//img.uscri.be/pth/1bf990746cf7acc7ec7544b302e3cbaea4b2cc57
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,90 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

La C.N.T. en exil : une présence libertaire espagnole dans le Puy-de-Dôme de 1945 à 1975.

De
331 pages
Étudiant en histoire, j'ai consacré un travail de recherche aux anarchistes espagnols en exil en Auvergne. Moi-même petit-fils d'anarchiste espagnol, j'ai été bercé depuis ma plus tendre enfance par les multiples récits de mon grand-père sur la guerre d'Espagne et les anarchistes en particulier. Mon choix pour un sujet d'étude devait alors tout naturellement se diriger vers ces événements qui ont secoué l'Espagne entre 1936 et 1939.
Voir plus Voir moins
La C.N.T. en exil
Pierre Duboisset
La C.N.T. en exil Une présence libertaire espagnole dans le Puy-de-Dôme de 1945 à 1975
MÉMOIRE/ THÈSE/ RECHERCHE
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2-7481-0745-4 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-0744-6 (pour le livre imprimé)
Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de l’ouvrage, le texte en l’état. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
INTRODUCTION
Au cours des mois de février et mars 1939, les au-torités françaises stationnées le long de la frontiére py-rénéenne assistent à un véritable raz-de-marée humain. Civils et militaires, femmes et enfants sont alors entassés pêle-mêle dans des camps de fortune installés à la hâte à Argelés-sur-Mer, Agde, Barcarés ou encore Saint-Cy-prien. Dépassés par le caractére massif de l’exode, les autorités françaises refusent aux exilés le statut de « ré-fugiés politiques ». Au-delà des conditions sanitaires dé-plorables de ces camps, divers problémes se posent à eux car il s’agit pour ces réfugiés espagnols de vivre dans des conditions pratiquement carcérales, et dans l’angoisse quotidien d’un rapatriement forcé. Anarchistes et com-munistes espagnols nourrissent chez la population locale, un sentiment de peur et de panique, qui se traduisent par de multiples arrestations et des expulsions du territoire. Une répression s’abat alors sur les « rouges » qui sont envoyés dans des camps où est appliquée une stricte di-cipline militaire. A titre d’exemple, le Vernet d’Ariége accueillera notamment tous les « agitateurs et individus dangereux ».
L’éclatement de la seconde guerre mondiale en sep-tembre 1939 va préluder à une nouvelle dipersion des réfugiés espagnols sur le territoire. Plusieurs milliers d’entre eux acceptent alors de s’engager dans la légion étrangére et dans les régiments de marche de volontaires
7
La C.N.T. en exil
étrangers. D’autres, dans le cadre des Compagnies de Travailleurs Etrangers (C.T.E.), sont recrutés dans les fermes et les usines. L’armistice signée le 22 juin 1940 à Rethondes, par Pétain, succédant à Albert Brun, à la tête de l’Etat, divise la France en deux zones, l’une appe-lée zone libre, l’autre zone occupée, mais ne change pas grand chose au sort des réfugiés espagnols. Les C.T.E. sont désormais remplacées par des « Groupements de Travailleurs Etrangers (G.T.E.) qui fournissent une main d’œuvre bon marché à l’économie française et une masse importante de travailleurs en Allemagne au sein de l’or-1 ganisation Todt » . Pour les Espagnols qui prennent le maquis, « l’objectif final du combat contre le nazisme 2 reste le renversement du franquisme » , car « en se battant pour libérer la France, ils luttent pour libérer leur propre pays ». « La période de la Libération est pour les exilés espagnols celle de toutes les espérances et de toutes les 3 désillusions » .
L’intervention des Espagnols dans la guerre et à l’ar-riére-front contribue à faire évoluer l’image et la situation des Espagnols en France. La crainte du « rojo » consi-déré comme « persona non grata » disparaît. De plus le gouvernement français a besoin de main d’œuvre pour re-construire le pays. Ces circonstances contribuent, entre autres à régulariser la résidence en France des exilés es-pagnols. C’est ainsi qu’un décret promulgué le 15 mars 1945 par le gouvernement provisoire de la République
1.
2. 3.
8
Geneviève DREYFUS-ARMANDetEmile TEMIME, «Adieu l’Espagne»,L’Histoire, n 46.200, juin 1996, p. ibid. Louis STEIN,Par-delà l’exil et la mort. Les républicains espagnols en France, Paris, Mazarine, 1981, p. 189.