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LA BARAQUE DES PRÊTRES
DUMÊMEAUTEUR
Oran, 5 juillet 1962. Un massacre oublié, Tallandier, 2012. (avec l’abbé Christian Venard),Un prêtre à la guerre. Le témoi-gnage d’un aumônier parachutiste, Tallandier, 2013.
GUILLAUME ZELLER
LA BARAQUE DES PRÊTRES
Dachau, 1938-1945
TALLANDIER
Cet ouvrage est publié sur le conseil de Jean-Louis Thiériot.
© Éditions Tallandier, 2015 2, rue Rotrou – 75006 Paris www.tallandier.com
À Fanny.
En mémoire de l’abbé René de Naurois (1906-2005), aumônier du commando Kieffer, Compagnon de la Libération.
Baraque de désinfection
Baraques
N
Baraques 30 28 26
Crématoire
Intendance
Place d’appel
Porte du camp Poste de garde
Allée principale
Barbelés électrifiés
Fossé
© Légendes Cartographie/Éditions Tallandier, 2015.
DACHAU
Potager
Zone de la P
Bunker (prison)
Mur d’enceinte et
INTRODUCTION
« Souvenez-vous des prisonnierscomme si vous étiez emprisonnés avec eux. » (He 13,3)
Pawel, Alois et Boleslaw Prabucki sont frères. Nés à Iwiczno en Pologne en 1893, 1896 et 1902, ils choi-sissent tous les trois de consacrer leur vie à Dieu en deve-nant prêtres du diocèse de Chelmno. Dans cette région, longtemps disputée par l’Allemagne et la Pologne, le premier devient curé de Gostkowo, le second curé de Gronowo et le troisième vicaire de Mokre. À l’au-tomne 1939, peu après la défaite de la Pologne face e aux armées du III Reich, ils sont arrêtés par les nazis, mus par la volonté de décapiter les élites polonaises. Les trois frères se retrouvent au camp de concentra-1 tion d’Oranienburg-Sachsenhausen , au nord de Ber-lin. Le 14 décembre 1940, ils sont transférés à Dachau, le camp-prototype du système SS, implanté au cœur de la Bavière. Pawel, Alois et Boleslaw sont désormais les matricules 22661, 22686 et 22685. Après des mois de souffrances intenses, affamé, épuisé, Alois est le pre-mier à s’éteindre le 17 juillet 1942 et à disparaître dans
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LA BARAQUE DES PRÊTRES
les entrailles du crématoire. Moins d’un mois plus tard, le 14 août, Boleslaw est sélectionné pour être gazé au château d’Hartheim, le vaste centre d’euthanasie ins-tallé en Autriche. Au moment du départ, Pawel, boule-versé, trace le signe de croix sur le front de son frère, le prie d’embrasser ses parents et Alois au Ciel, et l’as-2 sure de son arrivée prochaine parmi eux . Boleslaw dis-paraît. Seize jours plus tard, le 30 août, Pawel tient sa promesse et s’éteint à son tour à Dachau. Les frères Prabucki sont trois des 2 579 prêtres, reli-gieux et séminaristes catholiques, venus du Reich et de l’ensemble de l’Europe occupée, incarcérés au camp de Dachau par les nazis de 1938 à 1945. L’histoire de ces hommes est méconnue, noyée dans celle de l’entreprise concentrationnaire globale. Ils sont en outre éclipsés par deux grandes figures du martyrologe catholique, assas-sinées à Auschwitz : le franciscain Maximilien Kolbe, mis à mort le 14 août 1941 d’une injection de phénol après avoir été affamé des jours durant, et la carmélite Thérèse-Bénédicte de la Croix, née Edith Stein, Juive convertie, ancienne assistante d’Edmund Husserl, gazée 3 à Birkenau le 9 août 1942. Tous deux sont canonisés . Qui sait pourtant qu’à Dachau deux à trois baraques sur trente sont occupées en permanence par des ecclé-siastiques de 1940 à 1945 ? Élites polonaises, opposants politiques allemands, autrichiens, ou tchécoslovaques, résistants belges, hollandais, français, luxembourgeois, italiens… De toutes nations et de tous âges, des prêtres sont regroupés derrière les barbelés de Dachau en appli-cation d’un accord arraché par la diplomatie vaticane au Reich. Durant huit années, les tragédies et les gestes
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