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JOURNAL PERSONNEL ET CORRESPONDANCE 1783 1939 OU AFFINITES ELECTIVES

248 pages

En tant que protocoles d'écriture datée et fragmentaire, la lettre et le journal personnel présentent maintes ressemblances. Les itinéraires de leurs mutations historiques se rencontrent à la fin du XVIIIe siècle : la lettre puis le journal personnel devi

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Ajouté le : 01 juin 2012
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EAN13 : 9782296494886
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A œ s tts Collection dirige par Claire S TOLZ (Universit Paris-Sorbonne) 1. Alia BACCAR-BOURNAZ, Essais sur la littrature tunisienne d’expression française , 2005. 2. Alya CHELLY-ZEMNI, Le sauveur dans Baaille  dan la monane de Jean Giono , 2005. 3. Noureddine LAMOUCHI, Jean-Paul Sartre, critique littraire , 2006. 4. Caherine VIOLLEt e Marie-Françoie LEMONNIER-DELpY (dir.), Mtamorphoses du journal personnel. De Rtif de la Bretonne à Sophie Calle, 2006. 5. Lia KURts-WöstE, Marie-Albane RIOUx-WAtINE e Mahilde VALLEspIR , éthique et significations , 2007. 6. Jean-Loui JEANNELLE e Caherine VIOLLEt (dir.), Genèse et autofiction , 2007. 7. Irène FENOgLIO (dir.), L’criture et le souci de la langue. écrivains, linguistes : tmoignages et traces manuscrites , 2007. 8. Irène FENOgLIO, Une auto-graphie du tragique. Les manuscrits de Le  Fai  et de L’avenir dure lonem de Louis Althusser , 2007. 9. Delhine DENIs (dir.), L’obscurit. Langage et hermneutique sous l’Ancien Rgime , 2007. 10. Aurèle CRAssON (dir.), L’dition du manuscrit. De l’archive de cration au scriptorium lectronique , 2008. 11. Lucile gAUDIN e geneviève sALVAN (dir.), Les registres. Enjeux stylistiques et vises pragmatiques , 2008. 12. Françoie RULLIER-tHEUREt, Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San-Antonio ou la fascination pour le genre romanesque , 2008. 13. Valenina CHEpIgA, émile et un romain , à araîre. 14. Vronique MONtéMONt e Caherine VIOLLEt (dir.), Le Moi et ses modèles. Genèse et transtextualits , 2009. 15. Ridha BOURKHIs e Mohammed BENJELLOUN (dir.), La phrase littraire , 2008. 16. salah OUEsLAtI, Le lecteur dans les poie de Stphane Mallarm , 2009. 17. Jean-Michel ADAM e Ue HEIDMANN, Le texte littraire. Pour une approche interdisciplinaire , 2009. 18. Françoie sIMONEt-tENANt, Journal personnel et correspondance (1785-1939) ou les affinits lectives , 2009.
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Que soient vivement remercis, pour leurs conseils pertinents, Michel Braud, Anne Coudreuse, Brigitte Diaz, Philippe Lejeune, Marie-Françoise Lemonnier-Delpy et Vronique Montmont.
ISBN 13 : 978-2-87209-955-9
D/2009/4910/13 © Bruylant-Academia s.a. Grand’Place, 29 B-1348 L OUVAIN -LA -N EUVE
www.academia-bruylant.be
Ts its  ptin, ’aaptatin   tatin, pa l p   sit, ss p ts pays sans l’atisatin  l’it   ss ayants it. Ipi n Bli.
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En souvenir de Pierre Pasquet, et de tous ceux qu’écrire des lettres et tenir un journal ont aidés  vivre.
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INTRODUCTION
J poausr nr u an us  ixJs otepu errns aotl onsunuteerl  s lteeetqn tucaeotli rvroeen s pdpoaonnudaralrynascitee  s dgisrnoe nrtd aelusi snaceth rroicseealsi ts i «m popIlll yesnm, oermxipashitsee   qui des journaux , qui suggèrent des lments de rponse complexes et parfois contradictoires » 1 . Quant  la lettre, elle se caractrise par « l’instabilit de ses formes et la souplesse de son utilisation » 2 . Comment parler d’eux ? En termes de pratiques, de formes, de genres ? Nous utiliserons les trois termes : en effet ils sont  la fois, et selon les contextes, des critures ordinaires voire utilitaires, des formes de la parole quotidienne qui revêtent un type stable d’nonc et des textes qui ne rpondent pas au critère fictionnel, qui relèvent du rgime de « littrarit conditionnelle » 3 et qui se sont peu  peu imposs comme genres, non sans susciter les rticences des critiques et thoriciens. La lettre s’impose dans le domaine littraire comme un genre avant le journal personnel sans faire l’unanimit : le dictionnaire Larousse  de 1873 dclare compter les lettres parmi les genres de littrature » ; « la correspondance « proprement dite appartient au genre des mmoires » 4 , dclare Gustave Vapereau ; nanmoins pour Gustave Lanson, « il n’y a pas d’ art épistolaire . Il n’y a pas de genre épistolaire : du moins dans le sens littraire du mot genre » 5 . Quant au journal personnel, point d’article dans le  Dictionnaire universel des littératures de Vapereau ; la querelle de sa littrarit divise les critiques dès les annes 1880 et ce, pour des dcennies. Journaux et correspondances seraient des genres littraires peut-être, mais des genres volontiers dits « mineurs » 6 , ou pire… de mauvais genres qui sèment le dsordre dans les classifications littraires. Ces pratiques – puis ces genres – sont rputs pour être faiblement cods : observation dûment prouve ou lieu commun critique ? Peut-être serait-il plus juste de parler d’inventivit des scripteurs 1 Philippe Lejeune, « C her cahier… », Paris, Gallimard, « Tmoins », 1989, p. 27. 2 Geneviève Haroche-Bouzinac, L’épistolaire , Paris, Hachette Suprieur, 1995, p. 3. 3 Voir Grard Genette, Fiction et Diction , Paris, Seuil, 1991, p. 32. 4 Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette et Cie, 1884, p. 527. 5 Gustave Lanson, Choix de lettres du XVII e siècle , Paris, Hachette, 1898, p. II. 6 Voir Geneviève Haroche-Bouzinac, op. cit., pp. 8-18.
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dans le cadre de formes, minimalement mais clairement dfinies, qu’elles soient srie d’empreintes dates d’un je  lui-même (journal) ou relation crite inscrite dans le temps entre deux personnes (correspondance). Quoi qu’il en soit et en dpit de l’infinie varit de leurs mtamorphoses possibles, journaux et correspondances sont nanmoins – et ce n’est pas le moindre de leurs paradoxes – aisment identifiables. Longtemps rduits  n’être qu’une source de renseignements historiques et biographiques, les journaux personnels et les correspondances sont, au fil de ces dernières dcennies, devenus de vritables objets d’tude alors qu’merge dans le dbat critique la question des frontières de la fiction. Si Käte Hamburger ( Logique des genres littéraires ) puis Grard Genette ( Fiction et diction ) et Dorrit Cohn ( Le propre de la fiction ) ont scrut les critères et les modes de la littrarit, si Genette et Cohn ont examin les diffrences narratologiques entre rcit fictionnel et rcit factuel, la frontière qui partage les domaines de la fiction et de la diction semble  d’aucuns encore très floue 7 , et les perspectives aristotliciennes – au commencement de la littrature, il y a invention et fiction – font encore de la rsistance. « Une littrature du vrai est-elle possible » ? La question reste pose 8 . Nanmoins correspondances et journaux personnels sont dsormais considrs comme des textes intressants en eux-mêmes et apprhends dans des perspectives varies, de la pragmatique  la gntique. Chacun des deux genres a ses spcialistes 9 qui ont fourni des outils critiques prcieux. Toutefois ces genres voisins n’ont suscit le plus souvent que des approches distinctes. Certes, le Centre d’tude 7 Voir Dominique Rabat, « L’entre-deux : fictions du sujet, fonctions du rcit (Perec, Pingaud, Puech) », Le Chaudron fêlé. Écarts de la littérature , Paris, Corti, 2006, pp. 113-128. 8 Cette question a donn lieu  un stimulant colloque en ligne sur Fabula : « Frontières de la fiction », disponible sur Internet :  <http://fabula.org/forum/colloque99.php>. 9 En France, pour le journal personnel et intime : Michel Braud, Batrice Didier, Alain Girard, Philippe Lejeune, éric Marty, Pierre Pachet, Martine Sagaert, Catherine Viollet… ; pour la correspondance : Bernard Bray, Marc Buffat, Roger Chartier, Loïc Chotard, Ccile Dauphin, Brigitte Diaz, Jos-Luis Diaz, Roger Duchêne, Pierre-Jean Dufief, Marie-Claire Grassi, Geneviève Haroche-Bouzinac, Vincent Kaufmann. à l’tranger pour le journal : Peter Boerner, Suzanne L. Bunkers et Cynthia A. Huff, Manfred Jurgensen, Jerzy Lis, Luc Weibel, Klaus-Rainer Wuthenow… ; pour la correspondance : Karl-Heinz Bohror, Benedetta Craveri, Anna Dolfi, Janet Gurkin Altman, Benoît Melançon… Voir Bibliographie pour rfrences complmentaires.
8  journal  personnel  et  correspondance (1785-1939) ou  les  affinités  électives
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des correspondances et des journaux intimes a organis en 1997  Brest un colloque consacr  la fois au journal et  la correspondance 10 . Cependant, la plupart des interventions, aussi intressantes fussent-elles, avaient choisi de traiter de l’un ou de l’autre genre au dtriment d’une vritable comparaison ou confrontation.
L’intim, l journl t l corrsondnc Or, en tant que protocoles d’criture date et fragmentaire, la lettre et le journal personnel ne sont pas sans prsenter maintes ressemblances formelles. Les itinraires de leurs mutations historiques se rencontrent au XVIII e  siècle : c’est  cette même poque que la lettre et le journal se convertissent d’une certaine manière  l’intime. Pour la lettre comme pour le journal, l’aspect intime, qui nous paraît aller de soi, est pourtant le fruit d’une volution et, pourrait-on dire, un caractère secondaire. Dès le dernier tiers du XVIII e siècle en ce qui concerne la lettre, quelques annes plus tard pour le journal personnel, ces deux formes deviennent les lieux essentiels d’une petite fabrique de l’intime, ce qu’exprime bien Barbey d’Aurevilly dans une lettre  Trebutien 11 : « Et puis c’tait une lettre, – une vraie lettre, – et non plus de ces billets qui constatent une souffrance et un empêchement. Nous avons refait de l’intimit. » L’intime, cette notion si labile, sera le grand mot d’ordre du XIX e siècle. Le Robert historique de la langue française (dition de 1992) propose 1816 comme datation de l’expression « journal intime », ce qui n’est qu’un repère par rapport  la vrit de l’usage. Si on se rfère  la base de donnes Frantext (3911 textes français et francophones en fvrier 2009), la plus ancienne occurrence de l’expression figure dans le journal d’Eugnie de Gurin en 1840. Cette expression aura le succès que l’on sait, offrant l’avantage de lever toute ambiguït et de distinguer la production d’criture
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Introduction  
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10 Voir Pierre-Jean Dufief (dir.), Les Écritures de l’intime. La correspondance et le journal , Paris, Champion, 2000. On trouve galement dans la bibliographie en langue allemande un article intressant qui runit dans son analyse les particularits ditoriales des lettres et journaux : Klaus Hurlebusch, « Divergenzen des Schreibens und Lesens. Besonderheiten der Tagebuch-und Briefedition », editio.Internationales Jahrbuch für Editionswissenschaft 9 (1995), S. 18-36. 11 Jules Barbey d’Aurevilly, Correspondance générale , t. VI, Paris, Les Belles Lettres et Annales de l’Universit de Besançon, 1986, p. 88 (lettre  Trebutien du 23 avril 1858).
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