J'avais promis à ma mère de revenir

De
Publié par

Moniek Baumzecer est un homme profondément marqué par ce qu'il a vécu durant la Seconde Guerre mondiale. Il ne passe pas une nuit sans que ses souvenirs l'assaillent et le tourmentent. Il pleure alors sur sa famille et ses amis dont la quasi-totalité n'a pas échappé à la volonté des nazis d'exterminer les Juifs. Et surtout, il pleure sur sa mère qui n'aura jamais su qu'il a tenu sa promesse. Juif de Lodz né à Radom en 1920, Moniek Baumcezer est le témoin de l'effondrement de la Pologne face aux armées du IIIe Reich allemand, des discriminations envers les juifs puis de leur ghettoïsation. Sportif et courageux, il répond pour sa famille à la réquisition pour le travail forcé sur les chantiers d'autoroutes allemandes. Il travaille ensuite pour une usine en Pologne et « loge » au cam
Publié le : samedi 9 décembre 2006
Lecture(s) : 78
EAN13 : 9782748180282
Nombre de pages : 169
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

J’avais promis à ma mère
de revenir

Moniek Baumzecer
J’avais promis à ma mère
de revenir













COLLECTION
TÉMOIGNAGES DE LA SHOAH


Le Manuscrit
www.manuscrit.com © Éditions Le Manuscrit, 2006
20, rue des Petits-Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8028-3 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748180282 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8029-1 (livre numérique)
IS180299 (livre numérique)
La collection « Témoignages de la Shoah »
de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah


Avec la collection « Témoignages de la Shoah », réalisée en
partenariat avec les éditions Le Manuscrit, la Fondation
souhaite conserver et transmettre vers un large public la
mémoire des victimes et des témoins des années noires des
persécutions antisémites de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus, la Fondation espère
ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont
restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au
plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits
parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au
sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop
longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité
des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à
laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture
composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution
morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits
divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la
Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et
étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême
dont les uns furent acteurs, les autres complices, et face à
laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs le rejet de
l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion, et l’esprit
de fraternité.

Simone VEIL
Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
(septembre 2004)
7Comité de lecture de la collection

Président : Serge Klarsfeld
Membres : Olivier Coquard, Gérard Gobitz,
Katy Hazan (OSE), Dominique Missika,
Denis Peschanski, Paul Schaffer

Responsable de la collection : Philippe Weyl

Dans la même collection

Murmures d’enfants dans la nuit, de Rachel Chetrit-Benaudis.
Auschwitz, le 16 mars 1945, d’Alex Mayer.
Dernière Porte suivi de 50 ans après, une journée à Auschwitz,
de Claude Zlotzisty.
À la vie ! Les enfants de Buchenwald, du shtetl à l’OSE,
de Katy Hazan et Éric Ghozlan.
J’ai eu douze ans à Bergen-Belsen, d’Albert Bigielman.
Matricule A-16689. Souvenirs de déportation d’un enfant de
treize ans (mai 1944 - mai 1945), de Claude Hirsch.
Jamais je n’aurai quatorze ans, de François Lecomte.
Sali, de Salomon Malmed.
Journal d’un interné. Compiègne, Drancy, Pithiviers. 12 décembre 1941
– 23 septembre 1942. Journal (volume I), Souvenirs et lettres
(volume II), de Benjamin Schatzman.
Trois mois dura notre bonheur. Mémoires 1943-1944,
de Jacques Salon.
Vies interdites, de Mireille Boccara.
Retour d’Auschwitz. Souvenirs du déporté 174949, de Guy Kohen.
Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942,
de Jean-Jacques Bernard.
Mille jours de la vie d’un déporté qui a eu de la chance,
de Théodore Woda.
Évadée du Vél’ d’Hiv’, d’Anna Traube.
Journal de route, 14 mars-9 mai 1945, de Jean Oppenheimer.
Mes vingt ans à l’OSE, 1941-1961, de Jenny Masour-Ratner.
Aux frontières de l’espoir, de Georges Loinger et Katy Hazan.
MONIEK BAUMZECER




Biographie
de
Moniek Baumzecer







1920 15 novembre : naissance de Moniek à Radom
(Pologne) dans une famille juive hassidique
pratiquante. Abram, son père, a épousé Estera
Liba Fridman en 1911. De leur union naîtront
trois autres fils : Lejzer en 1917, Izaya (Charles)
en 1921 et Samuel en 1930.

1930 La famille Baumzecer s’installe à Lodz rue
Piotrkowska. Le père ouvre un magasin de tissus.
Moniek fréquente une école privée juive.

1933 Moniek fait sa Bar-mitsva et est inscrit à une
Yeshiva (école talmudique), son père étant
désireux qu’il devienne rabbin.

1936 Moniek arrête ses études et travaille avec son
père au magasin. Parallèlement, il s’inscrit au club
9 J’AVAIS PROMIS À MA MÈRE DE REVENIR BIOGRAPHIE DE MONIEK BAUMZECER
sportif juif du Maccabi de la ville et pratique
plusieurs sports dont la boxe.

1938 Il devient champion junior (poids coq) de Pologne
lors d’un championnat national de boxe à Lodz.

er1939 1 septembre : les armées allemandes envahissent
la Pologne.
Moniek part à pied avec ses frères Lejzer et Izaya
pour défendre Varsovie. La ville est bombardée.
Les frères fuient vers l’Est. Les Allemands sont
victorieux.

24 septembre : ils sont de retour à Lodz occupé
depuis le 8 septembre.

eNovembre : la région est incluse dans le III Reich,
les noms de lieu sont germanisés. Les juifs
connaissent les premières mesures discriminatoires.
Les Baumzecer sont expulsés et trouvent un
nouveau logement dans la Zietenstrasse (aupara-
vant rue Zawadzka, aujourd’hui Prochnika). Le
magasin de tissus est saisi.

1940 Moniek parvient à se faire établir une carte
d’identité d’« aryen » polonais au nom de Marian
Marcinkowski.

Février : les autorités allemandes établissent un
ghetto pour les juifs dans la ville : les six membres
de la famille s’installent dans une chambre rue
Kranikweg (antérieurement Zurawia).

10 MONIEK BAUMZECER BIOGRAPHIE DE MONIEK BAUMZECER
Moniek décide de rester avec sa famille et
déchire ses faux-vrais papiers.

Mai : fermeture du ghetto.

10 décembre : Moniek répond pour sa famille à
la réquisition afin d’aller travailler en Allemagne à
la construction d’une autoroute. Il prend le train
en direction de Francfort-sur-l’Oder (land de
Brandebourg actuel, Allemagne).

12 décembre : il arrive à Selchow (Brandebourg,
au nord-est de Berlin) et participe à la construc-
tion du camp lié au chantier de l’autoroute
Francfort-sur-l’Oder/Posen (Poznan) auquel il
va travailler les mois suivants.

1941 Juillet : le camp de Selchow est dissout. Moniek
est transféré au camp de Grunow (Brandebourg,
au sud-est de Berlin) pour travailler à la suite de
l’autoroute.

1942 Début de l’année : Moniek intègre le camp de
Christianstadt am Bober (Basse-Silésie, alors
dans le Reich, aujourd’hui en Pologne) rattaché à
l’entreprise chimique Dynamit AG. Il pose des
câbles électriques autour de l’usine.

Moniek a une relation amoureuse avec la
cuisinière du camp, femme d’un SS en poste à
Narvik (Norvège). Suspecté de cette « souillure
raciale », il est arrêté par la Gestapo et emprisonné
dans une prison de Francfort-sur-l’Oder.
11 J’AVAIS PROMIS À MA MÈRE DE REVENIR BIOGRAPHIE DE MONIEK BAUMZECER
Fin novembre : après avoir été jugé lors d’un
procès en son absence à Berlin, il est envoyé au
camp de concentration et d’extermination de
Mauthausen (Autriche actuelle) où il arrive le 27.
Après quinze jours de quarantaine, il travaille à la
carrière attenante.

1943 Janvier : il travaille à l’aménagement d’un stade
pour les SS.

3 février : il échappe au massacre par les SS des
juifs de son Kommando opéré en représailles de la
victoire soviétique à Stalingrad la veille.

4 février : il est sélectionné pour servir de cobaye
humain pour l’inoculation du typhus : il tombe
gravement malade.

21 mars (vers le) : il reprend le travail sur le
chantier de construction du stade.

Fin juillet : Moniek est transféré en train au camp
d’Auschwitz.

3 août : il arrive au camp d’Auschwitz I. Il est
tatoué : matricule 136 859. Après une période de
quarantaine, il est intégré dans un Kommando
comme maçon et travaille au camp d’Auschwitz II-
Birkenau, puis au camp de Babice dépendant
d’Auschwitz.

1945 18 janvier : devant l’avancée du front soviétique,
les nazis décident l’évacuation des déportés des
12 MONIEK BAUMZECER BIOGRAPHIE DE MONIEK BAUMZECER
camps vers l’ouest : Moniek quitte Auschwitz et
commence la « marche de la mort ».

25 janvier : Moniek arrive en wagon découvert
au camp de Mauthausen.

29 janvier : il intègre le Kommando de Melk
dépendant de Mauthausen attaché aux usines
d’armement dans les montagnes.

Début avril : il est transféré en train au camp
d’Ebensee (Tyrol, Autriche) où il fait des travaux
de terrassement.

6 mai : les troupes américaines libèrent le camp.
Moniek alité, reprend peu à peu des forces.

25 mai (après le) : Moniek part avec la Brigade
juive pour un camp de rapatriés à Salzbourg.

1946 Janvier : décidé à partir en Palestine, Moniek,
avec d’autres juifs rescapés, va à Modène (Italie)
via Milan.

Fin janvier-début février : ils partent pour Santa-
Maria-di-Leuca (Pouilles) à l’extrême sud-est de
l’Italie d’où un navire doit les mener
clandestinement en Palestine alors sous mandat
britannique.

19 février : Moniek se marie avec Hanka à Nardo
(Pouilles, Italie).

13 J’AVAIS PROMIS À MA MÈRE DE REVENIR BIOGRAPHIE DE MONIEK BAUMZECER
7 septembre : il reçoit des Américains un
certificat d’instructeur en culture physique.

Automne : Moniek et Hanka décident de
rejoindre de la famille vivant à Paris. Ils gagnent
la capitale via Menton et Nice.

Ils s’installent à Paris et trouvent du travail, lui,
dans la découpe de cuir, elle, dans la confection.

1949 Naissance de leurs jumelles, Jeannette et
Élisabeth.

1957 Leur fils Alain voit le jour.

1958 Moniek et Hanka obtiennent la nationalité
française.

Ils se mettent à leur compte et créent leurs
modèles de prêt-à-porter.

1980 Ils prennent leur retraite.

1990 Leur fille Élisabeth meurt d’un cancer du sein.

2006 Moniek et Hanka Baumzecer vivent à Paris. Ils
ont six petits enfants.

14 MONIEK BAUMZECER



Préface







Il m’est arrivé de lire de nombreux livres-témoignages
sur la Shoah. Je ne m’en suis jamais lassé car chacun des
survivants a sa propre histoire. Ici et là, le rescapé que je
suis se retrouve, mais il découvre aussi des situations
qu’il ne connaissait pas.

Moniek Baumzecer était Polonais. Il n’a pas eu à
franchir de longues distances pour rejoindre les
différents camps qu’il trouva sur son chemin.

À différentes occasions, nous aurions pu nous
rencontrer. Ce ne fut pas le cas. Son livre m’a permis de
revivre des expériences qui lui furent propres. Ici et là,
je me vois près de lui, même s’il a connu d’autres camps
que moi. J’ai beaucoup appris en le lisant.

Moniek Baumzecer ne jongle pas avec les mots, mais
par moments avec la mort.

Ne lui demandez pas — pas plus qu’à moi —
comment nous avons survécu. Chacun de nous a eu son
moment de désespoir et on se demande où l’on a trouvé
15 J’AVAIS PROMIS À MA MÈRE DE REVENIR PRÉFACE
la force de résister. Dans son livre, il apporte des
réponses, mais en le lisant, on se dit qu’il fallait être bien
attaché à la vie pour surmonter tant d’épreuves.

On lui est reconnaissant de nous offrir ce livre-vécu.
Il ajoute un chapitre de plus à ceux que nous
connaissons. On lui en sait gré pour nous, pour les
jeunes qui, je l’espère, seront nombreux à lire ce
témoignage qui nous tient en haleine.

Le rôle d’un survivant de la Shoah est de se raconter,
et Moniek Baumzecer a su trouver le ton voulu. Nous
avons là un élément précieux pour notre action de
mémoire.


Henry Bulawko
Ancien président de l’Union des déportés d’Auschwitz
16

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.