L'enfant, l'animal et le primitif

Publié par

Cet ouvrage reprend la question des fondements de la psychologie "génétique" fortement marqués par le comparatisme entre ces trois entités : l'enfant, l'animal, le primitif. Le recours à l'anthropologie permet d'éclairer le parallélisme supposé entre le développement de l'enfant et l'histoire des sociétés examinées à partir des plus "primitives" ou mythiques. L'éthologie interroge quant à elle, la question d'une solution de continuité entre l'enfant et l'animal, dont le cœur serait constitué par le langage.
Publié le : samedi 1 janvier 2005
Lecture(s) : 47
EAN13 : 9782296382886
Nombre de pages : 137
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

L'enfant, l'animal et le primitif

@

L'Harmattan2004

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

-

L'Harmattan, Italia s.rJ Via Degli Artisti 15 10124 Torino L' Harmattan Hongrie Konyvesbolt 1053 Budapest, L. u. 14-16 ISBN: 2-7475-7586-1 EAN: 9782747575867

Cahiers

de l'infantile

L enfant, l'animal et le primitif
Sous la direction
Marie-Claude de Fourment-Aptekman

I

Unité Transversale de Recherche Psychogenèse et Psychopathologie

Université

Paris 13

L'Harmattan

CAHIERS DE L'INFANTILE
DIRECTEURS: Marie-Claude FOURMENT -APTEKMAN et Philippe LEVY. SECRETAIRES DE REDACTION: Elisabeth CHAPUIS et Hakima MEGHERBI. Les manuscrits doivent être adressés à : Marie-Claude FOURMENT-APTEKMAN 25 Villa Daviel- 75013 Paris (e-mail: marie-c1aude.fourment@wanadoo.fr) COMITE DE REDACTION: Patrick BAUCHE, Eric BIDAUD, Anne BOURGAIN, Elisabeth CHAPUIS, Olivier OUVRY.

COMITE SCIENTIFIQUE: Professeurs membres de l'Unité de Recherche: M.-C. FOURMENT -APTEKMAN (Paris 13), M.D. GINESTE (Paris 13), P. LEVY (Professeur honoraire, Paris 13), M.-R. MORO (Paris 13). Enseignants universitaires hors unité de recherche: A. AUBERT (Rouen), C. M. BERTRAND (Besançon), D. BRUN (Paris 7), P. COLLE (Chambéry), M.1. DEL VOLGO (Aix-Marseille), O. DOUVILLE (Paris 10), A. DUCOUSSO-LACAZE (Bordeaux 2), A. FLIELER (Nancy), J.E. GOMBERT (Rennes), R. GORI (AixMarseille), P. GUTTON (Aix-Marseille), C. HOFFMANN (Poitiers), F. HURSTEL (Strasbourg), S. LESOURD (Strasbourg), C. MIOLLAN (Nice), J. PAIN (Paris 10), M. PORTE (Brest), J.1. RASSIAL (Aix-Marseille 1), A. VANIER (Paris 7), A. WEILBARAIS (Angers), M. WOLF-FEDIDA (Paris 7). Professeurs étrangers: 1. BIRMAN (Université de Rio de Janeiro), M.-C. KUPFER (Université de Sao Paulo), L. DE LAJONQUIERE (Université de Sao Paulo), P. DE NEUTER (Université de Louvain). Personnalités extérieures: C. AUSSILLOUX (Psychiatre, Montpellier), 1. BERGES t (Psychiatre et Psychanalyste, Paris), A. COEN (Psychiatre P.H. honoraire, psychanalyste), 1. CORREA (Récife, Brésil). RESPONSABLE DE LA RUBRIQUE « LECTURE D'ARTICLES ET D'OUVRAGES» : Eric BIDAUD (Maître de Conférences, Université Paris 13).

Sommaire

Editorial

...

..................

13

L'enfant, l'animal et le primitif
« Ouvertures» PhilippeLévy
Un retour aux sources de ce qui a constitué le fondement scientifique des Sciences Humaines peut-il permettre de faire apparaître la persistance d'une interrogation insistante sur l'origine de 1'homme qui permette de relayer les Weltanschauung religieuses pour laisser place à un agencement nouveau des croyances? Ces dernières n'en sont pas moins restées pour autant porteuses d'une idéologie que l'on peut qualifier de coloniale. La psychanalyse a fourni, pour sa part, certains concepts favorisant le renouvellement de la question de l'affinité.

19

L'enfant au risque de l'animal Pascal-Henri Keller..............................
Observer le déroulement d'une action pour en inférer les mécanismes psychiques qu'elle mobilise est une pratique courante en psychologie. L'œuvre de Wallon témoigne du recours à cette pratique, concernant les conduites humaines aussi bien qu'animales. Dans ces conditions, rapprocher le comportement d'un enfant et celui d'un animal, implique le recours à 7

27

l'analogie. Le présent travail se penche sur la manière dont l'analogie est alors mobilisée: la ressemblance est mise en avant, au détriment de la dissemblance. Cet usage restreint de l'analogie peut être responsable de confusion. En psychologie, il contribue à maintenir l'ambiguïté des statuts respectifs de l'enfant et de l'animal, avec tous les risques que cela comporte. En revanche, éclairer le maniement de l'analogie peut amener les chercheurs et les praticiens à interroger leurs pratiques aussi bien que les théories qui les fondent.

Le développement des comportements chez l'animal: quelques données et interprétations récentes
Claude Baudoin, Bertrand L. Deputte et Pierre Jaisson ................................
Un intérêt nouveau pour les études éthogénétiques est actuellement perceptible. Des résultats récents indiquent chez certaines espèces, l'existence d'un couplage entre capacités perceptives, stimulations sociales et réactions comportementales indépendantes de processus d'apprentissage, confirmant ainsi le concept ancien de déclencheur. D'autres résultats conduisent en revanche à une nouvelle interprétation de concepts considérés classiques en éthologie. Ainsi, celui d'empreinte dont une des fonctions serait de permettre une reconnaissance des apparentés à partir d'un modèle de référence appris. Par ailleurs, la dimension ontogénétique est maintenant étudiée tout au long de la vie, prenant en compte les expériences individuelles et les mécanismes 8

43

physiologiques sous-jacents, en particulier au niveau du cerveau. Après une période dédiée à la connaissance du génome, les études ontogénétiques comparées s'avèrent prioritaires pour comprendre la diversité des phénotypes comportementaux et les limites de la plasticité à différents niveaux, notamment à ceux de la perception, de la cognition et du comportement.

Usages du comparatisme enfant-animal-primitif à la fin du 19èmesiècle
Elisabeth Chapuis-Ménard ....

63

Les premières recherches en psychologie génétique, dans la seconde partie du 19ème siècle, utilisent des modèles comparatifs issus des théories évolutionnistes. De ce fait, enfant, animal et primitif sont vus comme analogues, le développement ontogénétique étant mis en parallèle avec l'évolution phylogénétique. Or, il y a dissymétrie entre l'animal objet de connaissances empiriques, et le primitif, objet de spéculations teintées d'imaginaire. Comment fonctionne alors la rhétorique utilisée par ces auteurs qui se réclament d'une approche scientifique?

Approche

comparative

de Wallon

(1941)

dans 89

« l'Evolution psychologique

de l'enfant»

Emile Jalley .......... Dans son ouvrage célèbre de 1941, Wallon expose en particulier, les principes des trois grandes formes de méthode comparative mis en œuvre par son propre modèle de la psychogenèse : méthode de comparaison avec la pathologie mentale, méthode de comparaison de la mentalité enfantine et de la 9

mentalité primitive, psychologie comparée de l'homme et de l'animal, de l'enfant avec le singe. S'y ajoutent la comparaison statistique, et diverses formes de comparaison de l'enfant avec l'adulte ou avec lui-même.

L'enfant, l'animal, le primitif: une série tronquée Patrice Bidou 103
Dans les mythes d'Amazonie, l'enfant, l'animal, le primitif, sont liés à un quatrième terme, la femme, qui constitue à la fois leur dénominateur commun et le vecteur de leur fragile séparation.

N otes de lecture
Gérard Guillerault: «Le Miroir et la psyché ». Dolto, Lacan et le stade du miroir. Patricia Oliveira Da Rocha 113 Jean-Pierre Kamieniak : Mythe et fantasme. Anne Bourgain

Il 7

Marie-Christine Laznik : L'impensable désir. Féminité et sexualité au prisme de la ménopause. Eric Bidaud .... .. ... ... ... ... .... ... .. ... .. 121 Michèle Bompard-Porte : De l'angoisse, Psychanalyse des peurs individuelles et collectives.
Robert G. Calvora . 123

10

Jenny Aubry: Psychanalyse des enfants séparés. Etudes cliniques, 1952-1986, préface de E. Roudinesco.
Olivier Douville 127

Instructions

aux auteurs

............... 131

Il

Editorial
Les mythes nous enseignent qu'aux temps originaires hommes et animaux n'étaient pas séparés, mais au contraire, pouvaient se mêler, s'accoupler, communiquer. Au cours du temps, cette proximité est devenue un danger, comme en témoignent, par exemple, les déformations animales du visage sous le coup des passions, finement et minutieusement tracées par Charles Le Brun, qui font écho à une longue tradition philosophique remontant à Aristote, et relayée par des préoccupations pédagogiques qui prennent leur source dans l'Antiquité romaine et sont reprises par les pédagogues de la Renaissance, en particulier par Erasme de Rotterdam. Pendant 2000 ans au moins, la base de l'éducation a ainsi reposé sur l'éloignement de l'enfant d'avec l'animal. La tradition philosophique a été marquée par la théorie des « animaux-machines» mise en place par Descartes qui voit dans le mouvement, une animation qui permet d'expliquer et de comprendre l'anatomie de certains fonctionnements moteurs, voire de fonctions vitales pour les automates plus perfectionnés qui verront le jour au 18ème siècle. L'enjeu de ces automates est loin d'être un phénomène de foire, il est métaphysique. En effet, si l'homme est à l'origine de ces machines qui mettent en scène des animaux, des êtres humains, musiciens en particulier, mais aussi des montres, il n'est en revanche pour rien dans l'intelligence de l'animal qui dépasse à certains égards celle de l'automate, et qui renvoie à Dieu. Le débat des «animauxmachines» sera poursuivi, et quelque peu enterré par Condillac, qui, dans le Traité des animaux, critique la position mécaniste au nom des «sensations ». Les animaux ne sont pas des machines dans la mesure où ils sont sensibles. Ces différents traités ont pour objet d'étudier le monde de la matière, celui de la Nature, auquel l'homme et l'animal appartiennent l'un et l'autre. Comment alors les différencier si ce n'est en fonction de l'âme, qui ne saurait être tirée de la matière et serait fournie aux humains par Dieu, comme l'est, d'ailleurs, l'intelligence pour l'animal?
]3

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.