La Caraïbe face à la mondialisation

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La Planète est devenue un immense casino où surfent allègrement banquiers, financiers, recycleurs d'argent sale et entreprises anonymes à irresponsabilité illimitée.



Dans les Caraïbes, la mise en œuvre des prescriptions libérales aboutit à l'explosion des inégalités et à la marginalisation de milliers d'être humains. Pourtant, cette région peut être une force dans le monde. Les acteurs eux-mêmes en ont conscience, et ils veulent assumer le fait caribéen, la caribéanité dans un monde désormais global. C'est un fait politique nouveau qui évoque l'émergence d'une sorte de nationalisme régional. Pour l'auteur, il devient urgent de mieux connaître la réalité de la gestation en cours. Car il devient de plus en plus difficile aux nations pauvres de vivre, et l'espoir de vivre démocratiquement en liberté s'éloigne davantage. Or, dit-il, la liberté ne peut pas être un luxe des nations riches et développées. Si la prospérité et la culture ne sont pas garanties au monde pauvre, la liberté ressentira une grave crise universelle.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782844505477
Nombre de pages : 192
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LADICTATURE DESMARCHÉSFINANCIERS
Les seigneurs de la guerre
Loin desévénements factuels,ceux qui n’ont pas de mémoire, il est bon d’illustrer l’actualitéune par réflexion et une analyse des faits,qui doit nous conduire àformidable lucidit une é voireà l’action. Des groupes capitalistes géants ont concentréaujourd’hui un pouvoir financier d’envergure inéditeàl’échelle mondiale.Ils ont pu le faire avec le concours zélégouvernements des convertis au libéralisme d’état,et en maîtrisant par leurs réseaux la révolution technologique et informationnelle. Conjuguant ainsi pouvoir financier et pouvoir de l’infor-mation,ils ont « pris en otage » le pouvoir politique.Le poids de cette puissance privée planétaire mine l’en-semble de nos sociétés.C’est tout d’abord la démolition sociale.capi- Les taux baladeurs imposent un coût de l’argent prohibitif et soumettent toutes les activitésàleurs exigences de ren-tabilité.Alors,les entreprises taillent dans les salaires et se soustraientàresponsabilit toutes és sociales. Le chô-mage massif et la flexibilisation du travail empêchent de plus en plus d’hommes et de femmes d’envisager une vie libre et utile par leur implication dans une activitépro-fessionnelle.C’est ensuite la démolition de l’intervention publique desétats.Sommés de déréguler,de supprimer les prélèvements sur le capital et de réduire la dépense publique,ils tentent d’éponger les plaies sociales et aug-mentent la pression sur les salariés.« fracture La
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sociale »,les divisions et les conflits s’attisent,dans une sociétéoùl’irresponsabilitéillimitée des opérateurséco-nomiques brise aussi deséquilibresécologiques vitaux.
Cette mondialisation est placée sous la dictature des marchés financiers. Elle est un formidable facteur de dépérissement de la politique, qui angoisse tant les citoyens.Lorsque les populations ne trouvent pas protec-tion du côté de leurétat et des institutions internatio-nales,les tentations de replis nationalistes et intégristes se diffusent.archa Replis ïques et barbares alors qu’il faudrait organiser la solidaritédes nations.
Il s’agit bien entendu de construire une régulation publique et sociale du systèmeéconomique mondial qui permette un nouveau type de développement.Il ne s’agit plus seulement de promouvoir l’investissement public non rentable,de d mais évelopper les capacités de tous sans exclusions pour générer un plein emploi et une pleine activité, en partageant les ressources et en dimi-nuant de façon drastique tous les coûts.groupes Les financiers et les entreprises seront soumisàresponsabili-tés et obligations sociales et publiques,une impliquant rénovation en profondeur de l’économie mixte et une maîtrise des marchés.
De telles mutations appellent un retour de la poli-tique et de l’éthique.progr Des ès majeurs de la démo-cratie dans le sens de la participation et du partage des pouvoirs,et non plus de la délégation,seront capables de donnerà l’intervention desétats la force qui leur fait aujourd’hui défaut. L’originalité de cette situation est qu’elle impliqueà la fois de réhabiliter la nation et de l’orienter vers la construction des formes de démocratie transnationale. Reconstruire partout des instruments d’intervention publique, aujourd’hui minés,une forger solidaritédes européens,des caribéens,de tous pour agir ensemble et générer de nouvelles voies de développe-
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ment : ces deux chantiers doivent être intimement articu-lés et se conjuguer avec l’intervention indispensableàun autre niveau : celui des institutions mondiales. Quelles que soient les difficultés, une démocratie interactive, solidaire et planétaire en gestation qui permettra de sor-tir de l’impasse libérale imposée par les seigneurs de la guerre.
Vers un basculement de civilisation
ème Pour la première fois en cette fin duXXsiècle,la confrontation Est-Ouest ne se pose plus.notre Mais région,la plan comme ète toute entière est en passe d’opérer,et le processus est bien engagé,un basculement de civilisation : c’est la Mondialisation en particulier dans ses dimensionséconomiques,financières,technolo-giques et culturelles. Un dé, qui est l’aboutissement ultime de l’él’impensable en train deconomisme de « naî» l’homme mondialtre sous nos yeux , c’est-à-dire l’atome infrahumain, vidéculture de , de sens et de conscience de l’autre.le r C’est ésultat final, prévisible, mais déjàpr fortement ésent de la combinaison de trois dynamiques qui convergent de manière explosive sur l’humanité de cette fin de sièla mondialisation decle : l’économie, ultime avatar de la modernité occidentale datant de l’O.P.A.lancée par l’Europe sur le monde au ème XVsiècle,la remise en cause de l’état providence et de l’état tout court qui pourrait sonner le glas du politique et de la société,la destruction généralisée des cultures,au Nord comme au Sud,le rouleau compresseur de la par communication, de la mercantilisation et de la techno-logie.la nature même du syst C’est èmeéconomique et financier,d’ailleurs porteur de sa propre autodestruction par la mise hors jeu,via le chômage,d’une fraction tou-
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jours croissante de la population, qui doit être mise en cause ; et pas seulement certains de ses effets. Il faut donc reconstruire.
Le casino de la spéculation
L’Archipel caraïbe et ses dirigeants l’ont bien com-pris. Cette reconstruction passe par la réhabilitation, contre la raisonéconomique, du fait politique, du fait social et du fait culturel.Elle implique une redéfinition, ou mieux,un dévoilement du bien commun,d’un savoir vivre ensemble et d’un nouveau sens.Le mécanisme qui seul peut y conduire,la phase de glaciation mon- dans dialisatriceànous sommes parvenus laquelle , est celui d’une dissidence impliquant progressivement une masse critique de citoyens décidésàfaire prévaloir leurs droits élémentaires etàl’av favoriser ènement d’une vraie société politique. Cette dissidence commence avec le refus de la théologieéconomique qui a confiéau marché le gouvernement du monde : il faut desserrer les ajuste-ments,recentrer sur le march les é interne, tempérer la concurrence, réhabiliter la planification, modérer le jeu de casino de la spéculation et utiliser l’Europe comme le levier d’un projet social. La Caraïbe,marchéde 36 millions d’habitants,enjeu du point de vue commercial de tutelles entre l’Europe et les Etats-Unis,voit s’élargir son champ du possible.Elle se trouve dotée d’atouts nouveaux,dans une conjoncture oùla conscience démocratique et les droits de l’homme progressentàl’échelle mondiale.
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