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LA COOPÉRATION RÉGIONALE DANS LE BASSIN MÉDITERRANÉEN

De
272 pages
La zone de Libre-Échange du Bassin Méditerranéen devrait permettre de soulager les pays du Sud sur le plan financier et de susciter des flux commerciaux et d’investissements directs étrangers favorisant le redéploiement d’un secteur privé important et compétitif. Mais la concurrence entre les partenaires pourrait conduire à l’abandon de pans entiers de la structure productive, pourtant primordiaux dans l’assouvissement des besoins fondamentaux des populations . Il est nécessaire de bâtir une stratégie à la hauteur du défi de l’ouverture…
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LA COOPÉRATION

RÉGIONALE

DANS LE BASSIN MÉDITERRANÉEN
Intégration et relations commerciales: concepts et applications

Sous la direction de

Gilbert BENHA YOUN Ehud MENIP AZ

Raphael BAR-EL Muriel LHÉRITIER

LA COOPÉRATION

RÉGIONALE

DANS LE BASSIN MÉDITERRANÉEN
VOLUME 2

Intégration

et relations commerciales

Concepts et applications

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@ L'Harmattan, ISBN:

2001 2-7475-1044-1

INTRODUCTION
Gilbert BENHA YOUN Centre d'ÉconomieRégionale,de l'Emploiet des FirmesInternationales(CEREFI), Faculté d'ÉconomieAppliquée,Universitéd'Aix-MarseilleIII, France Muriel LHÉRITIER CEREFI,Facultéd'ÉconomieAppliquée,Universitéd'Aix-MarseilleIII, France
Emmanuelle MOUSTIER CEREFI, Faculté d'~conomie Appliquée, Université d'Aix-Marseille III, France Centre d'Economie et de Finances Internationales (CEFI), Faculté des Sciences Économiques, Université de la Méditerranée, France

L'Union Européenne a pris tardivement conscience de l'enjeu que représente l'intégration euro-méditerranéenne, préférant s'intéresser prioritairement à l'approfondissement de sa propre logique et à un rapprochement avec ses voisins de l'Europe de l'Est. Toutefois, le plan d'élargissement à une Zone de Libre-Échange et à une utilisation future de l'euro sur l'ensemble du Bassin Méditerranéen devrait permettre à la fois de soulager les pays du Sud sur le plan financier et de susciter des flux commerciaux et d'investissements directs étrangers qui devraient, à terme, permettre le redéploiement d'un secteur privé important et compétitif. L'ensemble est pensé à travers un modèle de développement en économie ouverte qui suppose que la libéralisation des échanges engendrera une meilleure allocation des ressources~ une meilleure utilisation de l'avantage comparatif et une insertion bénéfique dans la division internationale du travail. Parallèlement, sous l'effet de la mise en œuvre des politiques d'ajustement structurel, les Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée ont ouvert leur économie aux échanges, en adoptant des mesures de suppression ou d'allégement des restrictions quantitatives sur leurs importations. Les taux d'ouverture au sud du Bassin Méditerranéen

6

Intégration

et relations commerciales

sont globalement plus importants qu'au Nord. Mais, le danger réside dans le fait que l'ouverture entraîne une modification des structures productives et une extraversion des modèles de développement sans que des effets notables puissent être remarqués en termes de croissance. Le creusement des disparités entre le Nord et le Sud s'accompagne alors d'une asymétrie des échanges aussi bien dans le voluIne que dans l'apport en valeur ajoutée des biens échangés: les avantages cOInparatifs des Pays Tiers Méditerranéens portent sur des avantages en coût du travail ou sur des dotations en ressources naturelles, alors que ceux des pays européens concernent leur capacité à innover, leur développement technologique. Enfin, la concurrence entre les deux rives dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen risque d'entraîner l'abandon de pans entiers de la structure productive pourtant primordiaux au regard des besoins fondamentaux des populations. L'enjeu est de taille et les interrogations sur le devenir des relations cOInmerciales en Méditerranée composent l'ensemble de ce voluIne "Intégration et relations commerciales: concepts et applications". Il est composé de deux parties: la première traite de "l'ouverture des échanges en Méditerranée" alors que la seconde développe le cas particulier de la "gestion des ressources naturelles en Méditerranée". 1. L'INTÉGRATION COMMERCIALE EN MÉDITERRANÉE

Philippe Maître, Thierry Sebagh et Olivier-Luc Verheyde tentent d'analyser d'un point de vue théorique, "Les déterminants naturels de la coopération commerciale" en considérant que la faible distance entre les pays partenaires est une condition nécessaire à l'échange international, mais n'en constitue pas pour autant une condition suffisante. Les auteurs développent l'idée selon laquelle les relations économiques internationales sont soumises à des problèmes de risque Inoral engendrant des coûts supérieurs à ceux procurés par l'avantage de proximité. La coopération entre États ne peut donc s'expliquer uniquement en termes de proximité géographique parce qu'elle induit des comportements stratégiques. De cette réflexion, sur les facteurs déterminants de la coopération commerciale, découle la difficile question de la relation

Introduction

7

entre ouverture et spécialisation développée par Fabienne Menegaldo dans "Ouverture et spécialisation au sud de la Méditerranée". Ainsi elle s'interroge sur la viabilité des accords commerciaux entre l'Union Européenne et les Pays Tiers Méditerranéens. En particulier, Menegaldo se demande et si les accords sont en adéquation avec les particularités méditerranéennes ou si, au contraire, ils conduisent à une Inarginalisation croissante des PTM, étant donné que les biens pour lesquels ces derniers possèdent un avantage comparatif décisif sont exclus des négociations à court terme. Dans tous les cas, les échanges commerciaux entre les pays européens et les Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée demeurent fortement déséquilibrés. Éléonore Boiscuvier insiste sur le fait que les pays du Maghreb et du Mashrek semblent alors avoir du mal à se créer de réels avantages comparatifs, ce qui l'amène à s'interroger sur "L'intégration au sud de la Méditerranée: mythe ou réalité ?". Cette coopération économique au Sud pourrait inciter les pays à faire évoluer leur spécialisation vers des biens incorporant plus de capital hUlnain et serait susceptible d'avoir des répercussions positives sur leur développement. Quoiqu'il en soit l'intégration Sud-Sud en Méditerranée ne pourra se faire sans un apaisement des tensions israélo-arabes comme l'exposent Oren Gross et Eli Sagi dans "Accords commerciaux régionaux au service de la paix au Moyen-Orient". Plus encore, les accords commerciaux permettraient une coexistence et une coopération pacifique globale et régionale. Les auteurs étudient tout particulièrement la structure et la nature des accords commerciaux potentiels au Moyen-Orient. Gross et Sagi retiennent plusieurs dimensions dans leur analyse, soulignant les avantages et désavantages politiques, économiques et juridiques de chacun d'entre eux, et proposent un modèle alternatif appliqué au cas particulier des échanges israélo- palestiniens. Adel Zagha discute également des avantages et des inconvénients des différents types d'accords commerciaux envisageables, en se plaçant explicitement du côté des Palestiniens. Dans "Relations commerciales permanentes entre l'État palestinien et l'État israélien", l'auteur souligne les attraits d'une coopération transfrontalière entre les deux partenaires qui servirait d'ossature à

8

Intégration

et relations commerciales

n'importe quel accord commercial. Enfin, Zagha suggère un mécanisme de résolution du conflit israélo-palestinien qui rendrait possible l'exécution efficace du scénario optimal. Ces interrogations sur la nature de l'accord commercial définitif entre les deux pays sont d'une importance primordiale pour la cohérence régionale, mais aussi pour l'implantation des entreprises multinationales. Oded Lowengart et Ehud Menipaz insistent sur le fait que les investisseurs et les pays hôtes ont alors intérêt à identifier les éléments clés favorisant l'attraction durable des firmes étrangères dans les pays du Bassin Méditerranéen. Dans leur article "L'attrait pays, critère de décision de localisation régionale des firmes multinationales dans le Bassin Méditerranéen: une approche conceptuelle", les deux auteurs tiennent compte des différentes caractéristiques de chaque économie et énumèrent certaines actions qui faciliteraient l'attraction des multinationales. 2. LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES EN MEDITERRANEE Une fois qu'ont été énumérées les possibilités d'une coopération commerciale globale Nord-Sud et Sud-Sud, la question de la gestion des ressources naturelles en Méditerranée va être abordée dans la seconde partie de ce volume, en insistant sur les cas particuliers de l'eau et des capacités énergétiques de la zone. Franklin Fisher analyse, dans "Eau et perspectives de coopération", la valeur intrinsèque et la gestion optÜnale de cette ressource naturelle. L'eau, qui constitue une Ünportante source de conflit, peut devenir ainsi le moteur de nouvelles coopérations. De plus, Fisher montre que le projet de l'eau pour le Moyen-Orient (projet commun à Israël, la Palestine et la Jordanie) est transposable à l'ensemble de la région méditerranéenne. Valérie David et Sophie Mairesse proposent, elles aussi, de nouvelles voies de gestion de l'eau pour la région méditerranéenne dans "Les ressources en eau: un vecteur de coopération régionale entre Israël et la Palestine". Les deux auteurs analysent les différents processus de coordination qui peuvent être envisagés pour réduire la fracture existante entre les différents acteurs et tentent d'appliquer le ITIodèlefrançais des agences de bassin au cas particulier des pays du

Introduction

9

Sud de la Méditerranée en tenant toutefois environnement institutionnel respectif.

compte de leur

Un second thème concerne la coopération dans le domaine de l'énergie pour l'ensemble des Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée. Ilhan Or s'intéresse plus particulièrement aux "Politiques énergétiques en Méditerranée: entre mondialisation et coopération régionale". Les questions de gestion et d'organisation des systèlnes nationaux énergétiques font référence à la coopération régionale Inéditerranéenne dans ce secteur, tout spécialement dans le contexte actuel de lutte contre la dégradation de l'environnement, de l'existence de réseaux transfrontaliers et d'efforts croissants dans la recherche et le développement. Or insiste notamment sur les bénéfices environnementaux, économiques et sociaux issus d'une telle coopération. Enfin, Azzouz Kerdoun étudie un cas de coopération Nord-Sud dans le domaine de l'énergie dans "Le gazoduc Maghreb-Europe et l'amorce de nouvelles formes de partenariat". L'auteur insiste sur le fait que l'accomplissement de ce projet induit de nouvelles formes de partenariat entre les entreprises du Nord et celles du Sud de la Méditerranée dans une perspective d'intégration régionale tant au niveau de l'espace euro-méditerranéen qu'au niveau de l'espace l11aghrébin et, souligne leur implication sur le développement économique des principaux pays et entités concernés. Ce partenariat peut alors contribuer de façon significative à la formation des disponibilités locales d'hydrocarbures, ainsi qu'au transfert de capacités technologiques, organisationnelles et industrielles.

Partie I
RELATIONS COMMERCIALES

CHAPITRE

1

LES DÉTERMINANTS NATURELS DE LA COOPÉRATION COMMERCIALE
Philippe MAITRE Thierry SEBAGH Olivier-Luc VERHEYDE
Centre d'Analyse Économique (CAE), Faculté d'Économie Appliquée, Université d'Aix-Marseille III, France

1. INTRODUCTION Au début des années 1990, au moment même où les accords Inultilatéraux de Marrakech (1994) et de l'OMC (1995) étaient mis en place, l'analyse économique reconsidérait la logique de la coopération commerciale sous l'angle de l'efficience du régionalisme. Le débat, déjà ancien [Viner (1950) et Lipsey (1957, 1960)], sur l'opportunité du régionalisme commercial a été relancé par les travaux de Krugman (1991 a, 1991b), avec deux arguments opposés. Selon Krugman (1991a), si un accord commercial régional, par exemple une union douanière, conduit à la création d'un "grand pays", il est dans l'intérêt du bloc cOlnmercial d'instaurer un tarif optimal avec l'extérieur de la zone. L'élévation de son pouvoir de monopsone, conséquence de la "concentration" de la demande, conduit logiquement le nouveau bloc à élever les droits de douane prélevé sur les pays hors-zone. Ainsi le régionalisme devrait conduire à une augmentation des tarifs douaniers inter-blocs. Cette conclusion peut être illustrée par l'examen des situations comprises entre deux cas polaires, le "régionalisme extrême" et l'absence de régionalisme (le multilatéralisme). Dans le cas d'un régionalisme extrême, chaque pays-région représente un bloc. Le pouvoir de monopsone est donc minimum, ce qui équivaut, paradoxalement, à l'absence de régionalisme, soit le multilatéralisme. Par conséquent en situation de régionalisme extrême comme en situation de multilatéralisme, sans tarif douanier, le

14

Intégration et relations commerciales

détournement de traficl est nul. Cette situation correspond donc au Inaximum de bien-être2. Il faut s'attendre à ce que l'apparition du régionalisme (2 ou 3 blocs) diminue le bien-être. Néanmoins, le nombre de blocs augmentant, la situation devrait tendre vers le niveau de bien-être qui correspond à un multilatéralisme inter-bloc, soit le Inaximum de bien-être. La relation du bien-être au nombre de blocs régionaux devrait adopter une allure de "courbe en U". Ce raisonnement suppose néanmoins qu'il n'existe pas de barrières "naturelles" aux échanges (coûts de transport nuls). Dans ce cas, la démonstration de Krugman (1991a) conduit à la conclusion selon laquelle le régionalisme diminue le bien-être. Le deuxième article de Krugman (1991b) contredit cette conclusion avec une hypothèse diamétralement opposée: s'il existe deux niveaux de coûts de transport, un niveau faible pour les pays voisins (continentaux) et un niveau très élevé ("prohibitif') pour les pays non-voisins (non-continentaux), alors la constitution d'unions douanières générerait peu ou pas de détournement de trafic parce que les pays auraient, naturellement, tendance à commercer avec leurs partenaires les plus proches géographiquement. En conséquence, le régionalisme constituerait une solution efficiente, puisque les échanges intracontinentaux seraient facilités sans qu'il y ait de réduction du commerce intercontinental (nul ou quasi-nul initialelnent). Ainsi, la distance, ou les coûts de transport, joue un rôle clé dans l'analyse de Krugman. Lorsque les coûts de transport sont faibles entre les membres de l'union, mais élevés vis-à-vis du reste du monde, les accords régionaux améliorent le bien-être puisqu'il n'y a pas de détournement de commerce. En revanche, lorsque les coûts de transport entre les pays membres et le reste du monde sont faibles, tout accord commercial régional écarterait les pays de l'optimum. Il
1 Il Y a détournement de trafic lorsque des producteurs à coûts faibles qui n'appartiennent pas à un bloc commercial sont remplacés par des producteurs à coûts élevés qui appartiennent à la zone commerciale. 2 S'il Y a détournement de trafic, les coûts de production (et donc les prix) s'élèvent et le surplus du consommateur se réduit plus que ce que le surplus des producteurs nationaux n'augmente, ce qui implique une perte sociale sèche au sens d'Harberger. Ce raisonnement suppose par exemple que le tarif douanier soit prohibitif.

Les déterminants

naturels de la coopération

commerciale

15

existe donc des facteurs naturels de la coopération commerciale entre les États. De là, les accords commerciaux peuvent être naturels ou non naturels (Frankel, 1993 ; Frankel et al., 1993). Un accord commercial sera dit naturel lorsque les seuls facteurs naturels (la distance, les coûts de transport, la taille des pays) permettent d'expliquer le commerce entre les nations3. Un accord commercial sera qualifié de non-naturel si la distance entre les pays est telle qu'il ne devrait pas y avoir d'échanges bilatéraux. Le propos de cet article est de montrer que ces conclusions doivent être nuancées. Les analyses de Krugman (1991 a et 1991b) et Frankel (1993) concluent que les accords de libre-échange devraient être restreints aux partenaires naturels. Seuls les pays situés dans la Inême région ou frontaliers auraient intérêt à former des unions douanières. Cette théorie repose sur deux hypothèses extrêmes: soit des coûts de transport nuls, soit des coûts prohibitifs4. Nous proposons de relâcher ces hypothèses ce qui permet de généraliser ces résultats. Dans un premier temps, nous établissons la relation qui existe entre la distance, la taille des pays et les flux commerciaux sous la forme d'une équation de gravité dérivée d'un modèle d'équilibre général international en nous inspirant de la démarche de Bergstrand (1985). Dans un deuxième temps, nous proposons d'analyser, suivant Frankel et al. (1993) une deuxième composante de la définition d'accords commerciaux, la demande de variété, qui nous conduit à vérifier la validité de la relation obtenue par l'équation de gravité: le flux des échanges est une fonction inverse de la taille des économies et de la distance entre les pays. Dans un troisième temps, nous dériverons de la fonction de bien-être obtenue les relations entre bien-être et intensité du régionalisme puis entre efficience du régionalisme et distance, pour des coûts intercontinentaux non-nuls et non-prohibitifs. Nos résultats confirment ceux de Frankel et al. (1993) sur l'existence d'une relation "courbe en U" entre bien-être et intensité du régionalisme et sur le caractère super-naturel de certains accords régionaux naturels. Si les coûts intercontinentaux sont positifs mais
3 Dans l'analyse de Frankel (1993), les blocs intracontinentaux sont naturels,

contrairement aux blocs intercontinentaux (de type Commonwealth ou Accord IsraëlÉtats-Unis). 4 Krugman imagine que les coûts de transport intercontinentaux sont prohibitifs, entravant donc tout échange entre les blocs continentaux.

16

Intégration et relations commerciales

non-prohibitifs, il existe une zone, dite super-naturelle, où le régionalisme diIninue le bien-être parce qu'il serait préférable d'échanger avec un pays éloigné. Là encore nos résultats confirment ceux de Frankel et al. (1993) et nuancent ceux de Krugman (1991a et 1991b) sur l'efficience du régionalisme réduit aux partenaires naturels. Enfin nous élargissons ces résultats en montrant que la taille de la zone dite super-naturelle augmente avec la baisse des tarifs douaniers. En conséquence moins les droits de douane sont élevés, moins les accords régionaux sont désirables. 2. ÉQUILIBRE GÉNÉRAL ET ÉQUATION DE GRAVITÉ L'existence d'une relation négative entre les revenus nationaux et la distance qui sépare les échangistes a depuis longtemps été repérée. Cette relation est généralement désignée comme "l'équation de gravité", en référence à l'expression de la physique traditionnelle. D'abord étudiée d'un point de vue empirique par Tinbergen (1962) et Poyhonen (1963), l'équation de gravité est justifiée par Linnemann (1966) en termes d'équilibre général. Ces contributions furent poursuivies par Anderson (1979), Bergstrand (1985, 1989) pour dériver l'équation de gravité des modèles de concurrence lnonopolistique. La présentation de Bergstrand (1985) utilise des préférences CES et elle dérive d'un modèle d'équilibre général international. Elle correspond à la définition du bien-être retenue dans cet article. Dans chaque pays j les conSOlnmateurs disposent d'une fonction d'utilité CES du type:
lip a N (1) U
.J
'=:

lia

IX
k=l k*l

P. kJ

+X~

JJ

.X

kj

(xjj )

est le montant de la demande de bien k par les

conSOlnlnateurs de j (respectivelnent la demande intérieure pour les biens domestiques de j).

Les déterminants naturels de la coopération commerciale

17
entre

.a

==

(Jl- 1)/ Jl , où Jlj est l'élasticité de substitution importables et les biens nationaux

(constante)

les biens

de j (0 ~ Jl ~ (0) et

p == (cr- 1)/ cr, où cr est l'élasticité de substitution (constante) entre les biens iInportables en j. Cette spécification permet de supposer que les deux élasticités diffèrent. L'équation (1) se simplifie en une
fonction CES standard si Jl == cr .

Les dépenses de j sont contraintes par le revenu:
N (2) y" J
==

L...JPEk"Xk" J J k=l

~

j == 1,

,N

avec:
(3) PEkj ==Pkj T kjCkj/Ekj

j == 1,

,N

Détermination

des équations

de demande

Pkj est le prix courant du bien composite produit en k, vendu sur le jièmemarché. Tkj est égal à 1 plus le droit de douane appliqué par j sur le produit de k (Tjj = 1). Ckj est le coût de transport pour
transporter le produit de k en j (C jj

= I).

Ekj est le taux de change

comptant de j à k(E jj avec k"* j .

= 1).

On notera },;" la somme de k = j, ... .., N,

En maximisant (1) compte tenu de (3) on obtient N(N + 1) conditions de premier ordre qui peuvent être résolues en N(N -1) équations de demande d'importations bilatérales (4) et N équations d'offre (5).

18

Intégration et relations commerciales
-(Jl-cr) -a

(4 )

X..

IJ

= l

rp
Eij

. cr-I/ cr ] p:-:-Ix:-FI-L"" L..J X kJ
JJ JJ

Jl(cr-I)

(5)

~"X. L.J

a-II a kJ

-

I-a pooa-I X oo ~ JJ JJ Jl [L.J "P Ekj

a-I

a P

En relnplacant

dans la contrainte, on obtient (6) et (7) :

(6)

X~
n

==

y. poo -Jl

J n

[[( L..J"P E~

~

I-a

)

I/(I-a ) ]

I-I-L + Pn ..1_1-L

-1

]

Pour j ==1,..., N
1 a-j.l 1 I-j.l -1
..1-j.l + PJJ

(7) X ~ y . p -a IJ == J Eij

f,,",

[

~

"

pI-a
Ekj

)1-a

]

L...J [(" "

p
Ekj

I-a p-a

~

[

]

]

Pour i, j == 1,..., N(i *- j) Détermination des équations d'offre maximisent la fonction de

Dans chaque profit: (8) TIj

pays i, les firlnes

==

L PikXik - WiRi
k=I

N

i ==l,

,N

Où Ri est le montant disponible de la seule ressource non transférable dans une année donnée en i (par exemple les heures de travail) qui perlnet de produire, Wi est la valeur courante en monnaie

Les déterminants

naturels de la coopération commerciale

19

de i d'une unité de Ri. R est alloué dans chaque pays selon l'élasticité constante de transformation (CET) :
I/Pj bj
8.

I/bj

(9)

Ri

=

fx~~
k=1

+ X." 11

k:;t:1

bi == (1+ Ei)/ Ei où Ei est l'élasticité de transformation (constante) en i entre les biens destinés au marché national et les biens i-I) destinés aux marchés étrangers (0 ~ Ei ~ (0) et f3i ==(<t> / <t> où <t> i i

est l'élasticité

de transformation

(constante)

entre les biens destinés

aux marchés étrangers (0~ <t>i ~ 00 ). Cette spécification permet de
supposer que les deux élasticités diffèrent. L'équation (7) se simplifie

en une fonction CES standard si J.!i== crj . On notera L' la somme de
k == N, k 7:-j . En substituant (6) dans (7) on obtient N2 conditions 1,...,
de premier ordre qui peuvent être résolues pour N(N -1) d'offre d'exportation bilatérale.
) -( <j>-E
I

équations

1

1
&= Pik l+cI> )1+cI>

1+E

-1

(1 0) x~

== YjPij<l>

[

&=' Pik

l+cI>)1+cI>

+

Pjj

IH

j

[[

j

1

Pour

i, j ==1,..., N (i 7:-j)
-1
+pool+E 11

( 11 )

X~ =Y'P..-E
1.1 .1 1.1

1/(1+<1»

1+10

LJ [[( ~'P'

1+<1»

Ik

]

j

Pour

i ==1,..., N

20

Intégration et relations commerciales Avec un seul facteur de production, le revenu national en i est

contraint par Yi Détermination

==

Wi R i

de l'équilibre

Soit N 2 conditions d'équilibres: (12)
. Xi )
.

== X.. 1.1 == X.. 1.1

o

0

Xij

est le volume de flux d'échanges effectifs entre i et j. Le

système présenté est un modèle d'équilibre général d'échanges internationaux avec 4N2 + 3N équations et variables endogènes. La forme réduite de ce modèle n'est cependant pas une équation de gravité puisqu'elle inclut les revenus des deux pays comme des variables exogènes. Nous allons lnaintenant voir comment une équation de gravité qui inclut les revenus nationaux en tant que variables endogènes peut être déduite de ce système. Une première hypothèse nécessaire consiste à supposer que les flux d'échanges entre i et j sont d'une faible importance relativement

aux autres N 2 - 1 Inarchés. Cette hypothèse peut être comparée à
celle de la petite économie ouverte, fréquemment utilisée en finance internationale où l'on suppose que les prix, taux d'intérêts et revenus étrangers sont exogènes. L'hypothèse du "petit marché" implique que les variations de P ij et X ij qui équilibrent X D ij et X 0 ij ont un impact négl igeable sur Yi>Yj , Pij, Pjj , L 'Pik 1+<1> "Pk/-cr. ,L Le systèlne d'équilibre général à 4N2 + 3N équations peut alors être considéré comme un système de N 2 sous-systèmes d'équilibres

Les déterminants

naturels de la coopération

commerciale

21

partiels de 4 équations à 4 variables (Xij, X~ X~ Pij) et de 3N ' ' contraintes. En combinant (7), (10) et (12), nous obtenons:
y.
-1 1 -a 1J
~ oo" T 1J-a E 1J-a (2: ' p 1k 1+$ 1+'1' (2: " PE kj l-a '
-

poo

1J

==

Y.Coo

J

)

$-E

) -a
-

a-~

1

(13)
(2: 'Pik

I+E

~
1-~

1+~ )1+~ + Pii I+E .

[
X.. IJ (14) l+E 1+~ (L Pik )1+~ + Pii
I

]
y. cry, {C..y..
-$crE..cr$ IJ ) IJ

[(2: "PEk/-a

)I-a
-cr($-E)

+ Pii

(I-Jl)

~+a

]

=

[

1

J ~ IJ

{~'P'

~

1k

l+$

)~

( "P E
~ Li

l-cr
kj

)~

$(cr-~)

I+E

-cr

1-~

-$ ~:~ + pi1-1l)

[

]
Pour i, j == 1,..., N (i :;t:j)

[

(L "PEk/-~ F

]

]

On opère ensuite le produit (13) x (14) pour obtenir PXij qui est la valeur du flux d'échanges de i à j. L'équation (15) est donc fondée microéconomiquement et déduite de l'équilibre général international.
(15) PXij = Yj ~ ~+/ + )-1 ~~+cr

(

) (

)

{CijTijEijta ~+cr
a-I ~+a[

(~+1 )

-(a-l)($-E) (L1Pt~ (l+~)(~+a) 1
$+1 ~+a

(L"ptja

)~i:~~::~~[

(L'Pt~

8

+ pA+E

r

(L"ptja

)~=~ + pt-Il r

L'analyse de l'équation (15) montre que le volume des échanges dépend positivement des PIB des pays et négativement de la distance

22

Intégration et relations commerciales

qui les sépare. Les conclusions de l'équation de gravité vont, toutefois, au-delà de ce principe. Reconnaître que la distance joue un rôle majeur dans les échanges internationaux a des conséquences plus itnportantes que la seule intégration des coûts de transport dans l'analyse des déterminants du commerce mondial. Certes, il est communément admis que les coûts de transport limitent la taille des lnarchés. Si les coûts de transport excèdent les écarts de prix, l'échange sera impossible. En effet, les forces d'attraction s'exerçant sur le commerce international ne modifieront pas seulement les volumes des échanges mais aussi leur structure, puisque la demande à laquelle doit répondre chaque nation se circonscrit à celle des pays proches. Les pays voisins sont donc considérés comme des extensions naturelles des marchés intérieurs. En d'autres termes, le commerce est intrabranche. Il faut donc envisager la deuxième composante des accords régionaux de commerce, c'est-à-dire la demande de variété. 3. DIFFÉRENCIATION DES PRODUITS, DISTANCE ET VOLUME D'ÉCHANGES Si les consommateurs expriment une préférence pour la diversité, tout accord commercial, régional ou multilatéral, devrait permettre d'augmenter le bien-être (Dixit et Stiglitz, 1977 ; Krugman, 1980). Dans ce cas, l'abaissement des barrières douanières accroît le bien-être des nations parce que le nombre de variétés disponibles augmente. Cette proposition peut être démontrée dans un cadre siInplifié. Dans une économie dotée d'un seul facteur de production, le travail, disponible en quantité L, de n variétés d'un même bien, une fonction d'utilité du type U = l: cf où 0 ~ 8 ~ l permet de spécifier
i=I
il

une préférence pour la diversité des produits. En effet, si la contrainte p, budgétaire est Y == ~iPici et que Pl == P2 ==...==Pi == on a : u == ~
8 +... +

[ n . Pi J

~
[ n . Pi J

8

=n

1-8 . Y

8 et

au
an

[ PJ

=

(1- 8) Y
n8 [ P J

8

Lorsque 8 == au / 8n == un accroissement 1, 0,
n'engendre pas un supplément d'utilité.

de la variété Les produits sont donc

Les déterminants naturels de la coopération commerciale

23

parfaitement substituables. Dans ce cas, les consommateurs n'accordent aucune importance au nombre de variétés et se soucient seulement de leur revenu réel (Yip). Lorsque e = 0 au I an > 0 , l'utilité est une fonction croissante du nombre de variétés, les consommateurs se préoccupent uniquement du nombre de variétés et non de leur revenu. Supposons que les coûts de production des firmes soient de la
forme: C(Xi)

= w.l j = wa

+ wf3xi,

où west

le salaire,

1j la quantité

nécessaire pour produire une unité de bien xi, wa un coût fixe et wf3 un coût variable. La condition d'équilibre sur le marché du travail s'écrit: L=Lili =Li(a+f3xi) ou encore L=n(a+f3xi). A court terme, la condition de maximisation du profit s'écrit p + xdp I dx = wf3, ou encore pi w = f3E I(E-1), où E est l'élasticitéprix de la demande d'une variété. L'élasticité-prix de la demande d'une variété étant de la forme E = -U' I(U"c)= -l(e -1), pl w se réécrit: p I w = J3 le. A long terme, les profits étant nuls, il vient

pl w = f3 + a I(Lc) ; soit
conduit à :
f3

f3

le =J3 + a I(Lc). Cette dernière expression
f3

= ea 1[(1-e)Lc]. En remplaçant
n=L(l-e)/a

dans la condition

d'équilibre du marché du travail, on obtient:

Deux enseignements peuvent être déduits de cette dernière équation. Premièrement, l'ouverture à l'échange international entre deux économies de taille identique équivaut à un doublement de L et induit donc un accroissement du nombre de variétés. De là, puisque l'utilïté est une fonction croissante de fi, la libéralisation du commerce améliore le bien-être du consommateur. Ainsi, tout accord de COlnmerce, parce qu'il accroît le nombre de variétés, constitue un pas supplémentaire vers l'optimum. Deuxièmement, si (1- e)1 a < 1, l'accroissement du nombre de variétés sera moins que proportionnel à l'accroissement de la taille du marché. Dans cette perspective, une réduction des coûts fixes a le même effet qu'une augmentation de la taille du Inarché.

24

Intégration et relations commerciales

Toutefois, les effets bénéfiques d'une libéralisation locale - ou régionale - des échanges ne seront effectifs qu'à la condition que les coûts de transport intercontinentaux (c'est-à-dire entre pays lointains) ne soient pas prohibitifs. Si leurs niveaux sont tels qu'ils entravent tout COInInerce avec les nations les plus distantes, une politique cOInmerciale discriminante ne détournera pas de trafic. Un accord de commerce régional alnéliorera le bien-être car le nombre de variétés consolnlnables augInente. En revanche, si les coûts de transport intercontinentaux sont nuls, un accord de commerce régional détourne le trafic vers l'intérieur de la zone et réduit le nombre de variétés. En conséquence, un accord régional diminue le bien-être. Ainsi, lorsque les coûts de transport sont nuls (respectivement prohibitifs), le régionalisIne n'est pas (respectivement est) une solution optimale. II faut aborder, à présent, le cas intermédiaire des coûts de transport non nuls mais non prohibitifs. Le Inonde est divisé en C continents cOInposés de N nations chacun. Les coûts de transport sont en "iceberg" (seule une partie des biens exportés arrivent à destination). Appelons a et b, respectiveInent, les coûts de transport intracontinental et intercontinental (0 :::; , b :::; ). Soit (1- a) la a 1 proportion de biens qui arrive à destination à l'intérieur d'un continent et (1- a XI- b) celle résultant d'un commerce entre des pays situés sur différents continents. Si les pays instaurent des droits de douane t5 sur leurs importations, le prix des biens importés d'un même continent, Pc,t et d'un continent différent, p nc,t, sont:
. P 1C ,t --+ -

_al, 1

p

Pt et P .NC t -

p (1 - a )(1 - b) est:

+ Pt

Le programme

du consommateur

n lnax. U ==LCi e
i=l s.c. W ==Lic PiC,tCiC + LiNC PiNC,tCiNC + pCiD

5 Prix hors coût de transport.

Les déterminants naturels de la coopération commerciale

25

Les p et c indicés en iC, iNC et iD représentent respectivement, les biens importés du même continent, les biens importés d'un autre continent, les biens fabriqués dans le pays. Étant donné que les préférences des agents sont identiques, il est possible de limiter l'analyse à un agent. La contrainte de budget peut être réécrite en fonction de ciD, on obtient:

C~D

=
[

(N -1)(PiC,t

(~ J
PIC,t

1/(1-8)

+(C-I)N(PiNC,t

(~

1/(I-e)

-1 +1

PINC,t

J

]

Ainsi ciD donne la consommation de variétés produites sur le territoire national. L'équation ci-dessus montre que le pays achète des biens aux (N-l) nations situées sur le même continent et des biens aux N autres pays situés sur les (C-l) continents restants. Si les recettes douanières sont entièrement redistribuées aux consommateurs, le prix des produits importés n'est donc plus PiC ,t mais (PiC ,t - t) :

De là, les rapports des consommations relatives peuvent être recalculés :
1/(1-S)

1 c * ==c* iC iD Ce qui donne:
1-

1/(I-S) . c * ==c* , iNC iD 1

[ P iC,t J

[ P iNC,t J

C*

iC

=

C*

a
a)t J

1/(I-S)

iD

( 1+ (1-

; C* C* iNC = iD ( 1+ (1- a)(1- b)t J

(1- a)(1- b)

1/(1-S)

Ainsi, lorsque les coûts de transport sont très élevés (a et/ou b tendent vers 1), la consommation de variétés étrangères tend à être nulle. Il s'agit de la première des conclusions du modèle de gravité: plus la distance entre les pays est importante plus l'échange sera faible. De fait, puisque les nations situées sur différents continents

26

Intégration et relations commerciales

échangent peu, le volume du commerce détourné sera faible. Un accord régional produira donc les lnêmes effets qu'une négociation lnultilatérale. Parallèlement sachant qu'en situation de libre-échange (absence de tarifs douaniers), la demande adressée aux produits intracontinentaux sera l/(l-a) et celle adressée aux produits intercontinentaux sera l/(l-a)(l-b), les delnandes relatives de biens intracontinentaux et intercontinentaux seront:
c~ O"ic,t== c;~

1

(1_a)8/(l-8)
= [1+(1- a)t ]]/(1-6) et O"iNC,t=

[(1-a)(1-b)P/(l-8) [1+ (1-a)(lb)t ]1/(]-6)

( 1- a J

QïC t et 0ïNC t représentent donc les volumes importés des pays appartenant au même continent et des pays situés sur d'autres continents. Une hausse des droits de douane a donc les mêmes effets qu'une augmentation des coûts de transport. A présent, le volume des échanges bilatéraux entre les pays i et j peut être déterminé. En adlnettant que les pays soient de taille similaire et que les balances cOlnlnerciales soient équilibrées, le volume des échanges bilatéraux sera égal au double du volume des échanges de i vers j. En conséquence, puisque le volulne des échanges bilatéraux est donné par la part acquise par le pays j dans la demande totale du pays i (égale à w.L), nous avons:
[VEB]*iC ==2 aiC,t WL

[ 1 + (N

-l)aiC,t

+ (C -l)NaiCN,t

)

[VEB lNC 1

aiNC,t
==

2

[ 1+ (N -l)aiC,t + (C -l)NaiCN,t )

WL

* [VEB] : Volurne d'échanges bilatéraux

Il s'agit cette fois de la seconde proposition contenue dans l'équation de gravité: la taille des pays affecte le volume des échanges, puisqu'il dépend positivement de wL. Les deux cadres, celui de l'équation de gravité et celui de la demande de variété sont donc comparables de ce point de vue. Il importe maintenant de lnesurer les effets de la lnise en place d'accords régionaux sur le bienêtre.

Les déterminants naturels de la coopération commerciale 4. ACCORDS COMMERCIAUX RÉGIONAUX ET ANALYSE DU BIEN-ÊTRE

27

Dans l'hypothèse où les agents disposent de la même fonction d'utilité et en utilisant les équations des consommations relatives, la fonction d'utilité devient:
8 8
+(N-l)«or

u= tc? =(C-l)N«or
i=I

~
( PiN~t )

l-B

( Pic,t )

~

l-e

+«or

U exprime donc l'utilité d'un agent lorsque aucun accord de libre-échange n'a été signé. De là, si les pays réduisent leurs droits de douane, l'utilité du consommateur s'accroît, puisque PiNCt et PiC t diminuent. Lorsqu'un accord de libre-échange est signé, les prIx relatifs sont modifiés. En intégrant les nouveaux prix dans le programme du consommateur, le niveau d'utilité pourra ainsi être évalué. Le problème de l'optimalité des zones d'échanges pose alors deux questions principales. Premièrement, sachant que le pouvoir de marché d'une région dépend de sa taille, existe-t-il un nombre optimal de blocs? Deuxièmement, les blocs formés entre des pays éloignés engendrent-ils, obligatoirement, une réduction de bien-être? C'est la réponse à cette dernière question qui permettra de juger de l'optimalité d'une politique régionale en matière d'échanges. 4.1. Nombre de blocs et bien-être Afin de juger des effets de la création des blocs sur le niveau de bien-être, il importe d'introduire une variable "nombre de blocs" que nous appellerons B. Il est possible de réécrire la fonction d'utilité COlnmesuit:
(1-8) 1 8 8

u=(~)

1+(B-l)(1+t)9-1

1+(B-l)(1+t)9-1

[

] [

]

Où B est le nombre de blocs.