L'Egypte, passion française

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Voilà plus de deux siècles que l'Égypte fascine les Français. Ce sont les savants emmenés par Bonaparte qui, en l'étudiant avec passion, l'ont révélée au monde, sinon à elle-même. Un autre Français, Champollion, déchiffrera plus tard les hiéroglyphes ; Auguste Mariette créera le Musée du Caire ; les saint-simoniens venus de Paris rêveront au canal de suez et Ferdinand de Lesseps le réalisera...


A cette passion française répond dès le départ une attirance des Égyptiens pour la patrie de Voltaire et de Rousseau. Très tôt naîtra ainsi sur les bords du Nil une " France égyptienne ", avec sa presse florissante, ses salons littéraires et ses établissements scolaires prestigieux. Loin de stopper ce mouvement, l'occupation britannique de la fin du XIXe siècle renforce paradoxalement la francophilie des Égyptiens. Occupée par les Anglais, l'Égypte choisit de rêver en français.


C'est cette formidable aventure commune, dont les héros sont des égyptologues, des ingénieurs, des écrivains, des enseignants, des malfrats mais d'abord les peuples eux-mêmes que Robert Solé raconte ici. Né égyptien, arrivé en France à l'âge de dix-huit ans, aujourd'hui directeur adjoint de la rédaction du Monde et romancier, il était l'un des mieux placés pour le faire. Les personnages de chair et de sang qu'il ressuscite dans ces pages, de Soliman pacha à Gaston Maspero, de Vivant Denon à Clot bey, Gérard de Nerval ou Dalida, sont ceux-là mêmes qui ont fait le succès de ses romans : Le Tarbouche, Le Sémaphore d'Alexandrie et La Mamelouka.


Sur un tel sujet, on n'avait jamais balayé un champ aussi vaste ni rassemblé une documentation aussi précise. Elle nourrit un récit dont l'ampleur fait déjà de L'Égypte, passion française un livre de référence.


Publié le : mardi 25 août 2015
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EAN13 : 9782021295382
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couverture

Du même auteur

Les Nouveaux Chrétiens

Seuil, 1975

 

Le Défi terroriste

Leçons italiennes à l’usage de l’Europe

Seuil, « L’Histoire immédiate », 1979

 

Le Tarbouche

Seuil, 1992

et « Points », no P117, 1993

 

Le Sémaphore d’Alexandrie

Seuil, 1994

et « Points », no P236, 1996

 

La Mamelouka

Seuil, 1996

et « Points », no P404, 1997

 

Les Savants de Bonaparte

Seuil, 1998

et « Points », no P885, 2001

 

La pierre de Rosette

(avec Dominique Valbelle)

Seuil, 1999

et « Points Histoire », no 396, 2008

 

Mazag

Seuil, 2000

et « Points », no P916, 2001

 

Dictionnaire amoureux de l’Égypte

Plon, 2001

 

Voyages en Égypte

(avec Marc Walter et Sabine Arqué)

Éditions du Chêne, 2003

 

Le Grand Voyage de l’obélisque

Seuil, 2004

et « Points Histoire » no 360, 2006

 

Fous d’Égypte

Entretiens avec Florence Quentin

(avec Jean-Pierre Corteggiani et Jean-Yves Empereur)

Bayard, 2005

 

Bonaparte à la conquête de l’Égypte

Seuil, 2006

 

L’Égypte d’hier en couleurs

(avec Max Karkégi)

Chêne, 2008

Pour Henri et Cécile

Prologue


C’était l’automne, j’avais dix ans. Comme chaque été, nous venions de passer trois mois de bonheur sur une petite plage, près d’Alexandrie, en compagnie d’une dizaine de familles amies. Des « grandes vacances » qui méritaient bien leur nom… Nous étions rentrés au Caire, et j’avais retrouvé, à l’orée du désert, les murs ocre, les terrasses fleuries et les grandes baies vitrées du lycée franco-égyptien d’Héliopolis, l’un des plus beaux fleurons de la Mission laïque française en Orient. Nos manuels scolaires tout neufs fleuraient encore l’encre parisienne. On y apprenait les fables de La Fontaine, les toits couverts de neige, l’imparfait du subjonctif et Jeanne d’Arc au bûcher… Seul le livre de grammaire arabe devait être made in Egypt.

Mais à peine avions-nous étrenné cartables et plumiers cette année-là qu’on nous renvoya à la maison. C’était l’automne 1956, et c’était la guerre. En réponse à Nasser qui avait nationalisé la Compagnie universelle du canal de Suez, des soldats israéliens, britanniques et français s’étaient invités, sans prévenir, sur le sol égyptien. À Paris, on appelait cela « la campagne de Suez ». Au Caire, on disait « la triple et lâche agression ».

Ce n’était pas vraiment la guerre pour nous qui vivions dans la capitale, loin des combats de Port-Saïd – en tout cas pour l’enfant que j’étais et qui assistait, ravi, à une sorte de grand jeu prolongeant les vacances d’été. On avait peint les phares des voitures en bleu et entassé des sacs de sable à l’entrée des immeubles. Le soir, lors des alertes aériennes, il fallait aussitôt éteindre les lumières. Les indociles ou les distraits se faisaient rappeler à l’ordre, de la rue, par une voix gutturale qui donnait le frisson.

L’enfant de dix ans jouait à la guerre, sans se rendre compte qu’il vivait là un événement dramatique, historique, sur le point de bouleverser la situation au Proche-Orient et la vie de nombreuses familles, dont la sienne. Dois-je préciser que l’un de mes oncles maternels, de nationalité égyptienne, devait épouser quelques semaines plus tard la fille du consul général de France, et que les invitations avaient déjà été lancées ? La « triple et lâche » allait nous priver d’une cérémonie très attendue.

Suez a été un immense fiasco. Après cette équipée militaire, stoppée au bout de quelques jours par les États-Unis et l’Union soviétique, les Anglais, les Français et beaucoup de Juifs ont été expulsés d’Égypte. D’autres ont choisi de leur emboîter le pas au cours des années suivantes : des Italiens, des Grecs, des Égyptiens d’origine libanaise ou syrienne, comme nous… Un véritable exode, qui a marqué la fin d’une époque, celle de l’Égypte cosmopolite.

Le terme est excessif. Toute l’Égypte – loin de là – ne baignait pas dans ce climat si particulier qui, au Caire ou à Alexandrie, avait permis à des gens d’origine et de religion différentes de vivre côte à côte, sinon ensemble, dans une sorte de gaieté insouciante. Mais toute l’Égypte subissait peu ou prou, en bien ou en mal, l’influence de cette frange européenne ou européanisée. La Grande-Bretagne elle-même se méfiait de ce milieu majoritairement francophone, qui entravait son entreprise coloniale : car si elle occupait la vallée du Nil, c’était la culture française qui attirait la haute bourgeoisie et les intellectuels égyptiens. À l’Angleterre, le gouvernement, la police et l’armée ; à la France, la presse, les salons littéraires et les écoles les plus réputées.

L’origine de cet étonnant partage, né d’une rivalité séculaire, remontait au début du XIXe siècle. L’armée de Bonaparte n’avait occupé l’Égypte que trente-huit mois à peine, mais son passage y laissait des traces indélébiles. C’est à des Français que le fondateur de la dynastie égyptienne, Mohammed Ali, devait faire appel quelques années plus tard pour fonder un État moderne. C’est un Français, Champollion, qui allait déchiffrer les hiéroglyphes. Un autre Français, Mariette, qui mettrait en place le Service des antiquités égyptiennes. Un autre encore, Ferdinand de Lesseps, qui réaliserait le canal de Suez… L’occupation britannique, à partir de 1882, ne ferait que resserrer les liens entre Le Caire et Paris, les nationalistes égyptiens se tournant naturellement vers la rivale traditionnelle de l’Angleterre pour appuyer leur revendication d’indépendance.

La France les a surpris et révoltés en intervenant militairement à Port-Saïd en 1956. Cette désastreuse initiative a porté un coup fatal à sa présence sur les bords du Nil. Il a fallu une bonne décennie pour renouer des relations amicales entre les deux États, mais plus rien ne pouvait être comme avant. Un sage partenariat a succédé aux liens ardents de naguère. Aujourd’hui, la France bénéficie en Égypte d’une image très positive, sans être au centre des préoccupations. Quant à l’Égypte, elle exerce sur les Français une véritable fascination, mais il s’agit essentiellement de l’Égypte des pharaons.

Dans l’odyssée des deux siècles écoulés – dont les héros sont des explorateurs, des savants, des diplomates, des soldats, des enseignants, des religieux, des écrivains, des artistes, des négociants, des banquiers, des ingénieurs, des mystiques, des illuminés et quelques malfrats –, le pire s’efface généralement devant le meilleur. « La France égyptienne » est une formidable aventure, passionnée et passionnante, marquée par des réalisations spectaculaires.

C’est cette histoire – dont je suis issu, avec beaucoup d’autres – que j’ai voulu raconter ici. Né égyptien, n’ayant pas une goutte de sang français, j’ai découvert la France à l’âge de dix-huit ans avec émerveillement. Découvert ou retrouvé ? Elle m’était déjà familière, à distance, grâce à des professeurs exceptionnels, au lycée puis chez les jésuites, et grâce aux livres. Bénis soient la comtesse de Ségur (née Rostopchine) et Hergé (citoyen belge) qui, les premiers, m’ont introduit auprès de leurs ancêtres les Gaulois !

Les ouvrages qui traitent des Français et de l’Égypte sont innombrables. Aucun ne couvre l’ensemble de cette aventure. Même le précieux Voyageurs et Écrivains français en Égypte de Jean-Marie Carré se limite, comme son nom l’indique, aux écrivains-voyageurs et ne va pas au-delà de 1869. Il y aurait « une grande fresque à brosser », écrivait cet universitaire en présentant la première édition de son ouvrage, en 1933. Y apparaîtraient « tous ceux qui ont contribué, soit à la découverte de l’Égypte ancienne, soit à la renaissance de l’Égypte moderne ». Il ajoutait : « Admirable perspective, certes, pleine d’ampleur et de richesse, de variété et de couleur ! Les prouesses de l’énergie et de l’endurance y alterneraient avec les manifestations de la pensée studieuse, les interprétations de la sensibilité, les rêveries de l’imagination poétique. Hommes de foi et hommes d’épée, hommes de loi et hommes d’action, hommes de sciences et hommes de lettres s’y coudoieraient dans des attitudes diverses, et cependant leurs efforts se compléteraient et s’harmoniseraient dans un immense tableau d’ensemble. »

Modestement, Jean-Marie Carré jugeait l’entreprise au-dessus de ses forces et limitait son propos dans l’espace et le temps. Or, depuis 1933, beaucoup d’autres personnages ont surgi, beaucoup d’autres événements se sont succédé, qui ont rendu la tâche encore plus périlleuse. Une telle fresque occuperait facilement vingt volumes et toute une vie. Faut-il pour autant s’interdire d’aborder le sujet ? Y renoncer sous prétexte qu’il est trop riche ? Tout dépend de ce que l’on vise. Je ne cherche ici qu’à raconter une histoire, sans prétendre aucunement à l’exhaustivité. Le lecteur désireux d’aller plus loin trouvera les repères bibliographiques nécessaires.

Le deux centième anniversaire de l’Expédition de Bonaparte, en 1998, est l’occasion de faire le point, même si les Égyptiens – et on les comprend – n’ont nulle envie de commémorer l’invasion de leur pays, préférant célébrer deux siècles d’échanges culturels et d’« horizons partagés » avec la France. Qu’elle marque ou non la date de naissance de l’Égypte moderne, l’Expédition est un moment capital, lourd de conséquences. Pour tenter de comprendre cet événement, il faut remonter un peu en arrière : pas nécessairement au déluge, mais à la première installation d’une colonie française sur les bords du Nil, au XVIe siècle.

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PREMIÈRE PARTIE

LA RENCONTRE DE DEUX MONDES



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Pèlerins, négociants et curieux


L’Égypte ? Pour un Français du XVIe siècle, c’est d’abord une image biblique. Ou, plutôt, deux images assez contradictoires, pour ne pas dire diamétralement opposées. Dans l’Ancien Testament, les Hébreux, conduits par Moïse, fuient la vallée du Nil après y avoir été réduits en esclavage ; ils échappent à leurs poursuivants, qui se noient dans la mer Rouge, et se dirigent vers la Terre promise. En revanche, dans le Nouveau Testament, Jésus, Marie et Joseph vont se réfugier en Égypte, sur le conseil d’un ange, pour échapper au massacre des nouveau-nés ordonné par Hérode ; ils y demeurent en sécurité jusqu’à la mort du tyran. Terre dangereuse et terre d’asile, pays d’où l’on s’échappe et pays où l’on s’abrite, la vallée du Nil se voit toujours associée à la notion de fuite…

L’Égypte, c’est aussi le souvenir de la septième croisade, conduite par Saint Louis en 1249. Un souvenir à la fois glorieux et douloureux, puisque, après avoir conquis Damiette, les Français ont été mis en échec à Mansoura et décimés par des épidémies. Joinville, admirable chroniqueur de cette épopée avortée, n’a privé ses compatriotes d’aucun détail. Ainsi, la diarrhée du pauvre Louis : «… à cause de la forte dysenterie qu’il avait, il lui fallut couper le fond de son caleçon, tant de fois il descendait pour aller à la garde-robe1. » Le roi de France a été fait prisonnier, puis libéré contre rançon après diverses péripéties. De ces « Sarrasins », vaincus puis vainqueurs – on ne dit jamais « les Égyptiens » –, ses sujets garderont l’image de guerriers courageux, avec qui il est possible de négocier, mais susceptibles de manquer à leur parole et d’égorger leurs captifs. Là aussi, des signaux contradictoires.

L’Égypte, enfin, c’est une image féerique. Malgré tous les malheurs de la croisade, Joinville fait de ce pays une description paradisiaque. Le Nil, affirme-t-il, « est différent de toutes les autres rivières2 ». Il répand sa crue bienfaisante, qui ne peut venir que de « la volonté de Dieu ». Personne ne connaît sa source : ce cours d’eau descend d’une sorte de grande montagne où se trouvent des lions, des serpents, des éléphants et diverses merveilles. « Les gens qui sont accoutumés à le faire jettent leurs filets déployés dans le fleuve au soir ; et quand on vient au matin, ils trouvent dans leurs filets ces denrées qui se vendent au poids que l’on apporte en ce pays, c’est à savoir le gingembre, la rhubarbe, le bois d’aloès et la cannelle. Et l’on dit que ces choses viennent du Paradis terrestre… »

Pendant longtemps encore, les Français continueront à tout mélanger : l’histoire biblique, le souvenir de la croisade et la dimension féerique. Les récits de voyage des pèlerins entretiennent cette confusion au lieu de la dissiper. Après avoir prié à Jérusalem et Bethléem, ces premiers touristes se rendent dans la vallée du Nil, qui apparaît alors comme une annexe de la Terre sainte. Ils n’en voient qu’une toute petite partie, s’intéressant surtout à la crypte de saint Serge, au Caire, à « l’arbre de la Vierge », à quelques kilomètres de là, ou à la chaire de saint Marc, à Alexandrie. L’une des destinations les plus recherchées est le monastère Sainte-Catherine, dans le Sinaï, où l’on prie sur le tombeau d’une martyre vénérée. Cette noble Alexandrine s’y serait réfugiée, au début du IVe siècle, pour sauver une virginité menacée par les entreprises de l’empereur Maximien. À sa mort, les anges auraient déposé son corps au sommet d’un mont. On l’aurait retrouvé intact plusieurs centaines d’années plus tard et transporté au monastère, pour le débiter en morceaux et distribuer ceux-ci aux pèlerins de qualité. Le comte de Champagne rapportera ainsi en France la main droite de cette malheureuse…

Le voyage coûte cher. Seuls des privilégiés, appartenant en général à la noblesse, peuvent l’accomplir. Ils concluent au Caire des accords avec des bédouins qui les conduisent sur place en une dizaine de jours, par le désert. Ce pèlerinage – et donc le voyage en Égypte – est réservé au sexe masculin : « Aucune femme ne pouvait avoir accès au monastère, même les animaux femelles en étaient exclus3. » Les moines logent les visiteurs de manière assez sommaire, ne leur offrant pour toute nourriture, en période de jeûne, que du pain sec, des olives salées et un peu de vinaigre. Mais les consolations sont nombreuses. Les pèlerins qui suspendent leurs armoiries aux piliers de la basilique sont faits chevaliers de Sainte-Catherine. Et, après une ascension de la montagne, on leur montre la pierre d’où Moïse fit jaillir l’eau, et même la fosse où fut fabriqué le veau d’or…

Ces voyageurs ne sont sans doute pas tous dévorés de foi chrétienne. Le périple en Égypte est aussi pour de jeunes aristocrates français un moyen de s’émanciper, sinon de se dévergonder, dans un cadre exotique, en dehors de la chrétienté. Un pèlerinage n’exclut ni l’esprit d’aventure ni la curiosité.

Les premiers récits de voyage, qui circulent en France « de château en château, d’abbaye en abbaye4 », donnent de l’Égypte une image fantaisiste. On raconte ce qu’on a cru ou voulu voir. Les dessins d’accompagnement sont tout aussi trompeurs. Pour le médecin parisien Pierre Belon du Mans, le sphinx de Guiza est « un monstre en sculpture ayant le devant d’une vierge et le derrière de lion5 », tandis que le moine d’Angoulême André Thévet le représente avec une tête ronde et bouclée, sur un champ de fleurs6. Ce saint homme décrit des pyramides étonnamment aiguës, avec une pointe de diamant. Il a compté au Caire… « 22 840 paroisses du diable », ce qui est beaucoup, même pour une ville qui aime les mosquées. Le chiffre sera d’ailleurs repris dans de nombreux récits du même type, les voyageurs ayant tendance à s’inspirer les uns des autres, comme pour authentifier leur témoignage.

La Petite Échelle d’Égypte

Au XVIe siècle, la France compte pourtant en Égypte une petite colonie. C’est l’une des « Échelles du Levant », nom donné aux comptoirs établis dans des villes de l’Empire ottoman et qui doit son origine aux échelles permettant aux bateaux de décharger passagers et marchandises. Cette colonie a pu s’établir en Égypte grâce aux Capitulations. Il ne s’agit pas de défaites… Si l’accord conclu en 1535 entre le roi de France et le sultan de Constantinople s’appelle ainsi, c’est simplement parce qu’il est divisé en chapitres (capitula). Dix-huit ans plus tôt, l’Égypte a été conquise par les Turcs, qui font trembler l’Europe. François Ier scandalise une bonne partie de la chrétienté en faisant affaire avec eux, mais ne serait-il pas prêt à s’allier au diable pour combattre Charles Quint ?

Officiellement, il ne s’agit pas d’un traité : Soliman le Magnifique, « commandeur des croyants, Roi des rois, dominateur des deux continents et des deux mers », ne traite pas, fût-ce avec « le roi de France très chrétien, gloire des princes de la religion de Jésus ». Les Capitulations sont des faveurs qu’il octroie, à titre provisoire, et qui devront être confirmées par ses successeurs. Elles le seront, effectivement, en 1569, puis une dizaine d’autres fois. D’ici là, la plupart des États chrétiens d’Occident auront suivi l’exemple de la France et obtenu des privilèges similaires de la Sublime Porte.

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