In Vivo

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Que savez-vous vraiment de ce que pensent et veulent les femmes qui aiment ? Jusqu’où croyez-vous qu’elles puissent aller par amour ? Et de quoi les hommes ont-ils peur ?
Amour, passion, possession, emprise ; des pulsions et des sentiments qui poussent à aimer des hommes ou des femmes, jusqu’à les suivre au bout de leurs fantasmes et au-delà de soi-même.
Le dénouement de cette histoire d’amour entre Laura et Stephen, est, d’une certaine façon, terrifiant, et vous ne regarderez plus jamais vos partenaires de la même façon !
Qui est le loup, qui est l’agneau ? suggérait Nietzsche...

Laura, jeune romancière, en larmes sur un trottoir face à Stephen qui hurle, se souvient des mots de son père « Si un jour tu as de la peine, souviens-toi de la beauté et de la consistance de la lumière, retourne à la beauté du monde, deviens le monde. »
C’est ce qu’elle va faire.


Publié le : mercredi 4 février 2015
Lecture(s) : 6
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EAN13 : 9782332863621
Nombre de pages : 114
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-86360-7

 

© Edilivre, 2015

Du même auteur

Du même auteur :

Aux éditions Multitudes

« Dernière année avant le bac » 2001

Aux éditions Caractère

« La Résultante ou Claire d’Algérie » 2004

Aux éditions Multitudes

« Les enfants sont la mémoire des hommes » 2007

En savoir plus sur l’auteur

Website : louisegaggini.com

 

 

 

Pour les milliards de spermatozoïdes qui de ventre en ventre façonnent le futur. Pour les femmes qui le sauveront. Pour les chaperons rouges, Mozart, les bottes de sept lieues, les étoiles et les anges. Pour l’innocence et les vieux loups qui font des indigestions. Pour l’amour.

 

Préface
Par OLIVIER ARON

Comment évoquer ce roman sans s’attarder quelques instants sur son auteur ?

Louise GAGGINI est une étoile filante au firmament, née de la lumière sacrée de Toscane, du soleil de Méditerranée et de la judaïté, fille du soleil et de l’humanité.

À cette interrogation qui fonde l’humilité des êtres et qui nous conduit à nous demander s’il est concevable de cumuler tous les talents, elle répond avec grâce, éclectisme et une féminité aussi renversante qu’ancrée dans la terre.

C’est avec une intelligence hors du commun, finesse, et une sensibilité exacerbée que, tour à tour et toujours avec le même bonheur, elle s’adonne à peindre ou à sculpter, qu’elle est musicienne, journaliste, éditorialiste arrimée à son époque, commentatrice éclairée et finalement, authentique écrivain.

Au cœur de son œuvre multiple et engagée, il y a l’amour et ces milliards de particules qui la relient au ciel et au « divin ».

Avec IN VIVO, c’est de cet amour qu’elle choisit en voyage et comme le fil conducteur, qui seul, donne du sens à la vie, qu’elle entend parler à nos cœurs.

In Vivoest une belle histoire, qui bouscule les morales, dérange l’ordre établi. Elle enjambe les tabous, de l’âge, de la sexualité, du travers des hommes et du désir des femmes.

Finalement, si elle se termine, elle échappe au malheur et à la destruction, pour renaître à l’apogée de la vie, comme la résultante de cette même vie qui lui a donné corps et qui irrigue le récit.

Elle déroule les surprises et les pièges, sans jugement, mais sans éluder pour autant les déterminismes de l’amour, ses enjeux et ses sinuosités.

Ce qui heurte ou qui dérange éventuellement nos consciences, qui bouscule nos préjugés, devient beau, mais ce n’est pas parce que ce peut être beau que le formidable pari de l’amour est gagné pour autant, du moins formellement.

Comme incrusté dans le courant de l’histoire, Louise GAGGINI livre ici les tourments de l’écrivain, qui irriguent constamment le récit. L’écriture qui taraude, qui hésite, la question de son sens, son impérieuse nécessité confrontée au néant de la multitude…

Louise GAGGINI nous invite à aimer ce doute en filigrane et toute la complexité d’être artiste, écrivain, entre la folie, le narcissisme, l’égocentrisme, le don de soi, l’espérance et l’incarnation de l’amour dans le cosmos.

Elle éclaire notre lecture de cette petite lumière qui guide les pas de Laura sur le chemin de ses vies d’amoureuse et d’écrivain enchevêtrées, cette petite lumière que son père a posée sur sa route pour l’éternité et qui la mène irrémédiablement à la vie.

Dans un monde qui a profondément redistribué le rôle et la fonction des sexes, l’auteur nous propose de réconcilier les hommes et les femmes, tout en affirmant avec empathie et tendresse ce manque qui affuble les hommes par nature, qui ne connaîtront jamais l’enfantement, et qui resteront par destin, incomplets, et à jamais soumis à la beauté et à la félicité des femmes. Le regard bienveillant d’une femme libre qui est aussi une femme « emme » est d’un grand réconfort et merveilleusement apaisant.

La nature, les sens, le désir, forment un tout indissociable, une force vitale où tout s’entremêle.

Le style de Louise GAGGINI parle délibérément au cœur, va droit au but, mais pour alerte qu’il soit, il laisse peu à peu la plus grande place à l’émotion brute, et c’est un peu étourdi qu’il faut reposer ce livre où se confrontent la rêverie, l’intime et l’universel, jusqu’à faire vaciller nos certitudes.

Olivier ARON

 

Chapitre 1
Apprivoiser l’éphémère

Ce matin elle s’est levée tôt. Avant l’imminence de la lumière. Bien avant que le soleil ne rougisse les Alpes qui au loin bordent les champs.

Blouson attrapé au passage mais pieds nus, elle s’est assise dans la prairie à l’instant où le plus ténu des éléments, la plus infime des particules soustraite encore à la dilatation était suspendue. Un trou noir qui tenant le monde en instance faisait de « rien » la seule réalité tangible.

C’est en païenne qu’elle avait guetté les premières lueurs, convaincue que le soleil pouvait ne pas apparaître et qu’avec lui alors disparaîtrait ce qu’elle aimait. L’odeur des lavandes, le bourdonnement des guêpes, La Havane, Mozart, le rire des enfants le matin avec l’odeur du café. Et puis les bulles dans le champagne, le bleu, et sur les arbres les pétales rouges des figues éclatées dont on s’approche par la bouche ainsi que l’on s’approche d’un sexe, avec désir et un peu de peur parce que poser sa bouche à l’intérieur de ces fruits et ne pas y trouver le goût et le plaisir imaginés cela revient à de l’imposture. Vous savez comme ces publicités mensongères « cela ressemble à, mais ce n’est pas », d’ailleurs elle a commencé un roman « Éthique de l’imposture » ; en fait elle hésite encore sur le titre, peut-être ce sera « Finalement », enfin elle verra, dans tous les cas il lui faudra du temps pour l’écrire, mais ici dans cette maison du Sud, elle est en adéquation et de nouveau innocente.

Oui, innocente !

C’est pour ça qu’elle se lève tôt, qu’elle va s’asseoir dans la prairie. Pour l’innocence, et la conscience précise à ce moment-là de l’universalité et de sa compassion infinie envers les milliards d’atomes qui la composent, dont elle est, elle Laura, minuscule et petite parmi les petites. Sûrement plus petite que la plus petite des petites, ce qui la transporte de bonheur, car pour elle, être, c’est être tout, et comment l’être mieux que dans l’infiniment petit ?

Ce matin comme tous les matins depuis son arrivée ici, elle s’est donc levée pour voir le soleil s’élancer derrière les monts. Si vif que malgré l’embrasement du ciel pendant quelques secondes les plaines demeurent obscures.

Elle s’est levée pour lui et pour aller nager avant l’effervescence et la cacophonie des becs, des mandibules et des dents. Avant que tout ce qui du vivant relevé du sommeil ne s’attache à survivre, et elle est descendue vers le lac en prenant le chemin raviné juste en face de la maison.

À force d’aller en short par les garrigues, elle a des égratignures un peu partout, mais elle n’a pas envie de faire autrement. Et quand parfois inquiète d’un craquement trop près, elle s’arrête avec l’impression d’un danger, elle entend battre son cœur et vraiment elle a peur, mais autour d’elle ça sent le serpolet, le lavandin et la terre mouillée, et elle sait qu’il ne peut rien lui arriver. « Lorsque les choses sont belles rien ne peut être mauvais » disait son père. « Souviens-toi » disait-il « souviens-toi de la beauté et de la consistance de la lumière, si un jour tu as de la peine, retourne à la beauté du monde, deviens le monde. »

Ce qu’elle avait fait.

Lorsque sa peine avait été trop grande pour la contenir, idiote sur un trottoir face à lui qui criait, elle s’était souvenue des mots de son père et dès le lendemain avait pris le train de quatorze heures vingt pour Aix-en-Provence, puis fait en voiture le reste de la route jusqu’aux gorges du Verdon.

Elle l’avait supplié pourtant, réduite à l’enfance.

« Ne me laisse pas, je suis perdue, je veux être avec toi, c’est à cause de l’abandon, je t’ai un peu dit, l’abandon, je n’arrive pas à faire avec, de temps en temps ça revient… »

Il s’était adouci, désarmé tandis qu’elle s’excusait, pleine de larmes, plantée sur le trottoir.

– C’est quoi ce caprice, tu ne vas pas me faire ça maintenant !

– Je veux être avec toi…

Mais il ne comprenait pas et elle était restée silencieuse à l’écouter crier.

Le lendemain elle avait quitté Paris, mais depuis son arrivée sur les plaines de Valensole, le poids du corps de l’autre l’avait « déshabitée », en quelque sorte. Elle respirait de nouveau sans douleur et avait même, avec jubilation, commencé son nouveau roman.

Ce matin au bord du lac, les rayons ne touchaient encore que le ciel.

L’amie qui lui a prêté la maison n’aime pas qu’elle aille seule par les maquis. Elle l’a mise en garde, lui a rappelé qu’avec les touristes qui descendaient pour les vacances, elle pouvait tomber sur un taré ou sur un sanglier. Laura lui avait répondu qu’il y avait des anges pour les gens comme elle, mais qu’elle ferait attention.

Malgré tout ce matin en passant par Les Roux pour retourner vers la maison, le monde commençait à peine à bouger et elle s’était dit, en regardant les égratignures des ronces sur ses jambes, que bientôt elle aurait tout d’une sauvage.

*
*       *

Neuf heures du matin : trente degrés.

Laura considéra le thermomètre qui, posé à l’ombre du tilleul, lui permettait d’imaginer une journée telle qu’elle les aimait. Dépossédée de la moindre molécule d’eau. Où le plus basique des mouvements, comme bouger son bras, marcher, tourner la tête, devenait un mouvement de lutte contre l’inertie.

En dehors de celui des guêpes s’enfonçant dans les fruits par manque d’humidité, plus aucun bruit maintenant jusqu’au déclin du soleil ne viendrait percuter le silence, et Laura s’installa devant son ordinateur avec légèreté et l’euphorie probable des libérés sur parole. Plus prosaïquement de celle qui vient avec le premier verre de vin avalé, quand fort encore de toute notre pensée, la nuque est déjà un électron libre.

C’est avec attention qu’elle relut les premières pages affichées sur l’écran. Ni ratures ni griffonnages pour altérer la fluidité des mots et du rythme.

L’ordinateur effaçait, coupait, remplaçait tandis que les phrases s’affichaient, cohérentes et fluides hors du champ de la dispersion.

Elle avait eu du mal pourtant avec la technique. Elle avait résisté, revendiquant la main et le crayon, l’ivresse de l’écriture et le vertige lié à la rapidité du geste, unique outil contre la perte de l’idée entrevue.

Quel bonheur alors de lire les mots écrits, arrachés à la confusion du foisonnement. Ratures et griffonnages n’altéraient en rien la jouissance d’un combat gagné contre ses propres neurones.

Était-ce la conscience de cette force particulière qui rendait les artistes tellement insupportables ?

Mégalomanes et narcissiques, disait-on, peut-être, peut-être vraiment, mais leur acharnement « à la vie à la mort » pour décoder et transmettre une seule fraction d’un génome aux milliards de possibilités, transformait par sa démesure, un désir primitif en un acte de beauté pure.

Enfin, c’était ainsi que Laura comprenait et voyait les choses. Elle éprouvait d’ailleurs une indulgence et un amour immédiat pour ceux qui gambadaient au-delà des codes et des conventions. Transgresser n’était pas pour elle une difficulté d’astreinte aux règles, mais l’affirmation d’une originalité, d’une liberté dans et hors des sillons tracés.

C’est comme ça ou pour ça qu’elle l’avait aimé. Qu’habillée pour lui plaire, elle l’avait suivi à l’étage d’un club échangiste.

Laura se recentra sur l’écran de l’ordinateur.

Écrire était toujours une aventure extrême.

Écrire sans introspection, sans y mettre un bout de soi ou soi tout entier, était impossible.

En fait, l’aventure avec un grand A ne se trouvait pas aux confins de continents si déchirés soient-ils, l’aventure humaine se tenait au bout du stylo et du clavier des auteurs lorsque dans l’intimité de la page ils s’exhibaient, impudiques et douloureux de l’être, mais exaltés à l’idée d’un inconnu révélé qu’ils offriront dans des arènes chaque fois renouvelées, pour l’aléatoire perspective d’un seul pouce levé. Un seul, comme une récompense, une reconnaissance.

On pouvait les mettre en pièces, on pouvait les déchirer, les anéantir et les tuer, mais on pouvait les aimer aussi, et l’unique idée d’un amour les remettait debout, prêts à recommencer.

Laura s’arrêta sur le titre de...

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