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L'enfant né prématurément

De
136 pages
Chaque année en France, naissent 50 000 bébés prématurés soit 6 à 8 % des naissances. Les progrès technologiques de ces dernières décennies ont permis d'accroitre leur survie mais le développement à long terme, en particulier neurologique, reste un sujet de préoccupation pour les parents et les professionnels. Si les soins techniques : "soins de développement" cherchent à modifier l'environnement afin que stimulations sensorielles et rythmes de soins soient adaptés aux capacités de ces bébés fragiles, le rôle des parents longtemps ignorés devient alors essentiel.
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Jacques Sizun, Nathalie Ratynski
L’enfant né prématurément Mieux le comprendre pour mieuxle soutenir
L’enfant né prématurément : Mieux le comprendre pour mieux le soutenir
Jacques Sizun, Nathalie RatynskiL’enfant né prématurément : Mieux le comprendre pour mieux le soutenir
Ouvrages du même auteur : - N. Ratynski. Je vous parle, regardez-moi! Éditions Sparadrap 2002 - J. Sizun, JV Browne (Eds). Research on early developmental care for pre-term neonates. John Libbey Eurotext 2006.© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01995-6 EAN : 9782343019956
Ce livre est dédié à Marie et à Thibault. Merci à Heidelise Als pour sa contribution majeure à la genèse et la validation du concept de soins de développement individualisés. Merci au CHU de Brest et à l’Université de Bretagne Occidentale qui ont soutenu dès le début l’implantation du NIDCAP et la création d’un centre de formation francophone. Merci à tous les parents et à leur bébé qui ont enrichi notre réflexion et notre pratique. Merci à tous les professionnels de la petite enfance pour leur contribution directe ou indirecte à ce projet.
La maladie de Sachs. Martin Winckler. (Editions POL 1998) « J’étais externe en pédiatrie. Un soir, on m’a imposé de veiller sur un prématuré. Je n’avais pas le choix. C’était obligatoire… J’ai dû rester une nuit entière dans une chambre où survivait, tant bien que mal, une crevette de sept mois et demi, petit homard humain échaudé d’avoir été trop tôt arraché aux entrailles maternelles. On l’avait allongé sur le dos dans une boite en plastique. Un tuyau fourré dans sa narine aspirait les sécrétions de ses poumons, un autre lui perforait la peau du ventre pour délivrer une solution nutritive directement dans son estomac. Une perfusion était fixée à un pied, l’autre sur le sommet de son crâne dénudé. Il devait peser un kilo et demi, peut être deux. Sous la coque en plastique, ses halètements étaient à peine audibles, au milieu du bruit des machines et des pleurs des nourrissons hospitalisés dans la salle voisine. Il me faisait mal, ce petit être humain. Ses membres étaient liés par des bandes aux quatre coins de la boite. De temps en temps, il portait son poing minuscule à sa bouche, il penchait la tête vers lui, sa langue suçait l’espace qui les séparait, puis d’un effort surhumain, pendant quelques secondes, il parvenait à se téter les phalanges. Ses yeux étaient grands ouverts … Au petit matin, j’ai enlevé mes gants, je me suis savonné les mains pendant dix minutes, et je les ai glissées, nues, sur lui, pour le caresser. Ses doigts se sont refermés sur mon petit doigt, son poing l’a attiré vers sa bouche, et il l’a tété. Je suis resté debout contre la boite, je le regardais, et je pleurais sans pouvoir m’arrêter. Au matin, quand je suis parti, j’ai haï ceux qui nous avaient fourrés là, tous les deux, sans réfléchir à ce que cela voulait dire… »
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