Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 8,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

L'éducation formelle : contrainte ou levier au développement de l'Afrique subsaharienne ?

De
401 pages
Sous sa forme actuelle, l'éducation formelle ne participe que de manière marginale au développement de l'Afrique subsaharienne. C'est ainsi que par son caractère abstrait et élitiste, son faible rendement interne et externe, ainsi que son déphasage par rapport aux cultures africaines, le système d'éducation scolaire hérité de la colonisation européenne constitue une véritable contrainte au développement du continent noir. En dépit de cette triste réalité, toutes les tentatives de réforme éducative entreprises par le passé se sont soldées par un échec. Finalement, le statu quo du moment dans le domaine de l'éducation fait du secteur une machine qui fabrique des chômeurs, détourne les jeunes Africains de leurs réalités nationales et place une grande partie d'entre eux quasiment hors de la compétition internationale. Pour surmonter la situation de blocage et faire de l'école un puissant levier du développement, il est nécessaire d'avoir une vision claire du but à atteindre. Cette dernière doit permettre la mise en place d'un modèle de société réellement démocratique, d'une économie recevant son impulsion de l'intérieur et des valeurs positives du passé et du présent de la culture africaine. L'école de développement, véritable alternative aux systèmes d'éducation formelle de l'Afrique au Sud du Sahara doit émaner d'un consensus des forces vives de chaque pays et reposer sur une culture de planification stratégique. Sa réalisation permettra aux pays africains de disposer des ressources nécessaires pour édifier des sociétés démocratiques et justes, combattre la pauvreté et favoriser le bien-être individuel.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Extrait
Il ne fait pas de doute que l'éducation se situe au cœur des questions de développement du continent africain dans sa globalité. En transmettant les savoir-faire de différente nature et en inculquant les savoir-être aux apprenants, l'activité éducative permet, entre autres fonctions, de développer le capital humain nécessaire à la croissance économique des nations et à la compétitivité née du phénomène relativement récent de la globalisation, de contribuer à la tolérance, la cohésion sociale et la promotion du bien-être individuel. Conscients de cette réalité, les pays de l'Afrique subsaharienne accordent une importance relative au secteur de l'éducation, notamment à la socialisation formelle et informelle et, ce quelquefois, au détriment d'autres domaines tout aussi prioritaires tels que l'alimentation, la santé, la sécurité, l'habitat et la sauvegarde de l'environnement. Dans l'introduction, ce livre éclaire les principaux défis de développement de l'heure et les motivations du choix de l'Afrique subsaharienne.


Très concrètement, la priorité à l'endroit de l'éducation se manifeste à travers le volume des budgets nationaux qui lui sont annuellement alloués, le montant non négligeable des dépenses des ménages tant en milieu rural qu'urbain et l'importance numérique du personnel d'encadrement dans le secteur. Logiquement, le sacrifice consenti par les États africains en faveur de l'éducation se justifie par le fait que pour relever les multiples défis rencontrés sur le chemin de développement, il faudrait se fonder sur les leviers importants en mesure de faire reculer la pauvreté, la famine, l'ignorance, la maladie, et les migrations internationales et interrégionales, etc. Partant de ce postulat, la fonction de l'éducation dans le contexte de la bataille contre le sous-développement repose sur un fort engagement non seulement des pouvoirs publics, mais également des populations africaines et de la communauté internationale. Dans le chapitre premier, ce livre analyse les éléments contemporains de l'éducation africaine.


Cinquante ans après l'accession à l'indépendance politique de la majorité des pays de la région subsaharienne, il s'avère nécessaire de poser un bilan de l'institution scolaire de type formel en Afrique noire et d'envisager son avenir dans un monde en pleine mutation scientifique, technique, sociale et culturelle. Une telle démarche passe par des étapes successives et intégrées parmi lesquelles l'analyse diagnostique des forces et des faiblesses des systèmes nationaux d'éducation formelle en place et la construction prospective d'un modèle éducatif pertinent, c'est-à-dire adapté aux réalités des pays. Cela revient à la fois à la définition de la moyenne et de la variance (la différentiation sociale et culturelle, et ainsi que la diversité) du système scolaire (public et privé, maternelle et jardin d'enfant, primaire secondaire, technique et agricole, universitaire et les secteurs informels et formels, etc.). Ainsi, ce livre illustre dans le chapitre II, la réforme de l'enseignement de 1962 au Mali, la ruralité du Cameroun ou la scolarité primaire et secondaire au Ghana. En effet, cela revient à dire que la problématique de l'éducation est fondamentale pour les Africains et la réflexion sur le sujet interpelle toutes les couches de la société.


Le présent ouvrage, fruit de la réflexion d'un spécialiste de l'éducation, constitue un effort d'analyse des systèmes éducatifs nationaux de l'Afrique noire dans leur diversité. Il indique la manière dont l'éducation traditionnelle africaine a été érodée au profit du système éducatif de type occidental et explique le statu quo actuellement observé dans la plupart des pays en dépit des diverses tentatives de réforme. Mais, l'ouvrage ne se limite pas à un simple diagnostic de l'école mise en place par le colonisateur, laquelle a résisté aux aménagements à travers le temps. La principale ambition de cet ouvrage consiste à poser clairement la problématique de l'éducation formelle en Afrique noire et de jeter les bases d'une école nouvelle, celle de développement. Cette nouvelle vision du champ éducatif cherche principalement à contribuer à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations africaines. Elle repose sur un effort interne et une réelle volonté de transformer les structures éducatives actuelles de l'Afrique subsaharienne qui ont clairement indiqué leurs limites en termes d'impact sur le développement.


En effet de nos jours, nombreux sont les Africains qui s'accordent sur le fait que l'éducation formelle est élitiste, inadaptée aux réalités politiques, économiques et sociales de leurs pays d'autant plus qu'elle a gardé sa fonction originelle consistant à la reproduction de la fonction publique du colonisateur. Partant de là, ce type d'éducation est souvent cité parmi les facteurs à l'origine du chômage, de l'exclusion sociale, de la consommation de la culture extérieure à l'Afrique noire et de la sous-estimation des valeurs positives et des capacités créatrices et productives des sociétés africaines. Pour nous résumer, le système d'éducation scolaire actuellement en vigueur en Afrique noire est en contradiction notoire avec les besoins vitaux des populations et des objectifs de développement.
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin