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KRACH 2007

De
191 pages
La guerre larvée en Afghanistan, la guerre civile en Irak, un conflit qui se profile à l'horizon de 2008 en Iran, des marchés financiers qui s'emballent au moindre coup de clairon, sont autant de tensions et de raisons de craindre le pire pour l'avenir du monde avec des répercussions à court et moyen terme sur les marchés de capitaux et l'économie. Si on y ajoute l'endettement colossal des ménages, des entreprises, les dettes publiques des pays et tout récemment la crise des « subprime », crédits immobiliers bon marché, nous avons tous les ingrédients pour que nous connaissions le plus grand krach boursier de l'histoire du capitalisme, avec des conséquences dramatiques et inestimables : une crise économique sans précédent, pire qu'en 1929 !
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2
Krach 2007

3André-Jean Locussol-Mascardi
Krach 2007
La vague scélérate des « subprimes »
Document
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00452-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304004526 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00453-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304004533 (livre numérique)

6 . 8






J’ai senti le besoin imminent d’écrire ce livre,
car j’en avais déjà la matière et le pressentiment
qu’une grave crise se profilait à l’horizon à
échéance de quelques semaines, voire quelques
mois. Tout au long de l’année scolaire, je l’ai
évoquée face à des étudiants incrédules et scep-
tiques qui ne croyaient pas une seconde qu’une
crise comme celle de 1930 puisse se répéter. La
description de la crise argentine avec l’absence
de liquidités et la fermeture des banques entraî-
nant de graves troubles dans le pays, ne les a
pas non plus interpellés. Leur esprit critique
quant à mes propos, voire mes insinuations, a
permis de déboucher sur des échanges très inté-
ressants et fructueux pour leurs connaissances
en matière d’économie, mais cela m’a aussi
permis d’avoir une meilleure appréhension de
leurs soucis, de leurs craintes et sur la manière
dont ils voient leur avenir au sein de notre so-
ciété de consommation. Cela nous a conduit
tout au long de l’année à de longues discussions
sur l’actualité économique – toute actualité a
une source, une cause ou une conséquence qui
implique l’économique –, parfaitement en ligne
9 Krach 2007
avec leur référentiel et les cours d’économie.
Certains n’ont pas hésité à m’interpeller, dans le
ecourant du 2 trimestre, sur l’imminence de la
crise, juste avant qu’un premier avertissement
ne soit donné par les bourses mondiales début
juin 2007 – après deux accès de faiblesse en
janvier et mars –, puis un second début août et
un troisième fin août suite à la crise du crédit
immobilier « subprime ».
La guerre larvée en Afghanistan, la guerre ci-
vile et de religion en Irak, un futur conflit en
Iran qui se profile à l’horizon de 2008 – comme
le confirment les déclarations sibyllines des
vice-président et président américains Dick
Chesney et George Bush, celle « aventureuse »
du ministre français des Affaires étrangères
Bernard Kouchner, et les éditoriaux de la presse
française et étrangère –, des marchés financiers
qui s’emballent au moindre coup de clairon.
Autant de raisons d’être inquiet pour l’avenir du
monde et de craindre des répercussions à court
et moyen terme sur les marchés de capitaux et
l’économie. La crise est à notre porte prétend
une grande partie des économistes, dont le
nombre ne fait que croître à la lumière des
données macroéconomiques et boursières.
Mais, pour être « politiquement correct », il est
mal venu d’envisager le pire lorsqu’on a une
responsabilité économique ou, du moins, faut-il
le faire avec précaution, que l’on soit homme
10 Krach 2007
politique, dirigeant d’entreprise, analyste ou
économiste rattaché à un organisme ou à un
établissement financier – on ne coupe pas la
main qui vous donne à manger –, et c’est la rai-
son pour laquelle les acteurs de la vie économi-
que sont de plus en plus circonspects et sou-
vent pris de court.
Qui aurait envisagé une seconde que New
York serait l’objet d’une attaque terroriste de
grande envergure, qui a entraîné l’effondrement
des marchés financiers mais aussi une perte de
confiance et une profonde déstabilisation de la
vie économique, avec un impact psychologique
considérable sur le mode de vie des popula-
tions. Ce n’est pas faire preuve de pessimisme
et même de catastrophisme que de prévoir tou-
tes les éventualités, toutes les conséquences de
la dérégulation des esprits, des climats, des mar-
chés et des errances de notre société. Bien au
contraire, c’est une sage attitude, un comporte-
ment prévoyant et responsable que d’anticiper
les mutations de plus en plus imprévisibles de
notre environnement, ce qui permet de ne pas
être pris au dépourvu et de mettre en place tou-
tes les ressources, les moyens à disposition pour
anticiper ces changements de notre univers.
11
INTRODUCTION
Dans une interview donnée en 2003 à Ma-
1nuscrit.com, j’ai évoqué les risques
qu’encourraient les marchés de capitaux et
l’économie à cause de la déréglementation des
marchés (tout particulièrement ceux des pro-
duits dérivés) et de l’endettement des agents
économiques. A la question : « Qu’évoque pour
vous l’expression “dictature des marchés” utili-
sée dans les discours anti-mondialisation ? », J’ai
répondu :
« On pourrait qualifier cette dictature des
2marchés de « Tyrannie de la globalisation », ce
qui signifie que les marchés financiers dictent
leur loi à l’économie mondiale, ce qui est bon
pour la croissance des marchés boursiers, est
automatiquement bon pour l’économie. Les
maîtres du jeu des marchés sont les analystes,
stratèges, chefs économistes, gérants de fonds

1. Entretien avec André-Jean Locussol-Mascardi (Pro-
pos recueillis par Jean-François Dauven, Manus-
crit.com, février 2003).
2. Dominique Plihon, professeur à Paris Nord.
13 Krach 2007
ou d’actifs qui imposent leur point de vue sur
l’économie en obligeant les politiques à se sou-
mettre à leurs règles [… ] Lyndon LaRouche,
économiste américain, dénonce cette dictature
depuis plus de vingt ans. Il se bat contre cette
oligarchie financière qui détruit notre appareil
productif et notre économie, investit unique-
ment dans les projets les plus rentables, et fait
pression sur les Etats et les entreprises pour
abandonner tout ce qui n’est pas d’une grande
profitabilité. L’ex-candidat démocrate à la Mai-
son Blanche souligne la présence de ces préda-
teurs dans les sphères gouvernementales et leur
influence néfaste dans les décisions économi-
ques : les mêmes banquiers d’affaires qui étaient
présents au sein des gouvernements américains
avant le krach de 1929, et, qui n’ont eu de cesse
de combattre la politique de grands travaux du
« New Deal » de Roosevelt et de dicter leur loi,
celle du profit maximum ».
« Depuis une vingtaine d’années, ils sont re-
venus en force dans les arcanes du pouvoir et
sur les marchés financiers à l’occasion de
l’apparition d’innovations financières compre-
nant les produits dérivés (warrants, options,
contrats à terme, swaps, etc.) Certaines figures
emblématiques de cette finance anglo-saxonne
n’ont qu’un mot à dire pour que les bourses
tremblent, les actionnaires paniquent et les têtes
des managers tombent. Les fonds de pension
14 Introduction
américains ont fait ainsi chuter Alcatel, et les
analystes de Wall Street ont demandé la tête de
Jean Marie Messier, ex-pdg de Vivendi [… ]
Leur collusion avec les intérêts de certaines en-
treprises et leur manque d’indépendance leur a
valu bien des désagréments et des procès [… ]
Tous ces faiseurs de miracles conduisent
l’économie tout droit dans le mur, celui des la-
mentations, des désillusions, de la récession, du
chômage et de la crise. Ils sont en train de dé-
truire l’économie physique (réelle) au profit de
l’économie financière (virtuelle). Contrairement
à ATTAC qui propose des mesures ponctuelles
comme la taxe Tobin, sans remettre en cause
les fondements du système, Lyndon LaRouche
propose une refonte complète de l’architecture
financière ».
« Cette reconstruction passerait par une nou-
velle conférence du type de celle de Bretton
Woods, convoquée par les Etats pour créer un
nouveau système financier et monétaire - en
mettant un terme à la loi du plus fort prévalant
sur les marchés internationaux et en rétablissant
les lois, les règles et une reprise du contrôle par
les Etats responsables de l’émission de monnaie
et de crédit. D’autre part, l’économiste améri-
cain demande qu’on arrête la loi de la jungle fi-
nancière actuelle et qu’on revienne à une régula-
tion permettant d’établir une parité stable entre
monnaies et une conversion limitée - un
15 Krach 2007
contrôle des changes et des échanges commer-
ciaux et une mise en place de mesures protec-
tionnistes pour les industries naissantes ou
contre les pratiques de dumping. On doit faire
en sorte que la monnaie et le crédit s’orientent
vers le financement de l’infrastructure, de la
production et du travail, suivant une démarche
comparable à celle du plan Marshall, avec des
crédits à long terme et à faible taux d’intérêt
émis par les Etats pour favoriser une stratégie
de grands travaux Est-Ouest et Nord-Sud. De
plus en plus d’hommes politiques et même des
ex-présidents comme Bill Clinton adhèrent à ce
programme : “Nous devons trouver les moyens
de maîtriser la force des marchés financiers in-
ternationaux” et, tout récemment, le parlement
italien ».
Depuis la situation a empiré au niveau de la
déréglementation et les mouvements erratiques
de la Bourse sont de plus en plus fréquents.
Malgré de sérieux avertissements en janvier,
juin et août 2007 (à deux reprises), les marchés
financiers et les hommes politiques ne croient
toujours pas au krach, juste à une faiblesse pas-
sagère de la Bourse. Pourtant, plusieurs indica-
teurs sont dans le rouge et les mises en garde de
certains économistes et analystes se multiplient.
Toutefois, les intervenants des marchés dans
leur grande majorité ne retiennent que les indi-
ces positifs : la croissance de la Chine, du
16 Introduction
monde et celle de l’Europe qui d’après eux de-
vraient au pire se maintenir, voire repartir. Ces
hauts personnages des sphères financières et
politiques se voilent la face pour ne pas voir le
mécréant, l’hérétique qui agite le drapeau rouge
de l’anti-libéralisme, un torchon qui brûle sur
l’autel des profits. Nous écoutons rarement
ceux qui ne partagent nos convictions, à partir
du moment où nous les soupçonnons des pires
intentions, malveillantes ou révolutionnaires. Et
si pour une fois, les ennemis du libéralisme
avaient raison de tirer la sonnette d’alarme de ce
train fou (comme un certain « trader fou ») qui
lancé à pleine vitesse ne peut plus s’arrêter faute
de freins et de garde-fous.
17
HISTOIRE DE CRISES
On pourrait croire en admirant la nature su-
blime et resplendissante mais immobile comme
un paysage de Claude Monet, que les sociétés, le
monde fonctionne à son image autour d’un ciel
bleu où les nuages ne sont que des épiphéno-
mènes climatologiques qui viennent, de temps à
autre, dissimuler la voûte céleste, décor immua-
ble et figé de notre univers. Comment si c’était
une mécanique parfaitement huilée, sans à-
coups, sans grincements que rien ne pouvait
troubler. Le calme et la sérénité étant la généra-
lité et la perturbation, l’exception. Or, c’est
l’inverse qui se produit comme l’explique Jac-
ques Gravereau et Jacques Trauman dans leur
1ouvrage « Crises Financières » en citant
« l’antique livre chinois du Yi Jing » qui rappelle
que le changement est la seule loi immuable du
monde, la stabilité étant l’exception. Et les deux

1. Ce chapitre est extrait dans sa première partie (jusqu’à
la crise de 1987) de : « Crises Financières », Jacques
Gravereau et Jacques Trauman, Economica, 2001
19

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