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L'état et les psychothérapies

De
162 pages
L'Etat tente d'encadrer la conduite des psychothérapies, de les catégoriser et d'y assimiler la psychanalyse. Avec l'augmentation des dépenses de santé, l'autorité politique commande des expertises, recherche des alternatives, notamment aux médicaments, dans un contexte de crise de la psychiatrie publique et de la médecine de ville. L'Etat peine à sécuriser les procédures de l'expertise scientifique dite collective qui montrent d'inquiétantes défaillances pour guider ses choix en matière de santé.
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L'État et les psychothérapies

Psycho - logiques Collection dirigée par Alain Brun et Philippe Brenot
Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho - logiques.

Michel LANDRY, Du déclin de la pensée critique au triomphe de la psychiatrie, 2006. René SOULA YROL, La spiritualité de l'enfant, 2006. Joseph C. ZINKER, Le thérapeute en tant qu'artiste, 2006. Jean-Claude REINHARDT et Alain BRUN (collectif dirigé par), Vieillesse et création, 2005. Giovanni GOCCI, Les groupes d'individuation, 2005. Josette MARQUER, Lois générales et variabilité des mesures en psychologie cognitive, 2005. Pierre MARQUER, L'organisation du lexique mental, 2005. Marcel FRYDMAN, Violence, indifférence ou altruisme?; 2005. Serge RAYMOND, Pathobiographies judiciaires. Journal clinique de Ville-Evrard, 2005. Jacques HUREIKI, Ethnopsychiatrie compréhensive, 2005. Jean HUCHON, L'être logique. Le principe d'anthropie, 2005. Paul CASTELLA, La différence en plus, 2005. Marie-Pierre OLLIVIER, La violence des croyances. Point de vue d'une psychologue clinicienne, 2004. P.-A. RAOULT, De la disparition des psychologues cliniciens. Luttes et conflits entre cliniciens et cognitivistes, entre universitaires et praticiens, entre médecins et psychologues, 2004. Jacques WITTWER, Mots croisés et psychologie du langage, 2004. Bernard MAROY, La dépression et son traitement. Aspects méconnus, 2004. Guy Amédé KARL, La passion du vide, 2004. Régis VIGUIER, Le paradoxe humain, 2004. Sarah EBOA-LE CHANONY, La psychologie de l'Individuation. L'Individu, la Personne et la Crise des 28 Ans, 2004.

Monique ESSER (dir.), La programmation neuro-linguistique en débat, 2004.

Françoise Gosselin et Philippe Viard

r

L'Etat et les psychothérapies

ou le pouvoir politique face à l'illusion scientiste

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE

75005 Paris

L'HannaUan

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www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr
2006 ISBN: 978 2-296-02665-0 EAN : 9782296026650 @ L'Harmattan,

Sommaire

Avant propos
PREMIÈRE PARTIE

À propos de la décision publique et de son indépendance en matière d'expertise scientifique des psychothérapies
Le Livre noirde lap!Jchanafyseou une opération de destruction du politique à la suite des défaillances de la procédure de l'expertise publique
Les thérapies cognitivo-comportementales : une nouvelle psychologie scientifique adaptée aux normes économiques l'évaluation en milieu hospitalier

de

L'expertise collective de l'INSERM présentée comme preuve au nom de la science La falsification des Archives Sigmund Freud
L'administration La méconnaissance Comment troubler l'autorité politique de la "vraie histoire" du principe de la psychanalyse

de laïcité ce trouble contre

le public et retourner

Pour conclure 7

DEUXIÈ:ME PARTIE

Psychanalyse
Le comportementalisme gouvernables La psychanalyse constructivisme Les présupposés Conclusion

et comportementalisme
et l'art de renme les hommes

et les récurrences

inélaborées

du

de l'idéologie

comportementaliste

Bibliographie

8

À nos Maîtres Pierre Fédida,
Jacques Gagey et Yvon Brès

Avant -propos

Ce livre ne vient pas seul. Il est animé et nourri par les échanges des auteurs avec leurs amis du Cercle Condorcet de la Creuse, de l'Université populaire des Monts de Guéret et de la Bibliothèque freudienne de Limoges. Il s'est voulu ouvert aux travaux parlementaires et à l'ensemble du débat public concernant les psychothérapies, le rôle de l'État et la question de la laïcité dans le processus de la décision yublique et les sciences. Les auteurs n'appartiennent à aucune Ecole sauf celle de tous. Ils ne prétendent pas être des spécialistes mais des citoyens qui tentent de partager leurs connaissances par le moyen de la langue commune. Les auteurs ont été interpellés par les dérives de l'expertise publique et leurs conséquences sur le processus démocratique noyé, voire intoxiqué, par l'inflation des recours à la technique d'expertise en fait et place du libre débat politique. Ils ont été frappés par le fait que nombre de questions d'intérêt général soient "tranchées" avant même d'être posées et que l'on puisse avoir l'illusion de trouver la rationalité de ses décisions dans des garanties scientifiques fournies, sans second cercle d'expertise ni débat élargi, par le pouvoir des experts. L'épisode du Livre noir de la p!ychana/yse est pour eux caractéristique d'une époque dominée par le souci du spectaculaire qui laisse apparaître des modes de pensée totalitaires toujours actifs, dont les moindres ne sont pas la propagande et la passion de la masse. Cette dérive de l'esthétique du spectacle produit de très graves impostures au 9

nom de la science et du pouvoir technologique qui deviennent un biopouvoir que l'on célèbre. Les technologies comportementales promues comme des alternatives crédibles et validées par des experts à la prise du pharmakon, jugée dispendieuse voire inutile au regard des dépenses de santé, sont liberticides en tant que dispositif de dressage et d'oubli de soi. On ne guérit pas du fait d'être un être humain, on ne guérit pas de son humanité. La procédure de l'expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherchemédicalel n'est remise en cause dans ce livre que pour autant qu'elle prête le flanc au scientisme, aux intérêts particuliers et qu'elle ne rectifie pas ses défaillances. Il serait irresponsable de nier ce qu'elle a apporté à la décision politique, par exemple lors de la résolution courageuse de la ministre du travail d'interdire l'amiante à compter du 1er janvier 1997 ou dans les mesures de précautions prises en 1996, en effectuant une revue critique de 1200 articles internationaux qui confIrmait la cancérogénicité du chrysotile à faible dose. Nous remercions notre ami Jean Fourton, ancien membre de l'École Freudienne de Paris, pour ses précieuses remarques, notre amie Cécile Monplaisir, élève de l'ÉNA, pour les conversations que nous avons partagées sur tant de domaines et notre éditeur pour sa confiance.

Les auteurs
"L'expertise collective INSERM., selon l'organisme public, a pour objet de faire le point, dans un domaine précis, sur l'ensemble des connaissances scientifiques et médicales à partir de l'analyse de toute la littérature scientifique internationale. Pour répondre à la question posée, l'INSERM. réunit un groupe pluridisciplinaire d'experts reconnus composé de scientifiques et de médecins. Ils rassemblent, analysent les publications scientifiques et en font une synthèse. Des lignes forces sont dégagées et des recommandations élaborées afin d'aider le commanditaire dans sa prise de décision." l

10

"Les idéologies ne sont inrffènsives, elles ne sont des opinions arbitraires que tant qu'on ne les prend pas au sérieux. Une fois prise en son sens littéral leur prétention à une totale validité, celles-ci deviennent les centres de !)lstèmes logiques où, comme dans les !)lstèmes des paranoïaques, tout s'enchaîne de manière intelligible et même obligatoire dès lors qu'est acceptée la première prémisse."

Hannah

Arendt2

2

Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme Paris, Gallimard, 2002, p. 809.

Eichmann

à Jérusalem,

PREMIÈRE

PARTIE

À propos de la décision publique et de son indépendance en matière d'expertise des psychothérapies

Le Livre noir de la p!JIchanafyse ou une opération de destruction du politique à la suite des dffaillances de la procédure de l'expertise publique

La publication du Livre noir de la p!JIchanafyse apparaît peu après la décision du retrait du Rapport INSERM dit, de façon inexacte, "sur l'évaluation des psychothérapies" du site Internet du ministère de la Santé en février 2005. Elle est intervenue à une période propice et, selon toute vraisemblance, pour troubler le débat public, au moment même où l'encadrement législatif du titre de psychothérapeute était discuté3. Les réactions aux attendus de l'expertise INSERM relative au "trouble des conduites chez l'enfant et l'adolescent" de septembre 2005, commandée par la CANAM4, sont aussi à prendre en compte dans le contexte. Il n'y a pas de hasard. L'édition semble bien être le fruit d'un calcul afm d'attirer l'attention ailleurs, d'allumer une sorte de contre-feu par la rhétorique du scandale et du crime. Le dispositif éditorial ressemble fort à une fuite en avant où l'éditeur fait flèche de tout bois dans le but d'éluder les questions de fonds par la
3 Lors de la première lecture le 14 octobre 2003 à l'Assemblée nationale du projet de loi relatif à la politique de santé publique le député Accoyer avait déposé un amendement qui visait à encadrer la pratique des psychothérapies; cet amendement qui prévoyait notamment qu'un décret ftxe les différentes catégories de psychothérapies avait reçu l'avis favorable du gouvernement et de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales du palais Bourbon. Il devait être repris dans un article rajouté, le L-3231-1, du Code de la santé publique. Mais lors de l'examen du projet de loi en seconde lecture, le Sénat, par la voix de son rapporteur M. Giraud, avait réécrit complètement l'amendement après avoir procédé à des auditions devant sa commission des affaires sociales. En fait, cette réécriture adoptait un amendement du gouvernement qui encadrait non pas la pratique des psychothérapies mais l'usage du titre de psychothérapeute en renonçant à livrer une déftnition législative de la psychothérapie. 4 Caisse nationale d'assurance-maladie des professions indépendantes. 15

calomnie. Mais le temps semble avoir manqué, ce qui ne fait que mieux ressortir l'allure artificielle, parfois grossière, de l'opération et sa véritable intention. Le seul intérêt, il n'est pas négligeable, d'étudier ce "coup éditorial" et ses motivations est de mettre en lumière la façon dont un "groupe de pression" puissant, cosmopolite et organisé, tente d'anéantir le débat démocratique, de saper la légitimité de l'autorité politique et d'abuser du pouvoir de l'expertise publique au nom d'une représentation de la science. Le Livre noir agit comme un révélateur des défaillances des procédures, notamment réglementaires, de l'expertise et alerte, à son insu, des risques du vis à vis autorité politique/comité d'experts en l'absence d'une instance tierce et des représentants du peuple. Le montage de l'éditeur fonctionne comme une machine textuelle qui dissout le sujet-lecteur dans une opération de matraquage de "vérités" assénées au f1l de l'eau. Il n'est pas très éloigné, par instant, de l'effraction psychique et de l'effort pour l'infliger aux lecteurs au nom de la liberté de communication des idées. Les débats d'idées et les confrontations théoriques sont singulièrement absents. La manipulation/ forclusion du lecteur pour le conduire à ne pas penser mais à croire comme le souhaitent les auteurs est l'objet de cette réflexion. Dès l'intitulé, l'amalgame de la psychanalyse et de Freud avec le signifiant Livre Noir, étrangement accolé à cette discipline, déroute ou interpelle celui qui en commence la lecture. Il est supposé ne pas savoir qu'il y a eu un épisode sombre de la psychanalyse. Il va donc l'apprendre durant des centaines de pages. D'emblée, le sujet est placé dans une logique de révélation qu'il va subir de la part de ceux qui savent et ont toujours su. L'absence de points de vue différents est faite pour l'empêcher de pondérer sa lecture et d'équilibrer par lui-même les arguments comme s'il évoluait sur une surface lisse sans prise possible. La présentation de l'ouvrage qui amasse près de 16