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Robert Nardone La culture scientifique et technique à 24 images/seconde © Éditions Matériologiques, 2012 materiologiques.com
[chapitre 1] Définitions : culture, sciences, techniques, cinéma
« LE CINÉMà COMME vECTEUR dE dIFUSIONa cuture de scïenique et technïque. » Dans ’ïntué, ï y a deux corps 1de termes : ï) cïnéma et ïï) cuture scïenique et technïque (CST). Quatre mots quï sont entrés dans e angage courant depuïs sï ongtemps qu’ïs ne devraïent pas,a priori, poser de probèmes parcuïers d’usage et de compréhensïon. Cependant, chacun des termes recouvre des objets très proches, maïs bïen dïsncts. Cïnéma, cuture et technïque peuvent être ïndïéremment empoyés pour ïndïquer une pare (mïcro) aussï bïen que pour désïgner e tout (macro). Anodïne synecdoque et banae promïscuïté quï rïsquaïent d’en faïre des ous ïmprécïs se contamïnant ’un ’autre, ou d’aourdïr ïnuement e texte ain d’évïter de nom-breux contresens. Quïe à enfoncer des portes depuïs tant de temps ouvertes, ï m’est apparu ïndïspensabe de bor-ner es déinïons. Cees sur esquees je me suïs arrêté ne
1]« Vecteur de dïusïon quï ïe es deux corps de termes » est empoyé ïcï dans e sens de transporteur, bïen qu’en ’oc-currence, e terme de médïum – pus passïf – eût été pus pernent pour décrïre a manïère dont a CST est massïve-ment dïusée.
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sont évïdemment pas excusïves et n’ïnvaïdent en rïen es autres ; ees m’ont tout bonnement paru constuer un cor-pus cohérent par rapport à mon sujet et en même temps déïmïter avec e pus d’exactude possïbe e cadre concep-tue dans eque j’aï choïsï d’opérer.
Le cinématographe Cinémadésïgne aussï bïen un dïsposïf technïque, maté-2 rïe et narraf qu’un ensembe ïndustrïe, producteur et dïstrïbuteur de ims, avec ses studïos, ses saes, ses stars et ses récompenses. Cee ïndustrïe est sï puïssante sur e pan économïque que es motsilmetcinémase confondent 3 avec ee . « Le cïnématographe est devenu cïnéma en s’engageant 4 dans a voïe narrave . » Au contraïre, tout au ong de cee étude, j’uïseraï putôt es termesilm de cInémaou ciné-matographepour désïgner e doube dïsposïf technïque – matérïe et mode narraf – sans dïsncon de catégorïe, de genre, de format ou de moyen de dïusïon.On peut aussï étendre aux ims dïusés sur e web ce que e cïnéaste George Freedand dïsaït de a téévïsïon, « qu’ee étaït en 5 somme du cïnéma parant à domïcïe »et en tout ïeu. Spots pubïcïtaïres, cïps musïcaux, reportages et documen-taïres, journaux téévïsés, retransmïssïons sporves, émïs-sïons de varïétés,talk-show, soïrées éectoraes – ques que soïent eur durée, eur message et eur mode de dïusïon – sont autant de ims de cïnéma narraf.
2]Cf. chapïtre 6. 3]Le termetéléilm– im de cïnéma produït et dïusé par a téévïsïon – n’a qu’une vaeur jurïdïque, pas esthéque. Même orsqu’ï est uïsé pour jusier a médïocrïté de a producon. 4]Edgar Morïn,Le Cinéma ou l’homme imaginaire, édïons de Mïnuït, 1956. 5]Georges Freedand, « Téécïnéma. Essaï sur a syntaxe de La culture scIentIique et technIque à 24 Images/seconde a téévïsïon »,La Revue du cinéma, n° 19-20, 1949.
I n’est pas queson ïcï de rendre compte de ’énorme ïérature savante dont e cïnéma est ’objet depuïs Béa Baàzs jusqu’aux tentaves théorïques de Chrïsan Metz. Nï de ravïver a controverse du cïnéma comme angage. Pour ce quï nous occupe, ï suît de rappeer qu’un im de cïnéma produït un sens ïéra sïnguïer, « un tout 6 organïque dans eque art et angage se confondent ». Le sens se construït au i des pans et des séquences avec des mots et des sons.Avec ses ous propres, ï déveoppe une ïnteecon cohérente quï, en aucun cas, ne sauraït se réduïre à sa seue dïmensïon angagïère. Que nous dït un 7 im de cïnéma orsqu’ï uï manque a paroe ? La réponse se trouve dans une combïnaïson, quï uï est spécïique, d’ééments technïques constufs. En tout premïer ïeu ces 24 ïmages photographïques par seconde dont e déiement est créateur d’ïusïon de réaïté et quï de faït ’éoïgne paradoxaement de a photographïe. Maïs aussï et surtout ce substrat matérïe quï rend possïbe sa narravïté : pans, séquences, mouvements de caméra, champs, hors-champ,
6]Jean Mïtry,Esthéîque et psychologIe du cInéma, tome 1, Édïons Unïversïtaïres, 1963. Dans cee étude, Mïtry tente de déinïr e cïnématographe comme un angage et com-pare e cïnéma à a poésïe (p. 65 à 104). Bïen que ce dïsant embarrassé par ’usage d’un vocabuaïre propre à a ïnguïs-que, Chrïsan Metz ne peut qu’approuver cee tentave (EssaIs sur la sIgnIicaîon au cInéma, Édïons Kïncksïeck, 1975, tome II, chapïtre 1 et chapïtre 4). 7]Les douze premïères mïnutes desVacances de M. Hulotsont un modèe du genre. Ta y détruït ’arcuaon et a syntaxe en ne gardant des mots et des phrases que eur sonorïté. Voïr aussï a pupart des ims de Pedro Costa où a paroe est rare. Le cïnéma dït muet ne ’est pas vraïment. I estsilent movie, maïs ï cause par cartons ïnterposés et par force mïmïques. Dans ses cours à ’EPHE, Marc Ferro enseïgnaït comment décrypter a propagande contenue dans es ims pourtant muets du cïnéma sovïéque des débuts de a révouon.
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ChapItre 1 : DéinItIons : culture, scIences, technIques, cInéma
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profondeur de champ, poïnt de vue (axes, cadres, focaes, umïères), raen, accééré, lash-back, rapport de coueurs, décor et usage des décors, costumes, rapport son/ïmage, etc. Enin par a posture éthïque/esthéque 8 du cïnéaste dans e rapport qu’ï entreent à son ou . La médïocrïté de a réaïsaon n’entre pas en ïgne de compte. I y a des ims ïnteïgents et des ims d’une grande sose. Et paradoxe ume, des ims cïnématographïquement ïnteïgents peuvent s’avérer d’une grande sose et 9 inversement.
La culture Le motculture désïgne troïs ensembes dont Le Robert (2001) donne es déinïons suïvantes : « A) Ensembe des connaïssances acquïses quï permeent de déveop-per e sens crïque, e goût, e jugement. B) Ensembe des aspects ïnteectues propre à une cïvïïsaon, une naon. C) Ensembe des formes acquïses de comportement, dans es socïétés humaïnes. »
8]» (Jacques Rïvee,traveïng est aaïre de morae  « Un à propos deKapoDe ’abjec-Gïes Pontecorvo, dans «  de on »,Cahiers du cinéma, n° 120, juïn 1961, p. 54-55). 9]cïnéma de Jean-Luc Godard est un bon exempe Le pour ïustrer ce phénomène. Voïà une œuvre ïnvenve, constamment novatrïce, d’une puïssance pasque et poé-que extraordïnaïre, maïs porteuse d’un dïscours ïéra sur es aaïres de a cïté, quï, pour rester poï, peut aïsser son-geur. Au ina, ces deux dïscours se contamïnent ’un ’autre et n’en font évïdement qu’un seu. Chez Godard, c’est cee tensïon extrême – entre son ïnteïgence cïnématographï-que et ses poïnts de vue sur e monde – quï rend son cïnéma aussï fascïnant qu’ïrrïtant. Les pateaux de téévïsïon furent jadïs frïands de ce Godard-à quï cause, quï est « rïgoo », quï est pus maïn et pus in que ses ïnterocuteurs, maïs sans aucun ïntérêt. Son seu ïntérêt échappant à ceux-à mêmes La culture scIeqnutïIi’qïnuteeertvïteecwhanïIeqnute.à 24 Images/seconde
La premïère déinïon concerne putôt e déveoppe-ment personne de ’ïndïvïdu. Dans ce quï nous occupe, cea correspond à a vugarïsaon scïenique et technïque. Les deux autres, ïnuement séparées, outre qu’ees com-prennent cee-à, déinïssent ce quï caractérïse une socïété humaïne à un moment donné de son hïstoïre. Ain d’éta-bïr e nécessaïre ïen avec es scïences et technïques, c’est dans cee accepon anthropoogïque que je ’uïseraï. « La cuture est ce tout compexe quï comprend a connaïssance, es croyances, ’art, a morae, e droït, es coutumes et es autres capacïtés ou habïtudes acquïses par ’homme en tant 10 que membre de a socïété . » Cee déinïon de a cuture 11 a servï de base à cee, pus détaïée, de ’Unesco : « Dans son sens e pus arge, a cuture peut aujourd’huï être consï-dérée comme ’ensembe des traïts dïsncfs,spirituels et matérïes, ïnteectues etaecfs, quï caractérïsent une socïétéun ou groupe socïa. Ee engobe, outre esarts et leseres, es modes de vïe, es droïts fondamentaux de l’être humaïn, es systèmes de vaeurs, es tradïons et les croyances. » Grossïèrement, on peut réduïre a constuon d’une cuture à troïs ééments nécessaïres et suîsants. 1) La technïque : a chasse, e abour et e chant, aussï bïen que e Rafae, es pantes généquement modïiées et e rock’n’ro ; ’organïsaon socïae, e cïnématographe ou ’écrïture d’un roman. 2) Legestus ouhabitus: ensembe des manïères codïiées entre es ïndïvïdus pour se parer, se dïre bonjour, se vêr, se nourrïr, s’aïmer ou se bare, etc. 3) Le dïscours:a façon de dïre e monde ; es mythes, es reï-gïons, es ïdéoogïes, es scïences.
10]Edward B. Tyor,La CIvIlIsaîon prImIîve[1871], traduc-on françaïse, Reïnwad, 1876-1878. 11]mondïae sur es poïques cuturees, Conférence Mexïco, 1982.
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ChapItre 1 : DéinItIons : culture, scIences, technIques, cInéma
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