L'avenir de la scierie française

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L'observatoire du Métier de la Scierie livre ici sa première étude d'envergure : un état des lieux du sciage et de ses problématiques, une étude de marché de la construction et de la distribution des sciages, une enquête auprès de scieurs français et leurs clients et une étude prospective à l'horizon 2016. En pointant les évolutions marquante, voici un outil d'aide à la décision pour préparer l'avenir de la scierie française.
Publié le : jeudi 1 mars 2007
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EAN13 : 9782296167025
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L'avenir de la scierie française

DU MEME AUTEUR ROMAN Le fds du vent Editions Actes graphiques 1991 Les promesses du haut pays Editions De Borée 1999 La paix des coUines Editions De Borée 2000 Retour à Rochessac Editions Historic' one 2002 Un buisson d'aubépine Editions De Borée 2006 Etude socioprofessionnelle La scierie française: un métier d'expert Editions L'Harmattan 2002 La scierie française et ses enjeux Editions L'Harmattan 2005

Maurice CHALA YER

L'avenir de la scierie française

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.hannattan@wanadoo.fr hannattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02731-2 EAN : 9782296027312

Aux acteurs professionnels du club des scieurs développeurs et de leurs partenaires qui, par leurs interrogations, nourrissent les travaux de l'Observatoire du métier de la scierie

INTRODUCTION GENERALE
Comprendre la place des scieries et la situation de leur secteur professionnel (2 300 scieries pour 14 000 emplois en 2004) dans la France d'aujourd'hui et tenter d'en présenter les futurs possibles ne peuvent se faire que dans une mise en perspective du potentiel et des enjeux socioéconomiques du pays mais aussi du monde. L'ambition du livre L'avenir de III scieriefrllnçaise n'est pas de donner une description exhaustive de l'évolution économique, technique et sociale de la profession! mais plutôt de marquer les points de rupture comme par exemple: le décrochage en matière de production volumétrique par rapport à nos voisins européens: Allemagne, Autriche, Suède, Finlande... le décrochage en matière du séchage, plus particulièrement dans le secteur du résine~ le décrochage par rapport à la mise en adéquation d'une demande de bois technique (séché, raboté, collé) et d'une ofIre de bois plutôt majoritairement brute (tombant de scie). L'étude prospective Scierie France à l'horizon 2016 mettra en exergue ces points de rupture dans une projection concertée avec des professionnels du secteuf1 étudié, comme: la concentration des scieries la constitution de groupe l'approvisionnement des scieries par contractualisation. ..
1

« La scierie ftançaise, un métier d'expert» L'~ 2001 et « La scierie française et ses enjeux » L'Hanna~ 2005 de Mamice CHALAYER 2 A vancées conceptuen~ situationset analysesapprofondiesont été réaliséesau sein du groupe d'acteurs professionnels de l'Observatoire du métier de la scierie comptant une quarantaine de membres associés dans le club des scieurs développeurs et de lems partenaires fondé en 2003. httD:l/chalayerscierie.chez. tiscali.ftl

L'ambition est aussi de pointer les évolutions saillantes des principaux déterminants de l'exercice du métier de scieur. L'étude de l'état des lieux de la scierie, l'analyse de son marché, puis l'enquête Scierie France 2006 et l'enquête Utilisateurs bois feront ce constat. Les conclusions aideront à mieux percevoir les problématiques des scieurs et de leurs partenaires ainsi que les mutations profondes dans lesquelles le milieu amont de la filière bois (production, transformation, utilisation) est engagé.

8

PREMIERE PARTIE
ETAT DES LIEUX DE LA SCIERIE FRANÇAISE

ETAT DES LIEUX DE LA SCIERIE Bilan fébrile dans les scieries françaises !

FRANÇAISE

Pas d~optimisme béat pour la grande majorité des 2300 scieries ftançaises qui, après le coup de collier de l~écoulement des chablis de 1999, peinent à se relancer dans la course économique du sciage. Le bilan 2004 des instances professionnelles fait émerger une certaine fébrilité. On ne s'est jamais autant interrogé sur le

présent et surtout sur I avenir. Là, comme dans d'autres secteurs
~

économiques, c~est surtout le secteur industriel qui est le plus éprouvé. La cause, la massification de son offie qui le place en concurrence directe sur le marché européen du sciage. La. niche du marché local et du «sur-mesure» semble moins éprouvée et profite d'un bel élan de la construction, neuve et rénovée. Cela confirme un positionnement réactif du secteur des scieries artisanales et semi-industrielles, 90% des entreprises pour 35% de la production, qui tire mieux au final son épingle du jeu que celui des scieries industrielles, 10% des entreprises pour 65% de la production. Mais pour combien de temps encore ? La. poussée des produits standards et nonnés ainsi que celle des produits techniques, telle bois massif reconstitué (BMR), pourraient modifier à moyen terme les habitudes de consommation des acteurs locaux, charpentiers, menuisiers, constructeurs de maison à ossature bois. Ce processus pourrait s'intensifier avec la concentration des scieries qui, de fait, ne mailleront plus étroitement l'espace rural pour proposer du sciage sur liste. De beaux jours sont à venir pour le négoce si cette voie se confirme.

Il

Répartition des 2300 scieries
Source: Observatoire

françaises en 2004 métier de la scierie

mScieries artisanales et semi-industrieUes Il Scieries industrielles

Répartition des volumes par type de scierie en 2004 Source: Observatoire métier de la scierie

ElScieries artisana.les etsemi-industrieUes Il Scieries industrielles

Chiffres clés de la scierie française entre 1992 et 2002
Source S.C.E.E.S Ministère de l'agriculture

12

Evolution1992-2002
1992 2002

En unité
-

En"
-

Nombre
Scieries

3604 22225

2420 15790

1184 6435

33 30

Nombre
Salariés

-

-

(scierie niquement) u

VolulDe ADnuel (millions de m3 sciage) VoluBle annuel/salarié (m3 sciage) Volume annuel/scierie (~ sciage) VoluDle jour / scierie 210joun (m3 sciage) Volume (m3sciage) jour/salarié (210 jours travaillés)

10 169

9920

-249

- 2.4

457

628

+ 171

+ 37.4

2821

4100

+ 1279

+45

13.43

19.5

+6

+45

2.180

3

+ 0.820

+ 37.6

Selon le Ministère de l'agriculture plus de la moitié des 2400 scieries répertoriées en 2002, ont 5 salariés ou moins et seulement 12% d'entre elles ont 20 salariés et plus. Ces dernières assurent toutefois 64% de l'aetÏvité. D'après l'évolution des scieries plus de I 000 scieries ont disparu en dix ans, soit cent par an ou encore une tous les trois jours. Le volume de sciage annuel se maintient malgré la perte de 30% de l'effectif de 2002 soit plus de 6 000 salariés. Le volume annuel par scierie augmente de 45% et montre que la productivité des scieries ftançaises s'élève aussi.

13

800 600 400 200

6000 4000
2000

o
1967 1980
1992 1998 m3 sciage 2002 / salarié ."."", """,.Volume annuel

o

-.- Volume annuel

m3 sciage / scierie

Evolution de la production par salarié et par scierie de 1967 à 2002 Source: Observatoire métier scierie Inquiétude sur l'avenir? Pas de quoi s'inquiéter pour l'avenir? Pas si sûr si l'on en croit les chiffres de production de sciage des principaux pays européens. En effet, et excepté l'année 2000 qui a vu s'approcher le seuil des 12 millions de m3 sciage, correspondant à l'écoulement des chablis, notre production nationale stagne autour de 10 millions de m3 et ce depuis 30 ans...
18
15

12
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1970
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2000
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France Autriche Suède

2002 2004 Allemagne Finlande

Production en millions de m3 de sciage de 1970 à 2004 Source Alocel 14

La scierie française en 2004 pourrait se féliciter de faire aussi bien qu'en 1970 avec 75% d'entreprises et 2/3 de salariés en moins, sauf que la concurrence ne s'endort pas sur ses performances. Nos voisins européens, depuis 1990, montent en flèche et nous dépassent allègrement pour aller taquiner la barre des 17 millions de m3 sciage/an ! La scierie française n'est pas au niveau nécessaire pour s'insérer dans le peloton de tête des voisins européens Suédois, Finlandais, Allemands, Autrichiens. En sous taille le degré de pertinence n'est pas atteint tant au niveau de la productivité que de la volonté d'offiir enfin un produit élaboré au lieu du traditionnel sciage «tombant de scie »3. On paie aujourd'hui le manque de créativité des vingt années écoulées. Le marché de masse réclame aujourd'hui des produits techniques, bois sec, bois normé, bois massif
reconstitué. ..

Quelle réponse apporte-t-on? Ces discussions d'arrièregarde traînent depuis des lustres sur l'utilité par exemple de sécher ou non le bois? Néanmoins, en 2004, la France a importé plus de trois millions m3 de sciage résineux dont près de 90% sont issus des Pays nordiques et d'Allemagne. Un volume de sciages séchés à 60%. La clientèle des utilisateurs de résineux (fabricants de maison à ossature bois, charpentiers, menuisiers) sanctionne la production nationale de sciages bruts, en direct et tous les jours par l'achat de produits de substitution normés, séchés et plus élaborés (rabotage, collage) venant avec succès des pays nordiques, d'Allemagne ou d'Au1riche.

3 Productionmoyennede m3sciagepar scierie de type industrielen Europe: Pays nordiques 300 000 m3.Allemagne- Autriche 60 à 80 000 m3. France 10à 15000m3 15

1994

2004

Evolution des volumes en 0.10

Volume séché en 0/0

Importation Dont: -Europe du Nord -Allemagne

1 607 000

3 283 000

+ 104

60

1 445 000 144000

2 006 000 839 000 (Fermette)

+38 +482

70 50

Consommation apparente

8 416 000

10 773 000

+28

Exportation

300 000

629 000

Production, importation, exportation des seiages résineux en 2004 Source Fnb

La scierie française attentiste ? On savait les «scieries attentistes », un état de fait confirmé par l'étude de l'Mocert qui apprend qu'en 1999, près de 36% des scieries ont une faible intensité en capital, en productivité du travail, une part importante de charges de personnel dans la valeur ajoutée et sont tournées vers le marché intérieur. Il n'en demeure pas moins que les 60% restants, si l'on enlève les 5% de « débutants en difficulté », sont des scieries qui savent gérer, exporter, faire du négoce et enfm être pour 8% d'entre elles dans une dynamique industrielle. A noter que les « artisans gestionnaires» (25%), ont le plus fort niveau de valeur
4 Information Forêt N<>2-2004 Fiche n0691 «De la compétitivité sciage ftançais » de l'industrie du

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ajoutée, de valorisation de la matière et de capacité de développement. Ce sont les plus petites entreprises en termes de chimes d'affaires (4,2 M € en moyenne). Ce rapport éclaire mieux la situation actuelle.

SO 40 30 20 10

. . .. .. .. . . . . . . . . . . . . .. . . .. . . . . . . . . . . ....

o
Il Industriels I!IExportateurs 13Débutants rés oins en difficulté

. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. .. . . . . . . . .. . .. .. . . . . . . . ........

. Négociants
m Attentistes [] Artisans gestionnaires

Profd des seieries françaises en %

Source: Aloeel

Production de masse et revalorisation, bois d'importation

les atouts

des

La production de masse, seule solution pour tenir? Pas si sûr non plus si l'on en croit Laurent Denormandie, président de la Fédération nationale du bois (FNB), éludant en 2004 les problématiques de la scierie « Comment rebondir, comment réagir face à une économie qui en général connaJt des mutations sans précédent? » En effet, la production ftançaise connaît un véritable « décrochage» par rapport à la Suède, la Finlande, l'Allemagne et l'Autriche, pays qui véhiculent une concurrence à moindre coût grâce à l'industrialisation de leurs scieries. De ce fait, la baisse du prix du sciage rend les produits destinés à la seconde transformation de plus en plus attractifs pour les utilisateurs charpentiers, menuisiers et constructeurs de maisons à ossature bois. Autrement dit, les produits d'importation volent la première place aux sciages ftançais moins bien valorisés (séchage, rabotage ).

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Négoces et Grandes Sorfaces do Bricolage plos en plus de particuliers

captent de

L'étude Mocel, citée précédemment, confirme que les entreprises qui ont une plus forte activité de négoce que la moyenne résistent mieux à la conjoncture, bien qu'elles soient moins performantes dans leur activité de production. De producteurs, les scieurs français vont-ils confmner la volonté d' être aussi des «vendeurs de services» plus investis sur l'aval de leur entreprise que sur l'amont, c'est-à-dire vers la forêt qui reste leur passion première- et le lien fondateur de l'entreprise pour la plupart du temps familiale? Des vendeurs de services qui doivent aussi reprendre en main leurs ventes à l'image des négociants et des Grandes Surfaces du Bricolage (GSB). L'objectif, reprendre des clients à la grande distribution en mettant en place leurs propres réseaux. Vendre plus et mieox poor faire perdurer les scieries Stimulé par la constructionS, le bois apparaît comme le produit d'excellence qui retrouve peu à peu ses lettres de noblesse. La campagne médiatique Le bois c'est essentiel lancée en 2004 et pilotée par le Comité National pour le Développement du Bois (CNDB) et le Nordic Timber Concil (NTC), dopera la consommation de bois' dans les prochaines années. Mais encore faut-il «vendre plus et mieux» et acquérir des compétences commerciales et médiatiques que les acteurs de la scierie ne possèdent pas intrinsèquement, plus occupés par le savoir-faire que par le faire savoir! Il reste à mutualiser un véritable contrat de progrès lié à la promotion du bois et la mise en place de la contribution volontaire obligatoire (CVO)' en 2005 doit en être le catalyseur! Enfm, on l'espère pour le devenir de chaque entreprise
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Plus de 3S0 000 mises en chantier en 2004.
0.190 m3 par habitant contre 0.440 m3 aux Etats-Unis et 1 m3 en Finlande.

7 CVO: Contribution Volontaire Obligatoire. Déjà pratiquée dans le monde agricole, la CVO est mise en place par des producteurs qui décident collectivement de prélever une taxe sur la vente de leurs produits afin de financer des actions qui en développent les utilisations. La taxe est dite volontaire, car c'est la profession qui décide sa mise en place, et obligatoire car alors tous les membres de la profession doivent cotiser.

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en particulier et de la Profession en générale qui vient encore cette dernière décennie de perdre plus de 1 100 entreprises. On n'ose pas dire à qui le prochain arrêt d'activité mais plutôt à qui le tour de l'innovation pour capter des marchés trop facilement laissés aux mains des importateurs et des grands réseaux de distribution dont le premier métier est de vendre. .. Le défi des prochaines années est de combattre l'attentisme et l'acquis en rang serré et non en ordre dispersé. Il faudra débattre encore avec les partenaires institutionnels ou non de l'allègement des contraintes d'approvisionnement. Les souhaits sont d'optimiser les modes de vente pour permettre enfin au premier transformateur du bois d'acquérir les qualités attendues par le marché et de réduire les coûts de transport par une législation adaptée. Deux nécessités pour que le scieur français, à un tournant de son histoire, puisse enfin dégager du temps et de l'argent pour investir dans le développement stratégique de son entreprise. D'AUTRES VOIES D'EVOLUTION SCIERIE FRANCAISE POUR LA

Le bricolage, un vrai marché pour le bois Le journal Les Echos du 6 juin 2004 révélait qu'en France le premier secteur d'équipement des ménages (hors alimentation) est le bricolage. Le bricolage a donc le vent en poupe puisqu'il génère un chiffre d'affaires de plus de 18 milliards d'Cs. 2004 ne fait que confirmer l'évolution des années Précédentes. Toutes enseignes confondues, c'est une progression de 3,75%, tout en sachant que le maxi discompte tire les ventes. Avec des dépenses moyennes estimées à 755 f.'!, les Français se situent dans la moyenne de l'Union et se rapProchent des Allemands, les leaders, avec 899 C, tandis que les Italiens (457 C) et les Espagnols (308 C) restent réticents. Selon une étude Ipsos, réalisée pour KingfisherlO, plus de 50% des Français déclarent réaliser eux-mêmes leurs travaux

8 Chiffre donné par la Fédération des magasins de bricolage (FMB) 9 Une dépense qui était de 500 ftancs en 1975 10 Numéro un européen du secteur et propriétaire des enseignes B&Q, BricoDépôt, Castorama

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d'intérieur et d'extérieur et si 10% le font par obligation, 90% le font par plaisir. A la lecture de ce résultat, les professionnels du bois ne peuvent que se réjouir, surtout lorsque l'on sait que le poids du rayon bois et dérivés en ch.iffre d'affaires représentait quelque 13% en 2002 dans les Grandes Surfaces du Bricolage (GSB) françaises. Ce marché, qu'approvisionne largement le secteur industriel de la première transformation avec des produits normés et référencés, réussit à placer des sciages de charpente bruts ressuyés et d'autres œuvrés comme moulure, baguette, rayonnage, parquet, lambris, panneau, abri et mobilier de jardin... Une tendance positive, confirmée en 2004, par René Maechle~l à l'assemblée générale européenne des scieries qui parle « d'une demande réactivée de la part de la grande distribution et du commerce dopée par la rénovation, la décoration et la menuiserie intérieure ». Un marché où le secteur artisanal de la scierie qui est un «vendeur de services» par excellence a plus que jamais sa place. Mais encore faut-il qu'il s'en donne les moyens. Des moyens pour capter l'attention des clients, pour les accueillir dans de bonnes conditions, pour les conseiller sur la nature des produits et leur mise en œuvre ainsi que leur préservation. L'investissement peut se révéler payant et surprend beaucoup de producteurs qui, les comptes faits, s'aperçoivent de la part croissante du chiffre d'affaires réalisé auprès des particuliers. Des particuliers qui, déçus par la grande distribution, se rapprochent des producteurs et de la vente directe pour le sérieux et la compétence de l'offre. Hasard du calendrier, le 7 juin 2005 à Paris, le 1ercolloque national sur le séchage organisé conjointement par le Centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA) et la FNB révèle dans ses conclusions, par la voix de Marc Durand représentant l'enseigne Leroy Merlin, que la Grande Surface du Bricolage (GSB) attend« des produits de petites sections qui ne se déforment pas, des planchers qui ne se rétractent pas, des portes et des cadres photos qui ne se voilent pas » mais admet « que les bois ressuyés de charpente sont satisfaisants».

Il

Le Bois International du Il juin 2005 « Le marché européen des feuillus vu par

René Maechler »

20

Un signal tout simplement lancé aux fournisseurs pour que soit respectée la siccité du bois, qui une fois sur deux, est la source des litiges relevés par l'enseigne. En rappel aussi, le colloque a largement évoqué la nécessité d'une complémentarité entre celui qui vend et celui qui produit. Autre hasard, qui va dans le sens d'un intérêt particulier au secteur du bricolage, ce sont les déclarations dans la presse professionnellel2 du scieur allemand Martin Klenkl3, qui dit« être le premier fournisseur des GSB en Allemagne et espère développer la même démarche en France ». Avec ses 10 cellules de séchage pour une capacité de 2 200 m3, ce ne sera vraisemblablement pas un problème d'alimenter la grande distribution française... Se doper à l'innovation Aujourd'hui la valeur ajoutée est le nerf de la «guerre économique» à laquelle se livrent les entreprises du monde entier, tout secteur confondu. Améliorer processus de fabrication et produit demeure la préoccupation majeure des entrepreneurs de la filière bois et de la scierie en particulier, conscients de la place à tenir dans les marchés disputés âprement. Cette stratégie de l'innovation reste un fait acquis. Le plus dur au départ est de savoir ce que l'on cherche, de s'y tenir, de développer, de communiquer et de faire progresser l'idée. Les industriels possèdent« un bureau d'études» qui, grâce à la veille économique, crée et affine des choix en valorisant des projets. Quant aux artisans, l'innovation passe par la capacité à développer leur affaire en optimisant l'écoute du client, l'échange d'information et la coopération. Au bout du compte, innover n'est pas forcément « faire de grandes choses» qui marqueront l'histoire mais c'est surtout être capable de se décentrer de ses pratiques habituelles en acceptant

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Le Bois International du 4 juin 2005 «Klenk: se lance dans la 2ème

transformation» 13 Klen, nOl des résineux en Allemagne, a créé en 2001 une scierie, capacité 300 000 m3, à Vogelsheim en Alsace. 21

«le désordre» 14 engendré pour investir des champs nouveaux susceptibles de faire progresser l'entreprise. Et faire progresser l'entreprise, c'est la renforcer. Une priorité dont ne saurait se départir chaque chef d'entreprise responsable du devenir de son affaire. Pour cela, l'ouverture sur le monde est une obligation avec la visite des petits et grands salons ou foires. Mais pas seulement puisque d'autres outils comme la presse professionnelle qui propose régulièrement des comptesrendus de visites d'entreprises «gratuites» et des descriptions exhaustives des matériels, des matériaux, des techniques et des circuits de transformation du bois ainsi que des analyses pointues des marchés. Les voyages d'études, les congrès, les journées techniques proposés par les organismes de recherche, les associations sont autant de moyens pour accéder facilement à l'information, terreau incontournable de l'innovation. Mais encore faut-il «faire l'effort» de recueillir l'information, accepter et gérer le désordre engendré par toute nouvelle mise en route de projets. Ceux qui s'informent en prenant le temps de lire les expertises de spécialistes et ceux qui courent les salons et les foires (souvent les mêmes), en laissant l'entreprise pendant quelques jours, le savent bien. Ils sont convaincus, car ils ne cessent de le vérifier au fur et à mesure des années de métier, qu'au bout du compte ils trouveront l'idée qui bousculera certes une organisation et ses salariés mais redynamisera à coup sûr une équipe. Le contraire, et malheureusement on le vérifie aussi, vivre sur l'acquis n'engendre que trop souvent « une baisse de régime» aussi bien des équipes que des matériels et, à court terme, une régression de l'entreprise. Par conséquent, quelle que soit la taille de l'entreprise et l'importance du projet, l'action par l'innovation est le «dopage autorisé» du chef d'entreprise. Et beaucoup, passionnés en prime ne s'en privent pas. Le plus dur, et les collaborateurs en savent quelque chose, c'est d'arriver à les

suivre.. .

14

« Innovation.

Désordre-progrès

» Editions Economicas

de Pierre Tabatoni

22

Promotion scierie

urgente des métiers de la forêt et de la

La question Ipsos pour le compte du salon Planète PME15 «Si vous aviez l'opportunité de travailler dans le bâtiment, quelle serait votre attitude la plus probable? » a été posée à 600 jeunes âgés de 15 à 25 ans. 27% des sondés accepteraient du bout des lèvres le « oui, pourquoi pas» et 7%, soit quatre fois moins que pour travailler dans la fonction publique, affmnent un «oui, j'y vais tout de suite» . Verdict lapidaire, pour les 860 000 artisans de France qui, par l'intermédiaire du FNPCA16, font le maximum pour séduire les jeunes, redorer l'image des métiers au sens large du terme avec une campagne médiatique d'envergure sur les chaînes hertziennes (TF1, F2, F3, M6), le câble et le satellite, et 120 radios FM sans parler de la presse. Comment faire mieux ? Cet indicateur montre tout le chemin qu'il reste encore à parcourir pour «donner envie» aux jeunes d'intégrer des métiers où ils pourront montrer leurs compétences et exercer leur talent. Jean-François Roubaud, président de la CGPME17 et organisateur du salon Planète PME, affmne« qu'il faut faire de la revalorisation des métiers une priorité nationale». Il a cent fois raison. Les instances dirigeantes ne cessent de le dire et de le répéter: l'emploi viendra des PME18 et non plus de l'industrie qui «dégraisse» sa masse salariale à coup de délocalisation et de plans sociaux sur l'autel de la compétitivité. Mais encore faut-il que l'on ait le courage de dire où sont les secteurs les plus porteurs d'emplois et ceux qui sont saturés.

15

16 Fonds National de Promotion et de Communication de l' Artisanat 17 Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises 18 Les entreprises de plus de 500 salariés ont perdu entre 1976 et 2000 près de 900 000 emplois, alors que sur la même période les entreprises de moins de 20 salariés en ont créé près de 2 millions

Salon qui s'est tenu le 14 juin 2005 au Palais des congrès de Paris

23

Dans la ftlière boist', la menuiserie, 9 000 CAP et 1080 Bp20, attire toujours autant les jeunes qui trouvent aisément du travail dans les 35 000 entreprises que compte le secteur. L'ébénisterie, 2000 CAP, suscite des vocations mais l'embauche finale est restreinte. La charpente, 1 830 CAP, tombée à un niveau très bas il y a une décennie, retrouve un attrait spectaculaire. Un secteur tiré, sans aucun doute, par le développement de la construction bois. Des données auxquelles il faut ajouter les CAP de parqueteur et de productique bois, quelque 450 CAP. A la lecture des chiffres, on peut dire que les métiers de la seconde transformation tirent le recrutement des compétences. On ne peut pas en dire autant pour la première transformation du bois qui voudrait bien recruter mais qui n'attire pas foule dans ses huit centres de formation: moins de 80 candidats en CAP Première transformation du bois et 19 en CAP Mécanicien affûteur de scierie. Constat identique dans les formations forestières initiales qui voient aussi fondre leurs effectifs d'année en année: un peu plus de cent candidats au CAPA Bûcheronnage et 26 au CAPA Conduite d'engins2t répartis dans douze centres de formation. La réponse à cette problématique récurrente est simple et complexe à la fois. En effet, entre les métiers de la forêt et ceux de la scierie, la faible valeur ajoutée sur les produits et le travail en général conduit à un seuil de rémunération minimale. Sans parler de la pénibilité et de la répétitivité des tâches qu'une transformation primaire entraîne obligatoirement. On peut dire que les métiers « sont moins durs qu'avant». Oui mais, aujourd'hui la course au volume bouscule les hommes tout autant que leurs certitudes. Les robots et les mécanisations facilitent le travail en forêt comme en scierie, c'est un fait, mais ils déshumanisent aussi fortement des métiers qui attiraient justement par le contact à la matière. Résultat de cette désaffection, une inadéquation de l'emploi entre l'offre et la demande. Il sera difficile d'inverser la tendance qui se confmne au fil des années. Au bout, sans doute la fermeture de centres de formation aux
19 Selon les données 2003, de l'Education Nationale quelque 30000 jeunes ont suivi une formation dans la filière bois et quelque 20 000 autres au Ministère de l'agriculture (CAPA - BPA - BEPA - Bac. Pro. -BTS) 20 Effectifs reçus aux examens en 2003 (données Ministère de l'Education Nationale) 21Effectifs reçus aux examens en 2002 (Source Ministère de l'Agriculture) 24

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