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Juifs et musulmans en Tunisie

De
192 pages
Depuis le e siècle, juifs et musulmans vivent côte à
côte en Tunisie, parfois en paix, parfois en confl it.
Au e siècle, seules subsistent quelques traces de la
présence juive en Tunisie. Pourquoi cette cohabitation
entre les deux peuples a-t-elle duré si longtemps ?
Pourquoi s’est-elle achevée brutalement ?
Des débuts de la conquête musulmane à l’Empire ottoman, du
protectorat français à la Seconde Guerre mondiale, la cohabitation
entre juifs et musulmans en Tunisie alterne entre tolérance et
exclusion, concorde et confl its. À cela s’ajoutent les dissensions
internes entre juifs portugais et juifs tunisiens qui s’exacerbèrent
à la fi n du e siècle.
Spécialiste du judaïsme maghrébin, Abdelkrim Allagui retrace
sans parti pris l’histoire des juifs de Tunisie. À travers l’étude des
pratiques sociales, économiques et culturelles qui ont fondé les
conditions d’une coexistence millénaire, il interroge les raisons
du divorce qui a conduit les juifs à quitter peu à peu la Tunisie
musulmane.
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couverture
pagetitre

« Histoire partagée »

La collection « Histoire partagée » présente douze ouvrages nouveaux consacrés à l’histoire des relations entre juifs et musulmans en terre d’islam, à leur héritage et patrimoine culturel et religieux méditerranéen et moyen-oriental commun. Elle retrace l’histoire de ces relations millénaires au Maroc, en Tunisie, Algérie, Espagne andalouse, Égypte, Israël-Palestine ainsi qu’au Yémen, en Turquie, Syrie, au Liban, en Iran, Libye et en Irak.

Ces ouvrages doivent permettre aux jeunes générations nées dans les pays musulmans ou en Occident, d’avoir accès, dans leur langue, à cette histoire commune, avec les périodes de conflits, de tensions mais aussi une longue tradition de cohabitation et d’échanges.

Un comité scientifique, composé d’universitaires de différents pays, présidé par le professeur Abdou Filali-Ansary, a veillé à la réalisation de cette collection, dirigée par le professeur Michel Abitbol. Cette collection s’inscrit dans la politique générale et éditoriale du Projet Aladin qui œuvre aux rapprochements interculturels notamment entre les mondes juifs et musulmans par la diffusion des savoirs et le rejet de toutes les formes de révisionnisme historique.

Préface


Derniers vestiges de communautés nombreuses et enracinées qui comptaient encore plus d’un million de personnes au milieu du XXe siècle, les juifs ne sont plus aujourd’hui que quelques milliers en pays musulman, concentrés principalement en Iran et en Turquie, ainsi qu’au Maroc et en Tunisie, ou encore dans le très lointain Azerbaïdjan. Événement majeur de notre temps, cette disparition des juifs du paysage humain des pays musulmans n’est pas sans conséquence sur la vision des uns par rapport aux autres : une vision désormais bâtie autour de mythes réducteurs et de simplifications pernicieuses qui, ajoutés aux conséquences dramatiques de l’interminable conflit israélo-palestinien et à la montée de l’islamisme radical, fait table rase de quatorze siècles d’histoire commune, autant constituée d’échanges que d’antagonismes, de compréhension que de rejet. Mais rarement d’hostilité irréductible, même aux pires moments de leur passé commun. C’est dire combien l’histoire des juifs en pays musulmans ne répond ni à l’un ni à l’autre des deux grands clichés couramment évoqués dans les médias et dans certains ouvrages polémiques – celle d’une expérience qui n’aura été dans l’ensemble qu’une suite ininterrompue de sévices et de persécutions ou, à l’inverse, celle d’un âge d’or de tolérance et de convivialité brutalement interrompu par la colonisation et le sionisme. Deux clichés contradictoires qui ont eu pour particularité commune de figer la vie juive en terre d’islam dans un tableau immobile, l’emprisonnant, une fois pour toutes, depuis le Prophète jusqu’à nos jours, dans des structures de pensée et des a priori théologiques et historiques immuables.

Or, le trait distinctif le plus remarquable de l’histoire des juifs dans les pays musulmans réside dans sa grande diversité : il y a eu autant d’expériences que de communautés juives et musulmanes en Afrique du Nord et au Proche-Orient, et la liste des critères de différenciation est tout simplement infinie. Outre les grandes divisions d’ordre religieux entre islam sunnite et islam shiite, on ne peut oublier la grande variété des contextes culturels, sociaux et géopolitiques dans lesquels juifs et musulmans ont vécu, côte à côte, à travers les siècles : clivages culturels entre mondes turc, persan, arabe ou berbère, clivages socio-économiques entre milieux citadins et milieux ruraux, clivages politiques entre États structurés et entités anarchiques, entre l’Empire ottoman et ses provinces arabes – celles-ci où les juifs n’ont été qu’une minorité parmi de nombreuses autres – et les pays du Maghreb où, jusqu’à la colonisation, les juifs ont constitué la seule minorité religieuse, etc. Des environnements politiques et culturels très divers appelés à subir des changements extrêmes, à partir du XIXe siècle, à la suite de l’intrusion du colonialisme européen, puis de l’émergence du sionisme et du nationalisme arabe, de la création de l’État d’Israël, de la décolonisation et, enfin, des guerres israélo-arabes des quatre dernières décennies, celle en particulier de juin 1967 qui a mis un terme quasi définitif à la présence juive dans la plupart des pays arabes.

L’histoire des juifs de Tunisie remonte à l’Antiquité. Spécialiste du judaïsme maghrébin, Abdelkrim Allagui retrace dans cette étude la destinée de cette communauté, balancée à travers les époques entre les langues et les appartenances sociales et politiques qui contribuèrent largement à façonner les contours de son identité plurielle. Au XXe siècle, partagée entre ses fidélités à la France et à l’Italie coloniales, ainsi qu’aux réformisme et nationalisme tunisiens et au sionisme, elle représente, par son devenir et ses mutations, une des nombreuses facettes de la nation tunisienne. Quantité négligeable au temps présent, elle n’en reste pas moins attachée au patrimoine culturel de l’ancienne régence.

Michel Abitbol et Abdou Filali-Ansary

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