//img.uscri.be/pth/a369fd45eceec41ebcde3ef34844baf9fbf5a832
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

L'Afrique et le défi du développement

De
132 pages
Dans une mondialisation qu'elle subit plus qu'elle n'en bénéficie, l'Afrique donne néanmoins des signes perceptibles de dynamisme créateur : elle peut ouvrir sa propre voie de développement, fondée sur une véritable citoyenneté et une économie populaire dans un contexte de décentralisation et de reconnaissance de sa diversité culturelle.
Voir plus Voir moins
SimonPierre EKANZA
L’Afrique et le dé du développement Des indépendances à la mondialisation
L’AFRIQUE ET LE DÉFIDU DÉVELOPPEMENT
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02646-6 EAN : 9782343026466
Simon-Pierre EKANZAL’AFRIQUE ET LE DÉFIDU DÉVELOPPEMENTDes indépendances à la mondialisation
PREFACE Une dizaine d’années sépare la parution deL’Afrique des indépendances à la mondialisation(2012) du cours professé pour la première fois en 2005, qui affichait 1 sensiblement le même intitulé . Entre-temps, le monde a évolué, le paysage historiographique a également changé. Fallait-il procéder à une actualisation du cours ou s’en tenir à une reproduction intégrale du cours professoral? Le dilemme n’a pas été facile à trancher. L’Afrique des indépendances à la mondialisationn’appartient plus à son auteur, mais à des générations d’étudiants qui ont souhaité retrouver, sous la forme qu’ils avaient connue, les notions devenues familières, assimilées durant les années de formation. Il était donc indispensable de restituer le cours tel quel. Je revendique encore pleinement l’essentiel de son contenu et la méthode didactique qui en est le support. Celle-ci peut paraître aride, voire ennuyeuse, mais elle a l’avantage de clarifier le propos et d’en rendre aisé le cheminement.
Ce parti pris implique d’évidentes servitudes : le lecteur est en droit d’attendre certaines informations précises sur des points familiers aux historiens avertis, des explications sur des passages allusifs. Je me suis donc résolu à ajouter quelques textes de mon cru, à la fin de la première et de la deuxième partie de l’ouvrage, pour éclairer davantage les thèmes principaux qui y sont traités et permettre ainsi au lecteur de pousser plus loin la réflexion. De même, la troisième partie a été enrichie d’un nouveau chapitre, le neuvième, relatif à lamontée des communautarismes, conséquence de la mondialisation, phénomène assez
1  L’Afriquedes indépendances à la démocratisation (le défi du développement 1960-1992).7
nouveau, qui transparaissait à peine à travers la littérature de l’époque. Ce sont là, les modifications apportées à la forme primitive du cours, modifications somme toute mineures, qui n’altèrent en rien, ni son sens, ni son orientation initiale.
Naturellement, comme tout professeur, j’ai bâti les chapitres de ce cours à partir des réflexions des autres. J’ai éprouvé un réel plaisir à lire Elikia M’bokolo, Sylvie Brunel, Julius Nyerere, Steve Biko, Hampaté Ba et bien d’autres, que je ne peux citer ici. J’ai souhaité faire partager ce plaisir en fournissant de longs extraits à la fin de l’ouvrage ou en les intégrant à mon propre texte. J’invite, en conséquence, le lecteur à ne pas en faire l’impasse ;ils constituent souvent des étapes essentielles du raisonnement, ou tout au moins, le prolongement de la réflexion.
On le voit, cet opuscule n’est ni la projection d’un projet fermé sur lui-même, ni un essai brillant; il est une réflexion modeste qui se voudrait utile. Ce qui est déjà une ambition dont je mesure l’ampleur. Mais aussi une façon de retrouver la posture, si chère aux historiens, celle de l’homme d’atelier qui explique aux apprentis le métier…
Simon-Pierre Ekanza (Abidjan, 2011).
8
INTRODUCTION GENERALE 1960, début de cette étude, marque officiellement la fin de la colonisation. Celle-ci est accueillie avec enthousiasme, car l’accès à la souveraineté politique apportait, en même temps que la liberté, les conditions indispensables au progrès et à l’unité du continent. Cet optimisme s’est estompé progressivement au fil des années. L’Afrique, à la fois marginalisée et confrontée aux difficultés de toutes sortes dont les guerres et les catastrophes naturelles, a dû faire face un peu partout à des régimes autoritaires. La situation générale s’est encore récemment empirée à la suite de l’austérité imposée par les organismes financiers extérieurs désireux de freiner l’endettement. Avec la disparition quasi générale des régimes autoritaires, intervenue depuis 1990, du moins sur le plan des principes, l’évolution sur de nouvelles bases institutionnelles et économiques semblait se dessiner. L’embellie économique de certains pays au milieu des années 1990 et l’imposition de la démocratie par les bailleurs de fonds internationaux au nom de la «bonne gouvernance »laissaient espérer un avenir meilleur. Mais c’était sans compter avec l’implosion des Etats, dans un continent qui décrochait progressivement de la mondialisation. La décennie 1991-2001, qui s’ouvrait avec la disparition de l’ex-URSS en décembre 1991 et s’achevait par les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, devait être celle du chaos en Afrique: délitement des Etats, multiplication des conflits, résurgence des ethnies… Tel se présente le visage nouveau de l’Afrique de ces quarante dernières années que nous nous efforçons de présenter. Trois grandes périodes, inégalement réparties,
9