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L'image de la surfeuse : miroir aux alouettes

De
234 pages
Partant de l'image projetée par les grandes firmes de surf et à travers les magazines spécialisés visant le jeune public féminin, l'auteur s'interroge sur la réalité et sur les codes iconographiques utilisés pour médiatiser les surfeuses. A partir d'entretiens menés au Pays Basque, Charente-Maritime et en Vendée, il s'avère que les rapports de genre dans cette activité nautique ont évolué vers moins de domination masculine et plus d'autonomie chez les surfeuses.
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L’IMAGE DE LA SURFEUSE
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Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Alessandro BERGAMASCHI,Jeunes Français et Italiens face à la diversité. Les deux facettes d’un même préjugé, 2013.Jimmy BENOUMEUR,La pluridisciplinaire en santé / travail, freins et leviers, 2013 Jean-Michel BESSETTE,Anthropologie du crime, 2013. Claude GIRAUD,De la suspicion. Sociologie des liens négatifs, 2013.Franck DUBOST,De l’oubli par la sociologie contemporaine du concept d’anomie, 2013. DEGUISE-LEROY, Éric LETONTURIER, Sylvie PFLIEGER, Bernard VALADE(dir.),La générosité, 2013 Stefania PONTRANDOLFO,La dissolution identitaire d’une communauté rom. Ethnographie d’une disparition, 2013. YANGet Z XiaominHENG Lihua,㠖 ▥ 咖 丰 䚕Culture et management,2013. Suzie GUTH (dir.),Saul Alinsky, Conflit et démocratie locale, 2013. Yamina MEZIANIPierre V etENDASSI (coord.)VOCATION SOCIOLOGUE,Les politiques à l’épreuve des sociologues, 2013. Leila JEOLAS, Hagen KORDES,Risquer sa vie pour une course. Parcours de vie d’une jeunesse brésilienne accro aux courses illégales de voiture et de moto,2013. Rachida BOUAISS,Collégiennes en quête de beauté,2013. Alexis FERRAND,La formation de groupes de jeunes en milieu urbain. Pratiques spatiales et rapports sociaux,2013. Servet ERTUL, Jean-Philippe MELCHIOR, Éric WIDMER,Travail, santé, éducation. Individualisation des parcours sociaux et inégalités, 2013. Pascal VALLET,Les dessinateurs. Regard ethnographique sur le travail de dessinateurs dans des ateliers de nu, 2013.
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DU MÊME AUTEUR
« Les Surfs », éditions Atlantica, 2010. Couverture :assemblée de surfeuses professionnelles au Roxy Jam Festival de Biarritz en juillet 2009 (photographie de l’auteur) © L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01425-8 EAN : 9782343014258
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Une surfeuse! ! !S’agit-il d’une femme qui fait du surf? Ma vue se trouble. Des femmes, plus qu’une… Des images se bousculent, se superposent, s’estompent, disparaissent, se métamorphosent. Cette surfeuse dont parle T. AL AZZAWI n’est-elle pas le fruit de la production d’images alimentée par les médias qui opèrent en chacun? En effet, dans quelles mesures nos représentations et nos goûts nous appartiennent, tant une société de marketing et de communication modifie à notre insu, nos repères, notre perception, nos canons esthétiques et nos valeurs. L’image de la surfeuse est bien celle que je veux bien voir dans ce miroir aux alouettes. S’agit-il de ces mannequins semi dénudés, «sans visage» aux jambes et aux hanches et arrogantes supposés titiller les phantasmes de surfeurs mâles? Inspirée des magazines érotiques des années 60 dont le calendrier annuel faisait le bonheur des camionneurs, la société Reef fit fortune sur l’image exotique de ces Vahinés aux courbes stimulantes. Tristes tropiques. S’agit-il de ces surfeuses à visage incarnées par le joli minois de Lee-Ann Curren, égérie de la firme Roxy ? S’agit-il des ces filles discrètes anonymes, jouisseuses des vagues ?Ces passionnées des sports de pleine nature pleinement dans leur temps, décomplexées, qui revendiquent leur autonomie et affirment leur désir.
S’agit-il de ces filles à la plastique superbe, suggestives, habillées par les marques de surf qui font rêver une jeunesse féminine en quête de repères esthétiques et de valeurs ? Ce livre permet d’observer et d’analyserl’image de la surfeusedans l’espace du surf. Enquêtes de terrain, interviews, analyse des médias spécialisés, l’auteur utilise les outils et les méthodes de la Sociologie pour favoriser l’émergence de ces silhouettes diffuses qui se dessinent en contre-jour. Grain de sable dans le champ sociologique, ce livre touche au sel de la vie, et interroge l’identité et le statut des femmes dans le monde contemporain du surf. Pour mener à bien ce travail rigoureux en terrain difficile, tant l’analyse des médias oblige à l’interdisciplinarité, l’auteur n’a pas hésité à adopter une démarche participante (pratique y compris), pour aller à la rencontre de ces surfeuses de l’ombre supposées incarner le surf au féminin. De ses chemins de traverse, il rapporte ici les couleurs de l’arc en ciel. Palette de portraits de surfeuses. Mais la Femme s’infiltre, persiste, et se diffuse dans leurs propos comme s’il leur fallait à chaque fois justifier leur identité et rassurer les hommes sur leur sexualité. Basculement du sujet. Les surfeuses sont d’abord des femmes. L’auteur soulève ici le débat du genre où le déplacement du sujet menace systématiquement. Aborder l’image de la surfeuse n’est ce pas encore et encore une façon détournée d’aborder le statut des femmes au regard des hommes et d’oublier le surf au passage ?Peut être que les propos des surfeurs à propos des surfeuses, qu’il a collectés lors d’entretiens semi-directifs, permettent de vraiment d’aborder la problématique dans son ensemble, c’est à dire en considérant et le rapport de genre et la pratique. Depuis la nuit des temps une danse de pénombre entre femmes et hommes définit nos humanités, où se déplacent les frontières, les représentations et les règles du jeu.
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Prolongement des courants féministes américains des 1 années 80, la théorie « Queer »suggère de substituer au genre Féminin ou Masculin, un espace matriciel indéfini où les identités se dessinent et s’affirment en toute liberté. Ce mouvement a pris racine en réaction aux conservateurs puritains des Etats-Unis qui souhaitaient notamment revenir à une éducation des femmes séparées des hommes. La théorie « Queer » pourraitse traduire par la capacité ou la possibilité d'agir en tant que sujet. Sous cet angle, les surfeuses se définiraient d’abord en tant que personnes passionnées de surf, sans avoir à se préoccuper d’un quelconque masculin ou féminin. Pourtant, les enquêtes de l’auteur révèlent que le monde du surf ne s’est pas vraiment affranchi de cet ordre établi, où la femme occupe la place que les hommes veulent bien lui donner. Un espace d’expression leur est offert. Un magazine fait par des Femmes pour des Femmes. Enfin, elles vont pouvoir papoter, parler froufrou ou cuisine, aborder des sujets sur la séduction, la sexualité… Sélection «naturelle »(le débat nature/culture, ici inévitable), les plus jolies ont le privilège des publicités. Mannequin d’abord, surfeuses ensuite. Les montants du sponsoring des surfeuses se détermi-nent en coulisse au charme (un charme toutefois bien précis, répondant à des codes construits) et aux mensurations. Elles restent ainsi confinées dans un espace où enfin les femmes parlent aux femmes, sans avoir à se soucier de ces surfeurs parfois moqueurs. Les hommes à ma droite, les femmes à ma gauche. Dorénavant les femmes entraîneront les femmes, des écoles de surf réservées aux femmes seront dirigées par des femmes. Une plus grande sensibilité, dit-on. Je me moque? Bien entendu! Mais le piège se referme. Elles resteront ces femmes définies par le phantasme des
1  Voirles travaux de la Philosophe et féministe américaine. J.Butler, notamment : Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, préface d'E. Fassin, traduction de C. Kraus, éditions La Découverte, Paris, 2005, (ISBN 2707150185).
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