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La bibliologie coloniale et la fin de l'Occident libéral

214 pages
Ce numéro 81 de la Revue de Bibliologie a pour but de faire la synthèse de l'évolution de l'épistémologie de la bibliologie depuis le numéro soixante-dix. Trois orientations sont consécutives: la bibliologie scientifique, la bibliologie coloniale et antiscientifique et la politologie bibliologique.
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ISBN : 978-2-343-05438-4
22 e© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05438-4
EAN : 9782343054384 REVUE DE BIBLIOLOGIE
Schéma et Schématisation
Revue de l’Association Internationale de Bibliologie
AVERTISSEMENT
LA REVUE DE BIBLIOLOGIE
Schéma et Schématisation
est publiée
erà partir du n° 70 (1 semestre 2009) en coédition et codistribution
par
LES ÉDITIONS L’HARMATTAN
et la
SOCIÉTÉ DE BIBLIOLOGIE ET DE SCHÉMATISATION

Elle est l’organe d’expression
de l’Association Internationale de Bibliologie
fondée en 1988

Elle remonte à 1967
Son titre a été modifé plusieurs fois, durant quatre décennies,
en fonction de l’évolution de la Recherche

Elle a toujours présenté des travaux
sur
L’ÉCRIT ET LA COMMUNICATION ÉCRITEREVUE DE BIBLIOLOGIE
Schéma et Schématisation

© Societé de Schématologie et de Bibliologie
Commission paritaire 56944 – Paris, 13-10-1975

ISSN : 0982-65-48

Coédition – Codistribution
Société de schématologie L’Harmattan
et de Bibliologie Librairie, édition, difusion
Rédaction : Robert Estivals Fabrication :
Gestion des abonnements : Jérome Martin / Serge Lauret
Danièle Estivals 16, rue des Écoles
10 Place de l’Hôtel de Ville 75 005 Paris, France
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75005 Paris
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Association Internationale L’Harmattan-RDC – Kinshasa
de Bibliologie – AIB-Belgique 1025 Avenue By Pass
Internet : site Jacques Hellemans Commune de Lemba, Kinshasa
http://www.aib.ulb.ac.be RD du Congo – Eddie Tambwe
© L’Harmattan, 2014 — 5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris – ISBN : 978-2-296-xxxxx-xCOMITÉ D’ÉDITION
Robert ESTIVALS Directeur scientifque
Eddie TAMBWE Directeur éditorial
Suzanne CHARPENTIER Lecture critique des textes
Martial VERDIN Graphisme et composition
Danièle ESTIVALS Secrétaire générale de rédaction
COMITÉ DE RÉDACTION
Mehenni AKBAL (Algérie) • Maître de conférence à l’Université d’Alger (2).
Marie-France BLANQUET (France) • Maître de conférence honoraire à
l’Université de Bordeaux 3, Michel de Montaigne.
Bob BOBUTAKA-BATEKO (RDC) • Maître de conférence à l’Université
de Kinshasa et à l’Institut supérieur de statistiques.
Robert ESTIVALS (France) • Professeur Honoris causa.
Jean-Pierre HAMON (France) • Graphiste-chorégraphe.
erJacques HELLEMANS (Belgique) • 1 Attaché Bibliothèque des Sciences
Humaines – Université Libre de Bruxelles (ULB) – (Belgique).
Bob-Berky KITUMU-MAYIMONA (RDC) • Président d’ARES.
Jean-Pierre MANUANA-NSEKA (RDC) • Professeur à l’Institut facultaire
des Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université catholique
du Congo (CCC), Doyen de la Faculté des communications sociales /UCC,
Directeur de la Bibliothèque du Cedesurk Kinshasa, (RDC).
Eddie TAMBWE (RDC) • Professeur à l'université de Kinshasa, Directeur
de L’Harmattan-RDC, Président de l'AIB.LA BIBLIOLOGIE COLONIALE
ET LA FIN DE L’OCCIDENT LIBÉRAL
Le cycle interseculaire du libéralisme
et du communisme
N° 81 – Second semestre 2014

Qualité des auteurs du n° 81
(par ordre alphabétique)
Akbal Mehenni Maître de Conférence à l’ Université d’Alger 2
(Algérie)
Allahoum Rabah Professeur à l’Université d’Alger 2 (Algérie)
Marie-France Blanquet Maître de Conférence Honoraire à l’Université
de Bordeaux 3 (France)
Chebab Fatima Chargée de cours à l’Université d’Alger 2
(Algérie)
Estivals Robert Professeur Honoris causa (France)
Hacquebart Desvignes Nicolas Doctorant en Histoire à l’EHESS
Libraire-expert en livres anciens et modernes,
assesseur de la Commission de conciliation et
d’expertise douanière (France)
Manuana Jean-Pierre Professeur à l’Institut facultaire des Sciences
de l’Information et de la Communication
à l’Université catholique du Congo (CCC)
Doyen de la faculté des communications sociales
(UCC), Directeur de la bibliothèque
du Cedesurk à Kinshasa (RDC)
Tambwe Kitenge Eddie Professeur à l’Université de Kinshasa,
Directeur de l’Harmattan RDC
Président de l’Association Internationale
de Bibliologie (RDC)
Ce numéro a été réalisé par Danièle Estivals et Martial Verdin.SOMMAIRE
Préface
Par Robert Estivals 9
PREMIÈRE PARTIE
DE LA BIBLIOLOGIE À LA BIBLIOLOGIE
COLONIALE SCIENTIFIQUE
Bibliophilie (263.2)
Structures et schémas de la bibliophilie française,
vers une bibliophilie historique
Par Nicolas Hacquebart Desvignes (France) 19
Écrit (genre) (233)
Les index et les tables des matières comme éléments
d’évaluation des monographies
Par Mehenni Akbal et Fatima Chebab (Algérie) 53
Bibliothéconomie (263.31)
L’enseignement de la bibliothéconomie
l’ niversité d’Alger quelle formation,
pour quel métier ?
Par Rabah Allahoum (Algérie) 63
Schéma et Schématisation 7
8?jSOMMAIRE
Bibliologie coloniale (174)
Le système éducatif comme élément de reproduction du
modèle colonial. Cas du Congo belge
Par Eddie Tambwe Kitenge (RDC) 81
Bibliologie historique (171)
La e-réputation de quelques bibliologues à partir
du moteur de recherche oogle cas de abriel PE N T,
Paul TLET et Robert EST ,9 ALS
Par Jean-Pierre Manuana Nseka(RDC) 103
SECONDE PARTIE
POLITOLOGIE BIBLIOLOGIQUE
Les crises économiques de 1929 et de 2008
et la théorie du con it entre l’ ccident libéral
et l’Eurasie communiste
Par Robert Estivals (France) 115
8 Revue de Bibliologie 81
,***222?PRÉFACE
DÉFENSE ET ILLUSTRATION
DE L’ÉVOLUTION DE L’ÉPISTÉMOLOGIE
DE LA BIBLIOLOGIE
PAR ROBERT ESTIVALS
ous voudrions, dans les lignes qui suivent, expliquer au lec-Nteur l’évolution de cette revue depuis le numéro 70, date de sa
publication par les éditions L’Harmattan, de façon à ce qu’il puisse
en comprendre sa composition actuelle.
Pour cela, nous procéderons en deux parties : l’évolution de
l’épistémologie contemporaine de la bibliologie d’une part, et, d’autre part,
à son application à l’organisation de ce numéro 81.
Pour y parvenir, nous serons conduit à passer de la sociologie
économique et politique actuelle à l’évolution de la bibliologie.
La question posée est alors celle de la relation du tout à la
partie, de l’infrastructure économique et politique à la superstructure
scientifque.
Schéma et Schématisation 9ROBERT ESTIVALS
I. L’évolution de l’épistémologie
Depuis 2008 et la crise économique américaine, le monde est en
train de changer. La relation de pouvoir est en cours de s’inverser. La
crise libérale, transmise à l’Europe sous protectorat américain depuis
1945, est soumise au développement des conséquences de la dette
souveraine. L’élimination fnancière de celle-ci, selon les spécialistes,
doit durer 25 ans au minimum, soit encore la durée habituelle des
crises économiques libérales. La première conséquence en est
l’appauvrissement des pays soumis au Libéralisme qui voit la
paupérisation se développer et la richesse de la bourgeoisie s’accroître. Dans
le même temps, le féchissement économique général se développe.
Cela se vérife par une croissance négative ou légèrement supérieure
à zéro. Sur le plan des budgets des états, les moyens militaires se
réduisent. L’Occident libéral s’afaiblit.
Inversement, l’Eurasie, à dominante communiste, introduisant
les civilisations de plus d’un milliard d’individus, a pris l’ofensive
contestataire. Le président Obama, en 2012, a fait savoir au monde
que, dorénavant, les USA seraient préoccupés par le Pacifque. En
2014, à partir d’études fnancières comparatives, il est ressorti que
la croissance de la Chine faisait d’elle la première puissance
économique mondiale avec un taux de croissance annuel de 5,7% devant les
États-Unis. Dès lors, le début d’un confit généralisé s’est manifesté.
La Chine, depuis plusieurs années revendique, en mer de Chine, les
îles Shokuku occupées par le Japon, colonisées par les États-Unis,
à la fn de la seconde guerre mondiale. Dans le même temps,
l’Eurasie, symbolisée par un crabe, a vu la Russie détruite après 1991,
s’appuyant sur ses nouvelles ressources économiques, reconstituer ses
états russophones et faire reculer l’Europe et les États-Unis tant en
Ukraine qu’en Syrie. Simultanément, l’Islam repousse les États-Unis
d’Afghanistan, du Moyen-Orient et même de l’Afrique sahélienne.
Il vient en même temps à l’appui de l’invasion démographique de
l’Europe par les peuples africains qui traversent la Méditerranée.
La question qui s’impose donc, comme toujours, est de savoir
si cet état de faits de la société globale peut infuencer l’évolution
même d’une discipline, la bibliologie ?
10 Revue de Bibliologie 81PRÉFACE
Ici, nous retrouvons le problème de l’évolution de cette revue
et, par voie de conséquence, la relation possible entre
l’infrastructure économique et politique et la superstructure intellectuelle que
constitue la bibliologie : du tout à la partie.
Prenons les faits principaux : en 2007, nous avions nous-même
organisé le colloque de Brazzaville consacré à une synthèse des
travaux efectués par notre génération visant à faire de la bibliologie une
science, c’est-à-dire à créer et développer les méthodologies
scientifques susceptibles, en étant appliquées au phénomène, de dégager
des régularités et de les vérifer. Ce travail de synthèse d’une
génération concernait donc la bibliologie scientifque et aboutit à la
publication de deux ouvrages : La Bibliologie scientifque appliquée en 2008
et La Bibliologie scientifque en 2009. Dès ce moment, nous pensions
en avoir terminé des transformations successives de la bibliologie de
l’abbé RIVE et de Gabriel Peignot, inventeurs de la bibliologie
encyclopédique puis de Roubakine, créateur de la bibliologie, science de
la communication écrite et enfn de Paul Otlet, le théoricien
international de la bibliographie. Mais la crise survint. Le premier efet fut
de conduireLa Revue de bibliologie, créée en 1967, la veille de la
révolution estudiantine de Paris de 1968, à changer son système éditorial
en confant sa publication à Denis Pryen et aux éditions L’Harmattan
en 2009. En 2010 apparaissait pour la première fois le terme de
politologie bibliologique qui visait déjà à passer du tout à la partie, de
l’infrastructure à la superstructure et, plus généralement, sur le plan
de la théorie scientifque, de la classifcation déductive des travaux à
la multidisciplinarité rejoignant ainsi le passage général aux concepts
de thésaurus, c’est-à-dire d’interrelations fonctionnelles et de
systémique. À cette première transformation s’en est ajoutée une seconde
à partir du numéro 80 publié en 2014 qui a fait intervenir, à la suite
du concept de bibliologie politique, ceux de bibliologie africaine et de
bibliologie coloniale. Ces nouvelles conceptions de la bibliologie était
non moins essentielles. La bibliologie africaine et la bibliologie
coloniale, pour être comprises, devaient faire intervenir le cycle du
colonialisme, c’est-à-dire l’ensemble des opérations politiques imposées
par le colonisateur aux colonisés en tout temps et en tout lieux visant
à le tenir intellectuellement par l’enseignement et par l’écrit dans une
Schéma et Schématisation 11ROBERT ESTIVALS
situation de servage intellectuel de façon à pouvoir l’exploiter plus
facilement. Cette petite découverte était donc essentielle. Aux longs
travaux de plus de 300 chercheurs internationaux qui avaient visé à
créer la bibliologie scientifque s’ajoutaient dorénavant les chercheurs
les plus lucides de l’Afrique dénonçant la bibliologie antiscientifque.
Ainsi, la synthèse épistémologique s’imposait : la politologie
bibliologique informant sur l’état de la société, la bibliologie scientifque afn
de découvrir les régularités explicatives de l’écrit et de la
communication écrite et, comme buttoir, la bibliologie coloniale indiquant les
méthodes de la censure politique et scientifque. C’est à ce point que
nous sommes arrivé aujourd’hui.
II. L’application à la composition du numéro 81 de La Revue de
bibliologie
Pour faciliter la compréhension du lecteur sur la théorie
précédente, nous avons classé les diférents articles de ce numéro de la
revue en fonction de la nouvelle théorie science, antiscience,
infrastructure économique et politique.
Le premier texte de Nicolas Hacquebart Desvignes est consacré
à la bibliophilie historique, c’est-à-dire à l’une des disciplines dont
s’occupe la bibliologie. Son travail relève de l’histoire de l’écrit. Il
nous apporte une érudition indispensable qui nous fait progresser
dans la connaissance de ce qui relève de la conservation des écrits. Il
rejoint ainsi les travaux publiés en 1993 dans le numéro 71 ayant pour
titre Petite Anthologie francophone de la bibliologie et fait ainsi auguré
d’un nouvel approfondissement de ces travaux anciens. Ce travail
concerne donc l’histoire du livre et plus généralement de l’écrit et,
comme on sait, il n’est pas de bibliologie sans référence à l’histoire
qui permet l’inventaire des phénomènes.
Le second article rédigé par Mehenni Akbal et Fatima Chebab,
dans la suite de leurs travaux précédents, ne relève plus de l’histoire
mais de la catégorisation des genres littéraires de la communication
écrite. Du phénomène et de l’érudition, on passe à l’étude des
catégories qui devrait être généralisée dans les prochains travaux.
12 Revue de Bibliologie 81PRÉFACE
Le troisième texte de Rabah Allahoum va plus avant dans la
recherche bibliologique. Il relève de l’enseignement de la
bibliothéconomie en Algérie, non plus seulement pour en décrire les
catégories mais pour répondre à l’un des problèmes fondamentaux de la
bibliologie : de la science et de la science appliquée. L’enseignement
de la bibliothéconomie en Algérie est-il soumis à une régularité et si
oui, laquelle puis à la bibliologie scientifque appliquée c’est-à-dire à
déterminer les modifcations qu’il faut apporter pour rendre ce
soussystème efcace ?
La quatrième étude rédigée par Eddie Tambwe Kitenge nous fait
passer dans ce numéro de la bibliologie scientifque à la bibliologie
antiscientifque et coloniale en présentant les conditions du
développement de l’enseignement au Congo belge et les orientations
politiques et idéologiques imposées aux enfants noirs par le colonisateur
belge. À cela il faut ajouter qu’Eddie Tambwe Kitenge est l’un des
fondateurs de la bibliologie politique et que cette étude actuelle laisse
entrevoir le développement d’une recherche collective africaine sur
les conséquences de la bibliologie coloniale aujourd’hui par la
création d’une équipe de chercheurs qui permettrait le renouvellement
de l’Association Internationale de Bibliologie.
La cinquième recherche, celle de Jean-Pierre Manuana Nseka,
concerne l’histoire de la bibliologie qui fait ainsi la synthèse de
la bibliologie scientifque et de la bibliologie antiscientifque. Là
aussi, la recherche en ce domaine devrait être développée, d’une
part, parce qu’elle fait intervenir avec les moteurs de recherche les
apports de l’écrit électronique et, d’autre part, parce qu’en
généralisant la recherche au plus grand nombre de chercheurs possibles,
ils déboucheraient ainsi non plus seulement sur les plus connus
mais aussi sur la collectivité démocratique des chercheurs de tout
temps.
Enfn, notre propre étude consacrée à l’examen comparé des
cycles économiques américains de 1929 et de 2008 suivie d’une
théorie prévisionnelle du confit entre l’Occident libéral et l’Eurasie
communiste, qui a trait de la politologie bibliologique, c’est-à-dire de
l’étude de la société à partir du support écrit que constitue le journal
Le Monde ofre à la bibliologie scientifque et antiscientifque d’une
Schéma et Schématisation 13ROBERT ESTIVALS
part la connaissance du cadre sociopolitique dans lequel s’est
développée la totalité des articles précédents et permet, en même temps,
d’aborder la question de la prévision nécessaire à toute recherche
d’autre part.

14 Revue de Bibliologie 81Première partie
DE LA BIBLIOLOGIE

À LA

COLONIALE SCIENTIFIQUE
Schéma et Schématisation 1516 Revue de Bibliologie 81BIBLIOPHILIE (263.2)
Schéma et Schématisation 1718 Revue de Bibliologie 81STRUCTURES ET SCHÉMAS
DE LA BIBLIOPHILIE FRANÇAISE
ers une bibliophilie historique
PAR NICOLAS HACQUEBART DESVIGNES
u crépuscule du Siècle des Lumières, une première
classif1Acation fondamentale et novatric nae ît des eforts
encyclopé2diques entrepris par le bibliothécaire du duc de La Valliè, lre’abbé
3Jean-Joseph RIVE (1730-1792, co) nstituant ainsi la première époque
4d’une recherche théorique sur le livre imprimé et manusc . Critette
1. Cf. RIVE (J.-J.), Chronique littéraire des ouvrages imprimés et manuscrits de l’abbé
RIVE… Éleuthéropolis [Aix-en-Provence], Imprimerie des Anti-Capet, 1792, p. 1. 89
2. La bibliothèque de Louis-César DE LA BAUME LE BLANC se montait à
environ 60 000 volumes.
3. Voyez le portrait qu’en brosse Gabriel PEIGNOT dans soDn ictionnaire
raisonné de bibliologie (tome 1, p. 277 et suiv.).
4. Antérieurement à la Révolution française, les sources imprimées fondatrices de
la bibliographie rétrospective française susceptibles d’apporter un éclairage
historique pertinent sur ce sujet demeurent l Bia bliothèque (1584) de François GRUDÉ
(1552-1592) et celle d’Antoine DU VERDIER (1544-1600) publiée l’année suivante.
Ces deux travaux initiaux font désormais fgure d’archéologie bibliographCfique. .
T. Besterman, Les débuts de la bibliographie méthodique, Paris, 1950.
Schéma et Schématisation 19
9NICOLAS HACQUEBART DESVIGNES
division historique établit les diférents rapports qu’il est possible
d’entretenir avec l’objet-livre et son contenu. À cette occasion, RIVE
1propose une série de vingt-deux termes nuancé, et s pour partie
néologiques, qui parcourent le spectre de la théorie et de la pratique du
livre de son temps. De son discours se dégage un terme précurseur,
celui de bibliophilie.
Publié dans le numéro 81 de laR evue de bibliologie, cet article
programmatique constitue le premier article que nous publions sur ce
que nous appellerons dorénavant laBib liophilie historique. Ce propos
fait état de nos recherches en histoire culturelle de l’écrit, livrant
la synthèse d’une réfexion théorique plus vaste entamée voilà plus
2d’une dizaine d’années.
Si le bibliophile est aujourd’hui perçu à tort par le grand public
comme un dilettante épris d’objets futiles, c’est sans doute l’absence
d’une théorisation de la bibliophilie aussi poussée que celle de la
bibliologie qui a entraîné le manque d’intérêt et le regard au mieux
intrigué dont le bibliophile doit aujourd’hui faire les frais.
Assurément, une bibliophilie historique structurée, réintégrée à
l’édifce général de l’histoire sociale du livre et de la culture écrite,
contribuera à renouveler cette discipline. Mais pour se hisser au rang
de science sociale, celle que nous appeloBibns l lio a philie historique aura
1. Cf., op. cit., ibid. À l’occasion de ces innovations lexicales, la première
occurrence du mot bibliologie par l’abbé RIVE daterait de 1781, selon le Professeur
Robert ESTIVALS. Considéré comme l’inventeur de ce mot, RIVE demeure
l’un des premiers grands théoriciens français du livre de l’Époque moderne. Sa
liste de termes était destinée à devenir une série d’articlesS du upplément à
l’Encyclopédie méthodique de l’académicien Nicolas BEAUZÉE (1717-1789). Il ne serait
pas exagéré de dire que la force d’innovation lexicale de l’abbé RIVE a inspiré
la recherche en histoire du livre jusqu’à l’époque contemporaine. D’autres
néologismes désormais bien établis s’y sont ajoutés, comBibme llioat héconomie de
CONSTANTIN (1779-1844) ou, plus récemmentbi, lab liométrie de Paul OTLET
(1868-1944), marquant une fliation évidente à travers les évolutions transversales
des théories et systèmes de classifcation du livre.
2. Concomitamment, sur un plan pratique, nous avons inauguré en 1999 nos travaux
esur la bibliographie rétrospective des livres militaires français du X sièVIcIIle à
l’École Pratique des Hautes Études ; puis, à partir de 2005, à l’École des Hautes
Études en Sciences Sociales, sous la direction du Professeur Roger CHARTIER,
nous avons élargi cet axe de recherche à la culture du livre militaire sous l’Ancien
Régime.
20 Revue de Bibliologie 81