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La faillite des cadres et intellectuels africains

De
329 pages
Depuis l'ère de l'esclavage, du colonialisme jusqu'à nos jours, l'intellectuel africain réfléchit mais n'a pas encore trouvé la solution définitive à sa misère. Il faut réfléchir sur les maux de ces intellectuels, éclairer les uns et les autres, afin que des réformes soient entreprises dans le but d'épanouir les Africains et de mieux les outiller pour relever les défis. Ainsi, après avoir décrit comment les puissances étrangères anéantissent et cherchent à contrôler l'Afrique, cet ouvrage analyse les problèmes de ces intellectuels.
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La faillite des cadres et intellectuels africains

(Ç)L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.)ibrairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo. fr diffusion.hanllattan@wanadoo. fr ISBN: 978-2-296-06] 45-3 EAN : 9782296061453

Roland Ahouelete Yaovi HOLOU

La faillite des cadres et intellectuels africains

L'Harmattan

A Donia France Lala et à tous ses amis, je dédie ce bouquin.

Aux orphelins, aux affamés et à tous ceux qui ne peuvent faire entendre leur voix dans le monde entier, je dédie cet ouvrage.

Aux intellectuels qui, sans avoir lu à fond cet ouvrage, vont tirer leur propre conclusion juste à partir du titre, je dédie ce livre.

A tous mes chers d'Afrique, veuillez trouver ici l'expression de mes souvenirs.

Photo de couverture: Lac artificiel à Portageville @ 2008 Roland A Y HOLOU. OUVRAGES DU MEME AUTEUR Pourquoi l'Afrique pleure et s'enfonce? : les vraies causes et solutions de la misère africaine. Editions Trafford. Victoria, BC, Canada. ISBN: 9781425121587. Pour en savoir plus ou pour commander ce livre, visiter: www.trafford.coml07 -0560. Le Bûching et le développement en Afrique. Edition COMAFRIC (Première édition). Cotonou, Bénin. Dépôt légal: N° 3298 du 22 mars 2007 Bibliothèque Nationale 1er Trimestre Porto Novo, Bénin. ISBN: 97899919-62-05-4. La Sorcellerie et le développement en Afrique (sous presse ).

AVANT-PROPOS

Les pays catalogués de développés doivent cesser d'anéantir ceux qui sont dits sous-développés (Gaglozoun).

OBJECTIF DE CE LIVRE

Bien que l'Africain soit intelligent, l'intellectuel africain ressent des turbulences au sein desquelles il pense pour retrouver l'équilibre. Depuis l'ère de l'esclavage, du colonialisme, jusqu'à nos jours, l'intellectuel africain cogite mais n'a pas encore trouvé la solution définitive à sa misère. Des études ont été consacrées au développement de l'Afrique certes, mais sur le plan mondial, peu de travaux approfondis se sont penchés sur comment l'inadéquation de la formation et les mentalités erronées des Africains bloquent le progrès du continent noir. Par exemple, beaucoup de voix ont décrié les carences des cadres africains, mais peu sont arrivées à détecter le fond du problème. Nombreux sont ceux qui continuent à jeter tout le tort de la misère africaine sur les Blancs, tout comme si les Africains eux-mêmes étaient innocents dans cette affaire. Mais à vrai dire, le gros du problème du continent noir se trouve dans la tête et les mains de ses intellectuels. En réalité, les Africains ont livré et continuent à livrer leur continent. Dire que les cadres et intellectuels ont failli n'est pas une raison pour leur faire porter toute la responsabilité de la misère africaine. Dans mon livre intitulé Pourquoi l'Afrique pleure et s'enfonce, j'ai abordé les problèmes des intellectuels africains. Au nombre des causes de l'incompétence de ces cadres, la culture du diplôme et le suivisme ajoutés aux mentalités erronées occupaient une place de choix.

Bien que certains paramètres influençant l'acquisition de la connaissance aient été étudiés, très peu de travaux scientifiques ont approfondi le lien direct existant entre le développement et le bûching (mémorisation mécanique sans bonne connaissance et application du contour de l'objet mémorisé). Il est alors convenable de réfléchir sur la question de l'incompétence de ces cadres à trouver le chemin de la prospérité du continent noir, d'éclairer les uns et les autres, afin que des réformes soient entreprises dans le but d'épanouir les intellectuels et mieux les outiller pour relever les défis les attendant. C'est pour combler cette insuffisance de données que le présent livre a pour but de montrer en détail les causes et les manifestations du bûching au niveau des diplômés africains, et son impact sur la qualité des cadres formés, notamment leur capacité à lancer l'Afrique sur le bon chemin. Ainsi, après avoir démontré comment les puissances étrangères intoxiquent, anéantissent et cherchent à contrôler l'Afrique, ce livre pointe du bout des doigts la responsabilité des intellectuels africains dans le développement de leur continent. Le présent livre contribue à approvisionner des données clés, indispensables à la formulation de politique de développement en Afrique et ailleurs. Ainsi, des suggestions ont-ils été conséquemment faites pour améliorer les niveaux de développement défaillants. Entre autres, il s'agit des reformes des systèmes éducatifs, de la culture de la réflexion constructive, le rejet de l'automatisme, la gestion du temps, la lutte contre les dérives éthiques, la promotion de l'originalité des travaux, de l'excellence, des pensées et des méritants, la lutte contre le négativisme et le statu quo, bref le changement des mentalités et la meilleure gestion des cerveaux. L'éventail de goulots d'étranglements décrit dans ce livre n'est pas seulement spécifique à l'Afrique. Presque 12

tous les pays du monde semblent avoir en partage de nombreux traits, mais à des degrés divers. Ce livre n'a pas pour ambition de révéler les défauts des ressources humaines africaines, ni de dénigrer les valeurs intellectuelles d'Afrique, ni de brandir les tares des sociétés africaines. Il ne se veut non plus un bouc émissaire dans la tuerie qui se trame contre les pays africains qui luttent déjà pour l'émergence. Il ne vise non plus à rendre les gens pessimistes, ni à jeter de la peur dans les coeurs, mais plutôt à aider à mieux comprendre la réalité africaine pour mieux affronter le mal. Contrairement aux livres qui ont souvent prescrit des solutions sans percer les causes, ce document se veut pour rôle de creuser l'analyse des maux des intellectuels africains. Plus nous comprenons la cause de nos problèmes, plus nous serons enclins à trouver et à appliquer les solutions, si nous voulons. Ainsi, ce livre analyse les éléments clés du nœud du problème des diplômés africains. Par-dessus tout, il convient de souligner que notre préoccupation, loin d'être une totale remise en cause de la qualité des cadres africains ou de la formation donnée dans les universités africaines, est de contribuer à améliorer les performances. Ce livre est aussi un bon guide pour n'importe quel étudiant sur comment il peut apprendre à devenir un cadre compétent et non un perroquet. Ce n'est pas parce que tout l'étendard de mes réflexions et analyses ne serait pas salué par tout le monde que je vais feindre de le diluer. Sur cette base, je vais exprimer exactement ce que je pense de la situation africaine, Africain de père et de mère que je suis, espérant que ce que mes yeux ont vu, mes oreilles entendu, mon entendement sondé pendant mes 33 années de combat sur cette terre pourrait servir à quelque chose.

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Enfin, il convient de souligner que j'ai commencé la rédaction de ce livre quand j'avais 20 ans et il a fallu 13 ans (1995-2008) pour que ce produit final sorte.

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DEFINITION ET CARACTERISTIQUES L'INTELLECTUEL AFRICAIN

DE

Approché avec le dictionnaire Le Robert, l'intellectuel est la personne chez qui prédomine l'activité intellectuelle, c'est-à-dire celui qui a la capacité et un goût prononcé pour les choses de l'intelligence et de l'esprit. Pour plus de précisions, Nangor (1999) était remonté au Ve siècle avant Jésus-Christ pour entendre Platon, dans la théorie des idées, déclarer intellectuel celui qui, partant du monde intelligible, c'est-à-dire celui des idées, est capable d'agir positivement sur le monde sensible, c'est-à-dire celui de la matière. En d'autres termes, est intellectuel l'homme ou la femme qui, face à une situation donnée, a la capacité de proposer une solution valable à partir de sa propre réflexion. Ainsi appréhendée, la qualité d'intellectuel n'est pas exclusivement subordonnée au poids des diplômes acquis. Pour Jean Paul Sartre, « L'intellectuel est celui qui refuse d'être le moyen d'un but qui n'est pas le sien. Il est donc celui qui récuse l'injustice et l'illogisme. Ayant pris conscience de la valeur de l'être humain, il est tout simplement un défenseur de l'Homme, un militant du progrès ». L'intellectuel est aussi vu comme celui qui crée et diffuse le savoir grâce à son activité cognitive. GBUAF (1999) a amplement débattu la question lors de son Congrès Panafricain portant sur l'intellectuel africain et l'évangile. Dans les paragraphes à suivre nous allons faire

la revue de leurs idées. En effet, l'intellectuel est une femme ou un homme créé à l'image de Dieu, doué de sagesse et de compétences pour toute sorte d'ouvrages. La sagesse est cette intelligence analytique qui appréhende, qui cherche à comprendre une réalité donnée par un procédé mental, systématique, qui peut être vérifié par d'autres, si on sait le système qui a été suivi dans la réflexion. C'est l'intelligence dans une situation donnée pour qu'il y ait épanouissement de l'environnement. En d'autres termes, c'est l'intelligence en pratique. La paternité intellectuelle appartient à Dieu. L'intelligence et la sagesse sont aussi considérées comme des dons. Il serait alors grave de vouloir associer l'intelligence à une race ou à une couleur donnée. C'est faire preuve de racisme et d'ignorance absolue que de déclamer le contraire. A croire Descartes, la raison ou le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. En fait, selon ce philosophe français, la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux est naturellement égale en tous les hommes; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. L'Africain est intelligent! Par exemple, la Bible déclare que les intellectuels viennent de l'Afrique. En effet, l'intellectuel africain a existé, existe et existera encore. Les pyramides égyptiennes démontrent l'intelligence de l'intellectuel africain depuis de vieilles dates. Ces pyramides continuent à fasciner les hommes depuis des millénaires. Les touristes accourent de par le monde entier

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pour contempler et s'émerveiller de cette intelligence sur le sol africain. Bien que les critères et niveaux de développement varient d'un continent à un autre, l'excellence académique sur le continent noir n'est pas des moindres. L'histoire nous enseigne que de grands savants africains avaient existé, et existent encore de nos jours, même si on ne veut pas les écouter et qu'on fait tout pour les anéantir. Dans l'Antiquité, l'Egypte était le centre du savoir. La Bibliothèque Royale d'Alexandrie en Egypte était la plus grande au monde. L'intelligence fignolée, analytique existe sur le continent africain. Dans les universités africaines, il y a des cracks capables de disséquer des réalités et des vérités, etc. Mais ces cerveaux ont des problèmes particuliers que nous aborderons plus loin. En fait, l'intellectuel africain ressent une turbulence au moins à quatre niveaux: sur le plan politique, économique, spirituel et social. Il y a de grandes turbulences que l'intelligence de l'intellectuel africain est en train de penser pour retrouver l'équilibre, la vie; parce que ce qui déferle sur le continent, de l'extérieur comme de l'intérieur, c'est le remous de la «mort ». Que de casse-tête pour l'intellectuel africain! Le diplômé africain est celui-là qui est allé à l'école des Blancs, celui-là qui ne réfléchit pas dans sa propre langue, mais dans les langues étrangères. Il n'est pas libre quand il parle ces langues que les colons ont rendues officielles pour le travail. Il n'est pas libre dans sa pensée, ni dans ses actions. Il est colonisé même dans la réflexion. Selon GBUAF (1999), l'intellectuel africain est un homme ou une femme dépassés par les problèmes culturels 17

de son pays. Les étudiants ivoiriens l'appellent un homme ou une femme énergétisés. Energétisés, parce qu'il ou elle représentent un clan, une famille élargie, parce qu'on les a aidés à avoir des diplômes pour qu'ils puissent non seulement prendre soin de lui- ou elle-même, mais d'abord prendre soin des parents. A cause de cela, cet intellectuel africain est dépassé par des problèmes socio-culturels, etc. La culture africaine est une grande université qui ellemême opprime parfois ceux qui ont fait leurs études dans les universités de l'écriture. Par exemple, alors que vous êtes malade, les gens disent d'aller à l'hôpital, la culture africaine peut amener l'intellectuel à penser à celui qui est derrière cette maladie. Qui a permis à cette maladie d'épargner Fofovi (le petit frère) pour aller attraper Fofogan (le grand frère)? Certainement, Fofogan étant plus grand et évolué que Fofovi, il a de fortes chances d'être attaqué en premier lieu. Là où la culture occidentale pose la question «quelle maladie? », l'intellectuel africain est tenté de se demander «qui est derrière cette maladie? ». L'un dit « quoi? », l'autre dit « qui ». Et pourtant, ils disent la vérité! Nous avons alors besoin du réveil pour que la plénitude de l'esprit touche l'intelligence qui analyse en étant sensible à tous les éléments. L'intellectuel africain vit dans un contexte de violence inouÏ. Beaucoup d'hommes meurent non seulement à cause du Sida, de la famine, des guerres, mais à cause de la violence souvent organisée et commanditée de l'extérieur par les Grands! Par exemple, les années 1990 ont hébergé de grandes violences inoubliables sur le continent. A croire Sankara, «Chaque fois qu'un pays africain achète une arme c'est contre un Africain ». Et pourtant, ce sont des intellectuels qui agissent. Les hôpitaux deviennent 18

des mouroirs. Quand vous êtes victime de vol et voulez être aidé, allez à la cour: le voleur en sort indemne. Sur le plan spirituel, l'enjeu est grand. Que de morts à cause d'une appartenance religieuse! La spiritualité est dans une grande turbulence que l'intelligence cherche à maîtriser. Ces turbulences engendrent de grands mouvements de populations. Parfois il y a un grand contraste, une grande dichotomie polaire entre l'analyse mentale et les réalités de vie des intellectuels. Que dirionsnous des intellectuels qui, pour des raisons de tribalisme, se retrouvent en forêt? Depuis l'ère de l'esclavage, du colonialisme, du néocolonialisme, jusqu'à nos jours, où nous parlons de la mondialisation, de la globalisation, etc., l'intellect de l'intellectuel africain cogite mais n'a pas encore trouvé la solution définitive à sa misère. Les turbulences politiques sont énormes et mieux abordées plus loin dans ce livre. L'Afrique n'est pas encore indépendante, et elle attend vivement ses intellectuels. Pour finir, soulignons que les intellectuels africains ne sont pas les seuls dans le besoin de renouveler leur pensée, car tous les êtres humains ont besoin de le faire devant la « Vérité Divine ». En raison du libre arbitre, chaque être humain décide de la direction qu'il veut suivre. Mais le jour vient certainement où toutes les intelligences seront jugées. Les caractéristiques de l'intellectuel africain sont davantage amplement abordées dans les chapitres ultérieurs. Pourquoi l'Afrique pleure et s'enfonce a déjà décrit l'Afrique ellemême.

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L'ETAT DE L'AFRIQUE ET DE SES INTELLECTUELS

Pour trouver la solution durable à la misère africaine, ilfaut une révolution des intellectuels Africains avertis (Holou, 2007b).

LE PROBLEME DES INTELLECTUELS AFRICAINS

Sans mentir, l'Afrique a de sérieux problèmes: problèmes avec ses propres fils et filles, mais aussi problèmes avec les puissances extérieures pour briser le cocon de la misère dans lequel elle s'est retrouvée. Pour qui est averti, l'Afrique est dans des tenailles internationales et locales qui ne disent pas leur nom et qui semblent durablement la maintenir dans la souffrance. Et pour arriver à briser ces jougs qui semblent s'endurcir de jour en jour, il lui faut des intellectuels forts. Cette force n'est pas dans le bavardage et les théories livresques, ni dans l'égoïsme et la recherche de défense d'intérêts personnels, mais plutôt dans la capacité à poser des actes pratiques, concrets et positifs devant libérer les peuples. Malheureusement, les Africains pouvant faire de grandes choses pour le développement du continent noir, surtout ceux qui ont eu le culot de parler haut, sans maquillage diplomatique, se sont retrouvés face à des Géants qui n'ont trouvé mieux que de les inscrire sur la liste des peu écoutés, des bafoués, des rejetés, des bloqués, des peu promus, des recherchés, voire la liste des assassinés. Que dirions-nous du sort qu'ont connu les Thomas Isidore Noël Sankara, les Osagyefo Kwame NKrumah, les Patrice Émery Lumumba, les Sylvanus Epiphanio Olympio, les Boubacar Telli Diallo, etc. De nos jours, beaucoup de ces coups continuent de se passer. Lorsqu'on n'arrive pas à déterrer le baobab, on élague ses

branches: tel est le cas de ceux qui perdent leurs bras droits en Afrique. Tout porte à croire que les Occidentaux ne veulent pas voir les Noirs progresser. Tout récemment, il paraît qu'il y a un guérisseur béninois, du nom de Philibert Cossi Dossou- Yovo Antonio, qui aurait découvert un remède contre le Sida. A croire les dires de ce tradithérapeute, parce que les Blancs lui auraient demandé la formule et la composition de ses médicaments et qu'il aurait refusé, ils (les Blancs) tentent de le tuer. Il aurait déjà échappé à plusieurs assassinats contre sa personne. Non seulement les exemples de ces genres de coups foisonneraient à n'en finir s'il fallait oser en citer, mais surtout la précision du nom des auteurs serait fort risquer sa vie! Malheureusement, le cri du cœur des intellectuels africains qui disent la vérité n'est souvent pas entendu, mais aussi le relais manque. Les intellectuels africains qui tentent d'émerger finissent soit par démissionner, soit par dévier de leurs idées originelles. Ils ne peuvent pas survivre dans le système s'ils ne changent de comportements. Les exceptions sont rares. Il s'ensuit un manque d'originalité tant de la part de ceux qui sont au pouvoir que de la part ceux qui sont dans l'opposition. Ceux qui sont au pouvoir n'ont pas la main libre pour travailler. Soit, ce sont les bailleurs de fonds qui imposent des conditions impossibles, soit ce sont les assistants qui ne trouvent pas d'intérêt dans ce qu'on veut faire ou c'est le concerné même qui ne trouve pas intérêt à faire ce qu'il veut, parce que ça n'arrangerait personne, ni lui-même ni les autres. Ou encore, ce sont les populations qu'on monte aveuglément contre toute avancée. Dans cette confusion cartésienne, certains Noirs ont peur et préfèrent s'inféoder aux Blancs. A croire Thomas Sankara, il faut les dénoncer 24

et les combattre. Il y a beaucoup d'hommes politiques qui ne pensent aux Noirs qu'à la veille des élections. Pour finir, ce martyr africain soulignait qu"on ne peut plus continuer à trahir et à dicter aux Africains ce qu'ils doivent faire. En toute réalité, les pays développés n'ont pas intérêt à voir l'Afrique complètement sortie de la misère. Les politiques occidentales ont souvent pour visée le contrôle de l'Afrique. Une fois encore, les exemples foisonneraient s'il fallait oser en citer. C'est la misère africaine qui constitue le fondement lointain de la richesse des autres. Et tout porte à croire que les nations dites développées font tout pour maintenir les pauvres dans l'affliction. Ainsi, selon Gaglozoun (2007), « les pays catalogués de

développés doivent cesser d'anéantir ceux qui sont dits
sous-développés. En fait, les développés regardent les sousdéveloppés d'un regard arrogant et parfois insolent (pour ceux qui s y complaisent) et cela n'est pas bon pour le monde. Parce que les développés se prennent pour des dieux qui distribuent des leviers de développement, (comme des docteurs qui apportent des comprimés à des malades) et les sous-développés se recroquevillent dans leur situation avec une estime de soi détruite et anéantie, se disant qu'ils n'ont rien à offrir au monde. La poudre qu'on leur jette aux yeux dans ce contexte (et cela a bien pris même chez les intellectuels africains), c'est de les inciter à rattraper ceux qui sont dits développés et de leur crier dessus: Attendez-nous! Nous voulons vous rattraper! Et ils vont les attendre! C'est ainsi qu'on parle de fracture numérique, gap numérique, rattrapage de croissance, etc. Trêve de mensonge de nos amis experts d'organismes internationaux! Ceux qu'on pense être en progrès doivent être appelés pays matériellement en progrès ou en progrès dans l'accumulation de richesses, ou encore pays 25

matériellement riches, et ceux qu'on pense ne pas être en progrès doivent être appelés pays matériellement en regrès dans l'accumulation de richesses, ou stagnants dans l'accumulation des richesses, ou encore pays matériellement pauvres. Ces différents paradigmes rendraient mieux compte des réalités, car ces pays dits développés connaissent des maux pires comme la criminalité prépondérante et des taux de suicide s'exprimant avec des chiffres alarmants, constituant ainsi des problèmes sociaux qu'ils continuent de combattre. Ontils cessé pour autant de se développer? Ne sont-ils pas en développement eux aussi? ». D'après Prao (2007), l'Occident tient l'Afrique dans le sous-développement par une sorte de fourberie, de tricherie intellectuelle et de manigance. Pour cet Africain, les africains doivent prendre leur destin en main, sans attendre que les Blancs leur donnent la liberté. L'Afrique ne doit plus réciter le catéchisme provenant de Bruxelles, Londres, Paris ou d'autres villes européennes ou même de Washington. Pour cette cause, ce jeune économiste africain propose la dissolution du franc CFA et la création d'une monnaie propre à l'Afrique, car le Franc CFA est l'un des instruments les plus puissants du pacte colonial que la France ne veut pas lâcher. En particulier, des intellectuels africains ont témoigné que l'Afrique doit être prudente à l'égard de la France pour le fait qu'elle s'est toujours montrée très rusée et use de la supercherie pour arriver à bout de ses desseins. L'histoire des peuples noirs francophones a été évoquée comme preuve. Pour d'autres, les Français se sont donnés la responsabilité d'handicaper le décollage de l'Afrique. Ils n'ont pas froid aux yeux pour stopper tout foyer précurseur de changement dynamique pour l'âge des nations 26

africaines. Certains ont donné la preuve de nombreux pays africains en proie à de vastes conspirations dont on ignore souvent les vraies sources. Certains Africains ont conclu que la France serait alors à redouter dans toute politique africaine qui force le décollage pour une vraie indépendance sous quelque forme que ce soit. Le même constat est aussi vrai pour beaucoup de pays occidentaux. Certains Africains se félicitent déjà de ce que la France commence par perdre le contrôle des nations africaines. Mais est-ce vrai? Est-ce la solution apogée au mal africain? Pas du tout! Nous y reviendrons plus loin dans ce livre. De mon livre traitant des vraies causes et solutions de la misère africaine (Holou, 2007b), il ressortait que l'Afrique souffre d'une crise intellectuelle, démographique et spirituelle. En effet, au delà des actions négatives des puissances étrangères, l'Afrique sombre non seulement à cause de la mauvaise gestion et gouvemance de ces intellectuels certes, mais aussi à cause des actions diaboliques sur ce continent. Depuis la famille jusqu'au sommet de l'état, l'Africain a encore de grands défis à relever. En effet, beaucoup d'Africains ont peur de réfléchir ou ne veulent pas le faire. Beaucoup ont peur de parler ou ne veulent ou ne peuvent pas le faire. Beaucoup ont peur d'agir ou ne veulent pas le faire; beaucoup de dirigeants sont des tarés et ne veulent pas apprendre. Beaucoup ont la connaissance mais ne veulent ou ne peuvent pas appliquer leur savoir. Beaucoup de religieux sont tellement accrochés à des visions étriquées qu'ils ont oublié la gestion de la cité, comme ce chrétien qui dit que la politique est pour le diable.

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Au-delà de tous, plusieurs intellectuels sont « bloqués ». Quand on sent que quelqu'un veut devenir quelque chose, on l'élimine ou on le rejette. Beaucoup de compétences sont bafouées; les cerveaux sont peu promus et peu écoutés. Pendant que plusieurs politiciens sont peu techniques, maints techniciens avérés ne veulent pas se mêler à la politique. Quand les dictateurs vont au pouvoir, ils font ce qu'ils veulent et ferment la bouche aux intellectuels. Quand les politiciens sont au pouvoir ils écoutent peu les techniciens; quand les techniciens prennent le pouvoir, ils agissent tout comme si tout était technique. A chaque étape décisive du développement de l'Afrique, il y a toujours un maillon qui manque. De plus, il y a un syndicalisme radical et une opposition politique qui tuent l'Afrique. Beaucoup ne veulent contribuer au succès des actions n'allant qu'à leur crédit. Pire, il y a une mentalité africaine erronée qui a cloué l'Afrique et qui ne permettra jamais l'essor et le décollage de ce continent. Par exemple, pendant que les compétents bras valides pouvant faire différence chôment à la maison et traînent dans les rues avec leur savoir, les fainéants sont promus par leurs proches à des postes très importants et sensibles. Au lieu de laisser les Africains réfléchir eux-mêmes pour améliorer leurs systèmes de production et leur ajouter de la valeur, beaucoup ne cessent de les ignorer au profit des technologies importées, pendant que les efforts, les talents et compétences endogènes sont peu encouragés ou promus. Au même moment, les frais de mission et les per diem des « Grands» ont dévalisé l'Afrique du peu disponible, au détriment des pauvres « innocents paysans» qui meurent sous le soleil du midi. En réalité, c'est de connivence avec les puissances étrangères et les politiciens que les cadres africains ont mis l'Afrique à terre. En outre, dans beaucoup de systèmes 28

éducatifs, les diplômes ne sont toujours pas le symbole d'une dose de connaissance pouvant enclencher des actions positives en matière de développement. Les Africains distribuent ou ramassent beaucoup de diplômes muets! Maints diplômés prétextent et protestent avoir la connaissance alors qu'ils sont des ressources falsifiées. L'Afrique forme trop de savants, trop de perroquets ayant la tête remplie de gros mots ou grosses théories qu'on n'applique jamais, mais malheureusement peu productifs et incapables d'agir sur les matières premières pour leur ajouter de la valeur. Nous ne disons pas que tous les Africains sont des tarés, mais plutôt que les diplômes de beaucoup ne parlent pas à l'instar de leur bouche ou à la cadence de leur main. A vrai dire, l'ambiance dans laquelle la connaissance est acquise en Afrique et veut s'appliquer n'est souvent pas favorable en raison du contexte démographique, culturel, spirituel, politique, économique et des réalités internationales. Il se pose un vrai problème d'application intelligible de la connaissance pour positivement ajouter de la valeur aux ressources en Afrique, afin de sortir le continent noir de la souffrance par les Africains euxmêmes. Rappelons-nous que les Blancs n'ont pas grand intérêt à libérer l'Afrique ou à la placer sur le bon chemin. Le gros lot du travail revient alors aux Africains euxmêmes. Ils doivent combattre toutes tentatives qui tentent de les maintenir dans l'oppression. Et pour cela, l'Africain qui continue à penser que c'est les blancs qui apporteront la solution à l'Afrique, comme un gâteau dans un plat de amer ou un comprimé à un malade, est comme cette souris qui va se présenter à un chat, dont elle aurait appris la repentance, pour louer Dieu. Elle n'a pas fini son discours avant d'être déchirée. Un lion sera toujours un lion et un chat un chat. Bien que les problèmes ne soient les mêmes, 29

les gens ont faim; et quelle que soit la nature de l'aide apportée à l'Afrique, le gros lot du problème revient aux Africains eux-mêmes. Seuls le patriotisme, l'organisation, le travail bien fait et l'unité peuvent rendre service à l'Afrique dans cette «pression ». L'Union fait la force, nous dit la sagesse populaire! Ainsi, si les Africains peuvent mieux prendre conscience, mieux s'entendre, mieux s'écouter les uns les autres, et savoir que nous sommes les mêmes, ils ont déjà tout ce qu'il faut pour se développer dans cette jungle où les plus forts cherchent à tout prix à éliminer les faibles ou du moins les soi-disant faibles! Malheureusement, les plus forts ne vont jamais cesser de vouloir contrôler les faibles. En fait, le jeu est déjà perdu depuis la chute de l'homme. Où ? Peu sont ceux qui comprennent le sens de la vie. Pourquoi sommes nous en vie? Nous reviendrons sur ces aspects vers la fin de ce livre. Malheureusement, pendant que les problèmes déjà existants n'ont pas encore trouvé gain de cause, la procréation anarchique en Afrique multiplie la misère et les autres problèmes de sous-développement à des vitesses alarmantes. Les enfants qu'on produit en Afrique semblent moins intellectuellement encouragés que ne le sont les femmes à se relaxer sexuellement sur le dos pour faire de meilleurs gosses «pouvant» prendre soin des parents dans leur vieillesse, au nom d'un principe d'antériorité qui semble rétrograder l'Africain dans maintes dimensions. Non seulement la polygamie et la gestion du sexe paraissent une cause du sous-développement de l'Afrique, mais aussi elles constituent une vraie culture de la misère africaine. L'ignorance, l'inconscience, l'irresponsabilité, les réalités culturelles et l'absence de lois par rapport à la fertilité et la taille des foyers sont les causes de la forte

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prolificité en Afrique. Les problèmes multiples.

engendrés sont

Des familles écroulées, des foyers secrètement divisés, les coépouses déchaînées entre elles, les enfants en rage, les parents surpris de la bombe, des jalousies forgées avec fougue, des mésententes à long terme préparées, des conflits montés, des avenirs véhéments gâchés, des femmes publiquement maltraitées et bafouées, des enfants savamment rejetés à tort, des équilibres de destin recherchés en vain, des problèmes et des erreurs multipliés, des ventres affamés sans oreille en colère à mort, des épaules fatiguées de recevoir la houe du néolithique, la tête fatiguée du poids du soleil de plomb, des femmes gratuitement renvoyées dans le divorce, des enfants congédiés pour la misère, des gosses méconnus de leurs frères, des libertés renvoyées dans la démocratie, les enfants pleurent - les mères les consolent, les mères pleurnichent - les enfants essuient leurs larmes; des « bâtonnets» tendus au travail sans relâche, les «mortiers» pilés comme pour boucher des abysses à n'en plus finir; des mauvais sorts lancés par-ci par-là, la formation et l'avenir des enfants parsemés d'embûches, des esprits de partialité installés et promus, des soupçons et accusations incroyablement montés, les calebasses couvertes d'huile dans les chambres, des projets surveillés comme du lait sur le feu, les idées et les pensées emprisonnées, des pleurs, des gémissements, des cris, des problèmes sur des problèmes, etc. L'intellectuel africain est aussi sous l'influence de beaucoup de facteurs spirituels qui biaisent le résultat de ces efforts vers le développement. Malheureusement, les débats classiques sur le sous-développement de l'Afrique ont toujours ignoré la vraie dimension spirituelle du 31

problème. Sans doute, les pays développés ont eu des atouts qui les avaient lancés. Ces pays ont eu leur siècle des Lumières. De grands savants avaient pensé et contribué à mettre ces nations sur le bon chemin. Aujourd'hui, en Afrique, les cerveaux pensants ne veulent pas rester ou ont même peur de rester. Rares sont les intellectuels africains qui désirent servir dans leur village, au vu et au su de toute leur famille. La famille africaine est un aimant qui repousse ses enfants en évolution; au mieux des cas, elle les suce au delà de leur capacité juteuse. Quand les enfants refusent de se laisser sucer, on met des démons et des malédictions à leurs trousses. Akoba, dirait le Fon. ! Les conséquences des mentalités erronées sont énormes. Des génies anéantis dès les premiers signes de vie, des fœtus digérés dès le ventre de leur mère, des foyers divisés et scellés dans la stérilité, des odeurs versées sur des jeunes pour les condamner au célibat, des avenirs radieux méchamment détruits dès les premiers signes de différence par rapport aux autres, des jalousies activées et érigées sans raison valable, des bras valides spirituellement anéantis et renvoyés des habitats où ils devraient affirmer leur pleine potentialité, des intellectuels cloués dans leur bureau par des variétés de problèmes et de blocages au point où leur activité cognitive est réduite à la recherche du minimum survie quotidienne; la fuite de cerveaux amplifiée par la recherche d'asile, la santé des vaillants ruinée ou déviée, maintes bénédictions piégées ou arrachées depuis les hauts lieux sataniques, le ciel hermétiquement fermé au-dessus de certains, des destins contrôlés depuis le soleil ou la lune et autres corps du deuxième ciel, des sorts maudits et des âmes torturées puis laissées au carrefour des rues, des capacités humaines jetées dans les rues après avoir tourné leurs cerveaux à l'envers, des investissements humains de tant d'années gâchés en quelques secondes d'actions 32

spirituelles, des espoirs perdus ou toujours différés! Des cerveaux humains transformés en pâte avec leur crâne servant de verre à boire et le sang tenant lieu d'huile à cuire cette viande humaine que même des parents ne mesurent la conséquence sur leur propre postérité en livrant leurs enfants en signe d'inauguration et de baptême à cette confédération diabolique! Des âmes solidement attachées à des arbres ou enfermées dans des bouteilles et canaris par le biais de liens et forces sataniques, des diplômes spirituellement enterrés ou brûlés, des chômages engendrés et coordonnés par des puissances ténébreuses, des dirigeants politiques contrôlés par diverses formes d'esprits méchants conduisant ainsi le peuple dans le mauvais sens, des foyers déchirés par toute sorte de problèmes, des misères amplifiées même dans la richesse matérielle; des innocents partout poursuivis même jusqu'au sommeil au lit où ce ne sont que des cauchemars et autres types de rêves enrichis par des menaces de serpents, de mer, de feu, de peur, de combats et autres attaques se référant à l'âme en perpétuels conflits; des esprits remplis de toutes sortes de peurs et de désespoirs jusqu'à la mort où le cadavre de la victime est encore injurié et maudit avant que les sorciers ne re-déversent leur colère sur leurs proches et la chaîne recommence; etc. et la liste est indubitablement interminable! Il se pose en Afrique un vrai problème de coordination, de conscientisation, de responsabilisation, d'application intelligible et rationnelle des stratégies de développement par rapport aux besoins, atouts et contraintes des nations. Dans cette galère, des intellectuels africains, voire ceux du niveau universitaire, continuent à manquer même du minimum vital. Comment l'intellectuel peut-il penser au développement de son pays s'il n'a pas encore réglé les 33

problèmes de loyer, manger, déplacement (carburant dans leur engin « deuxième main »), vêtement, etc. ? Du coup, la plupart des cerveaux qui trouvent une porte de sortie pour s'enfuir de l'Afrique n'hésitent pas à partir bien que tous n'arriveront pas à réussir à l'extérieur. Malheureusement, dans le cas de l'Afrique, les politiques en direction de la diaspora demeurent encore peu efficaces. En outre, la mentalité africaine entrave aussi le retour des cerveaux. Non seulement ceux qui ont réussi à l'extérieur ne veulent pas revenir en Afrique pour goutter à nouveau à la « misère », mais ceux qui ont échoué ne veulent pas non plus, pour se faire honnir et humilier par les critiques diffamatoires portant sur leur expérience, leur échec. Et ceux qui ont été rapatriés de force veulent encore repartir. Certains Africains ont été si blessés qu'ils ont juré de ne pas revenir au pays natal tant que les «Noudjènoumè, les Metognon, les Kouglenou, les Amegnikou, les Alotongnon » seraient encore en vie. Pour d'autres tant que les « Kpotcheme» seraient au pouvoir, ils n'investiraient un seul franc ou un seul rond au pays, pour que quand ça marchera on dise que c'est eux qui l'ont fait. Jamais! C'est la politique du moi ou rien! Mes frères et cousins ou rien! Nous reviendrons sur cette mentalité négative dans les chapitres portant sur « le manque de réflexion constructive» et « la promotion des incompétents », etc. Pour certains, aucun pays développé n'a vraiment le droit de chasser un immigrant africain. En fait, après avoir exploité leurs ancêtres pour construire leur pays, certaines nations développées sont aujourd'hui prêtes à renvoyer les Africains de leur terroir. Et pourtant, contre le gré des Africains, les colons étaient allés piller l'Afrique. Pourquoi maintenant que certains Africains veulent venir chez eux, pas pour les piller, mais simplement pour se soulager pendant qu'ils paient leurs taxes, on pense les chasser? 34

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