L'éducation du petit enfant - Les orangs-outans de La Boissière-du-Doré nous livrent leur secret

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À l’heure où en matière de développement du jeune enfant, professionnels et parents revendiquent le désir d’une éducation non violente, basée sur le modèle de Loczy, le risque est grand d’être confronté à une surinformation.


Traiter du concept d’éducation peut se faire sous des angles différents :

– historique : Philippe Ariès nous a présenté la place de l’enfant sous l’Ancien Régime ;

– ethnologique : Bronislaw Malinowski, Claude Lévi-Strauss, Germaine Tillion nous ont présenté les modes de vie d’autres cultures que la nôtre ;

– psychologique : John Bowlby, Esther Bick, Jean Piaget et Françoise Dolto, entre autres, ont marqué l’évolution des pratiques et du regard porté sur l’enfant en développement.


Dans cette étude, l’auteur s’appuie sur la thèse selon laquelle le développement des bébés humains et orangs-outans est parallèle jusqu’à l’âge de 2 ans, que ce soit en terme de croissance ou du nombre de dents de lait. Elle a observé les jeunes orangs-outans dans leurs comportements, leurs acquisitions et leurs compétences cognitives (intelligence).


Les comportements parentaux, éducatifs et co-éducatifs des orangs-outans vis-à-vis des tout petits nous démontrent qu’un accompagnement sécurisant, calme, constant et cohérent, sécurise le juvénile et lui permet d’aller sereinement vers le monde.


Souhaitant que cette étude originale soit à l’initiative de nouvelles réflexions en sciences de l’éducation, l’auteur veut également sensibiliser à la protection de ces grands singes dont nous avons encore beaucoup à apprendre… sur nous-mêmes.


Formée en sociologie, psychopathologie infanto-juvénile et primatologie, Marylise POMPIGNAC POISSON est praticienne et formatrice en psychologie de l’enfant et de l’animal, spécialisée dans les processus d’attachement.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782954191003
Nombre de pages : non-communiqué
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Les liens affectifs L’accueil du nouveau-né Le jeune orang-outan, même adolescent (7-11 ans) reste proche de sa mère qui pour-suit de l’accompagner et de l’accueillir chaleureusement ; provoquant même parfois des épouillages et des galipettes, entrelacés, comme Jane et Kawan. Kembali accueille le benjamin nouveau-né, lui offrant des gestes tendres et des rencontres avec les lèvres tendues, comme des baisers ?
Kembali, Moni et Joko (10 jours).
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Apprendre à partager sa maman Jari, âgé de 4 ans 1/2 recherche le contacte de sa mère de façon insistante alors qu’elle allaite Joko (6 mois 23 jours). Jari démontre l’intention de retourner dans l’enveloppe des bras maternels qui encorbellent le bébé tétant, mais ne s’ouvrent pas pour lui. Alors, il tente de capter sa mère en insistant, en se collant à ses flancs en se mettant les fesses en l’air et la tête au sol, etc.
Moni finit par répondre à sa demande, et l’épouille. Quelques temps après, Joko ayant fini de téter, Jari lui prend la bouche de ses lèvres, il semble l’embrasser longuement. En fait, j’ai pensé qu’il tentait de récolter des « restes » de lait maternel. Quelques séances auparavant, j’avais observé des « rapts » de lait par Jari, c’est-à-dire qu’il tentait de téter sa mère à son insu et se sauvait dès qu’elle retournait son regard… comme si Jari anticipait un refus de la part de sa mère, un interdit de poursuivre l’allaitement ?
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Chez les orangs-outans, comme chez l’homme, l’arrivée d’un petit frère est perturbant, enfin, c’est surtoutl’indisponibilité de la mèrequi est en cause et non, le bébé en lui-même ; car Jari démontre des attentions chaleureuses envers son petit frère. Le zoo fut fermé pour les mois d’hiver. Le 20 février 2012, je découvre des modifications dans la dynamique du groupe : Jari tète paisiblement sa mère Moni qui l’accueille favorablement ; puis, va prendre en charge Joko qui jouait seul sur les cordages. Il va chercher son petit frère, le porte et le conduit à leur mère en aidant Joko en lui soulevant les mains pour qu’elles atteignent celles de Moni, puis en le portant pour qu’il soit suffisamment contenu par celle-ci. Jari semble plus calme et serein, comme mûri durant cette période. Il occupe une fonction éducatrice avec douceur et bienveillance envers Jari.
Jari démontre un projet, une intentionnalité et reste concentré sur l’action qu’il a entreprise. Il a su « recapter » sa mère et reprendre l’allaitement ; ce qui n’était plus vraiment constaté en novembre 2011, où Jari semblait plutôt en « manque » de sa mère ? De cet accordage retrouvé, Jari semble s’être apaisé et responsabilisé. Il a dû s’adapter et user d’ingéniosité pour retrouver les bras maternels ? Je regrette de n’avoir pu observer cette évolution au cours de ces 3 mois de fermeture de zoo.
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