La femme dans la littérature orale africaine

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Cette vue d'ensemble de divers genres oraux (contes, épopées, mythes, proverbes, poésie orale et chants) des sociétés d'Afrique de l'Ouest donne la vue la plus complète possible de la femme traditionnelle et contemporaine dans son quotidien, ses relations familiales et sociales, ainsi que son rôle politique et religieux. (Contributions en français et en anglais).
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336394725
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LITTÉRATURES ET CULTURES AFRO-AMÉRICAINES
Sous la direction de Françoise Ugochukwu & Marie-Rose Abomo-Maurin
LA FEMMEDANS LA LITTÉRATURE ORALE AFRICAINE
Persistance des clichés
ou perception de la modernité ?
16/10/2015 04:51
La femme dans la littérature orale africaine
Persistance des clichés ou perception de la modernité ?
Littératures et Cultures afro-américaines Collection dirigée par Marie-Rose Abomo-Maurin, Humberto Luiz Lima de Oliveira et Maurice Amuri Mpala-Lutebele De plus en plus, le travail sur les littératures et les cultures rapprochent des chercheurs de différents continents, mais la volonté de confronter les savoirs, les études et les productions se fait plus ardente. Si la culture est la somme de tout ce que l’homme crée, de mental, de spirituel et de matériel, dans son processus d’intégration à la nature et de la nature à lui, la littérature apparaît alors comme son lieu de représentation, de conservation, de transmission et même de création, littérature entendue comme englobant « une gamme de grands domaines d’activité intellectuelle ». Devenant ainsi « une propriété spécifique des sciences humaines et sociales », la littérature, dans cette Collection, élargit son sens aux sciences de la nature, sociales, historiques, juridiques, économiques, politiques, etc. Par le choix de ce sens large,Littératures et Cultures afro-américainesoffre un cadre approprié à la visibilité des études, des créations…, bref, des œuvres de l’esprit du monde afro-américain. Comité scientifique Marie-Rose ABOMO-MAURIN : UY1, CERPY-GIERRA (Cameroun), CELCFAAM (Brésil), collaboratrice extérieure du LLACAN/CNRS (France). Humberto Luiz Lima DE OLIVEIRA : Université d’Etat de Feira de Santana, CELCFAAM (Brésil). Maurice AMURI Mpala-Lutebele : Université de Lubumbashi, CELTRAM (RDCongo), CELCFAAM (Brésil). Celinade de Araújo SCHEINOWITZ : CELCFAAM (Brésil). Papa Samba DIOP : UPEC, GRELIF, LIS (France). Alice Delphine TANG : Université de Yaoundé 1, Université de Douala (Cameroun). Joseph NDINDA : Université de Douala, CERPY-GIERRA (Cameroun). Christian MBARGA : Université St Thomas, New Brunswick, Canada, CELCFAAM (Brésil). Julien KILANGA MUSINDE : Université d’Angers (France). Alain VUILLEMIN : UPEC, LIS (France). Françoise UGOCHUKWU : (UK), CNRS/LLACAN External collaborator (France). Takiko NASCIMENTO, CELCFAAM, Université Fédérale de Bahia, (Brésil). Mihaela CHAPELAN : CELCFAAM (Brésil), Université Spiru Haret de Bucarest (Roumanie). Comité de relecture Pour les textes en français :Joseph NDINDA, Julien KILANGA MUSINDE, Marie-Rose ABOMO-MAURIN. Pour les textes en anglais :Christian MBARGA, Aleš VRBATA, Françoise UGOCHUKWU. Pour les textes en portugais :Humberto Luiz Lima DE OLIVEIRA, Évila DE OLIVEIRA, Antonio Gabriel Evangelista de SOUZA, Maria Conceição COSTA CARVALHO et Aleš VRBATA.
Sous la direction de Françoise Ugochukwu & Marie-Rose Abomo-Maurin
La femme dans la littérature orale africaine
Persistance des clichés ou perception de la modernité ?
© L'HARM ATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07429-0 EAN : 9782343074290
INTRODUCTION À L’OUVRAGE Françoise UGOCHUKWU Open University (GB) & CNRS-LLACAN, Paris Depuis l’ouvrage publié sous la direction de Denise Paulme surLes Femmes d’Afrique noire(1960) et le développement des études de genre, la femme est progressivement devenue un sujet privilégié d’étude en littérature aussi bien orale qu’écrite, et un certain nombre d’ouvrages et articles ont paru sur les femmes africaines. Mais aucune étude globale n’avait encore été publiée proposant un panorama de la façon dont celles-ci sont présentes et présentées dans les divers genres littéraires oraux du continent. Les thèses et travaux publiés jusqu’ici ont porté, soit sur un genre particulier – le plus souvent le conte, soit sur une personnalité (Baumgardt 1994, 2000), sur la littérature d’un pays particulier (Cameroun, Burundi), sur des terrains géographiques délimités ou des ethnies particulières. D’autres, comme le numéro 34 desCahiers de littérature orale(CLO 1994) consacré auPouvoir de la femme, ont au contraire choisi de rassembler des études venues de plusieurs continents et couvrant des terrains aussi éloignés que la Kabylie, l’Inde, la Roumanie, la Grèce et l’Espagne, et dont une seule concernait l’Afrique – celle d’Anne-Marie Dauphin-Tinturier sur les fonctions de la femme dans le nord de la Zambie. Le présent ouvrage dépasse ces limitations, couvrant une vaste aire géographique et culturelle s’étendant du Sénégal au Cameroun en passant par la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Mali, le Niger, le Tchad et le Nigeria pour offrir une vue d’ensemble sur la position occupée par la femme dans la littérature orale et la néo-oralité des sociétés d’Afrique de l’Ouest. Divers genres oraux - contes, épopées, mythes, proverbes, poésie orale et chants - sont mis à contribution pour brosser de la femme la vue la plus complète possible, dans son quotidien, ses relations familiales et sociales, révélant également son rôle politique et religieux. Né d’études de terrain et de patientes collectes, cet ouvrage regroupant des contributions en français et en anglais, et destiné aux chercheurs comme à un public désireux de mieux connaître le continent, a fait le choix de partager avec ses lecteurs une bonne partie des textes recueillis, dont on trouvera les transcriptions et traductions en annexe des chapitres concernés.
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La littérature orale véhicule de nombreux stéréotypes, pour la plupart négatifs, concernant les femmes, évoqués dans les quelques articles publiés à ce sujet. Le but de cet ouvrage est de reconsidérer les textes oraux et quelques-unes de leurs versions écrites publiées, pour les questionner plus avant à ce sujet. Resituant tout d’abord les études sur le statut de la femme en littérature, il offre un panorama-échantillon de la condition féminine en Afrique à travers quatre chapitres consacrés aux représentations de la femme dans les contes beti, moundang, bassa et tupuri du Cameroun, lui-même une mosaïque de populations, dans la poésie orale mafa (Cameroun/Tchad), les proverbes moose du Burkina-Faso et lesFablestranscrites et publiées par l’écrivain camerounais Patrice Kayo. Blandine Manouere Koletou a choisi d’enquêter dans quatre ethnies du Cameroun : les Beti au centre et au sud, les Moundang et les Tupuri dans la partie septentrionale, et les Bassa sur le littoral, afin de rechercher constantes et particularités locales. L’analyse des contes choisis lui permet de dégager les images féminines qui y apparaissent - entre autres, celles de la jeune fille, de l’épouse, de la mère, de la marâtre, de la coépouse et de la vieille femme. Au-delà des figures de mères abusives et de marâtres impitoyables, les contes du corpus ont une portée morale, mettant en avant l’obéissance, la soumission et le respect de certains principes dans le mariage. À travers une étude des images représentatives de la femme dans dix poèmes chantés recueillis en 2004 par Samsia chez les Mafa au Tchad et au Cameroun dans le cadre de son mémoire de DEA, l’analyse de Ledoux Noël Fotio Jousse cherche à montrer la femme mafa comme un être pluriel auquel le beau rôle ne revient pas toujours. L’analyse des dix chants du corpus met en avant divers comportements, diverses figures de femmes et démontre que si cette poésie exprime une vision du monde sombre de la femme, elle sait aussi la louer et célébrer sa beauté, sa bonté et sa bravoure. Un portrait ambivalent se dégage du corpus collecté par Moumouni Zoungrana, dix-sept proverbes moose du Burkina relatifs à la femme, l’impression dominante qui se dégage de ces textes étant loin de lui être favorable. Il faut cependant préciser que cette image n’est que l’une des faces de la pièce car d’autres proverbes célèbrent et magnifient la femme, perçue comme mère, bonne conseillère et fondement du foyer. L’étude de Liliane Bel Sipouwoua, quant à elle, est basée sur le recueil de Fables et devinettes de mon enfance de Kayo (1978), reflet de la société traditionnelle bandjoun, et sur les chantefables recueillies parEno Belinga, tirées du folklore populaire
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camerounais, plus spécialement de la culture beti-bulu-fang, et relevant du répertoire féminin. Cette étude s’articule autour de trois volets : le premier dresse le portrait de personnages féminins de toutes les tranches d’âge ; le deuxième illustre ces femmes en action et le troisième montre l’héroïsme de ces personnages.Cultivatrices ou commerçantes, ces femmes apparaissent libres et épanouies dans leur communauté, et se distinguent par leur courage et leur force de caractère. Leur sagesse et leur perspicacité se déploient dans les initiatives qu’elles entreprennent au quotidien pour surmonter les obstacles. Si ces femmes ontdes potentialités, elles ont aussi des faiblesses mais restent des modèles pour leur communauté.La seconde partie accompagne le quotidien des femmes, du statut de jeune fille à celui de doyenne, pour suivre l’évolution du regard que porte sur elles leur société. Ces quatre contributions se penchent sur les multiples figures féminines que mettent en scène les contes senoufo du sud du Mali, les contes bwa du Mali, les contes akan de Côte d’Ivoire et les proverbes igbo du Nigeria. On retrouve dans ces analyses le portrait ambivalent déjà évoqué par le panorama initial, en même temps que se précise le rôle de la communauté dans la critique des femmes. L’analyse de Marie Lorillard voit dans les contes senoufo une forme de justification de l’ordre social : le parcours de la jeune fille y est associé à l’acceptation des institutions, notamment celles de l’initiation et du mariage. L’étude concrète de deux récits recueillis au sud du Mali en milieu rural auprès de femmes d’un certain âge lui permet de faire ressortir des figures féminines originales, courageuses, « braves » : des femmes sauvages qui parcourent la brousse et s’attribuent des pouvoirs d’ordinaire réservés aux hommes. Ces contes, qui possèdent plusieurs niveaux de lecture, proposent une vision complexe et nuancée de la personnalité féminine. Dans le cadre d’une recherche collective rassemblant des chercheurs français et maliens de disciplines différentes dont l’objectif global est une meilleure connaissance des relations parents/enfants en milieu rural, l’intérêt de Cécile Leguy et Joseph Tanden Diarra s’est porté sur les relations familiales telles qu’elles se manifestent dans les contes de tradition orale, dans une société en pleine mutation où ce type d’expression littéraire a connu un renouveau, suite au développement des radios rurales depuis les années 1990 au Mali. Le corpus de trente-neuf contes a été sélectionné à partir d’un ensemble de contes enregistrés par les animateurs d’une radio locale en pays bwa, au sud du Mali. Il révèle d’abord que la figure maternelle est absente ou peu significative dans une
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