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L'Enjeu d'exister - Analyse des thérapies

De
400 pages

Plutôt que de ferrailler dans la "guerre" entre analystes et thérapeutes, Daniel Sibony adopte un point de vue original : faire l'analyse des psychothérapies en vogue, et montrer qu'elles supposent toutes l'inconscient et mettent en acte des transferts très variés, en déployant des métamorphoses de l'"idée psy".



Du coup, loin de nier leur efficacité, il l'éclaire à partir de l'idée freudienne revue et développée par lui, d'un point de vue où l'essentiel est l'enjeu d'exister comme relais d'une transmission de vie.



Beaucoup de malentendus et d'agressivités sont rendus inutiles par cette nouvelle approche. Mieux, en parlant des psychothérapies de ce point de vue accueillant et critique, on peut enrichir l'analyse elle-même en formulant plus nettement ce qu'elle n'est pas et surtout ce qu'elle peut être à l'avenir: une certaine passation d'être...





Daniel Sibony, psychanalyste, exerce à Paris. Il est l'auteur de nombreux livres, notamment Entre-deux, Les Trois Monothéismes, Création (aux Éditions du Seuil), et du Peuple "psy", réédité en Points essais. Et tout récemment, Lectures bibliques, aux Editions Odile Jacob.



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L'ENJEU D'EXISTER
DANIEL SIBONY
L'ENJEU D'EXISTER
Analyse des thérapies
ÉDITIONS DU SEUIL e 27, rue Jacob, Paris VI
Ce livre est publié dans la collection « La couleur des idées »
ISBN9782020863988
© Daniel Sibony, septembre 2007 © Éditions du Seuil, septembre 2007, pour l'édition française
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www.seuil.com
INTRODUCTION
1 Ce texte poursuit une recherche dil y a quinze ans : jy faisais létat des lieux de lanalysepour dégager, audelà des tares et des erreurs, le nerf vivant de ce que jappelais 2 l« idéepsy».Depuis, on a connu diverses « offensives » contre « la psychanalyse », venant souvent de techniciens impatients den finir avec toutes sortes de « troubles » psy chiques. (Et lon se demande pourquoi ce nest pas déjà fait.) Ils arguent avec bon sens : pourquoi fouiller dans linconscientet d?ailleurs, où estil quand on peut, par des méthodes dapprentissage, conditionnement, désensibi lisation, résoudre les problèmes qui compliquent la vie aux gens ? Parfois on leur répond que, de nos jours, lincons cient sevoitpar imagerie cérébrale, que lanalyse étant une pratique singulière de lnouvellesinconscient, aucune des « techniques » ne la rend superflue. De fait, toutes les pathologies ont une dimension incons ciente. Celleci fut traitée pendant des siècles par des moyens religieux, rituels, spirituels, magiques, fétichistesFreud a redonné ce qui était là, disponible et masquélinconscient, et depuis, toutes les thérapies y sont confrontées, quelles le
1. Parue sous le titreLe Peuple « psy ». Situation actuelle de la psycha nalysePoints Essais », 2007., Balland, 1993, réédité au Seuil, en « 2. Notion produite autrefois dans mon séminaire public (qui se tient depuis 1975). 7
L ' E N J E U D ' E X I S T E R sachent ou non. Il est vrai que certaines lécartent, ou le titillent en passant, alors que dautres laffrontent. Mais même celles qui lévitent ne font que renommer autrement des concepts de Freudtout en prenant leurs distances pour paraître rompre avec lui. Toutes ces thérapies, quelles 1 s, ethnoappellent systémiques, familiales, groupales, TCC psychiatrie, quand elles énoncent ce qui les distingue « radicalement » de lanalyse, révèlent une dépendance à Freud qui pourrait bien expliquer quelles le rejettent vio lemment ; alors même quun à un louvrant » en « emballage de chaque thérapie, on trouve le noyau freudien sous une forme ou une autre. Le plus souvent, sous une forme très simplifiée. La question surgit alors : les pratiques qui ren contrent linconscient, là devant elles à chaque détour, doiventelles toujours camoufler ou déformer le lien à Freud que cela suppose ? Questce qui les y pousse ? Questce qui sensuit dans les faits ? Quant à savoir comment on bute sur linconscient, et comment ça se fabrique, il suffit que les parents gardent un lourd secret pour que lenfant le reçoive inconsciemment et ressente son emprise. On le voit, ce nsorcier ».est pas « Linconscient est affaire de transmission. Un gros secret concerne lancrage freudien des psychothé rapies, cest le cas dà peu près toutes et la question nest pas vaine de savoir comment ce secret, ou ce mensonge, va res sortir. En un sens,reconnaître leurs origines freudiennes les aiderait à sen libérer; à sen servir plus librement. Estce à dire quil faudrait un « retour » à Freud ? Non. Lacan la déjà fait, avec des aspects fructueux mais une facture assez lourde : sectarisme et dessèchement de la pen sée. Il y a plutôt à reconnaître la présence de linconscient dans la transmission humainetransmission dinconscient cruciale dans les pathologies. Ceux qui souffrent ont pris
1. Thérapie ou thérapeute cognitivocomportementaliste. 8
I N T R O D U C T I O N
cette transmission de plein fouet, sur un mode qui fait trou dans le corps ou lesprit. De fait, lapport freudien a explosé, essaimé de toutes parts : grâce à quoi on nentendplus aujourdhui comme au temps de Freud. Certains concepts quil a fait reconnaître se sont comme dissous dans la pratique (transfert, pulsion, refoulement ou déni) mais ce qui simpose, cest le vaste espace de l« idéepsypar quoi j» : entends toutes les pen sées sur le mental qui prennent en compte linconscientet le transfert; tout ce qui parle de la psyché et la maintient en vie, en lui ouvrant des voies nouvelles où elle peut mieux sirriguer, se libérer de ses replis mortifères, en éclairant plus loin nos modes dêtre et nos malêtres. Dans ce vaste espace, des cadres plus ou moins larges se distinguent : il y a les cadres analytiques (reliés aux « écoles » les plus diverses) ; on y travaille avec des transferts plus ou moins ouverts ou resserrés, nous le préciserons. Et il y a les nom breuses autres psychothérapies, qui se disent non freu diennes, dont on verra comment elles procèdent en grande partie de lapport freudien, ce qui les situe dans l« idée psy» comme des îlots particuliers, du reste intéressants. Cette vue élargie de l« idéepsy: elle situe mieux» est utile les différents traits spécifiques et, surtout, on y pressent ce que pourrait être une pratique qui les englobe : elle viserait à construire, pour chaque patient, unlieu dêtre vivantoù il nait pas à suppléer aux ratages de la transmission par la perte ou le sacrifice de pans entiers de sa vie.
Ce livre porte sur lacte thérapeutique à travers des pra tiques variées. L« idéepsy» y servira de référence, nourrie et renouvelée par des recherches que je développe depuis 1 trente ans .
1. Elle sont publiées, je ne les reprendrai pas ici ; mais je rassemblerai plus tard le « dialogue » quelles comportent avec Freud et Lacan. 9
L ' E N J E U D ' E X I S T E R
Je suis analyste depuis 1973 ; jécris aussi au travers de ma pratiquecestàdire dans la rencontre. Au fil du temps, je me reconnais de moins en moins dans les textes ou le discours des « psychanalystes »orthodoxes ou lacaniens. Cela sti mule mon travail et nempêche pas que des analystes de tout bord passent par mon aide ou mes textes quand il leur faut un autre souffle. Mais dans la guerre actuelle contre la psycha nalyse, je me reconnais encore moins parmi les assaillants. Fautil alors que je me replie vers mon « camp » dorigine pour mlattaquer aux agresseurs, comme à « ennemi princi pal » ? En loccurrence, aux techniciens de la psyché ? Or je pense que les uns et les autres fontœuvre utile à leur manière. Et plutôt que dattaquer ou de défendre, mieux vautresi tuer les principales pratiques dans le cadre assez vaste de l« idéepsy» pour voir comment elles y prennent place. On perçoit alors dans cette vaste nébuleuse une frontière entre ceux qui veulent que le sujet sadapte à la réalité et ceux pour qui il a sa propre réalité, leur travail étant de la faire exister, et déjà de la désempêtrer. Pour les premiers, « la réalité » et ladaptation sont des notions claires et nettes, et il sagit de faire lajustage pour que le sujet sy intègre. Doù le risque dun certain fonctionnalisme. Pour les seconds, limportant est la parole du sujet, son désir, sa capacité dexister, de créer sa réalité. Doù le risque doublier des contraintes « objec tives ». On connaît les cas où, en fait de névrose, il y avait une malformation que lanalyste a négligée. Mais on en connaît aussi qui ont mis en échec tous les traitements « scienti 1 fiques » et qui ont guéri avec un psychanalyste . En tout cas, de part et dautre de cette frontière nullement étanche, il y a des gens doués et des naïfs ; des gens qui
1. On a l: soigner le maladeécho de ce clivage même en médecine comme être humain singulier et soigner la maladie comme pur dysfonction nement. Et des soignants redécouvrent quun malade nest pas une maladie (ou « nest pas un numéro »).
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