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L'individu : raison d'être de l'humanité

De
334 pages
Chaque individu est unique, mais c'est le terme d'Homme qui est utilisé pour définir les droits et les valeurs qui le concernent. La notion d'individu est la référence symbolique qui a présidé à tous les systèmes de vérité, mais c'est la société qui impose ses règles de vie, communes et anonymes. L'individu n'est-il qu'une particule fonctionnelle de systèmes qui ne reconnaissent pas son existence ; n'est-il que ce monstre d'égoïsme indifférent et dangereux pour la société ; ou les individus sont-ils la dernière chance de l'humanité pour assurer la survie de notre espèce?
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Michel Manavella contemporaines RAISOQN D’ÊTPRouEruDn aEnaLrcHhisUmeMhAumNaInTistÉe L’INDIVIDU :
Questions contemporaines
Préface de Jean-Pierre Sironneau
L’individu :raison d’êtrede l’humanité Pour un anarchisme humaniste
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Steve GADET,Dieu et la race aux Etats-Unis : Le pouvoir politique de l’Eglise Noire, 2015. Louise FINES,Le jeu de la collusion, Entre sphères légales et réseaux illégaux, 2015. Jean PETIT,La bataille de Notre-Dame-des-Landes, éléments de langage, 2015. Thierry CHARLES,Les nouvelles perspectives de la souveraineté, 2015. Jean-Christophe TORRES,L’école et les valeurs, Variations sur la difficulté éducative,2015. Emilija PUNDZIŪTĖ,Diplomatie de l’arrogance. Le cas de la Russie dans les pays baltes, 2015. Nicole PERUISSET-FACHE, La bourse ou la vie. Réflexions sur les valeurs contemporaines, 2015. Jean-Marc DA SILVA,Libéralisme et totalitarisme,2015. Alain MESSAGER,Le sabre et la poussière, Essais sur le postmodernisme et la guerre,2015. Sébastien EVRARD,Réformer l’administration et réformer l’état, Jalons historiques et juridiques,2015. Max MEMMI,La France en partage, 2015. Marine LAMARE,Le droit à la ville. Justifications, apports, manifestations et portées, 2015.
Michel Manavella
L’individu :raison d’êtrede l’humanité Pour un anarchisme humaniste
Essai
Préface de Jean-Pierre Sironneau
L’Harmattan
Du même auteur : 1989 : « La disjonction conceptuelle. Considération transculturelle sur l’invention du réel ». In : Les cahiers internationaux de sociologie (vol 87). 1995 « Une recherche de l’intégrité ». Bulletin N° 30 du CLCJ « Les Réparations ». 1995 Auto édition : ouvrages pédagogiques : Manuel à l’usage des formateurs bénévoles et professionnels : « l’apprentissage des savoirs fondamentaux ». Avec Sophie Manavella : « Thésaurus de la lutte contre l’illettrisme (ORLEC) ». A paraître en autoédition « La ligne de partage ». Tome 1 « la conscience transitive ». Tome 2 « Le corps de Barbara »
Préface Le lecteur habitué à un travail universitaire classique risque d’être dérouté par celui-ci. Il s’agit d’un livre foisonnant, de facture impressionniste où l’auteur, Michel Manavella, de formation psychologique, mais d’une culture très étendue, ethnologique, historique, sociologique, et même philosophique, alimente sa réflexion à des sources multiples. Le lecteur s’en apercevra en lisant la bibliographie. L’intérêt de ce livre réside me semble-t-il dans son originalité ; on s’aperçoit que l’auteur est un praticien, homme de terrain qui a travaillé dans des institutions difficiles (hôpitaux psychiatriques, prisons, centres d’hébergement de personnes exclues…), qui a pu se rendre compte des difficultés des relations humaines et du tragique de beaucoup de situations. Loin de le décourager, son expérience l’a incité à dépasser le quotidien de son travail et à entreprendre une réflexion plus théorique, en s’appuyant sur les acquis des sciences humaines de notre temps ou de la philosophie classique. Il peut convoquer aussi bien Marx que Proudhon, Laing que Lacan, Alquié que Bachelard, C. Lévi-Strauss que Gilbert Durand. Ce dernier, bien qu’anthropologue et philosophe, a eu à l’évidence pour Michel Manavella un rôle essentiel dans sa compréhension du processus d’identification de la personne humaine, par son approche de l’imaginaire. À la suite de Gilbert Durand, l’auteur est conscient de l’importance des affects, des images et du symbolique dans la vie sociale. Peut-être trouvera-t-on qu’il y a trop de références, mais c’est le style choisi par l’auteur, qui a pour ambition, me semble-t-il de provoquer le lecteur à une réflexion plus personnelle et à une mise en cause de ses certitudes, et par là à une meilleure compréhension de notre époque. Quant au contenu du livre dont le titre peut paraître ambitieux : « l’individu :raison d’êtreil comprend des partiesl’humanité »,  de assez distinctes. Les trois premiers chapitres traitent de questions plus psychologiques, à propos desquelles je ne me permettrai pas de faire des remarques ; les chapitres suivants sont plus sociologiques, surtout le chapitre IV ou anthropologique (chapitre V), suivis d’un intermède plus philosophique ou même théologique sur La Trinité. 7
Les derniers chapitres développent une réflexion sur le monde actuel qui pose la question de l’individu et de l’humanisme. L’auteur, familier des acquis de l’anthropologie culturelle, et qui a une conscience très vive de la pluralité des cultures, des systèmes d’éducation, des systèmes religieux etc. nous met constamment en garde contre une perspective trop ethnocentrique de la compréhension de l’être humain ; par exemple lorsqu’il évoque le livre de Maurice Leenhardt « Do Kamo » sur le statut de la personne individuelle, chez les Canaques. Par ailleurs il a également une conscience très vive de ce qui constitue l’essence de la modernité, essentiellement en ce qui concerne le statut de l’individu. Il rejoint en cela les sociologues et les philosophes qui depuis des décennies nous ont beaucoup éclairés sur ce sujet de manière plus systématique. C’est un fait que l’idée de l’homme comme sujet autonome, créateur de ses propres valeurs est devenue une évidence depuis la philosophie des Lumières : « La volonté morale ne veut rien d’autre qu’elle-même en tant que liberté posant la loi à laquelle elle se soumet » résume Alain Renaut. Cependant des travaux plus récents ont montré qu’en réalité il y a eu deux phases distinctes dans le développement de l’individualisme moderne. Dans une première phase, l’homme (en fait laclassebourgeoise) se veutautonome;, mais ouvert aux idéaux collectifs c’est une phase assez bien représentée par l’idéologie républicaine. La seconde phase que certains (Lipovetski entre autres) ont appelée « seconde révolution individualiste », toucherait toutes les couches de la population et concernerait l’ensemble de la vie quotidienne, les mœurs, la morale, les styles de vie, les relations de travail, les loisirs. Dans cette phase, l’individu se voudrait plusindépendantqu’autonome : les valeurs autoritaires céderaient la place aux valeurs d’épanouissement personnel et de réalisation de soi. À l’ère de l’autonomie d’un sujet conscient de ses responsabilités et capable d’adhérer à des idéaux collectifs, (ce qui n’est toujours possible que pour des individus d’une certaine culture bourgeoise), succéderait l’ère du narcissisme (Christophe Lasch) voire de l’Hédonisme, dans lequel l’individu est surtout préoccupé de son bien-être personnel, s’il n’est pas, comme une grande partie de la population mondiale, simplement préoccupé par sa survie. Notre auteur est conscient de cette évolution et y fait de nombreuses allusions. Il note l’impuissance de nombre d’institutions
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officielles devenues trop bureaucratiques ; il constate les effets pervers de la mondialisation ; il intitule d’ailleurs son dernier paragraphe « La mondialisation : dissolution de l’humanité ? » Il garde cependant espoir dans l’émergence de nouvelles formes de participation sociale à l’image des actuels petits groupes alternatifs, et il insiste sur la nécessité d’une éducation à promouvoir. Ces efforts et ces espoirs seront-ils suffisants pour recréer le lien social en partie détruit par la modernité actuelle ? Rien n’est moins sûr ; le concept d’humanisme individualiste reste problématique. Cependant beaucoup de pages de ce livre peuvent enrichir notre réflexion et notre pratique sociale. Jean Pierre Sironneau Professeur honoraire de sociologie à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble
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