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Juives et musulmanes

De
252 pages
Cet ouvrage, issu d’une recherche originale, présente une approche comparative, qui reste encore peu étudiée, sur les pratiques religieuses contemporaines des femmes juives et musulmanes. Chaque chapitre, rédigé « à quatre mains » par un(e) spécialiste du judaïsme et l’autre de l’islam, met en lumière convergences et divergences dans une analyse croisée de thématiques communes ayant trait au féminin. Les textes posent les questions de l’accès des femmes juives et musulmanes à l’espace du culte (mosquée, synagogue) et aux textes religieux (Torah, Coran, Talmud, Hadith), à leur étude et à leur interprétation, donnant lieu à de nouvelles exégèses féminines et à l’émergence de nouvelles fonctions religieuses (imams musulmanes, femmes-rabbins et autres rôles rituels) ; les débats sur le droit de la famille (mariage et divorce) et les stratégies de contournement de certaines normes ; les problématiques liées à la sexualité, la pureté, l’homosexualité féminine, l’avortement et la reproduction médicalement assistée, dans les textes sacrés et les pratiques des femmes dans l’islam et le judaïsme aujourd’hui.


Lisa Anteby-Yemini, chargée de recherche au CNRS, Idemec – UMR 7307 (AMU-CNRS), est spécialiste des migrations en Méditerranée – notamment en Israël – et de l’anthropologie du judaïsme.

Ont contribué à cet ouvrage : Annie Benveniste, Belkacem Benzenine, Marie-Laure Boursin, Christian Bromberger, Martine Gross, Hanane Sekkat Hatimi, Sandra Houot, Andrew Kam-Tuck Yip, Sonia Sarah Lipsyc, Barbara Peveling, Simona Tersigni, Emanuela Trevisan Semi, Liliane Vana, Nadine Weibel.
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Lisa Ānteby-Yemini
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CetoUvrageestlefrUitdeplUsieUrsrencontresentrespécialistesdU jUdaïsmeetdelislamsUrlaqUestiondesfemmes,danslecadredUn programme dU RéseaU d’excellence des centres de recherche en sciences 2 hUmainessUrlaMéditerranée(Ramses)de2008à2011.LebUtétaitde privilégierlanotiondegenrecommeangledapprochepoUrUneanalyse croiséedecesdeUxreligions.DecepointdevUe,cetoUvrageviseàmettreen avantcecomparatismeqUiresteencorepeUétUdié,concernantlespratiqUes religieUsescontemporainesdesfemmesetleUrsréinterprétationsactUelles destextessacrésetdescorpUsjUridiqUesjUifs(halakhahUsUlmansmte) (iqhdssereetlaistjmeaïUdemsmettenetnimUlcerè).Lepsralaèlelestner divergencesmaisaUssidesconvergences,etlesterrainsméditerranéens présentésicipermettentdexaminercommentseconstrUisentlesidentités religieUsesgenréesdesjUivesetdesmUsUlmanesaUqUotidien. AuIl de nos ateliers de travail, des « inômes » de chercheur(e)s ont développédesproblématiqUescommUnesqUilesontcondUit(e)sàla rédactiondetextessUrdesthèmestelsqUe:laccèsdesfemmesjUives etmUsUlmanesaUxtextesreligieUx(Torah,Coran,TalmUd,hadiths),à leUrétUdeetàleUrinterprétation,donnantlieUàdenoUvellesexégèses féministes ainsi qu’à de nouveaux rites et cérémonies spéciIquement féminins;laccèsdesfemmesàlespacedUcUltedanslamosqUéeoU lasynagogUeetlesréaménagementsdesrèglesdeségrégationspatiale deslieUxdeprière,entraîsnotincfoesllveoUenreegcndesUislménanta religieuses féminines ; enIn, les questions en lien avec le droit de la famille (mariageetdivorce),lasexUalité,lapUreté,lhomosexUalitéféminineetla procréation médicalement assistée. CetoUvragesoUhaiteainsiaborderlesparallèlesentrejUdaïsmeet islamliésaUxthèmeslesplUsactUelsqUitoUchentlesfemmesainsiqUe lesdifférencesdanslesmanièresdontcesqUestionssonttraitéesparles aUtoritésreligieUsesetparlesactriceselles-mlbortaméeUqimes.Lap centraleinterrogelesstratégiesdenégociationetdecontoUrnementqUeces femmes utilisent aIn de remettre en cause l’autorité masculine en matière
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denormes religieuses, de savoir juridique et de fonctions rituelles, ainsi que le contrôle des hommes sur leur corps et leurSexe,ectLrapiLaue,ét biaiSderevendications féminines voire féministes souvent similaires dans lesdeux religions. Cette pulication souhaite enIn innover les travaux sur LinterreLigieux,SurLepLanméthodologique et théorique, en adoptant une écriture comparative« àquatre mains», qui met en lumière les nouvelles formes de participation des femmes dans la sphère religieuse et leurs demandes d’égalitérituelle,àla fois dans les pays d’origine et encontexte de migration.
Une Loraison de recherches sur le genre et la religion
Dans la trame desétUdes féministes et desgender studies, la recherche sUr la religion s’est de plUs en plUs intéresséeàla place des femmes dans les traditions religieUses dU monde, et en particUlier dans les trois monothéismes. Nadine Weibel, dans le texte d’oUvertUre de cet oUvrage, intitUlé «D’Une foi àl’aUtre, d’Une voixàl’aUtre : regards croisés sUr la régUlation dU féminin», noUs offreàce titre Un large panorama des constantes dans les recherches sUr les femmes et la religion.En particulier, des études ont Leuri ces dernières décennies sUr le statUt des femmes dans les textes fondateUrs des 1 2 traditions jUives et mUsUlmanes . On assisteégalementàUne prolifération 3 de travaUx sUr la qUestion dU genre et dU féminisme dans le jUdaïsme et 4 l’islam maiségalementàdes relectUres et des exégèses féminines, sinon féministes, soUvent coUpléesàdes revendications d’égalitéface aU droit 5 religieUx oU aUx rô. De plUs, on troUve Un nombre croissantles ritUels pUblics d’étUdes anthropologiqUes et historiqUes qUi s’intéressent aU qUotidien des femmes etàleUrs pratiqUes religieUses,àleUr participation ritUelle etàleUr 6 7 interpréet le jUdatation dU cUlte dans l’islam ïsme . CestravaUxderecherchesesontdéveloppés parallèlementàdes moUvementsféslanedUvreUxdeesleUqsetsorternominiiligno.siSel fésocUalppUopsUitilnismemUsUlman,beimé, ne renvoie pasàla même réaliténi aU même déqUUiqUestornthiemeppolevfnéesfil,emUjnisim revendicationsdesfemmessontsoUventprochesettoUchentaUxmêmes qUestionsconcernantledroitdelafamille,lasexUalité, le corps et l’accès aUsavoirreligieUx,enremettantencaUselesinterprétations patriarcales toUtenrestantdanslecadredelareligionnormative.Eneffet,lorsqUon éeUelvqoféitonsec,ovnersnopllentieUsinmsimamiqeisljUifUeoU soUventàefstli.LesrantsreldescoUdatioiangieixUrtémisineUqsiemimal s’amorce en Iran, enÉgypd,UqeiTnrUete,ésfdemiar,p9019Utbsemme religieUsesqUidéseedtsxeetsscarecslretUriscqUtileveppoedtnés et des réinterpré(eceenUdprqUmilaisdsnoitatsirUjaleiqh), mettant l’accent sUrlesdroitsdesfemmesenislam;parlasUite,desintellectUellesde
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paySmuSuLmanS,d’Europe et desÉtats-Unis revendiquent cette voie d’herméneutique féministe en historicisant et enntcotUexseettxselasinalt 8 fondateUrsetrécltte.eCillaafimortindseUeiqidUrsjntemegnahcsedtnema thécritogieolnlUmietetdetntemeeertUeiqpretreogisssèerelajUstic sociale, l’égalitéam.msilarUllsiledeensgdeeptlsere ToUtefois,lesinteractionsentreféminisme laïctetnevtsoUxsongieUreli complexes.PoUrlejUdaïsme, le débat entre féminisme«endogène»et féminisme«occidental»ermerestpoUrsqUeelfndeeUtasosepéminisme islamiqUe,enpremierlieUparceqUelaqUestionpostcolonialenyaaUcUne e place. Le fédainmmeisifjUébtUéerUEnaepUoXXsiècle, avec la création d’écoles religieuses pour Illes – Beit Yaakov – en 1917, puis l’ordination de la premièrantlibparlecoU-earbbnierefmméral en 1935àBerlin, et s’est prolongédsfelesmdansmentoUveémnijsiUsietsaveméricaines des années 1960.DepUis,diversféemjsiUsfesostndminiséveloppés, avec différentes revendications,commecellesdesfemmesnonorthodoxes,qUidemandent, dès 1970, l’égalitédans les responsabilitésidlmisgaUeesivesoUreinistrat etlordinationdefemmes-rabbins,oUcellesplUsrécentes des femmes orthodoxes qui souhaitent accéder à l’étude religieuse poussée. On identiIe troisphasesjUivesféministes : la première consiste en la reconnaissance dU décalage des rôelerohestnetfemmesdansmmes;loneUadrelagiliixème chercheày remédier, par exempleàlscanotsrtvareesUproegndioUtited prière féminins ; et la troisième phase, la plus radicale, s’engage à identiIer 9 les raisons dU biais androcentréoialeldUeoivjUhalakhahE.cnqeiU concernelislam,UnepremièfvereUgaéministe séciUlère s’est constitUée, dès les annése91nfsUUi,p20éminisme endogèofrap,entqUe,sesisislami développé, associéinolocitsnad,xUasetsnateoitailanmevesnntaUoUxm certains cas promU comme féminisme d’Émoc,neemnonitatiqUeslam 10 TUnisie,enTUrqUieoUdanslIrandUshah.Onassisteégalement dans certainspaysmUsUlmansàl’éremnfedUgencéinismUqdealimemsiÉtat, commeaUMaroc,etplUsréemmedtnUnfcésmeislamminiitUqeqieUopil et militant oùrevendications sécUlièredsUeiessertesgileémocratisent, 11 sentrecroisent,seconfrontentoUsassocient.IlfaUtégalement tenir comptedenoUvellesvoixmoinshégéUeiqUfsdmnoéalsiUqim,einmmeis venantdĀsieoUdĀfriqUeoUdeminoritésf(ecsdmeem,UrleoU homosexUellesoUdéfavoriséeséelrU.sneetatlicmononO)eidccUeiqntme QUant aU jUdaïsme, le militantisme politiqUe est peU développéet il n’existe pas, par exemple en Israël, de partis jUifs féminins oU de sections féminines de partis politiqUes religieUx ; toUtefois des militantes sécUlières réclament, par le biais d’associations laïqUes, des réformes dU statUt personnel et sUrtoUt le droit de se marier civilement, alors qUe les Israéliennes orthodoxes demandent des changements dans le droit religieux, aIn de mieux les défendre, surtout 12 en cas de divorce . Le féminisme jUif orthodoxe s’est strUctUréd’abord avec Une association américaine (Jewish Orthodox Feminist Alliance), fondée en
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1997, puiS unforum israélien de femmes religieuses (Kolech,«tavoix»), crééen 1998, qUi se mobilise poUr protéger les droits des femmes etétendre leUr participation ritUelle par l’expertise en loi jUive et l’accèsàde noUvelles 13 fonctions religieUses . Les féminismes islamiqUes, dans leUr plUralité, sont qUantàeUx diffUsés par Une diversitéd’associations et de réseaUx nationaUx et transnationaUx, religieUx (Sisters in Islam, Global Women’s Shura Council) oU sécUliers (Women Living under Muslim Laws,Junta islamica, Musawah) qUi militent poUr la réforme des lois sUr la famille oU la reconnaissance de 14 l’aUtoritéféminine en matiè.re de religion On assisteégalement aU développement de recherches en théologie et dechercheUresengagé,svaceedeUqsosnadmselfeUresmmoUscporsées oUlessynagogUes,descerclesdéUteds(Ueiqamslsihalaqah,seviUjUo) descentrescUltUrels,desinstitUtsdenseignementreligieUxoUdes dépteardsUemtnsrtiinevéitrasqUttennsmepaettectehcorp«aU féminin» dUsavoirreligieUx.CescentresdévaUxstrantdeUisedorpedUtàla fois de théologie féminine et d’exégèse féUjUiveetlamiqUeosinisietm forment des femmesàp(revUonedcnofsellelsrontiesUsieigédicatrices et théologiennes) qui modiIent les pratiques et les formes de participation au cUlte.IlsagiradanscetoUvragedecomparerlesmanièxeUsdlensdas,re religions,derevendiqUeretdaccéderàl’égalitédserd,ssflemeemtsoiUrpo danslamesUreoùl’accèieUxeligentreviasiorrsUvaàl’accèsàriovUopnU (empowermentqU)tnegtiviartcroissantedaliUeortcoreinUpeé(agency). Āinsi, leséenamessrofftdniercUsjteveUitmseUlUsdedésconstrUirele interprédteharoTopnaroCUrciatrpaladeesalttaoisnntreUrmocesrqUe soUrcespermettentaUssiUnelectUrefondélUreségalitétseo,cclUdseegrnée par des siècles d’interpréonUisqnelicUassmnoitatlilrbUoevtnstUoéla 15 distinctionentredroitreligieUxetcoUtUmeslocales.CettearticUlation entretexteetpratiqUeestaUcentredecesdéocUi,qestaenoitrxUrahcm femmesayantatteintUnniveaUdeconnaissancesetdexpertiseavancé laUtoritétnerenocnaUsegdrsdegaen-exégèse féministe, oU comme le préconise la thénUreneaeWnginilĀomnoeem,dUdadgender jihad. ToUtefois,sidesthèemcsgrnenoevUqsnsopectneseUatqaUntUexqiost moUvementsparallèseadsnelUjadlïtenttonUxvsareamtedUep,malsilteé decomparercesprocessUsentrelesdeUxoUmême les trois monothéismes.
DéIs méthodologiques et théoriques
Cet ouvrage se heurte en premier lieu à des déIs à la fois méthodologiques et théUesqUirelqiroèetrsspdeiventdnUpera,teddsnaegèges dU comparatisme interreligieux, et d’autre part, des difIcultés à déInir l’ojet même de l’édetU,àsavoir les femmes«jUives»et«mUsUnamlse».
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Le pari de la comparaison ILexiStepeudetravauxcomparatifs sur les femmes musulmanes et juives et l’analyse interreligieuse demeure encore peu développée,àl’exception notoiredUnréUotnecUresagvrenevsrleidacitnorslegieiUsesetpolitiqUes 16 des femmes aU Koweït et en IsraëUqleselQU.étsedUtroptsenlaUrrepUté 17 etlimpUretéemsnrtUelledanslejUdaïcelteemsnaitsirh;smeislaUr 18 sexUalitédnadUalsjeïlUrextlismee;sslamégèse féminine, les relations entregenreetnormesreligieUsesetlesfonctionsreligieUsesdesfemmes 19 20 dans les trois monothéUslr;Uoemssitoratfrebaibanetltpesaéminins ; 21 oUencoresUrlesfénimiessmlireeUgietrabledvaUxnÛUax.snmertee comparatifssefondentplUtôsUtxtteesrlmaninatno,snexeisreligiesdestro 22 parexemplelesnotionsdemascUlinetféllseseetitUqpsarUrde,oUsinmin 23 qUelespèxUeig.ilerretnisgenarile CetoUvragepoUrrait,certes,montrerleslimitesdUnetellecomparaison; 24 toUtefois,leconceptde«comparatismeàbonne distance»permet d’éviter de tomber dans le piège de comparaisons simplistes et de se concentrer plUtôscletaonUrts,stcselénts,lesslesemprUnahc,segnyrcétismes et 25 les«différences complémentaires»tnemrofiqUtsysè,lUsplDe.ema notion de«petites»et«grandes»différences aétépertinenteàsilUrseUp reprises(notammentdanslacontribUtiondEmanUelaTrevisanSemi) pour comprendre comment les groupes se déInissent, parfois en miroir, etcommentseconstrUitlarepréittdnldineestatnreUtUa,qndioĀelése penseàtravers l’altéritéUsUm,eviUj(hrUceoanlméxvaUasert)eL.nniet 26 de C. Fabre-Vassas sont,àce titre, fortsétaUxrapportscrialstnanaUq d’altéritéjUntneenhrtcseifUqetneritétiens par l’intermédiaire dU cochon. Dans certains contextes, les frontières entre mUsUlmanes et jUives peUvent être extrêmement poreUses. Ûn lieU oùces délimitations disparaissent, dans Une certaine mesUre, est le hammam, conçU comme Un espace de sociabilité 27 poUr les femmes mUsUlmanes et jUives aU Maghreb et en migration . D’aUtres sitUations de rencontre se sitUent dans la sphère alimentaire : ilétait fréqUent, par exemple, qUe des femmes jUives détiennent le rôle de cUisinières poUr les fêtes et mariages mUsUlmans aU Maghreb ; inversement, dans la France des années 1960-1970, de nombreUx mUsUlmans, qUi ne parvenaient pasàse procUrer de la viandehalal, s’approvisionnaient dans les commercescachers oU fréqUentaient les restaUrants jUifs. Ce jeU de miroir perdUre différemment avec l’explosion actUelle dU commercehalalsUr le modèle dUcacher. PoUrtant, même si l’on retroUve aUjoUrd’hUi des rites croisés et des bribes de ce passéde convivenza(comme les célébrations de hennémUsUlman et jUif qUi connaissent Un développement spectacUlaire en France, oU l’appelàdes circonciseUrs ritUels jUifs par des mUsUlmans en migration, oU encore la consUltation de gUérisseUrs jUifs par des mUsUlmans en France), les liens entre commUnaUtés
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juiveS et muSuLmaneS par Lemonde sont entachés ducontexte politiqUe actUel, que ce soit le conLit israélo-palestinien ou la montée des fondamentalismes. L’originalitéercedUotegarvéottUadsnectttenesidedoncavantvetita de comparatisme,àtravers le travail d’é,oapneUd)eUr(ntUrecri spédejUdUacaiiltsïhtse,maldrUse)delissmeetUn(èUxsemmmcosaUn revendicationsdesfemmesmUsUlmanesetjUives,enessayantdymontrer les croisements, la proximiténctatleediesffamsiUasslidasiérences entre les lois et les pratiques religieuses respectives. Cette réLexion commune aéipscdiernteichroppaenUsimerleapgtnemiUmriqeilanèneàconfronter des traditions de recherche (en histoire, anthropologie, droit, sociologie, sciencespolitiqUes,théeigoloUasiam,)rehcerhcedUesrndiassiUeentlogU pays et de confessions différentes.
Dépasser l’essentialisme de la femme « juive » et « musulmane » DéInir la catégorie même de femme « musulmane » ou « juive », au-delà d’une déInition essentialiste, se doit de comprendre une réLexion sur 28 lafabricationdelanormeetsUrlintersectionentretexte,interprétation etpratiqUe.ÀsqUiemmectetierl,seapchreitecsdoUetgarvartenetifedt appartiennentàdiffétsanUrcoetnestrécoles de penséseerventboiUqte, divers degréUetosdspearitUqsea,siUsenbiedqUfeessemmpnonitarnaUq laïe,tnUqseptetcomenanégalement de la classe sociale, de l’ethnicitéet de la nationalité. DanslejUdaïUx(eesox-pmexl,el,emseraportsodthcoesanUr mêsividbsUesmés en néro-ochit),xosehtdobUvaUooLoxesthodraor,Ult «traditionalistes»delhart(tiUdébreUmasortimiapsUlcsnoUnnesialgna commeConservative), libéraUxUo(Reformen anglais) etReconstructionists se positionnent très différmmeetsonUtdelaferUeltstaermmnestôle dans lavieritUelle,réneUteinrrpUstlnadtétation parfois radicalement opposée des mêie.SrseUe,ncranFirojamaltettxmsedntaseofésifUejnsoesdtn pasorthodoxes,ilsrespectentcommesoUrcedaUtoritéle Consistoire orthodoxeetsoUlètninoitseneqUoncUvedénasserrtpoaperrlsUte 29 entreaUtoritéseedxUrpniicapxU.PoUrlislam,lsUeipteeitarseUqrigel coUrants,lechiismeetlesUnnisme(avecseséseamidUqet,ilikcjUrioles hanaIte, shaI‘ite et hanalite) interprètent aussi les textes à leur manière, rétesssiO.antnsereegivsdoirfpaesqUtiarpnetnatlUségalementàla foisà UneradicalisationaccrUeetàdes tendances réformatrices, progressistes et éalitairegedxUrtdadsnalssegiliseeUioitrensxUeineL.slimséo-islamisés, réislamisésoUraejUdïséseocrUnastelstneviUssUelliadUspllerstlenUvso plUsrigoristes,visibleszehcfSeLemmearSpLeretour du foulard islamique 30 ou du couvre-chef chez les juives (chapeau, éret, Ichu ou perruque). Il en découle aussi des différences, parfois fortes, entre le statut des femmes en migration et dans leur pays d’origine, où elles pratiquent parfois des
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formes plus innovantes de la religion qu’encaentsnoeUd,roqiaipstxde lesqUelslespressionssontplUsimportantespoUrrespecterlanorme (concernant l’accèseUgisfsesnoiilerfxUatcnoéminines oUàl’espace dU cUlte).Ilexistedoncdifférentes manières d’êsUmUanlmteertevUojeiU de se positionner ou s’afIcher comme telle, et cette diversité d’identités religieUsescompliqUe,àbien desésdl,gragemUsaêiestmeqUtiafici des termes«neUsmmaUl»et«jUvie»tsoprUUqC.evaitoi,silaétélUsp pertinent de parler de«jdUaïsmes»et«d’islams»vasUcsnosioh,ino,à traverscetoUvrage,ladésignation de«maUlUsmne»oU«evijU»et le singulier pour chacune des religions, aIn de faciliter la lecture d’aord et parceqUelaréféedemneecrUregénénteoU,tiexodohtroledelleentcalemr n’érttpcaanceasemtttiUlcilptiéaeUtc.ell DanscetteoptiqUe,certainsconceptsdénniettrnetUenasrevsnatilé qUipermettraitdedéverenUolppiafnetrredrUmocsitreopelsrapaonis fUtUres.ĀinsiladivisiondanslejUdaïsme entre TorahéP(etirc)UeUqtetaen etTorahorale(TalmUdqUicomprendlaMichnahetlaGuémara, les commentairesrabbiniqUessUrletextebibliqUe)peUtêtre mise en parallèle avecladistinctionenislamentreleCoranetleshadiths.OnpoUrraitaUssi penserlesdeUxensemblesdeloisenislam(shariaoUloidivinerévélée aU Prophète etiqhou juridiction humaine qui codiIe cette révélation endispositionsjUridiqUes)danslamêrelameajedUUqleitnoïsme entre loi révéléemednstnecte(ammotloirabbdivins)eniqieU(halakhah). De plUs,leiqhestàl’origine de certaines législations nationales dans les paysmUsUlmansconcernantlestatUtpersonneletledroitdelafamille,de mêenIsrameqUël, lahalakhahréosrelennatsUptUtpeassdctrtcensaigti descitoyensjUifs(mariage,divorce,décècUx)asôtésdiUqlivictiordU réigdtatUersshpères dU droit familial (pensions alimentaires, garde des enfants, propriétéet héritage par exemple). ÛneémieratrlegilonoUsedUt commUneaUxdeUxreligions(telqUeletermetaharaoUpUretéo)sUrU certains mots-cléairroUspissUatéiecoologhropeant.etavipmranUrehcUab EnIn, s’attacher au processus de production et de réception desfatwas mUsUlmansetdesresponsasfiUjces déUeesiligomdqsiUcrensioisèlent parfois la normerpselseetrtUernUaeeqUipistersetravésents articles ; desinterrogationsaUtoUrdelanormativitéet de la relation entre les textes, leUrinterprédestlspran,leatiotemesfsmeseeditUqéasdonsicitirotUés religieUsesmériteraientégalement d’être davantageéditUées. Ûnedernierpoint,sUrlapositiondUchercheUr(e),estaUssiimportant ànercUligneUtarlailartoséetrriasn,poimibsssUleesrcseUosttnev qUonsoithommeenqUêtantimrapenamlUsUm-no,nesmmfeesidrmpa desmUsUlmanes,non-jUiveparmidesjUives,etpeUt-êaUqttdnUserUotr on est considérée comme«indigène»ottUvsaeceelqseUtsoinsliées aU fait d’êpertitarnaUqUoetsepatdêtre perçemnUcemohcepeUor ou une « étrangère ». Ces réLexions ont fait l’ojet de nomreux écrits
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ensociologie et en anthropologie mais pratiquement jamais avec une approche comparative. Marie-Laure Boursin et Annie Benveniste, dans leur contribUtionàlUseseesnoltraUv,sgetoceàtarenUdtelyseeanadUniter éderUtircesétindissociables,oprUleel,sedalafonisqUnsiootmçon dont leschercheUressepositionnentsUrleterrain.PoUrlUne(M.-L.BoUrsin), la préensnilteecoitcaretenmmmUontqanfeUeiarrtnenrUsnetelUsmlnae est conditionnéqUlstex(eUgilirestidretnidecnavrlobserepaêeperUrt ritUellementpoUraccéderàla mosqUéUal(erteB.Ānevniste),le);eUrpo fait d’être juive mais non pratiquante induit une relation Iliale avec des personnesâgéqsiUevineesodiUnedtleenresgi«esamceqUèaelUiren pas transmis»eUsdlenses,lasxcaD.erhcrehcUeerssnoptçUescommede «potentielles converties»(même de l’intéUid,ceqeUr)riésUisniaeetmr les manièohcneP.riovaselrgetaarepsdrens-noUsàprétesrUelssjUsents commUnsqUiconstitUentleschapitresdecettepUblication.
Thèmes transversaUx
La premièraitrpetesUeporccrlaèsfsedemmeiUjsesevUstmmaUlsne àapecirUtle,eslàl’étUdedestextessacrénsioctonxfaUetssesUeigiler pUbliqUes.CenoUvelinvestissementfémnidUUxltcUdeinieslecaped,esel textUel,delexégèlsereaetdntisceeorfeclneigtineoicssUéricales rétnsUlte également dans l’élesetUelsivexclUpsarleelseiritUqmeenrgdeceUvnotnem féminines.
L’accès des femmes aux textes religieux, à l’espace du culte et aux fonctions rituelles 31 PlUsieUrsédsseoptrrsparUelentsxistdesetUoUesivjUesmmfe 32 mUsUlmanesaUxtextesfondateUrsdeleUrstraditions(Torah,TalmUd, Zohar,Coran,hadiths);cependant,peUcomparentlesprocessUssoUvent similaires réclamant le droitàraeUcclès,àelrUéeedUttàrelUrinterpétation. CetterevendicationdesfemmesaUsavoirreligieUx,commUneaUxdeUx religions, a permis dans les dernières déectUerelesUnennicsecrUosseder sacréenUvsontnames,etàleelesxedonvUégèses féminines voire féministes, l’accèsàdes textes dont elleséTaleel(tUdlmvanapUraUlseetcxentatai poUrlesjUivespratiqUantes)etmême des débtassrUalréorganisation dUcorpUscanoniqUeparmicertainesféetsinimnetejttreUisqUeiqamslsi comme«ianUesntiqUthe»des hadiths misogynes en contradiction avec 33 leCoran,daUtantplUssilachaîsmantrdeesonsiiselbiafnteelrUoP. jUdaïsme, l’accèmeemedfssasxUétaesUdlmUeiqepsrrtdUéesUetnen véritable révolUtion;enfeef,taplrfeiadtêtre dispensées de l’étUde religieuse (à l’inverse des hommes), il est venu à signiIer qu’elles étaient
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