L'Europe et ses migrants ouverture ou repli ?

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A l'aide de travaux statistiques originaux et d'enquêtes menées au Portugal et en Turquie, cet ouvrage renouvelle la connaissance sur les migrations dans l'espace européen en mettant en relation les stratégies différenciées des pays d'accueil en matières de politiques d'immigration avec celles des migrants. Il permet ainsi de comprendre pourquoi les discours sur les politiques d'immigration dans les pays européens tendent à glisser d'une logique de restriction à une logique de sélection.
Publié le : jeudi 1 février 2007
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EAN13 : 9782336261584
Nombre de pages : 326
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Sous la direction de El Mouhoub Mouhoud et Joël Oudinet

L'Europe et ses migrants ouverture ou repli?

L'Harmattan 5-7, me de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace L 'Harmattan Kinshasa Pol. et Adm. ~

Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

Fac. des Sc. Sociales, BP243, Université

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

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1053 Budapest

de Kinshasa

- RDC

http://www.librairieharmattan.com
diffusion. harmattan râ),\vanado 0 .fr harmattan 1@wanadoo.fT

@ L'Harmattan, 2007 ISBN: 978-2-296-02366-6 E~:9782296023666

Liste des auteurs

Franck Bailly, Maître de Conférences, Université de Rouen, CARE. Seyfettin Gürsel, Professeur, Université de Galatasaray, CREDE. Ahmet Insel, Maître de Conférences (MATISSE- Université de Paris I et Université de Galatasaray). Haluk Levent, Maître de Conférences, Université de Galatasaray, CREDE. Guy Maurau, Maître de Conférences, Université de Rouen, CARE. Jacques Mazier, Professeur, Université Paris 13, CEPN-CNRS, El Mouhoub Mouhoud, Professeur, université Paris Dauphine, CEPN-CNRS. Joël Oudinet, Maître de Conférences, Université Paris 13, CEPNCNRS. Maria Pereira-Ramos, Professeur, Université de Porto. Sophie Saglio, chercheur, CEPN-CNRS.

Illustration de couverture: Philippe Mercier

Sommaire

LES ENJEUX DES MIGRATIONS DANS L'ESPACE EUROPÉEN El Mouhoub Mouhoud et Joël Oudinet

Il

CHAPITRE I. QUI SONT LES MIGRANTS, OÙ VONT -ILS ET QUELLES SONT LEURS CONDITIONS SUR LES MARCHÉS DU TRA V AIL EUROPÉEN? Franck Bailly, El Mouhoub Mouhoud et Joël Oudinet

25

CHAPITRE 2. LES POLITIQUES D'IMMIGRATION LUE SONT-ELLES COMMUNAUTAIRES? Guy Maurau

DANS

73

CHAPITRE 3 . QU'EST-CE QUI POUSSE LES MIGRANTS S'INSTALLER DANS LES PAYS EUROPÉENS? El Mouhoub Mouhoud et Joël Oudinet

À

109

CHAPITRE 4. QUEL RÔLE JOUENT LES MIGRATIONS DANS LE FONCTIONNEMENT DE L'UNION MONÉTAIRE Jacques Mazier, El Mouhoub Mouhoud, JoëlOudinet, Sophie Saglio

?

151

CHAPITRE 5. TRAVAIL ET CIRCULATIONS MIGRATOIRES - LE PORTUGAL, PAYS RELAIS DES MIGRATIONS EN EUROPE Maria Pereira Ramos

215

CHAPITRE 6. LES DÉTERMINANTS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX DE LA MIGRATION DES TRA V AILLEURS TURCS VERS L'UNION EUROPÉENNE Seyfettin Gûrsel, Ahmet Insel, Haluk Levent

271

Nos remerciements vont en tout premier lieu à Patrick du Cheyron pour son soutien tout au long de la réalisation de cette étude financée par la Mission Recherche (MiRe) de la Direction de la recherche des études, de l'évaluation et des statistiques (convention 1/00) et à Jacqueline Costa-Lascoux avec qui il a animé le séminaire «circulations migratoires ». Nos remerciements vont

également à Jean-Pierre Garson, Jean-Christophe Dumont et Cécile Thoreau de l'OCDE pour leurs conseils, leur disponibilité et leur aide. Nous remercions également Jacky Fayolle pour ses remarques critiques. Enfin, nous remercions Mireille Elbaum pour son soutien et la valorisation qu'elle a pu donner à cette étude dans le cadre du colloque organisé par la DREES (MiRe) et la DPM, "Les circulations migratoires, nouveaux courants, nouveaux enjeux" Paris, 14 juin 2004. Les auteurs de cet ouvrage restent néanmoins seuls responsables des erreurs éventuelles qui pourraient persister dans cette étude.

LES ENJEUX DES MIGRATIONS

DANS L'ESPACE

EUROPÉEN

Les migrations internationales de main-d'œuvre ont changé de visage. Durant les Trente Glorieuses, l'immigration de travailleurs était directement d'accueil: organisée par les gouvernements des pays

les sergents recruteurs du bâtiment et des travaux de la chaudronnerie, du

publics, des mines, de l'automobile,

textile..., se rendaient dans les anciennes colonies pour organiser le départ de jeunes hommes, village par village... Ces derniers

mandatés par la famille, le clan ou la tribu, devaient accepter les termes du contrat tacite: travailler dans les pays d'accueil sans chercher à s'y installer définitivement et transférer vers le pays d'origine une partie majoritaire de leur salaire... L'exode rural se faisait souvent directement des zones rurales du Sud vers les grandes villes industrielles des pays du Nord. L'entrée en crise des pays développés dans les années 1970 et la montée du chômage qui en a découlé ont servi de justification à la fermeture des frontières en France par exemple dès 1974. Le

regroupement familial a été encouragé et l'immigration familiale s'est substituée peu à peu à l'immigration d'hommes célibataires. Dans les secteurs intensifs en travail non qualifié, l'appel à l'immigration s'est poursuivi de manière clandestine. Mais, les

changements organisationnels et technologiques dans l'industrie, le poids croissant des services dans l'économie, la montée d'une économie fondée sur les connaissances... modifient structurellement ce que les économistes désignent par «facteurs d'appel» des

migrations internationales. Dans l'industrie lourde, les mines et l'automobile, les besoins de main-d'œuvre sont relativement limités par l'automatisation de la production. Dans les secteurs de la

restauration et autres services, de l'agriculture, du textile habillement, l'immigration en situation irrégulière et les délocalisations vers les pays à bas salaires permettent de baisser les coûts sans recourir de manière massive à une immigration régulière. Parallèlement dans les pays du Sud, depuis la période de décolonisation fortement des années 1960, les niveaux d'éducation Dès lors, depuis les années ont

augmenté.

1990, la

physionomie de la migration a changé. Globalement les frontières demeurent fermées, en Europe en particulier, mais ici ou là les besoins de main-d'œuvre ne se font pas sentir de la même manière. En Allemagne, les besoins de main-d'œuvre qualifiée, d'ingénieurs ou de cadres dans l'informatique ou les télécommunications ont incité à l'introduction d'une forme de quotas dans les flux

d'immigration. Dans les pays du Sud de l'Europe, les besoins de main-d' œuvre qualifiée et diplômée à bas coûts se traduisent par une politique d'ouverture régulée par les Etats essentiellement en direction des migrants des pays d'Europe centrale et orientale. Les Moldaves et les Ukrainiens passent par le Portugal ou l'Espagne pendant des périodes plus ou moins courtes avant de chercher une installation plus durable en Allemagne, en France ou au RoyaumeUni. Les diplômés des pays du Maghreb et d'Afrique sont mIeux informés sur les possibilités d'entrée dans les différents pays industriels et développent des stratégies de contournement des 12

barrières à l'entrée dans les pays développés en opérant une sélection et une hiérarchisation des pays de transit d'une part et d'accueil plus définitif d'autre part... La mobilité s'accélère et prend le pas de plus en plus sur le bilatéralisme des migrations SudNord des années 1960-1970. Dans l'espace européen, la mobilité des diplômés intracommunautaires s'organise dans le cadre d'un marché interne du travail au sein des firmes multinationales. Mais on est également frappé de constater que ces circulations migratoires ne concernent pas seulement les citoyens des pays européens disposant d'une libre circulation et d'une libre

installation. Les migrants d'origine non-européenne, apparaissent paradoxalement parfois plus mobiles encore que les

intracommunautaires. Cet ouvrage1 met en évidence ces changements dans les

dynamiques migratoires dans le cadre de l'Union européenne. Or, les migrations de main-d'œuvre ont souvent été étudiées dans une perspective Nord-Sud: qu'est-ce qui pousse les travailleurs des pays pauvres à aller tenter leur chance dans les pays riches, même lorsque les frontières sont fermées? Quel est l'impact de ces migrations sur les marchés du travail des pays d'accueil? Ces

migrations portent-elles préjudice aux pays d'origine (fuite des cerveaux) ou au contraire sont-elles favorables à ces pays (transferts de fonds des travailleurs émigrés)? Mais peu de travaux ont été réalisés sur le rôle et les effets des migrations dans des espaces

1. Cet ouvrage est basé sur une étude (Mouhoud et Oudinet, 2003), effectuée dans le cadre d'un appel d'offre de la MiRe «Circulations migratoires », CEPN, Paris, mai 2003 ; y ont participé Franck Bailly, Guy Maurau, Jacques Mazier et Sophie Saglio. Les monographies concernant le Portugal et la Turquie ont été réalisées avec Maria Ramos et Ahmet Insel. 13

intégrés rassemblant des pays développés comme dans le cadre de l'Union européenne. Au-delà de la problématique du rôle des migrations de

travailleurs dans l'ajustement des marchés du travail des pays de l'Union Européenne, il est indispensable de mieux connaître

l'ampleur, les caractéristiques et la dynamique des migrations dans l'espace européen, en fonction de critères peu étudiés jusqu'à présent. Une idée souvent répandue est qu'en Europe, à la différence des Etats-Unis, les migrations sont structurellement et historiquement faible. Mais que sait-on vraiment des migrations dans l'espace européen? Parvient-on à mesurer l'ampleur des flux de migrations pour conclure à leur très grande faiblesse? Comment appréhender des statistiques basées sur des sources et définitions hétérogènes? Que savons-nous de leurs caractéristiques en termes d'âge, de qualification, de contrat de travail? L'un des objectifs importants de cet ouvrage est précisément d'étudier la mobilité des travailleurs dans l'espace européen, selon plusieurs critères (nationalité des migrants, pays de naissance, contrats de travail, secteur d'activité, niveau de qualification...) et la dynamique des flux migratoires intra et extracommunautaires2. Il est également important d'étudier les déterminants des migrations main-d'œuvre sur les marchés du travail des pays de l'Union économique et monétaire européenne selon les pays

d'origine des migrants, le degré de qualification de la maind'œuvre, les caractéristiques des migrants sur les marchés du travail
2. Cet ouvrage s'appuie sur l'exploitation de bases de données complémentaires (de l'OCDE et d'Eurostat) et l'élaboration d'une typologie nouvelle des catégories de migrants. 14

et l'origine

intra ou extracommunautaire.

Les décisions

de

localisation des migrants dans l'espace européen dépendent elles des conditions du marché du travail ou bien d'autres facteurs tels que les effets de réseaux? Les migrants communautaires se

comportent-ils différemment des migrants non communautaires lorsqu'ils se déplacent dans l'espace européen? Le rôle des migrations dans le fonctionnement des unIons monétaires telles que l'UEM ou les Etats-Unis peut alors être analysé. Les migrations sont elles un facteur de rééquilibrage des marchés du travail aux Etats-Unis et dans les pays de l'UE ? Des enquêtes monographiques menées au Portugal et en

Turquie complèteront l'analyse statistique. Le choix de ces pays est lié à leur situation économique et géographique spécifique. Le Portugal devenu pays d'immigration est membre de l'UEM,

présente des divergences structurelles importantes vis-à-vis des pays plus avancés de l'UE et mène une politique d'immigration pragmatique et ouverte. La Turquie, candidate à l'entrée dans l'UE, est devenue une plateforme pour les circulations migratoires entre les pays du Sud et les pays du Nord.

Le premier chapitre s'intéresse

aux politiques migratoires

européennes et à leur évolution vers une logique plus ou moins communautaire. Le second chapitre analyse les dynamiques et les caractéristiques des migrants sur les marchés du travail européens selon leur origine intracommunautaire ou extracommunautaire. Le troisième chapitre analyse les déterminants des choix de localisation des migrants communautaires et non communautaires dans les pays 15

de l'DE. Le quatrième chapitre analyse les effets des migrations dans un cadre de comparaison Union Européenne - Etats-Unis. Le chapitre 5 présente les résultats de l'analyse qualitative menée sur le Portugal et le chapitre 6, ceux de la Turquie. La conclusion ouvre des pistes nouvelles sur le rôle et les caractéristiques des migrations internationales et met l'accent sur l'inadéquation des politiques de l'immigration face à ces nouvelles dynamiques.

Résumé des principaux résultats Chapitre 1. La diversité des solutions politiques adoptées selon les pays illustre les difficultés de définition d'une véritable politique européenne de l'immigration. Ces difficultés sont d'autant plus importantes que plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales en matière d'immigration, en fonction de la situation sur le marché du travail. Il apparaît en effet une forte asymétrie des positions relatives des pays européens en termes de politique d'immigration: certains sont des pays d'accueil traditionnels et mènent des politiques d'ouverture d'immigration sélective tandis que les nouveaux pays du Sud, poursuivant des politiques

d'Europe

d'ouverture régulée, servent de pays relais pour des migrants diplômés et jeunes en provenance des pays d'Europe centrale et orientale et des pays en développement. Chapitre 2. Globalement, à l'échelle des quinze pays membres de la zone Euro, la faiblesse historique des migrations en Europe se confirme lorsque l'on s'intéresse seulement à celles qui proviennent des autres pays membres. Il existe toutefois, une forte asymétrie des positions relatives des pays européens en termes d'immigration: 16

certains ont connu des chocs ponctuels importants (Allemagne), d'autres ont vu leur immigration se stabiliser (France) ou sont passés de la position de pays d'émigration nette à celle de pays d'immigration nette avec une croissance forte de leurs soldes

migratoires (Europe du Sud).

En outre, si la mobilité du travail intra-communautaire

est

réputée structurellement faible par rapport à celle des Etats-Unis, la montée de la mobilité des migrants d'origine extracommunautaire dans l'espace européen semble dessiner des changements réels pour les marchés du travail européens. De plus, les migrations de personnes diplômées augmentent entre les pays membres de la zone Euro même si leur poids dans la population totale demeure faible. Les migrations dans l'espace européen connaissent ainsi une relance et une complexification avec une montée des circulations migratoires répétées d'origine extracommunautaire. La mobilité des travailleurs au sein de l'Union Européenne est en partie alimentée par les migrations extracommunautaires et tend à s'intensifier. De nouvelles tendances se dessinent: i) d'une part, les grands pays du noyau dur de l'Union Européenne, présentant probablement des besoins de main-d' œuvre dans certains secteurs industriels ou des services de haute technologie, font de plus en plus ouvertement appel aux migrants diplômés originaires des pays en développement et des PEC~. ii) d'autre part, dans la mesure où l'Union n'est pas une zone homogène, les pays périphériques présentant 17 une divergence

structurelle vis-à-vis des pays du centre, tendent à attirer de manière plus ou moins officielle des migrants non communautaires. iii) Les migrants, de leur côté, développent des stratégies de mobilité géographique et sectorielle successives: ils choisissent

l'entrée par les pays périphériques de l'Union européenne qui régularisent rapidement leur situation et acceptent des salaires faibles transitoires en échange de la possibilité qui leur est offerte dans un second temps de se procurer «un passeport de mobilité» dans l'espace européen. En outre, la classification habituelle des migrants (travailleurs, regroupement familial, raisons humanitaires) ne correspond plus à la réalité des flux récents de migrations et aux possibilités exploitées par les migrants de changer de statut: on assisterait ainsi à une sorte de « décloisonnement des catégories de migrants ». De surcroît, la liste des pays d'immigration ou de destination s'est accrue et les pays d'Europe du Sud sont devenus des pays d'immigration et de transit vers d'autres destinations européennes. Les migrations en situation irrégulière ne concernent pas seulement les travailleurs non qualifiés des pays du Tiers-Monde, conduits par des filières clandestines opérant dans des secteurs intensifs en travail non qualifié (bâtiment, textile-habillement, services...). restauration,

Elles concernent de plus en plus des personnes

diplômées en provenance des pays en développement qui passent aussi par des filières plus ou moins formelles et même des emplois non qualifiés en attendant une nouvelle mobilité. Enfin, deux logiques semblent caractériser la situation des migrants en particulier diplômés sur les marchés du travail des pays 18

de l'Union Européenne:

dans les pays du centre, ils tendent à

s'insérer dans les conditions globales des marchés du travail nationaux tandis que dans les pays périphériques ils subissent de manière plus ou moins provisoire des conditions d'emplois plus précaires. Cette asymétrie des conditions d'employabilité des

migrants entre les pays du centre et ceux de la périphérie constitue l'une des bases importantes du développement récent mais croissant du phénomène des migrations répétées.

Chapitre 3. La migration intracommunautaire, même lorsque l'on intègre la mobilité des migrants non européens dans l'espace européen, ne peut véritablement jouer un rôle de facteur

d'ajustement sur le marché du travail pour deux raisons essentielles, l'une d'ordre quantitatif et l'autre d'ordre qualitatif. Tout d'abord, malgré la relance récente des flux d'immigration en Europe, il persiste une faiblesse structurelle des flux intracommunautaires comparée à la mobilité entre les régions des EtatsUnis qui demeure environ dix fois plus forte. Ensuite, les facteurs déterminants de ces flux sont moins liés aux déséquilibres sur le marché du travail qu'aux effets de réseaux et de structures. On peut donc parler d'une prime aux effets de réseaux dans les déterminants des migrations au sein de l'espace européen au contraire de ce que l'on a pu observer dans le cas américain.

Néanmoins, on peut distinguer deux types de comportements sur les marchés du travail selon d'une part les catégories de migrants et d'autre part la position des pays d'accueil. 19

Du point de vue des migrants, ceux qui viennent des pays non membres de l'Union Européenne sont davantage influencés par les différences de salaires entre les pays d'accueil. Ceux qui viennent des pays membres, sont moins sensibles aux salaires relatifs et à l'emploi puisqu'ils conservent le même emploi et le même salaire dans le cadre d'un marché interne du travail (firmes multinationales). Les migrants en situation répétée bénéficient d'un effet d'apprentissage de leurs premières expériences d'émigration qui diminue le coût de l'intégration dans le pays d'accueil.

La position du pays d'accueil intervient également dans la distinction des différentes logiques de migrations dans l'espace européen. Les pays périphériques de l'Union Européenne, en situation de divergence structurelle par rapport aux pays du centre, utilisent plus volontiers la migration comme variable d'ajustement ce qui explique le fait que les migrants sont davantage attirés par les différences de salaires et d'emplois en se rendant dans ces pays. A l'inverse les effets de réseaux et de structure jouent un rôle plus grand dans le cas de l'immigration dans les pays du centre de l'Union Européenne.

Chapitre 4. L'utilisation d'une maquette décrivant, d'une part la dynamique de l'emploi et la mobilité de la main-d'œuvre et d'autre part les ajustements par les salaires et les prix relatifs, permet de conclure à la faiblesse du rôle des migrations dans le rééquilibrage des marchés du travail.

20

En cas de choc négatif sur la demande et sur le PIB, l'immigration nette diminue, limitant la croissance de la population active et faisant baisser le chômage. A moyen terme, le chômage reste persistant bien que le rééquilibrage soit moins lent que celui de l'emploi. C'est essentiellement la flexion du taux d'activité qui permet de réduire la hausse du chômage aux Etats-Unis,

l'ajustement comparaIson

par les prix relatifs restant lent et partiel. La des simulations du modèle pour les régions

américaines avec et sans bloc migration montre que la migration ne joue qu'un rôle limité et essentiellement à court terme.

Si l'on simule un choc migratoire continu, par exemple un flux permanent de migration d'une région vers une autre, on s'aperçoit que seule la région d'accueil bénéficie à terme d'un impact positif sur la production et l'emploi. Pour le pays de départ, la baisse mécanique du chômage est faible et uniquement de court terme, et l'impact à terme est négatif en ce qui concerne l'emploi. Les effets sont globalement assez faibles pour les régions américaines (modifications de l'emploi de l'ordre de 0,1% pour un flux migratoire modifié de 10%) et négligeables pour les pays européens, dont le taux migratoire est près de dix fois plus faible. Il faut, toutefois, nuancer ce résultat, en rappelant que les envois de fonds par les immigrants vers leur pays d'origine sont négligés dans les maquettes.

En conclusion, on peut affirmer que les déterminants principaux des flux migratoires sont de nature structurelle et liés aux

21

caractéristiques des régions ou des migrants et relèvent peu des déséquilibres du marché du travail.

En cas de choc asymétrique, le rééquilibrage de la région touchée par la voie de la mobilité du travail est très limité. Donc, l'hypothèse d'une plus grande mobilité intra-européenne de la

main-d'œuvre ne constituerait qu'une réponse marginale en termes d'ajustement.

En cas d'un choc migratoire, l'impact est plutôt positif, à terme, pour le pays d'accueil et non pour le pays de départ.

Chapitre 5. Le Portugal constitue un cas exemplaire d'importation de main-d'œuvre autorités en large non officielle mais conduite par les pour des raIsons d'ajustement

partie

macroéconomique. En effet, si le Portugal a réussi sa convergence nominale en respectant globalement les critères de Maastricht, la persistance d'une divergence structurelle par rapport à la moyenne de l'Union européenne, le conduit à rechercher des modes

d'ajustement alternatifs à l'utilisation des dévaluations compétitives dont il a fréquemment usé avant l'adoption de l'Euro. Dès lors que ses coûts salariaux relatifs s'avèrent supérieurs à ceux des PECQ (bien qu'inférieurs à ceux des pays du noyau dur de l'VE) pour un niveau de productivité inférieur, l'économie portugaise rencontre des problèmes d'ajustement structurel importants et de sous-

compétitivité de ses produits sur les marchés européens et sur les marchés tiers. Les nouvelles vagues migratoires qui arrivent au Portugal proviennent des PECQ, d'Ukraine, 22 de Moldavie, de

Russie. .. Les flux d'immigration traditionnels continuent à arriver au Portugal en particulier en provenance des anciennes colonies d'Afrique, du Pakistan et du Brésil. Les migrants en provenance d'Ukraine, de Moldavie, de Russie, notamment, choisissent d'entrer au Portugal en raison de la souplesse de l'accueil et de la plus grande possibilité de régularisation qui leur est offerte. En effet, une nouvelle loi datant de janvier 2001 permet une régularisation très rapide des immigrés dès lors que le demandeur a des propositions d'emploi de la part d'entreprises en règle. Cette immigration en provenance des PECQ est favorisée par les autorités portugaises par une politique plus ou moins implicite de quotas. En effet, la régularisation des immigrés se fait au cas par cas et passe par l'employeur. Leurs niveaux de diplômes élevés et leur acceptation de travaux non qualifiés dans le bâtiment, l'industrie textile ou les services, ainsi que des niveaux de salaires très faibles pour une productivité plus élevée, constituent des atouts importants aux yeux des employeurs portugais. En outre, dans un contexte d'accélération de la polarisation des activités et des personnes dans les grandes agglomérations portugaises, les travailleurs issus des PECQ

présentent une propension forte à la dispersion géographique en direction des campagne portugaises.

De leur côté, les migrants développent deux types de stratégies: certains cherchent à s'intégrer au Portugal et à y maintenir une activité. D'autres utilisent les possibilités de régularisation rapides offertes par le Portugal dans l'espoir de se diriger, une fois régularisés, vers les grands pays de l'UE traditionnellement d'accueil. Dans ces derniers pays, la probabilité de trouver un 23

emploi correspondant aux niveaux de diplôme et mieux rémunéré semble plus élevée. C'est pourquoi se développent des circulations migratoires dans l'espace européen au lieu des traditionnels flux bilatéraux.

Chapitre 6. La Turquie est également devenue un pays d'immigration mais reste un pays d'émigration nette en direction de l'Europe en particulier. Le chômage et les différences relatives des salaires ou des revenus constituent les deux variables critiques qui déterminent l'émigration des travailleurs Turcs. L'émigration des ressortissants Turcs vers l'DE est alimentée principalement, depuis vingt ans, par les migrations liées au regroupement (émigration demande de peuplement). d'asile politique L'émigration correspondent clandestine davantage familial ou la à une

émigration de travailleurs. L'absence d'une politique officielle d'immigration vers l'UE et la poursuite de la pression interne pour l'émigration débouchent sur des stratégies de contournement. Avec la grande récession de 2001 qui a provoqué une hausse sans précédent du chômage et une forte baisse des revenus réels, cette incitation à l'émigration s'est manifestée dans les demandes de participation à la loterie de green cards qui permet aux gagnants de partir aux Etats-Unis comme migrants. La migration officiellement organisée de travailleurs vers le Moyen-Orient et la CEI se présente comme une migration exclusivement masculine, temporaire et limitée en volume.

24

CHAPITRE QUI SONT LES MIGRANTS, LEURS CONDITIONS

1. ET QUELLES SONT

OÙ VONT-ILS

SUR LES MARCHÉS DU

TRA V AIL EUROPÉEN?

Franck BaillY, El Mouhoub Mouhoud

et Joël Oudinet

Introduction

Une idée souvent répandue est qu'en Europe, à la différence des Etats-Unis, les migrations sont structurellement et historiquement faible. Mais que sait-on vraiment des migrations dans l'espace

européen? Parvient-on à mesurer l'ampleur des flux de migrations pour conclure à leur très grande faiblesse? Comment appréhender des statistiques basées sur des sources et définitions hétérogènes? Que savons-nous de leurs caractéristiques en termes d'âge, de qualification, de contrat de travail? Peu d'études répondent à ces questions de manière systématique et homogène pour les pays européens. L'un des apports de cette étude est d'avoir exploité de manière détaillée l'enquête sur les forces de travail d'Eurostat (Labor Force Survey-LFS) que nous avons mise en relation avec les données New Cronos (Eurostat) et SOPEMI (OCDE)3, afin de connaître l'évolution de la population étrangère dans les pays membres de

3. Voir encadré 1 pour les sources et méthodes.

l'Union selon plusieurs critères (nationalité des migrants, pays de naissance, contrats de travail, secteur d'activité, niveau de qualification. . .) et la dynamique des flux migratoires intra et extracommunautaires4. Le travail statistique réalisé permet aussi d'appréhender les migrations répétées et d'approcher la question des circulations migratoires dans l'espace européen qui invite à dépasser la vision souvent trop bilatérale de la migration. La situation de migrations répétées correspond au cas des personnes qui se trouvaient durant l'année précédente dans un autre pays que leur pays d'origine et d'accueil au moment de la réponse5. La première section de ce chapitre propose de mesurer l'ampleur des migrations en Europe. Elle montre que, globalement, à l'échelle des quinze pays membres de l'DE, la faiblesse historique des migrations en Europe se confirme lorsque l'on s'intéresse seulement à celles qui proviennent des autres pays membres. Elle souligne également, une forte asymétrie des positions relatives des pays européens en termes d'immigration6 : certains ont connu des chocs ponctuels importants (Allemagne), d'autres ont vu leur

immigration se stabiliser (France) ou sont passés de la position de pays d'émigration nette à celle de pays d'immigration nette avec une croissance forte de leurs soldes migratoires (Europe du Sud).
4. Dans cet ouvrage, les termes migrations intracommunautaires et extracommunautaires désignent respectivement les migrants provenant des quinze pays membres de l'Union Européenne et les migrants provenant de pays non membres de l'Union Européenne (dont les Pays d'Europe Centrale et Orientale). Par contre, on utilise les termes de migrants communautaires et non-communautaires en fonction de leur nationalité et non plus en fonction de leur pays de provenance. Parfois, le terme d'Européens est utilisé au sens large de l'Union européenne, et désigne la même catégorie que les communautaires. 5. Si l'on tenait compte à la fois des nationaux et des migrants qui changent de pays plusieurs fois dans l'année, le nombre de migrants en situation répétée serait bien entendu plus élevé. 6. Ces asymétries se retrouvent également dans les politiques nationales d'immigration (voir chapitre 2). 26

En outre, la montée de la mobilité des migrants d'origine noncommunautaire dans l'espace européen semble se dessiner en fonction des marchés du travail européens. La seconde section présente les caractéristiques des migrants sur les marchés du travail en insistant sur la différence de comportement entre les diplômés et les non diplômés, en fonction de la nature des contrats de travail (temporaire/permanent), de l'importance des

marchés internes ou encore du type de secteur d'activité des migrants. Au total, se dessine une sorte de dualisme entre le centre de l'Union Européenne et la périphérie à la fois en termes de caractéristiques des migrants et en termes de rôle des pays

d'accueil, les pays périphériques jouant, pour les migrants, le rôle de pays relais vers les pays du centre7.

1. Les nouvelles dynamiques migratoires
L'analyse des migrations dans l'Union Européenne permet de dégager deux nouvelles tendances importante: d'une part, le rôle moteur des nouveaux pays d'accueil dans la relance des migrations (1) et, d'autre part, la complexification des réseaux de migration dont l'apparition du phénomène des migrations répétées constitue l'une des caractéristiques (2).

7. Les termes «pays du centre» renvoient aux pays du "noyau dur" de l'Union Européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg). Ce sont aussi des pays traditionnels d'immigration. Les «pays de la périphérie» sont à la fois les pays d'Europe du Sud, l'Irlande et la Finlande. 27

1.1. Le rôle des nouveaux Les dynamiques

pays d'accueil

migratoires récentes dans l'Union Européenne

laissent apparaître trois résultats clés:

.

Les grands pays d'accueil traditionnels continuent à

recevoir la majorité des immigrants de l'Union européenne; Le taux d'immigration moyen (nombre total d'immigrants sur la population totale) de l'ordre de 0,5 % confirme la faiblesse historique des circulations migratoires en Europe8. Toutefois, cette faiblesse concerne plus particulièrement les grands pays d'accueil traditionnels (France, Allemagne, Royaume-Uni) qui continuent pourtant à concentrer plus des deux tiers de la population étrangère en Europe. En effet, ces derniers connaissent une stagnation de leur part relative dans l'accueil des étrangers, qui contraste avec l'augmentation des migrations en direction des pays de l'Europe du Sud devenus des pays d'immigration. En outre, la présence des migrants en Europe est également sous-estimée par le critère de la nationalité alors que celui du pays de naissance des migrants laisse apparaître un chiffre bien plus élevé (23 millions pour l'Europe des Quinze selon le critère du pays de naissance soit 6,3 % de la population totale, contre 17 millions selon le critère de nationalité soit 4,7 % de la population totale en 20009).

.

Si les migrations en Europe ont diminué sur une très

longue période, on assiste depuis le milieu des années 1980 à une reprise de ces flux qui s'accélèrent à partir de la fin des années 1990.
8. Données SOPEMI-OCDE. 9. Données LFS-nos calculs.

28

La croissance de la population étrangère durant les années 1990 est, en effet, confirmée par l'analyse des données de flux. Depuis 1985, les flux migratoires ont augmenté de plus de 50 % en Europe, avec un taux de croissance annuel moyen de 4,4 % selon les données de l'OCDE 10. Cette croissance s'accélère encore à la fin des années 1990 comme le montre notre exploitation de l'Enquête LFS Il. Si la croissance des années 1989 et 1990 est très largement due au choc de la réunification allemande et de l'ouverture des pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO), l'accélération de la fin des années 1990 dépend plus largement de facteurs économiques, démo graphiques et sociaux. C'est le cas de la reprise de l'immigration en France et en Allemagne à partir de 1997 (graphique 1.1), dont les évolutions convergent depuis cette période. Le nombre de

personnes résidant à l'extérieur l'année précédente est également proche pour les deux pays (220 000 en France contre 260 000 en Allemagne en 2000) 12.

10. Données Sopemi-OCDE. Il. Notre méthode d'exploitation de l'enquête LFS, selon laquelle nous considérons comme migrant toute personne résidant dans un pays où elle ne se trouvait pas l'année précédente, permet en effet de compléter l'analyse des flux d'immigration de l'OCDE. En outre les données LFS, disponibles jusqu'en 2001 pour la majorité des pays, confirment cette accélération de la croissance. 12. Données LFS-nos calculs. 29

Graphique

1.1. Nombre de migrants (personnes résidant à l'extérieur du pays l'année précédente)
Résidants à l'extérieur du pays l'année précédente

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13. Données SOPEMI-OCDE.

30

200114. Ces hausses sont bien plus fortes que celle du Royaume-Uni (graphique 1.2).

Graphique est forte

1.2. Flux d'immigrants

dans les pays où la rupture

Flux total d'immigration
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Source: SOPEMI-OCDE

1.2. La complexification des réseaux et le décloisonnement catégories de migrations Avec l'achèvement

des

du marché unique européen, les pays

membres ont, malgré tout, maintenu des politiques d'immigration différentes voire divergentes, en termes d'ouverture des frontières qui répondent en réalité à des besoins spécifiques. Face à cette diversité des cadres nationaux les migrants adaptent leur choix de pays de destination en fonction de leurs caractéristiques (le niveau de qualification, l'âge, leur pays d'origine candidat ou non à
14. Données LFS-nos calculs. 31

l'élargissement de l'Union. ..), ce qui se traduit par une complexification des circulations migratoires dans l'espace européen 15. Cette complexification peut être mise en lumière à partir d'une typologie des catégories de migrants (voir tableau 1.1 et annexe 1.1) définie à partir de l'enquête LFS qui croise la nationalité du migrant et son pays de résidence l'année précédente. Tableau 1.1. Typologie des catégories de migrants en Europe établie à partir des données d'enquête LFS
En provenance Nationalité Union européenne « Européens en mobilité intracommunautaire (1) d'un autre pays de l'Union Nationaux « retours intracommunautaires (3) » » « non-Européens en mobilité intracommunautaire » (migration répétée) (5) européenne Nationalité non-Union européenne

Total européens en mobilité intracommunautaire (1+3)

En provenance Nationalité Union européenne

d'un pays extra-Union Nationaux « retours extracommunautaires

Européenne Nationalité nonUnion européenne

»

« européens en mobilité extracommunautaire » (migration répétée) (2)

(4)

« non-Européens en mobilité extracommunautaire » (6)

Total européens en mobilité extracommunautaire (2+4)

15. Cette idée est également nourrie par des études monographiques (Mouhoud et Oudinet, op cil). 32

Tous pays de départ
Nationalité Union européenne
« Migrants européens (1) + (2) })

Nationaux « retours » (3)+(4)

Nationalité non-Union européenne « migrants non européens » 5 + 6

Note de lecture: le cadre 1 du tableau indique que le migrant a la nationalité d'un des pays de l'Union européenne et qu'il résidait l'année précédente dans un pays de l'Union. Le cadre 2 indique le migrant à la nationalité d'un des pays de l'Union européenne, mais qu'il résidait l'année précédente dans un pays hors de l'Union.

Trois dimensions caractérisent cette complexification : l'importance effective de la migration intracommunautaire, la diversification des pays d'accueil et la croissance du phénomène des migrations répétées.

Composition

et ampleur de la migration

intracommunautaire

Le taux de crOIssance annuel moyen de l'immigration des communautaires en Europe est de 5,5 % sur la période 1985-1999, soit légèrement supérieur à la croissance de l'immigration globale qui était de 4,4 %. Mais ce sont surtout les non-communautaires qui pèsent dans la croissance du nombre total d'immigrants (avec un taux de croissance moyen de 9 %), alors que le retour des nationaux européens dans leurs pays respectifs est beaucoup plus faible (+2 % en moyenne, voir graphiques 1.3 et tableau Annexe 1.2). Le tableau 1.2 fournit le poids relatif de ces différentes catégories sur la période 1995-2000 définies dans la typologie utilisée dans le tableau 1.1.
33

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