L'intelligence

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Pourquoi l'homme est plus intelligent que les animaux ? Le thème de l'intelligence fut traité par William James (1842-1910) au tout début de sa carrière de philosophe et de psychologue. Il publie en 1878 un article dont l'objectif est de s'interroger sur la caractéristique intellectuelle de l'homme et de la comparer à celle des animaux. L'ouvrage rassemble pour la première fois la traduction française de l'article original de James sur l'intelligence et le chapitre sur le raisonnement des "Principles of Psychology" (1890).
Publié le : samedi 1 mai 2010
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EAN13 : 9782296235212
Nombre de pages : 116
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L'INTELLIGENCE
Œuvres choisies III

Introduction et adaptation de la traduction par Serge NICOLAS

@L.HARMATTAN2010 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-09730-8 EAN : 9782296097308

William JAMES

L'INTELLIGENCE
Œuvres choisies III

Introduction

et adaptation de la traduction par Serge NICOLAS

L'Harmattan

Collection Encyclopédie Psychologique dirigée par Serge Nicolas
La psychologie est aujourd'hui la science fondamentale de l'homme moral. Son histoire a réellement commencé à être écrite au cours du XIXe siècle par des pionniers dont les œuvres sont encore souvent citées mais bien trop rarement lues et étudiées. L'objectif de cette encyclopédie est de rendre accessible au plus grand nombre ces écrits d'un autre siècle qui ont contribué à l'autonomie de la psychologie en tant que discipline scientifique. Cette collection, rassemblant les textes majeurs des plus grands psychologues, est orientée vers la réédition des ouvrages classiques de psychologie qu'il est difficile de se procurer aujourd'hui. Autres ouvrages du même auteur William JAMES, Les émotions (1884-1894), Œuvres choisies I, 2006. William JAMES, Abrégé de psychologie (1892), 2006. William JAMES, Habitude et mémoire (1890), Œuvres choisies II, 20 10 Dernières parutions E. COLSENET, Études sur la vie inconsciente de l'esprit (1880), 2007. Th. RIBOT, Essai sur l'imagination créatrice (1900), 2007. Ch. BENARD,Précis d'un cours élémentairede philosophie(1845), 2007 E. LITTRE, Auguste Comte et la philosophie positive (1863), 2008. A. BINET & Th. SIMON, Les enfants anormaux (1907), 2008. A. F. GATIEN ARNOULT, Programme d'un cours de philosophie (1830) V. BECHTEREV, La psychologie objective (1913), 2008. A.M.J. PUY SÉGUR, Mémoires... du magnétisme animal (1784), 2008. S. NICOLAS & L. FED!, Un débat sur l'inconscient avant Freud, 2008. F. PAULHAN, Les phénomènes affectifs (1887), 2008. E. von HARTMANN, Philosophie de l'inconscient (1877, 2 vol.), 2008. H. HELMHOLTZ, Conférences populaires 1(1865),2008. H. HELMHOLTZ, Conférences populaires II (1871), 2008. Pierre JANET, De l'angoisse à l'extase (1926-1928) (2 vol.), 2008. S. NICOLAS, Études d'histoire de la psychologie, 2009. H. HELMHOLTZ, Optique physiologique (1856-1867) (3 vol.), 2009. A. COMTE,Cours de philosophiepositive(1830) (6 vol.), 2009. A. BINET, Études de psychologie expérimentale, 2009. V. COUSIN, De la méthode en psychologie (1826-1833), 2010. A. BINET, Les idées modernes sur les enfants (1909), 2010.

INTRODUCTION
L'intelligence et le raisonnement chez W. James
Le thème de l'intelligence a été traité par William James (18421910) dans un de ses premiers articles. Publié dans la revue américaine The Journal of Speculative Philosophy en 1878, il fut très vite présenté! avec de larges extraits traduits en français par le philosophe Charles Renouvier (l815-1903i, La psychologie et la philosophie de James furent d'ailleurs amplement connues en France avant 18903 grâce à de multiples traductions et commentaires de Renouvier et de ses élèves publiés dans la Critique philosophique. Nous rassemblons ici dans un volume spécial la traduction française complète de cet article original et la traduction française complète du chapitre sur le raisonnement paru dans les « Principles of psychology» (1890) qui reprend en partie les idées développées dans le texte de 1878. L'objectif de l'article de 1878 était de s'interroger sur la caractéristique intellectuelle de l'homme et de la comparer à celle des animaux. James souligne d'abord que pour distinguer l'intelligence de l'animal de celle de l'homme, on a fait valoir l'impossibilité le premier de former des idées abstraites, d'avoir la conscience de soi-même, de se former la notion de signe, d'avoir un langage. Tous ces faits, séparément
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Renouvier, Ch. (1879). De la caractéristique intellectuelle de l'homme. Critique

Philosophique, 8' année, 1, 369-376, 394-397, 2,17-26. 2 Sur Charles Renouvier voirl'excellente étude récente de Fédi, 1. (1998). Le problème de la connaissance dans la philosophie de Charles Renouvier. Paris L 'Harmattan. James rentra en relation avec Renouvier à la faveur d'un article publié dans The Nation le 8 juin 1876 dans lequel il présentait l'originalité de la philosophie du philosophe français. « J'use de toute ma faible influence pour répandre vos livres dans notre milieu» (lettre du 29 juillet 1876) [voir James, W (1924). Extraits de sa correspondance. Paris Payot]
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James sera toujours redevable à Renouvier. 11ne faut pas oublier qu'il dédicacera ses
of Psychology» (1890) à François Pillon, l'ami et le proche collaborateur de

« Principles Renouvier.

ou ensemble, expliquent les différences observées; cependant ils n'en donnent pas le pourquoi. L'auteur croit que toutes les différences peuvent se ramener à une seule, qu'il se propose de déterminer. Afin de répondre à cette question, James commence par étudier ce qu'est la pensée chez l'homme. Il existe deux sortes d'esprits: ceux chez qui les idées s'associent par contiguïté (esprits secs, prosaïques), ceux chez qui l'association a lieu par ressemblance (esprits imaginatifs, ingénieux). L'auteur montre par une analyse détaillée que l'association par ressemblance n'est finalement qu'un côté de l'association par contiguïté. Après avoir étudié le mécanisme de l'association4, il se demande ce qu'est la pensée raisonnée. Elle consiste pour l'auteur à trouver une représentation intermédiaire entre deux données A et Z, telle qu'on puisse établir entre ces deux dernières une liaison évidente. La différence essentielle entre la pensée empirique et la pensée raisonnée, c'est que la première associe simplement les phénomènes dans leur entier, tandis que la seconde les associe par certaines parties seulement, par des extraits dont elle fait un usage conscient. Raisonner, c'est donc extraire les bons caractères qui nous conduire à notre conclusion. Il résulte de là, dit James, que le véritable procédé de l'expérience, que la véritable éducation de l'esprit consiste non en une association, mais en une dissociation. L'auteur propose de donner à cet important processus de l'esprit le nom de loi de dissociation par variation des concomitantes. Quelle est la cause qui amène l'animal à dissocier? Ce sont ses intérêts esthétiques ou pratiques: par suite, moins ces intérêts seront nombreux, moins l'animal dissociera de caractères. Passant ensuite à son sujet proprement dit, James soutient que toutes les histoires les plus frappantes sur la sagacité animale sont explicables par la seule association par contiguïté, fondée sur l'expérience. Il cite plusieurs anecdotes assez curieuses qu'il interprète dans ce sens. Les caractères auxquels les animaux se montrent sensibles sont très peu nombreux: c'est l'instinct qui les leur détermine en les rendant intéressants. Les animaux n'abstraient pas pour le plaisir d'abstraire, comme nous le faisons. On serait tenté d'expliquer cette différence par l'absence, chez eux, de l'association par ressemblance telle que nous l'avons perfectionnée, c'est-à-dire par ressemblances partielles dissociées
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Il s'agit ici du premier écrit de James sur la théorie associationniste. Il publiera plus tard un article complet sur cette question James, W. (1880). The association The Popular Science Monthly, vo1.16, mars, 577-593.

deux ans of ideas.

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de concomitants variables. Cette association mêlée de discrimination serait difficile à trouver chez les bêtes. Les animaux associent des touts similaires; tout un objet évoque chez eux tout un autre objet, ce qui suffit à ce que les mammifères inférieurs agissent correctement, mais sans savoir pourquoi. Le vice radical de leur conscience est bien, semble-t-il, l'impuissance à morceler leurs synthèses de représentations, quand ils se trouvent dans des conditions inhabituelles. Ils sont les esclaves de la routine, de la représentation brute et sèche. Si le plus prosaïque des hommes pouvait pénétrer dans la conscience d'un chien, il serait épouvanté d'y trouver une totale absence d'imagination inventive; il y verrait des représentations qui appellent, non pas leurs semblables, mais leurs suivantes ordinaires. C'est pourquoi l'homme est le seul animal métaphysicien. Le langage, cette différence si importante entre l'homme et l'animal, dérive de la même source, de la dissociation d'une représentation en ses éléments. L'animal, à la vérité, use des signes; mais, d'après l'auteur, il ne les emploie pas en vertu d'un principe général, d'un dessein arrêté. Renouvier commentera cet article en termes élogieux et proposera une analyse finale que nous rapportons ci-après. Lorsque, douze ans plus tard, il reprend cette question5 dans son magistral ouvrage de psychologie (1890), James souligne la difficulté qu'il y a à tracer une ligne de démarcation bien nette entre les simples associations et les véritables raisonnements6. « Ces liaisons étroites, entre une perception et une image, ne sont pas autre chose en réalité que des associations par contiguïté; la cloche du dîner sonne, nous nous levons pour aller dîner, c'est là un phénomène ordinaire d'association. Il arrive fréquemment que le signe, et l'objet signifiés se succèdent si invariablement que nous ne percevions plus le signe à part de l'objet; nous pourrions bien rarement dire avec précision à l'aide de quels signes optiques nous jugeons de la forme et de la distance d'un objet donné. Les objets que nous inférons ainsi sont souvent des objets généraux; une tache de couleur se peint sur notre rétine, c'est une maison éloignée, disons-nous. M. Romanes a donné le nom de récepts, ou d'idées
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James, W. (1890). Principles ofpsychology (vol. II, Reasoning, chap. XXII, pp. 325-371). New York Holt. 6 Nous citons ici l'analyse faite à l'époque sur le raisonnement par Léon Marillier (18621901) d'après l'ouvrage de W. James. Marillier, L. (1892-1893). La psychologie de William James. Revue Philosophique de la France et de l'Etranger, 34, 449-470 et 603-627 ,35, 132.

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génériques, à ces abstractions très rudimentaires encore, qui sont plutôt des images confuses, et qui doivent certainement exister chez les animaux. Ce qui caractérise les raisonnements proprement dits, c'est que bien qu'ils puissent aboutir à des images concrètes, elles ne sont pas suggérées immédiatement par d'autres images concrètes. Les objets concrets qui peuvent se trouver à chaque extrémité du raisonnement sont toujours reliés l'un à l'autre par des caractères abstraits et généraux, qui ont été explicitement énoncés. Nous pouvons, par le raisonnement, inférer d'une chose, une autre chose qui ne lui est pas semblable, et qui ne lui a jamais été associée antérieurement. Il se peut que cette autre chose ne nous ait jamais été donnée dans l'expérience, que nous la découvrions en quelque sorte en la créant; c'est là la grande différence qui existe entre le raisonnement et les divers processus d'association; ils ne sont jamais que reproductifs, tandis que le raisonnement est productif, qu'il nous permet de tirer partie de données nouvelles. Le mécanisme qui joue dans le raisonnement, c'est un mécanisme d'analyse et d'abstraction. Si un être en était réduit à des consécutions d'images, un événement complexe lui suggérerait le souvenir d'un autre événement complexe, et si ce souvenir ne lui suggérait rien à son tour, sa pensée s'arrêterait dans cette direction; un être, au contraire, doué du pouvoir de raisonner, décomposera le phénomène en ses éléments et remarquera, quelqu'un de ses attributs,

distinguésmaintenantles uns des autres. Cet attribut deviendra pour lui la
partie essentielle du fait tout entier; or cet attribut possède des propriétés, que l'on n'avait pas su discerner dans le phénomène, mais qu'on peut affirmer y exister, maintenant qu'on a su y démêler l'attribut. L'attribut ou le caractère général M constitue ainsi l'intermédiaire, le moyen terme qui nous permet de lier le tout concret S, à la propriété P, et comine M est une des parties de S, on peut dire que raisonner, c'est substituer à un tout ses parties, et ce qui est associé à ses parties. Savoir raisonner, c'est d'une part l'habileté à découvrir dans le tout S, l'attribut M, c'est d'autre part l'aptitude à faire reparaître promptement en soi les propriétés ou les événements qui sont associés à M. La perception que S est M est une manière de concevoir S ; elle constitue la mineure du syllogisme; la majeure, c'est l'affirmation que M est P, c'est-à-dire une proposition abstraite et générale. Concevoir un objet de telle ou telle manière, c'est affirmer un de ses attributs aux dépens de tous les autres; nous réduisons en réalité l'objet à une de ses propriétés, et nous pourrions tout aussi légitimement le réduire à telle ou telle autre. Toutes les manières de 8

concevoir un objet concret sont également justes, pourvu qu'elles identifient l'objet à une propriété qu'il possède réellement. Il n'y a aucune propriété qui soit essentielle à aucune chose; l'attribut qui devra être considéré dans un cas comme l'essence même d'un phénomène sera réduit, dans un autre cas, à n'être plus qu'un caractère secondaire. C'est la fin que nous voulons atteindre qui nous fait nous attacher à tel ou tel caractère d'un objet; la propriété que nous choisissons nous caractérise au moins autant qu'elle caractérise l'objet; il faut donc admettre que le mot « essence» n'a de sens qu'à un point de vue téléologique et que la conception et la classification ne sont rien autre chose que des instruments téléologiques. « L'essence d'une chose, c'est celle de ses propriétés, qui a pour moi, à un instant donné, assez d'importance, pour me faire négliger toutes les autres. C'est parmi les choses qui sont douées de cette importante propriété que je la classe, c'est d'après cette propriété que je la nomme, c'est comme une chose douée de cette propriété que je la conçois. » Chacun de ses caractères représente aussi légitimement la chose tout entière; tout ce que l'on peut dire, c'est que l'on a plus fréquemment à faire usage de certains d'entre eux. P est impliqué dans M, M est partie de S, donc S est lié à P, voilà tout le raisonnement; il sera toujours exact pourvu seulement que M soit bien lié à P, et fasse bien partie de S, mais il ne sera un bon raisonnement, c'est-à-dire, un raisonnement qui pourra nous conduire à une conclusion intéressante pour nous, que si P a pour nous quelque importance ou quelque intérêt. Nous avons besoin de relier le tout concret S à l'attribut P ou du moins à quelque attribut analogue, mais cette liaison ne nous apparaît pas clairement; si nous sommes « sagaces» nous réussissons alors à dégager de S le caractère général M, que nous savons impliquer P, c'est donc l'idée de P qui dirige en réalité le cours de notre pensée; si nous avions intérêt au contraire à relier S à la propriété R, d'est un autre attribut N, qu'il aurait fallu dégager de S ; c'est lui qui serait devenu temporairement l'essence de S, tandis que nous aurions alors volontairement ignoré tous ses autres attributs, et en particulier M. Lorsque nous faisons un raisonnement c'est toujours conduits par quelque intérêt subjectif, personnel; sinon, nous n'aurions aucune raison de choisir tel attribut plutôt que tel autre, qui fait au même titre que lui partie intégrante de l'objet concret. D'autre part, ce qui est la garantie de la solidité de nos raisonnements, c'est qu'en fait certains caractères, certaines propriétés générales sont invariablement couplés l'un à l'autre; nous pouvons concevoir un monde où il n'en serait pas ainsi, 9

mais c'est le caractère du monde où nous vivons que la coexistence ou la succession des phénomènes y soient soumises à des lois générales. En résumé, tout raisonnement implique la substitution à un tout concret d'un caractère que l'on en a abstrait; et l'on fait cette substitution parce qu'un certain nombre de conséquences seront plus évidemment suggérées par ce caractère que par le tout dont il a été extrait. La raison en est d'une part que ces caractères sont plus généraux que les phénomènes concrets, qu'ils nous ont, par conséquent, été donnés plus souvent dans l'expérience, et que leurs liaisons avec d'autres caractères ou d'autres réalités nous sont par suite plus familières. D'autre part les relations d'un caractère donné sont peu nombreuses, relativement à celles du tout dont nous l'avons extrait. Il semble donc bien résulter de tout ce qui précède que l'essentiel pour raisonner utilement, c'est d'être sagace, c'est-à-dire de savoir démêler le caractère qui nous conduira à saisir une liaison nouvelle entre un objet et une propriété donnés. Pour que nous ayons la chance de tomber sur ce caractère, il faut que de longue date, par une longue familiarité les objets soient dissociés pour nous en leurs propriétés; ce qui permet cette dissociation, c'est l'intérêt inégal qu'elles nous présentent, à un instant donné, et cet intérêt inégal résulte de leur accord ou de leur désaccord avec nos instincts ou nos aspirations esthétiques. Plus seront variés nos instincts, nos besoins esthétiques et pratiques, plus sera complet ce discernement des caractères, mais nous pouvons aussi être puissamment aidé dans ce travail d'analyse par la prédominance en nous des associations, par similarité. La théorie du raisonnement est peut-être la plus achevée de toutes celles que W. James a exposées, c'est celle, semble-t-il, qui prête le moins à la critique; elle a le très grand mérite d'être une théorie exclusivement psychologique du raisonnement et de s'appliquer non pas au raisonnement idéal, mais au raisonnement dont en fait on se sert à chaque heure de la vie. » Ce chapitre sur le raisonnement reste central pour la distinction entre l'intelligence de l'homme et de l'animal. Serge NICOLAS Professeur de psychologie expérimentale Université Paris Descartes - Institut de psychologie. Directeur de L'Année psychologique Laboratoire Psychologie et Neurosciences cognitives. FRE CNRS 5853. 71, avenue Edouard Vaillant 92774 Boulogne-Billancourt Cedex, France. 10

L'INTELLIGENCE
" DE L'HOMME ET DE LA BE TE?

(1878)
William JAMES

Quiconque a possédé un chien doit avoir ressenti à maintes reprises un sentiment étrange d'étonnement que l'animal, étant un être aussi intelligent que lui, ne devait pas cependant être aussi intelligent que cela. Cette situation serait plus facile à comprendre si l'animal était plus universellement stupide ou plus généralement doué de raison. La rapidité avec laquelle il apprend les signes qui indiquent que son maître sort, comme quitter ses pantoufles et mettre le manteau, semble incompatible avec son incapacité totale d'apprendre qu'en mettant plus de charbon sur la grille, la chaleur du foyer sera plus importante. En conséquence, mis à part le préjugé théologique et métaphysique, il n'est pas surprenant que les opinions humaines quant à l'état mental des bêtes aient oscillé entre les deux revendications extrêmes suivantes, d'une part, accepter l'intelligence de la bête comme essentiellement non différente de celle de l'homme et,
7 James, W. (1878). juillet, 236-276.

Brute and human

Intellect.

Journal

of Speculative

Philosophy,

12,

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