L'émergence du Cameroun face aux défis de l'intégration et de la démocratisation

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Cet ouvrage se veut une contribution des chercheurs professionnels en sciences sociales et humaines du Cameroun. De la question de l'hétérogénéité sociale à celle de la paix, en passant par les questions de séparation des pouvoirs, de libertés ou droits humaines, de territoires, puis de cultures ou d'éducation, ce volume de l'étude de l'émergence du Cameroun sous le prisme des sciences sociales et humaines balaie très largement l'un des rayons de la thématique à laquelle il est consacré.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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EAN13 : 9782140011696
Nombre de pages : 262
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Sous la direction de Pierre MBOUOMBOUO
L’ÉMERGENCE DU CAMEROUN FACE AUX DÉFIS DE L’INTÉGRATION ET DE LA DÉMOCRATISATION
L’émergence du Cameroun face aux défis de l’intégration et de la démocratisation
Sous la direction de PierreMBOUOMBOUO L’émergence du Cameroun face aux défis de l’intégration et de la démocratisation
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09308-6 EAN : 9782343093086
SOMMAIRE
Introduction générale ................................................................7 CHAPITRE I Minorités, cohésion nationale et enjeux de la paix sociale au Cameroun ALAWADI ZELAO..................................................................15 CHAPITRE II La libre administration :potentiel de la matrice d’une gouvernance juridique du développement local au Cameroun Abdou NJIKAM NJIFOTIE..................................................33...CHAPITRE III Perspectives d’une émergence du Cameroun par la coopération internationale : exemple de l’appui de l’Union européenne au Projet pôles de développement rural (PPDR) dans la région de Ntui de 1992 à 2004 Emmanuel ASSOLA & Michel Fabrice AKONO ABINA.38....... CHAPITRE IV Des mouvements sociaux à l’émergence de la citoyenneté au Cameroun : entre négation et renouvellement de la conscience politique Ibrahimou HAMIDOU........109.................................................. CHAPITRE V Enseignement confessionnel catholique et développement de la cohésion socioculturelle au Cameroun : fondements et impacts dans le septentrion Laure Marguerite MBILONGO, Nicolas OWONA NDOUNDA & Pierre MBOUOMBOUO .............................129
CHAPITRE VI Pratique linguistique interethnique et innovation technologique au Cameroun : le cas du fulfulde TÉGUIA BOGNI & Yannick KOUAKEP TCHAPTCHIÉ....149 CHAPITRE VII Défis culturels dans le développement des villes camerounaises : l’influence islamique sur les mutations des loisirs nocturnes à Ngaoundéré Nicolas OWONA NDOUNDA, Laure Marguerite MBILONGO, & Pierre MBOUOMBOUO...........................163 CHAPITRE VIII Enjeux sanitaires et développement socio-économique du Cameroun : maîtrise des facteurs psychologiques et observance thérapeutique face au VIH/SIDA Dieudonné Désiré NDOMBI................................81.7................ CHAPITRE IX La perspective de l’émergence par l’appréhension anthropologique et psychosociale des acteurs : le cas du travail des enfants chez les Bamiléké de la région de l’Ouest – Cameroun INACK LI MAHOP Jean Jacques, Norah AZIAMIN ASONGU...................................203................ CHAPITRE X African soldiers and the First World War aftermath in Cameroon : a trajectory questioned. Saliou ABBA & Christine Nadège ADA..............................223 CHAPITRE XI Protection des droits humains et consolidation de l’état de droit au Cameroun : enjeux, défis et opportunités des procédures de requêtes onusiennes Marcelle Lucette MBANG & Abdou NJIKAM NJIFOTIE....237
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Introduction générale
La vision du Cameroun à l’horizon 25-30 ans est la suivante : «Le 1 Cameroun : un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité » .Cette assertion manifeste l’importance de l’unité et de la démocratie pour le développement du Cameroun. Même si ces deux objectifs sont placés sur un pied d’égalité avec l’émergence, il faut dire que d’un point de vue stratégique, cette dernière est davantage une conséquence des deux premières. En effet, «…la vision systématise les aspirations et visions exprimées par les différents acteurs … à travers : une nation unie, solidaire et jouissant d’un environnement de paix et de sécurité ; une démocratie réelle, forte et juste ; une administration décentralisée et au service du développement… ; un accès de tous aux services sociaux de base de qualité… ; une jeunesse camerounaise bien formée et assurant la relève ; une allocation équitable des ressources entre villes et campagnes et entre 2 les Régions du pays » .Laquelle mieux que cette interpellation pour susciter l’action du chercheur en sciences sociales et humaines ? Car ces objectifs intéressent l’Homme et la société. D’une part, l’unité nationale, au-delà d’être une construction qui appelle la volonté des personnes, implique un processus de mise en commun des différentes composantes de la société : régions, ethnies, cultures, générations, sexe, classes sociales, civiles et militaires, corporations, opinions, religions, entre autres. D’autre part, la démocratie tire son essence de la liberté, de l’égalité et de la souveraineté du peuple camerounais. Ainsi, comme l’a reconnu la stratégie gouvernementale de développement, le premier des enjeux dans la ligne de mire de l’émergence est celui de la consolidation du processus démocratique et du renforcement de l’unité nationale. Le défi majeur ici est la réduction de l’hétérogénéité, des forces centrifuges et des velléités de replis identitaires. Le relèvement de ce défi apparaît logiquement comme le maillon fondamental dans la consolidation de l’intégration nationale, de la paix, de la justice, de la cohésion sociale et de la démocratie. Au niveau institutionnel, il s’agit de trouver les moyens de pérenniser l’État de droit, de promouvoir les libertés individuelles et collectives, de respecter la séparation des pouvoirs entre les 1  Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Formulation de la vision de développement à long terme, Document de travail, décembre 2007, p. 5. 2 Ibid.
organes de l’État, de favoriser l’émergence d’une société civile forte et responsable, ainsi que de garantir la participation de tous les segments de la société à la gestion de la cité. Dès lors, le présent ouvrage a pour ambition de contribuer à édifier la société nationale et internationale tant au sujet de l’existant et son origine qu’au sujet du potentiel et des nouveaux défis que révèlent à la fois les institutions existantes et les nouveaux dangers auxquels font face les citoyens du Cameroun. Les auteurs des différents chapitres qui le composent ont en effet touché aux divers défis à relever pour parvenir à l’enjeu de l’intégration nationale et de la démocratisation du Cameroun. Toutefois, la bonne perception du sens desdites contributions nécessite une propédeutique. En effet, étant donné qu’il s’agit du premier tome d’une série de cinq, il n’est d’autre moment mieux indiqué pour traiter de l’objectif de l’ensemble de la présente réflexion :l’émergence. Il s’agit d’un concept et d’une action, d’une idée et d’un objectif ou d’un état global dans l’évolution d’une entité, d’une organisation ou d’une collectivité humaine. Cette dernière devrait alors se dégager d’une immersion, d’un étouffement, d’une pénombre pour briller ou être visible, bref pour être compté et apparaître comme leadeur. Quel que soit le sens retenu, il demeure une constante : l’amélioration de l’existant malgré toutes les pesanteurs. Les enjeux de l’émergence dépendent ainsi de l’entité qui la vise et des réalités de celle-ci. D’où l’importance du chercheur en sciences sociales et humaines. Ce dernier est en effet responsable à la fois de l’identification des problèmes de société non évidents à percevoir par le commun des observateurs de celle-ci et de la conception des solutions scientifiquement évaluées. Les améliorations envisagées peuvent être soit structurelles, soit humaines, soit culturelles, soit les trois à la fois. Quoi qu’il en soit, l’émergence exprime une urgence. Pour cette raison, la moindre erreur d’appréciation est assurément fatale, non pas forcément en termes de fin d’existence, mais certainement en termes de recul ou de retard. L’urgence réside également dans le rythme des décisions impératives. En d’autres termes, l’amélioration n’arrivera qu’à travers un effort collectif. Le scientifique devra jouer sa partition en opérant une critique constructive de la société dans sa globalité, les pouvoirs publics devront le relayer, la société civile devra quant à elle veiller au respect de ces rôles, pour le mieux-être des citoyens.
Cette urgence a été perçue par d’autres États avant ou avec le Cameroun. En effet, historiquement, le concept de pays émergent apparaîtra d’abord dans la littérature financière : il s’agit de l’ouverture des marchés boursiers
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de certains pays en développement qui deviendront l’objet d’intenses spéculations boursières. Concept flou, à définition variable, le critère financier est dominant. Pour la Banque mondiale le classement des pays est un problème pratique puisque l’aide internationale est fonction du classement du pays dans différentes catégories. Plus on est pauvre, plus on peut prétendre bénéficier de l’aide internationale même si d’autres critères sont pris en compte (gouvernance, respect des droits de l’Homme, de l’environnement, etc.). Des théories ont d’ailleurs rendu compte de l’émergence telle que conçue et construite à travers le monde. Du concept de Tiers-monde après la Seconde Guerre mondiale, on est passé à celui de pays sous-développé, puis à celui de Pays en voie de développement (PVD) dans les années soixante, toujours utilisé depuis. D’autres concepts vont émerger dans les années soixante-dix : celui de “ nouveau pays industrialisé ”ou encore de pays semi-industrialisé. D’une manière plus imagée, on désignera ainsi les « dragons » et les « tigres ». Puis pour tenir compte des problèmes des pays les plus pauvres, on inventera le concept de Pays moins avancés (PMA).
Ceci dit, le Cameroun a entrepris les démarches en vue de son émergence. L’initiative de la série de réflexions dont le présent ouvrage sur l’intégration nationale et la démocratisation est le premier tome devrait être une contribution des chercheurs professionnels en sciences sociales et humaines. Les chapitres qui le composent sont assez révélateurs de l’ampleur de la thématique. De la question de l’hétérogénéité sociale à celle de la paix en passant par les questions de séparation des pouvoirs, de libertés ou droits humains, de territoires, puis de cultures ou d’éducation, le premier tome de l’étude de l’émergence du Cameroun sous le prisme des sciences sociales et humaines balaye très largement le diamètre de la thématique à laquelle il est consacré.
Sur les défis posés par les tendances centrifuges et les différences, d’une part, ainsi que l’égalité, la cohésion et la gestion des territoires locaux, d’autre part, les trois premiers chapitres soulèvent des problèmes cruciaux auxquels ils proposent des orientations de solutions. Tout en rappelant l’intérêt de l’élimination des différences sociales et territoriales, ces chapitres présentent les travers contre-productifs d’une conduite maladroite des politiques constructives y afférentes. En effet, dans le chapitre sur les Minorités, la cohésion nationale et les enjeux de la paix sociale au Cameroun, Alawadi ZELAOentreprend de cerner la problématique du « vivre ensemble » au Cameroun en partant de la place accordée aux minorités. L’auteur relève le paradoxe entre l’institutionnalisation de l’existence des minorités dans l’espace national et le problème de
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