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L'intervention narrative en travail social

De
226 pages
Cet ouvrage questionne des pratiques de travail social dont l'objet est le recueil du récit de la vie des usagers. Il les réfléchit à la lumière croisée de disciplines de sciences humaines et en propose une modélisation continuée. L'objet de l'intervention narrative est de proposer aux personnes un accompagnement pour évoquer socialement leur vie et ainsi se la représenter à rebours, et dès lors la penser autrement favorisant de la sorte, l'accès à une mise en projet.
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L'Intervention Narrative
en Travail Social
Essai méthodologique
à partir des récits de vie Histoire de Vie et Formation
Collection dirigée par Gaston Pineau
avec la collaboration de Bernadette Courtois, Pierre Dominicé,
Guy Jobert, Gérard Mlékuz, André Vidricaire et Guy de Villers
Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la
formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler
"histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets
correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet
anthropologique.
Le volet Formation s'ouvre aux chercheurs sur la formation s'inspirant
des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de
vie. Le volet Histoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe
des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme
et en sens.
Dernières parutions
Volet : Formation
Danielle NOLIN, L'art comme processus de formation de soi,
2008.
Elizeu Clementino de Souza (coord.), (Auto)biographie. Ecrits
de soi et formation au brésil, 2008.
Ronald MÜLLER, Jean Rouppert, un dessinateur dans la
tourmente de la Grande Guerre, 2007.
Christian GÉRARD, Une histoire de prise de conscience.
Modélisation d'une intelligence en action, 2006.
Josette LAYEC, Auto-orientation tout au long de la vie : le
portfolio réflexif, 2006.
Ha Vinh Tho, De la transformation de soi. L'éducation des
adultes au défi des histoires de vie, 2006.
Martine LANI-BAYLE (dir.) et Marie-Anne MALLET
(coord.), Evénements et formation de la personne, 2006.
Anne MONEYRON (coord.), La Méthode Jean Moneyron,
2006.
Jean-Yves ROBIN, Un tournant épistémologique, 2006.
Christophe GAIGNON, De la relation d'aide à la relation
d'êtres. La réciprocité transformatrice, 2006.
Hervé PREVOST, Commencer à gagner sa vie sans la perdre,
2005. Isabelle Graitson
Avec la collaboration d'Elisabeth Neuforge
L'Intervention Narrative
en Travail Social
Essai méthodologique
à partir des récits de vie
Préface de Martine Lani-Bayle
L'HARMATTAN Du même auteur :
D'une L à l'autre, Artésis Éditions, Bruxelles, 2007
Photo couverture : Isabelle Graitson, Mur des recueils
Illustrations photographiques texte : Claire Walthéry
© Tous droits de reproduction réservés pour tous pays
© L'HARMATTAN, 2008
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattanl@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-06621-2
EAN : 9782296066212 A Armand Touati qui fut un créateur et
un initiateur de pensées et d'actions. Préface
« Ces vies infimes devenues couchées
dans les quelques phrases qui les ont
abattues. »
Michel Foucault.
Dans le champ du travail social, même s'il est coutumier
de recueillir le récit de la vie des usagers, cette pratique est
utilisée avec un objectif, soit d'évaluation de difficultés
familiales ou personnelles en cas de signalement à un
service judiciaire ou administratif, soit de thérapie ou
tenant lieu. Alors, si la parole sur la vie des personnes est
sollicitée, c'est à titre d'information, pour être traitée à des
fins prédictives ou pour être construite-écrite, voire
interprétée par des tiers. Une fois le récit énoncé, les
principaux protagonistes en sont en général désappropriés
sans qu'un travail — par et pour eux-mêmes — leur soit
proposé à ce propos.
Parmi les professionnels chargés de telles missions, peu
s'aventurent dans le domaine des « histoires de vie », en
ces terres marginales autant qu'humaines qui prétendent
faire de la science, et conjointement former, par le biais de
la sollicitation, de l'écoute et du recueil des chemins de
vie d'autrui. C'est une démarche qui s'exerce donc dans
9 un objectif complètement différent de ceux précédemment
cités, même si les modalités de mise en oeuvre peuvent
paraître semblables.
Rares ainsi sont les travailleurs sociaux qui connaissent ou
reconnaissent cette approche, encore moins qui la
pratiquent, pris qu'ils sont tant par les demandes
professionnelles qui leur sont adressées, que par des
habitudes, bien différentes, de sollicitation et manipulation
des éléments de vie de leurs clients. Et l'on se sépare
difficilement de ses modalités ordinaires de
fonctionnement.
Histoires de vie pour vies à histoires ?
« La position privilégiée du
chercheur, qui n'a pas, comme les
intervenants sociaux, à rendre un rapport
de synthèse ni à proposer une "solution
éducative", nous semble permettre
l'émergence d'un discours où les
éléments de tous ordres sont importants
et prennent sens. Le récit devient un lieu
possible d'une parole exprimant des
souvenirs heureux, des peurs, des
angoisses, des espoirs d'avenirs et
l'opportunité, pour beaucoup, de donner
sens à leur vie. »
Christian Léomant.
Vous avez dit « histoires de vie » ?
La phrase mise en exergue exprime le rapprochement,
effectué par les auteures de cet essai, entre deux positions
rarement réunies : celle du chercheur en récit de vie, dite
par Christian Léomant « privilégiée », à savoir sans
10 objectif d'intervention particulière — sauf à s'être rendu
compte que le récit de vie réalisé en accompagnement
n'est neutre pour personne et « forme », tant la personne
qui parle que celle qui le recueille et y réagit, autorisant
ainsi son expression et sa construction (qui pourra se
traduire en impression) ; et celle de l'intervenant social qui
recueille, malgré lui, malgré eux, les récits de la vie des
usagers, pour réaliser un « rapport de synthèse » ou
trouver une « solution éducative » et/ou économique
adaptée.
Certes, les travailleurs sociaux sont bien placés pour saisir
les difficultés qui viennent de la vie, de chaque vie. Mais
que peut le « dire » à ce sujet face à un « vivre » qui fait
problème ou obstacle — pour reprendre un vocabulaire
bachelardien —, sans pour autant envisager le récit, comme
à présent, avec un objectif qui serait soit seulement
informatif, soit carrément thérapeutique ?
Quand le vivre est ordinaire, on peut imaginer que le dire
le sera aussi et donc, pourra, sinon rester anodin, à tout le
moins ne pas faire trop de mal en réactivant des épisodes
passés. Ce dire sur le vivre pourra ainsi, on peut
facilement le concevoir, se révéler formateur pour la
personne, car la faisant accéder d'un simple vécu au jour
le jour, à un savoir sur son vécu. En effet, vivre ne suffit
pas pour le savoir. Ce dernier viendra à la faveur de la
représentation mentale occasionnée par la mise en mots et
en histoire du vivre, inscrivant le présent dans une
temporalité englobant amont et aval de l'épisode relaté.
Pour autant, les assistants sociaux ne sont en général pas
confrontés dans leur pratique à des personnes ayant des
vies ordinaires, mais plutôt des vies à dominante de
11 souffrances et d'échecs. De fait, la plupart des dires qui
leur sont proposés à partir des expériences de vie qu'ils
sont amenés à écouter tendent à déboucher, quand une
intervention à partir de là s'impose après la période
d'évaluation, vers des perspectives thérapeutiques.
N'y aurait-il pas d'autres voies possibles, même dans ces
situations délicates, voire extrêmes ?
La démarche des histoires de vie, qui propose un
accompagnement pour penser socialement sa vie par le
biais de sa mise en récit, est, selon les auteures de ce
recueil, une des issues possibles sinon souhaitables. Au
travers de celui-ci en effet, la personne ne change pas sa
vie, mais peut être conduite à jouer sur les possibilités de
se la représenter, à rebours, avec des mots travaillés. Des
mots choisis, des mots conscients pour inviter à la penser
autrement. Des mots que l'accompagnement conjoint
contribuera à mettre au travail.
Ces perspectives permettent de surcroît au travailleur
social, au moment où la mise en récit s'exerce, de
s'affranchir des perspectives immédiates, et habituelles
pour lui, comme nous venons de l'évoquer, de synthèse ou
de bilan prospectif concernant le narrateur. Et, par la
même occasion, elles peuvent susciter un nouvel intérêt
auprès de personnes exténuées de se raconter une ix ième
fois à un travailleur social, personnes au dossier fort épais
pour l'avoir déjà fait à plusieurs reprises et qui,
curieusement, sollicitées dans le cadre d'une démarche de
récit de vie, pourront estimer n'avoir jamais auparavant
raconté leur vie, n'avoir jamais été écoutées...
12 De la pratique narrative à l'intervention
« Parler, même pour rien, signifie
résister au silence, ne pas consentir à
l'aphasie du néant et, si l'on désespère
(de se faire un peu entendre du monde, de
parvenir à articuler une vérité même
minuscule), s'en remettre malgré tout aux
mots pour maintenir en vie l'entêtante
possibilité d'une histoire. »
Philippe Forest.
Ce qui sépare l'homme de ses voisins du monde vivant
animalier serait sa capacité, justement, à faire de sa vie
une histoire et à la raconter, la transmettant ainsi à son
environnement qui pourra lui aussi de facto l'intégrer et en
faire toute une histoire : ainsi se capitalisent les
expériences et se construisent la culture et l'Histoire.
Plus qu'homo sapiens et son revers homo demens, ce serait
donc homo narrans qui caractériserait notre espèce, au
moment où le récit du combat aurait, parfois, commencé à
prendre le pas sur le combat réel et permis ce que, bien
plus tard, Freud a appelé la « sublimation » ou Jürgen
Habermas la « fonction émancipatrice » du savoir. En tout
cas la faculté narrative, fort bien décrite par Jérôme Bruner
notamment, est une capacité expressive non neutre et
spécifique au service de l'humain. Faculté qui pourra
trouver toute sa fonction auprès de populations en
difficulté de vie s .
D'où l'intérêt majeur des expériences présentées et
relatées dans cet ouvrage proposant, à la faveur
d'illustrations variées et claires (notamment à propos des
Cf. par ex. Le croisement des savoirs. Quand le Quart Monde et
Les Editions de l'Atelier 1999. l'Université pensent ensemble,
13 adoptions), agrémentées de détours littéraires et de
métaphores 2 vivantes autant que colorées — avec quelques
passages de vrai lyrisme —, une véritable méthode qui ose
le terme d'« intervention narrative » au coeur du travail
social, et contribue, en tricotant émotions et valeurs, à la
réhabilitation de la personne dans sa vie et, par là, dans le
monde.
Les auteures, qui se décrivent à travers cette pratique
comme des « passeuses », sont néanmoins prudentes et
elles avancent à pas mesurés dans un usage qu'elles savent
délicat à gérer : ainsi, elles soulignent que les pistes de
travail qu'elles proposent, basées, reconnaissent-elles, sur
une méthodologie « partisane » au bon sens du terme, sont
et resteront toujours « en élaboration », sans cesse
soumises à une navigation à négocier entre trop intime et
enquête sociale classique. Ce souci éthique et déontologie
doit rester omniprésent à l'esprit tout au long des
tentatives d'application. Dès lors et avec ces balises, les
thèmes mis en jeu sont puissants : celui des choix de vie,
croisant émotion, savoir et transmission, et ils mettent au
travail l'identité et sa possible (re)construction. Ce qui en
représente tout l'intérêt, tant pour les usagers que pour les
professionnels ou futurs professionnels d'ailleurs 3 .
Ainsi la démarche des histoires de vie, quand elle se tisse
de « vies à histoires » comme il est dit fâcheusement des
J'ai particulièrement apprécié, par exemple, la « boîte à racines ». 2
3 Ces prémisses ont un corollaire incontournable : conformément à la
Charte des histoires de vie en formation édictée par l'Association
internationale des histoires de vie en formation (ASIHVIF) à laquelle
les praticiens adhèrent, personne ne peut s'autoriser proposer la
démarche à quiconque sans, au préalable, avoir réalisé soi-même avec
un tiers son propre récit de vie.
14 populations en difficultés (celles que l'on stigmatise,
surveille et interroge à partir de ce que la vie fait d'elles,
plus qu'à partir de ce qu'elles font de leur vie), se glisse
dans un interstice vierge, entre contrôle social et thérapie
obligée : avant la mise en place des « interventions
narratives » présentées ici, on pouvait dès lors se
demander, comme Francis Loicq le faisait dès 1991, quel
pouvait être l'avenir d'une telle démarche dans le travail
éducatif et social, comme autre perspective pas encore ou
guère explorée. A ce titre, le présent ouvrage ouvre enfin
des pistes claires autant que praticables.
Toutefois, si, depuis la question de Loicq, nous constatons
que peu de relais ont encore été pris en ce sens, cela n'est
peut-être pas plus mal, car le projet est bien délicat à
réaliser et il convient de l'étudier avant de se précipiter.
Tant de dérapages peuvent avoir lieu, pour qui se mêle de
la vie des autres à quelque titre que ce soit. C'est pourquoi
le travail proposé ici se révèle précieux, qui ouvre de
nouvelles voies dans un souci éthique, combinant le
secteur d'application de la démarche d'histoires de vie à
une mise en oeuvre efficiente auprès d'un public usé, voire
a priori abusé de « raconter sa vie » sans, jusque là, rien en
retenir au passage.
Martine Lani-Bayle
Professeur en Sciences de l'éducation, Université de
Nantes
Fondatrice et responsable scientifique du DUHIVIF 4
4 Diplôme d'université Histoires de vie en formation, niveau r d cycle
universitaire, durée 2 ans, première promotion en 2001. Fin 2007 et
alors que l'université de Nantes est encore la seule à proposer une telle
formation diplômante initiant à l'usage de la démarche, ouverture
d'une cinquième promotion.
15 Introduction
Un livre est une bouteille jetée en pleine
mer sur laquelle il faut coller cette
étiquette : attrape qui peut.
Alfred de Vigny
Professeurs de Sciences Sociales dans une Haute École,
Elisabeth Neuforge et moi-même avons été amenées, très
tôt, à nous intéresser aux "histoires et récits de vie"
comme méthode d'intervention possible dans le domaine
du Travail Social. Nous avons décidé de tenter de mieux
systématiser ce que nous appellerons une méthodologie,
d'autant que nos formations respectives en sociologie et
psychosociologie et notre expérience dans ce domaine
nous motivaient pour une telle entreprise.
Nous avions observé que nombre d'étudiants dont nous
supervisions la pratique et le mémoire de fin d'études,
recevaient en confidence des éléments de trajectoire de vie
de la part des usagers. Ces trajectoires ainsi racontées
donnaient sens à la situation souvent problématique qu'ils
écoutaient mais restaient ignorées par les décideurs de
l' aide.
17 En effet, il apparaissait que ce mode d'intervention ne
faisait pas encore partie du paysage méthodologique des
travailleurs sociaux, faute la plupart du temps de
formation à cette démarche fréquemment confondue avec
la psychothérapie. La résistance venait à la fois des
responsables de services et des formateurs. Pour les uns et
les autres, il s'agissait d'une approche dangereuse faute de
posséder les outils pour la maîtriser. Ils n'avaient pas tort.
Donner un statut à ces récits, les favoriser, les écouter et
leur rendre leurs fonctions, devint notre premier objectif.
Créer une formation fut le second.
Cela prit du temps.
Les premières interventions en la matière nous
confortèrent dans notre positionnement vis-à-vis de cette
subjectivité qui revenait enfin sur le devant de la scène
dans le secteur du travail social.
Selon Boris Cyrulnik s, la narration de sa souffrance la
rend supportable car le dire sur ses blessures donne à
celles-ci une existence qui conduit à la compréhension et à
l'acceptation par autrui. "C'est aussi faire de son épreuve
une confidence qui prend valeur de relation".
"L'historisation est un processus qui soigne, continue-t-il,
et qui est nécessaire à la construction de toute identité
individuelle ou collective."
Pour résister, l'individu en mal-être se transforme en
corail. Il n'est plus qu'une carapace vidée de sa substance.
L'expression, quelle qu'en soit la forme, peut l'aider à se
reconstruire.
Par ailleurs, ce processus s'inscrit dans un contexte social,
économique, politique et culturel sur lequel on ne peut
faire l'impasse. Car chaque histoire est influencée par les
déterminismes sociaux, familiaux et personnels, et entre
5 Cyrulnik Boris : « Un merveilleux malheur », Odile Jacob, 1999.
18 l'objectivité des faits et la subjectivité du récit, "existe un
espace qui permet de réfléchir sur la dynamique des
processus de transmission, sur les ajustements entre
l'identité prescrite, l'identité souhaitée et l'identité
acquise." 6
Le sens du récit est inscrit à l'intersection de la
psychologie et de la sociologie dont la tangente sert de fil
rouge à toutes les hypothèses de travail sur et à partir des
histoires individuelles.
Néanmoins notre intention n'est pas de théoriser au sujet
des récits de vie mais plutôt d'utiliser les très nombreuses
publications en la matière et d'élaborer une formation
spécifique à partir d'elles.
C'est de cela dont il sera question dans cet essai.
Il débute par les racines de toute intervention : la
formation. Ce sera l'objet du premier chapitre, directement
suivi par une tentative de légitimer l'utilisation de la
"méthodologie des récits de vie" dans le champ du travail
social. Nous aborderons ensuite ce qui différencie les
méthodologies plus traditionnelles d'un travail
d'historisation, il s'agira de l'intervention narrative
proprement dite. Nous poursuivrons par la relation de six
pratiques où nous essayerons de souligner la construction
chaque fois renouvelée d'un outil pertinent par rapport aux
situations des personnes et à leur demande. Nous
terminerons par un débat ouvert sur une série de questions
qui animent les utilisateurs de cette méthodologie.
Cet ouvrage est un essai méthodologique. Nous racontons
des histoires et nous les réfléchissons aux lumières
croisées des disciplines développées ailleurs. L'essai est
6 Gaulejac, Vincent de, « L'Histoire en Héritage » Desclée de
Brouwer, Paris, 1999.
19 construit comme un instrument dont l'accordage chaque
fois renouvelé donnerait en sourdine le ton de la partition
et nous souhaitons qu'il puisse être utilisé comme tel, un
outil.
Nous avons surtout voulu montrer que l'intervention
narrative relève autant d'une philosophie d'action et d'une
éthique que d'une démarche même la mieux élaborée.
20 Toutes les personnes, participants à un séminaire ou
usagers d'un service social, dont les récits sont repris dans
cet ouvrage, ont été sollicitées à ce sujet et ont toutes
marqué leur accord quant à l'utilisation de leurs histoires à
des fins de publication pédagogique.
Nul ne pourrait s'autoriser cette démarche sans cette
précaution de base.