Jacques Cassard, le Corsaire oublié

De

Biographie de Jacques Cassard, né à Nantes le 30 septembre1679, mort le 21 janvier 1740 dans la forteresse de Ham dans la Somme est un marin et corsaire français, peut-être le plus grand de tous. Sa brouille avec Louis XIV, le Roi-Soleil, fera oublier son immense réputation.


Publié le : samedi 5 septembre 2015
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EAN13 : 9782841413164
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Contenu
1. Préambule 2. Chapitre 1 3. Chapitre 2 4. Chapitre 3 5. Chapitre 4 6. Chapitre 5 7. Chapitre 6 8. Chapitre 7 9. Chapitre 8 10. Chapitre 9 11. Chapitre 10 12. Postface
Elie DUREL
Le plus grand venait de Nantes...
Jacques CASSARD, le corsaire oublié
Récit biographique
L’Ancre de Marine Editions
La version illustrée et imprimée de cet ouvrage est disponible dans les bonnes librairies et sur notre site :
ISBN : 9782841413584
www.ancre-de-marine.com
© Franck Martin — 2015 — France.
Tous droits réservés pour la présente édition.
« La raison d’État est une raison mystérieuse
inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raisons ».
Charles Le Marquetel de Saint-Denis, seigneur de Saint-Évremond,
moraliste et critique libertin français (1613-1703)
« L’ingratitude se pardonne, mais ne s’oublie pas ».
Auguste de Labouïsse-Rochefort,
Pensées, observations et réflexions morales (1810)
Préambule
En cette fin du XVIIe siècle, la ville bretonne de Nantes compte environ quarante mille âmes ; elle a pour blason«De gueules au navire d’or habillé d’hermines, voguant sur une mer de sinople, au chef d’hermines, l’écu timbré d’une couronne comtale et entouré d’une cordelière ». Ces armoiries évoquent la mer de sinople, c’est-à-dire verte et non pas d’azur comme fréquemment en héraldique. Ce vert symbolise le fleuve qui se jette dans l’océan et la cordelière représente l’insigne de l’ordre fondé par Anne de Bretagne en l’honneur de Saint-François D’Assise.
Il est vrai que l’eau est omniprésente dans cette ville d’estuaire dont la configuration a épousé celle de la Loire et de ses deux affluents : l’Erdre au nord et la Sèvre au sud. Principalement concentrée sur la rive nord du fleuve, la cité se disperse un peu sur un chapelet d’îles reliées par le pont de Pirmil qui ouvre le cœur de la cité des Ducs de Bretagne vers le Poitou. Cet unique pont de pierre constitue une démarcation entre la Loire fluviale et la Loire maritime. En amont, le port Maillard concentre l’activité marchande destinée aux Nantais et plus largement aux Ligériens établis sur les bords de la Loire et de ses affluents navigables. En aval, le port maritime reçoit des hauturiers et des gabares qui déversent leurs cargaisons sur les quais et en chargent, en particulier des barriques de vin. Une noria de bateaux de Loire, seules embarcations à pouvoir passer sous les arches du pont de Pirmil, assure le transbordement d’un port à l’autre.
Jacques Cassard grandit dans le cadre fluviomaritime du grand port de Nantes encombré d’une forêt de mâts avec leurs voilures, de navires et de chalands en perpétuel mouvement sur le fleuve ; au milieu de l’animation marchande du long quai sur le front du quartier de la Fosse où il est né, parmi les senteurs douceâtres de l’eau et les parfums exotiques.
Cet environnement fait d’îles, de grèves, de prairies, de vasières, de roselières est le terrain idéal pour des jeux d’aventure et des découvertes partagés avec des garnements de son âge. Des découvertes, Jacques le lunaire en fait aussi dans le chantier de construction de bateaux qui le font rêver de lointains voyages.
Dans ces conditions, comment ne pas concevoir qu’il songe très tôt à être marin, d’autant que sa famille compte des armateurs, des capitaines de navires marchands et des négociants. Mais quel genre de marin sera-t-il : batelier, pêcheur, matelot à bord d’un navire marchand, à moins que ce ne soit sur un vaisseau de la Marine royal ? Et pourquoi pas corsaire ? Il en côtoie et il en est même qui sont amis de son père. Ce ne sont pas des forbans, mais simplement des capitaines de navires marchands qui défendent leurs intérêts en se payant des créances dues par des négociants étrangers ou en réparation du pillage de leur cargaison par d’authentiques corsaires d’États ennemis de la France ou par des pirates qui agissent pour leur propre compte. Pour légaliser leur action, les armateurs nantais peuvent recevoir de l’Amirauté des lettres de marque ou de représailles.
Il est clair que le jeune Cassard s’imagine plutôt dans la peau d’un corsaire, alors que son père le voit lui succéder comme négociant armateur et sa mère dans la tenue bleue d’un officier de la Marine royale.
La guerre de la Ligue d’Augsbourg qui oppose la France aux Anglo-Hollandais en particulier constitue une opportunité qui peut concilier tout cela à la fois. Mais avant, il lui faut faire son apprentissage de marin et ses preuves dans les métiers de la mer.
Partons donc à la découverte du destin extraordinaire de Jacques Cassard qui va devenir le glorieux corsaire du Roi Soleil, avant de disparaître dans l’oubli, vraisemblablement victime d’une raison d’État.
Élie Durel
Chapitre 1
L’enfance
Jacques Cassard a vu le jour le 30 septembre 1679, à Nantes (deNantouNannet, mot celtique signifiant rivières, eaux ou confluent), dans le quartier de la Fosse. Son père, Guillaume Cassard est né en 1638, il est négociant armateur à Nantes. Sa mère, Jeanne née Drouard, est née en 1639.
Le mariage du couple a été célébré le 24 septembre 1664, dans la chapelle du Sanitat, l’hôpital général de Nantes.
Jeanne a donné naissance à treize enfants, cinq garçons et huit filles. Sa fertilité était exceptionnelle, car elle a conçu son dernier enfant à l’âge de cinquante-trois ans. Sa deuxième fille, Marguerite fera mieux puisqu’elle donnera naissance à quatorze enfants, ce qui ne l’empêchera pas de mourir à quatre-vingt-un ans.
Jacques est le huitième de la fratrie, dont seulement six enfants (Jeanne, Marguerite, Isabelle, Jacques, Renée et Pierre) survivront à la tragique fatalité de la mortalité infantile. Le manque d’hygiène dans la cité en est la première cause : des pourceaux errent dans les rues sans égouts ; des enfants, et parfois même des adultes, y font leurs besoins ; les bouchers, les tanneurs, les corroyeurs ou encore les maréchaux qui castrent et saignent les chevaux y jettent leurs déchets.
L’acte de baptême de Jacques Cassard est ainsi rédigé :
« Le second jour d’octobre, mil six cent soixante et dix-neuf, a été baptisé dans l’église de Saint-Nicolas de Nantes, par moi vicaire d’icelle soussigné, Jacques, né du dernier jour de septembre dernier, du matin, fils d’honorable homme Guillaume Cassard, marchand, et d’honorable femme Jeanne Drouard, sa femme. A été parrain maître Jacques Ferré, greffier des Régaires dudit Nantes, et marraine honorable femme Martine Binet, femme d’honorable homme Pierre Drouard, marchand, tous demeurant à la Fosse, de cette paroisse, fors ledit sieur, a Ferré, qui demeure en la Grande-Rue, paroisse de Saint-Denys, tous soussignés :
Signé : Martine Binet du Porteau ; Ferré ; G. Cassard ; P. Drouard ; Jan Binet ; J. Le Bordays, vicaire. »
Il est à noter que les Cassard ont des relations bien placées dans le milieu religieux de l’évêché. En effet, ce n’est autre que le greffier de la cour des Régaires de Nantes qui a accepté d’être le parrain de Jacques, le nouveau-né. Le régaire est la juridiction temporelle d’un évêché, d’un fief épiscopal, disposant d’un tribunal "franc", ainsi dénommé, car les appels concernant ses décisions vont directement devant le parlement provincial. Les Régaires de l’évêché de Nantes sont alors les plus importants du duché de Bretagne.« De grande prééminence et noblesse », ils étaient« moult plus avantageux que le fief ou la seigneurie d’un comté ou d’une baronnie ».Ainsi, l’évêque de Nantes est-il le plus riche des prélats bretons.
L’été suivant sa naissance, par une chaude après-midi, alors qu’il commençait tout juste à observer autour de lui, le nourrisson a aussi été baptisé sur les fronts baptismaux de la Loire par sa sœur Marguerite, de près de douze ans son aînée. Sur une langue de sable
doré qui côtoie des vasières et des berges tapissées de plantes aquatiques, elle l’a immergé tout nu dans un trou d’eau chauffée par le soleil, en présence des membres de la famille. Ce rituel ligérien a-t-il pour vertu de purifier le corps afin de conjurer la mortalité infantile dans la famille, d’autant qu’à cette date Jacques en est le seul garçon ? Toujours est-il que, désormais, le sang du grand fleuve coule aussi dans ses veines.
Le logis de la famille Cassard est situé au bas de la Fosse, sur le devant de celle-ci, non loin du long quai, et face à l’île Gloriette. Il consiste en une chambre basse, deux chambres hautes et un grenier au-dessus couvert de pierre d’ardoise. Il est borné d’un côté par le logis des héritiers de feu sieur des Chaumières. Une venelle sépare les deux, et un bout de pavés conduit au bas de ladite Fosse. Il se trouve aussi à proximité du Sanitat, une ancienne léproserie devenue hôpital général en 1671, avant d’accueillir, depuis 1676, des aliénés et des enfants abandonnés ou orphelins.
***
Guillaume Cassard est donc marchand à la Fosse, c’est-à-dire négociant armateur
Le quartier de la Fosse doit son nom au talweg creusé naturellement par le courant dans le lit du bras de la Loire que borde le quai. Cette configuration est une aubaine, car elle permet aux navires de moyen tonnage et aux gabares qui remontent les marchandises de Paimbœuf d’y accoster. La présence du pont de Pirmil en amont nécessite un transbordement sur des chalands de Loire pouvant être démâtés lors du passage sous les arches. Sur la cale du port Maillard situé non loin du château un cabestan manœuvré à bras permet de les haler.
Guillaume Cassard équipe à ses frais des navires marchands dont il n’est pas propriétaire faute de moyens financiers. Il met à disposition un équipage, fournit le matériel et le ravitaillement, tout ce qui est nécessaire à l’expédition maritime. Dans sa jeunesse, il a été gabarier, c’est-à-dire manœuvre à bord d’une embarcation utilisée pour le transport des marchandises sur la Loire, puis maître gabarier, avant de devenir marchand. Il aurait bien aimé acquérir un navire, mais il peine à économiser la somme colossale que cela représente, car il lui faut avant tout nourrir et satisfaire aux besoins sa famille nombreuse. Il espère pouvoir aider le fils qui lui succédera, à faire cet investissement qu’il faut entreprendre jeune.
Guillaume se livre principalement au commerce du sucre, des épices, du café et du tabac avec les Antilles. À quelques dizaines de mètres de sa demeure, sur le front des immeubles qui bordent le quai, il a son magasin. En sous-sol, par un soupirail fermé de l’intérieur au moyen d’un abattant métallique, sont introduits les sacs de sucre roux. Ils en ressortent par la même voie. Ils sont provisoirement entassés jusqu’aux poutres mal équarries qui supportent le plancher supérieur de cette sorte de soute. Les cristaux d’or brun sont vendus et généralement consommés tels quels. Pour obtenir le sucre blanc, ils doivent subir une série d’opérations de raffinage. Le sucre raffiné appelé « sucre blanc » est considéré comme un médicament. Seules les pharmacies ont le droit d’en vendre, en très petites quantités de surcroît. Tout est pesé sur des balances de précision. Cette rareté fait que chez les riches qui en présentent sur leur table, les sucriers en argent ferment à clé. À Versailles, le Roi Soleil détient personnellement la clé de la réserve, et il fait lui-même la distribution du précieux sucre blanc à ses courtisans et courtisanes.
Des Hollandais arrivés à Nantes dès la fin du XVIe siècle vivent sur les îles de Loire, mais aussi au bas de la Fosse, près de la butte de Misery entamée par une carrière de granit dans le dernier éperon du Massif armoricain. Outre le commerce, ils se consacrent, comme
les Flamands, à la distillation de l’alcool, mais aussi au raffinage sucrier : la première raffinerie a été créée en 1673. N’étant pas admis à la Bourse de Nantes, les Hollandais tiennent leur propre bourse hebdomadaire sur une place située au bout de l’île de la Saulzaie qui sera, quelques décennies plus tard, rattachée à la grève pour former l’île Feydeau. Guillaume Cassard leur fournit de l’or brun.
Dans une boutique, au-dessus de ce trésor auquel on accède par une trappe et une échelle de bois, le négociant armateur tient son commerce. Il stocke là le sucre, les épices et les balles de tabac. L’intérieur confiné de l’échoppe exhale un mélange indéfinissable d’odeurs exotiques. Elles sont bien plus agréables que l’atmosphère du dehors qui sent l’eau, le poisson d’eau douce et la pourriture douceâtre, surtout lorsque le temps est pluvieux ou tout simplement humide, comme cela est assez souvent le cas.
Jusqu’à Orléans, toutes les grandes villes des bords du grand fleuve ont leurs épiceries dont la vocation est justement de vendre au détail des épices, l’une des activités marchandes du port de Nantes.
Guillaume Cassard est un homme sérieux et honnête qui n’envisage pas de se laisser tenter par le commerce triangulaire encore timide, mais qui va bientôt faire la fortune des armateurs nantais. De 1688 à 1698, ces derniers lancent seulement huit expéditions de traite négrière. Par contre, sur les deux cent quarante expéditions françaises (Nantes, Bordeaux, La Rochelle…) de 1712 à 1721, Nantes en fera cent cinquante-deux. Si Guillaume Cassart est alors décédé, son fils aîné Jacques n’aura pas scrupule à inclure dans ses demandes de rançons, des esclaves noirs, au même titre que des marchandises et autres richesses.
***
Depuis ses quatre ou cinq ans, le petit Jacques du quartier de la Fosse est plus souvent dans le giron de la Loire et de ses abords que dans celui de sa mère usée par les maternités successives et par les bouches à nourrir. Depuis qu’il a pu cavaler sur ses deux jambes, comme l’anguille dans le fond fangeux des roselières, il aime se faufiler à travers la foule qui piétine et arpente le quai au pavé poisseux jonché de détritus et au granit sali par la rouille et le goudron. Parmi le brouhaha et les cris des marins, des pêcheurs, des manœuvres, des armateurs, des marchands, des acheteurs, des badauds et des ribaudes, il capte des bribes de conversations et d’histoires qui alimentent son imaginaire très développé. Parfois, il rencontre même quelques corsaires et aventuriers qui se répandent sur leurs exploits ou au contraire se montrent très discrets.
Le garçonnet devient rapidement un véritable chenapan, aussi intrépide que dissipé, ce qui lui vaut de temps à autre quelques torgnoles de sa sœur aînée qui seconde sa mère comme elle le peut. Il est de cette marmaille au nez morveux et à la bouche barbouillée qui se répand comme une volée de moineaux vers le rivage abandonné à la nature en aval du fleuve. Les enfants jouent à cache-cache parmi les saules et les oseraies amarante. Lorsque la température le permet, ils se roulent dans l’eau basse de la grève au sable blond qu’ils fouissent de leurs pieds pour débusquer la civelle visqueuse ou la plie aux yeux dorés. Ils pataugent aussi avec délectation dans la vase onctueuse découverte lorsque le niveau de l’eau baisse en lien avec la marée, et ils se font des mi-bas solubles sur les jambes. De l’embouchure de la Loire, l’onde de la marée océane se propage en effet dans les cent derniers kilomètres du fleuve. La différence de niveau de l’eau entre basse mer et haute mer atteint jusqu’à six mètres à Nantes, et encore un mètre à Ancenis en amont. Ces fluctuations interdisent la navigation dans l’estuaire des hauturiers de plusieurs centaines de tonneaux à fort tirant d’eau. À Paimbœuf, ils doivent transborder
leur chargement sur des gabarres qui font la liaison avec Nantes : ce fut la première activité de Guillaume Cassard. Les navires d’environ quatre-vingts tonneaux, ce qui est le minimum pour naviguer vers l’Afrique ou l’Amérique, peuvent quant à eux s’amarrer directement au port de Nantes.
Avec la bande de galopins des Salorges, en aval de la Fosse, le jeune Jacques vit des aventures mémorables parmi les canots et les squelettes de vieilles coques qui pourrissent dans une zone semi-marécageuse que la Loire inonde au gré du flux de la marée. Une barque de Loire momentanément délaissée, un mâtereau et un bout de voile qui traînent et les garnements ont tôt fait d’armer un navire pirate qui part à l’aventure parmi les grèves et les roselières. Faute de véritables embarcations, ce sont de simples planches qui sont gréées pour des navigations hardies à la lisière de l’eau.
Non loin de là, le chantier de construction navale retentit du bruit des ouvriers charpentiers qui construisent des bateaux de toute sorte, même des morutiers dont la durée de vie n’est que de dix à douze ans. Autour d’eux gravitent nombre d’artisans de marine : les poulieurs, les forgerons, les voiliers et les cordiers, mais aussi les tonneliers et les couteliers. Ce sont de véritables dynasties qui se transmettent des savoir-faire ancestraux.
Le soir, lorsque le chantier est déserté, Jacques et quelques phénomènes de son acabit montent à l’assaut d’un gigantesque navire paralysé sur ses épontilles. Au risque de se rompre le cou et les os, dans la pénombre les aventuriers en herbe vont à la découverte de l’intérieur du géant des mers. Les entreponts, les cales, les soutes rien ne résiste à leur curiosité de futur marin. Car il ne fait aucun doute qu’ils le seront. Sous le gaillard d’arrière, après avoir soulevé un mantelet pour faire pénétrer un peu de la clarté du jour déclinant, ils découvrent avec émerveillement le logement garni de bois d’acajou du futur capitaine. Sûr qu’ils le seront un jour.
Depuis sa septième année, grâce à la réputation et aux bonnes relations de ses parents, Jacques suit une scolarité de qualité. Il se montre un élève doué et curieux de tout qui apprend facilement. Chaque fois qu’il en a le loisir, l’abbé Nicolas, son oncle, l’instruit et lui donne des leçons de latin que le jeune garçon ne prise pourtant guère. Par contre, les mathématiques et les sciences le passionnent.
Les enseignants religieux le verraient bien embrasser une carrière ecclésiastique, mais ses parents lui voient une autre destinée et l’enfant a trop de rêves de voyages maritimes dans la tête pour s’abandonner à une fonction religieuse.
***
Nous retrouvons le petit Jacques vers 1691, alors qu’il va avoir douze ans. De taille moyenne pour son âge, ce qui frappe dans son visage, ce sont ses orbites grandes comme des soucoupes, avec des yeux noirs rêveurs. Il a l’air d’un pierrot lunaire.
Depuis sa plus tendre enfance, Jacques est imprégné des saveurs et des odeurs qui flottent dans l’échoppe paternelle. Il a aussi les yeux remplis des visions de l’activité maritime et fluviale. En cette fin d’après-midi d’été, il se trouve justement sur la butte de Misery qui surplombe le quai d’une trentaine de mètres, offrant ainsi une magnifique vue plongeante et panoramique sur le fleuve, ses rivages, son port et son archipel. Cet archipel qui encombre la gorge de l’estuaire de la Loire marque son commencement officiel à Nantes. On ne dénombre pas moins d’une quinzaine d’îles et prairies entre la rive sud et la rive nord de la Loire, de part et d’autre du pont de Pirmil fait de pierres et bois, muni de quinze arches et couvert de maisons. En six tronçons, de la porte de la Poissonnerie, en
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