Inévitable protectionnisme

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Le protectionnisme est le dernier tabou des élites européennes. Malgré la violence de la crise, la suprématie du libre-échange demeure une croyance indiscutée. C'est cette interdiction de débattre que les auteurs, journalistes économiques de la nouvelle génération, ont voulu lever dans ce livre sans a priori idéologique.
Le constat est cruel : l'idéologie libre-échangiste, devenue hégémonique à la fin du siècle dernier, est aujourd'hui battue en brèche par les faits. Dans les pays en développement, l'amélioration du niveau de vie, réelle dans certains cas, s'est avérée illusoire dans beaucoup d'autres. Dans les pays développés, la mondialisation a creusé des inégalités qui menacent de corroder le tissu social de nos sociétés.
Le temps est donc venu pour l'Europe de définir un protectionnisme positif, européen, social et écologique, à l'opposé du nationalisme et du repli sur soi. C'est ce à quoi s'emploie cet ouvrage, qui étudie les conditions de la mise en œuvre d'un tel dispositif et la manière dont il pourrait s'appliquer concrètement dans la vie des Européens.
Publié le : jeudi 1 mai 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072449468
Nombre de pages : 256
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Inévitable protectionnisme
FRANCK DEDIEU BENJAMIN MASSE STAMBERGER -ADRIEN DE TRICORNOT
Inévitable protectionnisme
Gallimard
© Édîtîons Gallîmard, 2012.
À Hélène, Adrîen et Antoîne, à Marîe-Hélène, Henrî, Irène et Melchîor pour leur soutîen affectueux et patîent.
À Vîrgînîe :she saved the word a ot.
P R O L O G U E
Candide au pays dessubprimes
« On n’est pas encore revenu du pays des mystères. »
I étaît une foîs, en ’an de grâce 2006 après Jésus-Chrîst... Grâce à Dîeu saît que mîrace de a provîdence et de a technoogîe, Candîde et Pangoss avaîent été tééportés à cette époque. Is observaîent autour d’eux, émerveîés, cet éden qu’étaît devenu e monde en eur absence. « Candîde, j’aî de grandes nouvees, dît e phîosophe, exaté, à son dîscîpe.Tout est pus que jamaîs pour e mîeux ! J’aî apprîs qu’en ce temps es peupes sont enin réconcîîés et que es rîchesses de a nature sont désormaîs équîtabe-ment partagées. Grâce aux nouvees technîques, e monde est enin unî. Les hommes, es înformatîons et es marchan-dîses cîrcuent îbrement ; pus aucune barrîère ne sépare es natîons, comme c’étaît e cas à notre époque. Grâce aux échanges, es hommes ne nourrîssent pus de haîne es uns envers es autres, et n’ont donc pus de raîson de se faîre a guerre. Mon pressentîment étaît exact : es catastrophes du passé ont trouvé eur expîcatîon, car ees nous amènent à cette époque bénîe où tout est bîen, où tout e monde est heureux et proite de a vîe. »
10
Inévîtable protectîonnîsme
Après ce beau dîscours, Candîde et Pangoss partîrent tout guîerets faîre dushoppîng, pour propager e bîen-être et a prospérîté. « J’aî envîe à mon tour de faîre e bîen autour de moî », ne cessaît de répéter Candîde, convaîncu par e prêche de son maïtre. Queques moîs pus tard, pourtant, un nouveau vîrus, au nom étrange et ésotérîque, sembaît avoîr pénétré ce paradîs : essubprîmes. « Que est donc ce ma quî a envahî ce monde parfaît ? demanda Candîde, quî ne s’étaît jamaîs compètement guérî de son însatîabe curîosîté. — Ce n’est rîen, répîqua Pangoss. J’aî paré aux doctes de ce temps — on es appee aujourd’huîéconomîstes— et îs m’ont expîqué ce quî s’est produît. En faît, queques pauvres hères ont vouu s’acheter un toît aors qu’îs n’avaîent pas e moîndre îard en poche. Is ne peuvent donc pas rembourser eur dû. Maîs cea ne représente qu’un petît nombre de sots quî vont devoîr payer pour eur înconséquence, voîà tout. — Maîs pourquoî donc a-t-on prêté de ’argent à ces îndîgents ? — Tout sîmpement par humanîté, Candîde. C’est à toute ’erreur, on a dévîé de a rège parfaîte que m’ont enseîgnée es savants : ’égosme de chacun faît e bonheur et a prospérîté de tous. C’est aînsî que tout est bîen. De sorte que quand, par maheur, des étourdîs se préoccupent du bîen-être des autres, on obtîent forcément des résutats dépaîsants. Ceux-cî seront vîte corrîgés, car es sages de ce royaume, croîs-moî, savent ce qu’îs font. Maîs tout cea, au fond, n’est pas grave : je te déconseîe de t’épuîser à étudîer ces questîons, et t’engage putôt à proiter de ce temps mer-veîeux. Va donc par-à acheter e nouve îPod, et tu verras que cette époque est be et bîen ’Edorado. » Et Candîde se mît en quête d’Edorado.
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