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La connaissance de l'enfant par l'écriture

De
217 pages
L'écriture, dans son apprentissage et dans ses transformations fait corps avec l'évolution de l'enfant, la construction de sa personnalité et ses difficultés éventuelles. L'étude graphologique faite à un moment précis donne des renseignements précieux sur l'adaptation de l'enfant, son caractère, son affectivité. Une partie est réservée à la technique de base de l'observation de l'écriture, puis à l'étude de l'affectivité, de l'intelligence et du caractère de l'enfant au travers de son écriture. Sont abordées ensuite les difficultés spécifiques, dysgraphie, latéralité, dyslexie et leur répercussions.
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La connaissance de l' enfant par l' écriture

DU MÊME AUTEUR

Manuel de Graphologie, en collaboration avec A. Lombard et M. De Noblens, Masson, 1986. La Graphologie, collaboration à l'ouvrage collectif dirigé par Pierre Faideau, M.A. Éditions, 1983.

Jacqueline Peugeot

La connaissance

de l'enfant par l'écriture
L'approche graphologique de l'enfance et de ses difficultés

L'Harmattan

@

Dunod

1997

@ L'HARMATTAN 2010 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.&

ISBN' 978-2-296-09733-9 EAN . 9782296097339

Avant-propos à la 3e édition

Nous avons pensé, avec notre éditeur, que la troisième édition de ce livre était l'occasion d'en présenter au lecteur une révision et de faire le point sur l'état actuel de la graphologie de l'enfant. Nous avons donc enrichi l'ouvrage avec des sous-chapitres et quelques écritures, précisé le texte par de nombreux ajouts et des notes, complété la bibliographie et les appendices. La graphologie de l'enfant est devenue une discipline à part entière, tant en France qu'à l'étranger. Il s'avère en effet que, par la compréhension du caractère, des tendances profondes et des éventuelles difficultés de l'enfant, ainsi que par la justesse de ses diagnostics, elle s'est fait de plus en plus apprécier par ceux qui font appel à elle. Par ailleurs, la finesse et la précision que réclame sa méthode d'observation, ainsi que la réflexion qu'elle suscite sur l'évolution du geste graphique, ont rejailli, semble-t-il, sur la graphologie de l'adulte et l'ont encore faite progresser. Cette méthode consiste toujours en une observation complète de l'écriture, espèces graphiques propres aux enfants et espèces communes aux écritures d'adultes, comme le proposent tous les exemples du livre. L'Échelle Enfant (et éventuellement l'échelle de dysgraphie et le test de vitesse) donne un cadre par rapport à une norme. L'Échelle Enfant, à laquelle on pourrait reprocher sa relative ancienneté, est toujours actuelle parce que les difficultés graphomotrices de l'apprentissage sont semblables aux travers du temps, les enfants restant les mêmes biologiquement. Les difficultés graphomotrices sont évidemment analogues dans les autres pays, les différences minimes que l'on peut constater étant dues à d'autres pratiques pédagogiques: apprentissage plus tardif ou au crayon,

VI

Connaissance

de l'enfant par l'écriture

parfois sur papier non ligné, ou encore, à des particularités de la calligraphie ou de la langue. Nous avons aussi constaté par l'expérience que l'utilisation d'instruments graphiques modernes, glissant mieux sur le papier, quelle que soit la tenue de ces instruments, n'avait pas modifié les difficultés graphomotrices concernant la forme et le mouvement cursif. Par ailleurs le stylo à plume, instrument de qualité, choix ou récompense pour l'enfant, semble jouir d'un regain de faveur, y compris dans les petites classes. Dans notre définition d'une écriture d'enfant nous privilégions la

comparaison des sous-échelles EF et EM et le choix des composantes I
faites par l'enfant, plutôt que l'âge graphomoteur «stricto sensu» malgré son utilité, cette observation nous donnant des renseignements expressifs sur les choix inconscients faits par l'enfant, sur son milieu graphique. Nous relevons aussi tout particulièrement la présence des items persistant au-delà de l'âge où normalement ils auraient dû disparaître, leur regroupement en faisceaux, et les ajoutons à la définition totale. Avec notre outil graphologique, nous pouvons étudier la personnalité de l'enfant qui évolue bien, comme de celui qui est en difficulté. Nous sommes bien loin de l'époque de Crépieux-Jamin qui ignorait la psychologie moderne et la psychanlyse et rendait responsable le niveau intellectuel de tout déficit cognitif ou difficulté, quelle qu'elle soit. L'enfant qui conservait une écriture «inorganisée» au-delà de l'âge où elle aurait dû être «organisée» (la notion et le terme de dysgraphie étaient inconnus), était jugé comme «être élémentaire», «imbécile» ou «arriéré» 2. La graphologie de l'enfant s'est trouvée en avance pour mettre l'accent sur l'aspect psychogène des dysgraphies d'enfants intelligents, parfois très intelligents, en dehors de difficultés «instrumentales» ou spécifiques sur lesquelles l'accent était mis de façon parfois trop prépondérante. Parallèlement, ce que nous avions signalé dans la première édition comme «signes d'alertes», syndromes d'anxiété et de mal-être, s'est trouvé conforté par de nombreuses études de cas et sont depuis lors tout à fait reconnus dans tous les pays 3.
1 Nous employons indifféremment les termes de composantes ou d'items. 2. 1. Crépieux Jamin, ABC, L'Écriture inorganisée, pages 37 à 51. PUP. Crépieux-Jamin a néanmoins constaté par ailleurs que l'enfant sortait de l'inorganisation vers 12-14 ans, et
que l'écriture passait auparavant par ce que nous nommons un «stade calligraphique». 3. Citons notamment U. Avé-Lallemant en Allemagne, H. Ratzon en Israël et S. Liévens en Belgique.

Avant-propos

à la 3e édition

La graphologie de l'enfant s'est rapprochée ainsi de la psychologie clinique, prenant en compte la personnalité entière de l'enfant et sa dynamique propre. Elle a sa spécificité, mais a aussi sa place dans une relation interdisciplinaire dans un but de compréhension et, s'il y a lieu, d'aide à l'enfant.

Table des matières

INTRODUCTION.

POSITION

DU PROBLEME

1

PREMIÈRE ÉLÉMENTS

PARTIE DE L'ENFANT

DE GRAPHOLOGIE

Apprentissage et évolution de l'écriture jusqu'à 14 ans 1. La pression et la conduite du trait 2. La dimension 1. La dimension 2. Les proportions dans le sens vertical 3. Les proportions dans le sens horizontal 3. La Forme - Les formes enfantines et leurs transformations 1. Les lettres a, d, g, q 2. Arcade et guirlande 3. L'écriture filiforme 4. La lettre t 5. L'écriture anguleuse 6. L'écriture arrondie 7. Les majuscules 8. L'écriture artificielle 4. La continuité - Le mouvement cursif - Le geste graphique de base 1. Continuité et coordination 2. Le geste de base et le mouvement cursif 3. Les espaces entre les mots 5. La vitesse

9 11 16 16 20 23 25 28 31 32 33 34 36 37 37 39 40 45 48 51

x

Connaissance

de l'enfant par l'écriture

6. L'ordonnance et la direction des lignes 1. Les marges 2. La direction des lignes - Les espaces entre les lignes 7. La direction des lettres 8. Remarques sur la signature, l'accentuation et la ponctuation 1. La signature 2. L'accentuation et la ponctuation
DEUXIÈME L'INTELLIGENCE, PARTIE ET LE CARACTÈRE

55 55 57 61 67 67 70

L'AFFECTIVITÉ

DANS L'ÉCRITURE

DE L'ENFANT

9. L'âge graphomoteur

selon l'équipe d'Ajuriaguerra 1. Évaluation de l'âge graphomoteur 2. Utilisation générale de l'échelle

75 76 80 83 83 88 94 94 104 106 109 109 112 118 122 125 127 130 132

10. La notion de dysgraphie 1. Définition et description 2. Étiologie

11. L'intelligence et l'écriture de l'enfant 1. Possibilités et limites de la graphologie 2. Écriture et quotient intellectuel 3. La forme de l'intelligence 12. L'affectivité, le caractère et l'écriture de l'enfant 1. Notions générales 2. Maturité et immaturité affective 3. L'anxiété et les syndromes graphiques d'alerte 4. L'ambivalence 5. Le mensonge 6. Les comportements 7. La violence 13. Étude d'un cas
TROISIÈME LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS PARTIE ET L'ÉCRITURE DE L'ENFANT

SPÉCIFIQUES

14. Les enfants gauchers ou mallatéralisés 1. Notions générales 2. Le choix de la main scriptrice (latéralité usuelle et main scriptrice) 3. Difficultés inhérentes à la gaucherie 4. y a-t-il une écriture des gauchers?

139 139 140 148 155

Table des matières

XI

15. Les enfants dyslexiques 1. Notions générales 2. L'écriture des enfants dyslexiques 3. Quelques cas concrets

159 159 164 167

CONCLUSION

181

ANNEXES Tableaux (1, 2, 3, 4) de fréquences d'apparition des items et étalonnage par âge Tableaux (5 et 5 bis) d'étalonnage du test de vitesse Tableau (6) des composantes de l'échelle dysgraphie Écritures représentatives des items d'Ajuriaguerra
INDEX DES ITEMS DE L'ÉCHEUE E D'AJURIAGUERRA

189 195 197 198 199

apparaissant apparaissant
BIBLIOGRAPHIE

dans la première partie
DES ESPECES GRAPHIQUES CLASSIQUES (non génétiques)

INDEX ALPHABÉTIQUE

dans la première partie

200 201

Introduction Position du problème

L'écriture est le propre de l'homme et de la civilisation. Activité spécifique qui matérialise le langage parlé, elle permet l'acquisition, la conservation des connaissances et la communication indirecte, hors de la présence de l'interlocuteur. Elle joue à la fois un rôle d'instrument individuel et un rôle social. Elle repose sur la reproduction de symboles et doit rester lisible audelà des transformations personnelles de la calligraphie afin de jouer son rôle de langage transmissible à tous. Son importance est considérable et, au niveau des enfants, liée à toute l'activité scolaire. Qu'en est-il de son acquisition? Elle nécessite un apprentissage long, car l'acte scripteur est un acte complexe et délicat sur le plan neurologique, faisan~ entrer en jeu la motricité globale et la motricité fine de la main, des doigts. Elle demande une maturation physiologique que les enfants acquièrent petit à petit et qui rend la croissance de l'écriture étroitement dépendante de l'âge de l'enfant. Elle fait entrer aussi en jeu beaucoup d'autres facteurs, en particulier un niveau intellectuel suffisant - on sait que les débiles apprennent difficilement à écrire - et un minimum de maturité socio-affective. L'acte graphique est rarement bien maîtrisé avant 14 ans; on constate qu'il manque encore à cet âge cette qualité particulière de contrôle et de régularité propre à l'adulte, résultant d'une bonne coordination des mouvements d'inscription et de progression. Nous engloberons donc dans cet ouvrage une population d'enfants comprise entre 5-6 ans, débuts de la scolarité, et 14 ans.

2

Connaissance

de l'enfant par l'écriture

Inséparable de la scolarité, l'écriture est un instrument privilégié, très investi par l'enfant, l'entourage scolaire et familial qui le juge, le blâme ou le loue au travers de cette activité. C'est aussi un témoin permanent, accompagnant l'enfant dans son évolution et que quiconque peut avoir sous les yeux. Peut-elle servir à connaître l'enfant? À cette question, la graphologie classique a répondu par la négative, rejetant de son champ d'investigation les écritures d'enfants, sous prétexte que les difficultés motrices de l'apprentissage dont elles étaient tributaires en masquaient l'expressivité. Crépieux-Jamin a défini les écritures d'enfants par « l'inorganisation » - genre continuité - et pensé qu'il n'était possible d'analyser que des écritures organisées, bien qu'il ait remarqué que, dès les débuts de l'apprentissage, les écritures se différen-

ciaient. Klages aussi, dans les premières pages de La Graphologie

I

montre une page de « d » tracés par plusieurs enfants de 5 ans et déjà tous dissemblables, mais n'a pas donné suite à ce genre d'observations. On peut s'étonner que Crépieux -Jamin ait utilisé un concept aussi abrupt que l'inorganisation pour caractériser les écritures d'enfants. L'écriture en effet ne passe pas brutalement d'un stade d'inorganisation à un stade d'organisation, mais s'organise petit à petit depuis le début de l'apprentissage jusqu'à l'âge adulte de la maîtrise graphique. C'est cette dernière constatation qui a donné à une graphologue remarquable, Hélène de Gobineau 2, aidée par un psychologue, Roger Perron, l'idée d'étudier la croissance de l'écriture. Ses recherches ont abouti à la construction d'une échelle E - Enfantsde 37 composantes - nommées items E - caractéristiques des difficultés d'apprentissage propres aux écritures d'enfants, et d'une échelle A Autonomie - de 31 composantes - nommées items A - correspondant à la façon dont l'écriture s'aménageait pour atteindre la maîtrise et l' efficacité en vue de l'aisance et de la rapidité propres à l'adulte. Dans l'optique de Gobineau, la croissance de l'écriture devait se faire par disparition petit à petit des items E et apparition des items A.
1. Stock éditeur. 2. H. de Gobineau et R. Perron, Génétique de l'écriture et étude de la personnalité, Delachaux et Niestlé.

Position du problème

3

Hélène de Gobineau est morte trop tôt pour continuer ses recherches qui ont été reprises, avec Roger Perron, par une équipe de psychologues sous la direction de J. de Ajuriaguerra '. Cette équipe n'a pas maintenu pour les enfants l'échelle A, trop peu sensible jusqu'à 15 ans, mais a mis au point l'échelle E en la ramenant à 30 items. Les trente composantes retenues sont génétiques, c'est-à-dire qu'il a été observé statistiquement que leur présence, à laquelle est liée une maladresse consécutive aux difficultés motrices de l'apprentissage, disparaissait progressivement avec l'âge de l'enfant. Génétique est bien sûr à rapprocher ici du sens que Wallon ou Piaget donnent à leurs études génétiques, de l'étude d'un développement et non de l'étude biologique des gènes.

Cette échelle qui s'arrête à 11 ans 2 permet de déterminer avec une
approximation suffisante l'âge graphomoteur d'un enfant, c'est-à-dire de savoir où il en est au point de vue des difficultés de l'apprentissage, s'il est dans la norme de son âge, en avance ou en retard, car l'échelle a été établie volontairement sur les seuls enfants qui suivent normalement la scolarité primaire ou ne présentent qu'un très léger retard. Nous étudierons cette évaluation, très précieuse pour le graphologue, dans la deuxième partie de ce livre, mais retiendrons tout de suite que l'enfant bien adapté entre 8-9 ans et 11-12 ans, doit passer par un stade calligraphique de relative maîtrise du geste et de respect de la Forme. Cette échelle permet aussi de constater qu'à âge graphomoteur égal, les écritures d'enfants ont des facies dissemblables, le choix inconscient des items E, qui résulte des difficultés motrices, étant très différent suivant les enfants: deux enfants de 8 ans par exemple, à âge graphomoteur identique, peuvent avoir, l'un une écriture hésitante, inhibée avec de multiples arrêts de plume camouflés, l'autre une écriture mal contrôlée avec des lancements à la fin de chaque lettre. Il est hors de doute que ces facies différents, étroitement dépendants de la motricité de l'enfant, sont en rapport avec la structure caractérielle
Ajuriaguerra, Auzias, Coumes, Denver, Lavandes, Perron, Stambak, L'écriture de l'enfant, volume I, Delachaux et Niestlé. 2. Elle est utile pour les enfants bien au-delà de cet âge, ainsi que nous le verrons tout le long de ce livre.

4

Connaissance

de l'enfant par l'écriture

de l'enfant en raison de l'intrication motricité-caractère dont le principe fondamental et actuellement incontesté a été mis en évidence par les travaux du Professeur Henri Wallon. Le facies de l'écriture, activité graphomotrice, est en rapport avec la façon de faire et d'être de l'enfant, son mode de réaction à l'entourage, son adaptation socio-affective, et ceci en particulier par la relation qu'il entretient avec cette discipline qui lui est imposée et le style qu'il donnera, un peu plus tard, à ce véhicule de la communication à autrui. On peut donc essayer de connaître l'enfant par son écriture, mais comment? Cet ouvrage essaie de répondre modestement à ce comment. Après avoir fait un âge graphomoteur qui situe l'enfant au niveau de son adaptation en général, le graphologue aura à interpréter un certain nombre de signes interdépendants et qui font partie d'un contexte graphique, d'un milieu, dont ils sont imprégnés. Ces signes sont essentiellement de deux sortes: les composantes enfantines génétiques de l'échelle E, et des éléments différenciateurs, très tôt personnels et dégagés des difficultés motrices de l'apprentissage, communs aux écritures d'adultes, comme notamment des éléments de la direction des lettres, de la pression, de la dimension... S'ajoutent à ces éléments des composantes enfantines, non génétiques, comme les torsions, le raccourcissement des jambages, par exemple. L'approche interprétative employée est analogue à celle de la graphologie pour les adultes: - expressivité du geste graphique se manifestant au travers du mouvement cursif, de la création des formes, et de la qualité du trait; - symbolisme de l'espace à un double point de vue: comparaison entre eux des éléments constitutifs de l'écriture (zone médiane, hampes, jambages) au travers de leur dimension, direction, pression... et situation de l'ensemble des signes dans l'espace blanc de la feuille de papier; ordonnance au sens large, à laquelle on peut ajouter un symbolisme temporospatial du déroulement cursif de gauche à droite, et de la continuité. L'expressivité des composantes enfantines doit être considérée de moindre importance quand elles sont dans la norme de l'âge que lorsque

Position du problème

5

leur présence, nous poser la décroissance d'Ajuriaguerra la manier.

qui statistiquement devrait avoir disparue, nous incite à question du pourquoi de leur persistance. À cet effet, la statistique, item par item, donnée dans les tableaux en appendice, est d'un apport très fructueux pour qui sait

Les interprétations données à l'ensemble des signes sont volontairement limitées dans cet ouvrage, mais ont le mérite d'avoir été vérifiées concrètement l, la plus grande prudence s'imposant en face des écritures d'enfants. Aucune recette ne peut être donnée, mais une indication de syndromes graphiques qui demande une réflexion approfondie. Par exigence didactique, les observations sont consignées dans une première partie sous une forme analytique et reprises plus globalement dans une deuxième partie au travers de thèmes qui permettent une approche plus synthétique de la connaissance de l'enfant. Une troisième partie est consacrée aux principales difficultés qui entravent la réussite de l'écriture chez l'enfant, latéralité, dyslexie, après que l'étude des dysgraphies ait été amorcée dans la deuxième partie. Nous avons éliminé de cet ouvrage les enfants débiles, handicapés organiques ou psychotiques, qui devraient faire l'objet d'autres recherches. Bien que ce livre recèle quelques écritures d'enfants névrosés, nous avons évité de faire au travers de l'écriture des diagnostics qui relèvent du domaine de la médecine. L'objet de cette étude est essentiellement l'écriture; c'est volontairement que nous ne parlons pas des gribouillis ou essais d'écriture des touts petits enfants d'âge préscolaire, ni du dessin, activité libre et spontanée qui constitue un tout autre domaine de l'expression.

La plupart des enfants présentés ici ont subi des examens psychologiques approfondis, l'évaluation de leur quotient intellectuel et ont une anamnèse connue.

PREMIÈRE

PARTIE

Eléments de graphologie

de l'enfant

OUS observons une classification pour la clarté de l'exposé, mais elle ne doit pas faire oublier que l'écriture est un tout dynamique, que sa décomposition en éléments est arbitraire et que toute caractéristique observée ne prend vraiment sa signification que dans le syndrome graphique, le contexte dans lequel elle est intégrée.

N

Nous observerons les espèces propres aux difficultés de l'apprentissage, leur évolution, et les éléments différenciateurs qui sont communs aux écritures d'enfants et d'adultes, au travers de la terminologie graphologique classique. Cela permettra aux lecteurs graphologues de retrouver leur langage et aux autres lecteurs de s'initier à des concepts qu'ils pourront utiliser aussi bien pour les adultes que pour les enfants. À chaque fois que, dans notre approche, nous rencontrerons une caractéristique enfantine génétique, nous la signalerons par sa dénomination, F ou M, assortie de son numéro, de I à 30, afin que le lecteur intéressé puisse la retrouver dans les tableaux annexés qui donnent leur pourcenta-

ge en âge

l,

et dans le livre d'Ajuriaguera où elles sont décrites avec pré-

cision : l'échelle E se divise en 14 composantes F, formes et agencements enfantins pour reproduire la calligraphie, et 16 composantes M de malformations dues à la motricité, en rapport surtout avec la tenue et la guidance de l'instrument. Nous les retrouverons, avec précision pour la plupart, dans le chapitre sur l'âge graphomoteur de la deuxième partie. Nous n'incluons pas dans nos observations les typologies dont les graphologues sont accoutumés de se servir. Leur maniement nous semble trop rigide pour s'adapter à la matière extrêmement complexe, mouvante et évolutive que constitue une écriture d'enfant, et cela malgré l'hypothèse d'une structure caractérielle, ou de tendances sans doute congénitales. Les études longitudinales nous montrent que l'identité au travers du temps est très variable selon les individus: très forte pour certains, se
1. Par rapport à un échantillon scolarisé normalement et non par rapport à une population globale d'enfants, ce qui explique que certains items arrivent à un pourcentage deO%.