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L'Afrique et le Moyen-Orient

De
223 pages

Des fiches claires, synthétiques et pertinentes pour comprendre les enjeux contemporains.

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Introduction
Des rivages atlantiques à la vallée de l’Indus, du cap de Bonne Espérance aux confins de l’Himalaya, l’Afrique et le Moyen-Orient couvrent un immense terri-toire de 43 millions de kilomètres carrés peuplé par environ un milliard et demi d’habitants. Le « Moyen-Orient », expression qui a depuis longtemps les faveurs de l’administration américaine, comprend toutes les régions riveraines de la Méditerranée orientale, de la mer Rouge, du golfe d’Oman et du golfe Arabo-Persique. « Proche-Orient » est une expression utilisée depuis la fin du e XIXsiècle, notamment par la diplomatie française, pour désigner générale-ment un ensemble plus restreint que le Moyen-Orient : Turquie, Syrie, Liban, Israël-Palestine, Égypte. Il est vrai que, pour beaucoup, les deux concepts sont très proches.
Cet espace est marqué par l’existence d’un peuplement très diversifié qui pose la question des identités, en raison de la multiplicité des langues et des peuples à laquelle la dimension religieuse apporte un surcroît de complexité. L’ensemble est également marqué par une forte croissance démographique, l’Afrique passant ainsi de 220 millions d’habitants en 1950 à un milliard en 2010. La croissance urbaine y est spectaculaire, l’exode rural nourrissant l’essor urbain. Cette explosion démographique exceptionnelle et incontrôlée, qualifiée parfois de « bombe démographique », fait de l’Afrique et du Moyen-Orient un « monde de jeunes » pour lesquels l’insertion dans la société et la vie active représentent un défi majeur. Les deux régions sont également marquées par d’importantes mobilités. À l’intérieur de l’ensemble, des migrations internes conduisent d’importants effectifs vers les pays du Golfe, le Maghreb, la Libye et l’Afrique du Sud. L’attraction du monde développé reste toutefois un phénomène structurel, notamment pour l’Afrique. D’un point de vue géo-économique, la diversité des situations de développement fait apparaître des contrastes régionaux. Ainsi, si Israël présente des indicateurs semblables à ceux du Nord, si des États pétroliers du Moyen-Orient ont pu bénéficier de la manne pétrolière, nombre de pays accumulent des retards. La question du développement et du mal-développement engendre une réflexion sur les choix économiques effectués après l’indépendance et sur les effets discuta-bles de l’économie de rente. Les deux régions se caractérisent par l’existence de rentes primaires peu industrialisantes (rentes agricoles, minières) et elles exportent toutes deux des produits énergétiques bruts (pétrole, gaz). D’autres formes de rentes sont apparues : apports des travailleurs immigrés par le biais des rétro-transferts, pavillons de complaisance (Liberia…). Dans tous les cas, l’économie de rentes est un facteur clef de l’organisation spatiale et permet l’insertion de l’Afrique et du Moyen-Orient dans la mondialisation. Elle montre également la persistance de liens privilégiés avec les pays européens (surtout l’Afrique noire), les États-Unis (au Moyen-Orient et de plus en plus en Afrique
noire) et plus récemment avec la Chine (notamment en Afrique noire). Des regroupements institutionnels contribuent à des recompositions territoriales sur le continent africain. Trois questions sont particulièrement préoccupantes : – la question de l’eau, qui se pose surtout en dans la partie septentrionale de l’Afrique, de part et d’autre du Sahara et au Moyen-Orient. Rareté et inégale répartition créent des conflits d’usage et suscitent des tensions. Ainsi, le Nil, le Jourdain, le Tigre et l’Euphrate sont-ils devenus les eaux de la discorde ; – la question sanitaire, qui se pose surtout en Afrique subsaharienne autour de problèmes récurrents (les grands systèmes pathogènes), et de maux plus récents comme la pandémie du sida qui affecte dramatiquement une grande partie du sous-continent ; – la question alimentaire qui touche l’ensemble de la zone. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont la région du monde la plus dépendante du commerce des céréales. L’Afrique noire doit faire face à la permanence de la crise alimentaire, aggravée par son essor démographique et sa croissance urbaine. L’aide alimentaire est un facteur de dépendance. En règle générale, les constructions territoriales sont récentes. Il faut prendre en compte les héritages dus aux dominations exogènes : la domination ottomane au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et les dominations européennes. La région est balkanisée, le découpage territorial inscrivant sur la carte environ 65 États, et faisant apparaître un certain nombre de fractures géopolitiques. De nombreuses contestations frontalières et territoriales ont été apurées récemment : péninsule arabique, Libye-Tchad… Il n’en reste pas moins que la région est un espace de conflits. Depuis 50 ans, l’Afrique a connu de nombreuses guerres : de « libération nationale », civiles, internationales (Corne de l’Afrique, internationalisation des conflits dans la zone Congo-Grands Lacs). En 2007, 44 % des réfugiés décomptés dans le monde se trouvent en Afrique et au Moyen-Orient. Au Moyen-Orient, deux zones de tension constituent des points chauds majeurs sur la planète. La création d’Israël, en 1948, a entraîné une série de guerres avec les États arabes voisins. L’État hébreu doit toujours faire face au mouvement national palestinien. La question de la création d’un État palestinien n’est toujours pas résolue. Le golfe Arabo-Persique demeure un espace sous tension. Au conflit irako-iranien de 1980 à 1988 succèdent deux guerres du Golfe.
1
L’Afrique subsaharienne
2 L’Afrique noire ou « subsaharienne » (au sud du Sahara) couvre plus de 24 millions de km . Sa population approche 900 millions d’habitants en 2010. L’immensité de la région et la complexité des héritages en font une Afrique plurielle, du point de vue ethnique, linguistique et religieux. Elle a connu, dans sa presque totalité, la colonisation euro-péenne après avoir subi, pendant des siècles, la ponction de la traite. Aujourd’hui balkanisée, elle est confrontée aux problèmes du mal-développement. C’est l’Afrique de la pauvreté, celle dont on a pu dire qu’elle est « mal partie », et qui connaît une spectaculaire croissance démographique et une explosion urbaine. C’est aussi un continent riche, objet de toutes les convoitises en raison de ses ressources naturelles considérables : matières premières minérales, énergétiques et agricoles. L’Afrique subsaharienne accumule les difficultés : dysfonctionnements des appareils étatiques, voire, dans certains cas, décomposition ; conflits internes aux facteurs multiples (lutte pour le pouvoir, instru-mentalisation des clivages ethnolinguistiques et religieux). Au-delà des difficultés plus ou moins communes, la diversité des situations est réelle. L’Afrique du Sud post-apartheid, la première puissance économique du continent, est la preuve que le développement économique est possible. La mondialisation contribue à l’affirmation de nouveaux territoires (ports, régions littorales) et engendre des dynamiques de développement à la fois exogènes (IDE, transferts financiers des migrants) et endogènes (valorisation des richesses, créations d’organisations régionales). Néanmoins, la comparaison avec les autres ensembles du Sud montre que l’Afrique noire, handicapée par ses difficultés et ses conflits géopolitiques, s’insère encore difficilement dans la mondialisation.
Chapitre 1 Héritages et identités
Kazembé
Empire du MALAWI
KONGO LUNDA MATAMBA Luanda
Mogadiscio
Bagamoyo Kiloa
MONOMOTAPA
Chefferies côtières
BUTUA
Zimbabwe
XHOSA
Le Cap (1652)
Source : d’après B. Lugan,Atlas historique de l’Afrique des origines à nos jours, Éditions du Rocher, 2001.
Chefferies NGUNI
Royaume MERINA
Suzeraineté turque
Principautés SAKALAVES
RégencedeTripoli
e e L’Afrique duXVIauXVIIsiècle
Sultanats AFAR
MASSAÏ
GGhhaaddaammèèss
Bône Tunis Alger Régence Kairuan Fès de TUNIS Tripoli MMaarrrraakkeecchh
Magador
Ifé ASHANTIAbomey Koumassi DAHOMEY
LUBA
MOSSI
États HAOUSSA Kano
Tombouctou
Royaume FUNG KANEM KORDOFAN Sennar Abéché Gondar OUADAÏ El Facher ÉTHIOPIE DARFOUR BAGUIRMI
Mombasa
KONGORoyaume ou État Luanda Ville
INDIEN
1 000 km
Graaf Reinet
OCÉAN
0
États pastoraux interlacustres 1Bunyoro5Buha 2Nkore6Buganda 3Rwanda7Karagwe 4Burundi
ATLANTIQUE
MAROC
OCÉAN
Partie 1 - L’Afrique subsaharienne
WOLOF
1 6 2 7 3 4 5
Nioro Ségou
SÉGOU
Portugais
Arabes
Hollandais
L’Afrique précoloniale
1
GGhhaarrddaaiiaa
ÉGYPTE
LLeeCCaaiirree
14 )
Du point de vue des systèmes politiques africains traditionnels, on peut distinguer des sociétés sans État, dites « acéphales », des sociétés à chefferies et des sociétés à État, plus ou moins fortement structurées. Il existe dans toute l’Afrique subsaharienne des repères (sites archéologiques, mémoires d’États) qui confèrent aux États issus de la décolonisation une profondeur historique. Cette historicité contribue à leur donner sens et légitimité.
1 Mémoires d’États A. La géographie politique de l’Afrique noire : royaumes et empires Le socle le plus ancien des États subsahariens est représenté par deux zones : le royaume ou l’empire chrétien d’Éthiopie et l’Afrique sahélo-soudanienne. Au Sahel, royaumes et empires se succèdent autour de centres de gravité mobiles. Ces États très vastes ont étendu leur influence dans toute la bande sahélo-soudanienne grâce au commerce transsaharien. Citons : e – le Ghana, auIVsiècle, centré sur l’actuelle Mauritanie ; e – l’empire du Mali, fondé auXIIIsiècle sur le Niger, a englobé une grande partie de l’Afrique de e l’Ouest et a connu son apogée auXIVsiècle ; e – l’empire du Songhaï, auXVIsiècle, qui domine les régions de la boucle du Niger, de l’Aïr jusqu’au Niger ; – plus à l’est, d’autres États ont occupé la cuvette du Tchad : Bornou, Kanem, puis au-delà, Ouaddaï, Darfour ; e e – dans le nord du Nigeria actuel, des États haoussa se structurent dès leXIsiècle. AuXVsiècle, s’affirment des cités-États, commerçantes et plus ou moins islamisées ; – à l’ouest, de nouveau, se forment d’autres entités territoriales : royaume de Ségou et de Kaarta au Mali, royaumes mossi au Burkina Faso ; – le long du golfe de Guinée, d’autres royaumes se sont organisés à partir de confédérations de cités : Ashanti, Dahomey, Bénin. Les Ashanti, notamment, ont constitué autour de Kumasi un solide royaume fondé sur les ressources en or de la Gold Coast. Tous ces États ont participé activement à la capture d’esclaves et à la traite transatlantique. Ainsi, durant des siècles, des entités politiques plus ou moins étendues sur la plus grande partie de l’Afrique occidentale ont eu une présence ininterrompue. Mais ces formations politiques, sans monuments ni écritures, n’ont été connues que par des textes étrangers (arabes notamment) et par la tradition orale perpétuée par les griots. Les États modernes issus de la décolonisation ne se confondent pas avec le territoire des anciennes entités politiques, dont l’inscription spatiale a d’ailleurs été incertaine.
B. Un géosymbole : le Zimbabwe Le Great Zimbabwe (ou Grand Zimbabwe) est le site archéologique le plus important de toute l’Afrique subsaharienne. Les ruines monumentales de cette ancienne ville, connue des Portugais e dès leXVIsiècle, sont composées d’une acropole et d’une grande enceinte d’une centaine de mètres de diamètre. Le site couvre 24 hectares. Les constructions en pierres taillées, édifiées sans e e mortier, sont datées par les archéologues desXIIIetXIVsiècles. À l’évidence, il s’agit ici du témoi-gnage d’une ancienne structure politique d’envergure s’étendant alors sur une partie de l’Afrique australe, entre le Zambèze et le Limpopo. Le Grand Zimbabwe a exercé son influence sur une vaste région débordant sur quatre États actuels : le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi et la Zambie. e e AuXVIsiècle, à l’arrivée des Portugais, le Zimbabwe est entré en décadence. AuXVIIsiècle, la ville est quasiment déserte. Cet extraordinaire ensemble de murs taillés a suscité un débat idéo-logique. Les autorités blanches de Rhodésie du Sud et d’Afrique du Sud n’ont pas admis que les bâtisseurs aient pu être noirs. Elles ont attribué la construction à des populations originaires du Bassin méditerranéen ou du Moyen-Orient (par exemple, des adeptes de cultes astraux du royaume antique de Saba, dans l’actuel Yémen).A contrario, les Noirs d’Afrique australe et les
Chapitre 1 - Héritages et identités
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Shona (80 % de la population actuelle du Zimbabwe) en particulier, affirment que le Grand Zimbabwe a été l’œuvre de populations bantoues. Dans cette région, le nationalisme africain s’est nourri, de fait, de références au Great Zimbabwe. Le Grand Zimbabwe est donc chargé d’une forte historicité et constitue un géosymbole de premier plan. Quand la Rhodésie du Sud accède à l’indépendance, elle prend, tout naturellement, le nom de Zimbabwe.
2 De l’histoire antérieure à l’arrivée des Blancs au temps colonial
A. Migrations et brassages des populations L’extraordinaire diversité ethnolinguistique de l’Afrique subsaharienne est le résultat « d’une longue marche des identités ». La partie saharienne est peuplée de tribus guerrières et nomades : berbères à l’ouest (Touareg), noires au centre (Toubou), à l’est précocement arabes (Soudan). Ces peuples pasteurs caravaniers e reliaient l’Afrique du Nord au Bled es-Soûdan (le pays des Noirs) islamisé à partir duXIsiècle. Dans ce Soudan (zone sahélo-soudanienne), les aires ethnolinguistiques se dessinent progressi-vement, en même temps que se produit un métissage avec les nomades. Au Soudan oriental, l’islam progressevial’Égypte et la vallée du Nil. Le Darfour reçoit des groupes entiers de e Bédouins. Dans la Corne, l’islam arrive de l’Arabie dès leVIIsiècle. Dans les régions forestières proches du golfe de Guinée, une lente infiltration de peuples des savanes s’opère. Les peuples guinéens créent divers États animistes : cités-États yorouba, royaume du Bénin, et plus tard ceux de l’Ashanti, du Dahomey, contemporains de la traite. L’expansion des bantouphones, depuis un foyer initial (le Cameroun actuel), explique la parenté existant entre les langues parlées dans le tiers méridional de l’Afrique. Les peuples bantous, dans un vaste mouvement de migrations, contournent la forêt congolaise. La zone interlacustre, autour du lac Victoria, a constitué un foyer de dispersion. Les Bantous se sont métissés à des peuples différents au sud et à l’est. Le long de la côte orientale de la Somalie aux Comores naît une civilisation de « rivage » (swahili) fondée sur le commerce : population musulmane, métissée, e mais dont le fond humain et la langue sont bantous. Madagascar se peuple à partir duVsiècle de migrants venus de la mer (d’Indonésie) et un métissage se produit ensuite avec des Bantous e du continent. AuXVIsiècle, le peuple malgache est organisé en États guerriers (le royaume merina par exemple)
B. L’exploration et l’arrivée des Européens e À partir duXVsiècle, les Portugais, grâce à leurs caravelles, longent le littoral atlantique et s’attachent à réaliser la circumnavigation de l’Afrique. En 1443, les caravelles portugaises atteignent le banc d’Arguin en Afrique occidentale. Une des conséquences fondamentales des voyages portugais est le détournement du commerce transsaharien vers les comptoirs portugais de la côte. C’est « la victoire de la caravelle sur la caravane ». Le cap de Bonne-Espérance est doublé à la fin du siècle par Vasco de Gama. e À partir duXVIIsiècle, aux établissements portugais s’ajoutent d’autres forts et comptoirs euro-péens : français, anglais, hollandais. En 1652, le comptoir du Cap est fondé par la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Les Hollandais commencent à coloniser l’arrière-pays en 1680. En 1688, on compte 1 000 résidents hollandais et 200 colons français huguenots. Bientôt rejoints par des colons allemands, ils vont donner naissance au peuple afrikaner (longtemps désigné sous le nom de peuple boer). L’arrivée des Européens s’est accompagnée de la mise en place de la traite négrière, qui a e e débuté dans la seconde moitié duXVsiècle et qui s’est amplifiée auXVIIsiècle. Son impact démographique a été catastrophique pour les régions africaines concernées. De véritables e royaumes esclavagistes se sont constitués sur le continent. Par exemple, à la fin duXVIIIsiècle, le roi d’Abomey (Bénin actuel) constitue un État négrier au service d’une ethnie, celle des Fon.
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Partie 1 - L’Afrique subsaharienne
Quelques exemples d’explorations
Explorateurs et dates des explorations
Mungo Park (Écossais,1795-1806)
René Caillié (Français,1827-1929)
Heinrich Barth (Allemand, 1850-1856)
David Livingston (Écossais, 1845-1873)
Serpa Pinto (Portugais, 1877-1879) Henry Stanley (Anglais,1871-1890)
Jean-Baptiste Marchand (Français, 1896-1898)
Régions explorées
Sénégal, vallée du Niger
Vallée du Niger, Djenné, Tombouctou
Mali, nord du Nigeria, Niger actuel
Afrique australe, Angola, vallée du Zambèze, Afrique des grands lacs (Malawi, Tanganyika) De Durban (Afrique du Sud) à Benguela (Angola) De Zanzibar à Tanganyka, de Zanzibar à l’embouchure du Congo (traversée est-ouest)
Fleuve, Congo, Oubangui, Soudan (Fachoda), Addis-Abeba
État concerné Angleterre France Allemagne Angleterre
Portugal Angleterre
France
Mais cette traite occidentale s’est ajoutée à la traite interne et à d’autres (traite transsaharienne et arabe sur les côtes orientales de l’Afrique). e AuXIXsiècle, l’exploration européenne précède la colonisation.
e C’est surtout à la fin duXIXsiècle que se développe la conquête systématique du continent, l’Afrique subsaharienne n’ayant pas les moyens matériels de se défendre.
Chapitre 1 - Héritages et identités
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