La Croissance américaine ou la main de l'Etat

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Depuis vingt ans, l'insolente prospérité de l'économie américaine et la contre-performance européenne et française nourrissent le discours à la mode des " déclinologues " : à défaut d'imiter enfin le libéralisme et la flexibilité de l'Amérique, nous resterions durablement à la traîne. Il faudrait nous en remettre à la " main invisible " du marché, et amputer la main maladroite et sclérosante de l'État.


Or, ce diagnostic est un contresens total. L'auteur nous guide ici au cœur des politiques économiques américaines, et l'on découvre que la flexibilité ou le recul des régulations publiques ne sont pour rien dans une performance qui résulte, bien au contraire, d'une intervention massive de l'État qui soutient la croissance, promeut la recherche et l'investissement dans les nouvelles technologies et assure ainsi le plein emploi. On est à mille lieues de l'État minimal et du laisser-faire chers aux libéraux : toutes les interventions publiques interdites ou étroitement limitées dans l'Union européenne sont utilisées à volonté par les administrations américaines.


Avec une documentation imparable et dans un style limpide, l'auteur démontre que le déclin relatif de notre économie provient ainsi de l'abandon du " vieux " modèle keynésien européen que les Américains, eux, ont su préserver ! Mieux, il montre comment certains pays de l'Europe du Nord ont pu obtenir des performances comparables à celles des États-Unis, mais sans développer les folles inégalités qui caractérisent ces derniers. Notre " modèle social " de l'État-providence n'est donc pas en crise, c'est son abandon qui nous mène à la crise.



Alain Villemeur, ingénieur de l'École centrale et docteur en économie, est consultant et enseignant, après une carrière de cadre dirigeant à EDF. Il a notamment publié Réenchanter le monde (Éditions du Félin, en collab.) et La Divergence économique Etats-Unis / Europe (Éditions Economica). Il était aussi l'un des co-auteurs de l'ouvrage collectif La Raison du plus fort. Les paradoxes de l'économie américaine (Robert Laffont).




Publié le : jeudi 1 octobre 2009
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EAN13 : 9782021007640
Nombre de pages : 154
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La croissance américaine ou la main de l’État
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Du même auteur
Sûreté de fonctionnement des systèmes industriels Fiabilité, facteurs humains, informatisation Eyrolles, 1988
Réenchanter le monde Pour de nouveaux choix politiques contre le tout-économique (avec Didier Williame) Éditions du Félin, 1997
La Divergence économique États-Unis-Europe Economica, 2004
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A L A I N V I L L E M E U R
La croissance américaine ou la main de l’État
É D I T I O N S D U S E U I L e 2 7 , r u e J a c o b , P a r i s V I
Extrait de la publication
c o l l e c t i o n d i r i g é e p a r j a c q u e s g é n é r e u x
« é c o n o m i e h u m a i n e »
Par « Économie humaine», nous entendons exprimer l’adhésion à une finalité et à une méthode. La seule finalité légitime de l’économie est le bien-être des hommes, à commencer par celui des plus démunis. Et, par bien-être, il faut entendre la satisfaction detous les besoinsdes hommes ; pas seulement ceux que comblent les consommations marchandes, mais aussi l’ensemble des aspirations qui échappent à toute évaluation moné-taire : la dignité, la paix, la sécurité, la liberté, l’éducation, la santé, le loisir, la qualité de l’environnement, le bien-être des générations futures, etc. Corollaires de cette finalité, les méthodes de l’économie humaine ne peuvent que s’écarter de l’économisme et du scientisme de l’économie mathématique néoclassique e qui a joué un rôle central auXXsiècle. L’économie humaine est l’économie d’unhomme complet(dont l’individu maximisateur de valeursmarchandes sous contrainte n’est qu’une caricature), d’un homme qui inscrit son action dans le temps (et donc l’histoire), sur un territoire, dans un environnement familial, social, culturel et politique ; l’économie d’un homme animé par des valeurs et qui ne résout pas tout par le calcul ou l’échange, mais aussi par l’habitude, le don, la coopération, les règles morales, les conventions sociales, le droit, les institutions politiques, etc. L’économie humaine est donc une économie historique, politique, sociale et éco-logique. Elle ne dédaigne pas l’usage des mathématiques comme un langage utile à la rigueur d’un raisonnement, mais refuse de cantonner son discours aux seuls cas où ce lan-gage est possible. Au lieu d’évacuer la complexité des sociétés humaines (qui ne se met pas toujours en équations), l’économie humaine s’efforce de tenir un discours rigoureux inté-grant la complexité, elle préfère la pertinence à la formalisation, elle revendique le statut descience humaine, parmi les autres sciences humaines, et tourne le dos à la prétention stérile d’énoncer des lois de la nature à l’instar des sciences physiques. Le projet de l’économie humaine est un projet ancien, tant il est vrai que nombre des fondateurs de la science économique ont pensé celle-ci comme une science historique, une science sociale, une science morale ou encore psychologique. Mais ce projet est aussi un projet contemporain qui constitue le dénominateur commun de bien des approches (post-keynésiens, institutionnalistes, régulation, socioéconomie, etc.) et de nombreuses recherches (en économie du développement, de l’environnement, de la santé, des institutions ; en économie sociale, etc.). Nous nous proposons d’accueillir ici les essais, les travaux théoriques ou descriptifs de tous ceux qui, économistes ou non, partagent cette ambition d’une économie vraiment utile à l’homme. Jacques Généreux
ISBN 978-2-02-091479-6
© ÉDITIONS DU SEUIL, JANVIER 2007
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c h a p i t r e t c h a n g e rà c
À Danièle Van-De-Velde et à Marie-Dominique qui ont eu le grand mérite de taper ces pages
Aux premiers lecteurs, Françoise et Paul Grolleau et Didier Williame, dont les exigences de forme et de fond ont grandement contribué à améliorer cet ouvrage
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t c c h a p i t r e à c h a n g e r
Introduction
En ce début de nouveau siècle, l’économie américaine affiche un insolent dynamisme après un effondrement boursier (2000 -2001) digne de celui de la grande crise de 1929. Pendant ce temps, la France et l’Europe sont à la traîne avec une croissance deux fois plus faible! Un tel dif-férentiel de croissance est une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais tous les autres fondamentaux (emploi, productivité, etc.) sont à l’unisson et ce depuis le début des années 1990, cette décennie de rêve pour les États-Unis! Sur l’autre rive de l’Atlantique, le quasi-plein emploi et une productivité en hausse devraient rendre l’Américain deux fois plus riche que le Français ou l’Européen d’ici trente ans, alors que le chômage de masse et la stagnation du pouvoir d’achat sont le lot de la France et d’une partie majeure de l’Europe. À l’heure de la mondialisation et de la liberté des échanges, de telles différences de performances dans la durée constituent une véritable interrogation. Les dirigeants européens voient dans le succès américain la victoire indis-cutable du libéralisme, plus précisément du néolibéralisme, sa forme actuelle accouchée dans la foulée de la crise du pétrole et de l’inflation des années 1970. Ce nouveau libéralisme a alors prôné l’État minimal, le tout marché, les vertus de la concurrence pure et parfaite, la flexibilité à outrance et l’indépendance de la banque
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centrale. L’Amérique est censée être une économie libé-rale exemplaire; le dynamisme économique et le plein emploi en seraient les récompenses. Il vaut donc la peine de s’appesantir sur cette conception du tout marché et de sa «main invisible» canalisant tous les égoïsmes vers le bonheur économique, conception qui imprègne tant les esprits des dirigeants européens et qui les inspire, aussi bien dans leurs politiques nationales que dans la construction de l’Europe. Je soutiens que cette vision angélique et naïve d’un libé-ralisme américain proche de la perfection ne résiste pas à un examen détaillé des politiques économiques des États-Unis et que la réalité concrète est à mille lieues de ce conte. Il est urgent de lever le voile qui nous masque complète-ment les véritables ressorts du dynamisme américain. La surprise est au rendez-vous! Les faits mettent en évidence la main visible… d’un État omniprésent et patriotique qui compense les nombreuses défaillances du tout marché. Ainsi, on est aux antipodes d’un État minimal adepte du «laisser-faire» et Keynes est toujours la référence sous-jacente de la politique améri-caine, à l’image de la dernière relance budgétaire, sans équivalent dans une Europe bridée par le Pacte de stabilité et de croissance. On conviendra que ce diagnostic est d’importance pour une France et une Europe à la recherche d’un second souffle. Car, si cette conception du libéralisme contempo-rain n’est qu’un masque aux États-Unis, alors que c’est une réalité économique déployée en Europe, ne tiendrait-on pas là une source majeure de la divergence économique entre les États-Unis et l’Europe? Cet ouvrage se propose de démasquer la véritable poli-tique économique américaine et de dévoiler la vérité sur les
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moteurs de la croissance et de l’emploi. Un changement de paradigme est au bout du chemin et les Européens seraient bien inspirés de l’adopter.
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