L'enfant roi et sa mère - Louis XIII et Marie de Médicis

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Louis XIII (1601-1643) fut pendant son enfance à la fois adulé parce qu'il symbolisait la puissance royale, et méconnu dans ses besoins propres. À 9 ans, l'assassinat de son père, Henri IV, le laisse seul face à la tutelle autoritaire de sa mère, devenue régente du royaume. À 16 ans, le jeune roi est contraint d'avoir recours à un coup d'État pour récupérer son héritage. Et jusqu'à la fin de sa vie, sauf une parenthèse entre les années 1625 et 1630, il doit se défendre contre les complots que sa mère ne cesse de fomenter contre lui.


La vie de Louis XIII et de Marie de Médicis illustre les conséquences dramatiques d'une relation manquée entre une mère et son fils. Faute d'avoir pu faire l'expérience d'un amour maternel désintéressé, le roi demeure ambivalent dans son attachement à sa mère. Il oscille entre la soumission admirative et la révolte violente, sans parvenir à une réelle émancipation personnelle. Le roi autoritaire cache un enfant soumis. Il laisse ses favoris et ministres prendre sur lui une emprise analogue à celle qu'exerçait sa mère. Il répète dans ses relations amoureuses l'échec de son amour d'enfant.


Au-delà du rappel des faits historiques, c'est la dimension psychologique de la relation mère - fils qui préoccupe l'auteur. Son ouvrage s'adresse aux lecteurs que la psychologie intéresse autant que l'histoire.

Publié le : mardi 1 janvier 2008
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EAN13 : 9782953191004
Nombre de pages : non-communiqué
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Préface En France, sous lAncien Régime, il faut un sexe masculin pour régner. Le pouvoir est interdit à une femme sauf dans le cas exceptionnel de régence. Le fils apporte alors à la mère le sexe manquant qui lui permet de gouverner à légal dun roi. Si la régence est habituel-lement confiée à la mère, cest quon estime que le lien naturel est le meilleur protecteur du futur souverain. À linstar de la Vierge Marie, une mère ne peut vouloir que lavènement de son fils, mais la réalité nobéit pas à limaginaire, fut-il religieux. Pourquoi une mère renon-cerait-elle au pouvoir que lui donne son fils ? Parce que ce pouvoir est illusoire répondrait le psychanalyste. Le fils ne peut donner à sa mère le sexe qui lui manque. Mais la Régente peut confisquer à son fils son trône. Aucune régente na résisté à la tentation. Blanche de Castille, Louise de Savoie, Catherine de Médicis, ont exercé leur emprise maternelle jusquà leur mort, avec lassentiment apparent de leurs fils. Seule Anne dAutriche a eu la sagesse de céder la place au moment de la mort de Mazarin (le Roi avait vingt-six ans). Marie de Médicis, quant à elle, na pas eu cette sagesse, et son fils, Louis XIII, na pas eu la résignation de ses prédécesseurs.
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À seize ans, il se révolte contre sa mère et cest le début dune longue guerre qui se prolonge jusquà la mort. Cest cette guerre que nous voulons décrire et analyser, non pour apporter de nouvelles données historiques (lauteur est psychologue et non historien), mais parce que nous pensons quelle peut éclairer les ambiguïtés de la relation mère  fils. Cette relation représente dun côté le prototype dun amour parfait, le moins dénué dambi-valence possible ; d'un autre côté, cette relation peut déri-ver vers la haine la plus extrême. Ces dérives sont-elles une perversion de la relation ou lexpression dun conflit potentiel, inhérent à la relation mère  fils ? À linstar des personnages mythiques, la vie des rois et des reines met en acte des conflits humains qui restent latents chez le commun des mortels. Ce que Louis XIII et Marie de Médicis mettent en scène, à limage de Néron et Agrippine dans lantiquité, cest le risque de violence inhérent à la relation mère  fils. Premier objet du désir de lenfant, la mère est aussi le premier obstacle quil doit écarter pour se différencier. La complétude initiale entre la mère et le fils a pour revers de donner à chacun le pouvoir dinfliger à lautre une souffrance accrue.
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