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Pr Yolande B-O
L’ACCÈS À L’ALIMENTATION
DANS LES GRANDES VILLES
(Asie, Afrique, Caraïbes)
L’ouvrage renseigne sur une partie des résultats issus de huit études
réalisées dans les grandes villes de sept pays d’Asie (Cambodge et Laos),
des Caraïbes (Haïti) et d’Afrique subsaharienne (République du Congo, L’ACCÈS À L’ALIMENTATION Bénin, Angola, Mali). Les études ont été menées de 1993 à 2003 auprès des
ménages, des acteurs des filières agricoles (commerçants, transporteurs,
restaurateurs…), des administrateurs et des personnes-ressources suivant un DANS LES GRANDES VILLES
plan global de méthodologie testé à Brazzaville pendant un an d’observation
des ménages et adapté à l’environnement socio-économique et culturel des
autres villes. (Asie, Afrique, Caraïbes)
L’accès à l’alimentation dans les grandes villes des pays pauvres est
au centre des préoccupations des pouvoirs publics et de la communauté
internationale. La mobilisation des États et des organismes internationaux
sur la sécurité alimentaire témoigne de la persistance des problèmes
d’accès à l’alimentation dans le monde. Dans les pays du Sud, en dépit
des opportunités de production alimentaire offertes par l’environnement
écologique, la production nationale ne couvre pas les importants besoins
alimentaires des citadins pour la plupart des aliments. La dépendance des
pays à l’égard des importations constitue un manque à gagner pour les
États. L’irrégularité des approvisionnements des marchés, la volatilité des
prix, le faible pouvoir d’achat alimentaire des ménages créent des situations
de pénurie qui peuvent générer des tensions sociales (émeutes de la faim),
pénalisent les familles pauvres et renforcent la sous-alimentation et la
malnutrition. Ces deux phénomènes ont une incidence sur la productivité
des individus et le développement social et économique des pays.

Yolande B-O est géographe, Professeure des
universités, directrice des Aff aires académiques à l’Université
Marien Ngouabi en République du Congo. Chef de parcours-type
de la formation doctorale de géographie, ses travaux de recherche
sont orientés sur les populations en situation de précarité dans
le domaine de l’alimentation, la santé et l’éducation et sur
l’approvisionnement des grandes villes.
Préface d’Yvonnick Huet
ISBN : 978-2-343-12030-0
28 €
L’ACCÈS À L’ALIMENTATION DANS LES GRANDES VILLES
Pr Yolande B-O
(Asie, Afrique, Caraïbes)







L'ACCÈS À L'ALIMENTATION
DANS LES GRANDES VILLES
(Asie, Afrique, Caraïbes)

Pr Yolande BERTON-OFOUÉMÉ




L'ACCÈS À L'ALIMENTATION
DANS LES GRANDES VILLES
(Asie, Afrique, Caraïbes)
Luanda (Angola), Brazzaville et Pointe-Noire (République du Congo),
Conurbation Cotonou/Abomey-Calavi/Porto-Novo (Bénin),
Bamako (Mali), Phnom Penh (Cambodge),
Vientiane (Laos), Port-au-Prince (Haïti)


Préface d’Yvonnick Huet





































































Du même auteur

Le guide des concours organisés à Brazzaville
République du Congo, ministère de l’Enseignement supérieur,
Université Marien Ngouabi, L’Harmattan, 2011.






























































Photo de couverture :
Une commerçante de fruits et légumes au Laos
Réalisation : Agrisud International, 2008.
Toutes les photos incluses dans le texte sont prises par nous.
























































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-12030-0
EAN : 9782343120300
AVANT-PROPOS
L’ouvrage présente une partie des résultats des études réalisées à la
1demande d’Agrisud International dans le cadre de la mise en œuvre
des projets d’appui aux activités agricoles dans les grandes villes des
2pays « pauvres ». Les objectifs généraux étant l’amélioration de
l’approvisionnement alimentaire des citadins en nombre croissant et
particulièrement des populations défavorisées, des revenus des
producteurs et commerçants et la création d’activités génératrices de
revenus dans les secteurs de la production, la commercialisation et la
transformation des produits agricoles. Les appuis à apporter,
nécessitent non seulement la connaissance des filières agricoles, mais
aussi celle de la demande. D’où l’intérêt de réaliser les études portant,
entre autres, sur la caractérisation de cette demande, objet de mon
analyse. Les résultats présentés constituent à ce jour des données de
références pour les chercheurs intéressés à la question alimentaire
dans les grandes villes des pays pauvres, les organismes
internationaux préoccupés par les dynamiques temporelles de cette
consommation suivant les appuis apportés, les agents de
développement et les décideurs soucieux d’améliorer les conditions
d’accès à l’alimentation pour toute la population.

1 Agrisud International : Institut d’appui au développement en zones tropicales, dont
la vocation est de contribuer à l’émergence d’économies fondées sur la petite
entreprise, en s’attachant à identifier les systèmes techniques innovants, à définir les
modalités de leur transfert au sein des filières existantes et à accompagner de
manière pérenne leur mise en œuvre sur le terrain.
2 « Pauvres » est un terme générique pour caractériser les pays du Sud en
comparaison avec les pays industrialisés dits « riches ». Si l’on se réfère aux
richesses naturelles et humaines, la plupart des pays ne devraient pas être qualifiés
de « pauvres ».
En effet, mes premiers pas dans le domaine de la recherche ont
3commencé en 1988 lorsqu’à la suite de la visite du site d’Agricongo ,
j’ai été recrutée comme enquêtrice. Au fil des années, mes fonctions
au sein de la structure et ma collaboration avec celle-ci ont évolué.
D’enquêtrice, je suis passée chargée de mission puis consultante. En
1988, un accord de partenariat est signé entre Agricongo, le Centre
4International de la Recherche Agronomique pour le Développement
5et l’Office de Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer avec la
mise en place d’un dispositif associant « développeurs »,
« chercheurs » et « universitaires ». Ce dispositif pluridisciplinaire
(car composé de géographes, sociologues, juristes, économistes,
agronomes, etc.) a reçu pour mission la réalisation des études sur les
filières maraîchères à Brazzaville, support d’un observatoire
économique permanent et base d’une méthode d’études structurée.
Le dispositif comporte trois phases d’études : de 1988 à 1989, de
1989 à 1990 et de 1991 à 1993, et ce, sur trois niveaux
d’investigations complémentaires conduits de « fronts ». Il s’agit des
études « Zones de production et flux de produits », «
Commercecommerçants », « Prix-produits » et « Marchés de la consommation et
caractérisation de la demande alimentaire ». J’ai participé aux trois
niveaux d’investigations avec une forte implication personnelle à la
caractérisation de la demande. Les méthodes de collecte de données
testées à Brazzaville ont été par la suite adaptées aux réalités de
chaque pays d’intervention d’Agrisud International.
À partir de 1997, à la demande de cette institution, j’ai participé à
la réalisation (conception, collecte et traitement de données et analyse
des résultats) d’études sur la distribution et la consommation
alimentaire, ainsi que sur l’identification des activités génératrices de

3 Agricongo est un Institut de pays d’Agrisud International créé au Congo. Celui-ci
est une association loi 1901 qui a mené depuis 1986 des programmes de
rechercheaction dans plus de vingt pays et qui conduit actuellement des opérations de
développement dans quinze pays (République démocratique du Congo, France,
Bénin, Côte d’Ivoire, Mozambique, Cambodge, Gabon, São Tomé-et-Principes,
Haïti, etc.) Le maraîchage, la polyculture en agroforesterie, l’élevage intensif, la
culture de champignons, la transformation des produits agricoles et l’artisanat
paraagricole sont les grands axes d’intervention de la structure.
4 CIRAD : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le
développement est un organisme scientifique spécialisé en agriculture des régions
chaudes et subtropicales. Il réalise, dans une cinquantaine de pays, des opérations de
recherche, de développement agricole et de formation.
5 ORSTOM : actuel Institut de Recherche pour le Développement (IRD).
8 revenus pour les populations défavorisées dans les pays suivants :
Congo, Cambodge, Côte d’Ivoire, Laos, Haïti, Angola, France, Bénin
et Mali. L’ouvrage porte sur quelques grandes villes de ces pays.
Je tiens à adresser mes remerciements à Bonaventure Maurice
Mengho et Émilienne Raoul-Matingou qui, dans le cadre de la
formation des étudiants géographes sur le terrain, m’ont fait découvrir
l’univers d’Agricongo et d’Agrisud International.
Toute ma gratitude à Jacques Baratier et à son épouse Caroline
Baratier, respectivement Président fondateur et Secrétaire générale
d’Agrisud International, qui ont consacré une bonne partie de leur vie
à lutter contre la pauvreté dans les pays du Sud par la création de Très
petites entreprises familiales. Leur passage à l’orient éternel est une
perte pour ces pays qui connaissent davantage des problèmes
alimentaires.
J’exprime ici ma reconnaissance et ma gratitude à toute l’équipe
d’Agrisud International et particulièrement à Yvonick Huet et Sylvain
Berton pour la confiance qu’ils m’ont accordée et pour leur appui
multiforme.
Je ne saurais passer sous silence la contribution de mes
collaborateurs François Macarez et Christophe Papin à la réalisation
des études au Cambodge, Laos, Bénin, Mali, Haïti, Angola… Je tiens
à leur dire ici le plaisir que j’ai eu à travailler avec eux durant
plusieurs années.
Que les commerçants, producteurs, transporteurs, consommateurs,
enquêteurs, autorités politiques et administratives des pays d’études,
chercheurs de l’Institut de Recherches et d’Applications et de
Méthodes de Développement (IRAM) trouvent ici l’expression de ma
gratitude.
Je tiens particulièrement à remercier les partenaires financiers
d’Agrisud International notamment la Caisse française de
Développement et l’Union européenne qui ont financé non seulement
les études mais aussi les programmes d’appui au développement en
faveur des pays.
9 PRÉFACE



L’urbanisation est un phénomène planétaire, un mouvement de
transformation inéluctable de nos sociétés qui présente désormais un
caractère exponentiel.
En Afrique subsaharienne, par exemple, quand la majorité des pays
accèdent à l’indépendance dans les années 1960, un habitant sur 10 vit
dans les villes, aujourd’hui, ce sont plus de 40 % et ce sera
probablement plus de 55 % en 2025…
Selon l’ONU-Habitat, avec un rythme moyen d’urbanisation de
3,4 % pour le continent africain tout entier (le plus élevé au monde),
les grandes villes d’Afrique vont encore gagner des millions
d’habitants. Des villes comme Lagos ou Kinshasa vont figurer parmi
les plus grandes de la planète. Certaines capitales vont devenir
hypertrophiques par rapport aux autres villes de leur territoire, créant
une sorte de désert humain autour d’elles. Au-delà même de la
croissance des grandes villes, on se rend compte que ce phénomène
urbain est solidement installé et touche désormais les villes de taille
secondaire. Plus d’un Africain sur deux résidera en ville à l’horizon
2030.
Cette urbanisation est bien sûr à mettre au compte de l’attrait des
villes et du mirage économique qu’elles portent. Mais la paupérisation
croissante des campagnes n’est évidemment pas étrangère à ce
phénomène. Un tel mouvement d’abandon progressif des territoires
ruraux, avec leur potentiel de production qui se réduit d’autant, pose
alors la question de l’alimentation de ces populations urbaines en
croissance.
Dans bien des cas, l’augmentation de cette demande urbaine en
produits de large consommation est en effet cruellement confrontée à
la baisse des productions locales. Cet écart croissant entre l’offre et la
demande est, pour l’essentiel, compensé par les produits importés à
des prix subventionnés : c’est l’instabilité sur les prix et une faiblesse
des rémunérations des productions locales qui s’installent. Cette
situation d’insécurité alimentaire touche en particulier les plus
démunis, et la moindre augmentation des revenus est rapidement
laminée par des prix alimentaires plus élevés.
Les crises alimentaires deviennent récurrentes, et c’est à cette
occasion que l’on découvre l’importance de l’agriculture familiale :
elle représente 70 % de la production alimentaire mondiale et
concerne 2,8 milliards d’individus. Mieux sans doute que tout autre
mode d’agriculture, elle contribue largement à relever au moins deux
grands défis : celui d’alimenter convenablement les populations et
celui de gérer durablement les ressources naturelles de la planète.
Audelà, c’est elle qui procure un travail décent à plus d’un tiers de
l’humanité, renforce la cohérence du tissu social, stimule les territoires
et freine l’exode.
Cette agriculture familiale s’exerce dans les territoires ruraux pour
produire en particulier les cultures vivrières de base, des territoires
souvent malmenés par les dérèglements climatiques ou
socioéconomiques. Elle s’exerce aussi en périphérie des villes, c’est
l’agriculture périurbaine, une activité créatrice d’emplois mais souvent
précaire, et qui se retrouve paradoxalement rejetée de plus en plus loin
de la ville, alors les marchés urbains la sollicitent de plus en plus pour
ses produits frais, pour ses circuits courts qui réduisent les prix autant
que la pollution par les transports.
L’agriculture familiale tient ainsi un rôle essentiel, mais pour
qu’elle puisse être efficace face aux défis auxquels elle est soumise, il
faudrait qu’elle dispose de bien plus de moyens qu’on ne lui en
accorde, alors qu’un habitant sur sept souffre encore de
sousalimentation. Si l’on met en perspective l’accroissement de la
population et donc celui de la demande alimentaire, alors on comprend
que l’insécurité alimentaire risque de s’étendre si rien n’est fait pour la
contenir.
Heureusement, ceci n’est pas une fatalité. Ces phénomènes peuvent
en effet être contenus si des efforts soutenus sont déployés en faveur
12 de cette agriculture familiale, qui reste le rempart le plus efficace
contre l’insécurité alimentaire. Chez Agrisud International, c’est là
notre champ d’intervention depuis bientôt trente ans, avec une
démarche qui a permis de soutenir le développement de plus de
55 000 petites exploitations agricoles familiales.
Cette démarche s’est construite au fil du temps grâce à
l’engagement de toute une équipe sur la durée. Le Professeur Yolande
Berton-Ofouémé a fait très tôt partie de cette équipe. J’ai eu la chance
de suivre son parcours depuis la fin des années 80. Voilà quelqu’un
qui, dès cette époque, s’est investi avec le plus grand discernement
dans l’étude des dynamiques socio-économiques des filières
maraîchères de Brazzaville, aussi bien par l’analyse des espaces de
production que par celle de la consommation. Elle a acquis très vite
une capacité d’analyse très fine de ces dynamiques. Cette expertise
s’est renforcée au fil du temps sur de nombreux terrains, qui lui a
permis de soutenir, en 1996, sa thèse de doctorat sur
« L’approvisionnement des villes en Afrique noire : produire, vendre
et consommer les légumes à Brazzaville », sous la direction d’Yves
Pehaut et de Pierre Vennetier.
Toute cette expérience et ce recul permettent aujourd’hui au
Professeur Yolande Berton-Ofouémé de produire une synthèse
particulièrement solide sur la question alimentaire en milieu urbain, en
s’appuyant sur des études réalisées dans des contextes aussi différents
que ceux de grandes villes d’Afrique, d’Asie ou encore des Caraïbes.
C’est cette synthèse qu’elle nous livre dans cet ouvrage, une lecture
indispensable à tous ceux qui, comme nous, savent à quel point la
question alimentaire est plus cruciale qu’elle ne l’a jamais été.

Yvonnick Huet
Directeur général d’Agrisud International
13 INTRODUCTION
« L’inégalité devant la mort, c’est donc d’abord l’inégalité
devant la maladie et puis devant la faim et la malnutrition »
(André Mayer, 1949, p. 5).
L’urbanisation est un phénomène mondial. Elle a connu une
évolution progressive qui s’est réalisée à des rythmes variés suivant
les continents ou les pays. En effet, rapporte Souty, J. (2007, p. 1),
e« Jusqu’au milieu du XIX siècle, les villes du monde n’ont jamais
attiré plus de 10 % de la population mondiale. À partir de la
révolution industrielle (1850-1950), une urbanisation progressive et
massive touche l’Occident, urbanisé aujourd’hui à 80 %. Depuis 1950
[…], le phénomène affecte l’Amérique latine, puis il s’est généralisé à
l’ensemble des pays pauvres ».
À l’échelle planétaire, le nombre de citadins ne cesse de croître,
mais à un rythme différencié. « Si la population mondiale était passée
de 2,5 milliards d’habitants à la fin de la Seconde Guerre mondiale à
6,5 milliards en 2005, soit 4 milliards de plus qu’en 1950, à
7,4 rds en 2016 (Nations Unies 2014), le nombre de citadins a,
pour sa part, quintuplé » (Pulliat, 2009, p. 6). « … Légèrement
inférieur à 30 % en 1950, le taux d’urbanisation franchit en 2007 la
“barre” de 50 %. D’après les Nations Unies, il devrait se situer un
peu au-dessus de 60 % en 2030. La planète compte aujourd’hui
3,3 milliards de citadins, soit quatre fois et demie plus qu’en 1950. En
2030, l’effectif de la population urbaine devrait atteindre 5 milliards ;
il y aurait alors autant de citadins dans le monde que d’habitants sur
6terre en 1987 » (Véron , 2007, cité par Pulliat, p. 6). En effet, la
croissance démographique se fait prioritairement dans les villes. Les
démographes prévoient que « la population mondiale atteindra entre

6 Véron, J. (2007) : « La moitié de la population mondiale vit en ville », Population
et sociétés.
9 et 10 milliards d’âmes d’ici 2050, et plus de 90 % de ces hommes
7supplémentaires seront citadins » (Griffon , 2008, cité par Pulliat,
p. 6).
L’urbanisation est forte dans la plupart des pays industrialisés.
L’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, les Caraïbes et l’Europe
sont des régions les plus urbanisées au monde avec des taux
d’urbanisation qui dépassent 70 % en 2014. En Afrique et en Asie, les
taux sont en revanche variables. Dans certains pays, le nombre de
citadins s’accroît vite et dans d’autres prédomine la population rurale.
Celle-ci a tendance à régresser au profit de la population urbaine. En
2007-2008, la population urbaine passe de 62 % en République du
Congo, 30 % au Laos, 31 % au Bénin, 38 % en Angola, 19 % au
Cambodge, 49 % en Haïti et 25 % au Mali à respectivement, en 2015,
à 65 %, 39 %, 39 %, 44 %, 21 %, 59 % et 40 % (Banque mondiale
citée par Perspective Monde). Si les taux d’urbanisation divergent
d’un pays à l’autre, la concentration de la population dans une ou deux
8villes est l’un des points communs de ces pays . Cette concentration
démographique en milieu urbain pose un enjeu de taille pour l’accès à
l’alimentation de qualité et en quantité suffisante. Les citadins
contribuent certes à leur alimentation, mais l’essentiel des
approvisionnements passe par le marché, ce qui nécessite des revenus
subséquents. Nourrir les grandes villes en assurant en quantité le
ravitaillement des citadins est une préoccupation majeure des
gouvernements des pays du Sud. La forte demande de produits
alimentaires exprimée par les populations urbaines a contribué au
développement de l’agriculture marchande en zone rurale et de
l’agriculture intra et périurbaine soutenue tant bien que mal par les
pays, les Organisations non gouvernementales et les bailleurs de
fonds. Malgré les efforts consentis par les uns et les autres, la
production locale est loin de couvrir les besoins des villes en certaines
denrées ; d’où le recours aux importations de riz et de blé ainsi que de
leurs produits dérivés, de produits animaux, oléagineux,
agroalimentaires, etc. « Ces importations à bas prix sont favorisées
par la libéralisation des échanges et les politiques de subvention aux
exportations agricoles des pays de l’Organisation de coopération et
de développement économiques (OCDE). Entre 1995 et 2002, le

7 Griffon, M. (2008) : Nourrir la planète, éd. Odile Jacob.
8 Les pays qui ont la plupart de leurs populations en milieu urbain ont plus de
problèmes d’approvisionnement vivrier des villes que ceux qui ont su maintenir une
partie de la population en milieu rural.
16 volume des importations de céréales a crû de 58 % selon la FAO,
mais le prix du riz à la tonne a baissé de 35 % » (Spore 115, 2005).
« … les importations de volailles ont été multipliées par trois tandis
que leur prix baissait de 40 % » (Spore 114, 2004).
Mais force est de constater que les productions locales et les
importations massives ne garantissent pas l’accès à l’alimentation de
qualité et en quantité suffisante à tous les citadins comme l’a souhaité
la communauté internationale dans les Objectifs du millénaire pour le
développement (O.M.D.) dont l’un des axes prioritaires était la lutte
9contre la pauvreté et la faim . Des inégalités sont observées dans les
grandes villes. Et ce sont les personnes les moins favorisées qui sont
les plus exposées à la malnutrition, quelquefois à la « famine » et
surtout à la sous-alimentation, comme le rapporte Griffon (2008, cité
par Pulliat, p. 6) : « 15 % des habitants des pays en développement
souffrent d’une alimentation insuffisante ».
La concentration de la population dans les agglomérations, sous
l’effet d’abord de l’exode rural, puis de l’effet conjugué de ce
phénomène avec l’accroissement interne de la population et des
migrations internationales, est l’une des préoccupations des pouvoirs
publics et de la communauté internationale. La première question
posée est celle de savoir comment nourrir cette population en forte
croissance. En effet, l’approvisionnement alimentaire des villes se
caractérise par l’existence de marchés dominés par une offre
largement insuffisante et irrégulière qui, face à une demande
croissante, déstabilise les prix et les entraîne à la hausse. Les
problèmes alimentaires sont accentués par la croissance
démographique incontrôlée ou difficile à contrôler d’une part qui
augmente la demande globale de nourriture, et réduit le budget
quotidien destiné à la couverture alimentaire d’un individu dans un
ménage d’autre part. Par ailleurs, les migrants, généralement démunis,
et les jeunes de moins de vingt ans, majoritaires dans la population,
constituent un groupe de dépendants à la charge de quelques actifs, en
se greffant sur le budget de ceux-ci. Il en résulte une population

9 Lors du Sommet mondial de l’Alimentation en 1996 (ESAF, 2004, cité par Pulliat,
p. 6), « Il a été proposé trois dimensions de la sécurité alimentaire. Celle-ci consiste
en un accès à la fois physique et économique à une nourriture suffisante (aspect
quantitatif), saine et satisfaisante sur le plan nutritionnel (aspect qualitatif), et ce
pour tout le monde et en tout temps. À cela, on peut ajouter un aspect culturel (accès
à une nourriture qui répond aux modes et habitudes de consommation d’une
population donnée) ».
17 10 11majoritairement sous-alimentée et malnutrie . Cette situation pose
le problème du droit à l’alimentation. En fait, ce droit à l’alimentation
ou la lutte contre la faim est « l’un des objectifs les plus urgents pour
la famille humaine […]. Pour parvenir à se libérer de la faim, il est
nécessaire d’assurer non seulement qu’une quantité suffisante de
nourriture soit disponible, mais aussi que chacun y ait accès chaque
jour : cela signifie promouvoir toutes les ressources et les
infrastructures nécessaires en vue de soutenir la production et la
distribution à une échelle suffisante pour garantir pleinement le droit
à l’alimentation » (Benoît XVI, 2010). Le Haut-Commissariat des
Nations Unies aux droits de l’homme (1997) « estime qu’il est
intolérable que plus de 800 millions de personnes dans le monde,
spécialement des femmes et des enfants, en particulier dans les pays
en développement, n’aient pas suffisamment à manger pour satisfaire
leurs besoins nutritionnels essentiels, ce qui porte atteinte à leurs
droits de l’homme fondamentaux ».
Olivier De Schutter, rapporte en 2010 que « … pour que le droit à
l’alimentation soit garanti, il faut garantir la possibilité, soit de se
nourrir directement d’une terre productive ou d’autres ressources
naturelles, soit d’acheter des denrées alimentaires. Cette seconde
solution suppose que la nourriture soit disponible, accessible et
adéquate. “Disponible” signifie qu’il doit y avoir sur le marché
suffisamment de nourriture pour répondre aux besoins. “Accessible”
s’entend sur les plans physique et économique : la nourriture doit être
accessible à toutes les personnes y compris celles qui sont vulnérables
comme les enfants, les personnes âgées ou les personnes handicapées.
Elle doit être d’un coût abordable de manière à ne pas compromettre
la satisfaction d’autres besoins […]. “Adéquat” signifie que la
nourriture répond aux besoins alimentaires […] et qu’elle est propre
à la consommation humaine […]. La participation des groupes
souffrant d’insécurité alimentaire à la conception et la mise en œuvre
des politiques qui les touchent le plus est également un aspect
essentiel du droit à l’alimentation ».
Depuis plusieurs décennies, l’utilisation de plusieurs concepts,
notamment « les problèmes alimentaires », « la vulnérabilité
alimentaire », « la précarité alimentaire », « la sécurité alimentaire »,
« l’insécurité alimentaire », « les risques alimentaires », etc. témoigne

10 La sous-alimentation est une alimentation insuffisante.
11 La malnutrition est une alimentation mal équilibrée.
18 de l’ampleur de la question alimentaire dans le monde et
particulièrement dans les grandes villes des pays pauvres. Quel que
soit le concept utilisé, le problème reste posé.
L’ouvrage n’aborde pas les acteurs et les circuits
d’approvisionnement, les styles alimentaires, les rations alimentaires
et les analyses nutritionnelles. Les médianes, quartiles, écarts-types et
coefficients de variation ont été calculés mais ne sont pas présentés.
Le choix est porté sur les moyennes et l’analyse des écarts
différentiels. Nous sommes consciente des limites des moyennes qui
ne sont que des ordres de grandeur. Mais, par rapport à l’objectif que
nous nous sommes fixé, que peuvent apporter de plus les quartiles et
les médianes à l’analyse de la question alimentaire ?
Les populations, en achetant les denrées alimentaires, ne pensent
pas aux apports nutritionnels de chaque aliment à consommer. Elles se
préoccupent d’acquérir les aliments accessibles par rapport à leurs
revenus et par rapport à la taille du ménage. Les citadins ne se
préoccupent pas non plus des quantités requises pour un équilibre
alimentaire et une bonne santé. C’est pourquoi nous n’avons pas jugé
utile de présenter les quantités médianes, les quartiles, etc. Le plus
important à notre avis est d’identifier les produits consommés, les
quantités globales consommées (les besoins alimentaires des citadins,
les produits les plus importants dans la consommation, les produits à
faible consommation), les facteurs et conséquences d’inaccessibilité
alimentaire, les stratégies alimentaires des ménages, le nombre de
personnes ou de ménages vulnérables à l’accès à l’alimentation.
L’ouvrage est structuré en sept chapitres :
– le premier présente un focus sur les champs d’investigation ;
– le deuxième traite du contexte, de la justification, du cadre
conceptuel et théorique des études ;
– le troisième est consacré à la nature et aux formes de
consommation de produits ;
– le quatrième aborde les besoins alimentaires en termes de
quantités de produits consommées ;
– le cinquième examine le niveau de satisfaction de la demande
par l’offre locale et les importations ;
– le sixième analyse les facteurs et les conséquences
d’inaccessibilité alimentaire ;
– le septième aborde les stratégies alimentaires des ménages.
19 CHAPITRE 1

Cadre général des champs d’investigation
Toutes les villes étudiées se situent dans la zone intertropicale entre
le tropique du Cancer au Nord et le tropique du Capricorne au Sud
(Figure 1). Elles ont toutes, excepté Bamako et Vientiane, accès à la
mer ou à l’océan qui constituent leurs points d’ouverture sur le monde.

Figure 1. Localisation des villes étudiées dans le contexte mondial
I. LES PAYS ET VILLES D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE
I.1. Angola-Luanda
e eLa République d’Angola est située entre les 11 et 24 méridiens
e eEst et les 4 et 18 parallèles sud. C’est un des pays de l’Afrique
centrale localisé dans la région occidentale de l’Afrique australe, au
bord de l’océan Atlantique sur une distance de 1 600 km (Chavagne,
2005, p. 19). L’Angola s’étend sur une superficie de 1 246 700 km²
(Chavagne, 2005, p. 19) y compris la province de Cabinda qui fait
7 270 km² (Iko Kabwita, 2004, p. 68). Elle est limitée au nord par la
République du Congo et la République démocratique du Congo, à
l’est par la République démocratique du Congo et la Zambie, au sud
par la Namibie et à l’ouest par l’océan Atlantique (Figure 2).


Figure 2. Localisation de l’Angola et de Luanda
Source : e-évasion, 2015
Le climat est de type tropical humide dans le Nord (Encyclopédie
Microsoft Encarta 1997, citée par l’Ambassade de la République
d’Angola en France), subtropical avec moins de pluies dans le Sud. Il
se caractérise par l’existence de deux saisons : une saison chaude
d’octobre à avril et une saison sèche et fraîche (de juin à septembre)
au cours de laquelle les températures se situent entre 21 et 24 °C. Les
mois les plus chauds sont février et mars avec une moyenne des
températures maximales de 28 °C. La pluviosité annuelle diminue du
Nord au Sud, de 900 mm sur la côte de Cabinda à 50 mm dans le sud
de Namibe (Ambassade de la République d’Angola en France).
22 La moyenne de la pluviosité est de 323 mm d’eau par an avec
d’importants contrastes à travers le pays.
L’Angola est traversé par de grands fleuves qui descendent des
vallées profondes de l’intérieur, débouchant dans l’océan, formant des
baies et des ports naturels, comme à Luanda, Lobito et Namibe. La
configuration hydrographique de l’Angola est intimement liée à son
bassin. Les rivières proviennent des zones montagneuses et des
plateaux de l’intérieur se déversant dans les régions les plus basses. La
plupart des rivières ont des cours irréguliers – avec des chutes d’eau et
des cascades rapides – rendant difficile la navigation.
Le pays est arrosé par une multitude de rivières et fleuves :
– Chiluango, Bengo, Kwanza (l’un des fleuves les plus puissants,
navigable qu’une partie de l’année et qui a donné son nom à la
monnaie locale), Cunene qui s’écoulent vers l’océan Atlantique ;
– Zadi, Cuango, Cuilo, Tchicapa, Luachimo, Chiumbe et Luembe
qui s’écoulent vers le Nord et le bassin du Congo ;
– les affluents du Zambèze (Luena, Lungue Bungo, etc.) ;
– Cubango, Cuebe, Cuchi et Cuito qui s’écoulent vers le Khalari.
Le courant froid du Benguela rend les eaux côtières de l’océan
Atlantique particulièrement riches en produits halieutiques.
Le pays dispose d’importantes ressources naturelles (pétrole,
diamants d’excellente qualité, fer, cuivre, etc.). Deuxième producteur
ede pétrole en Afrique subsaharienne et 4 exportateur de diamants
(Atlas géographico, 1998), le pays a souffert de plus de vingt ans de
guerres aux dégâts matériels et humains importants. À la fin des
guerres en 2002, la paix est revenue. L’économie du pays est tributaire
du secteur pétrolier. Du fait de la crise économique et financière
internationale, l’économie angolaise est encore déséquilibrée, même si
elle a connu une croissance réelle exceptionnelle ces dernières années.
Le secteur non pétrolier a profité de la manne pétrolière et « … a
connu des taux de croissance élevés (20,1 % en 2007 et 18,4 % en
2008) notamment sous l’impulsion des larges projets
d’investissements publics » (UBIFRANCE, 2009, p. 2). Malgré ces avancées, « le
chômage, le sous-emploi et le manque de formation affectent près des
deux tiers de la population angolaise dont environ 48 % constituées
12de jeunes de moins de 18 ans » (Boniface , 2005, cité par Bez, p. 14).
« Les indicateurs sociaux sont bas : le revenu moyen par habitant est

12 Boniface, P. (2005) : Année stratégique 2006, analyse des enjeux internationaux,
Irris, Dalloz.
23 de 2 847 dollars » (UBIFRANCE, 2009, p. 1). Cependant « 64 % de
la population vivent avec moins d’un dollar USD par jour et 68 %
vivent en dessous du seuil de pauvreté, tandis que 3 % de la
population se partageraient 70 % de la richesse nationale […] ; 31 %
des enfants souffrent de malnutrition » (Christ, 2009, p. 9). « […] La
croissance des secteurs pétrolier et non pétrolier est dans l’ensemble
13instable » (Mission économique , citée par Bez, L., 2007).
Le commerce intérieur est dominé par l’essor du secteur informel.
Des décennies de guerre civile et un régime communiste ont mis en
place une pléthore d’institutions étatiques inefficaces laissant peu de
place au développement du commerce privé. C’est ainsi que le
commerce s’est essentiellement réalisé dans le secteur informel. Mais
depuis la fin de la guerre, quelques mutations économiques sont
observées comme l’atteste Redvers en 2009 : « La guerre civile en
Angola a pris fin en 2002, et depuis lors, l’Angola est en train de
réaliser un vrai miracle économique grâce à son pétrole et ses mines
de diamants. Depuis 2004, l’économie a progressé chaque année de
plus de 10 %. Mais la plupart des Angolais n’ont toujours pas de
travail régulier. Deux tiers de la population vivent avec moins d’un
14euro par jour ». Selon le Global Entrepreneurship Monitor (cité par
Louise Redvers, 2009), une étude « sur l’esprit d’entreprise qui a été
menée dans 43 pays, montre que l’Angola compte un nombre
remarquable de nouvelles entreprises. Un Angolais sur quatre semble
occupé avec le démarrage de sa propre entreprise. L’allègement des
conditions de création d’une entreprise est en faveur des jeunes
entrepreneurs. Mais la survie des entreprises créées laisse à désirer
car un cinquième des nouvelles entreprises échoue dans les douze
premiers mois ».
La population angolaise est mal connue. De 1970 à 2014, il n’y a
pas eu de recensement général de la population du fait de la guerre.
Les statistiques fournies entre ces deux années sont des estimations.
Ainsi la population angolaise est-elle estimée à 14 000 000 en 2004
(FAO, 2004, p. 1), à environ 17 000 000 d’habitants en 2007
15(Boniface , 2007, cité par Redvers), à plus de 21 000 000 en 2011
(Perspectives monde) et à plus de 24 000 000 en 2014 (Banque
mondiale sur la base des résultats du recensement général de la

13 Ambassade de France en Angola – Mission économique :
www.missioneco.org/angola.
14 Global Entrepreneurship Monitor : Étude sur l’esprit d’entreprise.
15 Boniface P. (2005) : op.cit. nbp. 16.
24 population). Elle est inégalement répartie. On note, hors Luanda, une
concentration dans les provinces du centre du pays (Huambo et Bie) et
dans la bande côtière peu touchée par les conflits.
Le rythme de croissance de la population a significativement
augmenté à partir des années 1930 en raison de la colonisation du
territoire par les Portugais. Il s’est renforcé avec l’arrivée des réfugiés
de la guerre civile à partir de 1975 (année de l’indépendance) et reste à
ce jour rapide (doublement tous les dix ans entre 1960 et 2000).
Les principales villes sont Luanda, Lobito-Benguela, Huambo,
Malage et Lubango. Luanda, anciennement São Paulo da Assunção de
Loanda, est la plus grande ville de l’Angola. Elle est la troisième plus
grande ville lusophone du monde après São Paulo et Rio de Janeiro.
Située, au bord de l’océan Atlantique, elle est le principal port du pays
et la capitale politique et économique.
La ville de Luanda est sous influence du climat chaud et humide.
Les températures sont variables suivant les saisons et les mois. La
moyenne la plus forte est observée en janvier (28 °C) et la plus basse
en juillet (23 °C).
Les records de froid peuvent atteindre 14 °C en juillet-août et les
records de chaleur en mai et novembre (36-37 °C).
La ville comprend deux parties : la Baixa de Luanda (vieille ville)
et la cidade Alta (ville haute ou la nouvelle partie de la ville)
caractérisée par la présence de bidonvilles. Luanda fut créée en 1575
par l’explorateur portugais Paulo Dias Novais. Elle était habitée par
100 familles de colons et 400 soldats. Elle a servi de centre de
commerce d’esclaves (3 000 000 d’esclaves expédiés de l’Angola vers
le Brésil principalement). Après l’abolition de la traite négrière en
1836, Luanda, grâce à son port maritime, devient en 1850 l’une des
villes les plus développées dans l’empire portugais. Aujourd’hui, la
baie de Luanda est confrontée aux problèmes de pollutions dus à la
mauvaise gestion des eaux usées.
La population de Luanda est passée de 475 000 en 1970 à
1 545 000 en 1990 (Loupez Escartin, 1992, p. 4), à 3 361 445
habitants en 2001, à environ 4 800 000 en 2007 (Estimations, Institut
national des statistiques) et à 6 775 211 âmes en 2015 (Banque
mondiale citée par Perspective Monde). Après plus de vingt-sept ans
de guerres civiles qui se terminent par la mort de Jonas Savimbi et la
signature d’un protocole d’entente en 2006 avec le Front de libération
de l’enclave du Cabinda (FLEC), Luanda a connu une période de
reconstruction. Celle-ci a modifié le paysage urbain de manière
25 significative. Mais pendant que le cœur de la ville se modernise, les
quartiers périphériques sont en proie à la pauvreté extrême. Luanda
continue de résoudre ses problèmes parmi lesquels celui de
l’approvisionnement alimentaire des citadins.
La croissance économique de la ville a été justifiée par l’essor des
sociétés de négoce, des exportations de produits issus de l’agriculture
de plantation (huile de palme, arachide, coton, café, cacao…), des
produits exotiques (cire, copal, bois, ivoire) et des productions locales
(maïs, tabac, viande, manioc, etc.). Luanda est le siège des principales
sociétés pétrolières, des entreprises du pays et des ambassades. Mais
force est de constater que le développement économique de Luanda,
appelée « Ville de Paris », a été annihilé par les guerres. La
reconstruction en cours ne résout pas, du moins en totalité, l’accès à
l’alimentation particulièrement pour les populations les moins
favorisées. D’ailleurs, Luanda est classée au rang de la ville la plus
chère au monde pour les expatriés.
L’Angola est un pays riche en ressources naturelles parmi
lesquelles le pétrole, principale source de revenus du pays. Il a
souffert de plus de vingt ans de conflits armés qui ont détruit tant le
tissu social qu’économique. Malgré les efforts consentis par l’État et
ses partenaires, plus de 60 % de la population vit dans des conditions
de précarité extrême.
La population se concentre dans les provinces du centre et à
Luanda, ville de plus de 6 000 000 d’habitants en 2015 et où se
développe la pauvreté dans les bidonvilles.
L’économie du pays est tributaire de l’exploitation du pétrole dont
les cours font l’objet d’une instabilité difficile à maîtriser. Cette
instabilité des cours du pétrole fragilise l’économie nationale et a
d’importantes répercussions sur la vie des populations.
26

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