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La communication au Cameroun

De
371 pages
De l'activité des pionniers de la presse et du journalisme à la vitalité actuelle d'un secteur modernisé et ouvert à la mondialisation, le Cameroun affiche aujourd'hui 40 ans d'histoire de la communication. Voici une base de données inestimable provenant de l'analyse de travaux de recherche dans les institutions universitaires camerounaises, africaines, européennes et américaines qui permet de pénétrer le champ de la communication au Cameroun.
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La communication au Cameroun

Sociétés Africaines et Diaspora Collection dirigée par Babacar SALL
Sociétés Africaines et Diaspora est une collection universitaire à vocation pluridisciplinaire orientée principalement sur l'Afrique et sa diaspora. Elle accueille également des essais et témoignages pouvant servir de matière à la recherche. Elle complète la revue du même nom et cherche à contribuer à une meilleure connaissance des réalités historiques et actuelles du continent. Elle entend également œuvrer pour une bonne visibilité de la recherche africaine tout en restant ouverte et s'appuie, de ce fait, sur des travaux individuels ou collectifs, des actes de colloque ou des thèmes qu'elle initie. Déjà parus Issa Laye TRIA W, Lafemme Seereer (Sénégal), 2005. Mar FALL, Le destin des Africains noirs en France, 2005. Claude KOUDOU, Côte d'Ivoire: pour un nouveau mode de coopération entre l'Afrique et la France, 2005. Modibo DIA GOURA GA, Modibo Keïta un destin, 2005. Mamadou DIA, Radioscopie d'une alternance avortée, 2005. Mamadou DIA, Echec de l'alternance au Sénégal et crise du monde libéral, 2005. Mody NIANG, M Wade et l'alternance, 2005. Dominique BANGOURA (dir.), Guinée: L'alternance politique à l'issue des élections présidentielles de décembre
2003, 2004.

Titinga Frédéric PACERE, Pensées africaines. Proverbes, dictons et sagesse des Anciens, 2004 Amadou NDOYE, Les immigrants sénégalais au Québec, 2004. Danielle PÉTRIS SANS-CA V AILLÈS, Sur les traces de la traite des Noirs à Bordeaux, 2004. Khadim SYLLA, L'éducation en Afrique, 2004. Philippe NOUDJENOUME (dir.), Les frontières maritimes du Bénin, 2004. Dominique BANGOURA (dir.), L'Union africaine face aux enjeux de paix, de sécurité et de défense, 2003. Chouki EL HAMEL, La vie intellectuelle islamique dans le Sahel ouest-africain (XVIe-XIXe siècles), 2002. Kimba IDRISSA (sous la direction de), Le Niger. État et

démocratie, 2001.

Antoine WONGO ARANDA

La communication au Cameroun
Bibliographie annotée et commentée de 40 ans de recherche

L'Harmattan 5-7:> de I:>École-PolytecbnÏque; 75005 Paris rue FRANCE
L'Hannattan Hongrie Kônyvesbolt KossuthL. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm.; BP243, KIN XI Université de Kinshasa L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B226O Ouagadougou 12

- RDC

www.librairieharmattan.com e-mail: harmattan1@wanadoo.fr (Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9189-1 EAN : 9782747591898

PRÉFACE
Par le professeur Jacques Fame Ndongo La Communication au Cameroun, bibliographie annotée et commentée de 40 ans de recherche: tel est l'intitulé de l'ouvrage du Dr Antoine Wongo Ahanda qu'il me revient l'insigne privilège et la redoutable tâche de présenter à la société intellectuelle universelle, à l'ère de la cybercivilisation où la quasi-totalité de la connaissance (de l'antiquité à nos jours) est disponible en ligne. Pour autant que l'on prenne la peine de consulter un site web, on peut tout savoir sur tout à tout instant. Ce périlleux exercice m'est pourtant d'autant plus exaltant qu'il est bien perceptible depuis plus d'une décennie, que la culture et la pratique communicationnelles au Cameroun ont remarquablement évolué, de la phase archaïque des années post-indépendance à l'ère du «village planétaire» et qu'il manquait un ouvrage qui présentât succinctement, de manière synoptique, l'état de la recherche sur ce secteur au Cameroun, dans tous les compartiments de l'épistémologie informationnelle (histoire, droit, économie, socio-psychologie, sémiologie, etc.). Arrimé au réseau des réseaux, l'ouvrage du Dr Wongo Ahanda sera d'une précieuse utilité aux chercheurs du monde entier. En effet, la société camerounaise est aujourd'hui ancrée dans la réalité de la mouvance universelle de la mondialisation, qui renvoie à la conception anti-monadologique qu'évoquait déjà au 18ème siècle le philosophe et mathématicien allemand Gottfried Wilhem Leibniz dans son ouvrage La Monadologie paru en 1714, car nul n'en doute de nos jours, il est une pratique récurrente du vocabulaire sociopolitique de siècle, celle qui consiste à évoquer, dans l'État africain du début du 21ème une perspective de modernisation, des concepts tels que la bonne gouvernance et la mondialisation, le premier étant d'ailleurs une résultante du second, dans sa tendance globalisante qui vise à arrimer le fonctionnement des différents acteurs étatiques du « village planétaire» à une sorte de « universal Way of doing ». Cet ouvrage intervient donc à point nommé dans un contexte camerounais marqué par un mouvement permanent de libéralisation effective du secteur de la communication, sur une surface médiatique où se construit une liberté de presse et d'expression dont certaines

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illustrations constituent, sans nul doute, une réelle exception camerounaIse. Une telle nouveauté, à l'évidence, trouve son fondement dans un référent communicationnel aux manifestations diverses, en fonction de ses approches économique, sociale ou même humaine. De par son caractère inhérent au fonctionnement de toute société politique, la communication moderne s'est érigée en science régulatrice des interactions universelles, en moteur des activités sociétales, à un tel point qu'une perception quasi excessive n'a pu hésiter, dans une approche nouvelle de l'ordonnancement institutionnel de l'État, à la hisser au rang de quatrième pouvoir à côté du législatif: de l'exécutif et du judiciaire, même s'il faut toutefois admettre qu'elle ne renvoie en réalité qu'à un phénomène irradiant de l'ère de la globalisation. L'ouvrage du Dr Antoine Wongo Ahanda porte donc sur un sujet actuel, sur un domaine considérablement exploré, mais encore insuffisamment investigué au cœur duquel l'auteur, au terme d'une recherche menée à travers des contributions scientifiques de divers genres donne à penser, à travers une chronique d'études menées en France, en Amérique, en Afrique et notamment au Cameroun, sur des terrains variés tels que la communication orale ou écrite, la presse ou l'audiovisuel, la documentation ou le cinéma, la publicité ou le marketing. Lorsque l'on considère l'ampleur des données scientifiques et la qualité des analyses contenues, on peut affirmer que ce manuel se présente, à travers sa triple dimension réflexive, cognitive et heuristique, comme une recherche essentielle, un guide utile pour une approche idoine de la connaissance d'une discipline scientifique fort évoquée en toutes circonstances, mais au demeurant pas toujours justement perçue, même si l'on peut toutefois penser que ce travail aurait pu gagner en intérêt si l'auteur avait opté, au-delà de la juxtaposition chronologique et d'un classement thématique de certaines données auxquelles il n'apporte qu'une analyse lapidaire, pour une étude plus approfondie de certaines questions évoquées. Par ailleurs, n'ayons guère de cesse de rappeler avec l'auteur, que toute communication efficiente doit s'adapter à son contexte et se vêtir, au risque d'une perversion communicationnelle, du manteau de l'objectivité, car si elle est utilement perçue comme domaine d'enseignement, de formation et de recherche ou comme outil d'échange et moyen d'amélioration de l'existence humaine, la communication peut malheureusement aussi être utilisée, au grand dam de sa téléologie principielle, comme un mode d'avilissement des masses, par
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l'instrumentalisation des techniques modernes dans un but de désinformation voire de clochardisation et de viol des consciences. C'est pour cette raison qu'il est impérieux de concevoir la communication utile autour du triptyque liberté, vérité et responsabilité, sous-tendu par un autre trinôme: technique, esthétique et éthique. L'auteur de cet ouvrage l'a d'ailleurs bien perçu, lorsqu'il évoque notamment pour le déplorer, les «failles» et les «déviances» de la presse camerounaise quant aux exigences professionnelles de la déontologie, référence inconditionnelle pour tout métier de la communication dans nos États en développement, dont la mission dans un contexte sensible de mutations, de démocratisation et de globalisation s'avère particulièrement essentielle. Révélatrice du passé, témoin du présent et instigatrice de l'avenir, la communication se doit d'être inspirée d'une observation sociétale désincarnée, animée par une sainte ambition d'objectivité et d'utilité. Pour cela, la référence à la déontologie se prescrit en effet comme un impératif théologal en cette ère du « pouvoir communicationnel », où les médias et leurs états de service peu reluisants ont nécessairement besoin d'un regain d'éthique. À tout prendre, les interrogations que suscite cette œuvre m'inspirent en définitive un désir lancinant, celui de voir la fonction de communication dans le contexte spécifique de la société camerounaise s'ériger en levier du mieux-être de nos populations, à travers un apport indéniable dans l'édification du vrai et du juste, sur l'inébranlable fondation de l'indépendance et de l'intégrité. C'est ainsi que nous pourrons lutter efficacement contre l'info pauvreté et créer des info richesses pour permettre à nos populations d'accéder à la Société mondiale de l'Information. Puisse donc cette appréciable contribution du Dr Antoine Wongo Ahanda susciter à ce propos des vocations dans le cadre de la recherche autour de cette précieuse discipline ou de la pratique de ses métiers tant convoités, mais en définitive ô combien mal honorés! J.F.N.

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REMERCIEMENTS
Le présent ouvrage est avant tout l'œuvre d'une équipe de recherche coordonnée par Richard Awono, doctorant en sciences de la communication à l'Université de Yaoundé II, dont le sens de l'organisation, le souci du détail, la patience et le professionnalisme ont permis de collecter les données, de les trier, de les classer et d'en assurer la saisie. Cette équipe, dont je tiens à remercier particulièrement et individuellement chacun des membres, était composée de: Michel Ndi, Emmanuel Mbede, Thomas Nnanga Befale, Sylvain Mebara, Jean Patrice Evina, Georges Madiba, Julienne Medjo, Abdelaziz Mounde, Constant Mimbou Ayong, Alain Claude Alima, Rodrigue Ottou, Agnès Aurore Balep. Chantal Ban et Samson Nzuanke, traducteurs, ont apporté leur aimable contribution dans la relecture. Je dois également remercier les bibliothécaires et responsables des centres de documentation des universités sollicitées, dont la collaboration aura été totale. Mes anciens collègues de l'ESSTIC, Pre Laurent-Charles Boyomo Assala, Dr Eyango Mouen, le personnel de l'École, Aaron Zambo, Caroline Alima, Simon Zibi m'ont soutenu dans ce projet qui révèle aussi au grand public leur travail depuis trente ans.

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LISTE DES SIGLES ET DES ABRÉVIATIONS

. . . . . . . . .

ACAP - Agence camerounaise de presse AIDS - Acquired Immune Deficiency Syndrom AMA - Atelier de matériel audiovisuel ANDP - Alliance nationale pour la démocratie et le progrès ASMAC - Advanced School of Mass Communication ASTI - Advanced School of Translators and Interpreters BAT - British American Tobacco
BC

BICEC - Banque Internationale du Cameroun pour l'Épargne et le Crédit . BICIC - Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie du

- British

Council

Cameroun
. BTS - Brevet de technicien supérieur CAMASEJ - Cameroon Association of English-speaking Journalists CAMNAF A W - Cameroon National Association for Family Welfare CAMNET - Cameroon Network CAMNEWS - Cameroon News Agency CAN - Coupe d'Afrique des nations . CCF - Centre culturel français

. . . . . . CD-ROM - Compact disc . -.

-

read only-memory

CELA V Cellule audiovisuelle CEMAC Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale . CEPER - Centre d'édition et de production pour l'enseignement et la

. recherche . -. . . . .
.

CFA Communauté financière africaine CFP Cameroon Foot Pools CHOCOCAM - Les Chocolateries Confiseries du Cameroun CLE Centre de littérature évangélique CNPS Caisse nationale de prévoyance sociale CNRH Centre national de réhabilitation des handicapés COTCO Cameroon Oil Transportation Company CRAC - Cercle de recherche et d'action culturelle . CRPI - Centre régional de presse et d'information . CRTV - Cameroon Radio Television

Il

.CUY -- Communauté urbaine de Yaoundé .EBAD - École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes .ENAM - École nationale d'administration et de magistrature .ENS -École normale supérieure .ENSET - École normale supérieure de l'enseignement technique .ENSPT - École nationale supérieure des postes et . télécommunications .ENSTP - École nationale supérieure des travaux publics .ESSEC - École supérieure des sciences économiques et .ép.- épouse commerciales .ESSTIC -École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication .FDSEla- FacultéFédérationetcamerounaise de football de droit sciences économiques .FECAFOOTFemme - santé - développement .FESADE-Fonds de développement de l'industrie cinématographique .FODIC - International Computer Center Network .ICCNet - Information - éducation - communication / santé de la .IEC/SR reproduction .IFP - Institut français dedepresse et des sports .INJS - Institut-national la Telecommunications of Cameroon jeunesse .INTELCAM de presse et des sciences de l'information .IPSI - Institut International agricole et de développement . IRAD - Institut de recherche .MDR- Information scientifique et techniquedéfense de la République 1ST .MDS --Mémoire de spécialisation (DESS) Mouvement démocratique pour la .MIDENO - Mission de développement du Nord-Ouest .MINDIC - Ministère du Développement industriel et commercial .MINREST - Ministère de la recherche scientifique et technique . . . . . -.
CTV Cameroon Television ML Mémoire de licence MM Mémoire de maîtrise MMC Multi Média Centre MP Mouvement progressiste NGO Non Governmental Organisation 12

.NOMIC -Nouvel ordre mondial de l'information et de la

. . -. . . - . .PARDOC . -

. . .PMI/PME - Petites et moyennes industries / petites et moyennes entreprises .PMSC --Programme de marketing social au Cameroun .PMUCParti national du progrès Pari Mutuel Urbain Camerounais .PNP - - Programme national de vulgarisation et de recherche .PNVRA agricole . .RDPC -Rassemblement démocratique du peuple camerounais
PhD. - Philosophical doctor RAP Rapport de stage

communication NTIC Nouvelles technologies de l'information et de la communication NUDP National Union for Democracy and Progress OAPI Organisation africaine de la propriété intellectuelle OMS Organisation mondiale pour la santé ONADEF Office national de développement des forêts ONG Organisation non gouvernementale OUA Organisation de l'unité africaine Programme d'appui à la restructuration des services documentaires des parlements du Sud PCC - Presbytarian Church of Cameroon

. . . . . . . . . . .
.

SABC - Société anonyme Brasseries du Cameroun SAILD Service d'appui aux initiatives locales de développement SCDP - Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers SCP -Société camerounaise de presse SDF - Social Democratic Front SGBC - Société Générale de Banque au Cameroun SIC - Société immobilière du Cameroun SID - Spécialiste de l'information documentaire SID - Service d'information et de documentation SITABAC - Société Industrielle des Tabacs du Cameroun SNH - Société nationale des hydrocarbures SNI - Société nationale d'investissement . SOCADRA - Société camerounaise des droits d'auteur . SOCA TOUR - Société camerounaise de tourisme SODECOTON - Société Camerounaise de Développement du Coton 13

. -

.

SONEL - Société nationale d'électricité . SOPECAM - Société de presse et d'éditions du Cameroun . TAL - Techniques de traitement des langues THC - Thèse de doctorat de troisième cycle THU - Thèse de doctorat unique UCAC - Université catholique d'Afrique centrale . UDC - Union démocratique du Cameroun UNDP - Union nationale pour la démocratie et le progrès UNESCO - United Nations Educational Scientific and Cultural Organisation UNICEF - United Nations International Children Emergency Fund UPC - Union des populations du Cameroun VIH/SIDA - Virus de l'immunodéficience humaine / syndrome d'immunodéficience acquis WTO - World Trade Organisation

. . . . .

. . . .

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INTRODUCTION

GÉNÉRALE

Quelle communication pour la société camerounaise?
Chaque époque célèbre sa religion, ses idéaux et ses triomphes: après les années de culte développementiste pour réguler les flux communicationnels inégaux, voici qu'avec les autoroutes de l'information nous sommes plongés dans le village-monde. À peine le temps effectivement de mettre en place un vrai système correcteur de ces inégalités, que la communication devient le symbole le plus visible et le plus convoqué pour établir le règne des flux transnationaux, célébrant ainsi le triomphe d'un rapprochement virtuel des hommes pour l'élaboration des idéaux universaux de liberté, de droits de l'homme ou de démocratie. Passant par pertes et profits l'échec de l'idéal d'hier. Au centre de tous les espoirs nés du triomphe de la technologie, la communication laisse s'imbriquer de façon inextricable des valeurs, des intérêts qui font de la massification et la standardisation de la culture une idéologie. Si le mot communication semble être le mistigri des temps modernes, afin d'échapper aux querelles relatives à la polysémie et à l'idéologisation qui en découlent, relevons qu'il recouvre au moins deux sens à partir desquels nous tenterons une définition. * Le premier sens relève de la dimension anthropologique de cette expérience humaine. De prime abord, communiquer c'est échanger des informations avec quelqu'un. C'est donc à la base de toute vie en société. Aussi simple qu'on ne peut concevoir une société sans échange, avec les outils qu'elle forge pour la perpétuer, de même on ne peut penser une société sans communication. Étudier la communication reviendrait donc à synthétiser l'histoire d'une culture et les modes de fonctionnement d'une société. * L'autre sens plus moderne est celui lié au triomphe de la technologie. Il permet de comprendre le développement du marketing et toutes ces techniques de vente estampillés «communication ». Il signifie que malgré une rupture dans l'organisation sociale, la 15

communication reste un ensemble de techniques et d'outils (téléphone, télévision, Internet, Minitel, fax, etc.) qui permettent de « médiatiser» un échange entre au moins deux personnes, quel qu'en soit l'objectif, à travers un instrument. Cet ouvrage se propose de mettre à la disposition des chercheurs et du public l'essentiel des travaux de recherche (articles publiés dans des revues scientifiques, mémoires de fin d'études des écoles, mémoires de maîtrise, de DESS, de DEA, thèses de doctorat, livres ou toutes autres publications ayant un caractère scientifique) concernant la communication dont le thème matriciel et exclusif est le Cameroun, par delà ses frontières nationales. C'est une bibliographie indexée qui permet de mieux entrer dans le champ en jachère de la communication au Cameroun. LIEUX DE LA RECHERCHE EN COMMUNICATION CAMEROUN SUR LE

Les territoires d'études sur le journalisme et plus généralement sur la communication au Cameroun sont divers: la France, le Canada, les États-Unis, le Sénégal et le Cameroun. Ils épousent la configuration, les orientations et les mutations que connaît la communication, à la fois domaine d'enseignement, de formation et de recherche. Cette diversité des lieux de production scientifique tient essentiellement aux conditions matérielles, aux opportunités professionnelles et aux possibilités de recherche des chercheurs, journalistes et étudiants, camerounais pour la plupart. Chronologiquement, le premier territoire de recherche a été la France. L'École supérieure de journalisme de Lille qui accueille au début des années 60 la première génération d'étudiants en journalisme va les inciter à choisir un sujet de mémoire qui concerne leur pays d'origine. La France sera par la suite le lieu de production privilégié de la recherche de haut niveau avec l'Institut français de presse (IFP). Le programme de formation des formateurs engagé par le Cameroun au bénéfice de l'École de journalisme de Yaoundé est abrité par l'IFP en raison de sa vocation multidisciplinaire et des compétences développées dans l'observation des médias. La majorité des mémoires de DEA et des thèses figurant dans cette bibliographie a été soutenue entre 1980 et 1995 à l'Institut français de presse de l'université de 16

Paris II. D'autres centres universitaires français vont abriter des études concernant le Cameroun: l'Université de Paris VII, l'Université de Grenoble III. Quelques recherches ont été menées en Amérique, notamment au département communication de la faculté des lettres de l'Université Laval au Canada. En Afrique, les études réalisées au Sénégal concernent surtout la documentation. Elles ont été faites à l'École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Mais, c'est surtout au Cameroun même que s'est déployée depuis quarante ans la recherche en communication. Créée en 1970, l'École supérieure internationale de journalisme de Yaoundé intègre très tôt dans son cursus de trois ans un mémoire. Le volet recherche en communication va se renforcer lorsque l'institut devient, en 1982, l'École supérieure des sciences et techniques de l'information (ESSTI). La pluridisciplinarité qui apparaît dans les recherches menées au Cameroun va s'accentuer encore lorsque l'École change à nouveau d'orientation en 1992 et devient l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de la communication (ESSTIC). Les investigations menées dans l'ensemble des institutions universitaires du Cameroun font cependant apparaître que la communication sur ses multiples formes a été étudiée: - sous les prismes sociologique, économique ou juridique à la faculté de droit et sciences économiques de l'Université de Yaoundé, à la faculté des sciences sociales de l'Université de Buea, à l'ESSEC de Douala, à l'Institut national de la jeunesse et des sports de Yaoundé ou à l'École nationale d'administration et de magistrature de Yae13Ddéle prisme linguistique à la faculté des arts, lettres et sciences humaines de l'Université de Yaoundé I, etc. Aujourd'hui, l'intersection entre les différentes approches est nettement visible. La multiplication des centres de recherche, la constitution des équipes doctorales, l'émergence de la multidisciplinarité, la publication de revues, le renforcement des structures techniques d'apprentissage du journalisme et des moyens et méthodes de communication résultent peut-être du dynamisme de la recherche en communication au Cameroun.

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APPROCHES ET CENTRES D'INTERETS Le domaine est vaste, c'est pourquoi, méthodiquement, il procède par champs: 16 au total. De l'histoire de la presse à l'épistémologie des sciences de l'information et de la communication (SIC) en passant par le cinéma, la documentation ou la communication africaine. L'histoire de la presse se taille la part du lion (191 travaux, soit près du quart). Premier média moderne introduit au Cameroun au début du 20ièmesiècle, la presse reste le domaine le plus étudié. De nombreux mémoires sur le contenu des journaux et leur évolution par rapport au contexte sociopolitique. Le plus dense et le plus complet reste le panorama historique effectué par Marc-Joseph Omgba qui remonte des origines à la fin des années 1990. Du fait de l'oralité prégnante dans les structures communicationnelles de la société camerounaise, les études sur la radio (110) font la part belle au contenu des programmes et à l'audience, tout en soulevant la question de l'adéquation entre les langues officielles et les attentes du public. Dans le même ordre d'idée, les 9 travaux sur le langage et la sémiotique apportent sans doute de nombreux éléments pour comprendre l'univers du discours oral dans les structures mentales camerounaises. Média jeune dans le contexte camerounais, la télévision qui y apparaît en 1984 fascine autant les chercheurs que les téléspectateurs. Les nombreux travaux (80) tournent autour des problématiques classiques de l'organisation, de la production ainsi que l'influence de celle-ci dans le comportement des masses. Sa centralité dans le quotidien des Camerounais n'étant encore que relative, et eu égard à l'internationalisation des télévisions (par câble et par satellite) à n'en pas douter, de nouvelles pistes de réflexion devraient s'offrir aux chercheurs. Un fait est cependant à relever: peu de travaux portent sur les failles et les déviances de la presse camerounaise, qui, au demeurant, est conforme aux pratiques politiques et sociales de la population par rapport aux normes déontologiques. Le chapitre consacré aux pratiques du journalisme met en lumière une singulière particularité: sur les 41 travaux recensés (24 sont en français et 17 en anglais1),
1

Il est à noter que les travaux en anglais, en dehors de leurs titres, sont résumés en 18

français dans cet ouvrage.

seuls 2 en anglais posent clairement la problématique de la violation de l'éthique professionnelle depuis la libéralisation des médias et la concurrence qui s'en est suivie (soutenus à l'Université de Buea). Pourtant, cette thématique soulève régulièrement des débats à l'intérieur de la profession et entre les journalistes et le ministère de tutelle, agissant alors comme l'autorité de régulation des pratiques professionnelles. Parent pauvre des études classiques en communication, l'économie des médias au Cameroun reste à son degré zéro: 24 travaux seulement. Même en considérant la publicité et le marketing dans leur dimension économique (78 travaux), l'ensemble est malgré tout inférieur à la production sur la documentation (117 études). On constate cependant que depuis les années 1990, la production s'est densifiée, les approches et les centres d'intérêt se sont diversifiés. Les études ont été pendant longtemps centrées sur la monographie de la presse et de la radio ou les problématique des médias et des médiateurs comme outil et vecteur de l'idéologie de développement. Les historiens et les sociologues de la communication de masse ont dans le même temps ignoré que le média, avant d'être un outil, était d'abord le produit d'un discours signifiant, cohérent ou pas, lui-même résultant d'une production humaine en interaction dans une logique sociale d'affrontement ou de conciliation. C'est dans cette perspective que les travaux des vingt premières années ont privilégié les dimensions consensuelles de description des entreprises, d'analyse des fonctions des médias et n'ont pas assez mis l'accent sur la dimension conflictuelle de l'analyse des pratiques, les différences et les divergences de conception et d'application des exigences normatives et pragmatiques du journalisme, même à l'intérieur d'un même organe2. 9913 travaux en 40 ans (les premiers datent de 1964, cf. numéros 80 et 99), soit, par excès, 25 travaux par an, c'est beaucoup et peu à la fois.
2

La thèse de François Wakata Bolvine, Politique d'information et pratiques

journalistiques: les différences de traitement de l'information entre les journalistes anglophones et francophones à Cameroon Tribune, met le doigt sur les différences et les particularités du journalisme tel qu'il est pratiqué au Cameroun. Cette situation est évocatrice des disparités de références sociales et politiques des journalistes. 3 Ce chiffre ne tient compte que des travaux relevés dans cet ouvrage. Nous ne perdons pas de vue que certains autres ont pu échapper à notre vigilance. En tout 19

Beaucoup quand on sait que l'ESIJY (l'École supérieure internationale de journalisme de Yaoundé, qui deviendra l'ESSTIC), seule instance de formation aux études sur la communication, n'avait pour vocation dans les premiers temps que de former des professionnels des médias au service de l'État, des «agents de développement» selon la terminologie de l'UNESCO mais pas de diriger des recherches. Ce que l'École de Yaoundé fit par ailleurs avec efficacité. D'où peut-être la tonalité essentiellement descriptive des mémoires qui y étaient réalisés jusqu'en 1989. On pourrait aussi avancer comme explication un contexte sociopolitique peu propice à un discours médiatique ou universitaire dissonant. Si les jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs ont eu l'impression de tourner en rond et de toucher l'horizon des interrogations, c'est qu'en réalité la recherche a été condamnée à s'enfermer dans une logique de description; en ce sens que le Cameroun faisait partie des «sociétés fermées» 4 au sens politique, sociologique et technologique: c'est-à-dire une société où l'individu n'est que peu responsable de sa destinée collective (au plan social et politique) et où il n'a qu'une relative perspective d'application directe de la technologie. Vingt cinq travaux par an en moyenne, c'est aussi pourtant très peu. Ce chiffre montre mal la vitalité de la communication comme activité économique et comme domaine de recherche. La lecture de ce travail permet de constater que selon les aires géographiques, les méthodologies et approches théoriques sont différentes. Malgré une dimension anthropologique et universelle consubstantielle à la communication, parallèlement à la mode du tout-communication ou de la communication-monde qui chante le règne de la technologie, un groupe de chercheurs camerounais porte son regard sur les supports spécifiques de la communication enracinés dans l'Afrique profonde, dans sa mythologie. Quelle que puisse être la valeur scientifique de la démarche et des hypothèses avancées, c'est davantage les interrogations que
cas, il porte en lui une tendance lourde et majoritaire de l'orientation des recherches en communication sur le Cameroun. Voir la distinction faite par Karl Popper, « La société ouverte et ses ennemis », in La télévision, un danger pour la démocratie, Paris, Anatolia, 1995, pp. 90-94. 20
4

l'approche d'une communication africaine met en lumière qui doivent retenir l'attention. Si comme le laisse entendre le Pre Jacques Fame Ndongo, le médium n'est pas forcément le message, le message serait-il message par lui-même? Cette interrogation entraîne une autre: quelle est alors la place et la valeur de l'outil technique dans la communication? À trop vouloir confondre outil et message dans la communication technologique, celle-ci a-t-elle encore un sens? On peut cependant regretter que dans le même temps, les travaux effectués au Cameroun ne se soient pas encore intéressés aux problématiques sociologique et politique de l'opinion publique, la société civile, l'espace public, l'épistémologie des sciences de l'information et de la communication, les nouvelles technologies ou d'autres thématiques plus analytiques concernant la sémiologie de l'image télévisuelle, la sémiologie de la photographie journalistique, l'analyse des actes de paroles et de leur interaction, ou d'autres liant la philosophie à la communication, largement débattues sous d'autres cie(î}{està ce titre que l'interrogation de Missé sur l'universalité du concept de médias de masse est à relever (cf. n° 975). Mais, ce ne sont là que quelques sentiers de réflexion qu'il faudra défricher pour aller vers l'immense baobab qu'est la recherche en communication tout en gardant au coin de l' œil le questionnement sur l'utilité d'une recherche en communication. En quoi ces différents travaux ont-ils influencé, si tant est qu'ils l'aient pu, l'organisation ou la réglementation du secteur de la communication au Cameroun?

21

CHAPITRE I

Histoire et études de presse
L'origine de la presse camerounaise remonte au début du 20e siècle. C'est une presse dont l'évolution est fortement marquée par le contexte sociopolitique: presse administrative et confessionnelle à l'époque coloniale, politique et combattante à la veille des indépendances, presse de faits divers et de sport sous le régime de la loi de 1966, prolifique et engagée sous la libéralisation politique (1990). En 1997, le Cameroun comptait environ 1400 titres déclarés (tous genres confondus), dont seulement une centaine paraît plus ou moins régulièrement. La presse écrite constitue le domaine le plus exploré par la recherche en communication au Cameroun. Près d'un quart des travaux portent sur ce thème. Les diverses études permettent de reconstituer l'histoire de la presse camerounaise et d'avoir une vision générale de son état. La lecture qui se dégage est celle d'une presse minée par de nombreux problèmes: amateurisme, contraintes économiques et juridiques, inorganisation, etc.

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1 - ABADA ASSOMO, Siméon, La culture politique par les journaux au Cameroun: l'exemple de l'édition française du quotidien Cameroon Tribune (janvier 1990 décembre 1991), MDS, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1993, 132 p. Cette étude recherche dans sa première partie, la place de Cameroon Tribune dans le système politique camerounais. Ici, l'auteur présente le journal et examine son identité. Il analyse quantitativement les attitudes à partir des titres sélectionnés. Dans la seconde phase de démonstration, l'étude s'intéresse à la fonction politique de Cameroon Tribune. On voit alors que le journal adhère à l'ordre établi et qu'il est au service des idéaux du gouvernement.

-

2 - AGBORTOGO,

Dikson A., Newspaper Coverage of 1998 World

Football Cup Competition: A Comparative Study of Cameroon Tribune and The Herald, ML, ESSTIC Université de Yaoundé II, 1999, 85 p. À travers cette étude comparative, l'auteur s'emploie à vérifier si la présence d'unjoumal privé, en l'occurrence The Herald, à la phase finale de la coupe du monde de 1998 a pu influencer la couverture des rencontres par Cameroon Tribune. 3 - AHANDA, Paul Ernest, Étude de la presse au Cameroun de 1950 à 1963, MM, École supérieure de journalisme de Lille, 1964. Statut du journaliste, pénétration dans le marché de la presse, apprentissage de la gestion, ciblage du public, traitement de l'information destinée à des populations en majorité illettrées, structuration de la presse écrite. Des points de réflexion que l'on retrouve dans ce travail de recherche. Ils sont traités dans l'optique de prospecter des voies de développement de la presse au Cameroun et de la consolidation de son rôle dans le développement du pays. 4

- AKANGA

TEBA, Ebenezer,

News Treatment:

The Case of For-

eign News in the English Section of Cameroon Tribune (Bilingual Edition, September 1993 January 1994), ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1994, 72 p. L'actualité étrangère dans Cameroon Tribune est traitée de manière inadéquate et superficielle. Elle est surtout orientée vers la politique et les conflits, et couvre 21,30% de la surface rédactionnelle. Ces informations sont présentées sous forme de brèves, de comptes rendus ou de courts articles. Les sources d'information pour l'actualité étrangère sont assez limitées.
25

5 AKO, Pauline ENEKE, Mediated Gender Issues: A Study of The Herald Column, "Auntie Maggie", ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1998, 114 p. Cette étude analyse la manière par laquelle les inégalités hommes/femmes sont institutionnalisées dans les médias en général et dans The Herald en particulier. L'analyse de la rubrique "Auntie Maggie" montre que: 1°/ la femme est présentée dans sa fonction traditionnelle; 2°/ cette rubrique est réservée à une catégorie restreinte de femmes jeunes, mariées, appartenant à la classe moyenne et résidant en ville; 3°/ les femmes célibataires y sont encouragées à se marier.

-

6 - AKONO ABADA, Mohammed O., Le lectorat universitaire de la presse camerounaise d'expression française. Analyse des
audiences, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé, 1991, 191 p. Les enseignants de l'Université de Yaoundé, tous établissements confondus, s'expriment dans des journaux. Ce phénomène peut-il être un indice de fréquentation de la presse nationale au campus de Ngoa-Ekellé et d'une forte crédibilité dont jouirait celle-ci auprès des universitaires? Ceuxci disent lire la presse camerounaise non pas parce qu'ils la trouvent crédible, mais simplement pour être au fait de ses tractations. Cette opinion connaît néanmoins des variations dès lors qu'il s'agit de comparer les types de presse entre eux. La presse privée, par exemple, est plus crédible à l'Université de Yaoundé que le journal gouvernemental Cameroon Tribune. 7 - AKUM, Jr Richard, Cameroon Media Coverage of Afropessimism: The Herald and La Nouvelle Expression, ML, Département de journalisme et de communication, Université de Buea, 1997, 32 p. L'auteur montre que certains organes de presse camerounais à l'instar de The Herald et La Nouvelle Expression reprennent simplement la mauvaise perception de l'Afrique des agences d'informations occidentales. Alors que l'Afrique s'emploie à rétablir l'équilibre dans ses rapports avec l'Occident, l'étude met en perspective l'enjeu que représente l'image réelle de l'Afrique dans les médias, dans cette quête de passage d'un monde de domination et de dépendance, à un monde d'interdépendance. 8 - AKWAN, Marthe Delphine, SOPECAM: Problems and Prospects, Département de journalisme Université de Buea, 1997,46 p. La SOPECAM résulte de la fusion de l'agence Cameroon Publishing Corporation (SCP) et la 26 Genesis, Evolution, et de communication, CAMNEWS avec la Cameroon Graphics

Workshop (AGRACAM). L'auteur retrace l'histoire de cette société d'État, ainsi que celle de l'ACAP, de l'AGRACAM et de la SCP. Leur administration, leur organisation, leur politique d'emploi ainsi que les difficultés de la SOPECAM sont aussi examinées. Enfin, l'auteur propose des solutions possibles pour sortir la SOPECAM de l'impasse. 9 - ALAKA EDOUA, Dieudonné, La gestion d'un hebdomadaire régional camerounais: l'exemple de Ouest-Echos, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 2000, 75 p. Le dynamisme de l'hebdomadaire régional Ouest-Echos ne tient pas à sa gestion fmancière. Puisque le journal n'a pas de budget, ne fait pas de gestion de trésorerie; les coûts ne sont pas maîtrisés et le système des salaires reste théorique. Mais, Ouest-Echos a su se positionner, selon l'auteur, comme un journal de proximité, relatant la vie d'une région, restituant à la population concernée son quotidien. 10 - AMBE SHU, Christopher, The History of Cameroon Times, ML, Département de journalisme et de communication, Université de Buea, 1996, 26 p. Kamerun Times est le premier journal lancé dans la partie occidentale du Cameroun en 1960. Après la réunification, il devient Cameroon Times. L'auteur montre le rôle joué par ce journal dans la communication politique des années 1960. Il présente le Cameroun occidental avant l'indépendance, ainsi que la contribution de Cameroon Times dans la campagne pour la réunification, avant d'examiner les difficultés auxquelles le journal fait face.

Il - AMOUGOU MVONDO, Sévère, L'information par la caricature dans Cameroon Tribune (1974-1984), ESSTI, Université de Yaoundé, 1985,80 p. Les rares ouvrages qui parlent de la caricature s'accordent exclusivement sur son rôle. Elle est un dessin qui déforme, provoque le rire, la colère et le mépris par l'exagération ou la déformation des caractères physiques. Le dessin d'humour distrait tandis que la caricature de situation attaque. Dans Cameroon Tribune, les caricatures sont considérées comme des articles. Celles-ci sont des faits divers tirés de la vie sociale. Cependant, la diversification des thèmes pose le problème du nombre de caricaturistes puisqu'il n'existe qu'un seul par organe de presse.

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12 - AMUGU, Barthélemy Jean Bosco, Le traitement de l'information sur les ressources forestières dans le quotidien Cameroon Tribune en 1989, MDS, ESSTIC, Université de Yaoundé, 1991, 174 p. Conscient des enjeux de la sauvegarde de la forêt et prenant connaissance des discours des pouvoirs publics relatifs à la réglementation en matière d'exploitation des forêts, l'auteur de cette étude essaye de relever les écarts et les convergences entre la façon de traduire ces discours et la façon de les représenter par le quotidien, à la lumière d'une étude typologique et thématique des articles. Aussi relève-t-il que Cameroon Tribune, dans le traitement de l'information sur les ressources forestières, privilégie le point de vue du gouvernement. Toutefois, il ne se contente pas de relater les faits, il insiste sur la nécessité d'une mobilisation générale incluant toutes les forces vives de la nation.

13 - ASSAGA MBANG, Diterline, Le traitement de la catastrophe de Nsam dans Cameroon Tribune (février mai 1998), ML,

-

ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1999, 74 p. Les résultats de cette analyse de contenu montrent que malgré la proximité du lieu de la catastrophe avec le siège du journal, Cameroon Tribune n'a pas permis de distinguer le traitement d'un fait divers banal de celui d'une grave catastrophe.

14 - ATANGANA, Jean, Cameroon Tribune:

la page nationale

otage du compte rendu des réunions officielles, ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1985,105 p. Si la page nationale de Cameroon Tribune est prise en otage par le compte rendu des réunions officielles, ce n'est pas tant par ignorance des autres techniques rédactionnelles. Cela est dû à la difficulté de concilier le statut de fonctionnaire qui est celui des journalistes de Cameroon Tribune, et l'exigence professionnelle de dire la vérité et toute la vérité sur tout. Il y a en plus une insuffisance en personnel, l'absence de qualification et celle d'un programme rigoureux d'enquête.

15 - ATEBA NO A, Alphonse de Dieu, Approche des mécanismes de production de la presse satirique au Cameroun. Etude descriptive du Messager Popoli Oanvier - décembre 1996), ML, ESSTIC, Université
de Yaoundé II, 1998, 117 p. Cette étude a été organisée autour de deux questions centrales: quelle logique sous-tend la naissance et la production du Messager Popoli ? Quel est le contenu manifeste d'un point de vue quantitatif et qualitatif du Messager Popoli ? Au terme de son étude, l'auteur aboutit à trois conclusions 28

essentielles. Le Messager Popoli, journal satirique, se distingue du reste de la presse écrite camerounaise. Sur le double plan de la forme et du fond, le journal se situe sur l'axe de la dissidence: primauté du dessin sur le texte, travestissement des genres rédactionnels, recours à des formes langagières spécifiques, etc. ; thématique fondée sur la contestation de l'orthodoxie sociale et politique au Cameroun.

16 - ATENGA, Thomas Hirenée, Le Messager dans le champ
journalistique camerounais, MDS, Université Paris I Panthéon Sorbonne, 2000, 119 p. Le mémoire établit que Le Messager, un des plus vieux journaux privés d'Afrique noire francophone encore en parution, est devenu une institution au Cameroun et que, de ce fait, les évolutions, les progrès, les mutations, les acquis de la presse dans ce pays, portent d'une certaine manière, qu'on soit d'accord avec ses prises de position ou non, la marque irréfutable et substantielle de son apport. Les rapports tendus, souvent violents qu'il entretient avec le pouvoir notamment depuis 1990 ont contribué à la quête d'une liberté d'expression véritable qui est celle du peuple camerounais. L'autre conclusion de l'étude est que si le journal et son directeur de publication ont résisté à l'épreuve du temps et des persécutions et sont parvenus à un certain degré de reconnaissance sur le continent et dans les milieux africanistes à travers le monde, ils sont aussi pour partie responsables des faiblesses, des incohérences, de certaines déviances de la presse camerounaIse.

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17 - AVOMO, Julienne Désirée, La presse scolaire à Yaoundé:
quelle structure et quel contenu? ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1988, 89 p. Un sondage effectué au sein de trois promotions de la division II de l'ESSTI montre que ces étudiants avaient plus ou moins pris part à l'élaboration du journal de leur collège ou lycée. Parmi les encadreurs, nombreux sont ceux qui ont occupé des « postes» importants au sein d'une rédaction scolaire. Un phénomène qui ne laisse pas indifférent et amène à s'interroger sur ces "self-media" et leurs producteurs. En fait, les concepteurs de ces revues n'en savent pas plus long sur leur "profession" que leurs responsables. Ces publications permettent deux types de communication: d'abord verticale, puis horizontale. Elles divertissent, renseignent et éduquent. Malheureusement, nonobstant l'indépendance et la liberté de la presse instaurées, les jeunes semblent las d'écrire.

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18 - AWONO, Emmanuel, L'Action: étude monographique d'une publication de la presse politique camerounaise (octobre 1992 novembre 1995), ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1997, 88 p. Après la mort du journal L'Unité en 1985 pour des raisons économiques, et la soudaine disparition de Liberté en 1991 à cause du départ de son directeur de publication, Hubert Mono Ndjana, du Comité central du parti, le RDPC a eu besoin d'un autre organe de presse pour défendre ses positions. Cet organe d'expression s'appelle L'Action, journal créé à Yaoundé le 06 octobre 1992. Sa mission étant d'amener les Camerounais à sortir de la crise économique, L'Action va adopter un ton mobilisateur pour faire passer le message. Au regard des différentes enquêtes effectuées, les lecteurs assidus de L'Action trouvent son ton marginalisateur. Il existe donc une inadéquation entre le vaste programme, les orientations du journal et le contenu de celuicI.

19 - BADJANG NKEN, Martin, Les problèmes paysans dans l'information nationale de Cameroon Tribune, MM, IFP, 1984. Bien qu'ils soient les principaux acteurs de l'économie nationale, les paysans restent à l'écart des retombées de leur production. Confrontés aux problèmes de santé, de faiblesse du niveau d'équipement, de scolarisation de leurs enfants, etc., les paysans, qui n'ont pas totalement résolu les problèmes d'accès à la terre et à l'eau potable, sont contraints à l'exode rural. Bien plus, les paysans restent en marge de l'information nationale, puisque même les médias publics ne prennent pas suffisamment en compte leur condition.

20 - BANS!, Daniel SONG, Advertisement as a Source of Finance to Newspapers: A Case Study of The Herald and Cameroon Tribune, ML, Département de journalisme et de communication, Université de Buea, 1997, 30 p. Cette étude analyse la publicité en tant que source de financement des journaux The Herald et Cameroon Tribune. Elle montre que la publicité ne constitue pas la principale source de financementpour ces deux publications, pas plus que pour d'autres qui ont toutes à faire avec le même public, pas tout à fait acquis à la publicité. 21 - BANS! SUHYANG, Victor, Mass Media and Foreign Aids: The Case of Cameroon Tribune, MDS, ESSTIC, Université de Yaoundé, 1989, 121 p. L'analyse de contenu d'un échantillon d'articles montre que Cameroon Tribune n'explique pas les conditionnalités qui accompagnent l'aide internationale.Ce qui, de l'avis de l'auteur, est un manquementà sa mission
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d'information et d'éducation des citoyens sur les questions internationales. Il n'y a pas une information suivie sur les réalisations et les projets issus de l'aide. Ce qui rend difficile l'évaluation de la réussite ou de l'échec des programmes d'aide internationale.

22 - BAYEMI, Jean Paul, L'Effort Camerounais

ou la tentation

d'une presse libre, l'Harmattan, Paris, 1989, 170 p. En 1955 est créé à Douala, sur initiative de Mgr Pierre Bonneau, l'hebdomadaire catholique L'Effort Camerounais. Après la mort de son fondateur en 1957, le siège du journal est transféré à Yaoundé. L'histoire de L'Effort se vit sur deux époques: L'Effort des années heureuses et L'Effort des temps mauvais. La première époque va de la création du journal à l'expulsion de son directeur, le R.P. Fertin. Et la deuxième va de l'expulsion du R.P. Fertin à la suspension du journal en 1970. Grâce à l'aide de quelques amis, L'Effort amorcera une timide reprise jusqu'à son nouvel arrêt en 1975.

23 - BEECHING,

Delphine

NTON,

The Evolution

of Print

Journalism in West Cameroon, ML, Département de journalisme et de communication, Université de Buea, 1997, 23 p. Dans un article paru dans Weekly Post n° 0026 de mai 1993, ce journal affirme que « le journalisme de presse écrite a échoué au Cameroun ». Cette recherche tente de vérifier la véracité de ces propos en procédant à l'étude historique de l'évolution du journalisme de presse écrite au Cameroun de 1938 à 1990. L'auteur relève ensuite quelques problèmes qui affectent les journaux camerounais et propose des solutions pour améliorer la pratique du journalisme de presse écrite.

24 - BELL, André Parfait, Le discours de Cameroon Tribune sur
la jeunesse universitaire au Cameroun (décembre 1987 juin 1989),
ML, ESSTIC, Université de Yaoundé, 1991, 67 p. En tant qu'unique quotidien d'information au Cameroun pour la période de l'étude, Cameroon Tribune a une importance capitale dans l'information des publics. En plus, ce journal est la propriété de l'État, d'où la question de savoir si le quotidien national peut garder un écart entre le discours du pouvoir sur la jeunesse universitaire et le sien. A la fin de cette étude, on peut avancer que les rédacteurs de Cameroon Tribune sont des militants de l'État avant d'être les militants de l'information. Leur mission est d'exposer et d'expliquer la politique et l'action du gouvernement.

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25 - BEMA MINANG, Marcellin, Le Messager et la couverture des événements politiques au Cameroun (16 août 1990 - 15 août 1991),
ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1992, 92 p. Cet ouvrage évalue les informations publiées par Le Messager, du 16 août 1990 au 15 août 1991. Quantitativement, la fréquence des informations à la une des journaux et dans les pages intérieures a montré la volonté du journal de ne pas se mettre à l'écart des mutations politiques dans le pays. L'évolution croissante des informations politiques liée à la croissante agitation sociopolitique dans le pays est à ce propos très significative. Qualitativement, l'hebdomadaire paraît sous le visage d'un journal engagé qui ne s'embarrasse pas de nuances. Le Messager se veut une arme au service d'un idéal. Il est par conséquent un journal qui se laisse embrigader.

26 - BEMB ANYA, Toussaint, "Au cœur du débat" de La Nouvelle Expression: quel contenu? Essai d'analyse Oanvier 1995 - août
1995), ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1996, 73 p. "Au cœur du débat", l'objet de cette étude, est une rubrique du journal La Nouvelle Expression. Ce journal depuis 1991 a fait preuve de persévérance et de progrès. Voilà pourquoi l'auteur de ce document a trouvé intéressant d'étudier l'une de ses rubriques. Dans un premier temps, il présente le journal et analyse quantitativement le contenu de la rubrique "Au cœur du débat". Dans un second temps, il étudie l'aspect qualitatif et esthétique de la rubrique et présente la critique qui semble être l'épine dorsale du traitement des informations de cet organe de presse. 27 - BIANG, Richard, Sortir de la léthargie: un impératif pour le journal L'Unité, ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1986, 93 p. En cette tranche précise de l'histoire du Cameroun, l'information reprend du poil de la bête. La télévision fait ses premiers pas, de nouveaux journaux voient le jour. Mais L'Unité, le journal du parti au pouvoir, garde silence. Abdique-t-il ses responsabilités? Pour répondre à cette question, l'auteur mène une étude qui s'articule autour de trois parties. Il présente d'abord le journal avant de replonger dans le passé à la recherche des raisons et circonstances de sa création. Ensuite, il analyse ses forces et ses faiblesses et évalue enfin les tirages et la distribution, de même que les conditions de travail du personnel. De cette étude, il ressort que l'absence d'une information digne de ce nom, les conditions de travail difficiles et un matériel inexistant ont contribué à retarder le développement du journal.

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28 - BICHAHIR ADJALI, Boukar, Le traitement de l'information provinciale par Cameroon Tribune Oanvier 1990 décembre 1990), ML, ESSTIC, Université de Yaoundé, 1991, 104 p. L'information provinciale, véritable baromètre de la vie de la société "profonde", reste un domaine très faiblement prospecté au Cameroun. Cette étude a pour but de montrer la place qu'occupe cette information dans Cameroon Tribune. À travers l'analyse quantitative et qualitative de l'information, il s'avère que Cameroon Tribune, en dehors des activités des responsables politiques, marginalise les nouvelles concernant la vie quotidienne des localités.

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29 - BIHINA ABANDA, Aimé Robert, Les sources d'information politique de la presse privée camerounaise: le cas de Mutations et du Patriote, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 2000, 104 p. Après avoir identifié et quantifié les sources d'information politique de Mutations et du Patriote, l'auteur examine leur influence sur la collecte et le traitement de l'information. Le constat est que ces journaux se positionnent en priorité suivant leur traitement favorable ou défavorable par rapport à
leurs sources respectives. 30 - BILOA ZAMBO, Julienne Liliane, La prévention et la gestion des catastrophes par les médias à travers l'incendie de Nsam et les inondations de Douala dans Cameroon Tribune et La Nouvelle Expression, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 2001, 68 p. À partir d'une étude quantitative et qualitative de Cameroon Tribune et de La Nouvelle Expression, l'auteur a pu déceler des insuffisances dans le traitement de l'information lors d'une catastrophe. Deux raisons expliquent cet état de choses. Celle externe aux médias et qui se rapporte à leur faible implication dans le dispositif national de prévention des catastrophes; et celle liée à l'orientation éditoriale des médias.

31 - BINDZI, Aimé Roland, Le parcours du Combattant: étude des contenus, de la structure et de l'équilibrejïnancier d'un journal de la presse camerounaise (1986 - 1988), ML, ESSTI, Université de
Yaoundé, 1989, 114 p. L'étude du Combattant révèle un certain nombre de lacunes dans la présentation, la structure et les contenus du journal, dégage une dysharmonie de la mise en page qui complique la lecture et donne un aspect touffu et négligé au journal. Les contenus sont si bas que le lectorat l'est aussi au propre et au figuré, ce qui n'attire pas les annonceurs. Le journal ne compte plus que sur ses ventes, qui, malheureusement, sont en deçà des attentes. 33

Devenu quotidien, Le Combattant exigeait plus de moyens humains, matériels et financiers, ce qu'il était loin de posséder. 32 - BINDZI, Aimé Roland, Les éditoriaux de Cameroon Tribune (1992), MDS, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1996, 182 p. La fusion de ses éditions française et anglaise en un seul journal bilingue en 1994 suscite une remise en question de l'adaptation de Cameroon Tribune à la nouvelle donne politique, et amène les observateurs à se demander si ce journal s'est modernisé au contact du multipartisme tout en restant proche du gouvernement. L'auteur répond à ces préoccupations en deux étapes. Il étudie dans un premier temps la production éditoriale; et dans un second temps, il étudie l'énonciation dans les éditoriaux de Cameroon Tribune. Au bout de l'étude, il apparaît que le journal n'est pas adapté à la nouvelle donne politique, le professionnalisme a été sacrifié à l'autel de la flagornerie, de la partialité et de la mauvaise foi. 33 BINY AM, Salomon Delphin Junior, Étude monographique d'un journal sportif camerounais: Le Nouveau Football Élite, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 2000, 70 p. Cette étude évalue le chemin parcouru par le Nouveau Football Élite, journal de football et de sports olympiques créé en 1995. L'auteur décrit l'environnement du journal et analyse son contenu par une étude quantitative visant à déterminer la place des différents sports dans la surface rédactionnelle du journal. 34

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- BIWOLE,

Gilbert,

Presse et public camerounais,

MM, École

supérieure de journalisme de Lille, 1966. A partir d'exemples concrets de vie quotidienneau Cameroun,cette étude essaye d'éclairer sur les multiples possibilités dont disposent les médias au Cameroun, malgré leurs faibles moyens, pour se conforter en vecteur du progrès national. Elle articule également les liens entre lectorat et organes de presse.
35 - BOH, Herbert, L'état de la presse au Cameroun, Saagraph et Fondation Friedrich Ebert, Yaoundé, 1998, 238 p. Plus de 600 titres existent officiellement au Cameroun jusqu'en juillet 1997. Certes rares depuis 1990, les personnes désireuses de créer un journal se sont vues refuser ce droit par les autorités du MINA T. Des 600 qui ont une existence légale, seulement une cinquantaine de titres continue de paraître, et 20 peuvent être qualifiés de sérieux. À ceux-ci, il faut ajouter le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, le seul à paraître cinq fois la 34

semaine (1997). Le tirage de ces journaux est en baisse et 80% d'entre eux sont vendus à Yaoundé et à Douala uniquement. 36 - BOTEN OTHOM, Célestin, Le débat d'idées dans « Le Forum» du Messager ljuin 1984 juin 1986), ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1987, 95 p.

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Fin 1982

- début

1983, c'est l'ère dite de la libre expression.

On assiste à

une floraison de journaux, à la démarcation de certains d'entre eux du fait divers, à la publication de commentaires libres sur différents sujets. Dans la foulée, une rubrique intitulée « Forum» voit le jour dans Le Messager. Le « Forum» a servi de support à ces débats houleux, à des polémiques aiguës sur des sujets délicats. Toutefois, la libéralisation a tenu bon et survécu à l'épreuve qui a été la sienne: ne pas broyer des individus simplement parce qu'ils ont osé s'exprimer librement, parce qu'ils ont mis en évidence des contradictions. 37 - BOUKEU CHANA, Edith H., Un journal pro-gouvenemental face à la crise de succession au sommet de l'État (1982-1984) : cas de Cameroon Tribune, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1999, 85 p. L'analyse lexicologique, thématique et rhétorique montre que le journal Cameroon Tribune a soutenu le nouveau président de la République camerounaise, Paul Biya, dans le conflit qui l'a opposé à son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Les principaux responsables du journal, qui occupent par ailleurs d'importantes fonctions dans les instances du parti au pouvoir, ont suivi cette ligne directrice.

38 - BOUCK MALEM, Claude A., Analyse de l'information
politique dans Mutations: juillet décembre 1999, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 2000, 72 p. Comme bon nombre de journaux camerounais d'information générale, Mutations fait de la politique son champ d'expression privilégié. Cette analyse de contenu révèle la position d'.acteur et de vecteur de la scène politique camerounaise tenue par ce journal.

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39 - BOYOMO ASSALA, Laurent Charles, « Problématique sociales n° 1,juillet

de la

presse comme instance de médiation sociale », in Revue de recherche en langues, littérature, civilisation, sciences humaines et

- décembre

1995, pp. 73-80.

L'instauration d'un dialogue entre les secteurs de l'économie camerounaise en vue de légitimer le programme d'ajustement structurel et 35

d'en assurer le succès, est rendue difficile par les handicaps institutionnels de la presse écrite et l'absence de transparence dans l'économie. L'article se propose de montrer que moyennant une nécessaire réforme institutionnelle et la mise en œuvre de techniques disponibles dans le cadre de stratégies objectivement nécessaires, les médias peuvent aider à l'établissement de ce dialogue qui doit conduire à une véritable communication éducative à l'économie.

40 - CHEDJOU, Bernard, Au cœur du Messager:

monographie

d'un bimensuel de la presse privée camerounaise, ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1988, 122 p. Malgré de nombreuses saisies et suppressions de textes à chaque édition, le journal Le Messager est parvenu à survivre à de nombreux autres organes de presse privée. Qu'est-ce qui justifie la longévité de ce journal et la ténacité de ses responsables à garder la ligne éditoriale? Après une incursion dans l'histoire de ce journal et l'évaluation des moyens disponibles au moment de son lancement; après l'étude de son contenu, il apparaît que Le Messager, grâce à la libéralisation prônée par le président Paul Biya, a changé progressivement de créneau pour devenir un véritable forum d'analyses et de commentaires de l'actualité politique. En diversifiant son contenu, cette publication a voulu élargir son audience. Par contre, la maîtrise de l'écriture journalistique autant que le conditionnement de l'information demeurent un idéal pour ce journal.

41 - CHEDOM, Bienvenu, Contribution de la presse à la vulgarisation agricole en Afrique: le cas de Spore et Afrique Agriculture, MDS, ESSTI, Université de Yaoundé, 1990, 115 p.
Spore et Afrique Agriculture sont deux journaux qui traitent d'agriculture, domaine névralgique dans un continent où disette, exode rural, désertification et autres criquets fonts partie du quotidien. Ils sont abondamment illustrés. L'un d'eux, Spore, exclut de ses colonnes la publicité. Sans doute grâce aux subventions qu'il reçoit de la structure de Coopération CEE/ACP. Les deux journaux sollicitent généralement plusieurs sources d'informations. Par ailleurs, il existe des concordances entre les objectifs que se sont fixé les deux journaux et la tendance observée.

42 - DAY ZAL, Dieudonné D., Au miroir de Technoscope et le Scientifique, MDS, ESSTI, Université de Yaoundé, 1990, 161 p. Technoscope et le Scientifique sont des journaux scientifiques qui ont pour rôle de publier les informations scientifiquesdes établissements.Leurs
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limites sont liées aux traitements iconographiques, à la publicité, à l'encombrement des informations scientifiques et techniques. Dans le souci de redynamiser ces deux journaux, il est nécessaire de connaître le lectorat, de les expurger de tout ce qui est étranger aux sciences et techniques, de rechercher une collaboration avec les périodiques scientifiques et techniques réputés, d'introduire certains genres rédactionnels.

43 - DEUTCHOUA,

Xavier Luc, La presse des jeunes en milieu

scolaire. L'exemple du lycée général Leclerc de Yaoundé, ML, ESSTI, Université de Yaoundé, 1990, 97 p. Au moment où de nombreux éducateurs dénoncent la crise mondiale de l'éducation, il est sans doute temps de se préoccuper de tout ce qui passionne les jeunes si l'on veut trouver une solution efficace à cette crise. Rechercher les motivations de l'attachement des Camerounais à une presse conçue par les occidentaux pourrait aussi soutenir les pédagogues dans leur tâche. Ainsi, cette étude démontre que les lecteurs de la presse des jeunes ne s'identifient pas de façon automatique aux modèles que leur propose cette presse. En outre, la presse des jeunes crée un conflit entre parents et lecteurs en ce sens que sa fréquentation amène les jeunes à se défaire du contrôle parental. 44 - DIKOS OUMAROU, Valéry, Le traitement de la dévaluation du franc CFA par Jeune Afrique de décembre 1993 à juin 1994, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1995, 59 p. La dévaluation du franc CFA a énormément influencé les économies de la zone "franc". Pourtant dans cette étude, il est démontré que Jeune Afrique n'a pas accordé de traitement particulier aux informations sur la dévaluation dans ses "Unes". Le volume des informations se rapportant à la dévaluation sur l'ensemble du corpus est assez faible; 3,39 % de la surface rédactionnelle. Ensuite, il s'avère que dans cette même publication, les informations relatives à la dévaluation sont logées à la même enseigne que les autres informations de la rubrique dans laquelle elles se trouvent.

45 - DIKOUBA, Georges Claude, Le problème des retraités et l'incident du 29 mars 1996 à la CNPS: le traitement de l'information par Le Messager et La Nouvelle Expression, ML, ESSTIC, Université de Yaoundé II, 1999, 70 p. Le 29 mars 1996, des gendarmes dispersent la foule de retraités qui bloquent les issues de l'immeuble siège de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) à Yaoundé pour réclamer le payement de leur pension. Les forces de l'ordre se servent de gaz lacrymogèneet de jets d'eau, provocant la panique parmi les manifestants qui se marchent dessus. Parmi les journaux
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