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L'Union Européenne et les médias

De
155 pages
L'ouvrage s'appuie sur le cas de la couverture de l'Union Européenne pour éclairer d'un regard synoptique les logiques organisant l'activité des médias, ainsi que leur articulation aux transformations du journalisme contemporain. Plus largement, derrière l'explication des routines journalistiques et des régularités du traitement de l'information européenne, ce qui se joue, en fait, est bel et bien la mise en acceptabilité publique de l'objet politique ici pris en charge par les médias, en l'occurence l'Union Européenne.
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L'Union Européenne médias
REGARDS

et les

CROISES SUR L'INFORMATION EUROPEENNE

L'Union Européenne et lea médiaa
REGARDS CROISES SUR L'INFORMATION EUROPEENNE

Guillaume

Sous la direction de GARCIA et Virginie LE TORREC

Ont participé à cet ouvrage: Olivier BAISNEE, Gilles BASTIN, Guillaume GARCIA, Neil GA VIN Nicolas HUBE, Virginie LE TORREC

Les Cahiers Politiques sont publiés avec le soutien du Centre de Recherche et d'Etudes Politiques de l'Université Paris IX-Dauphine

Comité scientifique Direction DominiqueDamamme,Brigitte Gaiti,Jacques Gerstlé, Marie-CécileNaves, ThomasRibémont
Comité de lecture Philippe Blanchard, Emmanuel Brillet, Lysiane Cherpin, Kathy Crapez, John Crowley, Nicolas Defaud, Guillaume Garcia, Vincent Guiader, Frédéric Lambert,Brigitte Le Grignou, Virginie Le Torrec, Charles Patou, Hugues Simonin, Leila Wühl Correspondants en France Pierre-Yves Baudot (Université de Paris I), Elise Féron (CIR) Correspondants à l'étranger Bertrand Wert (Bruxelles)

Liste des ouvrages parus dans la collection
Essais sur la théocratie Communication et démocratie Figures de l'identité Expertise et engagement politique La mondialisation comme concept opératoire Discipliner les sciences sociales Méthodes et outils des sciences sociales

Les deux derniers ouvrages sont disponibles chez L'Harmattan; les autres à l'adresse suivante: Cahiers Politiques CREDEP-Université Paris-IX Dauphine Place De Lattre de Tassigny 75775 Paris CEDEX 16 Site web: www.dauphine.fr/credep e-mail: cahierspolitiques@wanadoo.fr

L'Union Européenne
Collection Cahiers Politiques

et les médias

SOMMAIRE

Introduction: L'information de masse comme révélateur des logiques médiatiques. Enjeux et perspectives d'analysep. 9 Guillaume GARCIA et Virginie LE TORREC L'Europe saisie par l'information (1952-2001) : Des professionnels du Joumalisme engagé aux content coordinatorsp. 19 Gilles BASTIN
invendable JJ: Les rédactions britanniques face à l'actualité communautaireOlivier BAISNEE

Une actualité

{{

françaises

et

p. 43

L'Union Européenne à la {{ Une JJ : Un cadrage difficile d'une actualité peu visible. Regard comparé sur la presse française

et

allemandeNicolas RUBE

--------

p. 67
L'exemple

L'euro, la télévision et l'espace public européen:
britannique

p. 91

Neil GAVIN Le cadrage médiatique de l'UE: Exploration comparée des mécanismes du frame-setting et du frame-sharingp. 109 Virginie LE TORREC et Guillaume GARCIA Sommaires des précédents ouvrages de la collection Cahiers Politiques

p. 149

INTRODUCTION: L'INFORMATION REVELATEUR DES LOGIQUES ENJEUX ET PERSPECTIVES

DE MASSE COMME MEDIATIQUES. D'ANALYSE

Guillaume GARCIA, Virginie LE TORREC CREDEP, Université Paris IX-Dauphine La science politique française et les médias: un champ de recherche polarisé D'abord, un constat: le développement des recherches consacrées à l'information est récent, du moins en France, et reste, il faut bien le dire, encore très limité. Il apparaît notamment que «ce développement est inégalement sensible selon les aires du jeu scientifique» ; en particulier, «les chercheurs français n'ont pas encore témoigné du même intérêt pour ces questions », ce qui explique, selon J. Gerstlé, pourquoi « certains domaines d'étude sont plus en retrait que d'autres» (2001, p. Il). Plus encore, rajoute-t-il «c'est un euphémisme d'écrire que l'attention scientifique des poUtistes anglo-saxons aux questions posées par l'information comme objet empirique ou perspectives d'analyse a été plus précoce », même si la recherche française n'a pas, néanmoins, totalement déserté ces territoires scientifiques (Gerstlé, 2001, p. 12). Différents domaines disciplinaires ont intégré des questionnements relatifs à l'information dans leur programme de recherche. Les axes retenus ou privilégiés par les chercheurs français, au sein de la science politique, traduisent toutefois une définition sélective et restrictive des champs investis. On remarque nettement la domination des travaux portant sur la sociologie du journalisme, au détriment des approches centrées sur l'information (Neveu, 1998 ; Neveu, 2001). On pourra citer, à titre d'exemples de publications françaises, les ouvrages de S. Lévèque (2000), de C. Lemieux (2000), de A. Mercier (1996), ou encore certains numéros de revues scientifiques, comme Hermès (2003) ou Politix (nO 19, 1992). Parmi les travaux les plus récents, on retiendra l'ouvrage notamment à finalité synthétique de J.-B. Legavre (2003), qui tente de confronter le regard de différentes disciplines et de différents modèles d'analyse sur le cas de la presse écrite. Cette situation de désintérêt relatif pour l'information est en train de changer. C'est pour prendre acte des modalités de cette évolution qu'ont été réunies les contributions de ce recueil. Le premier objectif de cet ouvrage vise par conséquent à contribuer à réduire cet écart préjudiciable, selon nous, si l'on veut appréhender les enjeux attachés aux

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transformations contemporaines de l'espace public dans toute leur étendue. Un second objectif, articulé au premier, vise à faire converger les regards scientifiques en réunissant autour d'un objet commun, l'information européenne, des analyses généralement dissociées. Or, on constate que l'Union Européenne ajusqu'à présent été saisie essentiellement au travers d'analyses de politique publique, d'interrogations sur l'ingénierie constitutionnelle communautaire, ou encore de problématiques liées à l'identité post-nationale. En comparaison, le terrain des problématiques médiatiques est plus rarement prospecté. La communication institutionnelle de l'UE, et notamment ses lacunes, ont ainsi suscité l'attention de certains chercheurs (Foret, 2002), de même que les thématiques liées aux questions d'un espace public médiatique européen (Darras et Marchetti, 2002 ; Chalaby, 2002 ; Baisnée et Marchetti, 2000 ; Mercier, 2003). Enfin, le journalisme politique au niveau européen constitue un domaine de recherche qui commence seulement à être balisé (Baisnée, 2002 ). Par contraste, force est de constater que l'information médiatique, du moins en France, constitue un point aveugle des études européennes. Ceci ne fait que redoubler selon nous l'intérêt généralement limité pour le thème de l'information. La réunion de travaux complémentaires prenant en charge l'interaction médias / Union Européenne, et basés sur des études empiriques, vise à venir compenser ces deux phénomènes. L'information de masse: un objet délaissé Ce double phénomène de marginalisation de l'objet « information» des champs de la sociologie des médias et des travaux sur l'UE est déroutant. D'une part, la modernisation des espaces publics place les médias dans une position nodale. On sait d'autre part qu'ils ne constituent pas une interface neutre: l'information de masse est un facteur important de la formation des opinions du public. Enfin, l'Union Européenne est un système politique en construction dont les développements à venir semblent devoir dépendre du soutien public qui leur sera accordé. Nous prenons ici en charge, sous le terme d'« information de masse », ce qui relève de façon générale des « connaissances et des représentations tant au plan de leur processus d'élaboration ou de transmission qu'au plan de l'état produit par le processus lui-même, tant au niveau individuel qu'au niveau collectif», véhiculées par les médias de masse (Gerstlé, 2001, p. 21). Cela revient à interroger les niveaux de la production, de la diffusion et de la réception de l'information. Rares sont les ouvrages qui essaient de ramasser tous ces aspects autour d'une

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perspective transversale. C'est ce que l'on essaie de faire ici en traitant la question de la couverture de l'UE par une approche à visée synoptique. La juxtaposition des articles de ce recueil, chacun développant un aspect particulier de cet ensemble de questionnements, doit permettre au lecteur d'établir des liens, des passerelles entre les problématiques interrogées, depuis les questions associées à l'économie politique de l'information jusqu'aux enjeux des effets d'information (Gerstlé, 2001) en passant par l'analyse du niveau écologique (Gerstlé, 1997) et celle du contenu. Evidemment, aucun des textes présentés ici ne prétend saisir l'ensemble de ces dimensions dans leur totalité et dans leur complexité. Certains insistent par exemple plus sur l'écologie de l'information (G. Bastin, O. Baisnée, N. Hubé), d'autres sur ses contenus ou ses «effets» (V. Le Torrec et G. Garcia, N. Gavin). Malgré un spectre étendu de questions soulevées, le proj et général de l'ouvrage ne vise donc pas à épuiser dans sa totalité le savoir scientifique sur les médias. Il s'agira, plus modestement, de proposer quelques pistes destinées à favoriser des gains d'intelligibilité dans le domaine plus restreint des problématiques associées à l'information de masse. S'appuyer sur un objet politique pris en charge par les médias permet de révéler les logiques lourdes qui organisent leur activité. Un tel projet s'inscrit naturellement dans le champ de la science politique, car ce qui est en jeu, ce sont les effets socio-politiques de l'information médiatique, dont l'horizon est la construction des préférences du public, notion fondamentale des théories libérales de la démocratie articulées à la référence au citoyen aux «préférences éclairées» par l'information (Gerstlé, 1996; Blondiaux, 1996; Manin, 1995). Ceci permet d'envisager une question centrale pour le domaine, en pleine expansion, des recherches sur l'Union Européenne: l'acceptation publique de l'intégration européenne; en effet, travailler sur la thématique «information / UE» se justifie par l'influence que sont susceptibles d'exercer les médias sur l'opinion publique européenne. Ensuite, interroger l'information à partir de la couverture de l'UE permet d'éclairer le fonctionnement des logiques médiatiques dans la production de l'information, ainsi que leur articulation aux transformations du journalisme contemporain. L'Union Européenne forme en effet le cadre d'une recomposition des pratiques journalistiques nationales. L'objet « UE» vient défier les normes professionnelles et les catégories de perception journalistiques à l'œuvre dans des médias inscrits dans des espaces publics nationaux, comme le montrent les travaux réunis ici sur le niveau de l'écologie de l'information. Le cas de l'UE agit comme un révélateur de l'inertie de certaines représentations et pratiques qui ont été acquises par socialisation dans un cadre d'activité professionnelle

Il

nationalement situé. Les moyens mis en œuvre par les rédactions pour couvrir les activités communautaires, les choix concrets qu'opèrent les journalistes pour situer et caractériser cette information sont particulièrement symptomatiques des routines du journalisme en général. Un processus transversal: le cadrage L'étude de la couverture médiatique de l'UE est en outre exemplaire du déploiement d'un processus de cadrage, qui se manifeste depuis la production de l'information jusqu'à sa réception. Des phénomènes de cadrage relient en effet toutes ces activités médiatiques, qu'il s'agisse de mobiliser des ressources symboliques pour construire un cadre de référence d'activité professionnelle permettant le bon déroulement de l'activité de production de l'information, qu'il s'agisse encore de s'interroger sur les cognitions qui organisent le discours d'information, ou qu'il s'agisse enfin d'envisager les effets cognitifs du cadrage. Le processus de cadrage relie ainsi quatre des cinq articles de cet ouvrage, lesquels en envisagent des moments complémentaires. Dans les contributions de N. Hubé et O. Baisnée, le cadrage est envisagé de manière indirecte et comme une variable dépendante. On peut lire les pratiques professionnelles qui y sont présentées comme résultant d'un cadre d'activité défini en référence à une logique nationale de production et qui vient contraindre, voire limiter la couverture des affaires européennes. O. Baisnée décrit le travail des correspondants au travers de la tension existant entre les impératifs de production de l'information, qui restent nationalement contraints, et la nature de l'objet à couvrir, les activités européennes. N. Hubé présente quant à lui le travail d'élaboration de catégories d'information effectué au sein des rédactions (rubricage, mise en «Une », etc.), et qui sont autant d'opérations discrètes de cadrage de l'information, valables tant pour les journalistes que pour le lectorat, chacun se retrouvant exposé au produit de ces processus routinisés de classifications. V. Le Torrec et G. Garcia analysent explicitement le cadrage de l'UE dans l'information télévisé diffusée dans cinq pays de l'Union. Ils considèrent les cadres médiatiques qui organisent la représentation des affaires européennes comme une variable indépendante, et s'interrogent sur leur contribution à la légitimation de l'Union européenne. Enfin, le niveau de la réception est implicitement envisagé par N. Gavin sous l'angle de l'apport de l'information télévisée au débat public britannique. S'il n'emploie pas explicitement le terme de cadrage, l'auteur recense, par l'examen de l'économie générale des arguments représentés, les cadres de référence

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qui organisent l'information télévisée britannique relative au passage à l'euro sur le continent.
Problématique générale

Afin de travailler ces lieux peu investis par la communauté des chercheurs, nous avons choisi d'adopter des regards croisés à la fois sur la problématique qui informe notre entreprise, mais aussi sur le référent commun à toutes les contributions. Les études de l'information qui y sont développées sont alors replacées dans leurs divers contextes, un objet précis d'actualité, l'UE, permettant de faire converger les résultats d'études sectorielles. Une première mise en contexte résulte des logiques propres à chaque support médiatique: agences (G. Bastin), presse (O. Baisnée, N. Hubé), télévision (V. Le Torrec et G. Garcia, N. Gavin). Une deuxième mise en contexte réfère aux logiques caractérisant les différentes séquences de production (amont de la production, agences: G. Bastin; travail des correspondants: O. Baisnée; mise en forme en rédactions: N. Hubé), de diffusion ou de réception de l'information (V. Le Torrec et G. Garcia, N. Gavin). A un troisième niveau, les auteurs s'efforcent d'interroger la diversité des configurations médiatiques nationales, en privilégiant des approches monographiques (G. Bastin, N. Gavin), des approches comparatives bilatérales (O. Baisnée, N. Hubé) ou multilatérales (V. Le Torrec et G. Garcia). L'information des médias est également observée au prisme de focales larges, par le biais d'études de couverture générales (O. Baisnée, N. Hubé, V. Le Torrec et G. Garcia), ou affinées portant sur des enjeux plus précis comme l'euro (N. Gavin) ou bien l'information institutionnelle communautaire (G. Bastin). Il convient toutefois de préciser que tous les points d'entrée ne sont pas explorés. Ainsi, aucun des auteurs ne procède à une étude comparative par pays et par type de média (exercice trop ambitieux pour un simple article). Nous n'avons pas non plus mobilisé d'article qui confronte plusieurs types de média (par exemple, la presse et la télévision), a fortiori entre plusieurs pays. Enfin, pour les mêmes raisons, aucune contribution n'interroge complètement et simultanément les trois « moments» du processus médiatique (production, diffusion et réception de l'information). Nous avons en effet privilégié des études où chaque contributeur approfondit l'un de ces aspects, plutôt que des articles à problématique extensive risquant de survoler leur sujet de manière superficielle. Ainsi, G. Bastin aborde la question de l'information à partir de l'analyse des «mondes de production », au sein desquels agissent les professionnels qui se sont spécialisés à Bruxelles dans le traitement de

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l'information institutionnelle européenne, et à l'aide de trois études de cas. Son analyse propose de revenir sur les présupposés de la sociologie des métiers de l'information, qui prend souvent pour objet privilégié certaines figures professionnelles telles que celle du correspondant ou bien encore l'information des médias traditionnels (presse, télévision), en négligeant de s'intéresser aux agences (qui sont pourtant aussi les acteurs bulletins ou l'information en ligne - qui s'adresse à d'autres types de publics (consultants, ONG, fonctionnaires européens, lobbies, entreprises, etc.).

de la production de l'information) ou à l'information - notamment les

Dans son article, O. Baisnée suggère que l'actualité communautaire correspond peu à la conception dominante de l'information telle qu'elle prévaut au sein des rédactions des médias, lesquelles cherchent par ailleurs à attirer un public aussi large que possible. Il montre notamment que des pans entiers de la presse écrite français et britanniques ont fait le choix de ne pas envoyer de correspondants suivre la vie institutionnelle et politique de l'UE. Les raisons de ces absences, d'autant plus remarquables qu'elles concernent les médias les plus diffusés, sont ainsi très révélatrices des évolutions advenues (ou en cours) dans la conception dominante de l'information. N. Hubé s'intéresse dans son article au travail de production de l'information et de « mise en Une» en rédaction. En se basant sur une étude comparée de la presse en France et en Allemagne, il montre que dans ces deux pays, le choix de l'actualité digne de figurer en « Une» est massivement celui d'une information politique. Le rubricage ou la hiérarchisation de l'information doivent donc être rapportés à des conceptions nationalement différenciées. L'Union européenne n'échappe pas à cette logique: en tant qu'information de premier plan, elle doit être réinscrite dans les rubriques légitimes qui font la « Une ». Dès lors, l'UE ne fait événement que lorsque les questions communautaires sont inscrites sur l'agenda gouvernemental. N. Gavin étudie quant à lui l'information télévisée britannique diffusée à l'occasion de l'introduction de la monnaie unique en janvier 2002, en présentant l'économie générale des arguments proposés dans l'information sur cet événement majeur pour l'intégration européenne et pour les orientations britanniques à venir en la matière. Alors que les médias britanniques, notamment la presse écrite et les tabloids, sont réputés alimenter un discours public critique vis-à-vis de l'Union Européenne, voire 1'« euroscepticisme» d'une partie de la population britannique, il estime que l'information télévisée reste plus modérée et équilibrée dans sa présentation des affaires européennes. L'auteur

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suggère ainsi que l'information télévisé est susceptible d'apporter une contribution différenciée au débat public britannique sur l'euro. Enfin, suivant une approche exploratoire, V. Le Torrec et G. Garcia cherchent à identifier et discuter les processus cognitifs spécifiques par lesquels l'information de masse peut contribuer à rendre le modèle européen de gouvemance acceptable ou non aux yeux des citoyens de l'DE. L'influence de l'information télévisée sur les cognitions, voire sur les attitudes du public, est interrogée par le biais du processus de cadrage, en prenant pour application la question de la légitimation de I'DE. L'article compare l'information européenne dans cinq pays membres et identifie les cadres de référence que l'information médiatique propose aux audiences pour interpréter le fonctionnement du système européen (frame-setting). La contribution de ce cadrage médiatique à un processus plus large de légitimation de I'DE est discuté comme relevant d'un mécanisme de frame-sharing. Au final, ce recueil cherche à repérer les principales articulations qui unissent les différentes perspectives précédemment évoquées, et en explorer les multiples potentialités. Pour reprendre les termes de D. Georgakakis et J.-M. Dtard, «moins ouvrage définitif que tentative, au sens expérimental du terme» (2001, p. 16) cette réunion de contributions voudrait constituer une invitation à emprunter et à prolonger les pistes ici balisées avec, pour horizon, la contribution de l'information au fonctionnement et au déploiement de l'espace public européen.

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