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L'Adamaoua Trésors culturels et patrimoniaux (Tome 1)

De
222 pages
Arabes Choa, Dii, Gbaya, Kaka, Kwanja, Mboum, Foulbé, Mbororo, Nyem-Nyem, Pérè, Tikar, Vouté, Wawa, etc., chacun de ces peuples est mis ici en valeur à travers ses originalités et spécificités propres. Aujourd'hui, dans un contexte d'institutionnalisation de la diversité culturelle et de la culture de la tolérance, chaque groupe s'implique dans la valorisation de sa culture. Une véritable dynamique culturelle habite les peuples de l'Adamaoua.
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Adala Hermenegildo
L’ADAMAOUA
TRÉSORS CULTURELS ET PATRIMONIAUX
Peuples, traditions et identités culturelles
L’ADAMAOUA
Visiter près de mille localités, villages, bourgs, et cités urbaines, dans
le but d’aller à la rencontre de diférents peuples de l’Adamaoua, et se TRÉSORS CULTURELS ET PATRIMONIAUX
laisser pénétrer par la famme culturelle distillée par chacun d’entre
eux, tel a été l’objectif du présent ouvrage. Il s’agit ici d’un reportage
Peuples, traditions et identités culturelles exhaustif, couvrant tous les groupes ethniques habitant cette vaste
région du territoire national, leur déploiement dans le temps et l’espace,
Tome 1à travers moult migrations ayant marqué l’histoire de chaque peuple et
ses traditions socioculturelles.
Arabes Choa, Dii, Gbaya, Kaka, Kwanja, Mboum, Foulbé, Mbororo,
Nyem-Nyem, Pèré, Tikar, Vouté, Wawa etc., chacun des peuples
susmentionnés est ainsi « mis en vedette » et ce, à travers ses originalités
et spécifcités propres, son identité culturelle et ses lettres de noblesse…
Car au jour d’aujourd’hui, dans un contexte d’institutionnalisation
de la diversité culturelle et de la culture de la tolérance, chaque groupe
ethnique s’implique résolument dans la promotion et la valorisation de
sa culture. Sans complexe. Une véritable dynamique culturelle habite
désormais les peuples de l’Adamaoua…
Adala Hermenegildo est un ancien directeur de la
promotion culturelle et artistique et un ancien délégué
provincial (régional) de l’information et de la culture, puis
de la culture, pour l’Adamaoua. Il est coauteur du livre
Peuples et cultures de l’Adamaoua, paru aux éditions
ORSTOM, en 1993.
Préface d’El Hadj Hamoa Hama toukour
Illustration de couverture :
spectacle de Fantasia, Photo Mintoul, 2012.
ISBN : 978-2-343-04701-0
23 €
L’ADAMAOUA
Adala Hermenegildo
TRÉSORS CULTURELS ET PATRIMONIAUX
Peuples, traditions et identités culturelles






L’ADAMOUA
Trésors culturels et patrimoniaux
Tome 1





















Adala Hermegildo











L’ADAMOUA
Trésors culturels et patrimoniaux


Peuples, traditions et identités culturelles

Tome 1




Préface d’El Hadj Hamoa Hama toukour



















Du même auteur



L’Adamoua. Trésors culturels et patrimoniaux. Sites naturels et culturels, personnages
de légende. Tome 2, L’Harmattan, 2015.
Peuples et cultures de l’Adamoua (dir.), ORSTOM, 1993.






























© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04701-0
EAN : 9782343047010
























A LA MEMOIRE DE …

Tous les griots, artistes, hommes de culture, personnalités religieuses,
chercheurs, universitaires, informateurs, autorités traditionnelles,
administratives et municipales de l’Adamaoua, etc.. qui ont quitté ce monde,
sans avoir pu assister à l’aboutissement de ce travail pour lequel ils n’ont
ménagé aucun effort pour nous apporter accompagnement, assistance, et
encouragements, dans un esprit de totale confiance, de convivialité, d’amicale et
de fructueuse collaboration…
Quant à leurs homologues, confrères, et collègues, encore en vie, qu’ils
veuillent trouver ici, l’expression de nos remerciements les plus sincères et de
notre profonde reconnaissance !

7 AVANT-PROPOS
Dès notre prise de service, à la suite de notre nomination à la tête de la
Délégation Provinciale (aujourd’hui Régionale) de l’Information et de la
Culture en mars 1988 (éclatée en deux délégations distinctes, celle de la
Communication et celle de la Culture où nous avons été tout naturellement
affecté), nous nous sommes aussitôt mis à parcourir le vaste territoire de
l’Adamaoua. Et selon un vieux précepte qui remonte au savant grec
HERODOTE, nous nous sommes employés à acquérir une connaissance
suffisamment bonne du milieu dans lequel nous avons été appelés à évoluer. Ce
travail de terrain étalé sur un peu plus de vingt ans (1988-2011), nous aura
permis de parcourir environ vingt mille kilomètres, sur des routes et pistes non
bitumées, plus ou moins bien entretenues, de visiter mille et une fois, environ
neuf cent cinquante villages, bourgs et cités urbaines, depuis Ngaoyanga au
nord de la région, jusqu’à Méijamba au sud, en passant par Yamba-Ngou à
l’extrême-est, Kontcha à l’extrême nord-ouest, Beka-Guiwang à l’est,
Wogoundou, à l’ouest, Bankim à l’extrême sud-ouest, et Ngawi à l’extrême
sud-est, etc..
Principal objectif de notre travail : aller à la rencontre des peuples, sans idées
préconçues, afin de nous laisser également pénétrer par la flamme culturelle
distillée par chacun d’eux. Cette descente sur le terrain nous aura ainsi permis
de découvrir et d’identifier moult trésors culturels qui ont pour noms : vestiges
archéologiques, sites et monuments historiques, objets d’art (en bois, fonte,
cuivre, bronze, étain…) fabriqués pour usage utilitaire, décoratif ou purement
artistique, littérature, musique, poésie, contes et légendes, art culinaire, etc. Le
paysage culturel et naturel de l’Adamaoua, extraordinairement riche et varié,
abritant des sites magnifiques, dont certains n’ont même pas encore été
explorés, tout cela nous a inspiré ce titre : « Trésors culturels et Merveilles
patrimoniales… »
Nous formulons également des excuses et des regrets. Car nous l’avons
constaté nous-même : l’équilibre est loin d’être parfait dans le traitement
accordé à chacun des cinq départements de l’Adamaoua, sans oublier toutes les
omissions involontaires. Donc, aux populations concernées par tous ces oublis
et insuffisances, nous présentons nos excuses les plus sincères, en faisant
néanmoins observer que tout cela est indépendant de notre volonté : le contenu
de chaque partie du livre ne dépend que de la seule matière informative
recueillie sur place, sur le théâtre où ont lieu : reportages, enquêtes, interviews,
etc.…
Et pour tout dire, nous avons l’intime conviction que le lecteur, à travers ce
livre, va découvrir une région profondément enracinée dans sa culture et ses
9 traditions, ses populations accueillantes, ses sites qui « parlent », avec leur
« âme » et leur « histoire »… Il pourra également revivre comme nous, avec
sans doute beaucoup de chaleur et d’émotion, la fabuleuse période
culturellement faste des années 1990. Et nous ne nous sommes pas privés de
nous défouler un peu en usant, dans cette ambiance euphorique, quelques
« envolées lyriques », voire des formules lénifiantes, dans le seul et unique but
de valoriser l’action des principaux acteurs de la vie culturelle et artistique…
The last but not the least, un vibrant hommage rendu à l’un de nos anciens
patrons, en son temps Ministre de la Culture : Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Professeur émérite de droit des Universités du Cameroun. Celui-là même qui
nous a nommé à Yaoundé, à la tête d’une nouvelle direction de son non moins
nouveau département ministériel, en l’occurrence celle en charge de la
Promotion Culturelle et Artistique. Le nouveau boss, nous a donné, pour ainsi
dire, carte blanche, en nous laissant une certaine latitude dans la continuation
d’un bon nombre d’activités culturelles dans lesquelles nous étions déjà
impliqué, et qu’il fallait poursuivre à tout prix. A condition, toutefois,
insista-til, que lesdites activités n’influent pas négativement sur notre rendement au
niveau de Yaoundé. Heureusement, tout s’est ensuite passé sans la moindre
anicroche, ni rappel à l’ordre du boss !
Que le professeur Joseph Marie BIPOUN WOUM trouve ici, le chaud
témoignage, et de notre profonde gratitude, et de notre immense
reconnaissance !

10 PREFACE
Le « Délégué » ADALA GILDO comme on l’appelle familièrement à
Ngaoundéré, vient de commettre un ouvrage sur les « Trésors Culturels et les
Merveilles Patrimoniales de l’Adamaoua » et dont nous nous faisons l’honneur
et le plaisir de préfacer.
Il convient donc de saluer avec chaleur, l’initiative prise par cet ancien
patron des services culturels de l’Adamaoua, qui n’a pas ménagé son temps, et
son énergie, pour visiter presque toutes les localités de l’Adamaoua : cités
urbaines, bourgs ruraux, hameaux et villages etc. Et, en parcourant les pages de
ce livre, le lecteur pourra y découvrir tout ce qui fait la dynamique culturelle de
cette région, à travers ses populations laborieuses, jalouses de leurs traditions,
ses sites naturels d’une extraordinaire beauté, ses lieux historiques, témoins
d’un passé lointain et récent, etc.…Culturellement parlant, l’auteur nous fait
découvrir l’Adamaoua, d’abord comme un lieu mythique, rempli de légendes de
toutes sortes, donnant lieu à un foisonnement de littératures écrites et orales, et
‘d’épopées racontées lors des veillées villageoises au coin du feu. Ensuite, cette
région jouit de l’heureux privilège d’être le vivant symbole d’un carrefour, le
passage obligé d’une foultitude d’entités tribales, peuplant aujourd’hui le
territoire national, et qui, à partir de ce ‘ « château d’eau culturel », et selon
l’expression du professeur THIERNO BAH, se sont « construites et
déconstruites… »
D’une manière concrète, le lecteur trouvera ici une mine d’informations, de
données précieuses et fort utiles, sur l’évolution historique et les activités
culturelles des différents peuples ou groupes ethniques de l’Adamaoua :
Mboum, Dii, Peuls, Gbaya, Nyem-Nyem, Vouté, Tikar, Pèré, Kwanja,
Mambila, etc.… en se référant autant que possible aux travaux des chercheurs
professionnels et d’autres experts culturels de l’Adamaoua qu’il a, en tant que
principal initiateur de ce grand aréopage culturel et scientifique, réussi à faire
venir et à rassembler à Ngaoundéré en janvier 1992, lors du colloque « Peuples
1et Cultures de l’Adamaoua » . Mais coupe-t-il aussitôt, « Adamaoua : Trésors
Culturels et des Merveilles patrimoniales » n’est pas, selon ses propres mots,
un ouvrage scientifique.
Il le range plutôt dans la catégorie de « livre de vulgarisation » à caractère
général où reportages côtoient enquêtes, interviews, récits, témoignages,
chroniques, agrémentés d’éléments d’histoire, de géographie, d’anthropologie,
d’analyse culturelle etc.…

1 Les Actes du Colloque susmentionné ont été publiés sous le titre : « Peuples et Cultures de
l’Adamaoua ». Ed. ORSTOM. Paris 1993
11 Personnellement, nous pensons que la parution de ce livre est la bienvenue :
il vient ainsi combler un vide, par sa densité, sa richesse en idées nouvelles et
novatrices, bien que nous ne les partagions pas toutes…
C’est donc avec beaucoup d’émotion, teintée de nostalgie, (et je ne suis sans
doute pas le seul dans ce cas !) que je revis la période de grande « effervescence
culturelle » des années 80-90, telle que décrite par l’auteur, avec flamme,
enthousiasme et volupté, en mettant en exergue l’apport, la contribution et
l’implication personnelle des principaux acteurs et animateurs de ces années
culturellement fastes. Issues des milieux aussi divers que la chefferie
traditionnelle, l’université, les missions catholiques et protestantes, les
organisations laïques (société civile), les associations et corporations d’artistes,
etc., toutes ces composantes de la société adamaouaïenne ont su développer une
véritable synergie, ayant favorisé le rayonnement culturel de Ngaoundéré en
particulier (dont le Maire, en notre modeste personne n’a pas hésité une seconde
à mettre la main à la pâte), et de l’Adamaoua en général.
Et le mérite du Délégué ADALA GILDO, doublement et totalement
impliqué dans cette dynamique, à la fois comme administrateur culturel et
comme artiste d’une certaine envergure, c’est d’avoir œuvré dans un esprit
d’ouverture et de bonne camaraderie avec tout le monde, y compris les acteurs
de la culture traditionnelle, réputés difficiles à « manœuvrer ». Travaillant avec
simplicité et humilité, en usant l’art de la persuasion, il a essayé autant que
faire se peut, de tirer le meilleur de chacun des groupes et composantes, qui ont
ainsi façonné le visage culturel de l’Adamaoua, tout en sauvegardant, et son
identité, et ses spécificités, c’est à dire : sa personnalité culturelle…
Enfin, l’auteur allume dans sa conclusion, un véritable feu d’artifice, au
risque de brûler au passage certaines citadelles d’idées reçues, en faisant ainsi
irruption dans l’ordre établi des choses, pour opérer de douloureuses remises en
question. C’est le cas notamment de la carte ethnique de l’Adamaoua et par
ricochet, de celle du Cameroun, et de l’ouverture sur la modernité, deux
problématiques qui nous interpellent tous, originaires ou pas de l’Adamaoua…
El Hadj Hamoa HAMATOUKOUR
Ancien Député-Maire de Ngaoundéré – Elite de l’Adamaoua
Coordonnateur régional du concours national de la chanson « Renouveau
AN I, 1983 ».
ı
12 INTRODUCTION
Au nom de l’Histoire et de la Géographie

Fig. 1 : Adamawa et Adamaoua – carte de Jean Boutrais
13 L’Adamaoua, c’est un vaste plateau vallonné, parsemé de talwegs et de
volcans éteints formant des lacs de cratère offrant au visiteur un spectacle on ne
peut plus magique.
L’Adamaoua, c’est une région au climat « tempéré », et ce par rapport au
reste du Nord-Cameroun. Il s’agit d’un climat relativement doux, baptisé par les
géographes, « climat tropical d’altitude », avec deux saisons : une saison sèche
qui couvre grosso modo, une période de cinq mois, de novembre à mars, et une
saison des pluies, un peu plus longue, s’étendant d’avril à octobre, soit sept
mois ; les précipitations sont de l’ordre de 1500 à 1700 mm d’eau par an.
L’Adamaoua, c’est un inépuisable château d’eau qui alimente la
quasitotalité des rivières et fleuves du Cameroun. En effet, la plupart des grands
cours d’eau de notre pays y prennent leur source, avant de poursuivre leur cours
notamment dans trois directions : il y en a qui se dirigent vers le nord, comme le
Déo, le Faro, et le plus grand d’entre eux, la Bénoué. D’autres foncent vers le
sud : la Sanaga, appelée ici « Djerem », le Mbamti, appelé un peu plus loin le
« Mbam ». Le Mbéré, l’un des grands pourvoyeurs en eau du lac Tchad, coule
tranquillement vers l’est. A l’ouest, la dorsale camerounaise constitue une
barrière infranchissable qui obligera nos cours d’eau à se tourner soit vers le
sud, soit vers le nord. Heureusement que la Bénoué, une fois à la hauteur de
Garoua, réussira à trouver une brèche entre les massifs des Monts Alantika et
Mandara et, sans se faire prier, foncera aussi loin qu’elle le pourra à travers le
territoire nigérian.
L’Adamaoua, c’est aussi un nom chargé d’histoire .Qui vient d’un grand
lettré, MODIBO ADAMA, chef spirituel et temporel, le tout premier à porter le
titre de lamido, lui ayant ainsi permis d’exercer en souverain incontesté son
pouvoir, ou plutôt son leadership, sur tout un vaste territoire s’étendant jusqu’au
Nigeria voisin, et qui appartenait à la partie sud (« Fombina ») de l’empire peul
de Sokoto, baptisée fort opportunément : « Adamawa historique ».
Disons grosso modo que le vaste territoire de l’Adamaoua (l’une des dix
régions administratives du Cameroun) a eu l’heureux privilège d’abriter sur son
sol, à un moment donné de sa riche et glorieuse histoire, différents groupes
ethniques, constituant selon des témoignages écrits et oraux concordants,
l’épicentre du peuplement du Triangle national.
L’Adamaoua, ce sont également de grasses prairies, son bœuf à la viande
succulente, ses vastes champs de maïs et de mil, ses paysages de film western
propices aux chevauchées fantastiques, sa fantasia haute en couleurs et en sons,
avec un ballet d’intrépides cavaliers galopant à vive allure sur des chevaux
pursang et richement harnachés… Et ce n’est pas tout. Le visiteur curieux
découvrira avec un certain émerveillement, ses grouillants marchés à bétail où
le bruissement des billets de banque fait plus de bruit que paroles et mots
échangés entre vendeurs et acheteurs de veaux, de vaches ou de zébus. A visiter
14 également ses marchés pittoresques, avec notamment le spectacle fascinant des
barbiers, rassemblés sous un grand arbre, dans un emplacement tout
spécialement identifié et sélectionné pour la circonstance.
Présenter la physionomie d’une région aussi vaste, aussi belle et aussi
captivante que celle du « château d’eau », esquisser même imparfaitement son
portrait, faire découvrir d’un seul coup d’œil sa silhouette, sa carte
administrative, ses spécificités agropastorales et anthropologiques, son art de
vivre, son identité culturelle etc.… ,telle est la démarche que nous avons
adoptée dans la première partie de cet opuscule, proposé en deux volumes ou
tomes.
Dans la deuxième grande articulation du tome 1, nous allons risquer de
pénétrer dans l’intimité d’un certain nombre de groupes ethnoculturels en
essayant de découvrir leur identité culturelle. La description est certes sommaire
pour parler véritablement de monographie, mais notre démarche vise seulement
à les laisser s’exprimer en toute liberté ! Ainsi, l’occasion est offerte à chaque
peuple visité, de raconter et d’écrire lui-même son histoire, à travers ses propres
traditions. Heureusement, les différentes sources écrites et orales à notre
disposition nous aideront à « vérifier » et à corriger si possible certaines
allégations.

15








PREMIERE PARTIE

APERCU GENERAL : SILHOUETTE - PHYSIONOMIE –
SPECIFICITES AGROPASTORALES – ART DE VIVRE – « CHOC DES
CIVILISATIONS » …
CHAPITRE I

CARTE ADMINISTRATIVE : CINQ DEPARTEMENTS ET
VINGT ET UN ARRONDISSEMENTS DANS UN TRAPEZE

Née de l’importante réorganisation administrative du 22 août 1983 qui vit
l’ancienne province du Nord éclatée en trois unités distinctes, la Région de
l’Adamaoua recoupe l’ancien département du même nom et couvre une
2superficie globale de 65 000 km (13% du territoire national). Sa population est
aujourd’hui estimée à un peu plus de 850.000 habitants. La densité est de 7
2 2hbts/km (la densité moyenne du Cameroun étant de 20 hbts/km ).
Limitée dans la partie septentrionale par la Région du Nord, au sud par celle
du Nord-Ouest, du Centre et de l’Est, la Région de l’Adamaoua s’ouvre aussi
sur deux pays voisins : le Nigéria à l’ouest et la République centrafricaine à
l’est. C’est une zone charnière entre les régions forestières du sud et
Sahéliennes du nord. Le plateau de L’Adamaoua a un climat doux et agréable
(tout au long de l’année, au moins pendant neuf mois sur douze).
Sur le plan administratif, la Région de l’Adamaoua compte cinq
départements, et vingt et un arrondissements, avec Ngaoundéré comme capitale
de la Région, une ville en plein essor, peuplée d’environ 180 000 âmes.
Les cinq départements ont pour noms dans l’ordre alphabétique : Djerem,
Faro et Déo, Mayo-Banyo, Mbéré et Vina.
Le Djerem compte deux (02) arrondissements : Tibati (chef-lieu de
département et d’arrondissement) et Ngaoundal.
19
Dans le Faro et Déo, les quatre (04) unités administratives dénombrées, se
confondent aux arrondissements de Tignère (chef-lieu de département et
d’arrondissement), Galim-Tignère Mayo-Baléo et Kontcha.
Le Mayo-Banyo comprend les trois (03) arrondissements ci-après : Banyo
(chef-lieu de département et d’arrondissement), Bankim et Mayo-Darlé.
Le découpage administratif du Mbéré fait découvrir quatre (04)
arrondissements : Meiganga (chef-lieu de département et d’arrondissement),
Dir, Djohong et Ngawi.
Enfin, la Vina, avec la restructuration de Ngaoundéré, chef-lieu de région, en
trois (03) arrondissements, Ngaoundéré 1, Ngé 2 et Ngaoundéré 3(dans
la cité universitaire de Dang). Ce département compte aujourd’hui, huit (08)
arrondissements en tout. En dehors des trois (03) arrondissements couvrant la
ville de Ngaoundéré, on dénombre respectivement, les arrondissements de Mbe,
Belel, Ngan Ha, Martap et Nyambaka.
20 CHAPITRE 2

TRADITION ET SPECIFICITES AGROPASTORALES
La Région de l’Adamaoua, c’est à la fois un vaste champ agricole et une
terre d’élevage par excellence.
Le boom agricole
S’agissant tout particulièrement de l’agriculture, grâce à la révolution verte
des années 70, des résultats positifs des recherches et des innovations
2enregistrées par des experts de l’IRAD* , sans oublier les effets de mobilisation
et de stimulation des comices agricoles, organisés çà et là, l’Adamaoua connait
un boom agricole on ne peut plus impressionnant. Ceci se matérialise par une
ergamme variée de produits qui vont du maïs (1 rang au niveau national) jusqu'à
la pomme de terre, en passant par le mil, le sorgho, l’igname, le taro, le gombo,
les cultures maraichères, telles que résumées dans le tableau ci-dessous.
TABLEAU RESUMANT LES PRODUCTIONS AGRICOLES
Une enquête a été effectuée en janvier 2001 auprès des agents de
vulgarisation de zone des régions du Djerem et du Faro et Déo, en vue de la
mise en place d’une nouvelle base de sondage pour la reprise des enquêtes
agricoles au Cameroun.
Une autre enquête, relative à l’actualisation du fichier des exploitations
agricoles de moyenne importance et celles des élites impliquées dans l’activité
agricole, a été également réalisée. Les résultats sont consignés dans des
documents spécifiques.


2 Institut de Recherche pour le Développement, dont le siège social est à Yaoundé, Nkolbisson.
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