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La communication politique de la présidentielle de 2007

De
215 pages
La victoire de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007 était-elle aussi prévisible que sa candidature ? Quelles sont les raisons de l'émergence de Ségolène Royal comme candidate socialiste, puis de sa défaite ? Pourquoi une communication fondée sur l'idée "classique" de représentation des citoyens par celui qu'ils élisent a-t-elle pu l'emporter face à une communication politique plus "moderne" fondée sur l'idée de participation ?
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La communication politique de la présidentielle de 2007 : participation ou représentation?

Communication et Civilisation Collection dirigée par Nicolas Pelissier
La collection Communication et Civilisation, créée en septembre 1996, s'est donné un double objectif. D'une part, promouvoir des recherches originales menées sur l'information et la communication en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large. D'autre part, valoriser les études portant sur l'internationalisation de la communication et ses interactions avec les cultures locales. Information et communication sont ici envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive le statut d'interdiscipline des sciences qui les étudient. Que l'on se réfère à l'anthropologie, aux technosciences, à la philosophie ou à l'histoire, il s'agit de révéler la très grande diversité de l'approche communicationnelle des phénomènes humains. Cependant, ni l'information, ni la communication ne doivent être envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants.

Dernières parutions Bernard IDELSON (dir.), Journalisme dans l'océan Indien. Espaces publics en questions, 2008. Stéphane HOEBEKE, Sexe et stéréotypes dans les médias, 2008. P. RASSE, C. MASONI LACROIX, J. ARASZKIEWIEZ (dir.), Réseaux d'innovation. Enjeux de la communication au sein d'une technopole, Le cas Sophia Antipolis, 2008. C. LAVILLE, L. LEVENEUR, A. ROUGER (dir.), Construire son parcours de thèse. Manuel réflexif et pratique, 2008. C. LACROIX, N. PELISSIER (dir.) Les Intermittents du spectacle, de la culture aux médias, 2008. Arlette BOUZON et Vincent MEYER (dir.), La Communication des organisations. Entre recherche et action, 2008. Annabelle KLEIN (dir.), Objectif Blogs! Explorations dynamiques de la blogosphère, 2007. Yannick ESTIENNE et Erik NEVEU, Le journalisme après Internet,2007. Eric DACHEUX, Communiquer l'utopie, 2007.

Sous la direction

de Philippe

J. Maarek

communication politique de la présidentielle de 2007 :
La

participation

ou représentation?

Ouvrage publié sous l'égide du Centre d'Études Comparées Communication Politique et Publique (Ceccopop), membre Laboratoire de Recherche sur la Gouvernance Publique: Territoire et Communication (Largotec), JE 2474. Avec le soutien du Conseil général du Val-de-Marne

en du

L'Harmattan

Du même auteur: Dans la même collection, chez L'Harmattan Chronique d'un «non» annoncé: La communication politique et l'Europe Guin 2004-mai 2005), (direction), 2007 La communication politique française après le tournant de 2002, (direction),2004 Chez d'autres éditeurs

Communication et Marketing de l'homme politique, 3eédition, LITEClLexis-Nexis, 2007 Média et malentendus, cinéma et communication politique, Edilig, collection Médiathèque, 1986 La Censure cinématographique, LITEClLexis-Nexis,1982 De mai 68 aux films X, cinéma, politique et société, Dujarric, 1979 À l'étranger Political Communication in a new Era, (co-direction, avec Gadi Wolfsfeld), Routledge, Londres, 2003 Marketing politico y communicacion, Paidos, Barcelone/Buenos Aires/Mexico, 1997, 2e édition en cours, Paidos/ Planeta, Barcelone Communication and Political Marketing, John Libbey, Londres, 1995

@ L'HARMATTAN, 2009 5-7, rue de l'École-Polytechnique; http://www.librairieharmattan.com diffus ion, harm atta n@wanadoo,fr harmattanl@wanadoo,fr
ISBN: 978-2-296-06898-8 EAN : 9782296068988

75005 Paris

Introduction la victoire de la démocratie représentative sur la démocratie participative 7

Philippe J. Maarek
Professeur en Sciences de l'information et de la communication Université Paris 12 Val de Marne Président du Centre d'études comparées en communication politique et publique (Ceccopop)' Président de la Section de recherches en communication politique de l'AIERI/IAMCR

Après le choc de la non qualification de Lionel Jospin pour le second tour des élections présidentielles de 2002, on aurait pu penser que les élections présidentielles de 2007 allaient se dérouler de façon relativement plus ordinaire. Le second tour des présidentielles de 2002 avait en effet montré que maints électeurs de gauche qui s'étaient reportés, volens nolens, sur Jacques Chirac, ne disperseraient dorénavant plus leurs voix et on pouvait donc penser, notamment au vu des sondages, que la leçon avait été bien comprise et que le vote dit «utile» prendrait dorénavant le pas à gauche. Pourtant le déroulement de la campagne présidentielle de 2007 apporta plus de surprises que prévu. Certes, son résultat apparaît, somme toute, comme une conséquence logique des rapports de force habituels des courants politiques français traditionnels, la légère prime à droite de l'électorat du pays favorisant à nouveau le candidat de ce camp, Nicolas Sarkozy. Mais le parcours qui conduisit à ce résultat fut relativement complexe, avec en outre des conséquences apparemment durable sur la sphère politique française.

I - Le Ceccopop fait partie du Laboratoire de Recherche sur la Gouvernance Publique: Territoire et Communication (Largotec), Jeune Équipe de Recherche reconnue par le Ministère de l'Education Nationale (JE 2474).
5

les résultats:
Tableau (source:

un simple

contrecoup

du

«choc» de 2002?
de 2002 et 2007

1 : les résultats des Présidentielles http://francepolitique.free.frJ) tour de la Présidentielle
nombre de voix

1 - Premier Jacques Chirac

de 2002, 21 avril2002
% inscrits 13,75 11,66 11,19 4,73 3,96 3,69 3,63 2,94 2,92 2,70 2,33 1,62 1,60 1,30 0,82 0,32 % exprimés 19,88 16,86 16,18 6,84 5,72 5,33 5,25 4,25 4,23 3,91 3,37 2,34 2,32 1,88 1,19 0,47

Jean-Marie Le Pen Lionel Jospin François Bayrou Arlette Laguiller J-P Chevènement Noël Mamère Olivier Besancenot Jean Saint-Josse Alain Madelin Robert Hue Bruno Mégret Christiane Taubira Corinne Lepage Christine Boutin Daniel Gluckstein 2

5665855 4804713 4610113 1949170 1630045 1518528 1 495724 1210562 1204689 1113484 960480 667026 660447 535837 339112 132686

- Second
Chirac

tour

de la Présidentielle de 2002, 5 mai 2002 % inscrits % exprimés nombre de voix 25540873 5525906 62,01 13,42 82,21 17,79

Jacques Jean-Marie

Le Pen

3 - Premier
Nicolas Ségolène François Jean-Marie Olivier Philippe Dominique Arlette José Gérard Frédéric Bové Nihous Schivardi Sarkozy Royal Bayrou

tour

de la Présidentielle de 2007, 22 avril 2007 nombre de voix % inscrits % exprimés
11448663 9500112 6820119 3834530 1498581 818407 707268 576666 487857 483008 420645 123540 25,75 21,36 15,34 8,62 3,37 1,84 1,59 1,30 1.10 1,09 0,95 0,28 31,18 25,87 18,57 10,44 4,08 2,23 1,93 1,57 1,33 1,32 1,15 0,34

Le Pen de Villiers Buffet Voynet Laguiller

Besancenot

Marie-George

4 - Second tour de la Présidentielle
nombre
Nicolas Ségolène Sarkozy Royal

de 2007, 6 mai 2007
de voix % inscrits 42,69 37,76 % exprimés 53,06 46,94

18983383 16790830

6

I.:exposition des résultats des deux tours montre en effet que le contrecoup du « coup de tonnerre» du premier tour des présidentielles de 2002, comme l'intitula Lionel Jospin le soir de sa défaite, n'a pas été le seul phénomène important des élections présidentielles de 2007 : Contrairement à ce qui s'était produit en 2002, grâce à la cohésion retrouvée du vote « de gauche », la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal, semble en effet avoir cette fois-ci fait en quelque sorte « le plein» logique de ses voix, c'est-à-dire de celles qui correspondent au vote socialiste à proprement parler au premier tour, puis au vote « de gauche» au second

tour - ni plus, ni moins, il faut bien le reconnaître. On peut en dire de même
de Nicolas Sarkozy, son principal adversaire, dont les 53 % correspondent au rapport de force « traditionnel» en faveur de la droite lorsqu'aucun facteur conjoncturel ne vient le modifier- comme nous le rappelle d'ailleurs Franck Louvrier, le responsable de la communication et des relations avec la presse de la campagne de Nicolas Sarkozy2. En revanche, la donne concernant la plupart des autres candidats a fortement changé, et le « choc» de 2002 en est incontestablement la raison, les électeurs n'ayant pas voulu reproduire une situation analogue à celle du second tour Chirac-Le Pen, et ayant fait prédominer dès le premier tour le « vote utile », selon l'expression consacrée. La plupart des représentants des autres partis politiques présents en 2002 sont en effet quasiment laminés en 2007 : Arlette Laguiller ne totalise ainsi que le tiers de ses voix de 2002, tout comme Dominique Voynet pour les Verts (par rapport à Noël Mamère), et même en ajoutant les voix portées sur José Bové, cela ne suffit pas à faire le compte; Marie-George Buffet n'atteint qu'un peu plus de la moitié des suffrages obtenus précédemment par Robert Hue; etc. Le maintien d'Olivier Besancenot apparaît donc ici presque comme une victoire, et, à l'inverse, le fort recul de Jean-Marie Le Pen, enrayé dans une progression qui semblait inéluctable depuis un quart de siècle, est un autre événement marquant de cette Présidentielle. Un tiers candidat seulement est en hausse, et très fortement, par rapport à 2002: les suffrages qui se sont portés sur le candidat centriste, François Bayrou, ont quadruplé par rapport à 2002, certains sondages pré-électoraux l'ayant même donné comme présent au second tour. I.:homme politique centriste est en réalité apparu à maints électeurs comme le seul véritable « contestataire» de la domination des deux grands partis de gouvernement, une observation sans doute plus clairement visible avec la distance, les médias
2 - V. ainsi le déjà classique France de gauche, vote à droite? de Jacques Capdevielle, Elisabeth
Dupoirier, Gérard Grunberg, Presses de la FNSp, 1998,2< édition, toujours d'actualité.

7

québécois ayant été au fond bien plus clairs à cet égard que leurs homologues français, comme nous le montre Guy Lachapelle. Outre ce phénomène très fort de concentration des voix sur les candidats des trois principaux courants de la politique française, ceux des partis dits «de gouvernement», la gauche non communiste, la droite non extrême, et le centre, on notera d'ailleurs que le retour au rapport de force traditionnel droite/gauche n'est peut-être qu'un leurre, qui cache des bouleversements importants des électorats traditionnels. Nous verrons en effet qu'à l'aide des corrélations entre les votes aux différents tours des élections de 2002 et 2007, et d'une analyse des deux derniers discours des deux candidats avant le tour décisif, Stéphane Wahnich nous propose dans ce volume une analyse anthropologique dont les conclusions se doivent d'être explorées. Il avance en effet que la stabilité «numérique» apparente des électorats de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy par rapport aux chiffres habituels du rapport gauche/droite correspond en réalité à de forts déplacements des voix «traditionnelles» de gauche vers la droite et vice-versa, qui sont la conséquence auprès des électeurs d'une inversion implicite et non revendiquée des valeurs par les deux candidats du second tour (la modernité étant devenue le discours du candidat de la droite et le retour à l'identité nationale et aux traditions, et même à l'identité religieuse judéo-chrétienne, celui de la candidate de la gauche). Le résultat de la «triangulation» des stratégies des deux candidats aurait dépassé leurs espérances, en quelque sorte, mais en se compensant avec celle de l'autre.

La certitude de la candidature de Nicolas Sarkozy

«de rupture»

Les résultats de cette campagne apparaissent donc peut-être comme marquant une nouvelle donne de la politique française. La campagne de communication politique qui a précédé a aussi présenté un certain nombre de particularités. En particulier, nous verrons au fil des chapitres qui suivent que jamais dans l'histoire de la ve République une campagne de communication n'avait autant été dominée par la présence, en outre annoncée des années auparavant, d'un candidat - Nicolas Sarkozy. La première annonce publique de sa candidature se produisit de façon inattendue, au détour d'une question dans l'émission de télévision de France 2 100 minutes pour convaincre du 20 novembre 2003, alors que Jacques Chirac venait à peine d'être réélu, l'année précédente. Interrogé par le journaliste Alain Duhamel sur les futures présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy 8

répondit: «La présidentielle, j 'y pense et pas seulement en me rasant. » L'image d'un homme politique ambitionnant la fonction élective suprême fut ainsi brusquement et fortement imposée aux Français, qu'elle marqua en outre durablement, tant ces paroles furent commentées et reprises3. Cette ambition fut d'ailleurs vue comme trop présomptueuse par les observateurs, les journalistes en particulier, et cela ne fut sans doute pas sans concourir à la connotation plutôt négative des articles consacrées à la personnalité de Nicolas Sarkozy dans la presse, française comme allemande, d'ailleurs, comme le relève Christina Holtz-Bacha (et al) - et ce, même dans les titres plutôt favorables au candidat. Le sixième président élu de la yo République avait annoncé plus «officiellement», qu'il serait candidat dès septembre 2005, lorsqu'il dévoila son programme économique et fiscal, en tant que président de l'UMP, le mercredi 7 septembre. Cette annonce intervenait de manière fort inhabituelle, alors même qu'il était encore ministre de l'Intérieur du gouvernement de Dominique de Villepin, qui venait à peine de Teter ses cent premiers jours d'existence. Nicolas Sarkozy développait déjà une bonne part de ce qui devint son programme de campagne deux années plus tard. Le futur candidat y annonçait sa décision d'être candidat quoi qu'il arrive, et même face à une opposition dans son propre camp - puisque Dominique de Villepin, le Premier ministre, était alors dans une pente ascendante. Mieux encore, Nicolas Sarkozy, pourtant partie prenante du gouvernement, annonçait déjà sa volonté, étonnante, pour ne pas écrire détonante, de «rupture» avec la présidence en cours4... Un message qui passera audelà même de nos frontières: Guy Lachapelle nous dévoile ainsi que les médias québécois ne se sont pas fait faute de désigner la campagne de 2007 sous l'angle du besoin de «rupture» et de «rénovation» avancé par les principaux candidats dans leurs campagnes; Valéria Pangrazio et Andrea Caretta nous en disent de même pour l'Italie, en montrant que les médias italiens y voient ainsi l'annonce corollaire d'un rajeunissement de l'univers politique français. On remarquera d'ailleurs que la reprise par la quasi-totalité des candidats de cette idée de «rupture », mais en insistant sur le quart de siècle précédent, pour dénoncer en quelque sorte un amalgame complice entre

qu'il nous a accordé, Franck Louvrier a insisté sur le fait que dès 2001, son ouvrage Libre, était d'ailleurs déjà très clair sur sa volonté d'aspirer à la plus haute fonction élective en se réclamant d'un programme «de droite»... mais ce livre n'avait pas fait autant impression que la« petite phrase» de 2003 à la télévision (rééd. coll. Pocket, 2003). 4 - V. le compte-rendu de son intervention du 7 septembre et son interview dans Le Monde du jeudi 8 septembre 2005.

3 - Lors de l'entretien

9

les gouvernements post-gaullistes et socialistes qui ont alterné, crédibilisa paradoxalement du coup Nicolas Sarkozy en concourant à mettre sur l'agenda politico-médiatique une idée qu'il avait été le premier à avancer -les spots de la campagne officielle sont un bon révélateur de ce phénomène, comme le montrent bien Philippe Maarek et Brigitte Sebbah. En outre, la mention du quart de siècle exonérait en quelque sorte Nicolas Sarkozy, dont l'âge faisait qu'il ne pouvait guère en être tenu responsable. La certitude de la candidature «de rupture» de Nicolas Sarkozy aussi longtemps à l'avance, une certitude inhabituelle pour les candidats «principaux» des années antérieures, aussi bien sur la forme que sur le fond, puisqu'il resta constant dans ses propos et dans l'affirmation de son programme jusqu'au bout, eut pour conséquence une focalisation inédite sur sa personne de la quasi-totalité de la campagne de communication politique des présidentielles de 2007, pour ne pas dire de la campagne elle-même. La « primaire» au sein du Parti socialiste a ainsi fortement été influencée par cette certitude, puisque les sondages de l'époque faisaient apparaître que Ségolène Royal était la seule des trois candidats à la candidatures socialistes pouvant l'emporter face à Nicolas Sarkozy, ce qui contribua fortement à l'imposer auprès des militants du PS et à faire taire, sinon rassembler, ses principaux dirigeants -les «éléphants ».

L'émergence

de Ségolène

Royal

L'émergence de Ségolène Royal comme la principale opposante au candidat «déclaré », en quelque sorte, marquera également, car pour la première fois dans I'histoire de la ve République et de l'élection du président de la République au suffrage universel, un candidat a pu s'imposer jusqu'au second tour en contournant les dispositifs «classiques» de la démocratie représentative. Certes ancien ministre et présidente d'une région, Ségolène Royal n'était guère la «favorite» de l'appareil du PS et ne faisait même pas partie de ses plus hautes instances dirigeantes. Elle sut pourtant compenser ce déficit de légitimité par une efficace personnalisation de son image qui la rendit populaire auprès de la «base». Cette personnalisation avait été entreprise de longue date, comme le démontre Catherine Dessinges, qui va jusqu'à parler de «peopolisation» volontaire de l'image de la candidate, qui veut ainsi établir une véritable communion avec l'électeur en établissant un rapport de similitude. À cet égard, son utilisation innovante d'Internet afin de tenter d'établir un rapport direct avec le citoyen, à travers son site Désirs d'avenir, puis de la 10

«Ségosphère », ne fut pas sans rappeler la façon dont Howard Dean s'imposa au Parti Démocrate à l'orée des élections présidentielles américaines de 2004. Cet investissement d'Internet fut mené sous la houlette de Benoit Thieulin, qui avait étudié l'année précédente de façon minutieuse au sein du Service d'information du Gouvernement l'effet du «Web 2.0» et des blogs qui concourut à la victoire du «non» lors de la campagne pour le Référendum de 20055. Franck Bousquet nous en expose la montée en puissance. La campagne des présidentielles de 2007 fut aussi marquée par une incursion nouvelle de la presse dans l'intimité des candidats, incursion factice en trompe-l'œil qui masque en réalité un contrôle par les hommes politiques et leurs équipes des journalistes qui suivaient la campagne n'ayant rien à envier à celui des campagnes nord-américaines6 - à l'exception à diverses reprises de Ségolène Royal, dont plusieurs bévues et propos maladroits ont souvent mené à des logorrhées de commentaires négatifs sur sa compétence, comme nous le rappellent Catherine Dessinges ou Christina Holtz-Bach (et aI.f. La plus grande place laissée aux commentaires peu favorables à la candidate quant à ses compétences que ce ne fut le cas pour Angela Merkel lors de son accession à la chancellerie allemande, relevée par Christina HoltzBacha et al., s'explique probablement ainsi, le traitement des deux candidates apparaissant par ailleurs d'une grande similitude dans la presse allemande aussi bien que dans la presse française. On notera d'ailleurs que Christina Holtz-Bacha écarte clairement ici la présomption d'inégalité due au «genre» de la couverture médiatique, aussi bien en France qu'en Allemagne lors des élections de 2005, mis à part, incontestablement, et ce n'est pas totalement négligeable, le cas de la désignation même d'Angela Merkel et de Ségolène Royal, où la féminisation prend le pas. On notera cependant, à la décharge des journalistes, que les militants de Ségolène Royal aussi féminisèrent fortement leurs slogans, en particulier par la scansion de son prénom lors des meetings, etc., là où les militants de l'autre camp scandaient plutôt le nom de famille de Nicolas Sarkozy - exactement comme en Allemagne pour Gerhard Schroeder. En revanche, la couverture du «genre» dans la campagne française par
5 - V. notre entretien avec Benoit Thieulin dans Chronique d'un «non» annoncé: la
communication
~

politique

et l'Europe.

Philippe

1. Maarek

dir., I..:Harmattan,

2007.

6 V. notanunent la chronique désabusée de la campagne dressée par Philippe Ridet, le journaliste du Monde chargé de suivre Nicolas Sarkozy, Le Président et moi, Albin Michel, 2008. 7 - Les plus remarquées, on s'en souvient, concernèrent l'apologie inattendue du système judiciaire chinois, les propos sur l'autonomisme Corse au supposé Premier ministre du Québec, et, bien sÛT,le célèbre lapsus « bravitude» prononcé sur la Muraille de Chine et jamais assumé comme tel par la candidate.

11

les médias étrangers apparaît plus différenciée, c'est, en tous cas, le cas des reportages sur la France par les médias italiens, comme nous le rapportent Valeria Pangrazio et Andréa Carreta, qui indiquent que les téléspectateurs italiens ont ainsi eu une vision plus statique de Ségolène Royal, du fait de l'insistance fréquente sur sa féminité, par rapport à des reportages montrant plus souvent Nicolas Sarkozy en action - mais cette vision «de l'extérieur» n'a eu aucune incidence à proprement parler sur la campagne présidentielle de 2007, bien sûr. La domination du marketing politique et l'irruption de ses dernières évolutions, au « Web 2.0» ou au (( storytelling»

de la « triangulation»

l?essor, pour ne pas dire la domination, du marketing politique dans la communication politique des présidentielles est évoquée par tous nos auteurs. Juan Alonso nous montre ainsi que les innovations apparentes du programme de Nicolas Sarkozy, comme l'annonce de la création d'un ministère de «l'Identité nationale» en cas de victoire, ont été décidées dans le cadre de cette démarche. Quant à la personnalisation de plus en plus forte des campagnes, d'élection en élection, jamais aussi visible qu'en 2007, elle apparaît comme la suite logique du développement du «storytelling» cher à Christian Salmon8, de la nouvelle culture du récit héroïque qui empreint actuellement les campagnes de marketing politique du monde entier, comme par exemple la véritable «geste» de Barack Obama, et bien sur le quintessentiel «J'ai changé» prononcé par Nicolas Sarkozy lors du meeting d'ouverture de sa campagne le 14janvier 2007, comme nous le rappelle Juan Alonso. Donatella Campus et SofiaVentura nous montrent bien comment cette personnalisation, encadrée par une maîtrise très forte de sa communication, a été utilisée par Nicolas Sarkozy à dessein, et même à l'excès, lorsqu'il essayait de compenser son image de «premier flic de France» par une exposition de sa famille, puis lorsqu'il tenta d'installer son image de compétence à la fonction présidentielle, pour se différencier de Ségolène Royal, en un mécanisme bien rodé faisant également appel au «storytelling », au recours à un univers narratif fictionnel bien organisé où le raisonnement remplace ici l'affectif. Cet essor de la personnalisation au détriment du fond explique que la communication des différents candidats ait souvent versé du côté de la
8 - ln Storytelling, 2007.
la machine àfabriquer des histoires et àformater les esprits. La Découverte,

12

conviction plutôt que de la démonstration et de la logique, ainsi que nous l'illustre Gilles Gauthier en décortiquant la polémique née autour de la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration: il montre bien que les interventions de ses adversaires qui s'ensuivirent firent principalement appel à des opinions, des paralogismes et des sophismes, et non aux démonstrations rigoureuses qu'eussent exigées des pratiques d'argumentation véritable. De même, la plupart des auteurs de l'ouvrage, Juan Alonso, Donatella Campus et Sofia Ventura, Catherine Dessinges, etc., s'accordent à mettre en évidence l'omniprésence et l'automatisme actuel des méthodes dites «de triangulation» du marketing politique, c'est à dire de positionnement sur le terrain idéologique théorique de ses adversaires, durant la campagne de 2007. Nicolas Sarkozy réussit ainsi une sorte de «grand écart» en prenant à la fois ce chemin et celui d'une affirmation nouvelle d'un positionnement de droite, quasiment inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale chez les politiciens des partis «de gouvernement», comme pour sa volonté de « libérer le travail », et de permettre de « travailler plus pour gagner plus ». Sa principale rivale, Ségolène Royal, parvient de même à s'imposer aux militants socialistes en n'hésitant pas à revendiquer certaines valeurs «de droite» dès lors qu'elles lui semblaient en réalité partagées par tous. Cette triangulation paraît d'ailleurs excessive à certains, les médias québécois allant même jusqu'à évoquer la «désidéologisation» à laquelle elle aboutit, comme nous l'apprend Guy Lachapelle. Du point de vue technique, enfin, la nouvelle liberté accordée depuis 2004 par le CSA aux spots de la campagne audiovisuelle officielle ne sied pas à tous les candidats, comme l'établissent Philippe Maarek et Brigitte Sebbah: comme pour les campagnes précédentes, elle a tendance à nuire aux «petits» candidats en accentuant le clivage avec les candidats des «grands» partis, sciemment, lorsqu'ils se contentent d'élaborer des spots dédiés à des campagnes de notoriété et non de gain, inconsciemment, lorsqu'ils ne parviennent pas à se servir correctement de l'outil. Les principaux candidats eux-mêmes ne se sortent pas toujours bien de l'exercice, à commencer par Ségolène Royal, de façon surprenante. Du côté d'Internet et du «Web 2.0» viennent les innovations de la campagne de 2007, qu'explicite Franck Bousquet, qu'il s'agisse tout d'abord d'augmenter le nombre d'adhérents et la mobilisation, pour l'UMP comme pour le PS, ou d'accompagner la campagne, notamment en créant un espace participatif innovant correspondant à la dialectique de Ségolène Royal, le désormais célèbre site Désirs d'avenir. Ici, la candidate sait à merveille verser à son profit les nouvelles utilisations sociales d'Internet. Très souvent repris 13

par les moyens d'information «classiques », à commencer par la télévision, les moindres événements de la campagne sur Internet prennent en outre une ampleurnouvelle, d'autant que l'essor du haut débit a permis la généralisation de l'utilisation des clips vidéo surles blogs, qu'il s'agisse des retransmissions de passages de la campagne favorables aux candidats, ou à l'inverse de parodies et d'ironie sur leurs gaffes et leurs erreurs. Devenus incontournables, notamment sur le site DailyMotionfr, ces clips échappent quasiment à tout contrôle, et notamment au contrôle tatillon du CSA sur les émissions politiques à la télévision, comme nous le rappelle Franck Bousquet. Capitalisant sur ce nouveau besoin d'images spontanées ou pseudo-spontanées sur le Réseau, l'une des meilleurs réussites de la campagne sur Internet de l'équipe de Nicolas Sarkozy fut incontestablement sa «télévision sur le Net », NSTV, une véritable mini-chaîne de télévision destinée uniquement aux internautes, comme nous le rappellent Franck Bousquet ou Franck Louvrier. On notera que le vainqueur, parti très fort dès 2005-2006 par une campagne inédite de recrutement de nouveaux membres de son parti par «pourriels» (ou spams), les courriers électroniques non sollicités, prendra soin de ne pas laisser à Internet une place trop importante durant la campagne elle-même, considérant que les moyens de campagne« classiques », meetings, et surtout déplacements en liaison avec son programme politique, devaient garder la primauté, comme nous le confirme Franck Louvrier. Mais ces déplacement furent orchestrés de façon bien huilée et tout à fait moderne, ici, selon les meilleures règles d'une reprise dans de bonnes conditions par les médias, le marketing politique y ayant aussi laissé sa marque.

La victoire du programme sur la consultation ou le triomphe (temporaire 7) de la démocratie sur la démocratie participative

représentative

On peut enfin avancer que la très forte personnalisation

des campagnes

de communication politiques pour les Présidentielles de 2007, après avoir favorisé l'émergence de Ségolène Royal au sein du Parti socialiste lors des «primaires» ne fut pas au final sans paradoxalement favoriser la campagne de Nicolas Sarkozy: alors que le futur président avait tout misé sur une focalisation sur son programme (la «rupture» en étant la mise en forme symbolique), les campagnes des autres candidats s'échinèrent souvent en des attaques personnelles (sous l'égide du slogan «TSF, tout saufSarkozy»...). La vision des spots de la campagne audiovisuelle officielle est à cet égard très significative, comme le montrent Philippe 1.Maarek et Brigitte Sebbah, maints 14

candidats ayant choisi de se focaliser sur des attaques contre la personne de Nicolas Sarkozy plus que sur le fond. Cette personnalisation ne faisait qu'accentuer la faiblesse programmatique des adversaires de Nicolas Sarkozy, alors que lui ne cessait de réaffirmer son programme, labourant avec une rigueur et une régularité imperturbable son« humus idéologique », selon les termes de Frank Louvrier, y compris lors du débat du 2 mai, dans les moments un peu difficiles où il sut maintenir son discours sur le fond pour l'essentiel. Le contraire, en somme, de ce qui se produisit chez ses rivaux, et notamment du coté de la candidate socialiste, perdue dans l'évocation d'un inventaire à la Prévert de propositions assez hétéroclites issues des consultations des électeurs lors des «débats participatifs ». Cette force de Nicolas Sarkozy à imposer son programme et ses thèmes à Ségolène Royal est même relatée dans les analyses de la campagne effectuées par les médias québécois, comme nous l'expose Guy Lachapelle. La candidate, comme d'ailleurs plusieurs des autres compétiteurs du premier tour, ne saura répondre qu'en faisant le choix de faire prédominer la dimension affective sur la dimension programmatique, un choix qui apparaît, comme nous le montrent Philippe Maarek et Brigitte Sebbah, jusque dans les spots de la campagne

audiovisuelle officielle

-

la différence avec l'insistance programmatique

manifestée par les spots de Nicolas Sarkozy devenant même ici criante pour les spots du second tour. Il apparaît donc bien au fil des pages qui suivent que les Français ont élu en 2007 leur Président sur son programme et sa scansion permanente durant la campagne plutôt que sur les promesses de sa rivale de rester à l'écoute des citoyens. Cela correspond d'une certaine façon à ce que l'on pourrait considérer comme la victoire de la démocratie représentative sur la démocratie participative.

Première

partie

Personnalisation et construction de la légitimité

Identité et positionnement politiques: entre la mimesis et la différentiation

Juan Alonso Aldama
Ceccocop/LargotecJE 24 74

La campagne électorale des dernières élections présidentielles en France a fait émerger trois faits majeurs pour ce qui concerne le discours et la communication politiques. Ces faits, relevés et commentés par la plupart des observateurs, ont par ailleurs joué un rôle essentiel dans les discours de tous les principaux candidats. Mais plus significatif encore à notre avis, et c'est l'hypothèse de départ de ce travail, est le fait que ces éléments étaient liés et interdépendants. Les trois faits auxquels nous faisons référence sont les suivants: l.d'un côté, une présence, au moins le soupçon d'une présence de plus en plus grande de la logique du marketing dans la communication politique. Ce qui s'est manifesté par le jeu et le changement perpétuels dans les thèmes traités dans les discours des candidats et par la quête de «sujets» susceptibles de différencier un candidat de l'autre, c'est-à-dire par une permanente stratégie de «positionnement» ; 2.d'un autre coté, la place prise par la question de l'identité, laquelle a été au cœur de la campagne électorale et cela de plusieurs point de vue et en relation avec des sujets très différents. L'identité est apparue comme sujet de débat politique, avec la polémique sur la création du ministère de l'Identité nationale et avec le débat autour de la nature de l'identité nationale (<<qu'est-ced'être Français?»), question qui se reflétait comme dans un miroir dans la question de l'identité du collectif politique (par addition ou synchronique dans le cas de la «démocratie participative» ou par destinée diachronique, par une certaine vision de 1'histoire de France). Par ailleurs, la question de l'identité du collectif( que ce soit national ou simplement social) apparaît aussi comme cadre d'un autre débat, cette fois-ci sur la nature de l'identité politique (<<qu'est-cequ'un discours, une 19

politique et des sujets de gauche ou de droite?»). Finalement, elle se manifeste comme une des interrogations récurrentes sur la nature des candidats et sur la façon dont ceux-ci se construisent comme sujets politiques et sur l'élaboration de leur discours (<<telou tel autre candidat est de gauche, de droite, les deux en même temps ou ni l'un ni l'autre?»). Ce qui nous mène au troisième fait marquant de cette campagne; 3. dans une grande mesure celle-ci a été une campagne sur 1'« être» des sujets, sur leur ethos, beaucoup plus que ce que nous sommes habitués à entendre dans la plupart des campagnes politiques, lesquelles sont généralement plus centrées sur le «faire », sur l'action faite ou à faire par les acteurs politiques que sur leur caractère, leur vie ou leur personnalité. Les candidats à cette élection ont mis en avant de façon répétée et explicite leur «être », leur« qui suis-je ». Nous avons assisté à une sorte d'hypertrophie de l'être (avec une toute une panoplie des différentes et parfois même contradictoires modulations du «moi» et avec le corrélat logique d'une exposition tout azimuts de l'éprouvé, du sensible, du vécu, et des sentiments autant que des compétences pratiques et programmatiques des candidats). Cela a donné lieu aux grands et aux petits récits personnels, parfois héroïques, des candidats, mais aussi, comme dans certains cas, à des histoires personnelles parfaitement imbriquées dans les grands récits épiques de I'histoire1. Ce qui, comme toute histoire personnelle, toute histoire de vie, ne pouvait pas se faire sans les contradictions et les brics et les brocs dont est faite toute vie, avec la fabrication2 ainsi des petites mythologies dont
1 - Voir à ce propos la parfaile construction d'une «filiation» dans le récit fondateur de la résistance de la part du candidat Nicolas Sarkozy lors de son fameux discours du 14 janvier à la Porte de Versailles: (À cet instant où pour moi tout change, je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui m 'ontfait rêver d'une autre destinée, d'une vie plus grande, d'un avenir plus passionnant. Ils ont été pour moi une source de réflexion, d'espérance, et même parfois
de corifiance. Eux, ce sont les héros de la Résistance et de la France Libre, ces hommes avec lesquelsj'aifait mes premiers pas en politique, ces hommes qui venaient d'une époque où la politique s'était confondue avec le patriotisme et l'épopée. [..] Je veux rendre hommage à Jacques Chaban-Delmas, général de la Résistance à 29 ans, au rêve si beau, si prémonitoire, de la Nouvelle Société. Son dernier grand combat politique fut pour moi le premier. J'avais 17 ans et l'impression de partir à la guerre. » 2 - Le mot de «fabrication» n'est pas utilisé ici au hasard mais sciemment car il permet de le discours politique comme une «fabrique» de mythes qui par-delà ou en deçà des mélanges et des contradictions expliciles et manifesles de ce discours essaie de construire une unité profonde où les contraires peuvent parfois, dans un équilibre délicat, exisler.

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parlait Claude Lévi-Strauss3 et des grandes récits mythiques dont la finalité, il faut le rappeler, est d'ordre pragmatique, et qui font fi de toute idée de cohérence, en tout cas d'une certaine idée de cohérence logique, comme nous le verrons. Ces différentes questions seront explorées autour de quelques points théoriques et de quelques exemples envisagés sans aucune volonté exhaustive mais comme des simples cas, tirés des discours des candidats mais surtout de ceux du candidat Nicolas Sarkozy. Cet article ne prétend pas faire l'analyse d'un discours politique précis mais plutôt d'explorer une série de questions théoriques et analytiques à l'intérieur du champ de la communication politique. C'est ainsi que, à la suite des trois faits apparus dans cette campagne mentionnés plus haut, pointent trois problématiques distinctes mais interconnectées. Nous focaliserons notre article essentiellement sur la première et nous évoquerons quelques brèves pistes de réflexion sur les deux autres qui découlent naturellement de la première: Ua construction de l'identité et de ses différentes formes, question abordée à travers la distinction faite en sémiotique entre paradigme et syntagme et à partir de la notion d'identité narrative de Paul Ricœur et de son utilisation dans le domaine sémiotique par JeanMarie Floch4 ; 2. une deuxième problématique que nous analyserons plus rapidement est l'étude de l'organisation des récits qu'impliquent les différentes formes de l'identité et la construction d'une interprétation et une vision de I'histoire en nous appuyant sur les études de Boris Ouspenki sur la sémiotique de I'histoireS; 3. enfin, nous essayerons de voir dans quelle mesure ces récits et ces discours politiques constituent des récits mythiques ou des «petites mythologies» et cela à partir des travaux de Claude Lévi-Strauss sur la notion de « bricolage» comme opération mythique.

3 - Nous reprenons ici l'idée de «petite l'anthropologue dans son livre Le regard développée par Paul Ricœur principalement Seuil, 1990. Pour ce qui est de l' « utilisation

mythologie» de Claude Lévi-Strauss énoncée par éloigné, Paris, Plon, 1983.4 - Cette notion a été dans son ouvrage Soi-même comme un autre, Paris, sémiotique» de cette notion, voir Jean-Marie Floch, dans son ouvrage Soi-même

Identités visuelles, Paris, PUF, 1995. 4 - Cette notion a été développée par Paul Ricœur principalement

comme un autre, Paris, Seuil, 1990. Pour ce qui est de 1'«utilisation sémiotique» de cette notion,
voir Jean-Marie Floch, Identités visuelles, Paris, PUF, 1995. 5 - Boris Ouspenski, Histoire et sémiotique. Le temps perçu comme problème sémiotique, in louri Lotman et Boris Ouspenski, Sémiotique de la culture russe, Lausanne, .r.;Age d'homme, 1990, pour la traduction française.

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