J'hérite donc je pense

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Arrivera-t-on un jour à donner une explication convaincante de l’existence de la pensée humaine ? Pour l’heure, les réponses avancées ne satisfont que ceux qui les formulent. À défaut de pouvoir répondre au pourquoi nous pouvons consacrer nos efforts au comment. La pensée humaine offre d’assez nombreux aspects pour nous permettre d’en faire la description. Nous pouvons assister à son apparition, suivre sa longue trajectoire, en souligner les étapes essentielles qui lui ont donné ses orientations irréversibles. Telle une longue chaîne de montagnes, elle a ses pics dominants, ses sommets points de repère, qui sont autant de références pour nous y reconnaître et guider notre recherche. Dans ce long parcours, ce qui ne manquera pas de retenir notre attention c’est la diversité de visions qu’elle a laissée en se partageant la planète. La raison de ce partage est à chercher du côté des religions, premiers facteurs de civilisation, qui ont très tôt manifesté leurs emprises et laissé leurs empreintes.
Une fois que la néolithisation eut sédentarisé les populations, la pensée s’est soudainement mûrie. Au contact du monde avec lequel elle est aux prises, elle a commencé à se schématiser sous l’effet des différentes conceptions qu’elle a de l’homme et des choses. D’un côté, l’Orient méfiant face au monde matériel mettra sa confiance en l’esprit, tandis que d’un autre côté, l’Occident exprimera pour la matière un attachement profond qui le conduira jusqu’à soutenir la nécessité d’un Dieu créateur pour la sacraliser. Ces différences de la pensée se feront sans mélange. Elles se répartiront la planète en créant ainsi de vastes plaques géographico-culturelles fortement homogènes, à l’intérieur desquelles se formeront de puissants inconscients collectifs qui se soumettront les esprits et maintiendront la cohésion des populations.
Malgré notre soumission, inconsciente, à la pensée collective du milieu où l’on vit, nous sommes persuadés de demeurer totalement libres, maîtres de notre pensée, indépendants dans la formulation de nos jugements, souverains dans nos choix et orientations. Ce n’est qu’une illusion ! Dans ce domaine, nous sommes plus des répétiteurs que des créateurs. C’est ce que ce livre voudrait essayer de démontrer.

Publié le : mardi 1 janvier 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953279108
Nombre de pages : non-communiqué
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1 - Installer un logiciel Monica Nous voilà à pied duvre. Votre chapeau de présentation nous ouvre le chemin et trace, à grands traits, les lignes à suivre. Pourriez-vous apporter plus de précisions sur notre sujet ? Notre sujet ? Pour le résumer, en langage moderne, voici comment on pourrait le formuler : installer un logiciel sur des ordinateurs mal préparés à le recevoir. Une gageure. Les ordinateurs ? Nous-mêmes. Sans en refuser catégoriquement linstallation nous ny prêtons pas un grand intérêt. Nous la regardons avec une totale insouciance. En effet, le logiciel en question a comme finalité de nous faire revenir à ce qui fait lessentiel de nous-mêmes. Toute notre vie est conduite par un principe fondamental que lon utilise en permanence mais que lon regarde avec une certaine indifférence, et sur lequel on ne sarrête jamais à réfléchir tellement les choses nous semblent aller de soi : pouvoir penser. Mo Quest-ce que vous entendez par « aller de soi » ? Aller de soi, cest saccepter comme être humain, mais cette accep-tation de soi inclut un sentiment dobligation à lexistence, un droit à être, sans jamais se poser aucune question sur les raisons qui nous poussent à de telles exigences. Encore moins sur ce qui fait la spécificité humaine : lintelligence. Pas question non plus davoir un brin de curiosité pour en connaître les origines : doù vient-elle ? Quant à savoir qui ou quoi nous a mis là, cest une question dintel-lectuels en mal de sujets. Nous ne ressemblons même pas à ce drogué qui après avoir parcouru, dans une quasi-inconscience, de longues distances et, sortant de sa torpeur sous leffet dune secousse, complè-tement étonné, cherche à savoir comment et par quel chemin il est parvenu jusque là. Nous avons peut-être besoin, nous aussi, dune secousse appropriée  ce que voudrait produire le logiciel  pour sortir notre esprit de son engourdissement et recouvrer un peu de lucidité. Sur cetêtre humain que, pourtant, nous croyons bien connaître mais qui, en réalité, cache autant dinconnu que de connu, nous avons beaucoup de questions à nous poser. Procédons par approches
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peu contraignantes : quelques définitions de spécialistes. Voici leurs observations, en commençant par la plus élémentaire. Celle du phénoménologue. « Je vois, dit-il, un quelque chose, apparemment vivant puisque ça remue, fait dun corps surmonté dune sorte de boule, ça et là perforée et qui peut pivoter ; sur les côtés sagitent des ramures flexibles terminées par des sortes de pinces ; le tout posé sur deux gros échalas qui, en changeant de position, lui permettent de se déplacer ». Un anthropologue : « Lhomme est laboutissement dune longue évolution partie de lespèce simiesque et qui a duré quelque 5/6 millions dannées ». Les intellectuels du dictionnaire : « Homme, être appartenant à lespèce animale la plus évoluée de la Terre ». Et un biologiste : « Lhomme est un mammifère primate dont les caractères spéciaux sont les suivants : station verticale, dentition complète et mains préhensibles, masse importante du cerveau, langage articulé, intelligence développée, en particulier faculté dabstraction et de généralisation ». Des philosophes : « On nest pas un homme tant quon na pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir ». (Camus) « Sans intelligence il ny a pas dhomme ». (Pascal) Pour terminer, un religieux : « Lhomme est lunique être qui possède une âme immortelle ». Alberto-Ces différents angles dobservation nont pas tous, pour nous, le même intérêt. Il va nous falloir choisir. Le biologiste nous donne une définition assez complète, il souligne bien le rôle du cerveau sans lequel il ny a ni intelligence, ni langage. Nous avons là, me semble-t-il, les conditionssine qua nonpour quil y ait « homme ». Si nous voulons, en effet, retenir les caractéristiques qui fondent lhomme nous ne retiendrons pas son côté « espèce animale », comme nous le présente le dictionnaire, même sil lui ajoute « la plus évo-luée », mais bien plutôt la définition pascalienne : « sans intelligence il ny a pas dhomme ».
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Mo Et « lâme immortelle » du religieux ? Pour avoir une définition exacte, ou complète, de lhomme, faut-il y ajouter obligatoirement laspect religieux ? Pour linstant, laissons la question ouverte. Le moment ne me semble pas venu pour y répondre. Je ne cherche pas à léluder, la question mérite dêtre posée. Sur notre parcours loccasion se présentera, alors nous y reviendrons. Al Vous parlez dinventaire, doutillage, quel sens, quel contenu, faut-il, ici, donner à ces mots ? Ce quil faut entendre par inventaire ? Pour mieux entrer dans létude de ce qui fait la spécificité humaine il est nécessaire den faciliter laccès. On nentre pas directement et de plain-pied dans un sujet aussi difficile et complexe. Il y a quelques détours à emprunter, des méandres à suivre, quelques bosses à aplanir. Et puis, entre autres choses, il nous faudra essayer de retrouver litinéraire parcouru, sur lequel il y a eu des faits, des événements, des circonstances qui ont fait surgir dans ma tête de multiples questions doù est sorti le sujet que nous voulons traiter. À un certain moment, se sont produites, sans doute, des « secousses », bien circonstanciées, qui mont fait sortir de mon « engourdissement intérieur ». Je crois avoir deviné que, sur ce point, vous avez quelques curiosités à satisfaire... Nous aurons donc à expliquer comment on peut arriver à se dégager de son ronron quotidien pour réfléchir à ce que nous avons appelé lessentiel. Il nous faudra donc rappeler tout ce qui intervient dans ce domaine préparatoire afin de mieux installer notre logiciel. Voilà ce quil faut entendre par inventaire. Loutillage ? Cela touche à la méthode, aux procédés que nous devrons utiliser pour mener à bien notre réflexion. Et à tous les éléments, très divers, que nous aurons à faire intervenir. Je peux déjà vous en donner un exemple immédiat avec lusage des miroirs.
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