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Je !

De
44 pages

Chers amis, je souffre d’un délire mégalomaniaque, un trouble chronique mais réversible: "Je" suis Dieu. Je suis un sac de chair et d’os dans lequel s’est animé un souffle de raison et de foi, un être qui vit et que vous appelez “Je”. Tantôt sujet aux désirs de l'égo d’un libertin, tantôt incarné dans le corps d’un rescapé du nazisme, “Je” traverse le temps et l’espace à la découverte de l’Homme. "JE est un autre".


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Couverture

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Copyright

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-58816-6

 

© Edilivre, 2013

Citations

 

 

À mes parents immensément dévoués,

À Soumaya, Soraya, Sami pour leur sourire et volupté,

À Bouchra pour notre vivifiante complémentarité,

Pour « l’Homme, la Nature et la Nature de l’Homme ».

Il est temps de faire l’amour, libertin

« Le cœur d’un libertin est fait comme une auberge, on y trouve à toute heure un grand feu bien nourri. »

Alfred de Musset

Avant toute chose, permettez-moi de vous avertir hypocrites lecteurs… Vous ne m’aimerez point… Pour être francs, vous m’appréciez déjà peu, n’est-ce pas ? Je ne veux de votre estime, encore moins votre amour… Un cœur flétri est tout ce qu’il me reste Mesdames à la cuisse légère. Une langue déliée c’est tout ce que vous m’avez laissé mes vénales demoiselles… Et je vous aime tant encore…

Mes chères et tendres créatures, qu’on me castre pour mon impertinence, puissiez-vous un jour prétendre à la dignité des femmes fidèles ! Vous qui tenez sans vergogne à vos époux des discours bafoués sans âme ni regrets dans mes bras. Vous Mesdames, sculptures de désir au bassin fertile et aux courbes dangereuses… Vous autres, vous hantez chacune de mes pensées dans ce lit miteux qui autrefois a connu vos déboires.

Oui, je vous ai aimées Mesdames, fines et rondes, rousses et blondes, mais mon esprit s’est épris des mots et dans son ivresse a confondu luxure avec amour. Oui, me voilà, votre trophée tant disputé, anéanti et jonchant au milieu de ses propres restes. Les tours les plus hautes font les plus hautes chutes disent-ils, et mes nuits gargantuesques de chair fraîche et de plaisirs interdits étaient bel et bien logées dans les plus hauts monts. Mais voyez-vous j’ai abdiqué en épousant la veuve. Ma nouvelle compagne s’est abandonnée à moi jusqu’à ce que nous ne fassions plus qu’un. Dans les moindres recoins, elle s’est emparée de mon corps, dans le plus simple apparat du mal elle a étouffé mon cœur. Elle m’aime et ne quitte plus mon ombre. Elle, Mesdames, elle se nomme « Vérole ». Ce nom si doux, si mélodique pour un venin si terrible, c’est le mien désormais. Mais « le véreux » a aimé, a bu et aimé encore sans regrets et à l’excès.

Mesdames, j’ai vécu !

À vous Messieurs maintenant, je n’ai pour vous qu’une seule requête, mais avant cela écoutez-moi :

Je fais partie de ces espèces qu’on appelait autrefois gandin et qui est fier d’avoir progressivement dégénéré pour se targuer d’abord de coureur de jupon puis de débauché jusqu’à en venir au pari de la gent féminine : le beau salaud.

Dans mon lit de marbre, le souvenir de ma première fois vient parfois se glisser doucement devant mes yeux pour réchauffer mon cœur et à mes heures perdues je vous invoque par la pensée, vous muses exquises, et vous raille par la prose, vous mâles cocus. Appelez-moi fou si cela vous amuse, je n’en ai que faire, la raison ne m’a jamais guidé. Je méprise la raison. Elle me fait penser à ces beaux visages de femme que l’on défigure en maquillant. Elle rend misérable des êtres de passion en les perchant bien haut sur un piédestal d’obligations indéfinies, d’une morale contraignante. À ceux que le déshonneur a déjà souillés, ne vous sentez-vous pas telles les petites larves qui viennent de naître, si ce n’est qu’il vous manque le regard plein de vivacité des nouveau-nés ? Cette prunelle même qu’ont les oiseaux fraîchement captifs, ceux qui s’envoleraient bien haut dans le ciel sans en redescendre si seulement leurs ailes n’étaient pas brisées. Mais voyez-vous, la prunelle de mes yeux à moi, ce sont mes deux filles ; toutes deux à la fleur de l’âge et de l’innocence. Mais toutes deux grandiront sans père. Aujourd’hui Messieurs, je n’ai pour vous qu’une seule requête. Si je me sens l’âme charitable ces temps-ci, c’est qu’à l’un de vous je promets toute ma fortune et ce qu’il pourra cueillir dans mon savoir… L’un de vous Messieurs, un homme probe, vaillant mais cocu, vivra dans le faste le plus grandiose...