables. Luc Mary choisit d’en raconter dix d’entre eux avec moult détails et, ce qui est passionnant, leurs conséquences. Fruits de complots longuement mûris ou actes isolés de déséquilibrés, les tentatives d’assassinat ont toujours soulevé une grande émotion quand elles n’ont pas modifié sensiblement le cours de l’histoire. Ainsi, l’attentat contre l’amiral de Coligny déclencha le massacre de la Saint-Barthélemy, celui de la rue Saint-Nicaise conforta le pouvoir de Bonaparte, celui du Petit-Clamart amena le général de Gaulle à proposer l’élection du président de la République au suffrage universel.
Muni d’une documentation solide, Luc Mary s’interroge aussi sur les motivations de ceux qui ont échoué dans leurs tentatives : les Châtel, Damiens, Cadoudal, Fieschi ou Bastien-Thiry, écartelés, décapités ou fusillés. Et si les seuls bénéficiaires de ces « ratés de l’histoire » n’étaient pas les victimes elles-mêmes ?
Publié le : jeudi 2 octobre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021006270
Nombre de pages : 240
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© Éditions Tallandier, 2014
2, rue Rotrou – 75006 Paris
www.tallandier.com
isbn : 979-10-210-0626-3
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INTRODUCTION
LA DIAGONALE DE L’ÉCHEC
« Le Roi est le seul gibier dont la chasse est ouverte toute l’année. » er Entourage de Louis-Philippe I
L’exercice du pouvoir est un jeu dangereux au regard des nombreux attentats qui marquent notre longue histoire de France. La monarchie, l’empire ou la république, tous ces régimes sont pareillement rythmés par les assassinats politiques mais aussi par les complots déjoués ou les attentats avortés. C’est la rançon du pouvoir. Si Henri III, Sadi Carnot ou Paul Doumer passent de vie à trépas suite à leurs agressions, d’autres échappent de justesse aux conspirations fomentées par leurs détracteurs. Certes, ils ne er sont pas légion. Parmi eux, un roi, un empereur et un président – Louis-Philippe I , Napoléon III et Charles de Gaulle – font figure de cibles privilégiées, comptabilisant à eux trois une vingtaine de tentatives d’assassinat. Un record. En cela, ils constituent le triumvirat des « miraculés des attentats ».
La chasse au roi est ouverte
Châtel, Damiens, Cadoudal, Fieschi, Orsini ou encore Bastien-Thiry… Autant de noms qui ont traversé la grande histoire l’espace de quelques minutes ou quelques jours tout au plus. Écartelés, décapités ou fusillés, tous connaissent un destin tragique. Leur crime ? Avoir attenté à la vie de ceux qui nous gouvernent. Et encore, tous échouent dans leur misérable tentative, par excès d’orgueil ou de modestie. Domestiques, déserteurs, étudiants ou résistants de dernière heure, ce sont la plupart du temps des gens ordinaires qui veulent commettre un acte extraordinaire. Aussi jeunes que fanatiques, tous sont animés d’une foi inébranlable, celle de servir la bonne cause. Au nom de l’intérêt de la patrie, du bien du peuple ou encore de l’honneur perdu. Acte solitaire ou commis en groupe, l’assassinat dudit « tyran » est leur raison de vivre, une raison sacrée qui occulte toutes les autres. Certains rêvent des heures glorieuses de la 1 Révolution, à l’exemple de Pierre Morey , quand d’autres veulent venger la chouannerie ou la perte de l’Algérie française, comme en témoignent les conjurés de la
rue Saint-Nicaise ou les membres du commando de Bastien-Thiry. Et pour parvenir à leurs fins, tous les moyens sont bons. Faisant preuve de plus d’imagination que de raison, de Châtel à Brunerie en passant par la bande à Fieschi ou celle de Limoëlan, les conjurés usent des procédés les plus divers : le couteau, le revolver mais aussi la bombe ou le pistolet-mitrailleur. Plusieurs « machines infernales » sont aussi à mentionner. Mais il arrive que l’histoire dérape. Pour un simple détail – la cible qui bouge au dernier moment, la bombe qui explose prématurément ou encore le convoi de Bonaparte qui arrive trop vite –, le plan minutieusement préparé bascule dans la tragédie, le désespoir ou le ridicule. Il arrive aussi que nos gouvernants aient de la chance. Quand ce n’est pas la mule de Coligny, c’est un bouton de manchette qui sauve Laval ou un manteau de fourrure qui évite à Louis XV une blessure plus profonde. Et l’échec de l’attentat entraîne alors la faillite et le démantèlement rapide de la conspiration. Dans la plupart des cas, les conjurés sont arrêtés dans les heures ou les jours qui suivent. Seul le chevalier de Limoëlan – un Chouan qui a voulu tuer Bonaparte en 1800 –, aurait pris la poudre d’escampette pour finir ses jours aux États-Unis.
Une paradoxale collusion entre les victimes et leurs agresseurs
À défaut d’assassiner « le traître à la patrie », « l’affameur du peuple » ou encore « le briseur de grèves », ces « régicides inachevés » écourtent leur propre vie. À quelques exceptions près, aucun des conjurés n’échappe en effet à la potence. Au nom du crime de lèse-majesté, de la raison d’État ou pour le simple exemple, rares sont ceux qui rencontrent la clémence des juges. Et ce malgré la propension des victimes rescapées à vouloir épargner celui ou ceux qui ont voulu attenter à leurs jours. Louis XV, victime d’un coup de poignard en 1757, pendant toute la durée de la captivité de son agresseur, Robert-François Damiens, cherche à le sauver, priant même pour son salut le jour de son exécution. Mieux encore, il condamne son bourreau à un mois de prison au regard des inexcusables douleurs infligées au supplicié. La clémence serait-elle plus forte que la 2 vengeance ? Selon Louis-Philippe, « le roi des attentats », la magnanimité peut être interprétée comme un signe de grandeur, honneur conféré aux monarques d’envergure. Parfois, cette compassion à l’égard des régicides tourne à la compréhension des causes politiques qui les animent. Ainsi l’attentat d’Orsini, en 1858, donne-t-il lieu à un étonnant retournement de situation. Loin de s’offusquer de l’acte du nationaliste italien, Napoléon III finit par épouser la cause du conspirateur et le régicide en vient à louanger l’action politique de l’homme qu’il a voulu abattre. Plus que l’attentat, ce sont les circonstances même du procès d’Orsini qui amènent Napoléon à réaliser le rêve orsinien. Cible privilégiée des nationalistes italiens, le neveu du Grand Empereur en devient l’un des plus fidèles défenseurs. Tout juste un an après l’attentat manqué de l’Opéra, la France se lance dans l’aventure italienne.
Quand les attentats renforcent l’autorité de l’État
Sous couvert de secourir les Italiens, Napoléon III cherche avant tout à assurer sa gloire. En luttant pour une Italie libre mais non unifiée, il sacrifie l’unité de la péninsule sur l’autel de ses ambitions impériales. D’une façon générale, ces attentats manqués servent la cause de leurs victimes. Sans tenir compte de l’identité politique de leurs agresseurs, les gouvernants en profitent pour éradiquer toute contestation intérieure et renforcer leur emprise sur les médias. Ainsi Bonaparte s’en prend-il aux Jacobins et le gouvernement de Vichy aux communistes alors que les auteurs des attentats se réclament de la chouannerie ou de l’extrême droite nationaliste. De son côté, de Gaulle utilise le démantèlement de l’opération Charlotte Corday pour asseoir sa légitimité et demander aux Français d’élire leur président au suffrage universel. En vérité, ces attentats manqués sont une chance pour les puissants en mal d’autorité.
er 1(1835).. L’un des trois protagonistes de la conspiration contre Louis-Philippe I 2. Pas moins de dix tentatives d’assassinat, parmi lesquelles celle de Meunier en décembre 1836, qui sera gracié par Louis-Philippe.
CHAPITRE 1
GASPARD DE COLIGNY (1572)
Un attentat manqué générateur du massacre de la Saint-Barthélemy
« Qu’on les tue tous, et qu’il n’en reste pas un pour me le reprocher après. » Charles IX.
Une fois n’est pas coutume, l’homme qui échappe à la mort le 22 août 1572 est assassiné deux jours plus tard. Cet attentat manqué qui se convertit rapidement en assassinat réussi est néanmoins le préambule à l’une des pages les plus sombres de l’histoire de France. Il marque le retour des guerres de Religion entre catholiques et protestants qui pendant près de quarante ans ensanglantent la France. Quatre ans après la mort accidentelle d’Henri II, en 1563, Catherine de Médicis est la véritable dirigeante du royaume. Âgé d’à peine quatorze ans, son fils Charles IX est un roi de France timide et influençable. De son côté, l’amiral Gaspard de Coligny jouit d’une grande aura auprès des huguenots. Mais en ce mois de février 1563, il commet une erreur. En félicitant Poltrot de Méré – l’assassin du chef des catholiques, François de Guise –, il signe sans le savoir son arrêt de mort. Neuf ans plus tard, en 1572, son assassinat et son corollaire, le massacre de la Saint-Barthélemy, sont l’aboutissement logique de la vengeance des Guises.
22 août 1572. L’attentat de la rue des Poulies
11 heures du matin, quartier du Louvre, rue des Poulies. Tapi dans l’ombre d’une maison du cloître de Saint-Germain-l’Auxerrois, un soi-disant soldat de la garde du roi fait le guet. Depuis plus d’une heure, embusqué derrière l’unique fenêtre à grille de la salle du rez-de-chaussée, l’homme en question apparaît nerveux, fébrile, angoissé. Au moindre mouvement dans la rue, il sursaute et saisit son arme à feu, une arquebuse. Loin de vouloir protéger le roi, cet homme a été dépêché sur place pour accomplir une « sale besogne ». L’action doit être rapide et efficace. Pour faciliter sa fuite, un cheval sellé et bridé l’attend près d’une porte contiguë au cloître. Soudain, l’arquebusier se
raidit. Un groupe de gentilshommes arpente la rue des Poulies. Tout de noir vêtu et d’une prestance certaine, l’homme du milieu marche d’un pas ferme, flanqué de ses acolytes. Le ton est à la plaisanterie et à la décontraction. À n’en pas douter, pense le tueur, c’est la cible : l’amiral Gaspard de Coligny. Ajustant son arquebuse, le dénommé Charles de Louviers tire alors à deux reprises, mais en pure perte. Coligny n’est en effet que blessé : son index droit a été arraché et son bras gauche labouré par une balle. Gardant son sang-froid, l’amiral désigne la fenêtre à grille d’où sont partis les coups de feu. Deux de ses gentilshommes s’y précipitent. En vain. Ils ne découvrent qu’une arquebuse encore fumante. Le « lâche » a eu le temps de prendre la fuite. Dépité, Coligny ordonne alors à deux capitaines d’aller immédiatement prévenir le jeune roi de cet inqualifiable attentat. La première réaction de Charles IX a de quoi surprendre. Loin de s’alarmer de cet événement tragique, le jeune roi vitupère contre cette mauvaise nouvelle qui intervient en pleine partie de jeu de paume. Brisant alors sa raquette, il s’emporte et s’écrie : « N’aurai-je donc jamais de repos ? » L’attentat manqué contre l’amiral n’est pas une anecdote. En cette fin août 1572, quelques jours seulement après le mariage d’Henri de Navarre – prince de Bourbon, futur Henri IV et protestant de surcroît –, et de Marguerite de Valois, sœur du roi, ce sont tous les espoirs de réconciliation nationale qui viennent d’être assassinés. Depuis plusieurs années, le chef de file des protestants est en effet devenu l’éminence grise du royaume et le principal confident du roi.
Quand le chef de file des huguenots tend la main à la Couronne catholique
Aussi habile militaire que fin diplomate, l’amiral de Coligny n’est pas un anonyme er brutalement éclairé sur la scène de l’Histoire. Fils du chambellan de François I , il est tour à tour colonel général de l’infanterie, amiral de France et gouverneur de Picardie pendant le long conflit qui oppose les Français aux troupes anglo-espagnoles. Serviteur émérite de la couronne d’Henri II, Gaspard de Coligny livre une lutte héroïque lors de la défense de Saint-Quentin. Sitôt le traité de Cateau-Cambresis conclu en 1559, lequel referme le grand cycle des guerres d’Italie contre l’Espagne, Coligny devient l’un des chefs incontestés de la cause huguenote. Converti tardif à la religion réformée, il est l’acteur incontournable des premiers épisodes des guerres de Religion. En 1569, la double défaite des protestants à Jarnac et à Moncontour oblige toutefois Coligny à se rapprocher de la Couronne. Tout comme Catherine de Médicis, Coligny aspire à la coexistence pacifique. Après la conclusion de la paix de Saint-Germain signée en août 1570, l’horizon semble s’éclaircir pour les Réformés. Les écoles mais aussi les hôpitaux et même la fonction publique s’ouvrent aux protestants. Preuve de ce nouvel état d’esprit : l’arrivée de Coligny au Conseil du roi. Riche d’espoirs, cette promotion va cependant s’avérer fatale à l’amiral.
Catherine de Médicis, commanditaire de l’attentat contre l’amiral
Au début des années 1570, son emprise sur le jeune Charles IX devient un re handicap. Œuvrant au rapprochement de la France et de l’Angleterre d’Élisabeth I , l’amiral n’affiche qu’une ambition : entraîner le roi dans une guerre de reconquête aux Pays-Bas espagnols (la Belgique actuelle). Il entend ainsi libérer ses amis protestants de la tutelle de Philippe II, le successeur de l’illustre Charles Quint. Le calcul de Coligny est simple : selon lui, seule une intervention armée à l’étranger peut ressouder les Français et calmer les ardeurs de la guerre civile. En d’autres termes, la fibre patriotique devrait effacer les tensions religieuses. « Pour qu’une démocratie survive, il lui faut un ennemi », dit un proverbe grec. Mais c’est sans compter la volonté de la reine mère. Craignant tout re autant les ambitions d’Élisabeth I que celles des Habsbourg de Madrid, celle-ci veille à l’équilibre des puissances sur l’échiquier européen. Son souci primordial est de préserver l’unité du royaume, laquelle se conjugue avec une politique conciliatrice entre les deux camps. Autrement dit, Catherine de Médicis n’envisage nullement une nouvelle guerre franco-espagnole. Selon elle, la libération des calvinistes des Pays-Bas espagnols relève du plus pur aventurisme militaire. En octobre 1571, la victoire des forces chrétiennes de la Sainte Ligue sur la flotte ottomane à Lépante conforte Catherine dans ses sentiments. Pour préserver la paix, elle décide de supprimer l’ambitieux amiral. L’entêtement de Coligny à vouloir précipiter Charles IX dans une guerre contre l’Espagne a scellé son sort. Le 23 juillet 1572, la défaite des troupes françaises devant les forces espagnoles du duc d’Albe achève de convaincre Catherine de Médicis de l’inutilité de s’engager dans un nouveau conflit. Suite à la défaite du seigneur de Genlis aux Pays-Bas, on ne peut plus espérer conjurer les risques d’une guerre civile en France en combattant l’Espagne. Seule la victoire soude les peuples. Après avoir rencontré Anne d’Este, la veuve revancharde de François de Guise, la reine mère n’a plus aucune hésitation. Il faut agir au plus vite. L’assassinat de Coligny est programmé pour le 22 août, soit quatre jours après le mariage ô combien retentissant de Marguerite de Valois et de Henri de Navarre, Catherine de Médicis charge un certain Charles de Louviers, seigneur de Maurevert, de s’acquitter de cette tâche.
Sauvé par sa mule !
La mission de Charles de Louviers n’a rien d’officiel. Pour éviter tout remous politique, l’attentat doit apparaître comme un vulgaire règlement de compte. « En agissant à l’insu de son fils, précise Pierre Chevalier, la reine mère ne commettrait aucune usurpation de pouvoir, puisque rien ne serait officiel. » L’homme qui a été dépêché pour accomplir cette « noble tâche » n’est pas un inconnu. Charles de Louviers a en effet déjà ouvert le feu trois ans plus tôt contre le même amiral. Cette fois, il est déterminé à réussir. La veille de l’attentat, il s’installe rue des Poulies, au rez-de-chaussée d’une maison appartenant au chanoine Villemur, l’ancien précepteur du duc de Guise. Le jour J, après avoir assisté au Conseil présidé par le duc d’Anjou, le frère du roi, l’amiral regagne sa demeure située rue de Béthizy. Il est flanqué d’une petite troupe de
fidèles, parmi lesquels Guerchy et Sorbiers des Pruneaux. Aux dires des témoins, il mâchonne un cure-dent. Il passe alors rue des Poulies, devant la maison où l’attend son tueur. Mais à la vue de l’amiral, Louviers agit avec trop de précipitation. Même s’il réussit à s’extirper de la maison et à gagner la monture qui avait été préparée pour faciliter sa fuite, l’homme de main de Catherine de Médicis a failli à sa mission. Comment Louviers a-t-il pu rater son tir à seulement deux mètres de sa cible ? Coligny s’est tout simplement baissé au dernier moment pour rajuster sa mule. Un petit geste qui entraîne une cascade d’événements…
Catherine de Médicis au pied du mur
Le plan échafaudé par Catherine a lamentablement échoué. Pour couronner le tout, dans la panique, Charles de Louviers a laissé son arquebuse encore fumante près de la fenêtre. Non seulement la « machine infernale » s’est enrayée mais elle peut se retourner contre ses concepteurs. En apprenant la nouvelle de l’échec, la reine mère est saisie d’effroi. D’une certaine façon, la mule de l’amiral va déclencher quarante ans de guerres de Religion… Craignant désormais pour sa propre vie, Catherine de Médicis persuade les Guises et son fils, le roi Charles IX, d’agir contre un complot imaginaire. Dans l’entourage de Coligny, on crie à la vengeance. Cossé, Villars et Damville, ses conseillers, sont d’avis d’aller occire les Guises. Mais l’amiral s’y oppose. De son côté, le roi entend trouver les coupables au plus vite. Le 23 août, les rumeurs les plus contradictoires circulent. On parle pêle-mêle de réconciliation générale, d’une attaque imminente des protestants et de préparatifs de guerre du côté des Guises. Catherine, quant à elle, doit agir au plus vite si elle veut éviter un énorme scandale. En d’autres termes, Charles IX ne doit pas apprendre la double responsabilité de sa mère et de son frère dans l’attentat manqué de la rue des Poulies.
Qu’on les tue tous !
Pour mener à bien son nouveau plan, la reine mère sait qu’elle a le soutien de la population parisienne. Les richesses des huguenots ont depuis longtemps attisé la jalousie et la haine des misérables de la capitale. Le samedi 23 août, Catherine réussit à convaincre son fils Charles IX de l’urgence de supprimer tous les chefs huguenots si l’on veut éviter un coup d’État. L’unité du royaume dépend de la rapidité de la réaction catholique. « Qu’on les tue tous, se serait exclamé le roi désabusé, mais qu’il n’en reste pas un pour me le reprocher après. » Dans l’heure qui suit, Catherine convoque les Guises et le prévôt des marchands à qui elle intime l’ordre de fermer toutes les portes de la ville, d’en saisir les clés et d’armer la milice bourgeoise. Le massacre de la Saint-Barthélemy est en marche. Les Guises et la populace en sont les principaux artisans et Gaspard de Coligny en sera la première et la plus illustre victime. Nous sommes alors au petit matin du 24 août 1572. Il est quatre heures du matin. Ambroise Paré, le pasteur Merlin et un Allemand
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