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L'arabe moderne

De
426 pages
Cet ouvrage propose une description diachronique de l'arabe moderne en continuelle mutation et en examine certains aspects structurels et sémantiques. Les auteurs y mettent en évidence les principaux facteurs qui ont déclenché son émergence, tels que la presse arabe, le renouveau de la littérature, l'apparition des médias transfrontaliers ou les enjeux géopolitiques grandissants. Ils étudient également les continuités et discontinuités de cet arabe médian sur les plans phonétique, morphologique, syntaxique et sémantique.
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L’arabe moderne
Péripéties et enjeux
Les auteurs de cet ouvrage collectif proposent une description diachronique
de l’arabe moderne et en examinent certains aspects structurels et
sémantiques. Or, loin d’être évident ou consensuel, ce concept désigne
un registre de langue, problématique et en continuelle mutation. Et pour
mieux comprendre ses origines, ses constantes évolutions et les domaines
de son expression, les auteurs ont d’abord mis en évidence les principaux
facteurs qui ont déclenché son émergence, tels que la presse arabe, le
renouveau de la littérature dans le cadre de la Nahdha, l’apparition des
médias transfrontaliers, les enjeux géopolitiques grandissants...
Ils ont ensuite abordé les manifestations, les plus significatives, de cet
Sous la direction dearabe médian à travers l’étude de ses continuités/discontinuités sur les
plans : phonétique, morphologique, syntaxique et sémantique. Nejmeddine KHALFALLAH
Ils ont enfin décrit les principes sous-jacents, plutôt d’ordre idéologique,
qui continuent à façonner ce registre et à lui donner toute sa portée
pragmatique.
Lynne FRANJIE, Marie ROBACHE, Nejmeddine KHALFALLAH, Andrée L’arabe moderneAFFEICH, Lilia BELTAÏEF, Lahouari GHAZZALI, Amal SFAÏRA,
Ashraf SHAWLI, Benaissa AZAYITE, Rima LABBAN, Mohammed
NAOUI, Slim GASTI, Ons TRABELSI, Aziz ALOUI, Diab SALAM, Péripéties et enjeux
Mounia HAMMAMI, Géhane ESSAWY, Khawla BEN AICHA, Houcine
SOUDANI, Abla GHEZIEL, Serour SALAH.
Nejmeddine KHALFALLAH, Maître de conférences à l’Université de
Lorraine. Ses travaux portent sur la sémantique lexicale, les procédés
néologiques et dérivationnels de la terminologie juridique. Il a consacré
quelques articles à l’évolution sémantique des notions pénales pour mieux
comprendre les rapports entre la pensée, la langue et les sociétés arabes
contemporaines.
ISBN : 978-2-343-04905-2
40
Sous la direction de
L’arabe moderne
Nejmeddine KHALFALLAH
Péripéties et enjeuxL’arabe moderne
Péripéties et enjeuxH
Sous la direct
Nejmed d ine KH ALFALL AH
L’arabe moderne
Péripéties et enjeux©L'HARMATTAN,2014
5-7,ruedel'École-Polytechnique,75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04905-2
EAN : 9782343049052SYSTÈMEDETRANSCRIPTION
Pour la transcription des motsarabes, nousavonsadopté le système de
transcription suivant :
’ %
b ’
t (
t )
" *
h +
h ,
d -
d .
r /
z &
s 0
š 1
s 2
d 3
t 4
z 5
‘ ’
$ (
f 6
q )
k *
l +
m ,
n -
h "
w #
y $
Les voyelles brèves : «a », « u », « i ».
Les voyelles longues : « # », « &», « % ».
Les diphtongues : «aw » et «ay».
t$ ’ marb& ta : « a » ou « at » (état construit)
Articleal- ou l- (même devant les lettres solaires)
bL’arabe standard moderne :
Enjeux et péripéties
eAu cours duXX siècle, les divers registres de la languearabe
ont connu d’importantes transformations.Les structures de l’arabe ont
toutes été, a des degrés divers, touchées par ces transformations : les
unités lexicales comme les constructions syntaxiques, les mécanismes
sémantiques et cognitifs ainsi que les principes métaphoriques, les
styles littéraires et les genres de discours ; l’ampleur et les
répercussions des mutations subies par ces structures nécessitent un
examen rigoureux qui s’imposeaujourd’hui.
Cet ouvrage collectif propose donc d’entreprendre une
description diachronique et de mettre en évidence l’évolution des
divers mécanismes de l’arabe standard moderne, depuis les débuts du
eXX siècle jusqu’à nos jours. Bien qu’il soit, originellement, le fruit
d’unColloque international tenu àNancy en 2012, cet ouvragea pour
butd’examinercertainsvolets,fonctionnelsetsémantiques,del’arabe
standard moderne, désormaisappeléA.S.M.
Loin d’être une notion évidente ou consensuelle, l’A.S.M est
une appellation problématique, voire polémique. Cet acronyme
désigne en effet l’arabe qui s’emploie dans les sphères formelles ; il se
démarque d’un côté des emplois dialectaux, courants dans les
vingtdeux pays arabesavec leurs multiples branches ; et de l’autre de
l’arabe archaïque, connu et employé par les spécialistes et les
religieux, dans des sphères plutôt limitées.
Pour décrire les origines, l’évolution et les domaines de
l’A.S.M, nousavons d’abord examiné lesprincipauxfacteurs qui ont
contribué à cette évolution, tels que l’émergence de la pressearabe, le
renouveau de la littérature dans le cadre de la Renaissance arabe
(Nahda), l’apparition des médias transfrontaliers, les enjeux
géopolitiques grandissants qui entraînent une abondance des discours
et formules diplomatiques... Nous avons ensuite traité les
manifestations de l’A.S.M à travers l’étude de ses
continuités/discontinuités structurelles sur les plans : phonétique,
morphologique, sémantique et syntaxique.Enfin nousavons décrit les
cprincipes sous-jacents, plutôt d’ordre idéologique, qui ont façonné ces
évolutions.
S’agissant du fonctionnement sémantique, nousavons constaté
l’interaction de deux principes majeurs : d’une part, la sécularisation
des mots qui, par un long processus, perdent leurs connotations
religieuses pour désigner des signifiés modernes, sinon vidés, du
moins allégés de toute référence sacrée. D’autre part, la
détribalisation qui se traduit par la disparition des images liées à
l’environnement bédouin du désert.
Pour mener à bien nos recherches, nous avons divisé cet
ouvrage en trois parties :Dans un premier temps, nous avons exploré
les mécanismes intrinsèques au fonctionnement formel de l’A.S.M.
Ainsi, ses structures acoustiques, lexicales, morphologiques et
sémantiques ont été examinées à travers des échantillons concrets.
Dans un deuxième temps, nous avons étudié les vecteurs de ces
transformations : médias, presse, sites spécialisés, littérature, textes de
loi, discours politiques, ... Dans la dernière partie, nous avons
interrogé les liens entre les perceptions du langage et les « idéologies
linguistiques » dont les partisans défendent un registre de langue
plutôt qu’unautre (littéral, dialectal,archaïque, médian, mixte…).Les
arguments mobilisés dans ces « batailles » ont été brièvement
évoqués. Dans ce cadre, nous avons aussi étudié les rapports de
l’A.S.M avec les mutations sociales qu’a récemment connues le
mondearabe, notamment suiteaux «Printemps »amorcés en 2010.
Dans cet ouvrage, l’accenta été mis sur les vecteurs, multiples
et complexes, de ce fonctionnement diachronique : Les innombrables
articles de la presse écrite/électronique qui suivent les innombrables
faits de l’Histoire. A caractère apologétiques ou réfractaires, les
discours politiques qui tendent à façonner cette Histoire en même
temps qu’ils s’y adaptent. Aspirant à la sécularisation ou retournant
aux textes de la šar%‘a, les corpus juridiques qui sont une vraie mine
de lois, conventions et traités, et qui recouvrent désormais tous les
secteurs sociétaux. Les néologismes économiques qui s’établissent,
_^chaque jour, pour dénoter les effets d’un ordre capitaliste international
influençant toutes les sociétés arabes. Respectueuse des styles
traditionnels ou subversive, la littérature qui ne cesse d’explorer les
continents inédits des formes et des sens. Face aux aliénations
successives de l’Histoire, elle invente un autre langage dont les
genres, les registres et les procédés narratifs modifient la vision du
monde desarabophones.
Les facteurs de ces mutations sont aussi multiples et
complexes :Certains relèvent des structures internes de la langue et de
son fonctionnement phonétique, morphologique, syntaxique et
sémantique. D’autres, relèvent des politiques d’arabisation conduites
par les États postcoloniaux, de la scolarisation massive et de l’œuvre
colossale des médias de masse et des nouvelles technologies.Au cœur
même de cette effervescence, les « idéologies linguistiques »
galvanisent encore les foules, fascinent les Institutions officielles
(universités, administrations, États, académies…), et agitent les
composantes de la société civile.Elles se bâtissentautour du rôle que
l’arabe doit jouer, mais s’opposent quant au choix de la composante
sur laquelle fonder l’identité (registre littéral, dialectal ou/et médian).
D’aucuns, sans réserve, soutiennent l’emploi du littéral inaltéré et y
voient un ultime signe de son immuabilité. D’autres, plus dans le
militantisme,appellent à le remplacer par la d$ri"aou la wus !$, plus
à même d’exprimer les tendances d’uneHistoire en pleine mutation.
Ce sont ces aspects aussi complexes que passionnants que cet
ouvrage propose, humblement, d’analyser. Or, nous ne sommes
parvenus qu’à poser les premiers jalons d’un long questionnement sur
l’A.S.M dont les traits se redessinent à chaqueacte de langage.
NejmeddineKHALFALLAH
Octobre2014
__PARTIE IASPECTSDELALEXICULTUREARABE
CONTEMPORAINE:DULOCALAUGLOBAL
4RKKDdM@KHGT
LedidacticienRobertGalisson(1995:5),quiaétéunprécurseur
dansl’étudedecesphénomènes,exprimeparfaitementleurimportance:
la lexiculture « rend compte de la consubstantialité du lexiqueet de la
culture, et désigne la seule valeur ajoutée aux mots par l’usage, valeur
dont les dictionnaires ne rendent pas compte, et que je nomme CCP
[charge culturelle partagée] ». Ce que dit Galisson, c’est d’abord la
lexiculture se révèle à l’usage, que les dictionnaires usuels ne rendent
pas compte de la charge culturelle des mots et que ce phénomène est
central danslacommunication humaine.
ao r-S+$2$,+ rs (o q3(230s -o02ou-s *,+20s q(o$0s*s+2 (s1 s+&s3=
langagiers,sociauxet,surtout,identitairesdecetaspectfondamentalde
lalangue :
Us r-S+$1 (o q3(230s -o02ou-s q,**s 3+s q3(230s .3,2$r$s++s
transversale,unesortedeniveau-seuilcomportementalduplusgrand
nombre,quipermet àl’immense majorité desnatifs desesentirdes
individusàpartentière,etd’êtrereconnuscommetelspartousceux
quiseréclamentdelamêmeidentitécollective. L’identitécollective
étant le produit d’une langue et d’une culture partagées, donc
d’un minimum de connaissances communes permettant à tous les
membresd’unecollectivitéd’entretenirentreeuxcertainesrelations
de connivence, quels que soient leur niveau de scolarisation, leur
appartenance socioprofessionnelle, leurâge,etc.
15Laculturepartagéeestdoncàlafois :
- un signe de reconnaissance tacite entre individus se réclamant de
lamême identitécollective ;
- un facteur de convivialité pour se comprendre à demi-mot […]
(Galisson,1989: 114).
b,32s1 qs1 otS0*o2$,+1 *-0$2s0o$s+2 rM/20s $+2s00,u-s1 o3 43
des usages quotidiens de la langue arabe, étant donné la prégnance de
la culture dans le champ communicationnel actuel. Les événements
inscrits dans ce qui est communément appelé le « Printemps arabe »
(2011-2012)présententundomained’étudeàpeinedéfrichédecepoint
de vueet il n’estpasinintéressantdesepenchersursesprolongements
lexiculturelspourcomprendrenombred’aspectsimplicites.Au-delàde
la culture commune, le questionnement de fond concerne la dimension
1identitaire dulexiqueemployépendantcesévénements.Pourexplorer
ce«lexiqueidentitaire»,nousnousproposonsd’interrogerlediscours
médiatique arabe contemporain, en nous posant la question de la
« charge culturelle » de certaines unités lexicales employées au cours
du«printemps arabe ».
1.Aspectsdelalexiculturearabe
Pour les langues anciennes – comme l’arabe – qui continuent
d’être usitées sous des formes modernes, les faits de langue étudiés
intègrentnécessairementladimensiondiachroniqueomniprésentedans
les usages synchroniques du lexique. En d’autres termes, la charge
culturelleestpartagéeàlafoisdansle tempsetdansl’espace.
1.1.Chargeculturelleetregistresdelangue
Dansletemps,lachargeculturelleserévèleàtraverslesregistres
et les niveaux de langue. Ceux-ci concernent l’utilisation sélective
du lexique et des références culturelles (littéraires, historiques,
s2qB3 oS+ rMoro-2s0 (Ms=-0s11$,+ ) 3+ o3r$2,$0s -o02$q3($s0B Es1 qy,$=
lexiculturels permettent d’ajuster la communication à une situation
d’énonciation donnée : les locuteurs arabophones s’expriment
1Pour uneétude surladimensionidentitaireinterculturelledulexiquedela«Guerre
contrela Terreur», voirFRANJIÉ(2012).
16différemment selon qu’ils s’adressent à un public local, régional ou
transnational.Autrement dit, ils adaptent leur manière de s’exprimer
auxcirconstancescommunicationnellesetcetteadaptationsefaitselon
l’âge, l’expérience, l’origine nationale et le niveau professionnel de
celui/celle quis’exprime.
En règle générale, le registre soutenu se caractérise en arabe par
l’utilisation d’un vocabulaire recherché ayant une importante charge
culturelle et par le strict respect des règles prescrites par la grammaire
normative,notammentauniveaudelaconjugaisonetdelavocalisation.
Le registre courant se caractérise par un vocabulaire usuel ayant une
charge culturelle moindre et un respect des règles grammaticales
*,$+1120$q2BH+S+=(s0su$120sto*$($s01sqo0oq2-0$1s-o03+4,qop3(o$0s
commun, sans épaisseur culturelle, et par un relâchement des règles de
lagrammaire normative.
Les usages discursifs dans les trois principaux registres peuvent
être illustrés par les exemples suivants pris dans le contexte de la
révolutionsyrienne :
-Registre soutenu :
PJdJ (?1$AJ. o(?$L(J*R (?*3LJrR (?*3co’’$’ tR (?to80o *$+ 0oyz
in*$+ o(?.o8*$AAR+ 8o?(?Ao1J0$AAR+ ’J+o l$*+o qo0p $L(J*$AAo
(Al-Jazeera,19mars 2012)
Traduction littérale :Ce contexte médiatique hostile et sceptique
àl’égarddelarévolution,[créé]parungroupedenationalisteset
degauchistes,s’inscrivaitdanslecadred’uneguerremédiatique.
-Registrecourant :
eo1JM$(o(?$L(J*((o2R23co’’$’S(?tawra fRyJSMo*$+o(?.o8*$AAR+
8o?(?Ao1J0$AAR+((odR+oy3* r3EM*$+ qo*(o$L(J*$AAo*or0X1oB
Traduction littérale : Les médias qui sont sceptiques à l’égard de
larévolutioncomptentungroupedenationalistesetdegauchistes
quifontpartie d’unecampagne médiatique étudiée.
-Registre familier :
Al-la dR+ A3co’’$’X+ S (?to80o ro*JLo *$+ o(?.o8*$AAR+
8o?(?Ao1J0$AAR+((odR+opJLXo+t31oy3*($?(?+$dJ*
Traduction littérale : Ceux qui doutent de la révolution sont un
groupe de nationalistes et de gauchistes qui ont vendu leur âme
aurégime.
171.2.Chargeculturelleetpluriglossie
Dansl’espace,lachargeculturelleserévèleàtraverslesdialectes
et la diglossie des locuteurs arabophones. Rappelons au passage que
la diglossie désigne une « situation qui caractérise les individus, les
groupes d’individus ou les communautés linguistiques utilisant
concurremment deux parlers ou deux variétés d’une même langue »
(Galisson etCoste, 1976 : 153). La distinction est, de ce fait, évidente
entre bilinguisme et diglossie dans la mesure où, comme le précisent
Galisson et Coste (1976 : 154), « le bilinguisme et le plurilinguisme
entraînent essentiellement des interactions structurelles entre des
systèmeslinguistiquesdifférents[alorsque]ladiglossieetlapluriglossie
mettentprincipalementencausedesvariationsdanslaprononciationet
danslelexique ».
S’agissant de la langue arabe contemporaine, outre les variations
dans la prononciation perceptibles entre les locuteurs des différents
pays arabes pour les mêmes mots, il existe une double « variation
lexiculturelle » selon les régions du monde arabe. En effet, il y a d’un
q42-= 3+s $+T3s+qs +,2op(sr3t0o+,o$1o3Zouy0sp=s2rM3+o320sq42-=
3+s $+T3s+qs $+r-+$op(s rs (Mo+u(o$1 o3 Zoqy0s’ s2 ro+1 (s1 -oA1
du Golfe. Concernant cette situation linguistique complexe, Joseph
Dichy (1995 : 20) propose l’utilisation du terme « pluriglossie » car,
1s(,+ (3$= A (o +,2$,+ rs Lr$u(,11$sMs12 jDk t,02s*s+2 otto$p($s -o0 (s
fait qu’elle se trouve, à la suite de J.A. Fishman (1967), appliquée de
*o+$.0s$+r$tt-0s+q$-s)Lrs3=4o0$-2-1rM3+s(o+u3sMs2)Lrs3=(o+u3s1
r$12$+q2s1MCBZo$1$(,3p($s.3sro+1(sqo1rs(Mo0ops= A(o1$23o2$,+s12
beaucoupcomplexequ’unesimpledichotomieentreunelangue/variété
[haute]et unelangue/variété[basse]»(HammersetBlanc1983: 237).
En effet, la dimension lexiculturelle de l’arabe contemporain est
visibleà traversplusieurscombinaisons :
?o0ops12o+ro0rJr$o(sq2s#roL+R8oqJ(RJq$((Lo++R+b0or3q2$,+#
laisse-moi tranquille /fous-moilapaix)
? r$o(sq2s J r$o(sq2s (,qo( ,3 0-u$,+o( # q$(( Lo++R J q$(( Lo+ zRER
+b0or3q2$,+#t,31?*,$ (o -o$= J (*qys?*,$ (s1po1’s21= (*qys?*,$
lagrappe)
? o0ops 12o+ro0r J t0o+,o$1 ,3 o+u(o$1 # o3 *,2 A ,0r$+o2s30 C
correspondent trois équivalents en arabe, dont l’usage est plus
,3*,$+1 -2op($ro+1(o(o+u3s#’3*pAX2$0 +s*-03+2rs(Mo+u(o$1
18Aq,*-32s0C3%qJ1Xp+r-0$4-r34s0psqo1opos2,p2s+3-o0qo(.3s
del’anglais«computer»pourdénommer«l’outilquicalcule»);
0o22Jpo +r-0$4- r3 4s0ps 0o22opo s2 ,p2s+3 -o0 qo(.3s r3 t0o+,o$1
«ordonner»pourdénommer«l’outilquiordonne»).Cedernier
équivalentnes’esttoutefoispasimposédansl’usagelinguistique,
contrairementauxdeuxpremiers.
Ces variations lexiculturelles sont présentes aussi bien à l’oral
qu’à l’écrit et révèlent la complexité de la communication actuelle en
arabe contemporain. Cette complexité éclate au grand jour lorsqu’il
s’agit de débats entre locuteurs arabophones issus de différents pays
ou de différentes régions. Or, avec les médias transfrontaliers et la
généralisation de l’internet, ces phénomènes sont devenus monnaie
couranteet interpellent le chercheurintéressé aux ruptures et aux
econtinuités de la langue arabe en ce début du XXI siècle. En raison de
(s30$*-,02o+qs=+,31r,++,+1q$?o-0.13+o-s0,3rsqs1-y-+,*.+s1B
2.Lalexiculturearabecontemporaine
Cetteexplorationsefaità travers uncorpusmédiatiqueconstitué
à partir des sites web des chaînes arabes transfrontalières telles
.3MC(?UoEss0o s2C(?LC0op$AAoB Ys r,*o$+s rM-23rs r-S+$ $q$ s12 -(31
particulièrementceluidulexiquerelatifau«printempsarabe».Eneffet,
l’étude des unités lexicales constitutives des discours révolutionnaires
arabes montre qu’elles ne sont pas forcément accessibles à tousles
publics,enraisonjustementdeleurdimensionpragmatiqueetculturelle.
Ainsi, certaines connotations et valeurs lexiculturelles sont locales ou
biennationales,d’autressontplutôtrégionalesvoirepanarabes.Ils’agit,
de ce fait, de savoir si le discours médiatique véhiculé par les chaînes
arabes transfrontalières permet de transférer, en plus de l’information
toq23s((s=(o4o(s30q3(230s((s1--q$S.3so3=3+$2-1(s=$qo(s1=o320s*s+2
ditleur«chargeculturelle partagée»(CCP).
L’étude de la formation, de l’implantation et de la diffusion du
lexiquerelatifau«printempsarabe»permetdefaireundoubleconstat:
d’unepart,ilexistebienune«lexiculturerévolutionnairearabe»(LRA),
r,+2,+20,34s(o20oqsrs(o^(oqsboq0R0o3Eo$0s&31.3Mo3=AS+r$u+-1
19rs (o ^3s02o rs( a,( C ) Zor0$r % rMo320s -o02= qs22s Y‘C 1s*p(s 1s
diffuser, grâce aux médias transfrontaliers, par cercles concentriques
allant du local vers le global. En d’autres termes, cette lexiculture
arabe tend à irriguer, par le biais du discours médiatique, l’ensemble
duchampperceptifactuelconcernantlacrisedupouvoiretl’aspiration
révolutionnairedespeuplesarabes.Lesexemplessuivantsmontrentles
différents aspects delalexiculturearabe évoquésprécédemment.
2.1.Variationlexiculturelleintra-linguistique
Avec le printemps arabe de nouvelles unités lexicales propres à
un contexte local (égyptien, syrien…) se sont implantées, par le biais
des médias transfrontaliers, dans le lexique arabe, d’abord dans leur
contexte propre avant que leur usage ne s’étende à d’autres contextes
régionaux. Les deux exemples les plus emblématiques en sont :
Apo(zor$AAo Cs2 A copp$qo C.
2.1.1.Lexiculturelocale
Avecledéclenchementdelarévolutionégyptienne, unenouvelle
unité lexicale s’implante dans les médias transfrontaliers. Il s’agit du
*,2 A po(zor$AAo C .3$ r-+,2s o3 r--o02 (s1 A *s0qs+o$0s1 C r3 0-u$*s
qui se sont attaqués mercredi 2 février 2011, à dos de chameaux et de
qys4o3== o3= *o+$ts12o+21 rs (o -(oqs boq0R0B Y,01.3s (o 0-4,(32$,+
syrienne se déclenche quelques semaines plus tard, une autre unité
lexicale s’impose, avant de devenir emblématique elle aussi. Il s’agit
2rsAcopp$qoC.3$=s((s=r-+,2s(s1A*$($qs1CSr.(s1o30-u$*s1A0$s+.
Ys1 ,qq300s+qs1 rs1 3+$2-1 (s=$qo(s1 A po(zor$AAo C s2 A copp$qo C 1s
multiplient dans les médias transfrontaliers,d’abord dans lescontextes
égyptienetsyrienlocaux,commelemontrentlesexemples(1) et(2):
Exemple (1) :
CL0opo2 o(?to++J+o S+2$wJ0 Lo+ 1oLJro2$yJ p$?03rXr o(?otLJ( o(?(o2R
2o(o..o2yJ Lo(J *31o(1o($yJ A ^,4_y,RyMh » wa-lladR o}yo0o2 *$+
t$(J($y$ (?LJ(o* o(?totR ($?(?zy,RyM)>>y8o ’oAto o++o (?+$dJ* o(?
1Jp$. ’J+o Ao12otr$* poLlo (?zy,RyM)>>ytR oL*J( o(?2ot0Rp rX+o
o+ A3cJ0 $(oAy$* tR coAM *$t(o*J ’J+o Ao2$** $12$trJ*3y3* tR
2Ys1*$($q$s+11A0$s+1r,$4s+2(s30130+,* A copp$qo C= )(opo1s=o3=4,$230s1rs(o
*o0.3sZs0qsrs1r$2s1 A copoq C +to+24*s3.3M$(1q,+r3$1s+2B
203(?$+2$tJpJ2o(?po0(o*J+$AAo +Al-Arabiyya,12août 2012) .
Traduction littérale : L’actrice Intisar s’est félicitée de l’accueil
0-1s04- )1,+ S(* ALe_y,4y ) 7à traverslequelelleamontréla
facecachéedelazy,4y )> >yetcommentl’ancienrégimeutilisait
certains zy,4y )> >ypour commettre des actes de vandalisme,
sans qu’ils ne soient embêtés, ainsi que lors des élections
parlementaires.
Exemple (2) :
NoA0oo++o(?(or+oA2o0Jo++o(oroAyJ3131o+*oL.X(o($?(?$L2$.Jr
o++o (?.388J2 o(?q3’X*$AAo 8o?(?Eyzz)Ly $02o’opX oL*J(o .o2(
OoA0.J+3+$AAo8o+ottodX$L2$.J(J2$L2$pJz$AAo8o2oLdRpo+C
+AlNahar, 27juin 2012)
Traductionlittérale:Toujoursest-ilquelecomité«considèrequ’il
a de bonnes raisons de croire que les forces gouvernementales et
les{"yzz)"yontcommis desmeurtres illégaux et onteurecours
àdesarrestationsarbitrairesetàla torture».
Les deux référents étant inconnus au départ hors des contextes
égyptien et syrien, on note dans les médias transfrontaliers des
-y-+,*.+s1 rs 13p12$232$,+ ro+1 (s1 ,qq300s+qs1 rs A po(zor$AAo C s2
rs A copp$qo CB
Dans le discours médiatique du printemps arabe, les deux unités
lexicales sont parfois accompagnées de marqueurs énonciatifs formels
qui prennent la forme de marqueurs typographiques (des guillemets).
Cephénomène,quipeutêtreobservé–enitalique–dansl’exemple(3),
marque, sur le plan pragmatique, une distanciation formelle de la part
desmédias transfrontaliers dudiscoursqu’ilssonten trainderelayer.
Exemple (3) :
Po( ’J+o2 E$AJ0o2 o(?o*R+ o(?LJ** o(?rorRr ($?(?rJ*$Lo
(?Lo0op$AAo \opR( (?Lo0opR $(J F$*oc. ($?*3MJEo0o2 +$}o*
o(?C1or o8 ($?*38o1J2 o(?coLp o(?1X0R o8 ($?*31J+oro2
5y,4Eyzz)Ly 7Lo(J2o.zRLo8wJ(o(?tawra? (Al-Arabiyya,18
juillet 2011)
3 Notons,danscet exemple,l’usage dusingulier43>J3_zainsiquedunom
Apo(zoro C –le«baltagisme »dénotant une«action/pratiqueinstaurée » –lesquels
sesontimposésdanslecontexte local égyptien maisquidemeurentmoinsfréquents
.3s Apo(zor$AAo Cro+1(s1*-r$o120o+1t0,+2o($s01B
21Traduction littérale : La visite du nouveau secrétaire général de
la Ligue arabe, NabilAl-Arabi, visait-elle à soutenir le régime
d’Assad,àconsolerlepeuplesyrienouàaiderles«chabbiha»à
tuerlarévolution ?
Ceprocédéformel(lesguillemets)esttoutefoispeufréquentdans
les médias transfrontaliers, ce qui peut s’expliquer par son manque
de pertinence dans la langue arabe où il n’a pas la même valeurque
ro+1 rs1 (o+u3s1 q,**s (s t0o+,o$1 s2 (Mo+u(o$1 -o0 s=s*-(sB H+ stts2=
la ponctuation étant un ajout très récent dans la langue arabe, elle
demeure facultative et a peu d’incidence au niveau pragmatique.Seuls
des lecteurs initiés aux langues européennes en apprécient la valeur
énonciative etcomprennentle vouloir-diredel’auteur.
Enrevanche,lesmédiastransfrontaliersontsouventrecoursàdes
procédéssémantiquespourmarquerleurdistanciationdecesdeuxunités
lexicales.Cette distanciation sémantique se manifeste à travers l’ajout
dedifférentsélémentslinguistiquesd’explicitationquipeuventprendre
des formes grammaticales diverses. D’abord, l’ajout de périphrases ou
de modalisations qui, en arabe, se substituent aux procédés formels
comme la ponctuation. Le recours à la forme passive, dans le segment
engrasdansl’exemple(4),participedecette distanciationsémantique.
Exemple (4) :
LR Z$w0D 8o p$?(?2oqrRr poLro to80o2 ‘h Ao+JA$0= 8owo(o2
*3Lorro(J2 o(?ro0R*o $(J oL(J *312o8oAJ2$yJ= 8o +31$po2 2$(’o
(?ro0JM$* $(J-d>53y--y8. z)4,-zy,RyM)>>y. (Al-Arabiyya, 17
mai 2012)
Traduction littérale : En Égypte, et plus particulièrement après
la révolution du 25 janvier, le taux de criminalité a atteint son
paroxysme,cescrimesétantattribués’{}5:15},</.y00},,}les
zy,4y )> >y.
Notonsquelesprocédésformelsetsémantiquespeuventsemêler
dans unmêmesegment.À titred’illustration,l’exemple(5) :
Exemple (5) :
_J(o2 *owJr$0 ($?(?UoER0o \$2 $++o *or*XLo ’opR0o *$+ o(?
*31o((oqR+Hy8-y.>53y--y8.-)P2)>>y.5y,4zy,Ry )>>y 7
2o2oLo00ol ($?(?*32o}Jy$0R+ tR *oArJ+ yo(Lo2 po0p .30po *oArJ+
22o(?boq0R0= yoAt3 Aoq2oc$r *$MJ2 o(?o(Jt *3zJ($pR+ p$?2o+oqqR o(?
0oMR1Z3qo**orp31+RZ3pJ0o’=8o do($’op3LoArot$2Jpo(?otR0
l-ladR8orroyoy3($?(?*$w0$AAR+ +Al-Jazeera, 2février 2011)
b0or3q2$,+ ($22-0o(s # Fs1 1,30qs1 ,+2 otS0*- ) C(?UoEss0oB+s2
qu’un grand nombre de miliciens – ou {}5: 15</. y00},,} }.
& >04} ,}35zy,4y )>>y 7sesontattaquésauxmanifestantssurla
^(oqsbo(oo2Po0p)-0,=$*$2-rs(o^(oqsboq0R0=,5rs1qs+2o$+s1
de milliers de personnes s’étaient rassemblées pour réclamer la
r-*$11$,+ r3 ^0-1$rs+2 Z,yo**sr P,1+$ Z,3po0o’= -s3 o-0.1
ladiffusiondudiscoursquecedernieraadressé auxÉgyptiens.
La distanciation sémantique peut également s’exprimer à travers
l’attribution d’appellations génériques à leurs auteurs, qui prennent
la forme de structures annectives associant quasi-systématiquement
(s1 A po(zor$AAo C o3 A 0-u$*s C ,3 ) 1o A 2/2s C +Z,3po0o’= C11or3=
commelemontrent,àtitred’illustrations,lessegmentsenitaliquedans
lesexemples (6)à(7).
Exemple (6) :
eo A3Mo’’$r Z31zoto C(?\orro0 H 8o y38o oqor *3+o}}$*R
(?*3}oyJ0J2 H o++o *o+ o(.J (?.o+Jp$( y3* tR (?8J.$L
« zy,RyM)>>y4 »n5zd2y+ al-ladR $22oyo*otR t$zJp$y$(?otR0.$8J
(o*A31o**$yJp$?2oMrRro(?8olL +Al-Jazeera, 2février 2011)
b0or3q2$,+ ($22-0o(s # as(,+ Z,312o-yo C(?\o&&o0= (M3+ rs1
organisateurs des manifestations, ceux qui ont lancé les bombes
sontenfaitles5zy,4y )>> y7|}n/5zy2y+quiaaccusédansson
dernier discours des forces qu’il n’a pas nommées d’envenimer
lasituation.
Exemple(7) :
C(?J+ +o0J (?cJ0$L o(?Lo0opR 8o?(?cJ0$L o(?1X0R Ao.X( $++o
(?*32o}Jy$0R+ (oA1X *302oEo.o= o(?*302oEo.o y3* Eyzz)Ly4 y,4
.)Td- 8o ’$(Jp3y3 ’o*J Ao.3(X+= ’oAto 2o03rr * +Al-Jazeera,
17mai 2012)
Traduction littérale : La rue arabe et la rue syrienne disent
aujourd’huiquelesmanifestantsnesontpasdesmercenaires,que
les mercenaires sont les {"yzz)"y et les chiens |5 2* )-} , pour
reprendreleurspropres termes,commentrépondez-vousàcela ?
23Yor$12o+q$o2$,+1-*o+2$.3s20o+1-o0o12s+S+)20o4s01(Mor&,+q2$,+
de formes grammaticales comme les propositions adjectivales et les
phrases relatives, servant notamment à paraphraser le « rôle » ou la
At,+q2$,+Crs1Acopp$qoC,3rs1Apo(zor$AAoC=q,**s(s*,+20s+2=
àtitred’illustrations,lesfragmentsengrasdanslesexemples(8)et(9).
Exemple(8) :
DoLro
to80o2‘hAo+JA$0+’J+X+o(?tJ+R3‘Q]]tRZ$w0=2oqorrotaal’otR0X+ Lo+ zy,RyM)>>y4 y,4.)Td- y,4Ld+)- al-la|h. );4y|l ;y,d
,4-54yTd")2h. 8y4,4Nl>l, 8y4,435>l~ 8y4,4-l,l4l~ (+l+4h,. ~h
>y8- y,4y2z);d<y,4|d-h (C ?z2d>)2:E5zd4 C>BB.. (Al-Sharq
alAwsat,18avril 2011)
Traduction littérale : Après la révolution du 25 janvier 2011
en Égypte, d’aucuns ont évoqué les zy,4y )> >y |5 2* ) -}
y5 0/56/)2 15) /.4 y44y15*3 ,/23 |5 5 -}2{2}|) 3y.,y.4 7
w-}2{2}|)C~*62)}2C>BBx3,}3-y.)~}34y.43w’|/3x|}{"}6y5:
}4w’{/503x|}3yz2}3}4|}{/{+4y),3-/,/4/6.
Exemple (9) :
eo olJto2 o(?*owJr$0 o++o A zy,RyM)>>y »>yL-),l. y3,)Ly
8y >y24y|l. By>>y. ;y3+y2)>>y. Ao1R0X+ oAlo+ tR (?oREo 8o
W30+Rc o(?ZoLJrR p$?(?_Jy$0o 8o o++o yENdPy. z)4,)zd3 -y|y.h
>yL-),l. y3,)Ly zy>Hd< >y;4y|l. ;y,d ,4-54yTd")2h. tR DX0
aoLRrpoLro$+1$qJpo(?roAc +C(?UoEss0o= ‘t-40$s0 ‘Q]]3
Traductionlittérale:Cessourcesd’ajouterquedes«zy,4y )> >y3 »
15) 0/24}.4 |}3 y2-}3 }4 |}3 4}.5}3 -),)4y)2}3, circulent
-uo(s*s+2 ) M$Esy s2 130 (o E,0+$qys C(?Zoor$ o3 Eo$0s s2 .3s
|}30}23/..}30/24y.4|}34}.5}3{)6),}3}4y2z/2y.4|}3y2-}3
z,y.{"}3attaquentlesmanifestantsàPort-Saïdaprèsleretraitde
l’armée.
La distanciation sémantique, qui se manifeste à travers
différentes formes grammaticales ayant toute une fonction sémantique
d’explicitation, vise ainsi à éclairer sur le sens de ces unités lexicales,
encore néologiques au niveau régional voire national. Elle suppose la
présence d’un référent culturel explicite (régime, tête du régime…) et
1M,-.0s o3 +$4so3 r3 *,2B Zo$1= qs to$1o+2= s((s -o02$q$-s s+ r-S+$2$4s=
à travers les médias transfrontaliers, de la transmission d’une charge
culturelle partagée propre au contexte local. Force est de constater, en
24
effet,quel’associationdeces unitéslexicales,parlebiaisdestructures
o++sq2$4s1= ) 3+ A 0-u$*s C ,3 ) rs1 -s01,++ous1 -s0,31 q,**s -2o+2
dictatoriaux,induit unechargeculturellelargement négative.
2.1.2.Lexiculturerégionale
Au fur et à mesure que le mouvement de contestation gagne
de l’ampleur dans le monde arabe et se transforme en un phénomène
identique de l’Océan au Golfe, on constate une extension de l’usage
de ces unités lexicales du niveau local au niveau régional.Ainsi, les
A po(zor$AAo C +s 1,+2 -(31 (Mo-o+ous r3 0-u$*s -uA-2$s+ *o$1 1,+2
désormais associés à différents régimes arabes (jordanien, bahreïni et
libanais),commentlemontrel’exemple(10) :
Exemple (10):
S.2oqo*o Loco0J2 *$*-y. zd4l >5;2y~l. z)4,4zy,RyM)>>y
*o1JMo o*1 o(?o0p$LJM*o.o00o+ ($?ro*JLo2 o(?$t8J+ o(?*31($*R+
tR *$+zo.o2 oopo( o(?bJr 8o1ozo (?LJw$*o LC**o+B +Al-Jazeera,
31mars 2011).
Traductionlittérale:Desdizainesdecequel’onappelledésormais
leszy,4y )> >yontprisd’assauthiersoirlesiègedel’organisation
des Frères musulmans dans la région de Jabal Al-Taj dans le
centre-villed’Amman.
Dans cet exemple, c’est notamment à travers le recours à la
*,ro($1o2$,+s=-0$*-s-o0(s4s0psApJ2oC+rs4s+$03.3sqs22ss=2s+1$,+
del’usage local àl’usage régional transparaît.
Les phénomènes de substitution décrits plus haut ne tardent pas
non plus à apparaître dans les médias transfrontaliers, induisant une
nouvelle distanciation, dans un contexte régional cette fois-ci.À titre
rM$((3120o2$,+= (s 0sq,301 ) (o t,0*s o++sq2$4s o11,q$o+2 (s1Acopp$qo C
auchefduHezbollahlibanais(HassanNasrallah)dansl’exemple(11) :
Exemple (11) :
\oq+3 +oL0$t o++o *o+ 1o((oqo o(?copp$qo tR aX0Ao copp$qo2
o(?C1or ($?Ao.2$(X (?+J1 tR (?co8J0$L y38o +ot13y3 *o+ 1o((oqo
Eyzz)Ly4 Ky3y. oyP2y,,y" ~h m5z.d. ’oA Ao.2$(X (?+J1 tR
(?co8J0$LB +Al-Jazeera, 11novembre 2011).
Traduction littérale : Nous savons que ceux qui ont armé les
{"yzz)"yen Syrie, les {"yzz)"yd’Assad, pour qu’ils tuent les
25gens dans les rues, sont les mêmes qui ont armé les{"yzz)"y|}
gy33y. oy32y,,y" y5 m)zy., pour qu’ils tuent les gens dans les
rues.
La distanciation sémantique transmet également, dans cet
exemple, une valeur lexiculturelle induit par l’association implicite
4entre lerégimed’Assadetsonalliélibanais,leHezbollah.
2.2.Variationlexiculturelleinter-linguistique
Yo q,*-o0o$1,+ rs (M31ous r3 *,2 A copp$qo C ro+1 (s1 *-r$o1
$1131 rMo320s1 (o+u3s1 s12 -r$So+2sB C$+1$= (M32$($1o2$,+ r3 *,2 ro+1 (s
&,30+o(t0o+,o$1LeMonde-0-1s+2s20,$1qo1rs Su30s #
? YMs*-03+21$*-(s2s(.3M$( Su30sro+1(Ms=s*-(s ]‘#
Exemple(12):
^o0*$ (s1 h‘ *,021 r-+,*p0-1 4s+r0sr$ -o0 (M]aFP Su30s+2
ainsi 26 {"yz)"y, tombés dans une embuscade. (Le Monde, 23
juin 2012)
- L’emprunt avec explicitation qui peut être, comme dans
l’exemple (13),insérée entreparenthèses:
Exemple (13) :
Il y a quelques jours, par exemple, Youssef Ibrahim, le directeur
r3 p30so3 rs PotsE Zo’y(,3t= -$($s0 rs (o 0--0s11$,+ ) Fo*o1=
qui était chargé de recruter des {"yz)"y (-),){)}.302/42* )-}.,
a été liquidé à Douma, en lisière de la capitale ». (Le Monde, 20
juillet 2012)
- L’emprunt avec paraphrase, l’explication étant, dans ce cas,
syntaxiquement intégrée danslaphrase(exemple (14)) :
4Ilestànoter,danslecadre decette variation lexiculturelleintralinguistique, que
(Ms=2s+1$,+rsqs231ousrs A copp$qo Co3=*-r$o1($po+o$1+Ms12-o11o+1131q$2s0
uneextension desenscarcette unité lexicale Ho$+1$.3s1,+1$+u3($s0 A copp$q C
s2(s4s0psr,+2$(s12r-0$4-= A coppoqo C Hn’était utilisée endialecte libanais que
danslesensde«sepavaner»ou«se vanter»(desa voiture,ses vêtements, sa
maison…).
26Exemple(14) :
Ys1*3011,+2-uo(s*s+2-s0q-1s+20s(s1*o$1,+113++$2s1oS+rs
pouvoir se déplacer discrètement dans le quartier et d’échapper
ainsi à la surveillance des positions tenues par les loyalistes et
des voisins membres des {"yz)"y3 ,}3 -),){}3 |5 2* )-} . (Le
Monde, 11février 2012)
Bienquecettecatégoriede«milices»retientl’attentiondesmédias
ro+1(s1-4-+s*s+21rs‘Q]]=$(s12)+,2s0.3s(s*,2Apo(zor$AAoCo4o$2
un usagepré-révolutionnaire, de typelocal, observableessentiellement
ro+1rs1,340ous12sqy+$.3s1s2(s1-3p($qo2$,+11q$s+2$S.3s1B
H+ t0o+,o$1= ,+ 0s20,34s o$+1$ (s *,2 A po(zor$AAo C ro+1 3+
ouvragedaté de 2005surlesélectionsenÉgypte :
Pour Târeq, le contrôle de la justice va supprimer les deux types
d’intimidation (baltagiyya. exercés dans sa circonscription : la
« gouvernementale » ou trucage des élections par l’État, assorti de
laprésentationdescandidatsquineconviennentpasetn’ontaucune
popularité ; et la « populaire » à savoir les hommes de main des
5candidats qui«noircissent »lesélections .
On le retrouve également dans un article savant de la revue
francophone,Politiqueafricaine,daté de 2007 :
Le témoignage d’un cadre de la confrérie, assistant de campagne à
Zor$+o2\o12=$+4$2s)-s+1s0.3s(s1qo+r$ro21L0.0s1=s2(s1*$($2o+21
qui aident dans la mobilisation électorale, s’inventent médiateurs
extérieurs au PND et concurrencent les réseaux de clientèle de ce
dernier : Nous avons aussi rencontré des baltagiyya [des caïds de
.3o02$s0k=u0*qs )(o*-r$o2$,+rs1$*o*1BZo$+2s+o+2=(,01.3M$(Ao
unproblème,nouspouvonsendiscuteravecles baltagiyya:cesont
6euxleschefsduquartier.
Ces explications«sociologiques » sont à mille lieues des usages
*-r$o2$.3s1 q,+12o2-1 s+ t0o+,o$1= ) -o02$0 rs ‘Q]]= rs qs */*s *,2B
Ainsi, sur la chaîne d’information continueFrance 24, on constate un
T,22s*s+2 2s0*$+,(,u$.3s s2 rs1 4o0$o+2s1 ,02y,u0o-y$.3s1 +A q,*-0$1
5BENNAFISSASarahetAlâ’Al-DînARAFAT, 2005, Voteetdémocratiedans
l’Égyptecontemporaine,Paris,IRD-Karthala, p. 244.
6dC\\HbiHYZo0$s= ‘QQ~= A LS(1+,31,+2r-&)s11oA-GME($s+2-($1*ss2
mobilisationélectorale fréristeenÉgypte »,Politiqueafricaine,N°108,p.54.
27dans un même article, comme en témoigne l’exemple (16)) lesquels
donnent l’impression que l’usage est « nouveau », même si l’unité
lexicaleest«ancienne ».
Exemple (16) :
P,1+$ Z,3po0o’ o -2- -4$+q- r3 -,34,$0 $( A o -(31 rM3+ o+=
mais ses méthodes, elles, sont encore là. C’est en tout cas ce
.3MotS0*s+2 (s1 *o+$ts12o+21 .3$ ,+2 -2- 2opo11-1 130 (o -(oqs
Abassiya, au Caire, le 2 mai dernier. Ils disent que le pouvoir
*$($2o$0s o 32$($1-= q,**s o3 2s*-1 rs Z,3po0o’= des civils
armés,lesfameux zy,4y )>y33pourbriserleurcontestationparla
force. (France 24,17mai 2012).
Les constatations concernant la variation lexiculturelle entre
(Mo0ops s2 (s t0o+,o$1 1,+2 -uo(s*s+2 4o(op(s1 -,30 (Mo+u(o$1B H+ stts2=
Apo(zor$AAoCs12*s+2$,++-=s+o+u(o$1=o4o+2‘Q]]ro+1(sqor0srM3+s
étude récente sur la notion de«futuwwa » (virilité, masculinité), mais
sa mention s’inscrit dans le cadre des études purement orientalistes, de
type philologique, sans intégration de la dimension synchronique de
l’usagedumotnidesévolutionsactuellesdelalanguearabe :
In Adrar al-madaniya al-haditha: tawa’if al-futuwat wa
albaltagiyya (The perils of modern civilization: Orders of futuwwat
and zy,4y )>>y), the author divides the criminal body into seven
q,+12$23s+2 -o021= p32 2ys -o021 o0s +,2 $+1q0$psr 8$2y 2ys ’$+r ,t
y$12,0$qo(o+rus,u0o-y$qo(1-sq$Sq$2At,3+r$+2ys-0s4$,31o02$q(sB
Here futuwwat and baltagiyya were interchangeable terms used to
describe4"} {2)-).y, y.3 ).6/,6}|).02/4}{4)/.2y{+}433|25
742y~?{+). 3 y.|02/34)454)/. .
Bien que l’étude anglaise révèle la dimension diachronique de la
lexiculture arabe contemporaine, elle masque mal la méconnaissance
des usages récents et largement répandus de la même unité lexicale
dans les médias arabes. En effet, les chaînes transnationales telles
qu’Al-Jazeera,+2 -,-3(o0$1- 3+ o320s 31ous rs A po(zor$AAo C= -(31
ancré dans la réalité sociale actuelle et totalement déconnectéde la
notionmédiévalede«futuwwa».
7WILSONCHACKOJacob, 2011, WorkingOutEgypt,EffendiMasculinityand
SubjectFormationinColonialModernity1870-1940=F3’sc+$4s01$2A^0s11=-B ‘ehB
28
Loqs)qs22s-4,(32$,+(s=$q3(230s((s0o-$rsr3*,2Apo(zor$AAoC=
certains médias commeAl-Ahram Online (dans sa version anglaise) se
sententobligésd’enpréciserl’origineetlesens(Exemple(19)) :
Exemple (19) :
_y,4y )>>y (sing. baltagi) literally means wielders of the balta:
the cudgel or bludgeon with which neighbours are terrorised and
money extracted from passers by. They are to be distinguished
from the by now extinct futuwwat or strongmen with which
\ou3$p Zoyt,3EM1 +,4s(1 o0s S((sr# y,+,30?p,3+r -o20$o0qy1
just as concerned with protecting their constituency, at least in
2ys,0A= o1 q,((sq2$+u 20$p32s *,+sAB C8’8o0r(A t,0 o qs(s12$o((A
reactionarymiddleclass,baltagiyyaarealsobyandlargeidentical
with the slum-residing sub-proletariat; in that capacity (not
only systematically marginalised and abused but also regularly
rs-(,Asr= 1(o4s?($’s= pA 2ys -,($qs o+r s(sq2,0o( qo+r$ro2s13=
they have always been part of the urban underworld (Al-Ahram
Online,4novembre 2011).
Il est en effet indéniable que l’unité lexicale possède désormais
une connotation négative et contre-révolutionnaire, faisant des
Apo(zor$AAo Crs11p$0s1rs(Mo+q$s+0-u$*s +H=s*-(s +‘Q33 #
Exemple (20) :
C+r $2 $1 2y$1 8o$2$+u 2yo2 yo1 *ors 2ys Zs$ro+ 1, 2s+1sB bys0s
is always suspicion and always a reason to suddenly jump to
violence,becauseeveryoneassumesthatatsomepoint,theSCAF
will send in either baltagiyya (paid “thugs”) or security police to
clear out Tahrir (“After all, if they can do it against Occupy Wall
Street, why won’t they do it here?” one Tahriri explained). On
Saturdaynightataround 3:30am,asIleft Tahrir viaAbdelQader
Po*Eo 120ss2 +s=2 2, 2ys ]*o0 Zo’0o* Z,1.3s= o Suy2 p0,’s
outinfrontofthemosque,withguardsaccusingseveralpeopleof
being baltigiyya.This immediately led to shoving, an exchange of
blows and then, without warning, a few grapefruit-sized cement
pieces being thrown by one of the guards for no immediately
o--o0s+20so1,+o22ysq0,8r,t,2ys0u3o0r18y,8s0so22oq’$+u
theaccused baltagiyya.” (Al-JazeeraEnglish,12juin 2011)
29Conclusion
La globalisation est devenue un lieu commun du discours
médiatiqueetacadémique,maissesconséquencessurleslanguesetles
cultures sont rarement explorées. Elles sont pourtant réelles et d’une
$*-,02o+qs q03q$o(sB Z/*s 1$ (M,+ o 2s+ro+qs ) A 4,$0 3+$.3s*s+2
la domination de l’anglais, on oublie souvent que cette globalisation
p-+-Sq$s -uo(s*s+2 ) rMo320s1 (o+u3s1 q,**s (Mo0ops= r,+2 (s1
locuteurs ont fait un retour fracassant dans l’Histoire à la faveur des
soulèvements populaires de 2011. En effet, cet événement n’a pas
été qu’un bouleversement politique, il a aussi permis une diffusion
de la lexiculture arabe dans le monde, c’est-à-dire de mots chargés
culturellement qui se sont retrouvés repris tels quels dans d’autres
langues.
Nousavonstenté,àtraversquelquesexemplesemblématiques,de
donner une illustration de ce phénomène exceptionnel qui marque une
véritable rupture dans la diffusion de la langue et de la culture arabes
sous une forme nouvelle : la lexiculture.Après le temps où les mots
de la langue arabe faisaient peur (jihad et alii), la lexiculture arabe est
désormais dominée par un vocabulaire révolutionnaire qui se retrouve
0s-0$1rs\s8h,0’)Zor0$rs+-o11o+2-o0(oM0.qss2*/*s(o‘311$sB
Certes, cela est dû à la puissance des médias transfrontaliers, mais ce
mouvement irréversible est observable à tous les niveaux et fait vivre
aujourd’hui,àchacun,larévolutionlangagière auquotidien.
30Références:
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since9/11:AstudyoftheCanadianArabcommunity’scommunications”,
dans TOLAZZI Sandrine, Canada After 9/11, International Journal,
Ottawa,CanadianInternationalJournal, VolumeLXVII,N°4,Automne
2012,pp.40-52.
GALISSON Robert, 1995, « Où il est question de lexiculture,
deCheval de Troie et d’impressionnisme… »,Études de linguistique
appliquée,N°97,pp.5-14.
GALISSON Robert, 1989, « La culture partagée : une monnaie
d’échange interculturelle », LeFrançais dans le monde, Recherches et
Applications,NumérospécialLexiques,pp. 113-117 .
GALISSON Robert et D. COSTE, 1976, « Diglossie »,
Dictionnairedeladidactiquedeslangues,Paris,Hachette.
DICHY Joseph, 1994, « La Pluriglossie de l’arabe », Bulletin
d’EtudesOrientales,VolumeXLVI,pp.19-42.
PCZZH‘a U,1$o+s s2 Z$qys( DYC\E= ]" a= Bilingualité et
bilinguisme=D03=s((s1=Zo0rouo -r$2s30B
31ÉTUDESTATISTIQUEDESFORMESDÉRIVÉES
ETDELEURSVALEURSSÉMANTIQUESÀ
TRAVERSUNCORPUSD’ARABEMODERNE
DEPRESSE
8@MGD<LA@BFD
Ce qu’on appelle communément « formes dérivées » chez
(s1 o0op$1o+21 t0o+,o$1 o 2,3&,301 -2- 3+s -o02$s s11s+2$s((s rs *,+
apprentissage de l’arabe moderne. Je me souviens de ma perplexité
devant le nom ?G?3DD;= %3,A $+S0*$s0 +.0s3 C= -0-2s+r3*s+2
r-0$4du verbe I ?3D;=3 « être malade », lorsque j’ai abordé le sens supposé
rs qyo.3s t,0*s r-0$4-sB E,**s+2 -s32?,+ otS0*s0 $q$ .3s (o t,0*s
+,2-sSSs12s=q(31$4s*s+2toq2$2$4s*E,**s+2 3+ +s3 $+S0*$s0 +$.0s 3=
censé (e)guérir,peut-il(elle )«rendremalades»sespatients ?
Ce n’est qu’en abordant la question en profondeur dans le cadre
de mes recherches et observations que j’ai commencé à trouver des
réponses, en appliquant une autre grille de lecture que celle que l’on
m’avait donnée. En effet, je peux considérer que la forme II a aussi un
1s+1-0$4o2$t=rM,0$u$+sr-+,*$+o2$4s +r-S+$-o0Y+9-2/9, 2003:42et
L+9-2/9,2012:55)quiconsisteàdire«fairecequel’onfaitavecN(objet
désigné par le nom qui est à l’origine du verbe) » - « enlever N s’il est
déjà là ». De plus, si la vraie base de dérivation de ?3DD3=3est le nom
?3D3=A*o(or$sC=&sq,*-0s+r1o(,01.3M3++s3$+S0*$s0+$.0s3A0s2$0s
cettemaladiequiexistedéjà»,aulieude«rendremaladesonpatient».
Cederniersensestd’ailleursprisenchargeparlaIV,3?D3=3,véritable
factitivede?3D;=3.
33Je me suis ensuite concentrée sur l’arabe moderne de presse,
et plus précisément sur l’étude des formes dérivées des gros titres du
journal 3>8?3KtF, sur une période de dix jours en 2002. J’ai repris dans
ma thèse (A787?6/= 2009) l’analyse du même journal en novembre
2005, mais en comparaison avec un autre corpus quantitativement et
sémantiquementéquivalent, www.aljazeera.net.
La question des formes dérivées s’est alors située dans une
problématiquepluslargepuisquel’analysecomparativedescorpusm’a
permis de constater l’absence d’évolution syntaxique et sémantique de
qs1t,0*s1ro+1qs1$2s=s2qss+r--$2rs1o1--q$Sq$2-2sqy+$.3sB
Je présenterai, analyserai et comparerai ici quelques occurrences
1$u+$Sqo2$4s1rsqyo.3sq,0-31=r,+2(Mo+o(A1s+Ms+20s-o1ro+1(ou0$((s
rs(sq230syop$23s((srs1o0op$1o+21t0o+,o$1B
u]rK{/5/=/65*+3b6(1+=
1.1.Formesdérivéesouaugmentées?
Les arabisants parlent communément de « formes dérivées »,
maisladésignation«formesaugmentées»,quiresteneutreparrapport
à une base verbale ou nominale, me paraît plus appropriée. En effet,
les grammairiens arabes, avant de chercher à savoir de quelle base est
dérivée une forme, constatent d’abord qu’elle est morphologiquement
o3u*s+2-s-o0(Mo&,32rM3+-0-S=s=rM3+$+S=s=,3rM3+s4,As((s(,+u3sB
C’estdoncenapprofondissantl’analysedechaqueformequej’aipula
.3o($Ss0 rs A r-0$4-s C ? s+ 20,34o+2 (o po1s 1-*o+2$.3s s2 1A+2o=$.3s
de sa dérivation-, ou d’« orpheline » en l’absence de cette dernière en
synchronie.
En parlant de base de dérivation, n’importe quel arabisant pense
intuitivementàlaracinecroiséeavec unschème.Jenerentreraipasici
dans les détails de la controverse qui anime les linguistes arabisants
concernant la question de la racine et du schème. Pour résumer,la
0oq$+s +ZB‘Bk3 +Ms12 +$ (o po1s 1A+2o=$.3s +$ (o po1s 1-*o+2$.3s rs (o
dérivation:ellen’estquelatracemorphologiquedelabase (?3D3=)dans
le dérivé (?G?3DD;=3), comme le montrent également les exemples
donnés par Pierre Larcher (L+9-2/9, 1995 : 291-314 ; résumé dans
L+9-2/9=‘QQa#]u?] et L+9-2/9=‘Q]‘#aa3.Maktab«bureau[lieuoù
on écrit] » est donc dérivé de kataba « écrire », et maktaba « librairie,
34bibliothèque [lieu où il y a des livres] » est dérivé de =;Ft4pl.
kutub
«livre»parl’intermédiairemorphologiquedelaracine(K.T.B).Celleq$ +Ms12 -o1 3+ *,2= s((s +Ms12 .3s (o 13qqs11$,+ $*-0,+,+,op(s rs
troisconsonneset,àce titre,elle nepeutêtre la basesémantiqued’une
dérivation. La base de dérivation peut donc être soit un verbe soit un
nom,comme jel’ai démontré avec laII?3DD3=3.
Chaque forme augmentée usuelle de l’arabe moderne est donc
r-S+$s ro+1 3+s ($12s o3 1s$+ rs (o.3s((s s((s s12 +3*-0,2-s -o0
les arabisants en chiffres romains de II à X. Je joins le tableau des
formes augmentées telles qu’elles sont enseignées, avec les trois essentielles : accompli, inaccompli indicatif (seul inaccompli
syntaxiquementlibre)et?3F63D ++,*rMoq2$,+J$+S+$2$t3#
Tableau 1 : le système des formes augmentées chez les arabisants
français
Ce tableau a été constitué selon quelques critères exposés par
SilvestredeSacy(S+-?,1831,t.1:127,citépar L+9-2/9,2003:30):
- le nombre de lettres additionnelles : une (II-IV), deux (V-IX),
trois(X)
35-lavocalisationdesinaccomplis: u-ipourlesformesII,IIIetIV,
a-apourlesformesVetVI,a-ipourlesformesVII,VIII,IXetX.
Ce classement, essentiellement morphologique, n’est révélateur
d’aucunerelationsyntaxico-sémantiqueentrelesformesaugmentées.La
descriptiondecequiestplutôtunsystèmecohérentaétéfaiteparPierre
Larcher (L+9-2/9, 1999 ; L+9-2/9, 2003 : 14-15, 29-31 et L+9-2/9,
2012 : 43-45). Je présente ici son tableau qui illustre ces remarques
dont la teneur apparaîtra dans l’analyse des quelques occurrences qui
suivent :
Tableau2:lesrelationssyntaxico-sémantiquesentrelesformesdérivées
GEG7>>7E67>L3D347?A67D@7%"aebdce,2003:14-15,29-31et Laebdce,
UPSU i [],
Ainsi, l’écart entre la manière dont sont présentées les formes
o3u*s+2-s1 ro+1 (o 20or$2$,+ o0op$1o+2s s2 (s30 4-0$2op(s 1$u+$Sqo2$,+
et construction au sein d’un corpus authentique pose le problème de la
normeàlaquelle elles peuventêtrecomparées.
1.2.Problèmeméthodologique:lanormeenarabe
La seule norme existante est celle de l’arabe classique, et le fait
.3s(s*,+rso0ops1,3tt0srsqs*o+.3srM,tSq$o($1o2$,+rs1-4,(32$,+1
linguistiques de l’arabe moderne constitue une donnée dont je dois
tenir compte.A titre d’exemple, l’adjectif substantivéconstruit sur un
?3F63D++,*rMoq2$,+J$+S+$2$ts+o0ops3dSSS;@F;@tDzA’o*$’oEsC=.3$
apparaît 6 fois dans le corpus Internet et 13 fois dans le corpus papier,
+Ms12*s+2$,++-+$ro+1(sr$q2$,++o$0so0ops?t0o+,o$1o(?aopR(rsFo+$s(
36Reig en 1983 (R/31, 1983 : 678), ni dans sa réédition de 1999 (R/31,
1999 : 5323), ni dans celle de 2008 (R/31, 2008 : 5326) ni encore dans
celle de 2011 (R/31, 2011 : 678). Les deux premières éditions ayant
été publiées à une époque où il n’était pas encore question de manière
aussirécurrented’«attentatssuicide»,lenomd’action;@F;@tDn’yavait
o(,01 .3s (s 1s+1 u-+-0o( rs A 13$q$rs CB Zo$1 qMs12 -uo(s*s+2 (s qo1
dans les éditions de 2008 et de 2011, en dépit de toute la littérature
journalistique post-2001.A ma connaissance, aucun dictionnaire
o0op$1o+2 t0o+,o$1 +Mo s+2-0$+- qs +-,(,u$1*s s*-(,A- q,30o**s+2 s+
arabe de presse, de même que l’adjectif ;@F;@tDzcorrespondant, attesté
10 fois dans le journal, et 4 fois sur le site. Seul – parmi les supports
papier francophones portés à ma connaissance - le Lexique bilingue de
l’arabed’aujourd’huirsZo2y$s3M3$r.0s+M<3.A9/,2001:32)atteste
de 03?3>;KK3 ;@F;@tDzKK3 A ,--0o2$,+ 13$q$rs CB c+ r$q2$,++o$0s o0ops
comme #G0_3? 3>8"Gw3 >803D34;KK3 >8#G0tF;D3 +Vc*o0= ‘QQ # ‘]~u?
2177),nelementionnequ’avecsonsensgénéral>!03>tC34;8>8;@F;@tDi
?3K>;@F;@tDz«ayant unrapportaveclesuicide:penchantsuicidaire».
1Dans un dictionnaire en ligne,Dictionarybay, j’ai entré ;@F;@tDz
s+ rs*o+ro+2 1o 20or3q2$,+ s+ o+u(o$1 s2 s+ t0o+,o$1B Ys r$q2$,++o$0s
général m’a donné suicidal « suicidaire » en anglais, et le
dictionnaire
-,($2$.3s+Mor,++-o3q3+s20or3q2$,+s+t0o+,o$1BUMo$-uo(s*s+2qys0qy2ro+1 (s 2y-1o3031 rs (Mc\HaE] qui atteste uniquement, quant à lui,
de ;@F;@tDz3+$.3s*s+2 s+ 2o+2 .3Mor&sq2$t .3o($So+2 @;Lt? « ceinture
d’explosifs », F38_zD « attentat-suicide », 03?3>;KK3 «
opérationsuicide », ou encore ;0F;6t/ « phénomène des attentats-suicide ; vague
d’attentatssuicide».Commejel’aivudansmescorpusservird’adjectif
à ?G:t_;? A o22o.3o+2 C= qs u0,3-s +,*$+o( 1$u+$So+2 -uo(s*s+2
A ’o*$’oEs CB Il se pourrait néanmoins que, si l’on suit l’hypothèse de
3Lynne Franjié, ;@F;@tDztraduisant « ’o*$’oEs»serait adapté d’une
visionoccidentaleduterroristeislamistequisefaitexploser,lesmédias
arabes préférant sans doute le terme šahz6 « martyr » ou encore le
substantif F38_zDz « qui se fait exploser, explosif ». Le problème
reste
néanmoinslemêmepuisqueF38_zDzro+1qs2s*-(,$+Ms12-o1,tSq$o($1parleReig, ycomprisdanssaréédition de 2011.
1http://www.dictionarybay.com/politic_af_e.aspx
2http://unterm.un.org/dgaacs/unterm.nsf/0/$searchForm?SearchView&Seq=1
3Zo120srsE,+t-0s+qs1 )M0s+,p(s aBPA-,2y.1s -*$1s(s ‘ 1s-2s*p0s ‘Q]‘o3
coursducolloque«Lalangue arabe auXXème siècle:ruptures etrésistances»
,0uo+$1--o0(Mc+$4s01$2-rsY,00o$+sB
37Lexicalement parlant, l’arabe moderne n’est donc autre qu’un
arabeclassiquemâtinédelexiquemoderne.Vucommeleprolongement
symbolique de ce dernier, il n’a pas de norme lexicale mais des usages
réels, comme ceux que j’ai précédemment exposés. Etant donné que
l’arabe des deux médias étudiés ici en est lui-même une manifestation
particulière, je me suis trouvée confrontée à la contradiction à laquelle
est en butte tout linguiste qui travaille sur les états modernes de la
languearabe,etjen’aipaseud’autrechoixquedemeréféreràlanorme
classique. Ce faisant, je me suis quelque peu écartée – et c’est mon
propos ici - des théories arabisantes sur le sens des formes augmentées
qui,commejel’aiillustréavec?G?3DD;=3,nerendentpascomptedela
cohérence desdérivations auseindusystème.
1.3.Méthoded’analyse
Dans le but de pouvoir étudier des variations au sein d’un même
type de discours, je me suis attachée à n’analyser que des articles
factuels dont le contenu est essentiellement issu de traductions de
communiqués de l’armée américaine ou de déclarations stéréotypées
rs1 o32,0$2-1 $0o’$s++s1 ,3 rs1 t,0qs1 rs (o E,o($2$,+= rM,5 3+s u0o+rs
homogénéité sémantique.
Lesoccurrencesdeformesaugmentéesétudiéesicisontprésentées
telles qu’elles sont employées dans les deux corpus : accompli (passé
simpleoucomposé)ouinaccompliindicatif(présent,futur,généralité),
4,$=oq2$4s ,3 4,$= -o11$4s= +,*rMoq2$,+= $+S+$2$t=or&sq2$trs 0s(o2$,+
formé sur le nom d’action, participe actif ou passif employé comme
nom ou comme adjectif. Je précise ici que ce que les grammairiens
arabesappellent?3F63D-s32/20ss*-(,A-q,**s3+$+S+$2$ts=-0$*o+2
la notion générale de « fait de+verbe », ou comme un nom d’action
pouvant se mettre au pluriel (e. g. F38_zDtF« explosions »), à partir
duquel on peut former un adjectif de relation (e. g. F38_zDz« explosif,
en rapport avec une explosion »), et qui peut être indéterminé. Cette
distinction est pertinente dans l’analyse d’occurrences comme 0;>t_ et
?G0t>3_3« traitement»analysées ultérieurement.
Avant de l’aborder, je précise que mon étude concerne
essentiellement le sens et la construction des formes augmentées des
corpus en synchronie, à savoir à un moment donné de l’évolution de
la langue. Je n’ai fait appel à l’analyse diachronique que si la relation
syntaxico-sémantiqueentrelesformesaugmentéesdumêmeparadigme
dérivationnel n’existe plus en synchronie. Je me suis alors référée
384aux dictionnaires arabe et arabisant que sont le ";Et@ 3>80mD34 de
5Sp+ Zo+}X0 s2 (s r$q2$,++o$0s o0ops?t0o+,o$1 rsC(ps02 rs WoE$*$01’$
+WoE$*$01’$= ] uQ3B Yo r$tSq3(2- -,30 *,$ -2o+2 +-o+*,$+1 .3s= 1$ &s
dois faire une analyse diachronique, j’ignore quel pourrait être mon
pointdedépartchronologique.
2.Etudesdecas
Chaque fois que je mentionnerai une occurrence sans la citer,
j’indiquerai,aprèslenomducorpus,lenumérodelaformecorrespondante
enchiffresromains,ainsiquelechiffrearabecorrespondantàsonordre
6d’apparition dans le corpus classé et traduit par mes soins. Le lecteur
intéressé pourra s’y référer.Chaque occurrence traitée sera représentée
ici par unexemple daté prissipossible danschaque corpus.
2.1.Uncasdedérivationrégressive
Selon Pierre Larcher (L+9-2/9, 2005 : 119-120), la dérivation
+s q,+1$12s -o1 1s3(s*s+2 s+ (Mo&,32 rMotS=s1 ) 3+s po1sB H((s -s32
consister, non seulement dans le fait d’aller d’une forme de base vers
uneformeaugmentée,mais aussienl’inverse.
Certains cas dans les corpus m’ont paru correspondre à ce cadre,
dontlaIIfactitive83__3D3@38E3:GE8G>t@3@EY3K/3@«[se]faireexploser
soi-même/qqn. /qqch. », liée sémantiquement et syntaxiquementàla
VIIintransitive;@83_3D3«exploser».Ilsemblequ’endiachronie,cette
II était l’intensive de la I 83_3D3 « ouvrir » (dont provient le nom 83_D
« aube », « ouverture du ciel » selon une communication personnelle
dePierreLarcher) maisque,cette In’étant plusattestée ensynchronie,
la II est devenue factitive d’une nouvelle base de dérivation VII ayant
acquis un sens particulier (« exploser », c’est d’une certaine manière
A 1M,340$0 C3B Fo+1 3+ q,+2s=2s 1-*o+2$.3s rs q,+T$2 o0*- s2 rs (322s
non-conventionnelle menée avec des explosifs, il est naturel que cette
IIsoitnumériquementimportante danslescorpus:
7- dans le corpus papier, 9 occurrences du verbe conjugué à la
voix active, 1 occurrence du verbe conjugué à la voix passive et 8
occurrencesdu?3F63D(exclusivement desnomsd’action);
4NotéLAdanslasuite demonarticle.
5NotéKAdanslasuite demonarticle.
6Vol. 3et4dema thèse.
7Vol. 3,formeII:52,p.569.
398- dans le corpus Internet, 3 occurrences du verbe conjugué à
la voix active, 12 occurrences de ?3F63D ++,*1 rMoq2$,+ s2 $+S+$2$t1
confondus) et une occurrence d’adjectif de relation formé à partir du
?3F63DBH+4,$q$.3s(.3s1,qq300s+qs11$u+$Sqo2$4s1#
-38/3I=3@3 >8?3F63D 3@@3 9 >8;@F;@tDz GB44BRB E3KKtD3F3:G
CGD4 63ID;KK3 >;8>8YGDJ3 1<2 ;: (HA,10-11-05)
AYo1,30qsos=-($.3-.3s(s’o*$’oEsLLy~y)4}:0,/3}2savoiture
prèsd’unepatrouilledepolice[…]’’. »
/mIC303 ?G:t_;? ;@F;@tDz ?3_L3D3 8z ?3J03? Y304z 4;83@36
Y3ItD;0 n3w6t6 4306 3@ GB44BRB @38E3:G F34t@ 3>8K3I?
?GF3E344;43@ 8z ?3CF3> I38_3D@ 03Y3DtF 3>80;DtC;KKz@:(JA,
1011-05)
A c+ ’o*$’oEs o -0,4,.3- 3+s p,3qys0$s ro+1 3+ 0s12o30o+2
populairedansunedesruesdeBagdad,après3<,42}~y)4}:0,/3}2
qs*o2$+=23o+2s2p(s11o+2rs1r$Eo$+s1rMS0o’$s+1B C
0mY3DtF 3>8=3@tKt 4;8TBG4<R 8z n3FD3 (HA, 01-11-05)
«Desdizainesde victimes dans5.}}:0,/3)/.àBassora »
Al-TBG4<R:T8z F3Ft0G6 4;8>80{DtC ?303 F3ItFG> @3?>3 =;66 3>8
?GE3>>3@z@ w3D4z >84;>t6 %3>8QD3@E;KK3,(JA,14-11-05)
« Les attentats [}:0,/3)/.3k s+ o3u*s+2o2$,+ s+ S0o’ *o(u0- (o
continuation d’une campagne contre les hommes armés à l’ouest
dupays(AFP) »
m>8E;8tD3 >8zDt@;KK3 Y3:;63F 0;663F :3_3?tF TBG4<RJYYB
wa?G83BB3B3 %3>8QD3@E;KK383DYz8,(JA,14-11-05)
« L’ambassade iranienne a été le théâtre de nombreuses attaques
}:0,/3)6}3etpiégées (AFP–archives) »
LaVIIestencoreplusreprésentée:
9- dans le corpus papier, 15 occurrences du verbe conjugué à la
voixactive, et80occurrences du?3F63D;
8Vol.4,formeII:68,p.929.
9Vol. 3,formeVII: 11,p.736.
4010- dans le corpus Internet , 5 occurrences du verbe conjugué à la
voixactive et 34occurrences du?3F63D.
?GJt? E3KKtD3 ?G83BB3B3 NGB4BRBT 8z n3w6t6 3?E (HA,
09-1105)
«Débrisd’une voiturepiégéequiy}:0,/3*hieràBagdad »
-384;8>8F3Lt?G@ JNGB4BRBT E3KKtD3 ?G83BB3B3 I3E3J n3w6t6
?;??t /366t ;>t ?3CF3> [ 3YBtF I38_3D@ Sh tB3Dz@(JA,
12-1105)
«Au même moment, une voiture piégée y }:0,/3* au centre de
Bagdad, tuant4personneset tuant19autres. »
-38/3E83D3 N34:R E3KKtD3 ?G83BB3B3 1<2 03@ 03Y3DtF 3>8
=3@tKt (HA, 01-11-05)
« m<}:0,/3)/. |<une voiture piégée […] a fait des dizaines de
victimes. »
-388z I3CF Et4;C CGF;>3 _G@6z 3?zD=z 8z N34:R 0G4I3 @tE;83
EF3:6383F 63ID;KK3F3:G 8z ?;@J3C3F 3>8p3ID3 >8C3Dz43 ?;@ *;=DzF
Y3?t> n3w6t6:(JA, 08-11-05)
« Précédemment, un soldat a été tué dans ,<}:0,/3)/. |<une
charge explosive qui visait sa patrouille dans la région de
alFo80o-0,qysrsb$’0R2o3+,0rrsDourorB C
2.2.J,/=Dversus09J=/$D$
Yo t,0*s SSS o 3+s 1--q$Sq$2- .3s +M,+2 -o1 (s1 o320s1 t,0*s1
augmentées en synchronie, qui est d’avoir deux types de ?3F63D-s
possibles :
- la forme ?G8t03>3 qui coïncide avec le féminin du participe
passif ?G8t03>
-laforme Q0t>.
Que se passe-t-il donc si les deux formes coexistent dans un
*/*s -2o2 rs (o+u3s * as(,+ ao2r Doro8$= Z$qyos( Eo02s0 s2 Cr0$o+
Gully (D+.+>3=E+9;/9=M<55?=2004:79),Q0t>estplutôtutilisécomme
nomd’action (_;:t6«guerresainte »-3 EB75;Q5 5G>FGD3> 3@6 >793>>K
10Vol.4,formeVII:10,p.1091.
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